Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /2010 23:46
Double bill pour l'AB en flex semi-assis.
A 19h40' tu crains le pire, la salle est tristement vide.
Heureusement, à 20h la capitale est au poste pour applaudir le citoyen le plus bruxellois du Sierra Leone:

Baï Kamara Jr.
Bai_Kamara_Jr_001.jpgQui vient présenter en grande pompe son 3è CD 'Disposable Society'.
Il a emmené quelques uns des plus beaux fleurons de la scène rock stoemp: Eric Moens à la lead guitar, un vétéran qu'aucun hospice ne veut: The Witness, PPZ 30, Odex Protocole, Sebi Lee, Himalaya, Belinda.... - l'inséparable Thierry Rombaux à la basse, t'ai déjà énuméré sa bio 20x - la jeune pousse, Joachim Saerens, au piano et claviers (vu avec Goudi, il y a peu)- l'immense Patrick Dorcean aux drums, le funky drummer par excellence - Michel Seba aux percussions, je cite Slang, mais ce requin connaît d'autres serpents - Baï à l'acoustique et lead vocals, of course.
Prêt pour une heure de soul, teintée de jazz, de blues, de funk et d'éléments latino?
Si señor!

'Rise' tu comptes les musicos, merde sont sept!
Un second percussionniste , ah oui:Osman Martins!
Rise est mélancolique, au message Greenpeace...stay close to nature... le timbre de Baï te fait immédiatement penser à Sting. Chaud, sensuel, noir!
Le groovy 'I can no longer place my faith in your hands' voit les premières nanas se déhancher frontstage.
Le funky ' I hope our misery doesn't entertain your world' , Baï aborde thèmes sociaux et messages humanitaires sans sombrer dans le prêchi-prêcha moralisateur. Son Afrique est profonde, et pas exotique.
Le titletrack: 'Disposable Society' , chaloupé, aux accents des îles.
Place à la soul:'Some Days' avec petit solo juteux de Meneer Moens.
I've brought a guest:from Cuba, Rey Cabrera et sa guitare Tres, idéale pour interpréter le 'Son': 'Your Pressure' , un titre bilingue ce soir lorsque Rey y va de son couplet en espagnol.
C'est immanquable, les images de Buena Vista Social Club traversent ton cerveau, tes jambes et tes hanches ne t'obéissent plus et tu imites le pas de danse des jolies créatures se trémoussant à tes côtés.
Un second truc cubano 'Signs' ( Osman, le Brésilien est dans le coup) te dirige vers La Habana où tu tangues sur Compay Segundo y sus Muchachos.
Pas de Puro, l'Ancienne Belgique est no smoking area!
Le dansant 'Refugee' voit un doublé Osman/Seba aux percussions.
'Going up the wrong way' handclapping Brussels.
'Making beggars into thieves' du funk ruisselant sur thématique sociale.
'The State I'm in' débute en ballade soul sirupeuse pour s'emballer méchamment après un signe du bassiste.
Joachim transformé en Chucho Valdès, en route pour le Tropicana night club.
Salsa time:où sont les danseuses à paillettes?
Un petit rock? 'Show more mercy' , Eric se la joue Lucky Luke.
Et on termine par le soulful hit imparable 'Substitute' .

Baï Kamara Jr:chaleur humaine et classe!

Lura
Lura_002.jpgAlias Maria de Lurdes Pina Assunção, née à Lisboa, mais parents originaires du Cabo-Verde.
Pour l'accompagner, un piano, une guitare acoustique, un violon et une batterie.
A 21h20' ton aéronef se pose à Boa Vista, tu oublies le froid de canard qui perdure depuis des mois, place au soleil, à l'exotisme et aux danses sensuelles : coladeira, cola sanjon ou funana.
'Libramor' t'as déjà pigé, ce sera plus du Couleur Café légèrement pop, que du rock ou des morna tristes style Cesaria Evora.
L'accent est mis sur la danse.
'Marinhero' normal pour une contrée insulaire. Lura présente ses titres en français suave, sa musique joviale mélange rythmes africains, cubains, brésiliens et antillais. Difficile de ne pas balancer les hanches, ni de bouger son cul sur ces tempos rubatos.
Lura, la féline, donnant l'exemple.
'Mari d'Ascenson' une mazurka frou frou.
'Vazulina' pas pour hémorroïdes, mais pour rendre lisses les cheveux trop drus.
Jeu de jambes vraiment attrayant.

Une polka tropicale ' Festa Nha Kumpadri' , avec un violon Grappelli.
'Pensa Drêt' une samba aux senteurs Carlos Jobim. Du Brazilian jazz from Cabo Verde.
'Canta un Tango' pas besoin de dessin, le titre le plus proche des saudades.
'Mascandjon' tous les musiciens, sauf le batteur, regroupés face à nous pour un truc ressemblant à un merengue.
Un instrumental pour permettre à Lura de boire un coup.
'Batuku' pour toutes les Capverdiennes. Lura aux percussions couleur locale, en peau de reptile.
Ce Batuku ayant un petit air de ressemblance avec le 'Pata Pata' de Miriam Makeba.
La belle nous gratifie d'un pas de danse suggestif, d'un érotisme Orfeu Negro, avant de voir le band nous balancer une Funana, danse sensuelle interdite au Cap- Vert jusqu'à l'indépendance, en 1975.
Une démonstration, pieds nus, ce soir.C'est mieux que la lambada!
On lui fait signe que le couvre feu est proche, le syndicat de l'AB ne rigole pas avec le timing.
Cette danse doit mettre fin à ce show métissé et épicé.
Lura_004.jpg
Tous les Lusitaniens exigent un bis, et on nous envoie ce qui semble être un tube énorme au Portugal: 'Narina' , repris en choeur par Bruselas Ciudad.
Auf Wiedersehn Lura et le Cabo- Verde, cap sur le nid conjugal!

Photos:Sindy Mayot!
Par Michel/photos de Sindy Mayot - Publié dans : Concerts
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /2010 16:43

Musée Mécanique : 

Deux tables remplient de bidouilleurs électroniques, autant que pour un concert des Fuck Buttons et pourtant la musique de Musée Mécanique est tout sauf de l’électro. C’est doux, délicat et bizarrement très organique. Trois musiciens se partagent le chant et un nombre incalculable d’instruments (scie musicale, accordéon, synthés, glockenspiels, grosse caisse, maracasses, etc..)

40 minutes durant ils vont nous susurrer leurs mélodies au creux de l’oreille, c’est extrêmement beau, lent, leur musique vous soulève du sol et vous met en apesanteur.

Seul bémol : 40’ c’est un peu long sans toucher terre… on plane tellement qu’on finit par s’endormir… Bref une très belle première partie mais légèrement soporifique.

Get Well Soon :

Ils avaient presté un magistral concert aux nuits Bota l’an passé, un de mes concerts préférés 2009, je ne pouvais pas les rater cette année, surtout en aussi petit comité.

Grand écran blanc derrière le groupe (basse, trompette, xylophones, cloches, guitares, batterie et synthé, le tout pour 6 personnes) pour projeter des vidéos.

Petite précision, Get Well Soon ne fait pas une « simple » prestation, ils vont jouer de manière synchronisée avec la bande vidéo, sans doute un travail en amont titanesque mais pour une totale réussite. On est habitué à voir des projections plus ou moins intéressantes lors de sets mais ici, c’est quasiment un film dont la bande sonore est jouée live. Ils poussent l’interactivité à un point tel que le groupe répliqué virtuellement sur l’écran chante les cœurs de manière synchrone avec le morceau joué live (j’espère que vous me suivez) Impressionnant…

Tout aussi étonnant : Une petite caméra se trouve sous le micro du leader et parfois les images live sont mixées avec les images préenregistrées, donc vous pouvez par exemple voir un écran de télévision qui passe les images du direct (j’espère que vous me suivez toujours).

Ajoutez que les vidéos sont magnifiques et les chansons tout autant et vous vous doutez que les Allemands ont ébloui par leur talent l’ABClub.

Un concert parfaitement maîtrisé dont la technique n’a pas pour autant éclipsé l’énergie, l’émotion et l’intensité des brillants morceaux de Konstantine GROPPER.

Vous ajoutez un plaisir apparent d’être sur scène du groupe et vous obtenez un concert parfait, sans failles et un pur bonheur

Une heure trente de concert qui se termine logiquement par un générique de fin. Mais tout n’est pas dit, le band revient pour un rappel… Magique.

Encore un mot (outre un grand BRAVO) pour une mention particulière à « Listen! Those Lost At Sea Sing A Song On Christmas Day» Leur meilleur morceau à mes yeux.. Vous devez l’écouter.

 

 

Par Lio - Publié dans : Concerts
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /2010 13:37
Jeudi midi, Broodje Brussel.
Plat du jour:Ingrid Mank, en cuisine, l'AB et le Music Village.

Ingrid Mank?
2009_7-8918.JPGNe t'en fais pas, Ingrid ne manque de rien, et elle ne boîte nullement, cette pétillante singer/songwriter en provenance de Leiden, Koninkrijk der Nederlanden.
La jolie madame est connue comme songschrijfster pour Zap Mama, Clouseau (ja , ja ik weet het...geen commentaar!) Natalia enz...
Elle a décidé de voler de ses propres ailes et a sorti, onlangs (15 février), un CD qu'elle vient promouvoir chez Manneken Pis.
Sur scène elle est accompagnée par le gars qui l'a incitée à vivre chez Leterme & co:haar echtgenoot, Hans Francken: piano, orgue et percussions. Pour la guitare elle a jeté son dévolu sur Tim, un compatriote, originaire,comme elle, de Leiden.

Tout sourire, la belle Ingrid, nous annonce qu'ils vont entamer le set avec 'Fly too High' de Janis Ian.
't is duidelijk, elle sait chanter, et ça swingue sur scène.
'Oh Stan' de sa plume.C'est Stan Laurel?
2009_7-8922.JPGNon, Stan est ce jeune homme amoureux de la charmante juffrouw, mais c'est pas lui qu'elle voit dans ses wet dreams, donc... Oh Stan, you will never be my man....faudrait qu'un jour tu understand, Stanneke!
Du Billy Joël pop entraînant et la nana sait comment manier un public, une comique Ingrid!
'You love me too' un numéro scénique digne d'Annie Cordy.
Pret in the Village!
La ballade 'Circle' d'Edie Brickell.
Female American folk/pop, avec joli solo Leon Russell du mari.
'I won't be torn apart' les aléas de la vie amoureuse....I'm picking up the pieces of my life...Jolie romance romantique.
'Who's that man in the background of the picture in the magazine' Euh, herhaal de titel eens a u b! Footstomper percutant.
Du mainstream pop, mais on s'amuse.
Formidable cover du 'Mother, Mother' de Tracey Bonham, si ce n'est que le guitariste nous concocte une fin bizarre.
'Lady Isabel' ballade médiévale à la Cat Stevens ou Chris de Burgh.
Du soft piano rock pour nanas rêveuses. Sur notre Cd, c'est plein de violons, je les entends dans ma tête, pas vous?
Sorry, neen, ik zit met een hangover!
'Time is on your side' introduit au kazoo. Une rengaine reprise en choeur par le Village.
T'as vraiment peur quand elle vient susurrer time is on your side dans tes feuilles de chou, pendant que ton voisin, Fred Cerise se marre, comme un canard.
Time is on your side.... vais lui montrer ma carte d'identité et lui prouver le contraire.
Janis Joplin ' Take a little piece of my heart' peur de rien, la chérie.
Pour les mamans:'Offer you this much' , moment de tendresse filiale. Piano/stem.
Un message pour Obama: 'Listen'. Joli travail de Hans, à nouveau.
Ces Ingridients se débrouillent bien, même si le plat est a little bit too mellow pour ton estomac.
The Police 'Every little thing she does is magic', entrain et bonne heure.
2009_7-8924.JPG
Hoe laat is het?
1h 30 , on devrait finir.
Etienne, mogen we?
Continue, maske!
'Song that makes me laugh' décrivant parfaitement son univers la la la la.
Carnaval à Bruxelles ou Oktoberbierfeesten à Wieze.
Ambiance garantie!
'Free' de Donavon Frankenreiter met fin au concert.
Une leçon de philosophie moins dure à digérer que du Heidegger.

Agréable déjeuner au Music Village!
Par Michel - Publié dans : Concerts
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 10 mars 2010 3 10 /03 /2010 23:49
Double concert intimiste (folk/americana) organisé conjointement par le VK et le Conseil de la Musique.
La coquette salle de la rue Lebeau affiche complet et, à +/- 20h30, cinq Hennuyers, loin d'être ennuyeux, se frayent un passage vers le podium ,sur fond musical Glenn Miller/Frank Sinatra/Louis Armstrong.
'Fly me to the Moon' termine cette Swing Era intro, les Sélénites vont entamer leur trip terrestre.

Moon on Earth
2009_7-8901.JPGc'est Johanne Lovera: chant, basse, tambourin- Martin Moucheron, le major-général Baden Powell: lead vocals, acoustique- Cédric Thomas: accordéon, xylophone, some vocals- un batteur:Pierre Fasbender(??? ) et Julien Crête: guitare(slide), basse, harmonica et vocals.
Un album dans leur escarcelle.
'Just a story' , une slide précieuse pour ce titre laidback, sentant bon le J J Cale.
'Silent Walk' ...The days are so criminal The night is a special killer... t'es loin du Borinage, cette promenade silencieuse te transporte du côté de Calexico et de son Arizona.
Guitares soyeuses, superbe doublé vocal mixte, c'est du bon!
'Hand Me' tiens Julien, te refile ma basse, souffle Johanne.
Nouvelle ballade te menant dans les Mojaves, soundtrack parfait for a desert story.
'Time for anyone' à trois voix, soft acoustic folk harmonieux.
Crosby, Stills & Nash sont dans le coin.
'Long Travel' pas en TGV!
50 miles an hour indique le compteur, tu peux admirer le paysage: yucca's, lis du désert, coyotes, renards argentés....
Johanne, gimme a Budweiser, please!
'Innocence' jolies lignes d'harmonica. Tiens ce truc me rappelle les Frenchies de Cocoon.
'Walking on pictures', tout aussi pictural, ce magnifique titre joué unplugged.
Joli campfire tune.
'Not so simple' superbes décorations à la slide.
'The way to the stars' ballade stellaire, à l'accent montois exotique.
2009 7 8903
Moon on Earth , de l'americana wallon crédible et vachement bien foutu.
Tous les copains du band sont descendus à Bruxelles (non, Elio n' était pas parmi eux) et réclament un encore.
'Joe Gideon' sans requin ce soir. Jaws est resté aux Bahamas!
Un western spaghetti borain, narratif et bien ficelé.
Pas d'indigestion à craindre.
Moon on Earth est promis à un bel avenir!

Bosque Brown
2009_7-8906.JPGTu quittes les terrils wallons pour un cours d'eau texan traversant Stephenville, où est née la craquante Mara Lee Miller, Miss Bosque Brown.
Un CD sorti en 2009 chez Fargo 'Baby', précédé d'un EP vinyl en 2005 et 'Cerro Verde' un 12 inch sorti en 2006, pour cette découverte de Damien Jurado.
Sur scène Mara, vocals et guitare électrifiée, est accompagnée d'un claviériste, maniant un sampler: son husband, Robert Ryan Miller? (question mark, en effet le Ryan est crédité en tant que pedal steel guitar player).
Joué en minor key, le dramatique 'Fire Fight' ouvre le set.Une voix hantée, fragile et sombre pour ce folk vulnérable d'une visionnaire élevée dans la foi baptiste.
Voir le mal partout n'incite pas à la franche rigolade.
'Whiskey Flags' eût pu être écrit par Alela Diane, du dark alt.country.
'This Town' minimaliste, lent, fragile avec effets de voix tragiques et orgue music-hall.
Aux jeux des comparaisons tu te hasardes:la Cat Power d'il y a 10 ans, c'est sûr, Emily Jane White et son monde gothique, Alela Diane, déjà citée, ou Mariee Sioux, mais aussi la chanteuse country Gillian Welsh.
'Still Afraid' ses peurs et hantises de fillette resurgissent...I'm still afraid of the dark....C'est l'Amérique profonde, celle de 'The Night of the Hunter' avec Robert Mitchum en pasteur fanatique, heureusement pas de tatouages 'Love' and 'Hate' sur les mains de la douce Mara.
Un gospel blues attachant 'Went Walking'.

Quelques beats presque dansants, suivis d'un piano paroissial pour le cérémonial et profond 'White Dove', à l'imagerie biblique.
Un titre figurant sur la compilation 'Even cowgirls get the blues' (oui, comme le film de Gus Van Sant), parmi ces cowgirls, tu notes:Jesse Sykes, Lauren Hoffman, Alela Diane, Dawn Landes...pas des Calamity Jane!
L'admirable 'Fine Lines' évoquant le suicide, le désespoir mais aussi la rédemption...I'm a liar, call me sinner...saved by grace...
'Train song' country folk ferroviaire et catchy.
'Texas Sun'. Paradoxe: nocturne au piano pour glorifier l'astre texan!
Une voix sans nuage, poignante te baladant dans des contrées désertiques, figées sous un soleil de plomb.
'Oh River' une berceuse fluviale psychédélique sur fond d'harmonium désuet.
Tout simplement beau!
On termine par 'So Loud' , nouveau soundtrack avec le désert nu en toile de fond.
60' d'americana introspectif véhiculant un lot d'émotions intenses.
2009_7-8910.JPG
Bis
'Tell Her'
Dernier lament truffé de connotations religieuses: demons, sinners, bad spirit ... l'idéal pour pour passer une bonne nuit sans cauchemar, quoi!
Bosque Brown une petite merveille de minimalisme folk qu'on ne recommande pas aux neurasthéniques!
Par Michel - Publié dans : Concerts
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /2010 23:12
Configuration Flex à l'AB.
Un public Loden, tailleurs Yves Saint-Laurent pour applaudir la plus Parisienne (membre du Haut Conseil de la francophonie!) des grandes voix du jazz: Dee Dee Bridgewater.
Denise Eileen Garrett va sur ses 60 piges, mais granny a toujours le punch d'une teenager.
Une discographie exemplaire, passant du soul/funk au jazz .
Des apparitions remarquées dans des ' Broadway musicals' ( et à Paris 'Lady Day', en 1986) ou dans le jazz opera 'Carmen' .
Miss D D n'en est pas à son coup d'essai dans la rubrique tributes:'Love and Peace: a tribute to Horace Silver' et ' Dear Ella' pour Ella Fitzgerald ou 'J'ai deux amours', pour les classiques du jazz français.
En 2009, elle décide de rendre hommage à Billie Holiday, le cd ' Eleanora Fagan(1915/1959):To Billie with Love from Dee Dee Bridgewater'.
La tournée prévue pour la promotion de cet album passe par l'Ancienne Belgique!
b_lp_deedeebridgewater_10.png
20:00
Lights off, messages classiques: GSM au point mort svp, and no smoking.
Sur écran géant un documentaire vintage consacré à la vie tragique d'Eleanora Fagan aka Billie Holiday.
Excellente idée, nous permettant de tremper notre esprit dans l'univers de celle que Lester Young baptisa 'Lady Day', le sad and dirty thirties blues.
She revolutionized jazz & blues singing with her laconic phrasing, says the commentator.
Damn right, man!

Une brève pause et à 20:35', une voix off: Ladies and Gentlemen...

The Dee Dee Bridgewater Quintet!
Quatre musiciens se radinent:Edsel Gomez au piano et musical director .
Ira Coleman, l'élégant, à la contrebasse.
Greg Hutchinson, à la batterie.
Le farfelu James Carter, aux sax (tenor, soprano) et à la flûte.SIN0023
Un signe d'Edsel, le Porto-Ricain, et les virtuoses attaquent un swing alerte, pour nous démontrer qu'ils ne sont pas un simple backup band, mais de véritables bêtes de scène, connaissant toutes les ficelles.
Il n'a pas fallu 2' pour que James Carter nous assassine avec un solo crapuleux, Ira le relayant à la upright bass. Bravo mec, lui lance Greg, écoute ça maintenant.
Vous pouvez applaudir, suggère le Carter.
Ok, man...clap, clap, clap...
Et c'est reparti pour un intermède comico-saxo brillant.
On va pas s'endormir ce soir!
(Ira Coleman:photo Sindy Mayot)

Please, welcome Dee Dee Bridgewater!
2009_7-8891.JPGRobe élégante, talons hauts et tête rasée...
Bonsoir Bruxelles, en français impeccable, elle nous présente le dream band.
On y va, Edsel?
'Lady Sings the Blues'. Pas question de singer Holiday, l'approche de Dee Dee sera tout à fait différente, presque joyful. Billie éclairée sous un autre angle en utilisant un flux lumineux moins pathétique.
D'aucuns crieront à la trahison, ni mes voisins, ni moi ne faisons partie de ces intégristes.
Ainsi Lady Sings the Blues sera théâtral, voire vaudevillesque, avec un méchant duel Dee Dee / James Carter.
Le ton est donné: bonne humeur et clins d'oeil coquins.
'Lover Man' démarre par une voix de velours complainte amoureuse pour virer swing exubérant, avec travail prodigieux du piano.
Miss Bridgewater ayant l'excellente idée de laisser un vaste espace à ses musiciens.Ils en profitent, les petits malins.
'Don't Explain' Une flûte émouvante pour ce blues sombre. Une interprétation si intense que tes viscères abdominaux se contractent.Non, tu vas pas trembler comme une gamine de 15 ans face à Bill Kaulitz, le minet de Tokio Hotel?
Sorry, si!
'Them there eyes', pure jouissance que ce swing juteux pour lequel la diva se transforme en Louis Armstrong sans trompette.
Franche rigolade sur scène et off stage!
Gentlemen, we need to calm down: 'You've Changed' un blues crapuleux aux smoky soulful sax lines, chantant tout le désarroi de la nana voyant son mec la quitter.
Pas la peine de me dire que notre histoire est finie, baby..you've forgotten the words 'I love you'...
Une intro théâtrale et cracking fingersnapping pour 'Fine & Mellow' un second blues femme désespérée.
Elle a beau supplier ...I'll be a good wife to you... rien à cirer! Dee Dee ne l'entend pas de cette oreille, tu te fous de ma gueule(elle vise le sax de Mr Carter) et une scène de ménage orageuse éclate face au public médusé.
De la dynamite ce duo. Toujours sexy Miss Dee Dee.
Sublime!
SIN0041Bon, vais régler le compte du brave Ira, maintenant...You don't have to have a hanker To be a broker or a banker... le suggestif 'My mother's son-in -law'. Elle se met à draguer,indécemment, le bel Ira qui stoïquement continue son solo.
Un pas-de-deux chargé d'érotisme, finissant par une remarque humoristique du bassiste: I already have a mother-in-law!
Un détour par Londres 'A Foggy Day' , nouvelle romance transformée en Fletcher Henderson groove. La chatte en chaleur, intenable, ayant jeté son dévolu sur le drummer ce coup-ci, tu comprends que le British Museum had lost its charm...
De l'énergie, de la virtuosité, un scat Ella Fitzgerald, de l'humour décapant( when you get older you've got wonderful dreams about sex, only dreams!)... Bruxelles est à genoux.
Les chagrins diront c'est Las Vegas, tu les ignores, ces pisse-vinaigres!
Ils voulaient du vrai Billie Holiday, ils seront servis: 'God bless the child' au soprano souverain.De nouveaux frissons te parcourent, mais avec l'insoutenable cri racial 'Strange Fruit' tout en retenue, Miss Bridgewater et son band nous laissent pour mort.
(photo Sindy Mayot)

La classe!
Pas le temps de sécher nos larmes 'Miss Brown to You' un nouvel uptempo devant permettre à Greg Hutchinson d'étaler tout son talent.

1h35' de bonheur!
Public debout et un bis imparable: 'All of Me'!
_SIN0082-copie-2.jpg(photo Sindy Mayot)
Ton voisin t'embrasse presque, heureux d'avoir assister à un grand moment d'acting et de jazz singing.
Par Michel/ 3 photos de Sindy Mayot - Publié dans : Concerts
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Présentation

  • : Le blog des critiques de concerts
  • : Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
  • Recommander ce blog

Recherche

Calendrier

Mars 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

PaperBlog

Paperblog
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés