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  • : Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
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28 septembre 2022 3 28 /09 /septembre /2022 08:27
EP Even Flow - Mediterraneo

 EP Even Flow -  Mediterraneo

  Imperative PR

NoPo 

EVEN FLOW Mediterraneo EP 2022



Début 2022, dans concert monkey   , NoPo dit à propos du groupe Wonders :
"Les frères Lunesu, Pietro Paolo (guitare) et Giorgio (batterie) complètent le line-up plutôt italien donc... Le métal est une grande famille!
Ces 3 derniers musiciens (avec Marco) amorcent le projet dans Even Flow en 2020 avant d'aboutir à Wonders".

C'est même 4 musiciens de Wonders qu'on retrouve aujourd'hui dans Even Flow :

Marco Pastorino (Fallen Sanctuary, Temperance, Cristano Philipini's flames of heaven, cf article  : Vocals and Choirs

 
 
Pietro Paolo Lunesu: All Electric and Acoustic guitars & Backing Vocals
Giorgio Lunesu: Drums and Percussion
Luca Negro (dernier arrivant, passé aussi par Temperance) : Bass

Quant à la discographie complète d' Even Flow, elle s'ancre depuis 14 ans et suit une belle régularité :
2008 Dream Weaver EP
2011 Ancient Souvenirs LP
2013 Flower Paths EP
2017 Life Has Just Begun LP
2019 Mother EP

Ainsi d'Italie, ils viennent et même plus précisément de Sardaigne et ça baigne, on va le voir juste après.

Je m'étais emballé sur le packaging de Wonder : "Quelle pochette utopique! Il faut privilégier l'édition vinyle."
Et ben rebelote, je peux remettre le couvert! Remplaçons 'utopique' par 'chimérique' pour faire joli dans le texte, car pour l'oeuvre, inutile d'en rajouter!
Signé Mickael Briot de Mythrid Art (un délice de consulter leur page, l'artwork de 'Mediterraneo' brille de mille feux (ptêt même un peu plus!).
Une femme ailée et habillée de mousseline blanche semble sombrer sous la mer. De magnifiques coraux et poissons entourent la sirène malgré elle. La lumière du soleil filtre au dessus.
Une calligraphie sophistiquée, en forme de barres et pyramides, authentifie la marque Evenflow. Le nom de l'EP glisse, en dessous, coincé entre 2 coquillages.


Entrée en matière tempétueuse et orchestrale, on sent le coup de vent passer. La voix haute a du coffre, fort! 'Shining' répété et parfois magnifié par un choeur, correspond bien à la lumière diffusée.
Une pause ralentit le tempo avec une ritournelle au clavier/piano et le chant roucoule un peu plus.
Le mélange guitare/clavier créé alors une couche épaisse et enveloppante. La sentence 'YOU CAN’T ALWAYS GET WHAT YOU WANT' semble répondre au titre 'Ocean lies' dans un style, bien éloigné des Rolling Stones.
Ensuite le solo de guitare s'installe sur un rythme débridé et bosselé; le synthé tournoyant vient participer joyeusement au bout du voyage.

A l'inverse de l'intro précédente, le rayon de lumière, sous la surface de l'eau, perce doucement à 2 guitares acoustique et électrique soutenant la voix de Marco qui chante 'You are a ray of light'. YES avait affirmé 'Nous sommes du soleil'.
La trame souterraine, au clavier, émerge progressivement pour jaillir comme un geyser alors que la batterie fouette le rythme et encourage un chant mélodieux.
La basse gronde et se fond dans l'ensemble. Puis la guitare vient poser une suite travaillée qui rappelle Dream Theatre et, plus loin, Pietro Paolo délivre un solo lumineux qu'il croise au clavier virevoltant.

Le grand piano d'Alessandro Bertoni accompagne la voix agile sur des chemins sinueux. 'Leaves' laisse tomber des 'Now I know' convaincants et solennels.
Plus alerte, le piano prend alors des allures jazz-prog-rock 70's jusqu'à perdre le chant.
.
'Revelation day' ouvre sereinement au clavier/piano et touches gracieuses sur les cordes avant que la batterie ne s'emporte poussant les vocaux dans leurs retranchements.
Giorgio frappe fort. Marco se dépense sans compter 'A thousand times a million doors to eternity' (ah ben si en comptant!).
La guitare lacère sombrement puis déchire et crie sur les ruptures imposées par la batterie et la basse de Luca à bloc. Le clavier cascade jusqu'à l'avalanche et l'arrêt brutal qu'on n'attendait pas de si tôt.

'Mediterraneo' va compenser par une plongée longue et profonde (plus de 7 mns) amorcée dans une atmosphère orientale.
Pour une fois, la ligne vocale est basse dans un premier temps. Elle monte progressivement jusqu'à 'We’ll never see another day, We’ll never change in our life', chanté, ardemment et tancée par une guitare tortueuse.
Vient un clavier orientalisant puis, plus loin, une accélération remarquablement boostée par la batterie qui continue d'accompagner vaillamment un solo épique à la gratte.
La trame principale fait son come back après 6 minutes avec beaucoup d'emphase notamment une voix qui décroche les étoiles.



Onirisme et exaltation sont les deux mamelles par lesquelles coule Even flow.
Un power métal survolté, peut-être un peu plus prog que 'Wonders', mais tout aussi vivifiant... Even flow quoi!



Track Listing:​
1. Ocean Lies (5:12)
2. Ray of Light (4:50)
3. Leaves (2:54)
4. Revelation Day (3:00)
5. Mediterraneo (7:32)
mixé et masterisé par Michele Guaitoli (Visions Of Atlantis, Temperance)
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27 septembre 2022 2 27 /09 /septembre /2022 15:42
Album - Fans Of The Dark, "Suburbia".

 Album -  Fans Of The Dark, "Suburbia".

 Frontiers Music Srl 

 

NoPo

 FANS OF THE DARK Suburbia 2022


Etonnant comme la NWOBHM (New wave of British Heavy metal des 80's) essaime au fil du temps sans perdre de vigueur (sur ce dernier point, on l'envie!).
J'ai commenté, récemment, les disques des français Drenalize ( see concert monkey ) , Crystal Throne et Heart Line.
Cette fois, j'explore la froide Scandinavie et le show des 4 suédois Fans of the Dark :
Alex Falk – chant
Freddie Allen - batteur, auteur-compositeur et coproducteur
Oscar Bromvall (PALACE, CODE RED) – guitares
Rickard Gramfors – basse

Fin 2021, ils lancent sobrement 'Fans of the dark'. Il faut battre le métal tant qu'il est chaud, voici 'Suburbia' moins d'un an après.

Une météo exécrable éclabousse le fond sombre de l'artwork, signé Regin Wellander.
Sous un ciel chargé et la pluie battante, un monstre gris (le même que sur l'album précédent) avance, au milieu de sapins, le long d'une voie d'accès vers 'SUBURBIA', fléchée par un panneau vert.
L'alien porte un équipement, sur son dos penché, et autour de sa ceinture. Une lampe frontale éclaire l'écriteau.
A l'intérieur d'un contour blanc, 'Fans of the dark', au 'K', inversé, nomme l'objet.
Instantanément à la lecture, j'ai le réflexe de remplacer 'Fans' par 'Fear'.
Erreur! Non point de vierge de fer ici mais plutôt 'Phenomena' (groupe marquant en 85/87).
Pour autant, rien à craindre, on ne projette pas le film d'horreur de Dario Argento qui, lui, intègre 'Flash of the blade' d'Iron Maiden, à sa BO (ça va, on suit toujours dans le fond?).

Néanmoins, les films d'épouvante, ils aiment ça les vikings et ils assènent directement 'Night Of The Living Dead'. Pas d'Argento, alors Romero (sans Juliette) fera l'affaire.
'They're coming to get you Barbara' menace une voix, avant un riff leppardien. La rythmique, attractive, rebondit sur les peaux et les cordes de la basse.
Le refrain accrocheur, avec son clavier hard FM, vous repeint les parois du cerveau en rose. Et le chant d'Alex, chaud et grave, oula, du high level, non?

Le riff d'entrée de 'The pirates of Maine' fait toute la différence. On passe ensuite sur un tempo lourd, genre 'The zoo' (Scorpions) et autres carnages...
Mais on attend avec impatience le retour du riff qui tue. Aaaah, faut attendre deux minutes! Deux minutes... non mais allo quoi!
Heureusement, la voix épaisse d'Alex est un délice et le pont, qui mène au refrain, dessine un chemin enchanteur et bien chanté et scandé en choeurs.
Encore deux minutes pour le fil qui rend fou et on enchaine, après le solo d'Oscar (sacré lascar!) sur un autre riff, soutenu par des hohohoho de malades (les Hardos aiment ça!) sur le modèle des woho dans 'Rock the night' de leurs compatriotes d'Europe?.
Ne pas oublier que la Suède est en Europe et Europe en Suède!
Le final en rajoute une couche, avec des traits à la Van Halen, pour notre plus grand bonheur.

En vla du riff en vla, 'Fantasia' démarre au même niveau, pied au plancher. La caisse claire claque et la basse ne lâche pas son pas, rythmique simple, droite, poussée plein milieu de la poitrine.
Le refrain, mélodieux à souhait, emballe tout et envahit les tympans pour s'insinuer insidieusement dans les limbes de nos deux hémisphères.

'Sick! Sick! Sick!' ne me flanque pas le mal de l'air, même en rappel du Night Flight Orchestra, tout aussi suédois et groovy.
La guitare donne le ton et la basse n'arrête pas de tonner derrière une batterie implacable. Une pause surprend.
Soudain, une bascule à la six cordes, monte d'un coup le tempo en mayonnaise vers un hard disco éblouissant (que ne renierait pas NFO). Puis on termine sur les bases du riff d'ouverture éclatant.

Stratovarius (autre scandinave) a signé un 'Fright Night' bien différent. Celui de FOTD me fait penser, après la première salve acérée à la gratte bégayante, et plutôt sur le refrain aux notes dansantes, à 'I was made for loving you' de Kiss (cette basse tududum tududum et l'écho des toms!).
C'est dire le parquet discoïde! Nonobstant ça alterne et, une fois de plus, le riff rafle tout et nous aveugle mais ne nous rend pas sourd!

Pour bien vous le faire rentrer dans le crâne 'Fans Of The Dark' invente le titre 'Fans Of The Dark', quelle bonne idée, ils auraient pu le placer sur l'album 'Fans Of The Dark'!
On charge un fusil. Un coup de chaleur aux vagues de 'H.E.A.T' (autres chauds suédois), monte aux joues.
Juste un riff grinçant et simpliste, plus cette petite touche sucrée au clavier, et on tombe dans le panneau. Par chance, ça ne fait pas mal, il indique juste la banlieue (rappelez-vous la pochette!).
Je ne peux m'empêcher de secouer la tête et taper du pied! Le pied quoi!

'The Goblin King' amène encore un riff de ouf, sinueux. Fichtre, si Freddie sort ses griffes de la nuit et explose ses caisses à la dynamite, c'est pour que les guitares lacèrent jusqu'au dernier souffle.

'Restless soul', 2è composition dépassant les 7 minutes, ouvre le bal sur une ballade. La voix de crooner se marie parfaitement à ce moment de douceur.
 Moi qui craignais une fin fade, à 4 minutes, Oscar me rassure avec des twin guitares cavalcade aux allures maideniennes mais qui s'éclipsent un peu trop tôt.



Supérieur au premier jet, 'Suburbia' ne s'embourbe pas, malgré les trombes d'eau sur la pochette.
La musique suit une trame claire et bien léchée entre hard-rock mélodique et AOR avec des armes bien tranchantes.
Moi aussi, 'Loving the alien'(comme Bowie). Où sont les fans? Bientôt dans les salles de concert ou les prés des festivals...




Track Listing :
1. Night Of The Living Dead
2. The Pirates Of Maine
3. Fantasia
4. Sick! Sick! Sick!
5. Fright Night
6. Fans Of The Dark
7. The Goblin King
8. Restless soul
produit et mixé par (le musicien et producteur) Lars Fredrik Swahn (Dungen, The Amazing) et coproduit par Freddie Allen.
Label : Frontiers
Sortie : 16/09/2022

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26 septembre 2022 1 26 /09 /septembre /2022 10:09
Pink Turns Blue • TAINTED Tour-2022 EP

 Pink Turns Blue • TAINTED Tour-2022 EP

 Orden Records

NoPo

 

 PINK TURNS BLUE Tainted Tour-2022 EP


Voici des musiciens qui ne sont pas des ptits bleus. Ils se forment, en effet, en 1985, à Berlin (ville du développement du krautrock), époque bénie pour la new wave, cold wave renommée darkwave plus tard.
Je pensais que leur nom pouvait provenir de 'Pretty in pink' des Psychedelic furs, apparus un peu avant, mais non, il faut se tourner vers Hüsker Dü qui publie le bon titre punkoïd 'Pink turns blue' en 1984 extrait de 'Zen Arcade'.
Depuis, les teintés prennent le temps de graver une pile de disques malgré une séparation de 8 ans.

    1987 : If Two Worlds Kiss
    1988 : Meta
    1990 : Eremite
    1991 : Aerdt
    1992 : Sonic Dust
    1994 : Muzak [album de reprises acoustiques]
    1994 : Perfect Sex
    2005 : Phoenix
    2007 : Ghost
    2010 : Storm
    2016 : The AERDT - Untold Stories
    2021 : TAINTED

L'album 'Tainted' fait tinter sa cloche en 2021 telle une sonnette d'alarme pour un monde en perdition.
Dès que j'entends chanter Mic Jogwer (non pas Jagger, on a du lui la faire!), je pense à la voix, si expressive, d'Adrian Borland, 'The Sound', à qui ils empruntent aussi une ambiance mélancolique.
On peut, en plus, citer les couleurs des 'Chameleons', puis, après enquête, 'Interpol' et enfin, impossible de ne pas mentionner 'The Mission' (si vous l'acceptez).

Réduite progressivement à un trio, l'équipe n'a rien perdu de sa détermination au fil du temps :
Mic Jogwer (chant, guitare), Paul Richter (batterie) et Luca Sammuri (basse)

Une tête de licorne blanche perce le fond noir de la pochette et ça fait mal, une larme perle. Un symbole de pureté et de grâce malmené.

Ecoutons ces 4 nouveaux titres complétant les 10 de l'album.

La guitare propage un écho missionnaire ('The Mission', en tous cas). On entame donc sur un style gothique.
Ce son de basse rebondissant dans les tripes, comme savait si bien le faire Joy Division, Nom de Zeus!  A côté, les baguettes frappent sèchement et le chant, jamais, ne s'enflamme.
Le rythme? 1-2 1-1-2, droit comme un i, ne bifurque pas d'un iota. 'We could still make it' trace sa neurasthénie. Les frottements synthétiques, plein milieu du morceau, n'y pourront rien changer.

'Lovers forever' mélange la passion du premier mot avec l'ambigüité du second. Le synthé mène une danse, en boucle, se mélangeant à la trame de basse et la batterie continue son show froidement primaire.
Plus loin, les voix se soulignent et se répondent. Après une rupture, on y retourne sobrement puis la guitare, aux accents 'New Order', essaie d'apporter un peu de légèreté groovy.

'Not Gonna Take It' Who? Non eux PTB! La frappe reste propre et imperturbable quoique plus vive. Le calme caractérise ce chant sur un synthé guilleret qui enveloppe un fond de basse.
Il prend de l'aisance et enfle sur le refrain puis le ton monte, en fin de plage, avec une basse tonitruante et une guitare écorchée vive.
Le texte parle de vies compliqués et incompatibles. Le clip, au bel esthétisme, dénonce le manque de tolérance et met en scène des jeunes gens engagés affichant leurs positions 'Speak' 'Flower is the power' 'Make love not war' 'Freedom'

'We Always Wanted More'... Nous aussi! Le clavier, très présent, plaque un gimmick entêtant. Il se contente de petites touches excitantes alors que la basse ronronne de plaisir.
La batterie file toujours aussi droite et sans fioritures. Les vocaux fragiles libèrent des sensations émouvantes.

Quand on sait que ces morceaux tombent des sessions de l'album précédent sans y avoir trouvé leur place...
Totalement addictif, cet EP me donne l'occasion de revenir à 'Tainted' (Love?!), oh combien contagieux mes aïeux, et que je n'avais pas vu passer en 2021.
Ces mélopées tristes et pures me transportent totalement et m'apportent de l'exaltation, un comble! Ou peut-être un vide comblé... je ne sais pas...

 

Tracklisting :
01. We still could make it
02. Lovers Forever
03. Not gonna take it
04. We always wanted more

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15 septembre 2022 4 15 /09 /septembre /2022 08:05
Album - Nervous Shakes – Walk Like A Lover
Album - Nervous ShakesWalk Like A Lover
 
Rockerill Records
 
 
 
Michel.
 
 
 
Larsen: liste des supports sonores sortis entre mai et septembre 2022!
 
Tu savais que la clique à Rockin' Cat Ivan ( je suis chanteur de rock'n'roll, et aussi chanteur de variétés italo-américaines; plus dj à mes heures perdues (DJ Rockin' Cat) et créateur du fanzine de rock'n'roll bruxellois SNOTREBEL) avait, enfin, ajoute Christine, une fan de la première heure, pondu un nouveau recueil.
 Dans la subdivision chez Larsen, t'as rien trouvé sous la rubrique garage/glam.
 
T'as tout vérifié: rap, reggae, metal, trucs pour les gosses, variété, expérimental, lounge, ambient, musique pour ascenseur... Nervous Shakes – Walk Like A Lover, s'est retrouvé entre ML ( qui?) et Pierre Vervloesem ( tiens , Pierre est devenu pop!) dans la section pop/rock/indie!
 
Leur production précédente, “Separate Beds? I Don’t Think So”date de 2004, on ne peut pas dire que les Bruxellois sont du genre prolifique, et pourtant ils tournent et peuvent compter sur un gang d'inconditionnels qui ne ratent aucun de leurs concerts, sauf s' ils purgent une peine d'emprisonnement pour délits mineurs répétés: ivresse sur la voie publique, outrage à agents, consommation de substances illicites ou saccage d'un établissement les ayant lâchement éjectés.
 
Donc, en ce beau mois de mai, ' Walk like a Lover' se vend dans toutes les bons commerces de plastic.
 
Pardon... si le lover est Egyptien, vais demander à Susanna!
 
Tracklist:
 
When things go wild
Hit the deck Joseph
Do you wanna
Stick mith me
Walk like a lover
Are you mine
Kamikaze baby
In the summer
The curse of lovers
Come back Lorraine
Don't cut me loose
Teenage Blues
 
 
 
Line-up:
Ivan Andreini: Lead vocals & harmonica
JP Neligan ( alias James Cain) : Guitar vocals / lap-steel / Percussion
Brüno V Gömpel: Bass / Vocals
Phil Felix: Drums / Percussion
 
 
Additional musicians:
Mike Mariconda: Harmonica
Spencer Evoy: Tenor Sax
 
 
Ivan, JP et Bruno font partie des Tremblements Nerveux depuis un bon bout de temps,  Philippe Félix est le dernier épileptique en date.
Parmi les autres malades célèbres ayant un jour joué aux côtés d'Ivan, on note Philippe De Clecq ( Narcotic Daffodils, Gabbalovers, Moon on Man,  e a )/ Patrick Bernhagen , un copain de l'Irishman J P Neligan/  Yvan Homez ( The Paperclip, now)/ le brillant Daniel Wang qui joue avec les Jenkinses
de James Neligan et Emmanuelle Roisin une copine de Meg White.
 
 
Classe, la pochette de Daniel Oeyen, graphic designer: une vamp des années 30, style Rita Hayworth , féline, intrigante et forcément fatale, elle adopte une pose acrobatique , un pont, que certains n'hésitent pas à mettre dans la catégorie des positions les plus chaudes du Kamasutra.
La photo sépia est plaquée sur un décor bleu et, en superposition, on découvre une dentelle rouge représentant, peut-être, un masque, on te laisse te faire ta propre idée.
 
Cachez vos filles, les fauves sont lâchés ' When things go wild'  , ils ont sorti la cravache et tout l'attirail bondage, désormais les Real rockin' Kids ne sévissent plus à Boston,  ils sont voisins de Manneken Pis.
Comme le band de John Felice, on peut les cataloguer de beautiful losers, c'est un genre qui plaît aux filles.
 Ils sont pas mal véloces, donc,  on préfère les comparer à Roger De Vlaeminck, le Gitan, qu'au gentil et brave Raymond Poulidor.
Les riffs de guitare cinglent, Bruno et Philippe, le petit nouveau, impriment une cadence qui doit mener le sprinter en bonne position avant l'emballage final, Ivan chante comme quand il avait 20 ans et son jeu d'harmonica  vient à point nommé pour nous rappeler que Mick Jagger lui aussi pouvait souffler comme une bête.
Qu'est ce qu'elle t'a dit, la fille?
' Hit the deck, Joseph' 
Tu lui as fait croire que tu t'appelais, Joseph?
Bordel, ce truc déménage méchant, il bouffe quoi votre drummer, c'est un lion affamé.
Ivan éructe tout ce qu'il a bu la veille, la guitare de JP crache des flammes et tu soupçonnes Bruno  de faire du bringue à la nana.
Il y a des années, c'était avant toutes les pandémies, rue Plattesteen, le DNA existait encore, tu y croisas un groupe local baptisé Nervous Shakes, ils avaient  mis le feu à l'antre punk, tu te souviens, en versant une larme, du titre' Do You Wanna' car il était question d'un real wild child.
Iggy Pop venait de trouver un concurrent redoutable, Ivan Andreini! 
Il n'a pas sorti son membre mais bien un harmonica qui a fait tout trembler, l'Irlandais, à ses côtés , balançait des lignes tranchantes, la rythmique en béton turbinait sans relâche, ça sentait la sueur et le rock'n'roll, on aimait ça, c'était au temps où Bruxelles vivait!
Tu te souviens des Undertones, écoute ' Stick with me' , tu vas baver surtout qu' Ivan, d'un coup,  se met à sonner comme Elvis avec son chant haletant et vicieux.
Le vintage rock'n'roll, il n'y a que ça qui compte!
Où il est le slow?
T'énerves pas ' Walk like a lover' n'est pas ' Can't Help Falling In Love', mais le tempo a sérieusement ralenti, enfin, on s'entend, au démarrage, car après ça remue tout de même sérieusement,  Spencer Evoy,  au sax, habille magistralement ce morceau qui renvoie vers les Stooges.
Si eux déploraient le manque de fun, c'est loin d'être le cas à l'écoute de ce ' Walk like a lover'.
Une guitare métallique introduit 'Are you Mine', un rock  qui aurait pu être composé dans les sixties,  ils connaissent ' Shakin All Over', for sure, Johnny Kidd ressentait .. shakes all over him , quivers down his  back bone...forcément cela interpelle nos Nervous Shakes!
Coup de chapeau à Bruno pour ses basslines démentes avant la reprise du refrain et les envolées fracassantes du hooligan,  Mr Neligan, et pendant ce temps le stray cat hurle... are you mine, I wanna know,...elle a souri mais n'a pas répondu.
Toutes des s...
Gaffe, à ce que t'écris, S. Rousseau nous lit!
M'en fous, suis pas chasseur! 
Et c''est parti avec  le fameux Oriental Riff pour amorcer 'Kamikaze Baby' , un titre qui doit plaire à tous les amateurs de Kung Fu et à ceux qui se souviennent du ' Chinese Rocks' de Johnny Thunders & The Heartbreakers.
Après cette séquence punk suicidaire, de teinte jaune, les garagistes bruxellois proposent une seconde rafale punk, très ensoleillée cette fois-ci.
 Leur 'In the summer', fatalement te renvoie vers Feargal Sharkey et ses Undertones, le pop punk  ' Here comes the summer' cassait la baraque en 1979.
La tirade des Nervous Shakes, qui dégage un fumet bourdonnant,  est sans doute moins poppy   que celle du gang de Derry, mais les oooh oooh  oooh  en background, proposent toutefois  une approche commerciale incontestable.
Un prochain hymne estival à inclure sur la compil  ' Nuggets, Belgian Garage Rock from the beginnings to the apocalypse'.
 
 T'as d'autres propositions pour ce futur collector's item?
'Please Give Me Something' · The Spanks / Annabel Lee ' Black Pudding' / Moonrakers ' Strange Birds'/ The Mudgang ' Dr Mushroom' et Zangeres zonder Naam ', le censuré ' Hij Was Maar 'n Neger'.
La suite: un midtempo  comme, le looser magnifique,  Johnny Thunders,  pouvait en pondre à la pelle, ' The Curse of Lovers', qui précède ' Come back Lorraine' , un garage country track,  décoré d'une slide ravageuse et de lignes d' harmonica  toniques.
Etonnant, ce titre, c'est pas vraiment  du Hank Williams, mais , pour rappel, les Stones ont pondu pas mal de morceaux aux senteurs country flagrantes.
Un riff affûté démarre le rocker explosif   ' Don't cut me loose'  qu' Ivan chant d'un timbre implorant  avant le  bridge, brillant,  à l'harmonica.
'Teenage Blues' met un terme au  trip abrasif proposé par un groupe ayant toujours eu le bon goût d'ignorer tous les accessoires électroniques. Pas de synthés, pas de loops, pas  de drum machines ou sequencers, que des instruments authentiques, de la conviction, de la sueur et de la sincérité.
Ce dernier morceau est tout simplement une profession de foi, I can't shake away the teenage blues.
Quand il aura 85 ans, Ivan sera encore un teenager, avec ses potes ils iront  foutre le bordel à la maison de repos.
 
 
Nervous Shakes, de dignes successeurs des Standells, des Seeds, des Fuzztones,  des New York Dolls ou des Fleshtones.
 
 
Le 23 septembre à L'Imposture à Lille ( in Frankrijk).
 
 
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12 septembre 2022 1 12 /09 /septembre /2022 11:42
Album - Goudi- Oostende

 Album - Goudi- Oostende

 Citysound

michel 

 

Ostende en musique: Pierre Goudesone, alias Goudi, bruxellois d'adoption comme Arno, n'est pas le seul à chanter sa ville,...Spinvis, De Mens, Spring, Louis Neefs, Kleine Sanders, Zwarte Pier, Connie Neefs l'ont glorifiée en néerlandais, Alain Bashung, Léo Ferré, Jacques Brel ( l'Ostendaise), Francois De Roubaix, Cali, Gribouille, Les Fils du Facteur, e a ,  ont magnifié la reine des plages dans la langue  de Voltaire.

Ostende, c'est aussi Marvin Gaye, Léon Spilliaert, James Ensor, Raoul Servais, Wendy van Wanten, Robert Van de Walle, sans oublier Léopold II qui voulait en faire la seconde ville de Belgique.

 

Que Monsieur Flesh & Fell et  Speaking -T,  qui , pendant un temps, a tenu la basse chez Niki Mono, décide de chanter sa ville in ' t Oostends, après avoir seriné en anglais et en français, n'est pas antinaturel.

' Oostende' qui vient de paraître sur son label ' Citysound' est le quatrième full album de Goudi, après "Goudi" en 2009, "Bissextile' en 2012 et ' Midnight Fever' en 2016.

tracks -

De tied

Me'n liefde nodig

Makkelijk gezegd

 Wind in m'n hart

Muzik min keure

Belgica

Keer op keer

Alles kan wachten

'T is wat het is

In us hoofd

Oender min vel 

 

Line-up ( selon les morceaux), sont cités...

Ron Reuman ( drums)  membre de Speaking-T   / Hans Helewaut,  oui, celui de Elisa Waut ( sax)  / Pierre Goudesone ( lead vocals) /le fidèle  Laurent Stelleman ( guitar)   / Esther Lybeert from The Antler King, ex- Hooverphonic and Flat Earth Society ( guest vocals)  / Inge Van Grembergen ( backing vc)  /  Axl Peleman ( bass)  , quelques noms,  Ashbury Faith, Camden, De Kreuners etc... / Joachim Saerens , le mari et claviériste de Selah Sue  ( keys)/ Luc Van Lieshout ( trumpet), actif au sein de Flat Earth Society et Tuxedomoon et enfin,   Igor Goudesone, a.k.a. IX,  zijn zoon,   (rap vocals). 

 

Pochette:  une photo du dandy, portant  redingote noire , foulard et un ouchanka emprunté à  Leonid Brejnev.

 Le cliché a   peut-être été  tiré dans des dunes proches du rivage, il montre  de vétustes  bâtiments, à l'architecture  fifties en background. 

Le temps, une illusion?

Après Einstein, Lee Smolin, Bergson, Pascal.... Goudi lui aussi donne sa définition du temps, ' De Tied 'die voor niemand stil staat.

Tu es tenté de le croire en considérant tes jambes, autrefois athlétiques, devenues molles et atones, et ne parlons pas de l'image que te renvoie le miroir, tu ne connais pas le type que te renvoie ce maudit rétroviseur .

Sylvia Plath, ' Mirror', la fin du poème:  

" In me she has drowned a young girl, and in me an old woman
Rises toward her day after day, like a terrible fish."

 Un brin de nostalgie s'échappe du chant parlé avec lequel Goudi interprète  cette  ballade new wave,  ornée d'un sax ( Hans Helewaut) , que tu compares à celui de David Bowie apparaissant sur la version de 'To know him is to love him' de Steeleye Span.

Du coup des flashes traversent ton esprit... Forest National , Frank Zappa, tu as assisté à ce concert, c'était en 1979.

Frank n'est plus, David Bowie, n'est plus, mais le temps ne s'arrête pas, il ne s'arrête pour personne, le crooner d'Ostende l'a bien compris, il  nous délivre une perle indémodable. 

C'est la guitare en mode Gary Moore de Laurent Stelleman qui attire l'attention sur 'Me'n liefde nodig', une ballade aux  subtils relents reggae. Toujours en mode spoken-word, Pierre Goudesone narre son chant d'amour désespéré, Ron, le métronome,   imprime une cadence régulière, les synthés frisent l'esthétique post punk,   alors qu'à l'arrière un choeur féminin frémit aimablement.

Brillant!

Allez, on se tape un tour sur le dancefloor,  'Makkelijk gezegd' features à nouveau Hans Hellewaut. Goudi y débite ses visions de vie sur un ton aigre, alors que le fond musical t'invite à la danse, le choeur masculin martelant ... gemakkelijk gezegd... vient s'imprégner dans ton cerveau, tandis que, tout en te trémoussan,t tu essaies de déchiffrer le message... 't es ne course zonder arrivée... bordel, faut continuer à tourner, indéfiniment, le manège est devenu fou.

Sur la côte le vent peut souffler,  dans son coeur aussi le vent souffle, ' Wind In M'n Hart' , ce n'est pas un cyclone, mais une brise agréable, la chanteuse Hebe assure les secondes voix, Hans Helewaut et Luc Van Lieshout ont sorti sax et trompette, le drumming est confié à Ron, les synthés de Joachim virevoltent,  la guitare  se fait discrète.

 Si Kloot Per W indique ' Goed' sous la vidéo, c'est que c'est bien, d'ailleurs jette un oeil à ce clip, Ostende  à la tombée du jour séduit , et comme la mer est calme, pourquoi ne pas se balader sur un brise-lames et rêver !

 ' Muzik Min keure', le dernier single en date, joue la carte danceable post punk . Pas aussi incisif que ce que faisait Test Icicles, les textures vocales sont incomparables, mais le morceau, à la fois sombre et lascif, aurait pu cartonner dans   les soirées Club New Wave, avec une playlist incluant Iam X, The Mission, The Sisters of Mercy, New Order, Liaisons Dangereuses, Nitzer Ebb,  Front 242  ou Snowy Red...

On poursuit avec 'Belgica' ou la version 2022 de ' La Belgiek est chic' , sorti sur le premier album du Dandy. Rien que pour avoir introduit Paul Van Himst dans sa liste de personnalités notoires, tu lui en seras à jamais reconnaissant.

Bien sûr, il y avait Pelé, mais  Polle Gazon, 234 buts, tu étais fan à 100%.

Oostende aurait dû paraître il y a deux ans, ' Keer op Keer' est sorti en 2019, la version retenue pour l'album a été remasterisée.

On y retrouve la patte de Goudi:  spoken word sensuel, backings sucrés ( ' k zoen et nie weetn)  et ambiances crépusculaires.

Monsieur se  pose des questions dans  son jargon natal, il n'est pas le seul, le hic, c'est que si tu fais entendre ses chansons à un gars d'Amsterdam il faudra faire appel à un interprète pour qu'il puisse découvrir toute la justesse du propos.

Essai: is de tied nu riepe én die me nu dwiengt 't is nu ol joarn dat da sjhoentje wriengt..

Qui traduit?

Mais il a raison: het is nu al jaren dat het schoentje wringt, le bât blesse depuis une éternité.

Comment sortir du merdier (surtout quand t'es coincé sur le ring)!

Un petit coup de Vlaamse dub?

Waarom niet.. hier is ' Alles kan wachten'!

Igor, ket, tu rappes?

Ja, vader!

Le dub, c'est cool, sur un rythme nonchalant 'Alles kan wachten' exprime bien l'idée: t'énerves pas pépé, on a le temps, tomorrow in another day , il y a pourtant un hic, en arrière-plan,, Goudi  extériorise quelques pensées sombres... van tijd tot tijd verlies ik mijn positiviteit... heureusement la nuit vient, en de nacht lacht ons toe, viens, que je te prenne dans mes bras!

En 2016, les méchants de chez  Fleddy Melculy  enregistrent 'Het is wat het is' , du hardcore  agressif  et gras.

2022,  Goudi lâche ' 'T is wat het is' qui deviendra le troisième single extrait d' 'Oostende' et un second titre nettement influencé par les sonorités en provenance de Kingston.

On n'ira pas jusqu'à comparer Goudi à Lou And The Hollywood Bananas, mais son ' 'T is wat het is' invite aux déhanchements.

L'année prochaine, Goudi au   Reggae Geel Festival plutôt qu'au W-fest?

Pour  'In us hoofd', l'exilé a à nouveau fait appel à Hebe qui assure les backing vocals.

Ici, il nous livre une tranche de synth pop soignée.

 Comme sur la plupart des titres, Laurent Stelleman est co-responsable du fond musical, quant au texte, l'Ostendais recoupe passé et présent et, en  psychothérapeute amateur,  te fournit quelques conseils gratuits, ...als je de wonden van vroeger niet soigneert dan  blijf je bloeden...

Du coup t'as décidé de passer à la pharmacie, il n'y avait rien dans les rayons pour soigner les peines de coeur, t'es passé au V and B pour te procurer  un Glenlivet 13 ans d'âge, ta bourse ne te permettait pas l'achat d'un Laphroaig 33 years old.

Avant de quitter  les Thermes d'Ostende, Goudi propose une relecture de ' My Dirty Little Heaven ', un titre qu'il avait inclus sur l'album 'Bissextile'.

En ostendais cela donne 'Oender Min Vel' , une traduction libre, comme tu peux le remarquer!

Pour la petite histoire, 'My dirty little heaven' est également une oeuvre de  Wangechi Mutu, artiste originaire du Kenya,  installée à New York, qui aborde la problématique de l'identité de la femme noire dans une civilisation blanche.

 'Oender Min Vel',  comme l'original de 2016, se balade dans un univers sombre, proche des productions dark wave de groupes tels que Xmal Deutschland, She Wants Revenge ou Love is colder than death .

 

Arno n'est plus, mais Goudi est toujours bien là , il peut roucouler en anglais, en français, en West-Vlaams ou en mandarin lanyin, son chant caractéristique et sa musique distinctive  font de lui un des artistes les plus originaux de la scène belge.

Si un jour Marc Didden devait s'amuser à réaliser un ' Ostend by Night', on lui proposera Goudi pour la confection de la bande -son et pourquoi pas lui attribuer un hoofdrol?

 

 

 

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11 septembre 2022 7 11 /09 /septembre /2022 09:28
Album - Philosophobia - Philosophobia

 Album - Philosophobia - Philosophobia

 label SENSORY

NoPo 

PHILOSOPHOBIA 2022

C'est vu la belle pochette! Ah tiens, un nouvel album de (au choix) :
- Dream Theatre (possible),
- Pendragon (si, si c'est possible!)
- Rush (c'est mort là!)?
Négatif!

CV de l'équipe?
Kamelot, Pain Of Salvation, Wastefall, Mekong Delta, Axxis, Threshold, Powerwolf, Fates Warning, Redemption...
Du prog metal? Affirmatif!

Les allemands Andreas Ballnus (Perzonal war, Agrypnie) et Alex Landenburg (Kamelot, Cyrha, Mekong Delta, Axxis, At Vance, Luca Turilli’s Rhapsody, 21Octayne, Angels Cry, Systopia!!), potes, aimeraient comp(l)oter ensemble en 2007.
Ils composent mais pas le temps d'aller plus loin! Alex va cogner chez Annihilator et Andreas gratter avec Paul Di'Anno (premier chanteur d'Iron Maiden).
Puis, Andreas rencontre le suédois Kristoffer Gildenlöw (ex bassiste de Pain of Salvation, le frère de Daniel, leader) en 2018 sur un projet de bouquin et finalement, le déclic, ça claque musicalement en 2020.

FORMATION:
Alexander Landenburg: Batterie
Andreas Ballnus: Guitares
Domenik Papaemmanouil: Chant
Kristoffer Gildenlöw: Basse
Tobias Weißgerber: Claviers

2022, ils concrétisent cet album éponyme, 8 titres avec Tobias Weißgerber au clavier et Domenik Papaemmanouil au chant, issus du groupe grec Wastefall. 6 morceaux étaient déjà écrits en 2007.

Track List
1.      Thorn In Your Pride
2.      I Am
3.      Time To Breathe
4.      Between The Pines
5.      As Light Ceased To Exist
6.      Thirteen Years Of Silence
7.      Voices Unheard
8.      Within My Open Eyes
Guest vocals by Damian Wilson (Threshold, Headspace)
Mixed by Phil Hillen (Powerwolf and Kamelot)
Mastered by Alan Douches (Fates Warning, Redemption)

C'est parti...

Démarrage solennel et profond, voix posée sur clavier. La basse tringle vers la batterie qui fait une entrée en force. ça sent le Dream Theatre...
La guitare montre alors de sacrés dispositions, aériennes ou souterraines. Le clavier 'rudessien' (Jordan Dream T.) vient enrichir le tout.
Tardif, le chant délicat me rappelle Nick Barrett de Pendragon.
A mi-morceau, il voit double puis prend des intonations irritées, toujours à 2 voix comme des échanges agacés, avant de terminer avec une version plus apaisée.
'There's hope and believe Haunted in your dreams Where demons creep'.
Une navigation au long cours se développe avec des paysages variés et passionnants. Le clavier flotte entre piano et synthé et accueille des choeurs sur une superbe mélodie.
'Thorn In Your Pride' nous fait voyager durant 9 minutes sur des rouleaux de montagnes russes.

Une guitare bassement accordée et une cymbale font tomber une pluie radioactive. La guitare illumine d'arcs électriques le ciel orageux qui finit par gronder.
Otez-moi d'un doute 'So I pretend to be living But I'm not'. Pourtant 'I am' je veux bien le croire car eux croient en eux.
Ce second sillon prolonge une longue chevauchée inspirée. Dominik d'abord, puis 2 voix s'entremêlent, Damian Wilson de Threshold amène son organe aérien.
La batterie ne rechigne pas sur la double-pédale appréciée par la basse (é)tonnante de virtuosité pendant que la guitare feule avec impétuosité.
L'ensemble instrumental fait preuve d'un brio technique jamais saoulant. Un clin d'oeil raffiné de 8 minutes!

'Time to breathe' tombe à pic pour reprendre son souffle... ah ben non pas complètement! Le clip se promène dans des endroits favorisant la respiration mer, montagne, forêt.
Derrière un arpège doux accompagnant 2 voix croisées, tout en retenue d'abord, la plage invite la marée et l'écume. Fish (ancien chanteur de Marillion) y nagerait comme un poisson dans l'eau...
Plein centre, un duel fougueux clavier guitare, rempli d'éclats et sous les jets rythmiques, érupte tel un geyser brûlant coulant jusqu'au ravin. La respiration, on la retient!

'Between The Pines' sème ses effleurements de touches au piano qui nous touchent. A la fin de l'envoi, la voix, presque chuchotée puis plaintive, touche tout autant.
La gratte électrique pleure au risque de tout faire disjoncter.
Le clip évoque une errance à travers les bois tout au fond d'un esprit torturé 'Deep inside Of your mind You will find A place Between the pines If you fall If you crawl Lose control I will carry you'.

'As Light Ceased To Exist' ressemble à une réponse à 'Light Fuse and Get Away' (Dream Theatre encore).
La trame mélodique chemine magnifiquement au départ, en piano violoncelle, avant qu'un rythme saccadé ne vienne déséquilibrer cette belle harmonie et libérer une voix écorchée.
L'éclaircie revient au milieu du morceau mais ne reprend jamais totalement le dessus. A la surface, vient une effervescence clavier guitare, pulsée par une rythmique puissante vers un couloir heurté.
Après la dernière reprise du refrain, final a capella sur la mélodie première.

Un rythme, couvert ou amorti, inaugure 'Thirteen Years Of Silence', un instrumental plutôt éloquent.
Il s'éclaircit bien rapidement pour dynamiser un superbe développement prog vintage au clavier flutiste.
Plus loin, émiettement de grand piano exalté parfois en pluie sous les roulements tempétueux de la batterie et les rayons de guitare.
La composition entre alors dans sa partie la plus sombre, convulsive d'abord avant d'enchainer, après une rupture, vers un magma ardent de guitares échangeant avec le clavier sur des acrobaties à la batterie.

'Voices Unheard' se présente derrière un riff métallique frénétique puis un clavier emphatique. Chant âpre, au début, sur une plage hyper efficace!
Il s'agit d'un mouvement alternant noirceur à voix grasse et luminosité mélodique aux voix claires, à son summum sous les paroles 'Brothers and sisters, will you mourn for me? God is my witness, lay your wrath upon thee'.
Au milieu coule une rivière avec piano et guitare d'une finesse infinie. Carrément émouvant ce passage avant le retour du canevas principal tellement stimulant.

On entend piano et violoncelle, en accords mineurs, plomber l'atmosphère. Les vocaux plaintifs susurrent jusqu'à la première frappe, par surprise, violente et sèche!
'Within My Open Eyes' hésite entre moments tendus et passages mélancoliques. Esseulé, un solo de guitare, arachnéen et prenant, nous happe. Sape le moral, un battement de coeur fait croire à la fin.
Mais la dernière montée progressive et fébrile, multiplie les couches vocales courageuses et s'arrête abruptement dans le vide.


L'emballage esthétique?
Un personnage au look John Steed (Chapeau melon et bottes de cuir- The Avengers-, mais avec une plume sur le melon) de dos, avance, au milieu de papillons, vers une ville fantomatique, tout en marchant sur des cadres anciens, au sol.
L'un de ces cadres, à riches enluminures, ouvre un passage souterrain avec une échelle dont semble provenir le bonhomme et les insectes. Les lettres 'Philosophobia', noirâtres, se reflètent en haut à droite.

Voici bien l'ambiance de ce disque entre espoir et cataclysme, entre métal en fusion et délicatesse progressive.
Le groupe possède beaucoup d'atouts dans son jeu, du chant bien armé et nuancé à l'instrumentation élégante et maitrisée.
Morceaux travaillés et sans fausse note que l'on peut attribuer très haute.
Sédatif? Négatif! Séduit? Affirmatif! Un régal!

 

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7 septembre 2022 3 07 /09 /septembre /2022 11:24
Album - Drenalize – Edge of Tomorrow

 Album - DrenalizeEdge of Tomorrow

 Independent release

NoPo 

 

DRENALIZE Edge of tomorrow 2022

Avec Drenalize, on a droit à la fête lorraine. Le groupe se forme en 2013 à Briey près de Metz.
On sent que ces gars aiment Scorpions et la NWOBHM, en particulier, rappelez-vous, Def Leppard a sorti 'Adrenalise' en 92.
L'album des débuts 'Destination everywhere' fin 2015, respirait plutôt l'AOR frais et léché, jovial comme Jovi. La ballade 'I'll be there for you' emprunte notamment son titre (pas la compo) à l'américain.
Entre temps, les amoureux de ce style découvrent Heart Line, autre groupe français particulièrement marqué par le Hard FM mélodique.
La belle américaine sur leur pochette répond d'ailleurs, à celle visible sur le premier des lorrains.
On peut aussi citer leurs voisins Crystal Throne  d'autant que Max à la guitare et Alex, cogneur en chef, œuvrent dans les 2 troupes.
Y'aurait une concentration de métal dans le coin? Ben oui, la métallurgie fait bien partie de leur histoire!

Le sophomore 'Edge of tomorrow' met plus d'(h)ardeur dans son jeu en commençant par le visuel où le chanteur, Chris Voltage, se déchaine au sens propre.
Il apparait dans un triangle de feu, assumant son histéri(a)e à la mode Def Leppard de 87.
Le fond astral montre des éclairs semblant déclenchés par 2 pattes griffues.
Le nom du groupe s'écrit, entre deux maillons éclatés, dans un look électrique high voltage (évidemment), celui de l'album s'accroche en dessous dans un jaune flamme (je ne dirais pas Capitaine).
On pressent l'évolution vindicative du groupe plus mur et sûr de lui.

On ne déroge pas à une certaine tradition par une intro instrumentale, très courte, mais instructive pour la suite car déjà gorgée d'énergie communicative.

Perfect ou non, on connait 'Strangers in the night', ici, ça se transflète (?!) en 'Strangers in the mirrors' sur la piste des classiques.
Impossible de ne pas s'électriser au contact du riff principal imparable. La richesse de l'instrumentation et les vocaux de Chris dynamisent, encore, ce morceau tellement bien foutu qu'il rappelle ... tant de choses qu'on aime (en commençant par 'Dynamite' de Scorpions).
Julien et Max s'en donnent à cœur joie tels des shredders en folie. La rythmique osmose basse batterie en une colonne bien solide. Le clavier vient parfois ajouter un lien onctueux.
Le morceau atteint sa conclusion avec des chœurs en ouh-ha ouh-hey qui, bien loin d'être en trop, donneront, à coup sûr, l'occasion au public de participer activement aux live.   

'No miracle' contredit Bon Jovi qui affirmait 'Miracle' en 2009. Ces gars n'en ont pas besoin avec cette forme resplendissante.
Le rythme, mid-tempo, marque fortement, notamment par la basse de Rick (Thunder donc ça explique tout!) très en soutien et volubile. Les guitares éclatent dans tous les sens.
Le chant donne du grain à moudre ce qui ne lui empêche pas d'atteindre des notes astronomiques entre le modèle nasillard de Meine (Scorpions toujours) et les légères aspérités de l'organe de Bon Jovi.

Un clavier nous piège faisant croire à un ralentissement sauf qu'un riff mitraillette fait étinceler 'Eternal Eclipse'.
La basse ne se désolidarise pas des frappes puissantes provoquant un effet superbe de galop. Les guitares se passent le témoin avec brio et que dire du solo laser, carrément volcanique?
Le refrain mélodieux, mixant voix double (pourtant rien bu!?), et final sur la puissance de la gratte en font un majeur (Wouah!).

'Thirty More Seconds' nous balade un peu plus que quelques secondes au gré d'une guitare acoustique incontournable.
Des chœurs à double-effet (ah bon lesquels? A vous d'imaginer un peu!) soulignent la voix claire, haute et puissante. On ne peut que penser, une fois encore, à Scorpions (on disait 'slow' à l'époque).
Une section chaste à la sèche seule scinde (dur à à dire hein?) le morceau en 2 alors que l'électrique, plus voluptueuse, avait fait son apparition et se paie un joli solo.

Retour au frontal avec 'Passage en force', bourrin mais pas trop. Pied au plancher, un riff franc, cède la place à des guitares somptueuses et démonstratives. Les solos fusent et serpentent allègrement.
Cassures et dénivelés ahurissants caractérisent ce bref instrumental fièrement porté par les musiciens. Leur 'Transylvania' (Iron Maiden 1980) à eux.

L'Intro par des bruits métalliques suggère une plage plus ... métal.
Chris s'essaie à des vocaux extrêmes sur 'Into Madness' entre cris et chuchotements ou parfois tempétueux à gros grains.
Néanmoins, la mélodie demeure primordiale et, facile à mémoriser, elle transporte l'auditeur sur un bon rythme. Folie douce!

'Fast 'N' Lethal' poursuit dans cette direction un peu plus sombre (mais pas trop). Un passage parlé/scandé/crié intervient comme un coup de gueule.
Les guitares nous offrent de très beaux passages. La batterie, ultra efficace, se fait plaisir. Le refrain nous entraine avec une facilité déconcertante.

'Something To Believe In' démarre sur les traces d'une nouvelle ballade avec son ton larmoyant, son synthé scintillant et sa caisse claire en réverb.
Cependant, le titre alterne ces fractions avec d'autres plus emballées pendant lesquelles la batterie se tape la cloche. Elle obtient d'ailleurs l'autorisation d'achever, elle aussi en sobre solo, le morceau.
Au fil de l'eau, la guitare joue des harmoniques et se permet un solo fluide et décontracté.

Bonne idée de terminer 'Edge of tomorrow' avec 'Edge of tomorrow'! Le clavier enveloppe une mélodie soyeuse pleine d'emphase.
On s'approche des critères AOR chers à Journey ou Triumph. La composition nous trimballe dans une grosse américaine rutilante, confortable et bien huilée. La classe quand même!
Le solo de gratte, lui aussi, sonne beaucoup plus velouté et moins organique, le final fusionnant clavier et guitare dans un même souffle.



On prend tellement plaisir à découvrir des groupes français aussi pêchus à ce niveau de hard rock millésimé.
Ce disque aurait probablement pu marquer les années 80, il marquera, aujourd'hui, les esprits des nostalgiques de l'époque ou tout simplement les amoureux de ce style.
En tous cas, Drenalize draine l'adrénaline!

Les électriciens :
Chris Voltage chant
Julien Angel Brunello Guitares
Max Waynn Guitares
Rick Thunder Basse
Alex Gricar Batterie

Les décharges électriques :
01. 2049
02. Strangers In The Mirrors 
03. No Miracle
04. Eternal Eclipse
05. Thirty More Seconds
06. Passage En Force
07. Into Madness
08. Fast 'N' Lethal
09. Something To Believe In
10. Edge Of Tomorrow

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5 septembre 2022 1 05 /09 /septembre /2022 07:24
Album - Artéfact - KINEX KINEX

 Album -  Artéfact - KINEX KINEX

auto-produit

 

michel 

 

Deux ans après 'Neon Park',  Raphaël Haubourdin dégèle son projet Kinex Kinex  pour bricoler, à l'abri  dans son blockhaus,  un nouvel album qu'il dénomme, judicieusement,  ' Artéfact' .

Quand il t'a expédié les liens, tu ne lui as pas demandé où il avait caché Organic ou Graceland.

Tracklist:

1.
Megalodrame 03:59
2.
Loopback 03:56
3.
Une Apparence Personnelle 03:49
4.
The Day 05:20
5.
Injection 04:39
6.
Oh Please 05:10
7.
Never Return 03:26
8.
Merit 05:46
9.
Centennial Carillon 03:00
10.
Kamelia 06:32
 
 Music / Lyrics / Production / mix & pre mastering : Raphaël Haubourdin
 
Pochette futuriste , une sphère abstraite ou peut-être la tête d'une fusée prise de haut , désormais avec  l' informatique quantique tu peux tout réaliser.
 
Raphaël n'est pas le peintre de la beauté  ou de l'harmonie, et encore moins un adepte de la variété, comme le fantoche, révéré par toutes les gamines et leurs mémés, l'univers de Monsieur Haubourdin est sombre, angoissant , froid, opaque.
Pour bien te faire comprendre que tu n'assisteras pas à un vaudeville, il baptise la première plage ' Megalodrame' .
Tu te cales dans ton fauteuil en t'attendant au pire. Il fait horriblement  noir, une bande son industrielle, en quadriphonie, vient agresser tes cellules, puis une voix caverneuse, trafiquée, débite un sermon dans une langue intangible.
Tu imagines un train aveugle progressant dans un tunnel sans fin, petit à petit les sons s'asphyxient, une lueur blafarde pointe,  tu n'avais plus ressenti un tel sentiment d'anxiété depuis la sortie de 'Bela Lugosi's Dead' de  Bauhaus.
Mêmes sonorités indus pour démarrer  'LoopBack (Yeah)', un titre qui s'avère plus dansant que la tragédie précédente, ici, c'est comme si Einstürzende Neubauten virait tribal ( aargh le gimmick avec les wooden blocks), pas à la manière des Tanzanian Women All Stars, mais plutôt en  modalité The Slits.
Du white post punk funk salement addictif et propice à la transe!
En français dans le texte, 'Une Apparence Personnelle' mixe New Wave et  rythmes binaires, sur un  fond de boîte à rythmes tendu.
La voix, passée à l'auto-tune, crée une atmosphère fantomatique, du coup, ton cerveau, déjà altéré, imagine voir la tête déformée de l'homme en pleine crise d'angoisse que Edvard Munch a représenté sur sa toile la plus célèbre.
Toi, tu n'as pas poussé un cri, il est resté étouffé dans la gorge.
Retour au vocable anglais  sur ' The Day'.
On ne quitte pas les climats torturés: dadaïsme, krautrock, noise, no wave,  Körpermusik, expérimentations futuristes, voix sépulcrale,  s'enchevêtrent  pour te proposer une odyssée dans un espace cosmique irrespirable.
Le médecin insiste, il ne trouve pas la veine, il s'obstine, ton cerveau va exploser, bordel,  tu l'as pratique ton ' Injection'!
 Boum, boum, boum, que ça fait dans ta tête et dans ton coeur, et puis il y a ce mec qui d'une voix aussi voilée que ta voisine, l'épouse de Kacem,  laïusse un truc que tu ne piges pas,  pendant qu'à côté un forgeron amblyope frappe mécaniquement  l'enclume de sa masse  colossale.
Ce bruit monotonique ne fait qu'accroître ton angoisse, il y a de quoi devenir schizo.
T'évites pourtant de t'énerver, on ne  sait jamais avec ces forcenés, tu te contentes d'attendre  fiévreusement le terminus.
Une guitare répète inlassablement son motif , un gars tabasse les cymbales de son drumkit, jusqu'ici tout va bien, une porte s'ouvre, un dégénéré apparaît, il tente de s'exprimer d'une voix dénaturée , le fond sonore évolue vers une B O, étrange et dérangeante,  que tu verrais bien accompagner un remake de "One Flew Over the Cuckoo's Nest", ce ' Oh, please' ne risque pas d'entrer dans les meilleures ventes catégorie dream pop.
A l'instar des Swans, Neurosis, Cult of Luna, Kinex Kinex possède à  fond l'art de rendre le cacophonique mélodieux.
Raphaël a probablement suivi des cours accélérés chez Glenn Branca, il n'y a que ça pour expliquer les effets dissonants qu'il balance dans chaque pièce, 'Never Return' ne déroge pas au principe.
You never never never return... répété à l'infini sur bruit de sirènes, de vibrations, de tôlerie, de ponceuses, de souffleries, de claquements de pompe à membrane,  te plonge dans l'univers expressionniste d'un Fritz Lang, dont ' Metropolis' est un exemple frappant.
On attend l'apocalypse et  le Dies Irae qui  mettront fin au carnage!
Sur ' Merit' déjà on entend les cloches qui doivent t'emmener face aux inquisiteurs du jugement dernier, à tes côtés un pauvre gosse occis, lors d'en attentat,  serre fort son nounours en pleurnichant.
Ô monde cruel!
 Le Netherlands 'Centennial Carillon' est un carillon de 62 cloches situé à Victoria, en Colombie-Britannique, merci Wiki!
 Une cloche sonne, sonne,  elle chante dans le vent, obsédante et monotone...oui, Edith, mais ce n'est pas pour Jean-François Nicot, le glas, sinistre, mille fois rabâché,  sonne pour nous tous et les voix que tu perçois en contrepoint, ce sont celles de tous les damnés qui vont t'accueillir dans le monde des ténèbres.
Il y a peu de chances que ' Kamelia' soit  la courtisane imaginée par Alexandre Dumas, c'est peut-être l'hôtesse d'accueil, la nymphe,  qui doit te faire traverser le Styx dans sa barque, car Charon a pris un jour de congé.
 
Générique de fin!
 
Comme l'ouvrage a été réalisé  pendant que la pandémie était à son apogée, on suppose que Raphaël Haubourdin a cherché un exutoire au mal - être ambiant  en exprimant un ressenti proche de la neurasthénie.
 
Artéfact de Kinex Kinex: la noirceur à son paroxysme!
 
Ils nous mentent tous, qu'ils soient   écolos,  fachos, bobos, populistes, communistes, abstentionnistes, mondialistes, idéalistes...  comme le suggère Raphaël, le mensonge régit le monde!
 
 
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4 septembre 2022 7 04 /09 /septembre /2022 08:48
EP - Divine Decadence - Divine Decadence

 EP - Divine Decadence  - Divine Decadence

 

auto produit
 
NoPo
 


DIVINE DECADENCE EP 2022

Ça se passe où? 
Ah Nice! Avec ses compositions à la Bauhaus, l'Astrolab, à l'origine, dépeint le côté crépusculaire du ciel.
Depuis plus de 15 ans, Sabrina y joue l'astrophysicienne avec sa gratte et en 2018, Tatiana vient synthétiser le résultat.
Ça ne leur suffit plus, les nanas (oui, les deux 'na') ajoutent ce DD, Divine Decadence, en 2020, pour se sortir de l'enfermement particulièrement perceptible dans leur musique.

Les références vont chercher la fin des 70's et le début des 80's avec des formations telles que Kas Product, End of Data ou Fad Gadget. On peut aussi citer le pendant le plus déprimant de The Cure ou Siouxie and the Banshees.
La pochette du 5 titres, récent, montre un aspect de papier usé et corné aux angles.
La photo, tout aussi défraichie, présente les musiciennes, à l'horizontale, amputées par le cadrage et tête bêche. Bien qu'en couleurs (bavantes), le noir et blanc (robe, chemisier, bas, colliers...) domine.
Tranchante, la police kitsch peint en vert leur dénomination au dessus d'un symbole blanc de démarquage. Tout pour diviser la joie!

On lit sur leur site internet "Il faut porter en soi un chaos pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante" dont acte.

'Chaos In My Head' sort, pour preuve, en juin cette année. J'en connais qui préféraient chanter 'Harmony in my head' chacun son truc! Attention! Le clip ne conviendra pas aux épileptiques.
Triste à pleurer, le morceau se traine très froid et synthétique. Sombre, la rythmique se morfond au fond du trou, le synthé perd la tête une touche à l'envers une touche à l'endroit 'It's a mess'.
La guitare crisse et fait mal aux dents puis dissone à la Joy Division. Les vocaux, qui avaient démarré détraqués et inquiétants, souvent à double voix, se meurent ensuite en chuchotements ou en moments de folie.
Excellente BO pour un film d'épouvante!

'Purple dress', sorti un peu avant, ne rassure pas plus. Les premiers accords à la guitare sonnent tragiquement. Le cheminement lointain du clavier enterre ses notes, la rythmique mélange tremblements et coups à la cave.
Le chant psalmodie au fil d'une espèce de procession païenne 'My time to come' où l'on s'attend à apercevoir des vêtements pourpres... raté!
Lorsque la guitare intervient dans un sursaut, c'est une explosion, cordes tendues qui écorchent les doigts. La frappe enfonce le clou bien profond dans les mains et pieds, crucifie, crucifie!!
Filmée au  musée des Beaux Arts à Nice, la vidéo dérange avec ses images déformées des 2 femmes en robes noires ou rouges et coiffées hauts de forme ou autres couvre- chefs étranges.
Elles finissent enfermées dans des cases étroites. David Lynch aurait apprécié...

'Farwest walk'  Quelle est cette secte très très étrange grand maitre? Celle de ceux qui ont la démarche de cowboys?
On se souvient de la chanson 'Walk like an Egyptian' mais pas de 'walk like John Wayne'... fallait l'inventer!
Le morceau entame une mélopée cafardeuse à la guitare déchirante dans l'écho comme au bon temps du mouvement gothique.
La batterie vient s'y ajouter, languissante, puis la voix de Tatiana réveille les amateurs de Siouxsie Sioux. AAh Sioux, serait-ce la piste vers la Far West walk?
Quelques accords caverneux enterrent encore plus la trame pesante alors que la basse résonne et que la guitare se lamente. Raaah Lovely!

'Into your skin', par son chant répétitif aux choeurs fantomatiques et son clavier évanescent, fait froid dans le dos.
Les frappes roulent et la guitare, effleurée, pleure de désespoir.

La batterie de 'Falling apart' avance en marche funèbre accompagnée par une guitare et une basse graves et mélancoliques. Un clavier désaccordé fuit dans les ténèbres.
Des voix de sorcières se désagrègent. Dans un second temps, la guitare crache son vitriol et les voix se renforcent par une puissance démoniaque.
La rythmique martiale martèle puis un synthé agonise et tout disparait.


En mars 2022, Chris (Corpus Delicti) à la basse et Fabrice (Deviate) à la batterie viennent prêter main forte aux filles pour la scène.
Les filles continuent d'exprimer leur spleen dans un son darkwave noisy.
De nouvelles couleurs sur le feu et peut-être sur les robes, 'Green' le prochain EP et 'Blue' le single doivent paraitre ce mois.
Prêts pour la cérémonie? Yes N[aï]ice!



1-Purple dress
2-Chaos in my head
3-Farwest walk
4-Into your skin
5-Falling apart
Musique, paroles, arrangements, production, conception sonore par Divine Decadence
Sabrina T. : guitare, basse, synthés, informatique musicale
Tatiana S. : chant, synthé
 
 
   
 

 

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1 septembre 2022 4 01 /09 /septembre /2022 15:33
Album - Grace Solero - Metamorphosis

Album - Grace Solero - Metamorphosis

Wohone Records

 

Michel

 

Eléments de bio: Grace Solero grandit sur l'île d'Elbe, où elle n'a pas rencontré l'empereur, qui n'a pas regagné la France sur le brick du papa de la belle. On nous signale qu'elle a pas mal bougé, a étudié à Rome,  est passée à New -York, a fait de la gymnastique, de la danse, du théâtre, tâté de l'opéra et du jazz,  pour finalement  jeter les amarres sur une berge de la Tamise, à Londres, où elle s'adonne au rock, après avoir embrigadé des musiciens du cru ou de passage.

Sur scène, elle assure l'avant-programme de quelques stars: Arthur Brown , Phil Campbell ( Motorhead) ou Noddy Holder (Slade), e a ...

Sa disco, avant la sortie de "Metamorphosis", se chiffrait à trois plaques: 'New Moon', 'Hundred Years Apart' et 'Awake'.

Le nouvel album compte neuf titres: 

1.  Lucid Dream
2.  Metamorphosis
3.  Love and Addiction
4.  Awake
5.  Orange Sky
6.  Time Waits For No One
7.  Till You Return
8.  Ocean Star
9.  Shaman

Line-up:

 Grace Solero - vocals, guitar, psaltery
Dan Beaulaurier - guitar, backing vocals
Bjorn Zetterlund - bass
Dave Guy - drums, percussion, singing bowl, glockenspiel
Jonathan Clayton - cello, Hammond B3 organ

more details:

 All lyrics written by Grace Solero
'Orange Sky' and 'Ocean Star' written by Grace Solero
'Lucid Dream', 'Metamorphosis', 'Love and Addiction', 'Shaman' written by Grace Solero, Dan Beaulaurier, Bjorn Zetterlund, Dave Guy
'Awake' and 'Time Waits For No One' written by Grace Solero and Dan Beaulaurier
'Till You Return' written by Grace Solero and Dave Guy

Artwork: Grace en grande prêtresse a vu le Tout Puissant , elle lève les bras à la manière d'une déesse grecque protégeant les Argonautes dans leur quête de la Toison d'Or.

L'élément masculin, au regard absent, apparaît entre les bras écartés de la dame,  les quatre personnages baignent dans un halo mystique.

C'est un  style de pochette  dont sont friands les groupes de prog rock.

'Lucid Dream':  quand tu sais que tu rêves, pas besoin d'avoir fait de profondes études de phénoménologie pour te rendre compte que les petites flammes que tu contemples en dormant sont, en fait, ton petit ami et toi-même.

Entrée en matière sereine ( une guitare ciselée) pour ne pas t'éveiller en sursaut, Dave Guy, par de petites frappes sur les cymbales, annonce un passage plus dru et puis la voix de Grace se fait entendre. On ne parlera pas d'un timbre gracieux, mais plutôt d'un chant passionné et fougueux, évoquant les digressions en contralto de Sandra Nasić ( Guano Apes)  ou les envolées de Marta Jandová ( Die Happy), le ton monte il n'est plus question de guitares folky mais bien d'un alternative rock aux accents grunge mordants.

Un riff grinçant amorce le titletrack ' Metamorphosis', qui très vite s'avère être  une des pièces  les plus nerveuses de l'album. Les éléments de  batterie sont  frappés sauvagement, Grace scande un  texte qui part en spirale , ça cogne de partout, avec une  basse qui cependant  maintient une trajectoire droite, alors que tout le reste tourbillonne comme un typhon asiate devenu fou.

Elle haletait encore quand soudain une fin abrupte interrompt les aventures de Vishnu ou de  Gregor Samsa ( t'iras te renseigner auprès de Kafka)!

La langueur étudiée de ' 'Love and Addiction' installe le titre dans la case grunge/doom , caractérisée par un tempo vaseux et  lourd.  Une batterie métronomique, des guitares se traînant et des  vocaux rogues étoffent le morceau.

  On n'est pas loin des atmosphères affectionnées par les belges Baby Fire.

'Awake':  si tu aimes un éveil en douceur, tu risques d'être médusé,  car après l'intro fluette à la guitare acoustique, l'explosion qui suit risque d'épouvanter tout le voisinage.

Riffs bestiaux et accalmies passagères se succèdent, la blonde diva nous la joue Skin, sa voix vient hanter ton esprit et troubler tes entrailles et ce n'est pas parce qu'un bridge en vocalises éthérées édulcore la plage que tu pourras éviter les coulées de lave de te brûler la plante des pieds, car, évidemment, tu avais laissé les pantoufles dans la salle de bain.

Comment est le ciel ce matin?

Orange!

' Orange Sky' signifie tumultes à l'horizon , si tu n'as pas compris,  écoute le jeu agressif du batteur, les effets sirènes signalant une attaque aérienne imminente et le chant menaçant de la madame.

Les Stones sur ' It's Only Rock 'n Roll' chantaient déjà  "Time Waits For No One", Grace Solero a peut-être lu Yasmina Khadra et repris à son compte la maxime ...Le temps passe et n'attend personne. Toutes les amarres du monde ne sauraient le retenir... encore un titre en mode midtempo qui va s'imprégner dans ton cerveau à la manière d'un hymne satanique engendrant l'addiction.

Une première ballade trouve sa place sur l'album, 'Till You Return' présente des teintes Cranberries pas désagréables, tandis que Dan Beaulaurier place un solo subtil et que Dave Guy, pour une fois, choisit la retenue.

A noter l'astucieux apport d'un violoncelle et d'un orgue Hammond, qui   donnent un caractère prog folk à cette  romance précieuse.

T'as cherché pour rapprocher ' Ocean Star' de trucs que tu connaissais, t'as opté pour Shocking Blue pour le côté psychédélique et les inflexions vocales.

Comme Ulysse contemplant la voûte céleste sur le pont de la galère,  tu t'es laissé bercer par la voix séraphique de la sirène  tout en rêvant d'Ithaque.

Le ' Shaman' qui termine l'album  dispose de 7' 39 pour apaiser ton esprit et te préparer au passage vers l'autre monde.

Ce lament, chanté d'un timbre frêle,  comme sur la plage précédente, voit le groupe opter pour  un environnement prog rock.

Une toile  faite de tapisseries élaborées, de  guitares  orchestrales et autres effets  brumeux.

Un morceau majestueux qui achève un album qui plaira aux amateurs de rock ne craignant pas l'éclectisme, ceux qui acceptent  d'entendre le grunge de Soundgarden  frôler le progressive rock de Nektar, Asia ou Marillion ou le mainstream alternative,  tendance Smashing Pumpkins.

 

Tes potes (comme toi)  sont devenus fans !

 

 

 

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