Une soirée we're gonna fuck you to the bone au Bota, en ce vendredi 24
février.
Consignes à la préposée vérification des tickets : ouverture des portes, pas avant 20:00, cinq minutes après les huit coups à l'église paroissiale on te laisse enfin pénétrer dans
l'hémicycle.
Moins de 10' plus tard, quatre canidés turbo-propulsés, made in Bristol, viennent nous saluer:
Turbowolf!
Blake Davies aux drums - Andy Ghosh à la guitare- Joe
Baker à la basse et le charismatique Chris Georgiadis, au look improbable (Frank Zappa croisé avec Alice Cooper et Grigori Efimovitch Raspoutine),
aux punk-injected vocals , synthé et theremin.
Ce docteur fou a l'intention de nous secouer: Are you ready for some rock'n roll tonight, Brussels?
Pas content de notre yes timoré, il nous oblige à éructer 5 yeah King Kong-esques avant de cracher le premier obus: 'Ancient Snake' que tu retrouves sur leur unique CD, 'Turbowolf', et qui d'ailleurs en décore la pochette psyche/stoner/ heavy metal.
Du punch infectieux, frantic vocals, des riffs furieux sur un soubassement rythmique combinant punk, garage, classic 70's hard rock et une touche acide pour pimenter le plat.
Imagine Kyuss, Mötorhead, Black Sabbath, Alice Cooper , At The Drive-In, les Dead Kennedys, un peu de cheap glam à la the Darkness...tout ça condensé dans le turbo.
Tu ne peux occulter les talents de prédicateur halluciné de Mr Georgiadis et t'auras compris que les braves Bruxellois auront eu droit à une fameuse claque dans la tronche.
'Seven-Severed Heads' sera tout aussi anarchique, un train fou dévalant une pente en risquant à chaque coup de dérailler.
Next one is a headbanger, kids, raise your fists in the air: 'The big cut' , la jeunesse locale les poings levés!
Nouvelle explication, this one will groove, so move your ass: ' Bag O'Bones' , un grondement stoner suivi de leur premier single ' Rose for the crows' , à prendre avec les épines sur riffs
métallurgistes, Tommy Iommy blend.
'Read & Write' utilise la même recette, puis vient la cover incroyable 'Somebody to love' de Jefferson Airplane, pleine d'effets psychédéliques, de reverb et d'oscillations stridentes
produites par le thérémine.
Une version Apocalypse Now!
Le prêtre a repéré deux nanas croquignolettes venant d'arriver, il leur serre la pince et annonce a lovesong, le hardcore suant ' Things could be good again' pour finir en transe avec 'Let's die'
, ultime et mortelle décharge .
Turbowolf: un nom à retenir, ce band va devenir énorme.
Ils seront à Dour en juillet!
Pause, 21:15' lights off, musique symphonique annonçant:
Pulled Apart by Horses
Vicieux et nerveux post hard-core de Leeds.
Sur leur FB, le line-up: Thomas Hudsons - Vox/Gitsars & James
Browns - Gitsarz & Lee Vincents - Tubs/Barrels & Rob Lee - Bassss!
Discographie: 2010 'Pulled Apart by Horses' - 2012 ' Tough Love'.
Un avis: The most exiting British rock album in years' Q Magazine!
Et?
Le truc déménage, la jeunesse s'est défoulée, la bière a giclé, les artistes ont sué, tous les plans rock'n roll y sont passés, personne ne s'est emmerdé, même si, comme le remarquent
judicieusement les facétieux Greg et Lio, la recette manque d'originalité.
Rabat- joie, réplique la petite Tatiasha, seins juvéniles pointant sous un T-shirt mouillé.
La guitare de Thomas et les drums de Lee amorcent le single de 2011, ' I punched a lion in the throat', ça canarde dur, le chant est déchiqueté, les guitares sont acérées, frontstage, déjà,
quelques gamins se libèrent d'un excès d'agressivité accumulé à force d'encaisser les remarques blessantes de parents obsolètes.
'Wolf Hand', même schéma, pointons la tirade:..when I was a kid I was a dick, but nothing changes...
Le roadie doit s'affairer, le bassiste et le frontman accumulent les problèmes techniques.
Déflagration suivante, 'Bromance ain't dead', le chef scout se débarrasse rageusement de son jouet pour sauter dans la fosse et se frotter aux fans, il déboule sur scène pour se rouler aux pieds du drum kit, le cogneur, tatoué du crâne au petit orteil, reste imperturbable et continue à tabasser son
brol.
A la fin de cette tournée je divorce de cette guitare, elle me fait chier.
C'est combien la pension alimentaire pour une Fender?
Un pogo joyeux pendant 'Meat Balloon', un ou deux coups se perdent, mon voisin, Roger Rottentand, se frotte les mains en comptant les futurs clients.
Les morceaux percutants se succèdent: le répétitif ' Shake off the curse'- le sauvage et enflammé 'Wildfire' - ' V E N O M', je reprends le pouls de la salle, armé de ma guitare ce coup-ci,
ambiance de feu!
Bordel, il y a un con qui a renversé son godet sur mes baskets neuves ( je soupçonne Greg).
Salopard!
Remonté sur le podium, le gars du Yorkshire s'ouvre une canette et la balance dans les douves.
Merde, on aurait pu comprendre avec une Heineken, c'était une Guinness!
Crapule, tu dis, ben, la suivante a pour titre ' The Crapsons' , puis vient le tour du bondissant et catchy 'Some Mothers'.
Pile driving riffs et basse galopante pour le brutal 'Moonlit Talons' .
Ici, aussi, on peut citer At The Drive-In, mais encore McLusky, Future of the Left et We Were Promised Jetpacks avec quelques pointes de Rage Against the Machine comme points de repère: du punk,
du metal, une féroce débauche d'énergie sur scène, mais il est peu probable que l'album trouve plus de trois fois le chemin du lecteur.
A consommer cru et live!
Le marteau pilon poursuit sa besogne: ' Epic Myth' - 'Everything dipped in gold' et, après s'être douché au Spa Reine et débarrassé de son maillot de corps, 'High Five'.
Euphorie aux pieds de la scène après ces 55' enflammées!
Double bis
Il sera punk et viril: 'Tourette' de Nirvana et 'Den Horn' qui achève leur premier album!
L'hippodrome ferme ses portes.
A l'écurie, les canassons!
Vers 19h tu interceptes un avis FB de Fred Cerise, le concert d'Andromakers/The Monotrol Kid au Libre Air est annulé.
RTL, The Voice ou le 489365ème programme culinaire...: pas question!
Heureusement, il y a ce bon vieux DNA, Julie &
co ont l'excellente idée de programmer un bluesman bordelais clinquant, même si sa casquette ne ressemble pas à celle de La Fouine et qu'il s'est fait piquer sa chaîne ostentatoire par un copain
de Lil Wayne :
Eric
Bling!
20h et des poussières, le coin est salement mort, un plan à flanquer le bourdon à tout blueseux noir et aveugle, il faudrait se fendre d' un Pessac-Léognan millésimé pour noyer toute cette
misère, malheureusement, ta bourse ne te permet qu'une mâle Jupiler!
20:50' il s'agit de penser à entamer le concert.
Eric Bling prend place sur le vétuste siège jouxtant quatre
guitares, au sol traîne toute une panoplie d'effect pedals, sur un tabouret: un sampler, un harmonica et un rouleau de bande adhésive pour accoupler un duo de micros.
A la mosquée tu te déchausses, Bling est respectueux, mais on ne dira pas de ses nougats qu'ils sont aussi attrayants que ceux d'Ava Gardner, the Barefoot Contessa!
A la table de mix, le fidèle Valoy attend le bon vouloir du Girondin qui vient de sortir un troisième CD "A room over my head"!
Il tripote le sampler qui balance une boucle rythmée, gratte une de ses six cordes, une voix virile et âpre de fumeur de Gitanes vient taquiner le noir plafond du DNA, c'est bien de blues qu'il
s'agit, tu peux lui coller, comme certains journalistes de chez Sarkozy, l'étiquette nu-blues, trip hop blues, Brico blues ou transe blues, ' Keep on laughin' sent le vécu, l'authentique.
Le bottleneck et l'harmonica transforment, tour à tour, la mélodie en boogie artisanal puis en shuffle bouillant.
Il poursuit avec le lancinant 'How many times', toujours à la slide sur rythmique électronique.
Sa compagne, depuis le début de la tournée, se demande où est passée sa râpe à parmesan, elle aurait dû voir le barbu l'utiliser comme idiophone et la battre en mesure.
Il y a du Seasick Steve ou du C W Stoneking dans la démarche, à la fois roots et expérimentale.
Beau travail de picking avec ' It's too late' avant d'annoncer un traditionnel pour lequel il change de jouet, ' Sad Blues Song', une adaptation personnelle, style incantation indienne, du 'Rolling and tumbling', décorée d'une voix off récitative, de vibrations de tambourin, tout en frelatant son propre
chant.
Muddy Waters en visite dans l'estuaire de la Gironde...
Sur ' What's Nu' ( 2007): le rugueux et répétitif 'Wood guitar', ça sent les marais poisseux , les eaux stagnantes puantes, infestées de moustiques, de
crocodiliens pas sympathiques: un swamp blues humide.
Une troisième guitare pour ' Going home' with the morning train, après avoir erré une vie entière, le Delta bluesman revient toujours au point de départ: Skip James, Mississippi John Hurt, Robert
Johnson, Elmore James... dans un champ de sugar cane, Mr Bling du côté du Médoc.
Vraiment étrange impression que de voir l'antre punk transformé en juke-joint pour un soir: ' I don't wanna', un Croate enthousiaste et aussi disert que RickyBilly vient abreuver le lonesome
singer pleurant son cafard...I don't wanna stay if she wanna go... , épouvantables sont les nanas!
Rien à voir avec Paul McCartney, la poussiéreuse et interminable ' Winding road' ne te conduira pas jusqu'à la porte de la bien-aimée, tu risques bien d'y mourir de soif et de solitude.
Merci, Bruxelles, 'Stereo Blues' sera le dernier titre de la soirée.
Profond, énigmatique, légèrement vicieux et addictif!
Soixante minutes intenses!
19h25', Boulevard Anspach, tu pénètres dans l'enceinte de l'AB en même temps que JP, le photographe de
Keys & Chords, pas trop de monde au bar, direction la salle, caca, les cinq premiers rangs sont déjà occupés, une coterie saphiste tient à voir son porte-drapeau de près!
Consignes de Live Nation destinées aux Cartier- Bresson, Newton, Ronis et autres Bettina Rheims... : clic, clic uniquement pendant le premier morceau!
20:00 Melissa Etheridge!
Arrivée du band, trois pointures: Blair Sinta aux drums ( Alanis Morissette, Damien Rice, Annie Lennox...) - Brett
Simons à la basse ( Brian Wilson, The Beach Boys, Gary Jules, Jennifer Love Hewitt, Anastacia, Liz Phair, Fiona Apple...) et l'incroyable guitariste Pete
Thorn (Chris Cornell, Alicia Keys, Jewel, Courtney Love..).
Un drumming barbare, Pete et Brett rejoignent le cogneur, son énorme, hurlements de Dominique, Marcel(le) et Justin(e), sympathiques catcheuses et voisines occasionnelles, voici Melissa Etheridge armée de sa black acoustic guitar bombée: one,
two, three, c'est parti, le titletrack du CD de 2010 ' Fearless Love', un rock Springsteenien chanté d'une raspy voice.
Une entrée en matière flamboyante, l'AB est déjà conquise, un climat de connivence s'installe entre la dynamique quinquagénaire et la salle, le ton est aux confidences entre amis de longue
date.
Bruxelles mise à contribution, communion totale entre public et auntie Melissa: ' If I wanted to', un Southern rock datant de 1993 ( CD 'Yes I am'), dans
lequel elle confirme les rumeurs quant à son homosexualité.
Brussels, I feel great, it took me 50 years to feel OK, you know... this one is called ' Chrome plated heart' , Melissa goes wah
wah funk, c'est vachement torride!
Première ballad mettant en valeur sa throaty voice 'I want to come over'.
Bordel , that gal has balls!
What do you think of the boys, ça fait deux ans que je tourne avec eux, they're fine, no?
Fine, ces mecs sont des cracks, Miss.
Elle est d'humeur espiègle ce soir,... Hello, hello / This is Romeo / Calling from a jackpot telephone..., le fantastique 'No Souvenirs' de 1989.
La trempe d'un Springsteen ou d'un Tom Petty, elle tue, Melissa!
Blair a déjà embrayé sur 'The wanting of you', attends, attends, menneke, je m'amuse ce soir, on va en faire une autre, j'ai envie de leur jouer 'You can sleep while I drive', une fantastique
love ballad.
La suivante a bien marché dans mon petit pays, elle traite d'une fenêtre: 'Come to my window'.
Le roadie a du boulot, Melissa et Peter changent constamment de gratte, la nana alternant l'acoustique et l'électrique.
On a droit à quelques grimaces faisant passer Jim Carey pour un crabe, puis elle se décide pour 'Indiana', encore un titre de 'Fearless Love'.
It's a song about choices, à propos d'une fille en fait, un démarrage tout en douceur à l'acoustique, les boys s'invitent et le titre explose pour swinguer vache, maligne comme un chimpanzé, Miss
Etheridge tout à coup chantonne ..I saw her today at a reception... on est 600 à avoir reconnu 'You can't always get what you want' des Stones, l'AB hystérique, mais les artistes reprennent la
direction de l'Indiana avec un solo ravageur de Peter.
Ils ont à peine balancé 7 titres en 60 minutes de show, pas un seul moment faible!
Ladies and gentlemen, la suivante date de 1988, mon premier album, ne savais même pas que la Belgique existait à l'époque, it is called ' Don't you need', et ça n'a pas pris une ride.
Les envolées exaltées de Mr Thorn sont tout bonnement sublimes.
Any requests, Brussels?
25 propositions!
Shit, I didn't imagine vous connaissiez autant de titres, voici ' Yes I am' ( titletrack du quatrième album) :...Am I your
passion your promise your end/I say I am/ Yes I am..
Passion convient très bien!
Melissa nous rappelle sa bataille contre le cancer, I'm cancer free now, donc pas la peine de vous apitoyer sur mon sort, j'ai un message, vivez votre vie pleinement: ' Drag me away' :..
Did you think I was leaving My ticket was just one way The angels I believed in Were gonna carry me away... honey, tu t'es trompé, on se débarrasse pas de moi comme ça... fameux titre coup de
poing, super combattive la bonne femme, du punch et un message d'espoir, just a great song!
Hey Melissa, il y a quoi dans ton flacon, lance un quidam?
Water, just water, mec, what did you think, je carbure pas à l'alcool et elle attaque le bluesy ' Must be crazy for me' , wah wah tonitruante, petite joute avec Peter, méchant duel avec le
bassiste puis elle délaisse la guitare pour aller taquiner Blair, boum boum boum ... quatre baguettes sur les fûts.
Me suis bien amusée, François je te refile mes sticks, prends en soin gamin, je continue à la gratte.
Trois guitares/basse à genoux pour un final Hiroshima.
Une plage de 15'!
Elle continue en wah wah avec le crapuleux ' Nervous', un blues boogie imparable, propice aux jams, elle commence avec le drummer pour tout à coup insérer ' Fever' dans la fiévreuse comptine, je
continue avec la basse et termine avec la lead guitar.
A te couper le souffle!
Après avoir présenté les artilleurs, elle amorce le sec ' Bring me some water' datant de 1988, un rock dantesque la voyant entamer un duel avec le bassiste et la guitare.
Peter, je me colle à tes fesses et je joue tes accords, gratte fieu.
Carré blanc: charge sexuelle intense, salle en ébullition: on atteint le climax.
Le délire!
1h50' de show ( 14 titres), on sait qu'ils vont revenir!
Bis
'Like the way I do', près de 15', pendant lesquelles Melissa arpente la scène dans toute sa largeur, pointant sa guitare à 5 cm des visages du premier rang, le morceau finissant en feu
d'artifices/ tourbillon rock digne d'un Neil Young & the Crazy Horse!
Un show très pro d'une artiste en pleine maturité, n'ayant pas peur de se vider les tripes. Bruxelles a adoré!
Melissa is 50, no age to rock'n roll!
Forget it, baby, she rocks like a hurricane!
Julie LaRousse flashback..
Tu vas pas nous relancer Lafforgue et son refrain "Fais-nous danser, Julie la Rousse. Toi dont les baisers font oublier..., ni le long-métrage de Boissol ou encore les aventures de Lescaut,
tu nous as déjà fait le coup!
Shut your big mouth... flashback, décembre 2008, Julie LaRousse au Montmartre, petit concert sympa!
Février 2012, avec un CD maxi dans les bacs ( 'Dans ce Monde'), Julie en showcase à la FNAC City 2.
Tu t'y pointes à 13h50' en plein soundcheck.
Une formule trio: Julie, qui se souvient qu'avant d'entamer une carrière solo elle accompagnait les deux Spirit of the Seventies, Wim Hombergen ( Kleptomania, The Nevergreens..) et Loli De Coene
( The Bluesdealers) au sein des "Evadés de l'Hospice", au chant et à l'acoustique- Jamm Silverey aux percussions et le jazzman Piotr Paluch aux claviers.
Balance: OK, on aménage la playlist et à 14h10', feu vert pour le mini-récital!
Quelques accords de guitare, de doux halètements, quelques doo doo doo sucrés, on démarre avec le velouté ' Je te donne mon âme', un cajon sobre relayé par un piano groovy, de la French soulpop
qui balance agréablement.
Points de repère: certains Véronique Sanson ou France Gall , deux muses de Michel Berger, Françoise Hardy quand elle swingue ou Nanette Workman, pre-Starmania!
Je dédie la suivante' Abuelo' , à mon grand-père, l'ai composée avec Joséphine, une copine andalouse.
Senteurs de Sierra Nevada, de jardins maures, visions d'Alhambra, d'enfance heureuse sur rythmes épicés.
Le titletrack du maxi, une mélodie satinée pour un constat philosophique: ' Dans ce monde'.
Jolie voix et accompagnement musical tout en frôlements!
'Pas d'ici' t'invite à l'évasion, au rêve, ne va pas croire, toutefois, que l'escapism suggéré dans ces lyrics soit aussi naïf que celui dépeint dans Alice au Pays des Merveilles, la lucidité est
au rendez-vous!
Solo, une version décalée incroyable de ' Whole Lotta Love' du Zep.
Julie se fait Janis, Joplin la Rousse!
Superbe!
En trio pour le chaloupé, sensuel et vaguement latino ' Dévoilés'.
Brise légère, vagues caressantes sur lesquelles tu te laisses bercer au gré du clapotis, tu clos les paupières, doux instants d'éphémère bonheur...
En pensant à 'Belle de Jour' de Luis Buñuel, j'ai écrit ' Rue Interdite': du swing d'alcôve, Catherine Deneuve de 5 à 7, vachement sexy le 128 de la Rue Interdite!
Pour ma fillette, ' Tessa', un titre en demi-teinte, message d'amour d'une jeune maman imaginant le futur envol de son enfant.
Classicisme serein, tendresse et justesse de ton!
'Juste un peu de fantaisie', un morceau participatif, mettra un terme à ce mini-concert des plus agréables!
Quelques craintes à Haren, c'est le quatrième concert bruxellois de Hymn For Her,
le public va-t-il suivre?
A 21h10' le club est honnêtement rempli, Walter Curieus Schaarbeek et les bénévoles de Toogenblik se frottent les mains.
Dans l'assistance, on note un duo de Parisiens ayant voyagé en Thalys pour assister au gig des Yankees, ils ne l'auront pas regretté!
Hymn For Her
21:10', sermon hésitant de Pater Luc et le duo prend place.
Sur scène traîne une panoplie hétéroclite d'instruments: une acoustique, un banjo, un ukulele, bass drum/cymbals, un harmonica et une three strings cigar box guitar + une dizaine d'effect
pedals... pas le genre de capharnaüm que les habitués sont accoutumés à voir dans l'antique folkkroeg.
Wayne Waxing et Lucy Tight sont Hymn For Her, a band that hails from anywhere they can park their trailer ( a 16 foot, 1961 Bambi Airstream), dans lequel
ils ont enregistré leur dernier effort discographique ‘Lucy & Wayne and THE AMAIRICAN STREAM’, partout ils emmènent leur 5 years old cute daughter qui
passe son temps à griffonner pendant les concerts quand elle ne boude pas!
Le couple se partage tous les instruments sauf la mouth harp dans laquelle crache Wayne la moustache.
Pas de setlist, une feuille sur laquelle ils ont gribouillé 36 titres que tu retrouves sur leurs 3 albums!
Entrée en matière noisy rock tuning , elle à l'ukulele, lui à l'acoustique et bass drum, elle au chant, lui aux backings, le truc vire poppy americana à la Sheryl Crow...there's a secret on your
lips when you smile... chantonne la skinny blonde Lucy.
Toogenblik a déjà compris que ce ne sera pas le nième concert folky, propre et sage.
It's our last date in Belgium, on va en faire a special night: ' Slips', une slide démente, un harmonica vicieux, some claps pour ce country rock déjanté au son énorme.
'Grave' pour ceux qui prennent note, j' épelle G R A V E ( djii aaa éé viii iii). Merci Miss, du bluesrock Pierre Tombal, Z Z Top visits the graveyard.
Artisanal, mais vachement performant!
Une perle non reprise sur le CD, 'Pearly', ça déménage sec, sont aussi cinglés et unconventional que Slim Cessna et sa clique.
Lucy: ''Peter ( soundengineer), more guitar in the monitor, please!"
Euh, ma chérie, il n'y a pas de monitor ce soir!
Sorry, Peter, voici ' Human Condition' inspired by Bobby D and Woody G, but not J Lo, un Southern wah wah cigar rock phénoménal.
Où vas-tu, Wayne?
Vais pianoter à la Jerry Lee, cet archaïque Steinway me fait de l'oeil depuis 25'.
Superposition des plans, voici ' Ballad of Hollis Brown' de Dylan, transformé en blues gothico-psychédélique lancinant, la voix déformée de Wayne doit autant aux Cramps qu'à Woven Hand.
Le banjo amorce un bluegrass, ' Fiddlestix', qui déraillera en méchant country punk décoré de perfides couches de wah wah, t'es pas à l'aise quand le mec se voit ...suckin your bone..., les
clients du coin sont pas immunisés contre cet excès de violence.
We switch instruments, la nana au banjo, le gars au cigare, une intro à la slide, de jolies harmonies country sur fond musical malade: frantic banjo et la Lowebow guitar ( fabriquée par leur
pote, Johnny Lowe) toujours aussi agitée.
' Cave' ..I'm going to the cave... normal un tremblement de terre se prépare.
On est quel jour?
Friday.
Well next one is called 'Thursday', imagine les White Stripes en mieux, d'ailleurs, en plein milieu du morceau, une séquence slow motion voit Lucy passer derrière la grosse caisse et Wayne
s'amuser avec les distortion pedals pour, ensuite, reprendre leur place initiale et finir au galop.
Après 55' bordéliques, décousues, efficacement rock'n roll, ils ont droit à une pause!
File au merchandising, tof, moins de monde au bar!
22:30', set 2
'Chemicals' une mixture pas catholique , puis le duo tient à nous faire visiter le désert: ' Mohave' , it's so bright there you have to wear shades, le trip prend des accents Black Keys
prononcés.
Neil Young a écrit 'Cowgirl in the sand', notre 'Cowgirl' se balade in the sun, joli background jazzy.
Une bouchée surf au dialogue théâtral ' Trash Sun' virant abruptement vers un collage dadaïste, fond sonore apocalyptique.
Leur country trash secoue un max, la limonade du cowboy reposant sur l'ampli fait un bond de 36 cm pour venir mourir à ses pieds.
Enchaînement andalou nous prouvant que Wayne n' est pas à classer dans la catégorie manchot, la délicate sevillana dégénère en heavy trash gospel allumé.
Ce duo est imprévisible!
Une ballade countryrock à la Crazy Horse, 'Land Escape', accélération soudaine... yippee-i-ay-i-ya, yippee-i-o... Pecos Bill rides a tornado, attachez vos ceintures!
Puis vient une accalmie inattendue, un moment de tendresse imprévu, une vraie ballade acoustique et mélancolique: ' Not' ..I love you, but you don't hear me... .
Beau comme du Jeannie C Riley.
Vous appréciez, here is another lovesong, a country oumpapa singalong.
Il faudra prendre l'annonce au second degré car les lyrics ironiques n'ont rien à voir avec "je t'aime mon amour" ou alors les allusions au Ku Klux Klan et à Poison Ivy sont les nouvelles armes
de Roméo.
John Prine,' In spite of ourselves', un magnifique travail de fingerpicking digne de Chet Atkins suivi de ' Lucy Fur', un rock pétaradant.
On finit en beauté en ressuscitant Led Zeppelin ' Bron-Y-Aur-Stomp' , d'une sauvagerie campagnarde!
Soixante minutes emballantes!
Un bis?
Ok, mais on a rangé tout notre brol, a capella alors?
Incroyable mise en scène: Wayne se couche sur le dos, pieds levés, sa compagne vient prendre place sur ses boots et entame le traditionnel ' Don't fence me in'.
Encore plus fort, le mec assure les lignes d'harmonica sans l'usage des mains.
Mieux que chez Bouglione, applaudissements nourris et une seconde volée unplugged, mais côte à côte,' Highway Maggi', a genuine country tune, suivie de 'Pink Lady', un joyeux ragtime que tu
retrouves également sur leur CD ' Year of the golden pig', un petit pas de danse Elvis the Pelvis pour amuser la galerie et on arrête les frais!
Plus de deux heures de show, une performance généreuse et énergique, les clients quittent Toogenblik le sourire aux lèvres!
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