“People talk about progressive rock as pompous, fussy, obsessed with technique, but the only thing the best progressive rock bands had in common was ambition... Yes, Pink Floyd or King Crimson, they concentrate on the album as an art form, treat the album as a musical journey that tells a story.”
Pour te donner une petite idée de ce qui nous attendait à l' AB Box en ce lundi de mai.
Le leader de Porcupine Tree n'a jamais été classé dans la même catégorie que Mr Bean/ Benny Hill ou Jim Carey, il se prend même vaguement au sérieux, mais, avec lui un show approche de la perfection.
A 19h20', les fans purs et durs forment déjà trois rangées derrière une barrière Nadar les séparant de la scène.
Jean- Pierre, le photographe de Keys & Chords, a réussi à dénicher une place stratégiquement valable, à l'extrémité du premier rang, où il pourra travailler sans être gêné par un rideau de tulle séparant public et artiste.
Les consignes sont strictes, photos pendant trois morceaux et puis Auf Wieder Sehn, messieurs!
20:00 pile, toujours dans l'obscurité, le drummer, Marco Minnemann ( KMB, Adrian Belew, Paul Gilbert, Kreator..) prend place pour une intro musclée, la basse le rejoint, un
look Gretchen aux couettes blondes et à la barbe naissante, Nick
Beggs, ex-Kajagoogoo, ensuite les claviers, Adam Holzman ( Ray Manzarek, Miles Davis, Chaka Khan...) et le
guitariste bulgare, Niko Tsonev (Jamiroquai, Richard Ashcroft...), l'intro vire groove, puis jazz/progrock étincelant, cinquième élément, la flûte, Theo
Travis ( Gong, Soft Machine Legacy, Cipher, Anja Garbarek...), ce multi-instrumentiste maniera différents saxophones, une clarinette et tapotera un orgue, enfin, apparition de
l'architecte, Steven Wilson, qui vient saluer Bruxelles, encourager son équipe et participer à la confection de cette première plage ambitieuse et épique ' No twilights within
the court of the sun' sur l'album 'Insurgentes'.
Sur l'écran, en background, un jeu d'images sombres sur lesquelles se dessinent les ombres des virtuoses.
Esthétisme symboliste!
Wilson est loquace: Good evening, thank you for coming, d'une voix déformée, robotisée, du même ton d'outre-tombe il poursuit...
I’m a collector, I collect anything I find
I never throw anything away that’s mine..
Le théâtral et crimsonien ' Index' , pieds nus, il déambule avant de s'agenouiller mains levées.
Bel effet dramatique.
Une intro au piano ' Deform to form a star', majestueuse ballade, ornée d'harmonies éthérées, digne des meilleurs Yes.
Une acoustique, sur laquelle se greffent de gros riffs de guitare, amorce l'instrumental à la structure complexe 'Sectarian' .
Le rideau disparaît, la foule manifeste sa joie, sur scène, un jazz fusion du meilleur effet.
L'Ancienne Belgique is one of my favourite venues in Europe, déclare le gars de Kingston upon Thames pour annoncer ' Postcard', une ballade que tu retrouves sur son dernier ( double) CD ' Grace for Drowning'.
'Remainder the black dog' une des pièces maîtresses du set, pendant un bridge instrumental il admoneste deux tristes sires, bruyants et visiblement entamés... vous pourriez pas vous tenir cois , vachers avant d'aller s'installer derrière son orgue pour aider la troupe.
Brillant solo de sax te faisant penser à If ( avec Dick Morrissey) , Nucleus ou Colosseum.
De la lave en fusion!
Deux guitares: ' Harmony
Korine' suivi du léger, Pink Floydien, ' Abandoner', légèreté passagère, une étourdissante explosion secoue la mélodie qui peu après se meurt en douceur.
Nouvelles remarques aux buveurs, puis ' Insurgentes', titletrack de son premier effort solo et titre que le band a appris la semaine dernière.
It's a fragile piece of music, so be quiet!
Piano dominant et Nick Beggs au Chapman Stick, instrument cher à Tony Levin.
A brand new one, Brussels, d'ailleurs je l'introduis par un jingle, it is called 'Luminol' et ce morceau imposant présente certaines similitudes avec le 'Roundabout' de Yes.
'No part of me' , fragilité et beauté seront, une nouvelle fois, agressées par de lourdes rafales sur lesquelles un sax oriental caracole hardiment.
Convaincant!
Les musiciens rock ne sont pas très futés, leurs titres traitent souvent de chicks ou, comme les miens, de serial killers, hier à Dortmund, un gars de Sofia m'a affirmé que la Bulgarie a enfanté un des plus horribles tueurs de cette terre, Niko ne le connaissait pas.
What about Belgium?
Pêle-mêle, Di Rupo, Danneels, Annie Cordy, Dutroux... fusent!
J'aimerais un silence monacal pendant l'intro, vu les Taloche...
Prêts pour une suite de plus de vingt minutes de prog lumineux?
'Raider II' débute par un grand piano classique, vire ambiance film d'horreur, en quadriphonie, un mouvement vulnérable à la flûte fait place à une déflagration monstrueuse, puis vient un chant funèbre sur coulis noir et grondements inquiétants, ça virevolte, soubresaute, des torrents de guitare, des nappés de piano, des rires, des pleurs: c'est l'Odyssée!
Le public devient fou, le maître se barre en douce, laissant les musiciens orphelins.
Le clavier tire sa révérence, puis Theo Travis, après quelques lignes lyriques Niko rejoint la Bulgarie, seuls restent en piste la basse et la batterie.
Le Titanic prend eau de toute part, le duo plonge dans les coulisses.
1h50' de très haut niveau!
Un bis
' Get all you deserve' avec un Steven Wilson affublé d'un masque à gaz.
Les fans resteront longtemps présents après le départ du SW Band qui ne reviendra pas, qui ne distribuera pas les setlists!
Photos: JP Daniels
Les Nuits battent leur plein, pour ce quatrième épisode de l'édition de l'épisode 2012, tu optes pour l'Orangerie qui accueille le rescapé Daniel Darc, le prince des virées sur les rivage du Styx, l'éternel rebelle, le loser définitif, bref, la dernière rockstar hexagonale!
Le menu prévu est copieux!
A 20:00 Lescop!
Vendu comme une sensation chez nos voisins, fans de Hollande!
Lescop c'est Mathieu Lescop, le chanteur de feu Asyl, groupe punk/new wave de La Rochelle.
Sur scène, il est accompagné d'un figurant guitariste,
échantillonneur, secondes voix et d'un bassiste omniprésent dégageant une énergie tonique. ( Johnny Hostile de John & Jehn et Gaël Étienne sont mentionnés pour les
enregistrements, un EP 'Pop Noire').
On nous a annoncé Antoine à la basse.
Un grondement se fait entendre, basse et guitare se pointent, suivi par un chanteur maniéré et distant.
La basse New Wave, saturée à mort, donne le ton, le sombre et glacial 'Marlène' ( non, il ne s'agit pas de Marlène Mourreau, artiste porno) te fait irrémédiablement songer à un Etienne Daho nerveux, celui du début des eighties, ainsi qu'à ses copains, Marquis de Sade.
La gestuelle saccadée du Charentais te ramenant vers Joy Division et son frontman charismatique, Ian Curtis.
Clin d'oeil de Marc, pas mal du tout, mais ça sent le recyclage.
Seconde salve tout aussi élégante, au texte film noir...nous marchons tous les deux dans cette ville morte... et aux sonorités électropop syncopées.
Le hit imparable ' La Forêt' sera suivi de quelques plages au scénario identique( les limites se profilent), dont 'Le vent' en mode synthpop sur lyrics à la Capdevielle, prévues pour le prochain long-playing.
Le set de 30' s'achève avec ' Tokyo, la nuit', son intro noisy et ses guitares viciées.
Pas mal pendant une 1/2 h , faut pas plus!
20:55' Le Yéti
Un gros nounours qui ne ferait pas de mal une mouche, que tu croisas lors d'une Boutik Rock en 2011.
Toujours aussi inoffensif et incolore en 2012.
Thierry De Brouwer, le Yéti, un ex-Melon Galia, s'est entouré d'une équipe ayant déjà sévi au sein d'une vingtaine de formations subventionnées par la communauté française, que ce soit dans Mièle, Austin Lace, Major de Luxe, V.O. ou Hallo Kosmo...: Catherine De Biasio, François Gustin, Ludovic Bouteglier, alias Fellaini, Simon Bériaux, manient batterie, shakers, basse, trompette, claviers, guitare et chantonnent.
Huit titres dont la riche orchestration masque un vide sidéral, une banalité désespérante, on voulait même pas mentionner les interventions provinciales, style ..est-ce que vous allez bien, Bruxelles...mais puisque tu y tenais!
' Encore des histoires' un son d' orgue psyché- 'Claudia' sur fond de Farfisa forain, du sirop- 'Les danses nocturnes' une basse funky pompée sur The Jam - guitare flottante, harmonica artisanal, sax soprano: ' Les détails' (?) - ' Je maudis ma nuit' - un oumpapa singalong, ' En ville' - puis, un coup de pub et présentation de la fanfare- une toute nouvelle: 'Mon amour' a-t-on lu dans le cahier - un signe de l'organisation, plus qu'une, mes chéris: ' L'animal en moi' ... mais que tu es beau... intellectuel comme du Lagaf sans lavabo!
21:55' Daniel Darc
Line-up cinq étoiles: Philippe Entressangle à la batterie ( Brigitte Fontaine, Pauline Croze, Miossec, Jeanne Moreau pour en citer quelques uns..) - guitare: François Bodin ( Benoît Blue Boy, Françoise Hardy, Thiéfaine, Bashung etc...)- Jean-François Assy au violoncelle ou à la basse ( la dernière fois que tu croisas la route de notre compatriote, c'était avec la superbe Olivia Pedroli) - le chef d'orchestre, claviériste, flûtiste: Rémi Bousseau, alias Kalim B (Paul Anka, Marc Ribot, Michael Bublé, Berry, Nosfell etc...).
Une intro au piano, de
grosses frappes sur les caisses, Daniel Darc, fringué de noir de la tête aux pieds, sans oublier les sunshades pour masquer les pupilles dilatées, s'amène d'une démarche d'octogénaire voûté,
ayant lu tous les poètes maudits et adopté leur mode de vie: spleen, paradis perdus, absinthe...il agrippe le micro et entame 'Serais-je perdu?', une interrogation en forme de confession.
Théâtral et poignant.
'C'était mieux avant' balbutie-t-il, avant d'amorcer ce texte autobiographique narratif.
Rien que la ligne ...J'irai en enfer avec Richard Hell... rend le titre éternel.
Depuis Gainsbourg on n'avait rien ouï de plus lucide et noir.
'La pluie qui tombe' du rock désabusé... la quintessence de profonds sentiments de découragement, d'ennui existentiels... merci, Charles!
Accompagnement musical plus serein, avec, notamment, une flûte bucolique sentant le muguet ' C'est moi le printemps', quelques lignes d'harmonica, Darc cabot!
Présentation des acolytes et trait d'humour... et moi, je m'appelle Vincent Delerm!
Rémy au chant en anglais 'L.U.V.' , puis un dialogue truffé de références :Wild turkey, dead thrash , white Elvis ( aha, aha...), sur fond Velvet Underground.
Pas du boudin, le solo du brillant François Bodin.
Je vais le taquiner ce brave gars, je le béatifie et le transforme en Sainte-Madeleine, un petit coup de paluche sur une cymbale pour aider Philippe: du grand rock'n roll!
Second rock bien épais: 'J'irai au paradis'.
On a changé de président mais je compte bien garder le même band!
Petit orgue acéré 'Et quel crime?' ...ai-je commis pour que tu sois partie... on y introduit quelques bribes de 'Riders on the Storm', le peuple apprécie.
Il est en forme, le séducteur!
Une anecdote : comment j'ai connu ma femme, puis ' Quelqu'un qui n'a pas besoin de moi', un slow rock qu'il termine à genoux.
Le sombre et sobre 'Elégie #2' au piano et violoncelle, âme mise à nu sur background requiem!
Un autre blues baudelairien,' Inutile et hors d'usage', les perles se succèdent.
Le trac initial a disparu,
il blague: je vais faire une folie, je vais boire un peu d'eau... en claudiquant il ramasse un Spa et s'humecte le gosier.
1994, le lent et majestueux ' Il y a des moments', auquel succède un rock bien rond ' Je me souviens, je me rappelle' qu'il décore, cynique, d'un couplet de 'La vie en rose'.
Retour au dernier album ' La taille de mon âme' avec l' exercice Serge Gainsbourg: 'Seul sous la lune'.
Cette fille, je la drague, elle m'a répondu, t'as pas compris que j'étais lesbienne, mec... la rengaine imparable 'La seule fille sur terre'.
L'eau me fait transpirer, je n'en boirai plus.
Immense cri, Bruxelles a reconnu ' Nijinsky' , un rock flamboyant avec un nouvel appel du pied à Jim Morrison... when you're strange...
Hé, Philippe, t'es pas avec Daho, gars, tape plus fort!
' My baby left me' aussi glam que les New York Dolls, puis, après avoir répliqué à un fan qui l'invectivait... tu sais, mec, il y a les types qui ont le micro et puis les autres, t'as pas de micro... le désenchanté ' Ca ne sert à rien' orné d'un génial solo de flûte.
Place au nostalgique, le murmuré ' Vers l'infini' .
..en me mettant à genoux , j 'ai pleuré...' La main au coeur', aux sonorités Morricone avec drumming martial et, pour mettre un terme à cet incroyable set de 90' , l 'encyclique, le majestueux, le légèrement ironique ' Sois sanctifié', achevé par la lecture d'un texte saint.
Ite missa est, il est 23h30'
Bis
Un nocturne: ' Jamais, jamais', flûte en évidence.
Bruxelles attendait le Taxi Girl ' Cherchez le Garçon'. Le salaud, qui avait déjà voulu piquer mes notes, balance une serviette pleine de sueur sur mon crâne aussi dégarni que le sien, je la refile à Valérie, qui, précise comme un joueur de vogelpik professionnel , l'envoie sur la caboche du méchant.
Hilarité!
Pas chien, le Daniel a repéré la blonde enfant, s'agenouille face à elle, lui tend le micro pour le refrain du tube des eighties.
Ambiance au zénith quand le titre vire medley...train kept a rollin all night long, straight lines , hi ho let's go pour finir sur 'Hearbreak Hotel'.
Le Dop, D J Saucisse, euphorique se pointe frontstage, ça tourne à la folie collective, la star entame ' La taille de mon âme', Valérie assurant une nouvelle fois les choeurs!
Grand show, achevé par un 'Redemption song' a capella!
Donald Dunn restera à jamais associé, avec son copain Steve Cropper , au son R 'n B de Booker T & the MG' s . C'est en 1964 qu'il remplace Lewie Steinberg pour tenir la basse chez Booker T Jones.
Le gars de Memphis, nicknamed Duck, car étant gosse il passait des heures à visionner des Walt Disney, commence sa carrière musicale au sein des Royal Spades, déjà avec son pote Steve Cropper.
Les Royal Spades deviendront les Mar-Keys, house band chez Stax Records.
Le Stax sound des sixties doit tout aux Mar-Keys.
En 1962, Donald rejoint le big band de Ben Branch avant de retrouver son ami de toujours au sein des MG's, qui avaient cassé la baraque avec 'Green Onions'.
Les hits instrumentaux vont se succéder ( 'Soul Limbo'- 'Time is tight'...) et le groupe est appelé à enregistrer avec les plus grands artistes soul /r'n b: Otis Redding, Wilson Pickett, Sam and Dave, Albert King, Rufus Thomas e.a.
En 1971, Booker T et son combo sortent un dernier LP chez Stax ' Melting Pot' .
Donald Dunn continue comme session musician et pas pour n'importe qui: Muddy Waters, Jerry Lee Lewis, Rod Stewart, Tom Petty, Stevie Nicks, Neil Young...
Pendant un temps il tourne avec cet autre géant disparu récemment, Levon Helm.
En 1980, il joue son propre rôle dans le film The Blues Brothers pour tout naturellement faire partie du Blues Brothers Band.
En 2008, on le retrouve au côté de Guy Sebastian, une popstar soul d'Australie qui a la chance d'enregistrer un album avec la crème de Memphis, les MG's.
Ce dimanche, Donald 'Duck' Dunn s'éteignait, à 70 ans, pendant son sommeil dans une chambre d'hôtel à Tokyo où il avait donné deux shows avec le Colonel Cropper!
Time sure is tight, titre un magazine américain relatant la triste nouvelle!
Le 12 mai 2012, du côté de la Bourse retentissent les flonflons roses fluo de la 17è Belgian Lesbian & Gay Pride, deux arrêts de métro plus loin, la FNAC City 2 propose une jeune musicienne dont le premier CD 'Salomé' traîne depuis peu dans les étalages des disquaires indigènes: Charlotte Haesen!
La charmante Charlotte, légère et appétissante comme une mousse aux fraises, réside aux Pays-Bas, née d'un père hollandais et d'une maman
franco-africaine ( certaines sources citent belgo-africaine), elle étudie la musique aux conservatoires d'Amsterdam et de Maastricht pour se lancer dans une carrière musicale aux accents
jazz/indie pop.
Début 2011, elle enregistre 'Salomé' accompagnée d'un band international ( des Lettons, un Luxembourgeois, un Islandais et un percussionniste originaire de Curaçao).
La rondelle reçoit des critiques élogieuses de Breda à Leeuwarden, quelques journalistes n'hésitant pas à la comparer à Björk ou Hanne Hukkelberg.
A l'occasion de la sortie de l'album chez nous, juffrouw Haesen fait la tournée des FNAC en trio: guitare acoustique ou électrique, le subtil Lucien Fraipont, que tu vis, il y a peu, dans le groupe de Toine Thijs, Rackham - aux backing vocals, la Jean Seberg lookalike, Célia Tranchand, se produisant en duo avec Lucien Fraipont ou en quartet pour un Tribute à la grande Shirley Horne.
Le set est entamé avec 'Just a little girl' un nu soul/jazz pop mélodieux sur fond de fingersnaps.
Superbe timbre, frais, aérien, d'une limpidité inaltérée, la seconde voix s'envole en vocalises dramatiques, le lied se colore de teintes chaudes et chaloupées.
Il n'a fallu qu'un morceau pour te conquérir.
'Misunderstood' est dédié à toutes les femmes incomprises, de jolies touches africaines décorent cet uptempo élégant, proche de l'univers d'Asa ( Bukola Elemide) ou de Yael Naïm, tu peux même songer aux moments les plus doux de Zap Mama.
Le soft ' Yellow Fever' traite de mimétisme, de contagion, la guitare se fait bluesy jazz , la voix caracole capricieusement dans les airs.
Titre volatile!
Retour de la choriste pour 'Sit down', une rêverie romantique ( I'd like to fly Over the lake Touch the water With my wings ) aux intonations Janis Ian.
Lumière douce et flou artistique à la David Hamilton pour le tendre ' He and She' traitant avec pudeur d'amours adolescentes.
Un tout nouveau titre, l'éthéré ' Walk down'. Charlotte à l'acoustique, Lucien électrique, secondés par la voix de Célia ébauchent un ravissant paysage sonore.
Le showcase prend fin avec un singalong métissé ' Septolini' te rappelant au bon souvenir d'une certaine Khadja Nin.
Concert charmant!
Incroyable double bill au Toogenblik, bien peuplé en ce vendredi 11 mai, date à laquelle Ringo fête ses 65 printemps.
T'es bourré ou quoi, Richard Starkey est né le 7 juillet 1940!
Ecoute, Jean-Philippe, on te parle de Ringo Willy Cat, le père du fils de Sheila!
Une fière Frank Zappa moustache qui, en février 2010, avait foulé le vétuste plancher du folkclub de Haren et enthousiasmé la maigre clientèle présente. T'y étais, t'avais apprécié, donc même si un rockeur chauve t'invitait à admirer pour la quinzième fois la renaissance annuelle de Burning Plague, tu te diriges le coeur léger vers la rue Cortenbach.
21h10', lecture du menu par maître Luc qui cède le micro au singer-songwriter de L A, dont la discographie compte un nouveau-né depuis son dernier passage chez nous: 'Get back to the land'.
Il débute par ' Dixie' ( sur 'Poor Man's Paradise'), un brillant rootsy rock chanté d'un timbre accrocheur, proche de celui de Rodney Crowell.
Applaudissements nourris, surtout que le mec nous dit vénérer Toogenblik, comme bon nombre de ses compatriotes musiciens.
You know, I'm from California, I just love Little Feat et mon dernier CD traite de ce pays , voici 'Lonelytown' , a typical country rock tune.
Lonely town, un bled dans lequel se déroule, une fois l'an, un motorbike festival transformant le coin en Mad Max City.
'Ace and Eights' a été composé à Nashville, it's a song about gambling.
Ted nous fait admirer son solide jeu de guitare aux sonorités The Byrds, Flying Burrito Bros ou Grateful Dead, la crème du California country sound.
Avec Shooter Jennings, rejeton de Waylon et Jessi Colter, je joue de la basse. Depuis peu, pour mes tournées solo, j'ai décidé d'interpréter quelques titres en m'accompagnant à la quatre cordes.
Willy, fieu, make the sound as dry as you can!
Excellente idée, gars, un son velouté et jazzy pour 'A whole lotta you and me', un superbe titre prévu pour le prochain album.
Toujours à la basse, le mélodieux et groovy 'Another love song' suivi de 'If I had a dollar' pour lequel il reprend la guitare, et que comptes-tu faire avec ce pognon, Ted?
I'll buy myself a mansion, une Cadillac et un jukebox et une Duvel, peut-être...
Juteux country rock.
Il n'existe pas de bon show sans une valse, 'The arms of a stranger', typical female country twang à la Tammy Wynette.
Retour à la basse pour un jazzy blues sentimental ...I'm deep in a dream of you... marmonne cet éternel romantique, avant d'achever ce set de 50' avec une plage de 'Divisadero', 'The last time I let you down' toujours dans la veine country.
Excellent!
Pause
Te permettant de mirer les instruments hétéroclites traînant sur scène: un drumkit ( trois/quatre éléments ) bricolé , une électrique, une acoustique, un dobro, une Lowebow ( Cigarbox) deux cordes, a mutant Lowebow, moitié boîte à Havanes/moitié corps de guitare, un double micro, dont une pièce est attachée à un harmonica, le tout recouvert d'un sac mauve piqué à un joueur de pétanque, supporter d'Anderlecht, un ampli, et une paire de bottes,
Ben Prestage se produit sans godasses, les panards habillés d'élégants bas de laine, d'un blanc douteux.
Seconde intervention du speaker , la barbe/casquette
de Floride prend place.
Cet énergumène, petit-fils d'un Mississippi sharecropper, vivant désormais en Floride travaille sans filet, pas de setlist, il puise dans l'abondant matériau enregistré ( six albums, le dernier 'One Crow Murder') ou se sert dans l'héritage US: ragtime, bluegrass, country, blues sous toutes ses formes, boogie, swamp music... ce one-man band maîtrise toutes les facettes de l'American roots music.
Il ouvre avec un blues rural nerveux en picking: 'Rag mama rag ' de Blind Boy Fuller.
Let's slow down a little bit and play some blues, car la nuit sera longue: 'I'm ready' ,Muddy Waters/ Willie Dixon.
Puis un instrumental guilleret en fingerpicking.
Next one is featuring the drummer, ajoute le révérend sans rire, le joyeux ' I wish I was down in New-Orleans' .
Un petit tour au honky tonk 'Lost Highway' ( Hank Williams).
Pas bien de fréquenter les bars louches, fiston, la punition divine suivre... clac, une corde lâche, pas de panique, je continue mon trip sur l'autoroute perdue sur trois cylindres.
Pas de séquence mécanique, je ramasse le dobro, à la slide, un blues about drinking gin ( 'Good gin blues').
Un classique 'It hurts me too' (Tampa Red), puis un gospel archaïque 'God's little birds' , Sister O M Terrell.
Même veine 'On the rock where Moses stood', version légèrement plus agitée, pleine d'étincelles, que celle de Flatt and Scruggs.
Some Diddley bow , il cueille sa boîte à cigares: '2:19' du grand Tom Waits.
People, a short intermezzo pour réparer mon jouet, boire une de vos bières locales et tirer sur un joint.
Les commentaires vont bon train, ce mec est unique et ne vous avisez pas de le comparer à Seasick Steve, Ben a le pied marin!
Second set
Il débute par un original en picking, on ajoutera que ce gars est loin d'être manchot , et poursuit avec ' Amsterdam rag' .
Retour aux standards, Mississippi John Hurt, l'élégant ' Let the mermaids flirt with me'.
Le titletrack du dernier CD ' One crow murder' au jeu de guitare raffiné, ensuite le tout aussi mélodieux ' Sugarfoot rag' de Hank Garland, un véritable casse-gueule vocal joué avec une dextérité diabolique.
Toogenblik bat des mains, tape des pieds, pas moi, suis le seul à avoir songé à sauver ma pintje.
Le traditinal ' Hesitation Blues' mixant blues et western swing.
Je vous emmène à Dixie, un voyage électrique ' Are you from Dixie', euh, attachez vos ceintures, les freins viennent de lâcher!
Une adaptation twelve-bar blues de ' Billy and the Sugarloaf Mountain', a murder song.
Ben annonce a little lovesong pour amorcer un boogie furieux, suivi d'une adaptation dantesque de ' God's gonna cut you down' ( Johnny Cash).
La suivante a été écrite par un gentil groupe californien.
The Surfaris? Country Joe and the Fish? Les Runaways?...
Le déjanté ' Wynona's Big Brown Beaver' est de la plume de Primus!
On va se quitter with a mellow one, le singalong gastronomique pas facile à digérer ' Butter beans', adaptation Toogenblik... pass the Duvel!
Il est minuit quart, les clients ont encore faim!
Bukka White ' Jitterburg Swing', volle gas, pour se calmer avec 'The ballad of Curtis Loew' '( Allen Collins/Ronnie Van Zant - Lynyrd Skynyrd) , jouée façon lap steel.
Une dernière avant le curfew, drive safe, people, apprise par l'intermédiaire de Doc Watson , la préférée des A A ,de Tom et Jerry et de Rat Scabies: ' Intoxicated Rat'.
The end!
On n'ira pas boire un dernier verre avec Gerrit, le coq, on avait promis de rentrer tôt, promesse tenue, il ne sera pas une heure trente!
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