Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des critiques de concerts
  • : Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
  • Contact

Les prochaines...

Recherche

27 janvier 2023 5 27 /01 /janvier /2023 14:29
Album - Jenner – To live is to suffer

 Album - Jenner To live is to Suffer

 Fighter Records in February 2023

Infernö Records in 2017

michel 

La première version de  "To live is to Suffer" du combo serbe Jenner date de 2017, à l'époque les filles étaient quatre. En 2013, Aleksandra Stamenković ( guitar)  et sa soeur Marija Dragićević ( drums) , qui avant la formation du groupe, dont le nom a été choisi en hommage au médecin Edward Jenner , un brave homme, qui en inoculant la vaccine ( a k a la variole des vaches)  dans les bras d'un gamin de huit ans , est devenu le père de la vaccination, s'ébattaient au sein d'un glam band nommé Cat O’ Nine Tailz, s'étaient associées avec Anđelina Mitić ( vocals) et Jana Bacić ( bass).

Jenner sort une demo ( 2 titres) en 2015, année où la bassiste se tire pour être remplacée par Mina Petrović.

2017, un premier album,  To live is to Suffer, voit le jour .

Peu de temps après, Marija doit prendre du recul suite à une maternité, en 2018, Nevena Ilic remplace Mina à la basse.

Les bassistes ne font pas long feu au sein de la formation, lorsqu'en 2020 paraît l'EP 'The Test of Time', Katarina Henc est citée à la quatre cordes, Anđelina Mitić a elle aussi jeté l'éponge, Aleksandra se chargeant des vocals, Emil Ivošević lui prête main forte sur un titre.

Marija fait toujours partie du groupe, mais un second séjour à la maternité la contraint à écouter l'album bien après sa sortie.

La demo de 2015 ressort en 2021,  Aleksandra fait des infidélités au groupe pour jouer avec Sigma Epsilon.

2022:  JENNER signs  to Fighter Records, qui va rééditer l'album "To live is to Suffer" .

Le dernier line-up à ce jour:

 Aleksandra Stamenković – vocals & guitars
Anja Mirković – bass guitar
Selena Simić – drums

Petit détail, ce all female band ( le seul évoluant à Belgrade, selon certains)  a reçu "thrash/speed metal" comme tag.

 

En attendant février, on passe en revue le disque sorti chez  Infernö Records, avec comme protagonistes: Anđelina Mitić (vocals) /Aleksandra Stamenković (guitar) /Mina Petrović (bass) et Marija Dragićević (drums).

 Tracks.

1. Factory of Death
2. Hear the Thunder Roar
3. Demon's Call
4. The Heath is Coming Again
5. On the Judgement day
6. How Deep is Your Greed
7. Silent Killer
8. Opened (On the Table)

Pochette typique du genre,  Željko Manojlović, un gars auteur du graphisme pour d'autres formations de metal ( Necro, Kobold, Vox, Annathema, Merciful Angel, Testator, e a...) ne fait pas dans la dentelle, la créature stylisée, pas très souriante,  bras écartés, tient un crâne dans chaque main,  et donne raison au titre de l'album, la vie n'est que souffrance!

Départ sur les chapeaux de roue avec ' Factory of Death' , guitare agressive, chant énervé, rythmique d'une efficacité Lemmy Kilmister/ Philthy Animal Taylor,  elles ne rigolent pas, ces filles, cf leur imagerie teintée de rouge ...  Like sheep before butchery
Waiting for death in this death factory...

Il y a de quoi devenir vegan.

 N B  Sur la nouvelle version, visible sur le clip, ça déménage tout autant.

Faut être sourd comme un pot pour ne pas entendre gronder le tonnerre,' Hear the Thunder Roar', les riffs orageux,  balancés par Miss Stamenković, les vocaux acerbes d' Anđelina, backés par un choeur assassin, le jeu de basse solide de Mina et la démonstration tout en puissance de Marija derrière les fûts impressionnent.

Elles sont moins glam que les filles de Vixen  mais tout aussi performantes que les British de chez Girlschool. ou que les plus récentes, Nervosa, des Brésiliennes qui ne dansent pas la samba.

Que faire quand Lucifer te convoque?

' Demon's Call' débute par une longue intro, méphistophélique, balancée sur un tempo effréné, il faut patienter plus de 70 secondes avant d'entendre Andelina rejoindre ses copines. Lorsque les portes de l'enfer lui sont ouvertes, elle débite son oraison à pleine voix. Pendant six minutes, ton crâne vacille d'avant en arrière. En jetant un coup d'oeil circulaire dans le pandemonium, où tu as atterri, tu constates que les trois Érinyes, débridées, font comme toi et un peu plus loin, t'as reconnu quelques gars,  Paul Gray,  Vinnie Paul, Ronnie James Dio, Clive Burr, Fast Eddie Clarke et son pote, Lemmy, tous  atteints des mêmes symptômes.

'The Heath is Coming Again' ne s'éloigne guère du schéma trash/speed et comme le clame la chanteuse  ...Are we puppets dancing on the string... tu te sens effectivement comme une marionnette aux mains de ces filles fougueuses qui ne doutent de rien.

Vitesse suprême: solo de guitare impétueux, basse et batterie en mode Mbappé je file droit au but, je ne vois plus rien, ni personne, et vocaux évoquant Ian Gillan au mieux de sa forme, les gars de chez Accept en entendant le truc  sont restés sans voix.  

Elles vont se calmer après toute cette débauche de rage et de fièvre, tu parles, elles poussent un peu plus sur le champignon et  'On the Judgement day'  jaillit comme une boule de feu incandescente.

Un solo de basse court, mais tonitruant, des riffs de guitare d'une vélocité rare et un chant enragé,  soutenu par un choeur inquiétant, répétant on the judgement day, viennent titiller tes sens.

 Tu ne te sens  pas trop à l'aise, t'as commis deux ou trois  faits répréhensibles dans ta minable vie, ton esprit t'envoie quelques flashes de la fresque du Jugement Dernier dans la cathédrale d’Albi, c'est pas un truc  pour t'aider. T'as malheureusement paumé le numéro de ton ange protecteur, t'aurais voulu qu'il intercède en ta faveur, après t 'être confessé et  obtenir la grâce par le repentir, mais là, ça craint!

 

Question pour les rapaces: ' How Deep is Your Greed', ce n'est pas la même chose que ' How Deep Is Your Love', messieurs les Bee Gees!

Les filles de Belgrade nous assènent une nouvelle rasade de riffs ravageurs, dépassant largement la speed limit imposée par nos dirigeants, le choeur,  criblant la gentille romance, ne parvient pas à effaroucher la chanteuse, qui invective l'assoiffé de pouvoir et de richesses à qui s'adresse l'interrogation.

Parenthèse, en 2017,  le président de la Fédération de Russie n'avait pas encore imaginé d'envahir l'Ukraine, ou alors, uniquement dans ses rêves.

On se souvient d'un ' Silent Killer' chanté par Jennifer Rush, c'était du pop rock vaguement disco, Jenner a choisi  un  registre différent, nettement plus trash.

 You can't escape from the silent killer, le message est terrifiant, tu vas y rester, alors autant croquer la vie à pleines dents.

N'ayant pas peur des excès, on fonce sans se retourner.

Celui qui espérait une plage plus débonnaire restera sur sa faim car 'Opened (On the Table)'  termine l'exercice en force,.

Cadence folle, batterie et basse emmènent la guitare vers le rush final, Anđelina, tel Ben Hur,  harangue les destriers en les poussant au bout de leurs limites.

César, pourtant un macho de la pire espèce, époustouflé, doit tendre la couronne de lauriers à cet équipage féminin qui compte bien remporter d'autres palmes.

Paris, on arrive!

 

Note: Jenner is finishing  songs for a new album and will enter the studio again in 2023 to record their second full-length album.

 

On tient ça à l'oeil!

Partager cet article
Repost0
25 janvier 2023 3 25 /01 /janvier /2023 16:38
Album- Virtual Symmetry par Virtual Symmetry

 Album-  Virtual Symmetry par Virtual Symmetry

 Sensory Records

NoPo 

VIRTUAL SYMMETRY 2022

Aucun doute, ces suisses italiens aiment le métal progressif plus que la raclette.
Valerio Æsir Villa, à la guitare, monte le projet dès 2009.
Marco Pastorino au chant, c'est Temperance, Wonders, Cristiano Filippini's Flames Of Heaven, Even Flow, Secret Sphere et j'en oublie, pas prêt d'être au chomdu le gars!
Marco "Mark" Bravi s'occupe des claviers. Alessandro Poppale joue la basse. Alfonso Mocerino défonce sa batterie (ex Temperance).

Sur la galette, on goûte les recettes de ces différentes bandes ainsi que de Dream Theatre, Seventh Wonder voir Haken.
Que du gourmand qui a pris rendez-vous avec Marco pour le chant de l'heure (pfff, elle est grave celle là!).

Discographie :
Message from eternity 2016
Exoverse 2020

Comme souvent dans ce genre, on apporte un soin particulier à l'artwork.
Sur une planète sombrement bleutée, couverte de rocs et de nuages menaçants, un personnage semble aspiré par un astronef de la forme du logo du groupe.
Une inspiration Sci-Fi à la 'rencontre du 3è type' ou plus récemment 'premier contact'.
Des caractères modernes forment des lettres, point à point, parfois incomplètes pour écrire 'VIRTUAL SYMMETRY' sous l'image rappelant la magnifique pochette de Wonders.
Normal, Gustavo Sazes en est l'auteur. Donc, côté apéro, on apprécie, voyons le menu maintenant.


63 minutes dont un pavé de 20 minutes d'entrée, ça peut caler et laisser moins de place au dessert!
Heureusement, ça commence doucement par un piano, puis un synthé et lorsque la batterie se décide à taper, l'orchestration augmente avec force.
Tout se construit en vagues avec flux et reflux. Le synthé, tournoyant, provoque des éclairs de guitares et soudain ça drache et ça trash.
Les claviers, gigantesques, inondent le morceau de son millésimé des 70's, des 80's, des 90's ... enfin y'en a pour toute le monde, on a le temps en 20 minutes!
Oui, l'invitation au théâtre du rêve reste perceptible avec un style assumé et digéré. Les guitares croquantes n'ont pas grand chose à envier au doigté de Petrucci...
Du classique version high level! On se laisse bercer, balayer, amadouer, séduire sans aucun ennui, on ne sait même plus d'où l'on vient tant la rivière musicale reste sinueuse.
Les arrangements suggèrent aussi parfois la musique classique mais souvent avec un gimmick alléchant.

'My story untold' ouvre par des riffs massifs, précédant des frappes tribales plantées au milieu des claviers, avant de dégager un ciel éclairci par le piano.
Au chronomètre, la vitesse dépasse les bornes (ça ne plait pas à Elisabeth, je l'ai lu sur les panneaux des manifestants!).
Le chant monte sur un cheval fougueux et s'envole vers des cieux emphatiques. On entend ensuite qu'il peut se durcir, même si ce n'est pas sa caractéristique première.
Les vocaux se multiplient par moments en plusieurs couches. Le chemin, louvoyant, des synthés garde sa direction experte.

Un piano majestueux (un!) introduit une orchestration symphonique, charriée par la guitare, lumineuse et percutante.
On s'enfonce alors dans la mélodie de 'The paradise of lies' trépidante, qui oriente Marco, prenant la bonne voix. Entre guitare et synthé, les joutes s'enchainent en boucles.
Les 3 premières minutes ne laissent pas retomber le soufflet et le piano fait la jonction avec une partie plus torturée mais tout aussi enflammée.

La guitare vanhalenienne, aux harmoniques enlevées, zèbre les premières notes de 'Come alive'.
Une marmite bouillonne, un volcan couve et soudain crache et lave? La batterie pose ses bases mais n'hésite pas à rouler des pierres basaltiques.
La basse, au gaz explosif, accentue l'effet laser et fait couler les lahars (aha, j'ai appris un nouveau mot!).
Les guitares fusent alors et taillent dans le roc un espace vite rempli de synthés, au son parfois moderne parfois vintage.

On découvre 'Butterfly effect' au piano égrené, cependant vite noyé dans une orchestration symphonique aux riches claviers.
On redonne la main aux touches (ou l'inverse les touches à la main) et la voix de Marco se fait doucereuse puis plaintive puis progressivement fougueuse, au fur et à mesure que les arrangements s'épaississent avec une basse grondante.
Les guitares vont aussi chercher des sons variés et le solo démanche en toute liberté. On ne se perd pas dans la mélodie ajustée par un boulot d'orfèvres.
Un effet papillon sur les papilles auditives (Gorgonzola plutôt que raclette!).

Intro arpégée à l'électro-acoustique, tapissée ensuite de claviers, douceur qui ne dure pas longtemps car l'énergie déployée enfle avec des claviers effervescents.
Les vocaux, lorsqu'ils s'expriment en italien, jouent la séduction it'AOR. 'Fantasie Di Verità' déboule ensuite à grands renforts symphoniques.
Sur un passage, la batterie roule frénétiquement et le synthé prend des airs de flûte. Et puis, ça part dans tous les sens, on ne sait plus où donner des oreilles (j'en ai senti pousser!).
La folie s'éteint pour laisser filer le final, en inclusion, piano, langue italienne.

Dessert? 'Rising' combien de fois (combien de fois?) ce mot a-t-il été utilisé dans le répertoire métal?
Tempétueux, le souffle orchestral pousse les guitares graves. Des chœurs préparent l'arrivée du chant principal, onctueux d'abord, puis le grain croque par moments.
Les guitares saccadent par instants, provoquant les claviers. On alterne, traversées plus douces, et passages plus durs... Un espèce de crousti-fondant quoi!

Café? 'Insomnia', empêche de s'endormir après le repas...
On a droit au retour du grand piano avec une ambiance mélancolique, confirmée par un synthé flûté.
Une tisane plutôt alors? Les chœurs, en nuage de lait, soutiennent la voix lactée de Marco, grimpant au plus haut des cieux, hosanna! Oui, il ose!
Le son aigu du piano danse alors comme un reflet de flamme dans les yeux. Joli!


Ce disque dessine un grand 8 en boucle (y'en a déjà 2 dans le chiffre!)... Les accélérations plaquent au fond du siège et le repas, trop copieux du midi, peut remonter un peu.
Pour ceux qui apprécient les émotions fortes, c'est un régal. Pour les autres, rien n'empêche de se laisser impressionner par la virtuosité des musiciens.
Un sacré menu (menu et pourtant copieux) pas forcément bio mais vert-igineux et au goût relevé par l'assaisonnement.
Bravo à Bravi, Villa, Pastorino, Poppale et Mocerino, les cuisiniers du prog-métal, mes cages à miel savourent!



Tracklist:
01. Virtual Symmetry
02. My Story Unfolds
03. The Paradise Of Lies
04. Come Alive
05. Butterfly Effect
06. Fantasie Di Verità
07. Rising
08. Insomnia
Mixed & Mastered by Simone Mularoni at Domination Studio

Partager cet article
Repost0
23 janvier 2023 1 23 /01 /janvier /2023 16:28
EP - Hache-Paille “L’affût”

 EP - Hache-Paille “L’affût”

 Near Deaf Experience

michel 

S’il y a un outil dont nous aurions de la peine à nous passer au jardin, c’est bien le hache-paille! 

 On utilisait le hache-paille en hiver pour faire du fouétre, un fourrage de paille hachée que l'on mélangeait ensuite avec de la betterave fourragère: ça nourrissait bien les vaches, quand il fallait économiser le foin.

Merci, Joseph, on se demandait s' il fallait attendre la belle saison pour broyer  le miscanthus.

Donc à l'aube de l'année nouvelle, Hache-Paille reprend du service et, avant l'inévitable sécheresse prévue dans les pacages morlaisiens, sort un nouvel EP ( 5 titres) baptisé “L’affût”.

Chouette se dit le chasseur de Plounéour-Ménez contrôlé au volant de sa petite automobile avec un taux d' alcoolémie mesuré à 2,46 g, j'écouterai ça au cabanon.

 Clémentine Page ( voix et basse) , Eric Cervera  ( guitares) et  Piergiacomo Costi ( batterie), ne chôment pas puisque  “L’affût” succède à 'Cynodrome' sorti il y a treize mois.

Tracks:

1.
Stop 04:32

2.
Comment faire un percement ? 04:01

3.
Les pieds dans la terre 03:51

4.
Ascenseur 05:35

5.
Bas-fonds 06:04 

Pochette:

crédit peinture : Lucien Castel.

Lucien a douze ans, ce qui explique le côté naïf des portraits, note bien que quand   le président de la fondation Jean Dubuffet a découvert l'oeuvre du gamin, il s'est mis dans l'idée de la présenter à la prochaine exposition d'art brut au Musée de la Poste.

'Stop' qui entame l'exercice était paru en avant-coureur en octobre 2022.

Dans  ce  rock lent et  narratif, on retrouve tous les ingrédients qui caractérisent le son Hache-Paille, la voix déconcertante de Clémentine, à la fois claire, enfantine et flegmatique, les arrangements sophistiqués d'Eric Cervera et le drumming précis de Piergiacomo, en y ajoutant le texte décalé et dérangeant, pondu par Miss Page.

Le clip qui accompagne la plage vaut aussi le coup d'oeil, il ne va pas inciter les conducteurs à prendre en charge des autostoppeurs.

Détail: BlaBlaCar n'en a pas voulu pour sa campagne publicitaire.

 'Comment faire un percement ?'  ( co-écrit entre Alice Marchand et Clémentine Page) , Clémentine dit aimer le groupe Low, cela s'entend sur cette plage slowcore , bourrée de petites trouvailles. Entend-t-on une scie musicale élastique ou un thérémine? Les sonorités caoutchouteuses obsèdent, comme les idées trottant dans la tête de la narratrice, la guitare sourde, combinée au  rythme indolent  de la mélodie finit par hypnotiser l'auditeur, qui n'aura pas les tympans percés  par des riffs assassins ou des percussions brutales, ce qui lui permettra de savourer un texte subtilement surréaliste. 

Eh, Eric, c'est toi, le banjo introduisant ' Les pieds dans la terre'?

Les vibrations de la scie , une nouvelle fois,   s'invitent pour donner un caractère agreste à une mélodie sentant la glaise, la bourbe, la glèbe et, malheureusement,  le nitrate d'ammonium.

Un kilo de boue colle aux sabots du paysan qui se déplace avec difficulté dans ce champ gras. 

On nous avait prévenus, l'EP dépeint l'immobilité, quoi de plus normal si t'es figé les pieds dans le limon, résultat: tu risques de te transformer en végétal.

Imagerie forte, métaphores, symphonie pastorale,  lyrisme  mélancolique, Clémentine est décidément un personnage atypique et anachronique.  

L' ' Ascenseur' ne te mène pas à l'échafaud, car cet élévateur n'est autre que la conteuse, devenue dispositif de transport vertical, elle vise à s'élever et à visionner le monde d'en haut.

Ascenseur rime avec apesanteur, pouvoir échapper à la réalité, un rêve de gosse ou une forme d'escapism, c'est sur un fond musical plus musclé que mademoiselle Page débite ses fantasmes, un mix hallucinant et oppressant  de krautrock, de trip hop, d'avant-garde  et de post punk.

La basse ricoche d'un point à l'autre, les guitares entaillent les chairs alors qu'une batterie martiale maintient la tension.

Sacré morceau!

Ça gronde dans les ' Bas - fonds' , encore plus que dans l'ascenseur, il ne fait pas bon  remuer toute la crasse qui gît sous les eaux de nos mers bretonnes, elle charrie des algues toxiques, dont  on ne veut pas entendre parler, car elles puent, au propre comme au figuré.

Alors, un film après la BD, on nous cherche,  s'expriment les épandeurs d'engrais azotés...

Hache-Paille effleure la question sans faire de  morale, le texte, poétique, et la musique brute, explosive, âpre et  bouillonnante, sont des armes plus efficaces que de longs discours pieux et hypocrites.

Avec l'EP  "L'affût", Hache-Paille est au sommet de son art, il est grand temps que ce groupe essentiel, qui navigue à mille lieues des clichés et stéréotypes  rebattus, soit reconnu à sa juste valeur.

 

 

Partager cet article
Repost0
21 janvier 2023 6 21 /01 /janvier /2023 14:07
Album - Harlem Lake ”Volition Live”

Album - Harlem Lake ”Volition Live”

 

NoPo

 HARLEM LAKE VOLITION LIVE 2023


On avait repéré la pépite avec 'A fool's paradise' fin 2021 ( see concert monkey)
Il faut battre le fer (ou ciseler la pépite) tant qu'il(elle) est chaud(e), voici donc que débarque un album live... avant 'A fool's paradise vol.2', déjà prévu pour retourner la galette des rois du blues!
Vainqueur de l'European Blues Challenge 2022, les bataves nous font baver et fêtent ça avec le live 'Volition', ou volonté, ce qui les a conduit jusqu'ici.
Ils gravent 6 des 8 morceaux de leur debut album (grave bien, comme on dit aujourd'hui) en live, sans sélectionner le morceau phare(amineux) 'A fool's paradise' que j'ai écouté en boucle.
Ils complètent avec 6 reprises (de haute volée) et un nouveau titre (le final 'Jack In The Box').
Avec beaucoup de morceaux longs, on atteint la durée d'un double vinyle de plus de 75 minutes (ils ne se moquent pas de leurs fans!).
Prévoir donc de prendre son temps et le casque pour un bon jogging...

Commençons par la conclusion : on a l'impression d'écouter un groupe particulièrement expérimenté, maitrisant son sujet et remettant une copie au son nickel, un master class!
Seule petite (toute petite) déception, les morceaux ne sont pas enchainés (forcément ils sont déchainés) ce qui rompt un peu le déroulé du live.

Le nez sur la pochette, on se surprend déjà à chercher les détails dans ce beau dessin, style BD, de Bas Duijst.
On y retrouve le fameux kiosque à musique du premier disque, cette fois, avec l'ombre des musiciens du groupe en pleine action.
On retrouve aussi, non pas un flamand, mais plutôt une cigogne protectrice qui domine l'édifice. Sous la lune et chaque aile déployée, s'accrochent les lettres de ' VOLI TION'.
La scène, grosses enceintes empilées sur les côtés, trône au milieu d'une rue bordée de réverbères et de maisons aux fenêtres allumées.
Devant la scène, on annonce en grand 'HARLEM LAKE' 'LIVE AT CULEMBORG BLUES & BETTER GET HIT FESTIVAL 2022', sur une place étrangement vide.
A la hauteur, le verso montre l'arrière d'un van ouvert pour charger le matériel, partiellement posé à l'extérieur, et les titres des morceaux figurent sur une valise ouverte et la façade d'un coffre.
Bavard je suis, cependant l'artwork en vaut la chandelle! Et comme le ramage se rapporte au plumage... à l'abordage!

Place à la musique maintenant...

Ouverture avec un titre important, 'The river', du 1er album. Tout a pris de l'épaisseur : la guitare au riff glissando, l'orgue à flots, les cuivres et la voix aussi, si, si c'est possible!
La rythmique basse/batterie sait tracer un carré, pour que les autres instruments s'accrochent et se lâchent avec assurance notamment sur le solo de guitare à griffes, malmené par des cuivres chauds patate.
Et Janne? Woah!

Harlem Lake va chercher 'Beware' d'Ann Peebles, sorti en 75. On a donc droit à un velours funky laissant la part belle à la basse dodue, l'orgue doorsien et les cuivres.
Le groove invite à la danse et aux mouvements sensuels. Janne gère ses inflexions de voix à merveille.

Avec un titre comme 'Whiskey Drinking Woman', nulle surprise de trouver un blues lancinant, tristement profond, reprise de Lou Donaldson (saxophoniste de jazz) quartet.
Gros solo de guitare dégoulinant de feeling!

'Deaf blind' introduisait le debut album mais avec une durée réduite de moitié. Ici, Janne chante avec tellement de fougue que sa voix en devient parfois rugueuse!
Les instruments, notamment, la batterie, tribale par instants, débordent d'énergie. L'orgue de Dave, lui regorge de bons sentiments qu'il lâche en pluie abondante puis tempétueuse sur un final éclatant.

'Guide me home' (extrait du disque précédent) pour respirer un peu... même pas, le frisson parcourt l'échine,  frappe à l'âme et fait monter le palpitant.
Janne darde des rayons d'émotions avec sa voix versatile. Les choeurs jouent les anges discrets et les cuivres n'en rajoutent pas.
Les arrangements fabriquent juste un écrin.

Le shuffle blues trainant sa peine, on le trouve dans 'I Wish I Could Go Running' (extrait de A fool's paradise) où Janne, grave, moût du grain.
Du classique avec des cuivres riches dont une trompette bouchée, un piano chaloupé et un solo épique de Sonny Ray à la guitare.

Et on remet ça avec un gros groove bluesy sur 'Please Watch My Bag' (sur le 1er album).
J'avais fait référence à 'Fool for your stockings' de ZZ Top et Robert Cray.
Sur sa version live, on le sent moins, car le morceau prend du volume et laisse libre cours à la virtuosité instrumentale (cette guitare!) par rapport à l'original, plus sobre.

Clapton signe 'Got To Get Better In A Little While' pour Derek and the Dominos en 73.
Cette fois, la cadence rocke plus volontiers. Plus que classique, je préfère qualifier le morceau de 'classe'.
Un gros solo de trompette transperce la mélodie portée par un piano et la guitare aux cordes battues.
La basse sonnante, aux angles arrondis, enroule le solo fusant de guitare. Et Janne? Pfff!!

Voici venir un roc, un pic, un cap! Que dis-je, c'est un cap ? … C'est une péninsule! Et oui, faut avoir du nez pour reprendre 'That’s How Strong My Love Is'
Original? Roosevelt Jamison en 64, repris par Otis Redding, les Stones et tellement d'autres...
D'abord un orgue, attisé sur des braises, chauffe les cordes vocales de Janne, adoucies ensuite par les choeurs féminins.
On plonge clairement dans une soul ouatée et pleine de tact et de sensibilité. Puis Dave travaille longuement les chauds sons de son orgue rutilant.

Si ça c'est pas un classique! 'The letter' écrit par Wayne Carson, chanté par les Box Tops et le grand Joe Cocker, une influence certaine.
La trompette et le sax en furie, dérapent dans un souffle puissant.  
Janne utilise une voix gratinée de Cocker avant un échange très charnu, rhythm and blues, avec les choeurs.

Encore un titre de leur album studio, 'I won't complain' dont la durée double presque. Cette version live, orchestrée plus richement, diffère beaucoup de celle du studio.
Janne chante, d'abord, tout en retenue mais elle sait aussi lâcher les trémolos, les cris, les lamentations et la rage. Les cuivres augmentent le balancement lascif.
La grosse basse de Kjelt, enrobée d'orgue dans un 2è temps, s'éclate au milieu du morceau puis laisse l'honneur à la guitare échevelée de Sonny.
Je ne peux m'empêcher de penser aux Allman Brothers.

Johnny "Guitar" Watson et Lenny Williams écrivent 'Don’t Change Horses' en 74 pour Tower of Power.
Très sautillant, ce titre funky met du roulis dans le tangage ou inversement, impétueux!

Une nouvelle composition clôt ce live à tiroirs bien remplis 'Jack In The Box'. La cadence nous embarque sur un boogie astiqué qui incite au mouvement du pied, et même des 2... et du reste...
La voix de Janne, particulièrement décidée, encourage le public et sa troupe, faisant bloc dans une osmose étonnante, avec un piano endiablé.

Je n'en rajouterai pas plus, la messe est dite, énorme groupe!!


1.    The River
2.    Beware
3.    Whiskey Drinking Woman
4.    Deaf & Blind
5.    Guide Me Home
6.    I Wish I Could Go Running
7.    Please Watch My Bag
8.    Got To Get Better In A Little While
9.    That’s How Strong My Love Is
10.    The Letter
11.    I Won’t Complain
12.    Don’t Change Horses
13.    Jack In The Box
Enregistré Live à Culemborg Blues le 27 Aout 2022 (1,2,4-7,10,12,13) et Better get Hit Festival le 10 Septembre 2022 (3,8,9,11)
Mixé et masterisé par Dave Warmerdam
Enregistré par Richard Van Het Kaar
Artwork par Bas Duijst, Photographie par Edwin Fabriek et Matthias Höing

Janne Timmer : Chant, orgue (11)
Dave Warmerdam : Orgue, claviers, choeurs, guitare (11)
Sonny Ray Van den Berg : Guitare
Benjamin Torbijn : Batterie
Kjelt Ostendorf : Basse, Choeurs

Ashley De Jong : Choeurs (1,2,3-6,8-13)
Megan Zinschitz Choeurs (1,2,3-6,8-13)
Jazzton Hulsebosch : Saxophone
Maarten Combrink : Trombone
Bart Van Der List : Trompette (1,2,4-7,10,11,13)
Thomas Heikoop : Trompette (3,8,9,12)

Partager cet article
Repost0
20 janvier 2023 5 20 /01 /janvier /2023 09:46
Album - Little Destroyer - 1134

 Album - Little Destroyer - 1134

 Tiny Kingdom

michel 

En 2013, à Vancouver, il y avait, ( oublie Véronique Sanson), un trio s'essayant au noise rock, il prit le nom de "Legs".

 Allie Sheldan et les frangins  Chris et  Michael Weiss, s'acharnaient sur leurs instruments, ou s'époumonait pour la petite Allie, dans une remise plus ou moins insonorisée en espérant se produire sur scène, un jour.

Des débuts connaissant un succès mitigé .

Le projet est momentanément suspendu lorsque Allie file vers L A.

'On reste en contact, boys'.

'Sure, Allie!'

Les Weiss partent rendre visite à leur copine en Californie, le trio travaille à de nouvelles compositions,  sans parvenir à trouver un producteur qui soit capable de procurer un son adéquat à leur cocktail, ils ont toutefois dégoté une nouvelle identité, cadrant mieux avec leurs chansons agressives et lo-fi: Little Destroyer.

2016, ayant déniché un producer,  les singles 'Bad Cell' et  'Rattlesnakes' voient le jour.

Le groupe tourne et compose, d'autres singles paraissent, dont ' 21' ou ' Alpha', un full album est en préparation.

2022, Little Destroyer découvre l'Europe et joue  au Reeperbahn Festival à Hambourg et, enfin, hallelujah, en octobre, l'album ' 1134' est disponible.

Pourquoi, 1134?

Aucune idée, on a consulté les anges , pas les tristement célèbres Hells Angels ( remember Altamont), qui nous informent:

The 1134 numerology has precisely appeared to you, and you wonder what does 1134 mean. Indeed you have a message from the divine beings. Angel number 1134 is a compilation of the vibrations of number 1 appearing twice, amplifying its influences with the energies of number 3 and number 4. Angel Number 1134 brings a message to focus on the Divine spark within yourself and manifest your desires.

T'as essayé avec ta date de naissance, ça a donné  "Triangle de suspension" , 56,49€, t'as pas acheté!

 

Tracks

 1. godcomplex
02:46
2. sucker4u
03:07
3. hitmanE
02:31
4. only way out
02:24
5. timezone
03:20
6. love and anarchy
02:59
7. xbar
02:47
8. it's been a while
11.34

 

 Vocals, Bass, Keyboards, Percussion : Allie Sheldan

 Drums, Percussion: Michael Weiss.

 Guitar, Synth, Percussion : Chris Weiss.

Coup d'oeil à la pochette: une feuille de papier chiffonnée, dans les tons rose délavé, il s'agit peut-être d'un semblant de setlist, bourré de ratures.

Le nom du groupe apparaît par deux fois, en grands caractères  détériorés, dans la partie supérieure et sur un encart à côté d'un cercle,  rempli d'inscriptions indéchiffrables. Le titre de l'album, répété trois fois, complète la publication sur la carte de visite.

Mademoiselle Catherine, institutrice retraitée, te signale ceci: si un élève m'avait remis un tel torchon, il volait illico presto à la poubelle ( le torchon) . 

Catherine Langelaid est de la vieille école!  

Go...

'godcomplex' , je suis exceptionnel, je suis fort, intelligent, beau, je suis Dieu... 

OK, tu présentes tous les signes du complexe divin.

Entrée en matière détendue, presque céleste, murmures frêles, quand soudain une machinerie noisy jaillit, le ton change, la voix aussi, elle devient friable et paresseuse et  débite un texte  en  flow rap , qui finit par te taper sur les nerfs, un choeur  soucieux et discordant, en arrière-plan, ajoute un aspect répulsif à la tirade reposant sur un fond indus saturé qui  te refile des frissons.

Et Dieu, ?

Ce ne semble pas être le même que celui qui a dit à Moïse... Je suis le Seigneur ! Je suis un Dieu plein de tendresse et de bienveillance, lent à la colère, riche en bonté et en vérité...

Celui-ci annonce I'm a dick to you,  bref, de quoi passer à l'athéisme!

Dans le même ordre d'idée ' sucker4u' vient te secouer sans compassion, le truc évoque le punk crasseux des Slits , des filles ayant salement secoué l'univers musical à la fin des seventies.

On sèche une larme en pensant à Ari Up et on revient à Allie,  à ses vocaux péremptoires et à son message amoureux d'une poésie romantique, une nouvelle fois, guitares stridentes et synthés abrasifs viennent lacérer tes tympans.

Une seule solution, danser tel un robot malade, comme la fois où tu as assisté à un concert de Shitdisco.

En entendant l'intro de ' hitman', un mec cite les B52's, pourquoi pas?

Le titre fait référence au  harcèlement qui concerne toujours bon nombre de femmes. Sur une ligne de basse, qui tabasse sévèrement, viennent se greffer  les piques de guitares forant joyeusement des petits trous dans ton crâne. 

Hit me with your rhythm stick, chantait Ian,  ici, ils ont sorti tout un éventail d'armes destinées à te blesser.

Allie, qui refuse de répondre aux  bip bip bip incessants du   téléphone, déclame négligemment    son laïus féministe  alors que des castagnettes et une chorale pop,  virant braillements énervés, en background,  habille habilement ce morceau qui atteint la cible en plein centre.

Place au tourbillon 'only way out', il n'y a qu'une issue, elle le clame haut et fort .

Démarrage en force: drumming acharné , vocaux déformés, fond electro punk survolté,  chorale animée, tous en file pour suivre Allie le poing levé,  en clamant l'hymne à pleins poumons.  

Il faut bien se calmer après toute cette débauche d'énergie et de fureur, 'timezone' vient à point nommé.

Une plage, presque propre, aux relents girl doo wop groups des sixties, The Ronettes ou The Shirelles, par exemple.

Dommage que Phil Spector n'ait pas survécu au Covid, il eut apprécié. 

' love and anarchy', rien que pour la ligne... love's like a molotov bomb... tu recommandes cette plage à tous les joyeux cassant du flic à chaque manif.

Se faire un poulet est une preuve d'amour!

La basse, qui n'a rien à envier au jeu de J J Burnel, imprime un rythme soutenu , synthés, percussions, riffs de guitare se marient magistralement tandis qu'Allie dépeint sa vision d'un monde parfait puisqu'il doit disparaître.

Forcément en entendant 'xbar' tu vas songer au 'Eisbaer' de Grauzone, deux plages addictives s'imprégnant sans délai dans ton cerveau.

Une nouvelle tranche de dance punk irrésistible, bourrée d'effets fusée, de bruits de sirènes, de grincements industriels,  un truc qui doit faire un massacre lors de  futures rave parties pendant lesquelles la consommation de psychotrope peut atteindre des sommets.

'it's been a while' finalise l'exercice en douceur.

Une guitare délicate accompagne la voix caressante d'Allie et t'invite à valser gentiment, les yeux clos, évidemment, comme Little Destroyer est classé dans la catégorie noise, tu te doutais bien que toute cette guimauve allait accoucher  d'un final moins détendu.

Quelques crissements percent, le ton monte, la guitare s'agite, Allie se tait, et puis, abruptement, tout s'arrête au bout de 3'15"", alors que la pochette indique 11'30".

Ils nous font le coup du morceau caché, qui apparaît alors que l'horloge pointe  9'.

Un punk track classique, Allie devient Poly Styrene,  la guitare crache des flammes, la basse pulse de manière infernale et le batteur a sorti les casseroles, le tout sans aucune fioriture du point de vue production , un son ' live',  brut  et sale.

Un disque tonique, idéal  pour réveiller le punk qui sommeille.

 

En février le groupe doit tourner au Canada comme support de Dune Rats.

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
18 janvier 2023 3 18 /01 /janvier /2023 17:10
Hummingbird au Chaland Qui Passe à Binic, le 15 janvier 2023

Hummingbird au Chaland Qui Passe à Binic, le 15 janvier 2023

 

michel

Binic par un dimanche hivernal,  le Chaland qui Passe annonce Hummingbird.

Tu ne t'attendais pas à voir un colibri, sur le port ce sont quelques mouettes, deux goélands et un cormoran qui fendent les cieux gris , car si Google t'apprend que le colibri quitte  l'aire de nidification en Amérique du Nord à la recherche d'un climat plus clément, ce n'est pas dans les Côtes- d'Armor qu'il vient passer l'hiver.

D'où vient donc ce Hummingbird?

Sylvain Arnaux, originaire de Nîmes , où l'on recense plusieurs espèces d'individus à plumes,  mais peu d'oiseaux-mouches, a construit son nid à Rennes où il officie désormais au sein de Reptiles, en compagnie de Baptiste Homo ( un album sorti chez Beast Records).

Le garçon, avant cela, s'ébattait dans différentes formations:  La Mouise, Clan Edison ou Hummingbird, un projet qu'il a sorti de la grotte pour se produire, en solitaire, il est vrai,  à Binic.

La discographie de Hummingbird se chiffre à trois albums, tous publiés chez Beast.

Le chaland est rapidement bondé, Sylvain, dans un coin, soundchecke, à ses pieds tout l'attirail du solitaire qui ne fait pas de folk: loop station, sampler, sequencer, setlist avec annotations diverses pour retrouver les morceaux sur le launchpad, une guitare et un mini-clavier, qui ne sera pas utilisé, complètent son équipement.

Derrière le comptoir, Arnaud régit le mixage.

La machine diffuse un fond sonore post punk nous rappelant la grande époque des Psychedelic Furs ou de The Sound, d'une voix éraillé, l'oiseau à l'aspect du visage évoquant (la mèche rebelle),  vaguement, Jacques Dutronc, sans le cigare, entame ' White Light' , un extrait de l'album 'Evil Glance'.

Si la lumière est blanche, l'atmosphère est sombre et exhibe une facette goth destinée à glacer un sang,  déjà pas très en forme.

Evidemment le colibri, étant endotherme poïkilotherme, ne souffre pas des différences de températures caractéristiques du climat breton.

Nouvelle intro aussi joyeuse qu'un cortège funèbre et voix toujours hantée pour le downtempo touffu  ' Miracle'.

Si  Bernadette Soubirous a vu 18 fois la Vierge Marie, il semble que le miracle auquel a assisté le ténébreux gars de Nîmes ne soit pas du même ordre.

Un voisin cite Arno, c'est pas con, surtout si on pense à la période TC Matic, pour rester dans le plat pays, on mentionnera aussi Flesh & Fell et pour la France, pourquoi pas Jad Wio?

Un pied s'aplatit sur une des pédales, ' Forgive me' est lancé, la voix cassée, proche de celle d'une Marianne Faithfull vieillissante  pleurniche  et  implore.

 Qu' a-t-il à se faire pardonner?

Petit blanc lui permettant de fouiller dans ses feuilles avant de lancer ' Criminal, chanté d'une voix tremblotante, sur fond sépulcral, gavé de stridences

Pour qui sonne le glas qui tonne en arrière-plan?

Si ' Dead in me'  ( ce qu'indique le papier qu'on n'a pas vraiment tendance à croire, certains morceaux n'ont pas été joués) ) débute par de gentils riffs de guitare, très vite il faut déchanter, ...I want to kill you... je veux t'oublier, tu m'obsèdes mais  on ne vieillira pas ensemble 

La suivante ( Black Color)  se montre plus dense, agressive , mais aussi  dansante.

Une grandiose tranche de  post punk tonitruant et asphyxiant .

Binic, ready for a funky one?

'Under your spell'  remue salement, mais comment échapper à l'emprise de cette personne, .... t'as beau clamer, go, go away... elle continue à te hanter.

Le rythme s'accélère, il avait annoncé un titre funky, t'as pas entendu du Prince ou du James Brown, à la rigueur du white funk écorché à la  James Chance & The Contortions, mais bien de la dark wave psychotique, martiale, véhémente et sauvage.

A coups de cravache, il mène sa monture vers le finish, la pauvre bête crache le sang en maudissant le jockey barbare.

Une reprise, kids: l'intro ressemble à ' Je t'aime, moi non plus', mais quand il se met à fredonner ...Cheree, Cheree, Oh, baby, Oh, baby, I love you... d'emblée tu reconnais la patte d'Alan Vega ( l'inventeur du protopunk) chez Suicide.

Pour bien montrer que l'heure n'est pas à la franche rigolade, Sylvain décide de nous rappeler que nous sommes tous amenés à descendre au cercueil un jour, il faudra faire appel au ' Gravedigger' pour percer le trou.

Cette dernière plage tourbillonnante, mixant funk  torturé, fuzz et  implants électroniques lourds et psychotiques, clôture un set dense et sans concession, un thriller sentant le soufre, ayant tenu le public en haleine jusqu'au générique de fin.

 

Hummingbird au Chaland Qui Passe à Binic, le 15 janvier 2023
Hummingbird au Chaland Qui Passe à Binic, le 15 janvier 2023
Hummingbird au Chaland Qui Passe à Binic, le 15 janvier 2023
Partager cet article
Repost0
18 janvier 2023 3 18 /01 /janvier /2023 12:49
Les Zef et Mer au Cap à Plérin , le 14 janvier 2023 ( IV) _ Bisiad et Tildé + Marion Guen

Les Zef et Mer au Cap à Plérin , le 14 janvier 2023 ( IV) _ Bisiad et Tildé + Marion Guen

michel

15:55 revoilà, la farfelue Marion et ses tickets.

Bien , gamin, une première en breton, m'en vais vous chanter un poème écrit par Anjela  Duval,  'Karantez vro'  qui a été repris, e a, par Nolwenn Leroy.

Etes-vous prêts, là derrière?

Oui, répond Bisiad.

Bisiad, ce sont  Morgane Gregory  et Kevin Le Pennec, deux harpistes ayant décidé de moderniser leur jeu , à la manière de Clothilde Trouillaud, vue ici il y a quelques années, et encore  de la plus célèbre harpiste pop, Joanna Newsom.

Kevin fait partie de  La Mézanj, à la fin du mois il doit participer au Winter Harp Festival, au programme duquel les meilleurs manieurs de harpe actuels sont invités.

Morgane, quand elle ne danse pas, se produit avec Arke ou Dixit.

 Les deux lauréats du Trophée Camac du Festival interceltique de Lorient ont sorti un album en 2021.

Bisiad entame sa courte aubade par le titre ouvrant leur CD,' Invitation', un chant en français destiné à convier famille et amis à la noce.

Le traditionnel breton prend des coloris célestes par la grâce du jeu lumineux des deux virtuoses, dont les doigts agiles égrènent une myriade de notes fragiles et cristallines.

Beau comme un ruisseau dévalant la montagne au printemps.

Le second titre, instrumental, voit une des harpes prendre des tonalités de basse, tandis que la seconde papillonne gaiement.

Cette plage filandreuse nous conduit, sans passeport, vers de vertes contrées où les    harpistes, tels  Claire Roche, Tara McNeill ou Aoife Blake, poussent plus vite que les mauvaises herbes, normal avec la pub ...A harp player is the perfect choice for your wedding ceremony and can bring a touch of grace.

Un second instrumental mixant sonorités jazzy , éléments percussifs et approche galante, suit avant d'arriver au terme du trip avec le tout nouveau titre ' Introspection', dont ce sera le baptême en public.

Le morceau, dynamique et groovy,  chanté en anglais, s'accompagne de fingersnaps et termine brillamment une prestation à la fois  insolite et chatoyante.

Nouvelle apparition de Miss Facéties, Marion, qui s'attaque une seconde fois à Jacques Brel avec 'Les coeurs tendres'  en y ajoutant quelques grimaces futiles. ' 200 ans d'hypocrisie ' est du genre festif anarchique chanté par Les  Négresses Vertes ,  par contre  solo,  a capella, en devant lire le texte, c'est nettement moins efficace .

Sont toujours pas à pied d'oeuvre là derrière, on improvise avec deux tirades en breton,  dont un second texte d'Anjela Duval.

Tildé. 

Un trio constitué par Pierre-Marie Kervarec : chant, bombarde / Yves Guevel : biniou  et  Stéphane Le Tallec : guitares et programmation.

Si la bombarde et le biniou sont des instruments classiques en matière de musique bretonne, il n'en va pas de même de la guitare électrique, surtout si elle pratiquée en mode heavy metal, comme a tendance à le faire Stéphane Le Tallec, un gars aux pieds duquel traîne une panoplie de pédales à effets impressionnante.

Stéphane et Pierre-Marie font tous deux partie de Nozzy , un groupe pratiquant un electro-breizh ravagé.

Yves, qui joue aussi bien du biniou que son pendant irlandais, la pipe Uileann, fait partie de plusieurs formations pratiquant le Fest-Noz  de Nantes à la pointe du Raz.

Pendant que Stéphane tripote son saint-frusquin, bombarde et biniou entament une danse traditionnelle qui n'effraie pas les puristes, dès que le chef se met à émettre des sons trafiqués, distordus et saturés à l'aide de son onéreux jouet, la composition prend un coloris nettement plus crunchy.

Un coup de wah wah, deux cent grammes de fuzz, un souffle  de réverbération porté à sa puissance maximale, le truc secoue et interloque un voisin puriste.

Tu glisses rock, trance et patrimoine musical breton dans le shaker, tu secoues et t'obtiens le son Tildé.

Une seconde tirade, un laridé électrifié, décoré de samples Rammstein  et de voix enregistrées, est balancée, elle a fini par désarçonner quelques ancêtres qui, s'ils ont accepté Alan Stivell,  Dan Ar Braz ou Tri Yann et même l'extravagance de Manau ou le côté pop de Nolwenn Leroy, voire le rock breton de Nolwenn Korbell, n'ont pas encore les pavillons tout à fait mûrs pour accepter un bagad electro.

Deux morceaux en 20', Tildé est le Yes ou le Marillion des musiques traditionnelles.

Pour auditeurs aguerris ayant laissé les œillères au vestiaire.

 

On cède le bâton à NoPo.

 

Les Zef et Mer au Cap à Plérin , le 14 janvier 2023 ( IV) _ Bisiad et Tildé + Marion Guen
Les Zef et Mer au Cap à Plérin , le 14 janvier 2023 ( IV) _ Bisiad et Tildé + Marion Guen
Les Zef et Mer au Cap à Plérin , le 14 janvier 2023 ( IV) _ Bisiad et Tildé + Marion Guen
Les Zef et Mer au Cap à Plérin , le 14 janvier 2023 ( IV) _ Bisiad et Tildé + Marion Guen
Partager cet article
Repost0
17 janvier 2023 2 17 /01 /janvier /2023 14:19
Les Zef et Mer au Cap à Plérin , le 14 janvier 2023 ( III) _ Madelyn Ann

 Les Zef et Mer au Cap à Plérin , le 14 janvier 2023 ( III) _ Madelyn Ann

 

NoPo et Noëlle 

18 h 10

Les ZEF ET MER Plérin le 14 Janvier 2023 - MADELYN ANN
'La scène bretonne se réinvente en hiver'

La fille du bout du monde (Crozon) clôture l'après-midi avec sa pop ciselée, légèrement électro et atmosphérique, accrochant les embruns.
Ce soir, version (unplugged) allégée mais alléchante par son casting au complet :
Madeline ANNE, Chant en breton
Olivier LE HIR guitare
Gaëtan FAGOT guitare, choeurs
Brendan COSTAIRE batterie à balais

Pas de cadeau, l'Ankou rage et débarque d'emblée avec sa grande faucheuse, pourtant pas de tendance métal ici...
Evidemment, ça parle de mort mais dans une sorte de capitulation détachée.
Le morceau laisse flotter la voix douce, doublée en choeurs par Gaëtan, tel un soulagement sur la mélopée ondoyante.

L'hirondelle annonce le printemps avec 'Nevez-Amzer'.
Ce morceau, plein d'amour et de nostalgie, surfe sur une très belle mélodie.
La voix de tête, ensorcelante, produit un babil doux et flûté, léger comme l'oiseau.

'Roz' sort en clip, capté sur la Pauline lors de la fête des vieux gréements de Paimpol.
Ce n'est pas la couleur de la mer, plutôt celle de la tendresse.
'A qui vais-je donner mon coeur?' s'interroge-t-elle (la Madeline pas la Pauline!) bercée par une valse-hésitation, bien dansante.

La chanteuse s'adresse, de façon attendrissante, à son père dans 'Tad'.
Une amertume palpable traverse la chanson avec son lot d'émotion.

Pour finir sur un moment plus enjoué, Fiñv (Bouge) nous invite au positif.
Les paroles poussent à l'acceptation de soi-même et dénonce en même-temps les critères de beauté dans la société actuelle.
La mélodie, entrainante, réconforte avec beaucoup de chaleur et de mouvement gracieux.
J'aimerais me lever pour me trémousser mais l'amphithéâtre ne parait pas adapté, je risque de finir en bas des marches!

Je dois d'ailleurs marcher (danser) à côté de la plaque car l'ambiance de la salle s'oriente plutôt vers le recueillement, éphémère ou pas ...

L'artiste annonce la sortie, la semaine prochaine, de son second disque 'Nevez-Amzer' mais quelques exemplaires ont fait le voyage jusqu'à nous.
Très sensible à cette musique raffinée, je m'étais déjà exprimé sur le sujet cf concert monkey
Une confirmation dès l'écoute du nouvel album!


SETLIST
1- Ankou
2- Nevez-Amzer
3- Roz
4- Tad
5- Fiñv

Discographie
War-vor 2021
Nevez-Amzer 2022

 

 

Les Zef et Mer au Cap à Plérin , le 14 janvier 2023 ( III) _ Madelyn Ann
Les Zef et Mer au Cap à Plérin , le 14 janvier 2023 ( III) _ Madelyn Ann
Les Zef et Mer au Cap à Plérin , le 14 janvier 2023 ( III) _ Madelyn Ann
Partager cet article
Repost0
17 janvier 2023 2 17 /01 /janvier /2023 13:37
Les Zef et Mer au Cap à Plérin , le 14 janvier 2023 ( II) - duo Pichard Vincendeau
Les Zef et Mer au Cap à Plérin , le 14 janvier 2023 ( II) - duo Pichard Vincendeau
 
17h25, NoPo et Noëlle au poste 
 
Les ZEF ET MER Plérin le 14 Janvier 2023
 
'La scène bretonne se réinvente en hiver'
Le programme de l'après-midi tire à sa fin et certains ont un petit creux (bien rempli par l'impayable Marion qui s'y connait en rires et chansons -pas que bretonnes-).
 
De retour du bar, on entend que le spectacle a repris. Je le reconnais volontiers, ce style de musique, je n'en suis pas familier et pourtant...
 
 

Willy Pichard : vielle

Stevan Vincendeau : accordéon

 
2 barbus, installés sur la scène superbement éclairée, délivrent déjà une composition qui pourrait parfaitement convenir à une bande originale de film.
Willy reste assis sur le tabouret, position probablement plus confortable pour manier son instrument (non! ce n'est pas classé 'X'!).
Stevan lui, préfère la position verticale, avec son accordéon qui, sans mentir, s'allonge tel le nez de Pinocchio!
Chacun dispose d'un panneau de pédales d'effets à ses pieds.
Pichard-Vincendeau correspondrait tout aussi bien à un patronyme de viticulteurs renommés.
J'espère ne pas les vexer, ils confient, eux-mêmes, leur orientation 'danse énergique et buvette!'.
Et bien justement, Willy et Stevan font dans le breuvage tonique et subtil (qu'on ne trouve pas forcément à la buvette).
Du trad, oui, reconnu, il y a peu, comme le meilleur au championnat de Bretagne de musique traditionnelle 2018, mais pas seulement.
La vielle, électro-acoustique, et l'accordéon s'accordent magnifiquement. Le duo vient de sortir 'Nocturnal alchemy', titre collant au ressenti et récompensé par les internautes du Prix Musical Produit en Bretagne 2022.
N'étant pas spécialiste, je reste scotché au mouvement des 2 mains sur la vielle, l'une (la droite), tournant la manivelle, l'autre, appuyant sur un clavier avec un bruit percussif de cliquet.
La cadence m'impressionne, parfois vive, parfois lente et même par à-coups dans le tourniquet. Quel bel objet baroque!
Les morceaux s'éparpillent en versatilité allant du trad habitué au fest-noz, à des tons modernistes effleurant l'électro, en passant par l'influence du tango.
Les gars, immergés dans leur bouquet, diffusent une ambiance grisante.
Les mouvements sinueux, en serpentin, de l'un des 2 accordéons surprennent les néophytes comme moi (peu présents dans la salle bien remplie, en partie de bretonnants et d'initiés).
Arrête, il va tomber par terre ton tortillon! Non, ce sont des jongleurs, un peu magiciens quelque-part.
Les 20 minutes passent vite mais donnent une bonne idée de l'art des musiciens.
Merci messieurs, il faudra que je goûte un peu plus à cette recette appréciée et pas qu'en hiver!
 
Note-
setlist:
' Impulsion' - ' Vermel' un cabaret à Moscou - 'Libertas'
Les Zef et Mer au Cap à Plérin , le 14 janvier 2023 ( II) - duo Pichard Vincendeau
Les Zef et Mer au Cap à Plérin , le 14 janvier 2023 ( II) - duo Pichard Vincendeau
Les Zef et Mer au Cap à Plérin , le 14 janvier 2023 ( II) - duo Pichard Vincendeau
Partager cet article
Repost0
16 janvier 2023 1 16 /01 /janvier /2023 17:26
Les Zef et Mer au Cap à Plérin , le 14 janvier 2023 ( première partie)
Les Zef et Mer au Cap à Plérin , le 14 janvier 2023 - I
 
michel 
 
Dixième édition des Zef et Mer, la mouette prend de l'âge!
L'objectif n' a pas changé: faire découvrir les dernières créations de la scène musicale bretonne. 
 
Du 14 janvier au 25 février, une série de concerts ( en formule showcase de 20'), de Fest - Noz, de spectacles jeune public et une exposition de photos, sillonnent les scènes bretonnes.
 
Premier rendez-vous au Cap à Plérin, au programme  dans le désordre: A l'Evaillée , un spectacle proposé par le groupe Horvâ, Bisiad, Le duo Pichard Vincendeau, Janick Martin trio, Madelyn Ann TILDĒ et Marion Guen, en baz valan ( le dictionnaire breton/français indique entremetteuse, ce qui peut prêter à confusion,, bouche-trou est tout aussi péjoratif, optons pour la traduction approximative d'annonceuse, transformée en stand up comedian, elle apparaît entre chaque spectacle devant le rideau fermé).
 
NoPo se chargeant des séances éphémères proposées par Le duo Pichard Vincendeau et Madelyn Ann, on attaque l'esquisse par la première apparition de Marion Guen, peu après 14:30'.
 
Elle se pointe, tout sourire, en déclarant...je me suis acheté un beau pull vert..., une mégère, qui hallucine, remarque, tu l'as mis à l'envers.
Marion est comédienne, elle joue au théâtre ( en français ou en breton), passe à la télé, double, sans mettre sa flèche de direction ( ne nous demande pas si c'est elle la voix française d' Olive Oyl, la copine de Popeye) et elle chante, une activité pour laquelle elle a été conviée par les responsables du festival.
 
Dans mon bonnet, pas lavé, j'ai inséré plein de bouts de papiers, ce sont des titres de chansons que je fredonne sous la douche, quand je suis bourrée, il est à peine 14:35', je n'ai pas encore bu, mais je vais vous en chanter quelques unes, tirées au sort par une main innocente.
Premier billet tiré par le directeur, ' Buvons' , ça sent le coup monté!
Elle s'y colle, a capella, Plérin sourit avant de l'entendre d'annoncer Horvâ qui doit présenter un extrait du spectacle A l'Evaillée, consacré au répertoire de Haute- Bretagne.
 
A l'origine du projet: Emmanuelle Bouthillier, spécialiste de la musique traditionnelle, chanteuse, violoniste, harmoniciste, bassiste, etc.. et pédagogue, membre de plusieurs formations, e a , Planchée, La Sèrcl , l' Abrasive, elle se produit en duo avec Jeanne Lemoine ou avec Mathieu Guitton.
 
Pour l'accompagner dans Horvâ, des gens qu'elle côtoie régulièrement :
Cyril Couchoux : banjo, violon alto, guitares et effets, chant, percussions quotidiennes
Mathieu Guitton : chant, harmonicas, guimbardes, violon, banjo, danse, percussions quotidiennes
Dylan James : contrebasse préparée, chant, percussions quotidiennes
Jeanne Lemoine : chant, accordéons, danse, percussions quotidiennes
 
Voilà ce que mentionne la fiche, on te signale que les instruments joués le sont pour une prestation complète, en ce début d'après-midi, l'attirail instrumental n'était pas aussi riche.
 
Première plongée en pays Gallo avec un chant à répondre , recueilli par l'association Dastum qui vise à la sauvegarde et à la diffusion du patrimoine oral de la Bretagne profonde.
Les cinq voix, limpides, se répondent ou s'associent pour nous proposer un texte délicieusement désuet , un chant de réveillez annonçant le printemps. ( 'Voici le mois de mai') ,
Accordéon, banjo et contrebasse chaperonnent les voix.
Dylan James à la contrebasse lance un second cantique à l'exercice vocal périlleux, lorsque la contrebasse reçoit le concours de l'accordéon et de trois violons, la marche part en gigue fébrile te donnant envie de battre la mesure du pied.
Le quintet embraye sur une version du gwerz ' Par un dimanche au soir ' , suivi par une suite de Loudéac, au tempo enlevé, un morceau qui doit faire un tabac lors des Fest- Noz.
Chant à répondre, accordéon, , contrebasse et violons s'ébattent à l'unisson, tandis que le roi s'amuse à chasser le loup. (c'était avant, à une époque où le peuple dansait la gavotte "dañs ar bleiz" pour éloigner le loup).
Une dernière tirade, toujours aussi imagée et dominée par un violon voltigeur, met fin à une prestation estimée à sa juste valeur. 
 
Marion et son chapka en piste.
Puise, Eugénie, oh, bien, ' L'orage' de Brassens.
Je feuillette mon calepin, bourré de textes écrits à la plume d'oie, trempée dans une encre made in Breizh et je vous chante ce texte vaguement grivois.
Donc, Benjamin Franklin incite à l'adultère!
Puis vient Jacques Brel, ' Il nous faut regarder' avant une adaptation française de ' Suzanne' de Leonard Cohen, pendant laquelle un peloton de retardataires défile devant l'interprète sans parvenir à la décontenancer.
 
Au suivant: Janick Martin trio
C'est en 2010, lors d'un concert organisé à Bruxelles par Muziek Publique  que tu fais la connaissance de l'accordéoniste virtuose, Janick Martin, il se produisait en duo avec Erwan Hamon, un de ses nombreux projets.
Tamm-Kreiz en recense plus de dix.
En ce samedi pluvieux, il est accompagné par le guitariste Julien ( Jack) Tual, vu au sein du combo Comète ( jazz progressif) lors du Festival Jazz ô Château, en 2021.
Le troisième larron se nomme Simon Latouche, il joue du trombone, un instrument peu courant dans le milieu des musiques traditionnelles.
Simon s'entend aussi au sein du Nâtah Big Band ou de Modkozmik .
Pour son nouveau spectacle, Janick s'est inspiré du roman ' Entrez dans la danse' de Jean Teulé.
L'auteur y décrit des événements étranges s'étant déroulés à  Strasbourg au 16è siècle,  une étrange épidémie jette dans la rue deux mille personnes qui se mettent à danser jusqu'à l'épuisement et à la mort.
Ouverture avec la longue plage mélancolique '  Seizh re botoù' ( les sept paires de souliers), un morne trombone introduit la complainte, l'accordéon lui emboîte le pas et c'est parti pour une épopée où le folklorique rejoint le jazz aventureux.
Nous sommes à mille lieues du kan ha diskan, du laridé , de la dérobée ou de l'an-dro,... transe et improvisations sont les maîtres mots.  Le rendu tient toutes ses promesses et enflamme l'assistance.
Le trio poursuit son trip avec ' La morsure du papillon', une tarentelle des Pouilles, destinée à guérir les dépressifs, devenue note bleue dans l'esprit des comparses.
Chaque intervenant a l'occasion de se retrouver sous le feu des projecteurs sans nuire à la cohésion de la composition, le papillon, lui,  dessine de jolies  arabesques colorées.
20', c'est bref, il leur reste une flèche, 'Epidemic dance' , une danse fiévreuse pendant laquelle accordéon et trombone donnent le ton avant une envolée John Scofield à la guitare.
Du grand art!
 
Pause!
 
 
 
 
Les Zef et Mer au Cap à Plérin , le 14 janvier 2023 ( première partie)
Les Zef et Mer au Cap à Plérin , le 14 janvier 2023 ( première partie)
Les Zef et Mer au Cap à Plérin , le 14 janvier 2023 ( première partie)
Les Zef et Mer au Cap à Plérin , le 14 janvier 2023 ( première partie)
Partager cet article
Repost0

Articles RÉCents