Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des critiques de concerts
  • : Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
  • Contact

Les prochaines...

Recherche

20 avril 2021 2 20 /04 /avril /2021 07:26
Album- Israel Nash – Topaz

 Album- Israel Nash Topaz

Label:  Loose Music

 

 

Il a dû l'entendre plus de mille fois, the music of Israel Nash Gripka is reminiscent of Neil Young.

Comme ce n'est ni une insulte, ni une contre-vérité, le gars qui a vu le jour dans le Missouri, il y a une quarantaine d'années, se contente de sourire dans sa barbe.

Il sort ses premiers albums sous l'étiquette Israel Nash Gripka ( New York Town/ The Goldmine is flooding/ Barn Doors Spring Tour, Live in Holland/ Barn Doors and Concrete Floors/ Working Class Hero and Other Favorites) mais depuis 2013, ses enregistrements sont référencés sous le patronyme Israel Nash.

En 2013, 'Rain Plans', en 2015 'Silver Season', puis un Live ( Live From Plum Creek Sound), 'Lifted' en 2018, 'Across the Water' en 2019 et enfin, tout frais 'Topaz'.

On ne peut ni le qualifier de tire-au-flanc, ni  l'accuser de tous les maux d'Israël!

Tu le sais, ton aïeul est joaillier, le topaze est une pierre fine, 'Topaz' risque d'être un joyeux joyau!

Liste des titres
Dividing Lines
Closer
Down In The Country
Southern Coasts
Stay
Canyonheart
Indiana
Howling Wind
Sutherland Springs
Pressure

Credits include:

Israel Nash Gripka:  Engineer, Vocals, Guitar, Piano, Bass, Drums, Programming, Synth, Mellotron, Harmonica/ Adrian Quesada: Co-producer, Electric Guitar/ Jenny Carson: Backing Vocals/Rockyanne Bullwinkle: Backing Vocals/ Joseph Woullard: Baritone Saxophone/ Jacob Rodriguez: Baritone Saxophone/ Edward Brailiff (piano)/ Josh Fleischmann (drums, percussion)/ Scott Davis (bass)/ Roger Sollenberger (electric guitar)/ Derek Phelps (trumpet)/ Jason Frey (tenor sax), Eric Swanson (pedal steel, electric guitar, harmonies)/ Sam Powell (piano, organ, synth)/ Curtis Roush (electric guitar)/, Ed Jarusinky (drums, percussion)/ Seth Kauffman (drums, percussion, bass)

 

Sur la pochette, haute en couleurs psychédéliques, le philosophe du Missouri, vêtu d'un poncho amérindien (Sioux, Comanche  ou Cherokee, tu hésites) contemple pensivement  un horizon invisible en promenant la main gauche dans une barbe, que tu ne qualifieras pas de hipster. 

A une autre époque, il  aurait pu inspirer Rodin, ta petite soeur, elle, affirme l'avoir croisé à Woodstock lors de la performance de Janis Joplin, du coup elle s'est mis à chantonner  "Try (just a little bit harder)".

C'est parti en mode humeur maussade, il chante la ligne de démarcation, l'Amérique fracturée, dans    'Dividing lines', sur fond musical brassant Americana, folk, éléments psychédéliques et soul avec l'apport de saxes brûlants.

Les choeurs féminins sont tout simplement grandioses, sans desservir la voix fluide d'Israel. 

Un prologue magique!

La ballade caressante 'Closer' justifie tous les rapprochements avec le Loner, la voix, apaisée, se promène sur un tissu instrumental soigné: un harmonica mélodieux, un banjo joué en picking, un  orgue bienveillant, des guitares chatoyantes  et une nouvelle fois,  de douces  harmonies  vocales.

Une plage de nature balsamique qui peut soulager certains picotements ressentis face au flux de mauvaises nouvelles, ressassées jour après jour.

Nouvelle attaque politique sur 'Down in the country', porté par des cuivres proches des Memphis Horns et illuminé par un solo de guitare, étincelant, au final.

La courte intro précédant l'arrivée des horns rappelle 'Long Train Running'  des Doobie Brothers, mais très vite la voix traînante prend le relais pour nous emmener sur des routes champêtres où il n'est pas question de brusquer l'autochtone.

Faut la jouer cool!

Le soleil luit, une brise légère ébouriffe ses cheveux...  , baby, we should go to the "Southern coasts" Take it slow for awhile, God bless us sunny Texas  Got me feeling right... 

C'est comme si Israel Nash avait fait un double de ' Out on the Weekend' de Neil Young, même ambiance zen, même flegme flower power!

A écouter les yeux fermés et l'esprit ouvert.

La même atmosphère détendue transpire à l'écoute de la ballade 'Stay', soutenue par un nuage de trompettes aux forts relents Muscle Shoals.

Dans le même smooth registre il faut réécouter le fantastique 'Silk Degrees' de Boz Scaggs, frissons garantis.

My heart is a canyon, une jolie métaphore extraite de ' Canyonheart',  résume à elle seule l'essence de cette chanson d'amour, à nouveau enjolivée par des lignes d'harmonica évoquant le vagabond solitaire de Toronto. 

Un titre qui aurait pu être écrit dans les seventies et être enregistré par les Byrds.

Un petit crochet par l 'Indiana' , histoire de ne pas étouffer dans les grandes villes,  respire un bon coup, l'air est pur, et si ton oreille aguerrie  perçoit à peine le vol de l'épervier brun ou du milan royal, c'est que les cuivres couvrent le battement des ailes du rapace.

Tu l'as pourtant vu, là-haut près de la cime, mais tu t'es laissé distraire par le subtil solo de guitare,   l'oiseau de proie a disparu dans l'azur.

Toujours en étroite communion avec les éléments, le neo-hippie propose ' Howling wind', un vent qui emporte tout, les voix des choristes, les guitares, les drums, la basse,  l'orgue et peut-être aussi  l'American dream!

La fusillade de masse ' Sutherland Springs', au Texas s'est déroulée en  2017 pendant le culte dominical dans l' église baptiste du coin, Devin Patrick Kelley avait  fait 26 victimes en ce triste dimanche de novembre.

Israel Nash relate les événements avec retenue et décence, le propos est superbement soutenu par la steel guitar plaintive d'Eric Swanson avant de finir en chaos sonore.

Avec ' Sutherland Springs', Israel tient son ' Ohio'.

 Triste parenthèse, quatre ans après le massacre texan, la vente d'armes à feu  n'a pas faibli chez Tonton Sam, au contraire le Covid a fait flamber le marché.

L'album s'achève avec un cri du coeur mixant Americana, gospel et sonorités latines,   'Pressure' dénonce un système pourri où le petit se fait avoir jusqu'à l'os, .... 
Can't you see they got us doing just what they want us to do
They made a game that can't be won
They keep us down while they look from up above...

C'est sur ce triste constat social que 'Topaz' prend fin.

Topaz, une pépite intemporelle que tu écouteras encore dans 100 ans. 

 

Partager cet article
Repost0
19 avril 2021 1 19 /04 /avril /2021 08:59
Album - Thomas Frank Hopper - Bloodstone

Album - Thomas Frank Hopper - Bloodstone 

Distribution: Rock Nation

 

Par NoPo

THOMAS FRANK HOPPER Bloodstone 2021

Après son départ du groupe "Cheeky Jack", le brugeois Thomas Verbuggen ne bugue pas mais il mute en Thomas Frank Hopper et grave 3 plaques :
"No man's land" EP en 2015
"Searching lights" Album en 2017
"Till the day I Die" EP 2018
Il a vécu en Afrique mais n'est ni noir, ni même buriné; il aime le blues mais ne possède pas de voix grave, abrasive ou cabossée...
Juste un ptit blanc bien frais au coeur chaud de braise et une lapsteel sur les genoux... "Bloodstone" en atteste en 2021. Santé!

La pochette marque en blanc sa dénomination anglo-saxonne et le titre de l'album en 4 mots superposés sur une pierre extraite des gorges du Cians (plutôt que couleur sang).
Le fond rosit, plus clair, et deux bandes, bordeaux ou lie de vin, délimitent les parties supérieures et inférieures sur toute leur longueur.
'Don't judge a book by its cover' s'applique particulièrement à cette couverture sans odeur... et la surprise (du chef) est de taille... comme la pierre.

Play (en tous cas, j'espère ...)!
Bizarre, le leitmotiv au clavier n'annonce pas forcément du rock & roll ... mais dès que ça gratte, c'est une autre histoire... le riff devient tonique (ta mère) et ça démange!
"Bloodstone" dégage des tons chauds et chatoyants et ça tranche à la guitare qui fait le show! Sanglant mais burné quand même!

Les échanges cymbales et guitare riffée dynamitent l'ouverture que la voix irradie.
D'ailleurs Thomas doit calmer le jeu et faire le silence pour rapprocher sa chérie ('She's got legs', elle peut venir). 'Come closer' dégage le moite et l'excitation.
La batterie du ptit Nicolas n'y va pas par 4 chemins et pousse aux fesses une guitare éructante. Aphrodisiaque forcément!

'Dirtylicious', délicieux jeu de mots, se promène sur un déhanché et un beau jeu de jambes sensuel (encore!). En vla du groove en vla, et du chaud bouillant dans la vidéo du single!
La voix (et pas que) se laisse séduire, alléchée, jusqu'à se dédoubler en hurlant comme le loup de Tex Avery à la langue pendante et aux yeux exorbités ... dans un courant d'instruments à vent soudain soufflés (comme nous).

Un titre court (2'26), introduit au vocoder, se traîne tel un blues râpeux surtout sur les cordes. 'Sweet black magic sugar babe' campe une 'woman' sucrée et fière.
Le rythme rebondit, les jambes aussi (encore!). La wha wha aboie, ma vanne passe et les choeurs répondent en miaulant.

En appétit, la batterie coche un motif proche de "I'm OK" de Styx et la slide s'enfonce bien profond 'Into the water' (sorti en single fin 2020). Le clip claque sans s'endormir, toujours live.
Ce solo assis selon St Thomas, j'y crois pas... croix de bois croix de fer, on va tous en enfer! Les musiciens immergés, descendent en apnée jusqu'à la trompette bouchée (au final prolongé sur le CD).

'Tomb of the giant' glisse 2 minutes de respiration, ouf! Les accords acoustiques flirtent avec des voix aériennes, la principale toujours énergique et des choeurs angéliques.

'Bad business' 'please help me Jesus' partage le chant avec Jacob, apôtre de la basse, à la même barbe que le messie. La compo alterne le moelleux et la morsure à 3 guitares.
Le riff par Fred et Diego terrasse, le solo y pose sa pierre aux angles saillants, taillé par Thomas passant vite le relai à Fred, volcanique. Beau travail!

'Tatanka' tu t'attendais à quoi avec un titre au nom d'un catcheur indien et déjà pris par Molly Hatchet? Perdu! C'est une chanson d'amour!
Le son ample et plein d'échos provoqué par une guitare rêche et brûlante libère une batterie lourde à rebonds écrasés (buzz roll). Le chant ressemble à une supplication.
Sur le refrain, guitare et voix s'enflamment. Au milieu du gué, des indiens chantent la danse du feu. Au bord de la rupture, le guitariste s'écroule dans un déraillement au son de corde détendue.

'Crazy mojo' démarre en sautillant, pour un échauffement, où les doigts frottent tranquillement les cordes. Mais le pouls accélère rapidement quand la guitare se lâche.
Dans ce fractionné arrêté à 2'30; un dernier cri pique au vif pour un sprint euphorisant. Un charme fou!

'Mad Vagabond' déambule comme un chien fou. Errant mais pas manchot, Hopper, par petites touches, distille des traits virulents, et croise le fer avec Higueras pas en reste (il tient sa raquette comme un pro).

Dès l'arrivée des 'Savages', la basse décide de prendre les choses en mains entre lesquelles elle vrombit dans un son synthétique.
Le jeu en boucle fait trembler le corps pris d'une soudaine envie de tourner en rond. La batterie soutient ce rythme implacable.
En ébullition, la guitare sonne au diapason couvrant le magma d'un effet trépidant.
La voix se laisse transporter sur la crête jusqu'à un passage sombre, lent, bluesy en diable dont la queue est tirée par une guitare zepspleenienne.
Ce long morceau sauvage couve un feu de l'intérieur.

'Mississippi' en clôture, suit les méandres d'une rivière majestueuse. Jamais la voix ne décroche de la slide qui finasse, tortille, louvoie jusqu'à Louvain-la-Neuve.

On ne peut pas qualifier cet effort, de maturité mais ça promet! La musique est comme Frank, franc du collier, incapable de la retenir...
La jeunesse bouillonne avec une passion incontrôlée, l'envie de bien faire et de partager.
La sincérité et le plaisir de jouer dominent une ambiance vivifiante et accueillante.
Hop hop hop! We hope the best for Hopper!


Titres écrits, composés et produits par THOMAS FRANK HOPPER (enregistrés et mixés par ALEXANDRE LEROY au STUDIO SIX)
1 BLOODSTONE
2 COME CLOSER
3 DIRTYLICIOUS
4 SWEET BLACK MAGIC SUGAR BABE
5 INTO THE WATER
6 TOMB OF THE GIANT
7 TATANKA
8 BAD BUSINESS
9 CRAZY MOJO
10 MAD VAGABOND
11 SAVAGES
12 MISSISSIPPI

Line up
THOMAS FRANK HOPPER: Voix, lapsteel, guitare
DIEGO HIGUERAS : Guitare
JACOB MILLER : Basse, choeurs
NICOLAS SCALLIET : Batterie

Partager cet article
Repost0
15 avril 2021 4 15 /04 /avril /2021 09:00
Album - Jason Ringenberg – Rhinestoned
Album - Jason Ringenberg Rhinestoned
 
Label: Courageous Chicken Music
 
62 piges qu'il se tape le brave cowpunker Jason Ringenberg, qui a accédé à une notoriété internationale comme leader de Jason & the Scorchers, un fer de lance de la scène country de Nashville dans les eighties/nineties, à une époque où les kids ne juraient que par le heavy metal ou par Wham, pour une autre catégorie, Jason et ses bolides perpétuent la tradition, en ajoutant quelques touches de rock ou de punk à leur cocktail country.
Un premier EP ( Reckless Country Soul) voit le jour en 1982, il est suivi par une quinzaine d'enregistrements, le dernier en date 'Halcyon Times' date de 2010.
'It’s a great, fun listen' concluait un mec ayant chroniqué la rondelle.
Dès 1992, le chef fait quelques infidélités à la clique et pond différents albums solo, le premier 'One foot in the honkytonk', le huitième ( en tenant compte de Stand Tall de 2019 et The Roots of Stand Tall, paru un an plus tard) a été baptisé 'Rhinestoned'.
Les cowboys aiment les paillettes et le strass.
 
Tracklist:
1. Before Love and War (3:28)
2. The Freedom Rides Weren’t Free (5:16)
3. Nashville Without Rhinestones (4:03)
4. The Storms Are on the Ocean (3:53)
5. Christ the Lord Is Risen Today (3:11)
6. I Rode with Crazy Horse (6:45)
7. My Highway Songs (3:49)
8. Time Wrap (3:18)
9. You Win Again (4:11)
10. Stoned on Rhinestones (4:05)
11. Keep That Promise (3:35)
12. Window Town (3:54)
 
Line-up:
Jason Ringenberg – Vocals, ac guitar, backing vocals, harmonica
George Bradfute – (12 string) ac guitar, lead gt, baritone gt, bass, banjo, mandoline, cello
Steve Ebe – drums, percussion
Kristi Rose – lead vocals, backing vocals
Fats Kaplin – pedal steel, fiddle, accordeon
Addie Ringenberg – backing vocals
Mark Andrew Miller – backing vocals
Camille Ringenberg – piano, backing vocals
 
Un coup d'oeil à la jaquette: Jason a de la gueule, coiffé d'un Stetson presque aussi élégant que celui de John Wayne dans "The Searchers", il est armé d'une Epiphone à faire baver tous les puceaux tâtant de la guitare, il semble nous narguer pour nous dire "t'as intérêt à écouter ma nouvelle rondelle, elle claque!"
 
Une guitare bourrée d'effets de réverbération, George Bradfute aime sa vibrato handle, c'est certain,  ouvre ' Before Love and War', un country rock mélodieux, co-écrit par Jason et le singer-songwriter Arty Hill, un collaborateur familier de la famille Jason and the Scorchers.
Autre point fort de  cet uptempo bien enlevé, les harmony vocals, pas du tout  fanés, assurés par Kristi Rose, la légitime de Fats Kaplin.
On quitte le champ de bataille Love and War  pour un autre combat, qui implique  un plongeon dans les 60's avec  ' The Freedom Rides Weren’t Free' qui évoque les luttes pour les droits civiques ( le Civil Rights Movement) .
 Des images de Claudette Colvin , Martin Luther King ou Rosa Parks se confondent avec celles de 2020 qui ont engendré le mouvement Black Lives Matter.
Il y a du Bob Dylan, mais aussi du Johnny Cash, naturellement, dans l'approche de ce titre coup de poing, propulsé par des guitares impétueuses.
D'une voix narrative  proche de celle de Stan Ridgway, le cowboy propose 'Nashville Without Rhinestones' qui dépeint d'une manière sarcastique ce qu'est devenue  la première agglomération du Tennessee, les accessoires rutilants ( rhinestones) décorant la garde-robe des vedettes country, c'est du passé, désormais la Music City est peuplée de hipsters et d'amoureux de la bicyclette.
Tu dis?
Envoyer Hidalgo dans le Tennessee, il n'est pas décédé Hidalgo.
Il s'agit d'une autre hidalga, pas une copine de Marine!
Virage Celtic folk ballad sur 'The Storms are on the Ocean', une valse mettant  fiddle, accordéon et la voix de Kristi Rose en évidence.
Jason n'est pas le seul à inclure ce titre de  The Carter Family  ( 1927) à son répertoire, avant lui Larry Perkins & Alison Krauss ou les Walkabouts s'y sont attaqués.
Un petit tour par l'église méthodiste pour entamer l'hymne 'Christ the Lord Is Risen Today', tous en choeur, s v p, et pas d'inquiétude pour l'accompagnement rock, ni le Christ, ni les anges ne sont sectaires!
Retour aux choses moins sacerdotales avec 'I Rode with Crazy Horse'. 
Enfourche ton canasson, ramasse ta Winchester,  pendant plus de six minutes tu vas galoper aux côtés de Crazy Horse, le Lakota war leader, et de son cousin, qui narre l'épopée par la bouche d'un cowboy.
Tu vas assister à quelques unes de ses plus illustres batailles et être présent lors de  son trépas, sur fond musical épique. 
Homérique... d'accord  Ulysse!
Tu veux de la  country ethnique, tu écoutes 'My Highway Songs', tu auras: de la lap steel, des violons, de la mandoline, des violoncelles, une basse, des guitares et drums et des harmonies vocales filiales ( nice job, Camille!)
'Time Warp' date de 1975, la version originale  s'entend sur l'album ' The Car Over The Lake' des Ozark Mountain Daredevils , un groupe mixant  intelligemment  Southern rock, rockabilly  country et bluegrass. 
La version de Mr Ringenberg tiraille davantage que celle des gars du Missouri, sans la trahir.
Voix traînante et à nouveau un  travail admirable de l'équipe, une plume pour Fats Kaplin.
Hank Williams est au programme,  son 'You Win Again' colle parfaitement aux capacités vocales de Farmer Jason qui, pour l'occasion,  a sorti un harmonica de la poche de sa splendide liquette.
Mick Jagger qui passait par là et qui, comme grand country lover, avait repris le classique de Hank sur l'album' Some Girls' des Stones, tend l'oreille avant d'ajouter... great stuff, Jason! 
Jason, tu peux nous dire ce qui te branche: champagne, cocaine, women, politics....?
Well, I'm ' Stoned on Rhinestones'.
C'est une obsession, gars, Rhinestones, bof!
Tu ne peux pas comprendre, t'es pas d'ici, t'as pas grandi avec Hank Williams, moi, je suis né with a Telecaster in my hand.
 Booze, dope...  ça ne m'intéresse pas , donne-moi de la country, du rockabilly, du hillbilly, du honky tonk blues ou du bluegrass, écoute mes potes jouer   'Stoned on Rhinestones' et je te défie de ne pas frapper le sol du talon ou de te mettre à faire un rodéo sur la piste de danse!
Jason Ringenberg a écrit plusieurs titres avec Todd Cerney, un singer - songwriter de Detroit, décédé en 2011, le country rock  'Keep that Promise' , bourré de twang et décoré d'un ligne d'harmonica nerveuse, est un bon exemple de cette collaboration fructueuse.
Bob DiPiero  is an American country music songwriter. He has written 15 US number one hits ( notamment "American Made" par  The Oak Ridge Boys ou "Wink" par  Neal McCoy).
Bob cosigne le dernier grain du chapelet avec Jason, le fluide  'Window Town' sur lequel on retrouve à nouveau Kristi Rose aux secondes voix.
Comme Fats Kaplin ( un copain de Jack White et de feu John Prine)  a ressorti la steel guitar, l'album s'achève sur une note country emblématique.
 
Authenticité, honnêteté, énergie, créativité et savoir-faire, caractérisent un album qui ne décevra aucun fervent de genuine country music.
 
 
Partager cet article
Repost0
12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 12:42
L. Flora - EP - Heavenly!

 L. Flora -  EP-  Heavenly! 

 

Par NoPo

label: L.Flora

 

Encore des fleurs de printemps? Sauf qu'elles poussent à Brisbane où le printemps semble déjà loin...
Les musiciens, la tête à l'envers, l'ont bien accrochée sur les épaules et les oreilles bien ouvertes.
Associés en 2017, ils accouchent d'un premier album dès 2018, bébé gourmand, se délectant de néo soul, hip hop, pop et jazz.
On sent l'air frais du vent tournoyant.
Perdue dans l'année 2019, la seule piste isolée 'Bigger it gets' essaie d'ajuster la voilure.
'Heavenly' parachute 6 nouveaux titres... dans quelle direction?
Millie m'apprend l'existence du bio-dynamique Hiatus Kaiyote et 30/70 Aussies comme eux et des électroniriques suédois de Little Dragon (qui éveillent tous ma curiosité).

Sur la pochette naïve, on découvre le paradis selon Errol Hoffman (graphiste)  :
-un tapis (volant sans doute) en patchwork,
-une plante verte dans un pot rose surélevé,
-un tas de livres avec une tasse bleue au sommet,
-plusieurs cadres de tailles diverses montrant : un soleil levant (aux airs d'oeuf au plat) sur la mer , une piscine dégageant des bulles de couleurs que l'on retrouve sur l'image d'à côté avec une forme caoutchouteuse imprimée de 3 visages siamois,   
Le rose domine les couleurs pastel notamment le nom du groupe écrit en parallèle au côté droit et orienté de bas en haut. L'intitulé du disque, teinté de vert, figure en bas à gauche le long d'une barre verticale jaune.

On part pour une mini croisière au paradis de moins de 25 minutes.

Un piano mélancolique nous y embarque à l'écoute de 'Igna'. Millie entonne les paroles d'une voix suave et vibrante.
Un clavier imite des zébrures d'archet sur un violon. La batterie bavarde apprécie le rythme hip hop. Au bout du liminaire de moins de 2 minutes, un saxophone réchauffe les dernières notes au piano.

'Heavenly' apparaît, luxuriant, comme un endroit vierge, devant nous pour la 1ère fois. Le texte insiste sur l'importance des relations humaines et la reconnaissance des autres.
Le clavier combine avec la batterie, enivrée, pour marquer le rythme. Voix et saxophone essaient de nous perdre au paradis. Millie chante doo doo, doux, effet garanti.

Une guitare flottante propose un décor bucolique que la batterie éclabousse à coeur joie, hipopisante. 'Birds and the bees' participent à la biodiversité.
La discrétion moelleuse du saxophone et des claviers lubrifie l'orchestration. La canevas vocal volète, comme un oiseau avide. La dernière minute fait mariner l'ensemble jusqu'au ralenti final.

'Poison Ivy' (une alternative à la chanson de Leiber/Stoller, la guitariste des Cramps, l'ennemie de Batman), retrouve ici ses origines de liane verte irritante.
Elle enserre notre esprit de doutes jaloux. Les paroles encouragent à s'en détacher. Le clip met en scène cette bataille mentale dans une danse contemporaine de Millie et Jeffrey-Rushton (Poison Ivy) en sombre studio et dans un cadre de rivière idyllique.
A l'intro, des choeurs angéliques planent sur des cordes de guitares effleurées. Ensuite, le rythme guide les harmonies à travers une végétation dense où saxophone et claviers dansent en spirale.

'Bombafield' offre un son moderne au clavier gonflé et arpèges agiles de guitare. Les percussions mêlent de légers pads électros à une batterie radieuse.
La voix humble transmet un sentiment de ravissement.

Le chant évanescent, souligné par un choeur lointain, et quelques notes au clavier introduisent 'Proud'. Le morceau pourrait presque s'inscrire dans une ambiance r' & b' avec ses rythmes synthétiques.
Quelques intonations plus assurées et traînantes de diva conduisent à un couloir florissant de saxophone tendre et batterie toujours aussi rayonnante.

L.Flora offre un florilège de chimères. Heavenly dégage une bouffée d'endorphines.
Le disque atteint son but, apaiser les âmes, développer l'harmonie.
A son écoute, les poumons gonflent et le coeur bat au ralenti. 

Relax Max!


Millie Khalu Voix, synthé
Toby Young Claviers
Justin Parslow Batterie et samples
Michael Ellul Guitare
musiciens additionnels
Harry Ottley Saxophone
Josh Coxon claviers et guitares sur 'Bombafied'

Errol Hoffman - Album Art & Concept 

Titres enregistrés, produits, masterisés par Marly Luske
1.Igna 01:55
2.Heavenly 03:25
3.Birds and the Bees 03:05
4.Poison Ivy 03:34
5.Bombafied 03:09
6.Proud 03:33

Partager cet article
Repost0
11 avril 2021 7 11 /04 /avril /2021 16:43
Sarah Cicero - EP - Cold Immaculate Opposite

 Sarah Cicero  - EP - Cold Immaculate Opposite 

 

Manufacturer : Anxious Lemon

Tu ne trouveras pas grand chose concernant Sarah Cicero sur le net, pas de facebook, mais un instagram, l'objet ( enfin, bon, l'EP n'existe pas sous forme physique, il est audible sur les streaming platforms) qu'on nous demande aimablement d'écouter et éventuellement d'analyser, Cold Immaculate Opposite, est le debut-EP d'une singer-songwriter de Brooklyn, en provenance de L A.

Avant de balancer l'extended play, Sarah avait enregistré le single 'Ceramic Sun', il y a un peu moins d'un an.

C'est pas lourd comme éléments biographiques, tu t'en contenteras!

Quoi, si elle a un chien?

Oui, et un teddy bear, baptisé Elvis!

Comme musiciens la secondant pour ce projet, on a déniché:    Guitar: Peter Wagner ( Furrows et Olden Yolk) / Keys: Quinn Devlin ( Quinn Devlin & The Bridge Street Kings) / Drums&Percussion: Sahil Ansari ( il a produit la chose et est cité au sein de Margaux ou J W Francis)  / Bass: Andy Shimm ( Monkeybars et  Quinn Devlin & The Bridge Street Kings) /Saxophone: Eli Aleinikoff ( Olden Yolk, Monkeybars, Quinn Devlin & The Bridge Street Kings) / Guitar:  Sean Dunnevant ( Glom).

Tu ajoutes Sarah Cicero — vocals, piano, mellotron, percussion ( qui a chanté pour Monkeybars)  et l'équipe est au complet, enfin on le suppose!

Tracks:

Atticus

Indifferent

Letter to the Editor

At Arms' Length

Proud 

 Aucun détail n'a filtré quant à l'artwork illustrant la pochette, un dessin stylisé représentant une jeune fille dédoublée.

 Les quelques traits de crayon ou de feutre, rendant parfaitement les mouvements de la demoiselle,  sont rehaussés par des couleurs, criardes pour le rouge, tendres pour le bleu.

 Prie-t-elle, à qui rêve-t'elle sous un soleil immense et jaune  vif, libre à chacun d'imaginer une réponse.

 Un traité d'histoire pour engager la lecture du mini-album, ' Atticus' , ou le confident de Cicéron qui doit lui avoir adressé 813 missives, les philatélistes iconoclastes de l'époque  ont égaré un bon paquet de ces précieux écrits,  mais si tu lis le latin tu peux te procurer "Epistulae ad Atticum" et le feuilleter au lieu de subir Hanouna.

Oui, la singer-songriter se nomme Cicero, ça n'a donc pas l'air d'être un hasard, mon bon Thierry.

Il faut toutefois avouer qu'il ne s'agit probablement pas de l'antique Atticus, car Sarah commence son discours par ces mots  ...Atticus, I’ve taken up smoking 

Time moves so slowly 

When you’re not around...

On suppose qu'en 50 avant Jésus-Christ les Marlboro ou Lucky Strikes n'existaient pas, ce joli indie folk ressemble plus à une douce déclaration d'amour qu'à un cours d'histoire portant sur les épopées de Jules César.

Avec ses guitares finement ciselées et  arrangements subtils, supportant une voix claire et lumineuse, 'Atticus' s'écoute comme l''ensorcelant  chant du chardonneret, l' élégant, à l'aube d'une journée s'annonçant ensoleillée.

Place à la mélancolie avec 'Indifferent', c'est moche d'être toujours amoureux de quelqu'un pour qui tu n'es plus rien. 

L'instrumentation jazzy ( sax et claviers)  ajoute une note nostalgique à la sensible complainte , résumée par la phrase ..you don't look at me the same..

C'est dur à digérer, on s'est aimés, la flamme a expiré, nous sonnes devenus indifférents, mais pourquoi est ce que je continue à espérer?

Beau et triste comme une tapisserie de Carole King!

Toujours dans le même état d'esprit maussade ' Letter to the Editor'  s'adresse à un ex, auquel elle reproche, en sourdine,  quelques bagatelles, oh, pas grand chose, mais comme le dit un cousin germain  Größere Menschen denken, sie wären besser.., bon, mais là, ça suffit, gars...The only thing I liked at all Was that you were over 6 feet tall But you’re done making me feel small So please don’t call..

Texte mordant, presque insolent,  et accompagnement indie, catchy en diable,  reposant sur un jeu de basse sautillant, omniprésent.

Une réussite! 

L'amour reste un thème de prédilection, 'At Arm's Length', pas de rupture en vue, but a new love, sur fond instrumental dramatique opulent (  cordes - Reid Jenkins on the violin , guitares résonantes, lap steel et voix rayonnante), Sarah déclare sa flamme et déballe ses sentiments  avec pudeur. 

A propos de 'Proud' qui conclut la collection, Miss Cicero a exposé ceci: “Ironically enough, the song I’m proudest of is actually called “Proud.” It’s just the most honest and vulnerable song I’ve ever written, about a time in my life that felt very dark...."

Ce lowtempo  vulnérable, pour lequel Sahil Ansari a troqué sa batterie pour un synthé atmosphérique, est le titre qui lui tient le plus à coeur, un coeur qu'elle nous ouvre sans retenue et nous la rend attachante.

"Cold Immaculate Opposite": un premier EP engageant d'une artiste dont la carrière s'annonce prometteuse! 

 

Partager cet article
Repost0
10 avril 2021 6 10 /04 /avril /2021 15:10
Album - Kandle - Set The Fire

Album - Kandle - Set The Fire

 

Par NoPo 

 

KANDLE Set The Fire 2021

 

label: Kandle Music

Kandle Osborne nous vient du lointain Canada hivernal où ce froid déclencherait une augmentation de la chaleur humaine qu'on ne serait pas étonnés...
Son 4è album sort ce printemps, comme les premières fleurs et les rayons revigorants du soleil.
Fille de... elle semble avoir développé une identité affirmée, utile pour se faire un prénom, car son père Neil fait partie du groupe 54-40, très connu dans son pays (au zénith dans les années 90).
Elle s'en démarque et en même temps lui rend hommage en intitulant son opus 'Set the fire', titre identique au 1er enregistrement du patriarche en 84.
Adèle met le feu à la pluie, Kandle veut contrôler : «J'essaye de mettre le feu moi-même plutôt que d'être brûlée par lui.».
Enfermée en studio pendant la pandémie avec ses plus proches collaborateurs (Devon Portielje, Louise Burns, Kendel Carson Debra Jean, Creelman, Dave Genn, Nik Pesut), elle construit, en totale indépendance, une oeuvre libérée des attentes des autres qui ont, souvent, éclipsé les siennes (sic).


'No good'? Ah ben si, si, au contraire! Les Supremes font un come back impossible grâce à Kandle. Elle écoute rarement des disques postérieurs à la fin des années 60 et ça s'entend!
Un piano accompagne un rythme sautillant au tambourin et batterie. Les choeurs féminins minaudent, futiles, dans un style fan des sixties.
Jusqu'au bout des roulements de la caisse claire, la ritournelle joyeuse nous nous invite à la Motown.

'The Light Of The Long Night Moon' ressemble au titre d'un film.
Ici Kandle traine sa voix séductrice sur une mélopée jazzy au son désuet de BO américaine.
Toute l'instrumentation y contribue : la batterie légère aux frappes sur le bord du cercle, le piano égrené, les violons vaporeux, les choeurs langoureux.
On imagine Kandle, glamour à la Marilyn, sous une coiffure choucroute, se trémousser, jupe serrée, en talons aiguille et laisser des traces de rouge à lèvre sur un micro vintage.

'Honey trap' bénéficie d'un clip classe.
The Wiccs (Louise Burns, Debra-Jean Creelman et Kendel Carsen) forme avec Kandle un quatuor féminin, de 1er plan, faussement mielleux et réellement redoutable.
La video surprend notamment par une scène bondage à la corde japonaise (friction et enroulements) dérivé d'un art martial, expression possible de la manipulation dans une relation toxique, abordée dans le texte.
La voix de Kandle trouble et à l'intonation provocante, laisse passer plus de grain que sur les autres titres. La basse est sourde, la frappe légère et agile.
Sur le chorus, le piano danse avec des guitares saturées. Le solo de gratte, à effets synthé divers, s'enroue dans un groove épileptique.

Dès les premières notes de 'When it hurts', on s'attend au chant d'un crooner italien tant le slow dégage une impression de charme latin et incite à une danse entrelacée.
Le court solo, au son déjanté, et les choeurs rétros en wha tchoua sonnent délicieusement kitsch.

Les accords du piano sombrent dans un "Misty Morning" aux arrangements sobres. La complainte lumineuse, chantée du bord des lèvres, transperce la brume en racontant un premier amour.
Aristocratique, maîtrisée dans son lent débit, la voix jouit d'un charisme jusqu'au bout du vibrato, le matin... et le soir aussi.

'Lock and Load', paru le 12 novembre 2020, présage un futur Bond... tout est construit dans cet objectif... qualité de la photo? Matons!
La chanteuse y apparaît, dans le tournage, comme une femme fatale à la James Bond girl, et le déroulement cinématographique en forme de teaser, allèche.
On perçoit, sans équivoque, le rapprochement recherché avec l'orchestration dramatique de John Barry et l'expression des grandes chanteuses des belles BO (Shirley Bassey, Carly Simon, Rita Coolidge, Gladys Knight, Tina Turner, Adèle ...).
Sacré tour de force, d'autant que le titre, accroché aux cordes et gouttelettes de piano, dégage une grande élégance et, sur le souffle du refrain, beaucoup d'emphase (avec les aficionados).

L'écho des frappes sur la batterie, à contretemps parfois, donne du volume à 'Sweet Boy', chanté par une voix angélique. Piano électrique et guitare clairsemée finissent de poser une ambiance rétro.
Des choeurs mêlés de violons flottent sur une mélopée-niche où l'on se sent bien pour un voyage paradisiaque.

'Cathedral' en construit une, haute, profonde, mystique, un monument!
L'ouverture, acoustique, capte l'attention d'emblée. Puis, la basse, d'une humeur mélodieuse, prend toute sa place au milieu d'une batterie, se faisant rare et relâchée, et d'un piano électrique badin.
Le chant, enjôleur, se promène d'abord tranquillement mais au bout des roucoulements, la voix intense se brise et part en puissantes envolées chamboulantes. L'émotion monte à son paroxysme.
Un rythme saccadé punche dans les entrailles et lorsqu'on commence à succomber, tout s'arrête avant le reflux.
Le morceau avance en vagues répétées, d'abord sereines, puis écumantes. Le solo, plaintif, déchire des violons larmoyants.
On sort groggy et béat après plusieurs rounds!

'Boss' débarque sur la pointe des pieds en piano électrique supertrampien.
Les paroles sous-entendent quelque-chose d'inquiétant ('Hey boss, I've done everything you want me to') alors que le refrain arrive aussitôt, à contrepied, dans une atmosphère 60's primesautière.
Les choeurs radieux, à la Motown, enflamment le chorus qui occupe une grande partie de ce titre. Court et tubesque, 'Boss' frappe fort!

'Vampire' fait remonter des souvenirs d'années flower power avec guitare sèche et feu sur plage humide.
La ballade, faussement frivole, séduit par sa rusticité. Kandle y chante: "I may be deadly but I won't let you down"
Avec cet esprit 60's plein de sensibilité, Kandle fait parfois penser à Lana Del Rey.

A travers des chansons sincères, Kandle assume sa vulnérabilité et mûrit avec ambition.
Alors que ses compositions précédentes pouvaient être déchirantes et fragiles like a Kandle in the wind, les nouvelles éclatent, grandioses et pleines d'assurance.
La transformation culmine dans la maîtrise de la voix, à la fois sensuelle et puissante,  qui caresse comme un velouté délicieusement épicé.
S'il fallait lui donner une couleur, elle irait du rouge au pourpre.
Cette fois, Kandle a l'idée d'allumer le feu!


Line up
Kandle Osborne voix, guitares
Michael Rendall Piano et cordes
Dave Gen Guitare
Louise Burns basse
Nick Pesut Batterie
Sur 'Honey trap' The Wiccs : Louise Burns, Debra-Jean Creelman (Mother Mother) et Kendel Carsen (Alan Doyle, Great Big Sea)

Set The Fire - Tracklist produit par Michael Rendall
1. No Good
2. The Light Of The Long Night Moon
3. Honey Trap
4. When It Hurts
5. Misty Morning
6. Lock and Load
7. Sweet Boy
8. Cathedral
9. Boss
10. Vampire

 

picture: Tess Ananda

Partager cet article
Repost0
9 avril 2021 5 09 /04 /avril /2021 11:09
Album - Sometimes Julie - Where Are You?

 Album - Sometimes Julie - Where Are You?

 Manufacturer : Walker-Sorensongs

 

Sometimes Julie, fort bien, mais il n'y a pas de Julie,  Monica Sorenson, enseignante en maternelle et fan de karaoke, se faisait appeler Julie pour se produire en public.

Lors d'une de ces séances, elle fait la connaissance du guitariste   Rick Walker et, comme ce dernier apprend que Monica a des centaines de chansons dans son escarcelle, le duo décide de former un groupe: Sometimes Julie.

Après avoir recruté des soudards dans la région de San Diego, ils se produisent dans les bars du coin et enregistrent.

'Head First' un premier jet paraît en 2014, suivi par 'Bright Side of the Line' ( 2016), 'Breaking' en 2018 et enfin, 'Where are You?' , lâché en janvier 2021.

Sur ces quatre ouvrages, le groupe mixe Americana,  indie rock, blues ( pour faire plaisir à Rick, originaire de Chicago et fan de Buddy Guy) et  pop. 

Tracklist: Where are you?

 1 She Can't Kiss You 4:07 

2 Knew It All Along 4:39

3 If Only 4:36
4 Own Kind of Savior 4:05
5 As Good a Day as Any 3:55
6 Walk Among the Dead 4:03
7 Counterpart 4:04
8 Quiet 3:46
9 Arachne's Pride / Minerva 5:28
10 Lost Art 5:03
11 Love Me Gently 3:49
12 Counting My Lucky Stars 4:35
 
Line-up:
 
 Monica Sorenson ( vocals) - Rick Walker ( guitar & arrangements)  -  Bruce Paul Allen (bass), Anthony Sarain (keys, sax, flute) - Alberto Moreno (lead guitar) -  Dave Fuller (on drums).
 
 
Sur la photo de pochette il y a un panneau disant 'report problem or emergency', problèmes absents mais il y a emergency, jette un oeil à l'agréable madame se promenant sur le quai et écoute l'album d'urgence!
 
Pas de faux départ, le rock  'She can't kiss you' démarre au quart de tour, on sent qu' Alberto Moreno a fait un détour au sein de groupes de metal, la voix assurée  de Monica possède ce petit côté provocant qui ne laisse pas indifférent, basse, claviers et drums assurent comme il se doit, on n'est pas à mille lieues du female classic rock apparenté à des gens aussi estimés que Pat Benatar , le groupe  Heart ou
Alannah Myles ( aah, ' Black Velvet').
Elle n'embrasse pas, mais elle rocke! 
Léger relâchement avec ' Knew it all along' , un arrière-plan mélancolique se dessine, la voix se fait profonde en demandant t'es où, t'as hésité, mais  pas répondu, car tu ne connais pas cette madame, la guitare lyrique, proche du style si caractéristique de Carlos Santana, s'en donne à coeur joie, et tu te dis que t'aurais pas dû chipoter, mais, bon, t'étais pas seul!
La rythmique lance énergiquement 'If Only' , un morceau à teneur pop rock calibré pour les radios FM.
T'as un mec qui entend des relents Chrissie Hynde dans le timbre légèrement éraillé de Monica ( s'il te plaît, oublie Clinton)  on ne va pas le contredire.
Mrs Sorenson  a connu des instants tragiques dans la vie, elle a perdu un fils âgé de 20 ans, il a  mis fin à ces jours,  il ne se sentait pas accepté par la société du fait de son homosexualité, la plaie ne se refermera jamais, le titre 'Own kind of savior', poignant et savamment orchestré, lui est dédié.
Virage bluesy avec 'As Good a Day as Any', une ballade fredonnée d'une voix caressante  sur une instrumentation comme  mise en sourdine, avec un point fort, une guitare hispanisante déambulant avec élégance pour répondre au chant plein d'émotion de Monica qui a décidé de mettre fin à une relation qui a laissé pas mal  de cicatrices.
Pour annoncer un concert que Sometimes Julie a donné à Encinitas, le patron de la boîte ne mâche pas ses mots: Their raw, sexy, driving sound will stir up your passionate side!
A l'écoute du blues rock 'Walk among the dead' tu ne peux que confirmer ce point de vue.
Les guitares, intraitables, mitraillent  sévère, avec un coup de wah wah où il faut, Anthony Sarain excelle à l'orgue et  le chant redoutable de la nana fait le reste.
Tu dis, où est le plaisir de baguenauder parmi les cadavres?
A chacun, ses lubies, mec!
Encore un hard-edged rock pour suivre, si ton intention était de te taper une petite sieste, évite  ' Counterpart' qui secoue allègrement. 
 Alberto Moreno, en embuscade, t'envoie des rafales meurtrières et puis, ne te laisse pas berner par l'acoustique qui se faufile à droite et à gauche, ces gars et leur Calamity Jane tirent sans pitié.
En voilà un titre explicite, 'Quiet', même si l'amorce est loin d'être paisible, Anthony a sorti le sax de l' étui pour enjoliver la plage qui part dans tous les sens lorsqu'un piano sautillant sort dont on ne sait où, et que Monica se prend pour  Kate Bush, évidemment le vilain Alberto rapplique et tout s'emballe, elle a beau répéter I need some quiet, ils sont tous devenus hystériques.
Tu veux du Narciso Yepes, écoute l'intro de 'Arachne's Pride / Minerva' et si tu vois le Tage, ce doit être un mirage, mais ne te mets pas à rêver de jeux interdits,  passé le premier mouvement, la troupe reprend les rennes pour forger un rock musclé, aux lyrics baignés dans des thermes mythologiques en reprenant la légende de Minerve, la déesse guerrière  ayant dans ses attributs la sagesse, la stratégie, l'intelligence, la pensée élevée, les lettres, les arts, la musique, et l'industrie.
Quoi?
Comme  Roselyne Bachelot!
La pharmacienne cultivée, tu rigoles! 
Un détour par la galerie à la recherche de 'Lost Art', une plage délicate après le déferlement rock, un bémol, it's a loss story:...  in the gallery the walls are empty, alors que the gallery should have been full of you...
Le côté sentimental est finement rendu par une guitare élégiaque, sans oublier Monica, dont la voix en répétant in this gallery te renvoie des images d'Amy  Winehouse interprétant 'Valérie'.  
Un petit air de jazz velouté, grâce au saxophone incandescent et au piano souple,  pour amorcer 'Love me gently' ,  la plage la plus sexy de l'assortiment, tu demandes à Diana Krall de l'enregistrer et ça cartonne aux quatre coins du globe. 
Mais qu'il est con, ce mec, elle n'est pas difficile et il est incapable de l'aimer gentiment, du coup... my heart can't take it anymore!
Pourquoi as -tu sorti le télescope?
I'm ' Counting my lucky stars', pour terminer sur une note positive en envoyant un petit rock catchy en diable et tu savais que l'extraverti Alberto allait nous balancer quelques derniers riffs bien pensés.
 
'Where are You?': un album varié qui pourrait amener Sometimes Julie a un plus de reconnaissance de ce côté des océans, tu peux casser la baraque en   Californie et être ignoré sur le vieux continent... la bande à Monica mérite une plus ample considération, for sure!
 
Partager cet article
Repost0
6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 15:26
Album - How to Weigh a Whale Without a Scale - Léanie Kaleido

Album -  How to Weigh a Whale Without a ScaleLéanie Kaleido

 produced at OX4 Sound Studio

How to Weigh a Whale Without a Scale : question aussi fondamentale que de connaître l'influence de la masturbation des baleines naines sur l'érosion des falaises au Cap Gris-Nez.

Léanie, si ça peut t'aider, Jeanine, une voisine, vend une balance à deux fléaux, une Roberval, que son arrière- grand-mère utilisait dans sa boucherie avant le second conflit mondial.

Fais-nous signe!

Léanie Kaleido, naît en octobre 1970 à Londres, le même jour que Shannon Michelle Wilsey, plus connue sous le nom de Savannah, une actrice américaine, apparaissant souvent dévêtue à l'écran.

Si on te donne le nom de son géniteur, Top Topham, ton cerveau va se mettre en action et peut-être se souvenir que ce monsieur était le premier guitariste des Yardbirds.

Donc, essayer de faire carrière dans la music jungle  est une chose logique pour la jeune fille ayant fréquenté la Sussex University.

On lui colle l'étiquette singer-songwriter et elle enregistre trois albums,  'Karamelién' en 2006, '  Quicksands & Shadows' en 2014 et 'How to Weigh a Whale Without a Scale' en 2021.

Pour ce dernier fascicule, elle fait appel à Mark Gardener, frontman de Ride, pour la production.

 Tracks-
All the Things I'm Made Of
Someone's Daughter
Nobody's Hero
How to Weigh a Whale Without a Scale
Mr Dragonfly
Sweet Science
Codeine
Hat Thief
Teapot Girl
Kite String Mantra

 

CREDITS  
Léanie Kaleido - Vocals, piano, ukulele, strings, drum programming, synth bass
Mark Gardener – Producer, guitar, bass
Jono Harrison – Guitar, drum programming, synth bass (Codeine, Kite String Mantra)
Chris Gussman – Guitar and engineer on ‘Hat Thief’, engineer on ‘Mr Dragonfly’
All songs written by Léanie Kaleido. Copyright @2021
Cover photo by Jono Harrison
Cover created by Sara Truckel

 

Une pochette sobre,  un portrait de profil d'une jeune dame songeuse,  dans des tons bleu ciel d'un romantisme rappelant les pochettes représentant Marianne Faithfull in the sixties.

On est loin des emballages de mauvais goût illustrant les disques de certaines formations de métal ou de hip hop, o k, tu peux toujours rétorquer don't judge a book by its cover, mais, bon,   "Chicken N Beer" de Ludacris, par exemple, peut amener des âmes sensibles à gerber. 

L'album démarre par une gentille piano-ballad sans artifices,' All the Things I'm Made Of'.

  La voix est mise en avant  tandis que Léanie dévoile son âme.

Un titre d'un classicisme limpide, composé dans la veine Tori Amos, Carole King, Janis Ian ou Sarah McLachlan .

Elle poursuit en chantant 'Someone's daughter' d'une voix légèrement tremblotante. Mark Gardener se charge des accords de guitare finement ciselés. Des cordes et des sonorités de clavecin, produites au synthé, habillent astucieusement une mélodie plus arrangée que la plage inaugurale.

Avec ' Nobody's Hero' un titre qui n'a aucun rapport avec Bon Jovi ou Stiff Little Fingers, Léanie revient au piano. La ballade est bourrée de références,.. smile like Robert de Niro, Fly like an Eagle,  You shoot like a cannonball... elle a eu la bonne idée de  recourir aux layered vocals pour enjoliver le thème musical d'un choeur céleste. 

Quelle trouvaille de vouloir peser une baleine?

How to Weigh a Whale Without a Scale'  baigne dans un brumeux climat de  mélancolie:  jeu de guitare perlé, synthés atmosphériques, voix limpide, choeurs sinueux, tout est dans les nuances comme pour une toile pointilliste de Seurat ou de Pissarro.

La journaliste évoquant Dido est loin de se fourvoyer, l'univers de Léanie Kaleido offre une analogie évidente avec l'oeuvre de la chanteuse aux 40 millions d'albums vendus.

Victor Hugo, 'Printemps', extrait: " La frissonnante libellule mire les globes de ses yeux dans l'étang splendide où pullule tout un monde mystérieux."


Léanie Kaleido,  supportée par une guitare acoustique courtoise:  'Mr Dragonfly', goodbye... même poésie vernale et bucolique.

Et la demoiselle, frivole, a repris son envol à la recherche d'un point d'eau accueillant.

C'est comme la petite boule à la roulette, rouge/guitare, noire/piano, elle s'arrête sur le numéro 6' Sweet Science': piano!

Piano, oui, et un cortège de cordes pour parer cette nouvelle ballade mêlant romantisme et mélancolie introspective...solitude keeps us alive... finalement, être seul c'est éviter les bagarres!

Amy le prétendait également, Amy was right:  Love is a losing game!

Des insomnies, des angoisses, un certain écoeurement, des désordres psychiques, ' Codeine' take me away from all the pain I once knew.

Une des plages les plus fortes de l'album, bittersweet, mais aussi  étonnement profonde, après 90 secondes une guitare bourrée de reverb vient seconder le piano et la synth bass et la pièce gagne encore en intensité.

La voix, quant à elle, reste détachée pour élaborer un contraste, recherché, avec la noirceur du propos. 

La ritournelle puérile 'Hat Thief' rappelle une autre histoire de chapeau chantée par Steeleye Span, 'All around my hat',  mais elle est interprétée avec des intonations Mary Hopkin.

Impossible de trouver un morceau plus British que 'Teapot girl' , là où Francois Hadji-Lazaro ( de Pigalle) boit du café et ça le rend vachement nerveux, l'aimable Léanie ne jure que par une décoction de feuilles de théier.

 Une question de culture, French punk et smooth  English folk ne feront jamais bon ménage.

Un dernier envol méditatif avant de clôturer le voyage en mode psychedelic pop  ' Kite String Mantra'.

 

Un voyage au demeurant charmant pendant lequel Léanie Kaleido partage son intimité avec pudeur et délicatesse.

On le répète, il s'agit d'un ouvrage  stylé, essentiellement britannique, qui conviendra à merveille aux fans de Sandie Shaw, Lynsey De Paul, Sandy Denny ou Cara Dillon et Kate Rusby pour les plus contemporaines.

 

Partager cet article
Repost0
5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 12:02
Album - Fool Yourself - Mark J Gidden

 Album -  Fool Yourself Mark J Gidden

par NoPo 

Nub Music record label.

 

Mark J Gidden Fool  Yourself 2021

L'anglais, installé à St. Albans, mériterait une large reconnaissance.
Ecoutez d'urgence 'Catch me out' en électrique ou en acoustique, comme vous voulez, mais plutôt avec le son, et dites-moi que ça ne vous branche pas!
On pressentait déjà ce potentiel, juste avant, lorsque Twenty81 tentait déjà certains titres avec une belle énergie scénique.
Auparavant, dès les années 90, Gidden fait partie de groupes amateurs de Radiohead et des Smashing Pumpkins.
Son 2ème album, après des débuts solo en 2019 'Have you heard' (on aurait dû!), s'éloigne de ces influences et me fait penser à Jack Lee pour la qualité des compositions (souhaitons lui la même réussite).

La pochette se montre aussi sobre que la musique :
Un fond blanc et la silhouette du guitariste recouverte de pierre ocre, de la chaleur et du solide.
Une indication, la position des bras de cette fine gâchette, donne l'impression qu'elle s'apprête à dégainer.
Impression confirmée, on entend les balles siffler!
Le musicien cartonne avec 15 titres pour un album généreux et pourtant concis, dépassant, à peine, les 50 minutes.


Autant commencer directement par le titre qui donne son nom à l'album 'Fool yourself', un tube qui plante le décor.
Ce morceau représente un grand danger! Après l'avoir découvert, une seule pensée vous hante : on remet ça en boucle svp, replay! 
Le riff en arpège tourne et vrille comme une mèche de perceuse et vous enfonce la mélodie au fond du crâne.
Pour l'enlever ... ben y'en a qu'on essayé!
La basse roule derrière les frappes véloces, les guitares avec plusieurs 'S' majuscules contrôlent tout.

La 2è couche 'Non profit' démarre dans un accord plus sombre mais s'emporte en restant tout aussi convaincante.
Mark chante, appliqué, impliqué, à but non lucratif en plus! Ecoutez-le sur https://soundcloud.com/mark-j-gidden

Riffs rapides en accords frottés cette fois... 'Disaffected' nous contente largement. Encore un futur hit!
On rapproche cette voix de Brett Anderson, chanteur de Suede... Désolé, je suis complètement ... d'accord!
Aucun problème, elle brille par sa vigueur acrobate et ses légers décrochés qui paraissent sauter d'une corde vocale à l'autre.

Petit répit, faut bien récupérer! 'You dress quite well' balade paresseusement mais pas trop quand même...

'Uninvent' réinvente l' esprit early 70's de Bowie et je pèse mes mots. Les tubes s'enchaînent.
Les accords et les arpèges lumineux disparaissent d'un coup pour laisser filer une guitare dans le cosmos et une voix qui ont dû pratiquer Space Oddity, Hunky Dory ou Ziggy...

'If you can' emploie un ton agressif dans un riff nerveux et saccadé puis, sur le refrain, la voix fiévreuse s'envole vers des notes élevées.
La compo nous la coupe tellement elle est aiguisée. 'Hit me with your best shot!'

'Molecules' glisse de façon tellement évidente qu'on pourrait l'oublier ... sauf que peu de compositeurs possèdent cet assemblage de molécules.

'Something good' prend ses aises, laissant toute liberté aux guitares qui se complètent (surtout sur le chorus). La basse leur déroule le tapis vert, la frappe volubile est sèche.
On prend autant de plaisir que le musicien. 'Hit me with your rhythm stick!'

'Some people do' se la joue facilement rock comme un intermède (consistant) de 2'30.

'St John' possède un son de guitare étrange, presque désaccordé ou sous-accordé. Le chant se veut menaçant mais lorsque les choeurs lui viennent en soutien, la trame puissante part en ébullition.
Les voix s'entrecroisent et les guitares s'énervent, jusqu'au riff tendu en conclusion. 

Tube en puissance!

'Alone and soon' pose un 2è répit. La promenade langoureuse devrait plutôt se faire à 2.

'Calling you' séduit par une voix, pleine de précautions, en harmonie avec une mélancolodie émouvante, ma chair de poule s'en rappelle. Un classique pour la postérité.
La cadence, en aérobie, prend la vitesse des battements d'un coeur amoureux en accord d'Eon où le temps n'existe pas.

'Find control' coule comme une rivière paisible et sans méandres. Le compositeur maîtrise ses effets relaxants jusqu'au bout des doigts.

'She to me' cède le trampoline à la guitare qui saute sur les pics et les pocs de batterie annonciatrice. La basse harmonieuse permet aux autres de bien jouer. Encore un hit!
Plus on avance, plus l'orchestration s'enrichit avec un son, sans cesse, assaisonné. Une écoute attentive permet de percevoir les ingrédients.
Les choeurs encouragent puis saupoudrent, les guitares se multiplient, s'épicent, épaississent, le 1er solo tranche, le second tergiverse avant de laisser le dernier mot à l'acoustique.

'Thank you' captive avec son piano à un doigt. Quelques claviers jouent l'emphase en conclusion et remerciements.
C'est nous qui te remercions l'artiste.


Ici et maintenant, Mark prend les siennes et vous pouvez, sans hésitation, écouter tout son disque dans un ordre aléatoire, à l'endroit, à l'envers, vous ne ressentirez aucun temps faible.
L'instrumentation conserve l'essentiel, les instruments piliers du genre : guitare, basse, batterie.
Le rock coule dans les veines du musicien qui sait trousser un 'classic' comme pas deux. Son interprétation 'unplugged' sur les réseaux sociaux ne laisse aucun doute sur leur potentiel.
Tellement doué, Mark maîtrise son art, réussit ses contrôles, ses crochets et débordements spontanés et finalement marque le but, marque le coup... les coups, 15 hits!


Line- up: Solo - solo, apparemment (pas trouvé d'autres contributions)

Titres
01-Fool yourself
02-Non profit
03-Disaffected
04-You dress quite well
05-Uninvent
06-If you can
07-Molecules
08-Something good
09-Some people do
10-St John
11-Alone and soon
12-Calling you
13-Find control
14-She to me
15-Thank you

Partager cet article
Repost0
4 avril 2021 7 04 /04 /avril /2021 07:39
Album - The Paper Kites - Roses

Album - The Paper Kites - Roses

 

 Nettwerk Records.  

La Chine, ce n'est pas uniquement le berceau de la pandémie,  de la transparence, de l'intégrité et de la liberté d'expression, c'est aussi le pays qui a vu naître le cerf-volant, la légende veut que le roi Liye, qui n'a jamais connu Jésus,  fabriquait des faucons en papier dans son palais, grâce à un malin bricolage il a réussi à faire voler sa création.

Depuis tous les petits Chinois, qui sont bien plus nombreux que ne chantait Dutronc, ont un jour reçu  le fameux aérodyne pour leur anniversaire ou lors de l'équivalent asiatique de la Saint-Nicolas, il en existe de toutes les formes et de toutes les couleurs et tous les ans, à Weifang, se tient le Festival International  du Cerf- Volant qui réunit des milliers d'amateurs. Il fait la joie des petits et grands et des photographes de tout poil.

C'est quoi, ces murmures... tu t'en fous et d'Icare, aussi!

D'accord, de toute façon, les  Paper  Kites n'ont pas vu le jour dans l'ex-Empire Céleste, le groupe s'est formé à Melbourne en 2009.

Les instigateurs se nomment  Sam Bentley et Christina Lacy qui se connaissent depuis l'école maternelle, ils ont recruté David Powys  Sam Rasmussen et Josh Bentley, des copains, tous actifs au sein d'autres formations qui foisonnaient dans la ville baignée par le fleuve Yarra.

Très vite le groupe tourne, enregistre et se forge une belle réputation, aussi bien scénique, que discographique.

Ils ont pondu quatre EP's et cinq albums studio, 'Roses', le dernier, succède à  'On the Corner Where You Live' élaboré en 2018.

 

Track Listing:
1. Walk Above the City (Feat. MARO) 
2. Climb On Your Tears (Feat. Aoife O'Donovan) 
3. Dearest (Feat. Lydia Cole) 
4. Steal My Heart Away (Feat. Ainslie Wills)
5. Without Your Love (Feat. Julia Stone) 
6. Crossfire (Feat. Amanda Bergman) 
7. Lonely (Feat. Gena Rose Bruce) 
8. Take Me Home (Feat. Nadia Reid) 
9. For All You Give (Feat. Lucy Rose) 
10. By My Side (Feat. Rosie Carney) 

The Paper Kites, line-up:

 

  • Sam Bentley – lead vocals, guitars, keyboards
  • Christina Lacy – guitars, keyboards, backing vocals 
  • Josh Bentley – drums, percussion 
  • David Powys – guitars, banjo, lap steel, backing vocals 
  • Sam Rasmussen – bass guitar, synthesizers 

 

  Le groupe a invité dix artistes féminines de nationalités diverses  pour participer à la réalisation de l'album, dont la pochette expose une rose écarlate, synonyme de passion et de désir intense:   Lucy Rose, forcément,  (UK), Julia Stone (AU), Nadia Reid (NZ), MARO (PT), Aoife   O'Donovan (US), Rosie   Carney (IE), Ainslie Wills (AU), Amanda Bergman (SE), Lydia Cole (NZ) et  Gena Rose Bruce (AU).

Sam a composé tous les titres.

La ballade ' Walk Above the City'  ouvre le recueil, la première chanteuse conviée à prêter sa voix aux différentes plages est Maro,  une compositrice et multi-instrumentiste de Lisbonne, partie vivre à L A,  dont le nom a largement dépassé les frontières du Portugal, elle a d'ailleurs été signée par Quincy Jones sur son label. 

Le chant murmuré de la lusitanienne et l'accompagnement sobre et tendre confèrent un caractère immatériel à cette chanson fragile, à la beauté aussi éphémère que les fleurs aperçues au loin par le couple semblant musarder dans un cosmos féérique.

La chanteuse de Boston,  Aoife O'Donovan ( ex-Crooked Still et ex- Sometymes Why), apparaît sur 'Climb on your tears' , en duo avec Sam Bentley, elle entame  une rêverie nostalgique, délicatement escortée  par la guitare  sensible de David Powys.

Un morceau vulnérable à placer aux côtés des meilleurs titres des Cowboy Junkies.

Le voyage se poursuit en compagnie de Lydia Cole, la néo-zélandaise a été invitée à prêter sa voix vaporeuse  sur le titre 'Dearest' .

Lydia, désormais berlinoise,  dont le second album ' The Lay of the Land'  a fait l'unanimité, enjolive cette belle ballade, d'un romantisme désuet, en donnant la réplique à Sam Bentley. L'instrumentation minimaliste, une guitare discrète, jouée en fingerpicking,  permet la mise en évidence des voix et fait de 'Dearest' un summum de délicatesse. 

Pour 'Steal my heart away', les Paper Kites ont fait appel à une compatriote, Ainslie Wills,  nominated for  The Australian Music Prize, en 2019, pour son second album, 'All You Have Is All You Need'.

Le groupe ne déroge pas au caractère de l'album et persévère en mode downtempo malgré un apport instrumental plus complexe, avec la prédominance de synthés, apportant une touche pop à la  Tears for Fears à la plage numéro quatre de 'Roses'.

' Without Your Love' features l'incomparable Julia Stone, encore une concitoyenne, dont la voix enfantine et radieuse vient embellir cette tranche de pop rock,  sérieusement secouée par une guitare déterminée, alors que le refrain ...Without your love, without your love Yeah it ain’t nothing  ...vient insidieusement s'imprégner dans ton crâne.

Oui, Melissa?

 I get obsessed with this song, c'est grave, doc?

Non, c'est logique!

La voix la plus sensuelle est à mettre au compte d' Amanda Bergman, une singer-songwriter suédoise, également active au sein du groupe Amason, que The Guardian n'hésite pas à comparer à Fleetwood Mac, elle illumine le slow "Crossfire" de sa classe.

Une guitare en mode Chris Isaak,  un orgue balsamique et deux voix veloutées, il n'en faut pas plus pour tomber en pâmoison.

Un mec qui a tout compris commente:  "Twin Peaks vibes!"

Une troisième chanteuse australienne entre en piste, Gena Rose Bruce fredonne ' Lonely'.

Belle découverte que cette Gena Rose Bruce qui jusqu'ici a enregistré quelques EP's et l'album, 'Can't make you love me'.

Ecoute, Gena Rose si ce gars persiste à t'ignorer, je te refile mon numéro de portable, tu appelles, je règle le divorce, je lui laisse le chat et je mets le cap sur  Melbourne.

Dorénavant si quelqu'un avance ' Lonely' et demande de l'associer à un chanteur ou à une chanteuse, ce ne sera plus à Roy Orbison ( Only the Lonely) que tu penseras mais aux Paper Kites et à Gena Rose Bruce.

Avec Nadia Reid on se paye une seconde expédition en Nouvelle-Zélande.

Tu te souviens avoir vu Nadia en concert à l'Ancienne Belgique en 2016, elle venait d'enregistrer
'Listen To Formation, Look For The Signs', son premier album.

Elle avait fait impression, tout comme sa performance sur l'alt country track 'Take me Home' en fera frémir plus d'un.

Il ne faut pas grand chose pour construire un grand morceau, quelques accords de guitares ( acoustique et électrique) et une voix frémissante, et le tour est joué!

C'est également à Bruxelles, dans la cave du  Botanique, en octobre 2012, que tu assistes au concert de Lucy Rose, native du Surrey, qui présentait son premier album, 'Like I Used To'.

Encore timide, elle dégageait pourtant un potentiel déjà consistant.

Douze ans plus tard, Lucy a fait son chemin, "she  has built up her reputation as a singer songwriter and credible musician" se lit sur la fiche de présentation annonçant ses concerts qui ne sont plus donnés devant 45 pelés mais devant une foule compacte. 

Elle accompagne Sam et Christina sur 'For All You Give', une romance  folk lumineuse et fluette, reposant sur une guitare acoustique précieuse.

Après ce nième moment de grâce, on arrive au terme de la lecture en compagnie de l'Irlandaise  Rosie Carney, une demoiselle qui a eu l'honneur de converser avec Dieu, pas Clapton, the real Lord, qui règne au royaume des cieux, elle  interprète  'By my Side' en compagnie de Sam.

Pas d'agitation prévue au programme, les forces de l'ordre n'auront pas à  utiliser le canon à eau, la dernière plage s'avère une nouvelle fois a  very low-tempo song , mélodieuse et sentimentale, avec un travail méticuleux de David Powys à la lap-steel.

That's all, folks!

 

Un superbe album à écouter les paupières closes tout en rêvant à des jours meilleurs.

En conclusion,  Low a fait des émules en Australie, le slowcore a encore un bel  avenir!

 

 

Partager cet article
Repost0

Articles Récents