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13 février 2022 7 13 /02 /février /2022 17:42
Album- Animal Triste : Night of the Loving Dead

 Album- Animal Triste : Night of the Loving Dead

 m/2L* [PIAS]

NoPo 

ANIMAL TRISTE Night of the loving dead 2022

Un film d'horreur rempli de morts vivants me vient instantanément à l'esprit. Animal Triste passe au gore? Gore au gorille? Ben non, change tes lentilles, c'est loving pas living! Bah... pareil, "Living loving" chantait Led Zep.
Les normands m'avaient bluffé avec leur premier LP lunaire en 2020 ( voir concert monkey)  (et ils confirment leurs capacités nocturnes en ce début d'année.
Cette fois, ils ne dansent plus dans la nuit, ils y errent, sans erreur, avec la prestance de ceux qui savent où ils vont.

L'équipe se maintient à 6 dus (des anciens de la Maison... Tellier, Darko, Radiosofa et ...Dallas):
Cédrick Kerbache: Basse
David Faisques: Guitares / Claviers
Fabien Senay: Guitares
Mathieu Pigné: Batterie
Sébastien Miel: Guitares
Yannick Marais: Chant
+
Peter Hayes (Black Rebel Motorcycle Club, une de leurs références) : Guitares / Invité 
Mathieu interviewé par Amélie de la boite à musiques
"Le mec il t’envoie un truc où il joue de la guitare d’abord sur une de tes chansons puis sur deux et pas que de la guitare, il a rajouté des claviers.
Et je me souviens lui écrire « je ne sais pas comment te remercier », et il me dit « non c’est le plaisir de la musique ». C’est juste incroyable."

Forcément, échafauder un nouvel album sur de telles bases doit motiver et donner un résultat à la hauteur.
A commencer par la pochette de Léonard Titus (Jean Charles Durand, ami du groupe) qui a eu l'idée de planter le logo en bois, comme un sapin (pas celui du cercueil!), dans son jardin avant de l'enflammer.
Cette flèche, présente dans les deux 'A' de Animal, indique un objectif vers le haut du ciel crépusculaire.

Et la galette me direz-vous? Flambée au trou normand, elle allume un post-punk déchirant, sensible et fier!


Simple Minds me plait toujours autant. Non, je ne me trompe pas de disque, je sais qu'Animal Triste ne visite pas vraiment les mêmes contrées... quoique... (écoutez 'Dolphins' des écossais sur Black and White 2005 par exemple!)
Sur 'Machine Love' (jadis travaillé par Darko), j'ai l'impression d'entendre le meilleur des esprits, le plus organique.
La voix vibrante de Yannick prend des intonations amples et exaltées à la Jim Kerr mais je lui trouve une certaine fragilité gagnant en profondeur.
Et pourtant les premiers mots 'Will you drive in the moonlight' font plutôt immanquablement penser aux Doors.
Le titre, monolithique, joue sur des tons sombres où synthé, basse, batterie enfoncent le clou pour mieux libérer les déflagrations de cymbales sur une fontaine de guitares réverbérantes, au plus fort des derniers instants magnifiques.

'I'm addicted to the night' si c'est pas triste ça... et pourtant! Et pourtant la beauté écrase la tristesse transformée en aspiration 'attracted to the bright lights'.
Sur le clip (Stéphane Maunier), le logo brûle telle la croix du Klu Klux Klan qui finit par se dédoubler en s'inversant.
Les guitares, dont celle de Peter Hayes, pleurent la mélodie ardente de 'Tell me how bad I am'. Le chant de Yannick s'y pose avec délicatesse.
Un son proche de la slide, tout en écho sur un grondement, donne de l'emphase et de l'authenticité.

Derrière un riff ourlé, suivi d'un cri, 'The gift of love and fear' impressionne par son rythme martial et le bourdonnement de la basse.
Dès les premiers mots 'Was this girl made in heaven or was she born in hell?', la guitare se retient, suspendue au bout d'un fil.
Le titre me fait l'effet d'un classique à la Nick Cave même si la voix de Yannick n'atteint pas la noirceur de ses graves.
Les gars raffolent du crescendo, parti de loin et montant ici dans larsen et fougue électrique pour conclure.

Le piano ténébreux bouleverse,  l'intro de 'Animal Years' ferait penser à The National, mais un rayon sort de l'ombre, un visage éclairé...
Une voix chargée d'émotions, pleine de conviction, clame la raison d'être de l'animal 'All of the darkness strangely fades away, we saw the lights inside, we knew we had to stay'... lumineux!
Plus tard, les toms résonnent sous un rebond lourd. A l'inverse les touches du piano s'envolent comme des étoiles scintillant au dessus des toiles de guitares.

'Mary full of grace' livre une autre ambiance particulièrement électrique, tendue, acérée. Les claquements d'éclairs à la batterie recouvrent la basse orageuse.
Les grattes grondent puis les cymbales agonisent et une guitare, perchée, lacère on the edge (early U2). Titanesque!

'E.V.I.L' renvoie au heaven and hell de 'The gift of love and fear'. 'Don't be afraid to die' ne s'accepte pas aussi facilement.
Des murs de guitares sulfureuses, industrielles jaillissent parmi les passages lourds, dominés par les roulements de batterie.
Quelques choeurs fantomatiques expriment leur douleur. La version rouennaise du doom sabbathique?

Dans 'With every bird', guitares et voix plaintive m'évoquent le classieux Certain General. La rythmique marque puissamment alors que Yannick psalmodie.
Les nombreuses guitares (feat. Peter Hayes), égrenées, dégagent des notes cristallines. Les frappes sur les toms font mal et quand ça fait du mal, c'est que ça fait du bien (ah bon?)!

Le riff en boucle de 'Afterlife' accroche d'emblée l'oreille surtout derrière cette grosse basse vrombissante claquée par les baguettes.
Le morceau bouillonne de vigueur. Les vocaux modulent différemment, un peu épileptiques (par moments j'entends le timbre nasillard de Bob Geldof-Boomtown Rats-).

'Play God' retourne un couteau dans la plaie, on sent son frottement dans le riff acide de la guitare et le sang couler sous les frappes appuyées.
Intense, le titre remue tout autant l'estomac, qu'il faut bien accroché. La voix s'allonge, solennelle et belle. On croit entendre un mellotron derrière le fracas qu'il accompagne.
Soudain, ombrageux, il vient gonfler les rugissements jusqu'à l'explosion puis, après un temps de respiration difficile, il abandonne l'effondrement progressif et strident tout au bout. Fascinant!

'Diamond dreams' s'appuie sur une corde serrée et répétitive, ce n'est pas celle du pendu même si le coeur se serre sous cette mélancolie.
Une 2è guitare se manifeste dans le lointain. Un sifflotement, presque guilleret, lui répond, en apaisement. Une conclusion sensible et prenante, un envoûtement!

Bouche bée, je me fige... ou presque car mon coeur bat la chamade.
Il me reste l'écriture pour dire tout le bien que je pense de cette Oeuvre avec la majuscule, 'O' là-haut!



TRACKLISTING
1-MACHINE LOVE
2-TELL ME HOW BAD I AM (Feat Peter Hayes)
3-THE GIFT OF LOVE AND FEAR
4-ANIMAL YEARS
5-MARY FULL OF GRACE
6-E.V.I.L
7-WITH EVERY BIRD (Feat Peter Hayes)
8-AFTERLIFE
9-PALY GOD
10-DIAMOND DREAMS

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12 février 2022 6 12 /02 /février /2022 15:40
Album- Vanessa Philippe - Soudain les oiseaux

Album- Vanessa Philippe - Soudain les oiseaux

 Le Poisson Spatial

( michel)

 

Déjà un cinquième  recueil pour Vanessa Philippe,  qui partage avec Patricia Kaas des origines lorraines (sans sabots dondaine), " Soudain les Oiseaux" paraît près de quatre ans après "A l'abri du vent".

Vanessa, lors de diverses entrevues avec des journalistes, a confié que cet album  constitue  un hommage à sa grande sœur disparue en août 2019.

Si le deuil en est l'inspiration essentielle,  l' auteure, compositrice et interprète, a  voulu doter les chansons d'arrangements pop joyeux pour neutraliser la mélancolie inhérente au thème.

L'album a été enregistré et réalisé par Pascal Parisot ( il se charge de tous les instruments virtuels et des guitares) et mixé par Angy Laperdrix, Vanessa Philippe a signé les 12 compositions.

1. Si ce soir-là
2. Soudain les oiseaux
3. Sister
4. Pantalon de soi
5. Suivre le soleil
6. Les maux
7. Parfois
8. Malgré tout
9. Trop de larmes
10. Une autre Planète
11. Combien d’efforts
12. Paradise

 

Une pochette surréaliste:  alors qu'il est question d'oiseaux, c'est dans  un bocal contenant un poisson rouge que  l'énigmatique jeune dame a glissé son visage, recouvert d'une capuche, la faisant ressembler au petit chaperon rouge, si ce n'est que la combinaison  de cosmonaute enfilée, est argentée.

Le fond bleu, la teinte orangée du carassin doré , le gris de la tenue spatiale,  le ton  crème du visage, rehaussé par le rouge feu des lèvres, produisent un bel effet de surenchère de couleurs.

La photo est signée Elisa Paci.

Comment dompter le deuil sans sombrer dans le pathologique?

 Vanessa propose une mélodie faussement détachée,  ' Si ce soir- là'.

Tu ne reviens pas...je bois de la vodka et je pense à toi.... la tendre rengaine, chantée d'un timbre fragile,  prenant fin sur fond de guitare grinçante, amène l'auditeur à déchiffrer le chagrin  dissimulé derrière l'apparente légèreté du décor sonore.  

' Soudain les oiseaux', Vanessa écrit, compose, chante, on a omis de dire qu'elle dansait et réalisait ses clips. Il faut absolument que tu jettes un oeil sur celui qui illustre la chanson-titre, si tu es fan de Magritte, qui lui aussi avait un faible pour les poissons , les oiseaux, les sirènes ( enfin, les sirènes à tête de poisson mort,  aux jambes et au sexe féminin), tu seras au comble du ravissement.

Note pour le président de Gaia;  aucun animal n'a été maltraité durant le tournage du clip et le fond musical, liquide, forcément,  a été amorti pour ne pas terroriser les bébêtes.

Avec une oeillade en direction de   Jane Birkin, le bilingue  ' Sister'  dresse un portrait sensible de la disparue. La fragilité du fond sonore, accentuée par des cordes éthérées, une guitare finement égrenée et un chant chaste,  transforme la plage en élégie pudique. 

La valse ' Pantalon de soi' ( non, ne cherche pas le e) peut faire songer  à ' They dance alone' de Sting, sans le côté tragique. En rêve, Vanessa revoit sa soeur, enfile certains de ses attributs  vestimentaires et danse avec elle.

Un subtil solo de guitare décore la touchante mélodie.

' Suivre le soleil' , dont le clip a  été nommé Best Pop Music Video at the Munich Music Video Awards, sous des allures désinvoltes,  cache une cicatrice profonde, éclairée par les dernières lignes de la chanson... Le temps est venu Tout s’en va et moi je reste Le temps est venu Tous s’en vont et moi je reste...

Exprimer la douleur par des mots n'a jamais été une opération aisée, Vanessa Philippe s'en tire avec tous les honneurs, ' Les Maux', de façon imagée, décrit son désarroi, la tentation de mettre fin à ses jours pour rejoindre celle qui est partie.

Pudeur et tendresse caractérisent ce grand morceau, construit sur un piano aux accents Frédéric Chopin et une orchestration digne du "Bal des Lazes" de Polnareff, avec comme des effets de theremin en background.

Démarrage en pizzicato pour ' Parfois' , un titre, à l'orchestration superbe,   qui  t'invite à un voyage du côté des pays du soleil couchant ,  si tu crois voir l'image de la soeur volatilisée, c'est probablement  un mirage!

Comme enregistré dans une grotte, ' Malgré tout' ,  ses effets d'écho, son instrumentation minimaliste et les palabres entendus en bruit de fond , amalgame à nouveau songes et réalité.

Qui suis-je, elle?

Moi?

Qui n 'est plus, elle, moi?

C'est ta mort qui me tape sur le système,  qui me tue... et pourtant je vis!

Certains parlent du leitmotiv wagnérien, de grundthema , pour expliquer la récurrence d'un sujet, il en va de même chez Vanessa Philippe,  'Trop de larmes', sous un emballage musical forain, dévoile encore et toujours les mêmes blessures.

Les plaies mettront une éternité à se cicatriser, ...trop de tristesse, trop de souvenirs et pourtant, le passé devient flou...  

J'aimerais tant m'évader sur "Une Autre Planète"...

Bonne nouvelle, Miss Philippe,  la Nasa a découvert une autre planète de la taille de la terre dans une zone habitable, je te refile le numéro de Jeff Bezos, il t'y emmène pour presque rien et là-bas tu pourrais danser le menuet avec les vagues.

Un tour de clé, la boîte à musique se met en marche, les figurines miniatures, jolies ballerines échappées d'un tableau de Degas, pirouettent  gracieusement sur l'éphémère ritournelle qui, sous un aspect charmant, cache un trouble profond, ' Combien d'efforts'  pour t'apporter du réconfort?

Fin logique, in English, she must be in ' Paradise', on se rejoindra là-bas, tiens- moi une place au chaud. On regardera  'La mélodie du bonheur',  version originale ( The Sound of Music) à deux, et à l'entracte on ouvrira la fenêtre pour contempler les paradisiers déployer leurs plumes pour la parade nuptiale.

 

"Soudain les Oiseaux', un album intime à la poésie omniprésente, élaboré sous forme de catharsis, qui fait du bien  et apaise. 

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7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 14:52
Album - ARCHI DEEP – Lightning Concept

 album - ARCHI DEEPLightning Concept

 

NoPo 

ARCHI DEEP Lightning Concept 2022

Depuis 2013, 3 musiciens constituaient Archi Deep & The Monkeyshakers... mais c'était avant...
Ils écoutent Bashung, Higelin, Thiefaine et travaillent avec son fils Lucas.
En 2018, ils décident de se limiter au duo et d'oublier les singes confirmé sur l'album de 2019 'I ain't no monkey'.
Lightning Concept sort en en 2022 avec Arthur Di Piazza (un nom fait pour le rock nous confie Little Bob), guitariste-chanteur à l'origine du projet, et cette fois, Richard Bertin à la batterie (après quelques roulements mais pour un batteur, c'est normal).
Ce dernier collabore avec Nagui pour ses émissions 'Taratata' et 'N'oubliez pas les paroles'.
Quant à Arthur, le couteau suisse d'Oléron, il écrit, compose, enregistre et mixe. Il a aussi décidé de la signature : Archi, pour Archibald (son deuxième prénom), Deep, diminutif de son patronyme (DIP.iazza).


Le disque, d'abord dévoilé sous forme de 4 EPs, explique la présentation en 4 parties distribuées à l'unité sur chaque carton précédent.
En effet, 4 éclairs de couleur flashy, en mode 3D, accueillent 'Archi' au sommet et 'Deep' sur la tranche. Ecriture psychédélique pour un design signé S'moon signs et Marguerite.
L'idée? Lighting Concept, c'est marqué dessus!

4 EP's, ça fait combien de titres? Ah 15 à la douzaine... archi beaucoup, faut bien ça!
Archi Profond? Voyons ...


'Mr Government' construit son blues rock sans frime. J'ai senti cette naturelle attitude chez Roman (Gaume) Electric Band ou Inspector Cluzo, des artistes aux racines profondes.
Les choeurs angéliques en 'ouh ouh ouh' et les sifflements rendent le morceau faussement pop.

'All was left of me' flotte sur une gratte sèche, arrosé ensuite par les frappes sur les peaux. Pas sado, une deuxième caresse de guitare vient épaissir le son tout en le laissant respirer.
Du coup, quelques notes de piano maso se disent qu'on est pas si mal sous les cou... rants d'air.

'Paranoïd', ne correspond ni à Black Sabbath ni à l'androïd de Radiohead. Il s'agit plutôt d'un rock un peu rêche où la guitare se fait, par instants, passer pour une basse et convoquant les mêmes 'ouhouh' que sur le premier titre.

Belle entrée en matière à la gratte électro-amplifiée, secouée ensuite par une batterie bien décidée à dynamiser ce rock. Un souffle puissant nous entraine dans un balancement irrésistible.
'Speak' serpente, tout en ruptures et changements de directions déboussolantes, pour toujours retomber sur ses pattes de félin... pour l'autre c'est ce qu'on ressent de la complicité guitare/batterie. La guitare saturée en bave d'énergie.

Richard démarre au roulement fracassant. 'All the time', en rock basique, convainc sans fioritures... tout juste une guitare parfois saturée, parfois doublée, souvent fouettée par les toms et cymbales éloquents.
Arthur en termine dans un gargouillis.

Le bref 'At Least You Liked It Like That' bégaie quelques mots surfant sur une guitare libre et funky de temps en temps. La batterie s'occupe du groove et tout glisse comme une rivière attirée par la mer.

'Hey you' préfère Led Zep au Floyd. La guitare mélange sons vintage et modernes. La voix module dans son expression bavarde et sûre d'elle.
Un passage hands clapping l'incite à des intonations entre funk et rap sur une rythmique en clin d'oeil à 'We will rock you' (boom-boom clac).

'Don't hold back' invite un clavier aussi doux que la neige en hiver. Arthur, très à l'aise avec sa voix aérienne, se balade sous les étoiles. Une flânerie en forme de berceuse.

'Look around', à l'acoustique, dégage des effluves du double-blanc, bandes à l'envers comprises; un blanc sec bien sûr et épuré (juste quelques hautes harmoniques), entre Blackbird et Rocky Raccoon.

Cette fois sur ' Baby Can't You See', on pense au blues brut début des Black Keys voire de George Thorogood. Le travail sur le son de guitare se montre bigarré alors que la batterie reste rudimentaire mais agrémentée de percussions discrètes.
Lors d'un passage, une voix accrochée au kazoo essaie de suivre le riff. Plus loin, les choeurs à 2 répètent le titre. Bien frappé, ça se boit sans soif!

Le piano sur 'The Unknown Fever' développe une saveur délicieuse. Cette plage, poppy, aime la recette façon Beatles ou Queen.
La mélodie trace, bien soutenue par la batterie radieuse tout comme la voix s'aidant du vocoder puis montant à la limite du décroché. Une sucrerie!

'It's Harder When It's Slow' alterne une certaine lenteur expliquée par le titre avec quelques accélérations bien senties.
On passe allégrement du blues rock électrique à la Britpop toujours guidée par la guitare boussole aussi variée que brillante. Final pachydermique, un éléphant en apesanteur!

Le riff rauque de 'Since I'm Gone' dérape direct dans le conduit auditif, un pur bonheur. Les choeurs se gavent du miel bluesy. Le son de gratte déchirant et moderne rappelle le Billy Gibbons des années 90.
L'esprit se situe entre la teinte rouille de 'My mind is gone' des ZZ Top et le radio friendly 'Since you've been gone' de Rainbow.

'Isolation breakdown' ne prend pas la direction d'une rupture de communication à la Led Zep.
Le morceau bascule d'un spoken word trainant et jazzy genre Lou Reed à un phrasé rap au rythme marqué (qui se retient d'avancer jusqu'à Rage against the machine).

'Let Me Hold Your Hand' invite un mellotron beatlesien faisant monter merveilleusement la mélodie et la petite larme. Bien sûr, la guitare, amoureuse, fait les yeux doux au mellotron (un ptit air de Stairway to heaven aussi), se pliant en 2 (voir en 4) par instants.
La voix se marie parfaitement avec cette douceur et pour finir, la guitare à la Georges Harry sonne dans une belle enflammade saillante.


Ce disque possède l'avantage de ses inconvénients et inversement. Il varie les couleurs, certains diront il se disperse, mais toujours intéresse par un mélange personnel.
Passion et humilité transpirent dans le concept architecte. Enchainez-le plusieurs fois, les titres sont courts et vous ne serez pas déçus.

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6 février 2022 7 06 /02 /février /2022 16:28
Rebecca McCartney - EP “How you feel”.

Rebecca McCartney - EP “How you feel”.

 Loonar Records

 

( michel)  

Heather McCartney, Mary McCartney, Stella McCartney, James McCartney et Beatrice McCartney ont   un Beatle comme papa, pas Rebecca McCartney, même si la demoiselle, from New-York,  affirme avoir grandi in a really musical family.

Toute jeune, elle prend des leçons de piano et tâte de divers instruments, plus tard on la croise dans une chorale, elle s'implique aussi dans le musical theatre et tout naturellement commence à composer et à interpréter des chansons .

Le jazz, le R& B et la pop ont ses faveurs, comme sources d'inspiration, elle cite  D’Angelo, Lauren Hill, Erykah Badu, The Roots, Lianne La Havas, Norah Jones, Ella Fitzgerald ou  Peggy Lee.

2020, elle fait équipe avec Jakob Leventhal pour former le duo folk Garden Party, ( un album en mars de la même année) .

Jakob a de qui tenir: petit-fils de Johnny Cash et  le bristol de Rosanne Cash, his mum, n'est pas nul, non plus. 

Avant le projet Garden Party, le garçon avait déjà sorti un album et un EP sous son nom et produit un EP pour Nick Sherry.

C'était couru, Rebecca; qui chante et manie la guitare,  fait appel à lui pour produire son premier effort discographique, Jakob  joue de tous les  instruments, except drums performed by Jason Burger.

A première vue, ce Jason n'est pas n'importe qui, il a fait partie de Big Thief et a opéré comme session musician pour quelques gens pas idiots, tels Alela Diane, Kate Copeland, Cory Chisel ou My Brightest Diamond.

 Tracks

1
Remember Less
04:14
2
Just Air
03:22
3
Undone
E
02:50
4
For Avery, in June
03:27
5
Behind Closed Doors
03.06 
 
Pochette sans surprise, une photo, en contre-plongée, de la demoiselle, cheveux blonds, bouclés, elle exhibe une tenue printanière,  top  fuchsia et jupe noire. 
Pour ne pas fixer l'objectif, ce sont ses pieds qui attirent son attention.
Le background quasi uni laisse deviner la tête d'un arbuste dans le coin gauche.
C'est  à Carole King que tu penses à la vue  du cliché, le contenu musical n'en est pas éloigné non plus.
 
' Remember less' , ce n'est probablement pas un début d'  Alzheimer, mais l'image d'un être autrefois aimé qui s'estompe.
L'habillage sonore mixe habilement soft rock, soul jazz  et chant soyeux.
L'arôme délicat du miel se lézarde légèrement  après 2'30, quand le guitariste place un solo aussi habile que radieux, la voix monte, monte, du coup tu scrutes les cieux et tu parviens à voir le pinson qui pépie dans une des plus hautes branches du mimosa déjà en fleur.
C'est beau, te murmure madame qui venait de te proposer un café, on dirait du Boz Scaggs au féminin.
T'as réagi: c'est McCartney.
T'es con, a- t-elle répondu!
Les mêmes ambiances feutrées émaillent la ballade aérienne ' Just Air'. 
Il y a du Minnie Riperton, voire du Sade Adu, dans les modulations prises par  le frémissement  délivré par la douce jeune personne.
Un piano moiré, un jeu de  guitare décontracté, et une rythmique tout en retenue modèlent un climat vaporeux,  propice à toutes les rêveries romantiques.
Ce morceau se montre  volatile comme l'air que tu peux  respirer dans les coins les moins pollués de la planète.
La valse 'Undone', tout en langueur, traite des hésitations accompagnant une rupture fraîche.
Une orchestration ample et un choeur sombre  confèrent  un caractère dramatique à la plage  la plus mélancolique  de l'EP.
Rebecca a une amie, Avery, une demoiselle qui en amour n'est pas souvent tombée sur l'âme soeur , elle a été larguée plus d'une fois,la ballade 'For Avery, in June' a été composé pour elle .
... Too many men
Too many to count but still none to count on...
Triste constat!
 Mon bébé, viens, repose-toi sur mon épaule,  prends ce kleenex et écoute la guitare, le piano et la basse aux teintes pastels, qui doivent agir comme un baume pour soigner tes peines de coeur.
' Behind close doors' :  de toute évidence Rebecca a des petits amis  pas très clairs, celui-ci, par exemple.... You only love me when the doors are closed...You only take me out far from your house
Where there's no one around that you know...
T'es pas conseillé conjugal, tu ne lui diras pas "laisse tomber", mais c'est ce que tu penses!
Comme elle est légèrement agacée, la plage, qui démarre en douceur, avec de jolies voix féminines en backing, finit par prendre un virage plus remuant quand une guitare grinçante entre en action.
Oh, ce n'est qu'un feu de paille, très vite on retrouve  les ambiances éthérées qui caractérisent les autres compositions de ce premier EP d'une excellente facture.
 
Moins pop que Katie Melua ou Dido mais aussi talentueuse que Rumer  ou Anna Ternheim, Rebecca McCartney est, sans conteste, à l'aube d'une brillante carrière.
 
 
 
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3 février 2022 4 03 /02 /février /2022 15:40
Album - Blues Attack ‘Bringing Down The House’

Album - Blues Attack ‘Bringing Down The House’

independent release 

NoPo

 Blues Attack! Bringing down the house

A l'origine, sans le point d'exclamation, il s'agit d'un album de Sonny Landreth sorti en 81.
On se souvient du délirant Mars Attack! Blues Attack! Suivrait-il la même direction?
Pas tout à fait, la Turquie se situe encore sur terre...

Istanbul, leur fief, Sezen Köroğlu, Tarkan Mumkule et Batur Yurtsever, musiciens de session, y jouent depuis 25 ans accompagnant les meilleurs du cru. Güray Oskay et Hasan Ali Polat, des piqués de blues, les rejoignent dans la soucoupe volante en 2017.
Un peu martien, le groupe fait ses débuts internationaux au North City Jazz & Blues Festival à Mitrovica, au Kosovo en 2019 (une autre planète pour moi le ptit breton).

Et une pochette kitsch une!
Dans une pièce à la tapisserie bleue désuète, une jolie jeune femme look pincé, en robe légère tout aussi vintage, installée dans un divan de cuir marron, se retourne, à peine effarouchée par un boulet noir qui défonce le mur de briques derrière elle.
Miley Cyrus ne trône pas sur la 'Wrecking ball'. C'est signé 'Blues Attack!' et l'intérieur n'a rien à voir avec le design.

Ah les boulets! Ils sont au nombre de dix, rouges et tournent à 4 minutes. Je n'ai pas le nombre de tours mais ça doit monter vu la chaleur dégagée!
1.Once and for All 04:04
2.In for the Kill 04:04
3.I Need Time 03:47
4.Long Gone 05:05
5.Bringing Down the House 03:53
6.Down a Winding Road 04:05
7.Little Isle 04:31
8.Country Joan 04:22
9.Reaper on Wheels 04:08
10.Trucker's Blues 04:14

Les instrumentistes? Au total avec les invités, ça fait une équipe de foot et eux, ce ne sont pas des boulets!
Güray Oskay vocals, guitars, harmonica
Tarkan Mumkule guitars
Sezen Köroğlu keys
Batur Yurtsever bass
Hasan Ali Polat Drums

​Guest musicians
​Serkan Emre Çiftçi trumpet
Özgür Şengül saxophone
Göksenin Tuncalı backing vocals
Bengisu Önal backing vocals
Pelin Özülkü backing vocals
Burak Ocakçı harmonica on Trucker's blue

Pour les influences, on pense à Snowy White, Robin Trower (celui des années 2000), musicalement, mais aussi pour la voix douce et fluide de Güray Oskay.
On pourrait aller, sans trop déconner, jusqu'à Joe Bonamassa, Bernard Allison,  Robert Cray ...

Vérifions tout ça!

Nous sommes accueillis par une guitare wah wah déchainée. 'Once and for All' choisit ensuite une direction soul chaude avec une basse discrète et une frappe sautillante.
Güray chante, plein de chaleur et de conviction, au sujet d'une déception. Les cuivres et choeurs tournent à plein régime et font, merveilleusement, monter une mayonnaise onctueuse.
Tarkan triture sa guitare avec beaucoup de finesse et son solo, escorté à l'orgue par Sezen, reste un régal.

Next track please! Un son clair frappe d'entrée, laissant entrer une grande bouffée d'oxygène, où le blues s'exprime librement. Un roulement de tambour annonce le riff tueur qui ouvre les voix du bonheur.
A un wah vintage répond un wah excité comme un chien. La gratte, loquace, frétille, l'orgue, plus discret, bouillonne, les cuivres lustrés se réservent pour le refrain.
On connait un Tarkan fredonnant 'Kiss kiss', Mumkule lui, obsédé, embrasse, malaxe et triture sa guitare.
'In for the kill' qui parle d'une femme à charmes, séduit et nous achève au solo de trompette bouchée.

Quel groove! Les complices Batur et Hasan à la basse et batterie nous enterrent, comme avec une masse, profond dans le sol, et nous écrasent sans pouvoir respirer, la sueur coule.
Même enterrés, on bouge encore le pied (c'est le pied?)! Cordes et touches sentent juste un effleurement langoureux.
Les cuivres, au son noir, rutilent, friment, balancent.  Un solo de sax chaud sonne (courtesy by Özgür Şengül).
'I need time' '... to get you out of my mind', la vérité si je mens, ce funk moite s'enfonce direct dans le crâne sans besoin de vaseline et il faut du temps pour s'en sortir.

'Long gone' agit tel un classic funk blues voluptueux. Il donne une furieuse envie de sauter sur les rebonds de la baguette et la basse charnue. La voix se rapproche de celle d'Andy Powell (Wishbone Ash).
Les cuivres graciles soufflent la braise sur laquelle la 6 cordes n'hésite pas à se frotter. Sans bavardage, elle possède une réplique foudroyante. La classe!

La gratte, très funky, tricote une maille à l'envers une maille à l'endroit. La batterie distribue les tchic tchac et ponctue par des claquements secs, la basse dodue se dandine.
Les cuivres, percutants, éructent et soulignent le solo humide du clavier que les choeurs féminins texturent. Polyphoniques, ils ont un caractère indépendant et bien trempé.
Chez les Talking Heads, on entend 'Burning down the house', ici 'Bringing Down the House', peu importe, le résultat est le même, ça déménage grave en syncope.

'Down a Winding Road' plutôt que 'Long and winding road', un leitmotiv qui va revenir plus loin. L'atmosphère sent l'exotisme paresseux.
La baguette reste sur ses rebonds mais le reste de l'instrumentation s'allonge tranquillement au soleil. La guitare prend son courage à plusieurs cordes et se fend d'un solo débridé.
Au final, les choeurs dégoulinent, il fait trop chaud!

'Little isle' se prélasse carrément sous un soleil au plus haut. La basse, imposante, borde la composition diaphane.
Les cuivres partis à la plage, l'orgue et une guitare hawaïenne essaient de donner un peu de profondeur.

'Country Joan' (of Arc ou of Arkansas?) commence par un coup de fil, ça sent vraiment les vacances. Le morceau passe d'un groove décontracté à un rockabilly relâché et retour.
La guitare se fait un ptit come back 50's dans un rock country sans prise de tête.

Changement de cap! La slide vicieuse empêche le camionneur de s'endormir au volant. Tarkan conduit sur la longue et sinueuse route du 'Trucker's Blues et creuse son sillon.
On ressent la fatigue dans le souffle de l'harmonica interrompu par des mèches allumées à la six cordes, toute en vibrations.
Toujours sur la ligne blanche,'I keep on drivin'... un travail de pros, viril et qui va se poursuivre juste après.

Weekend! Le routier change son bahut contre une bécane. 'Reaper On Wheels' répond à Easy Rider.
La distorsion du riff incite au mouvement déhanché. Dans un bruit de moteur, on voit la piste serpenter.
Un blues-rock qui dégage un bonheur sauvage!

Ce voyage varie les paysages, un blues chaud et classieux sur les 5 premières plages, puis un prélassement exotique sur les 3 suivantes pour finir avec 2 blues-rock farouches.
L'attaque du blues demeure maitrisée, très agréable, et même addictive par instants. Les boules! Inutile de détruire la maison! Les fondations très solides peuvent accueillir une suite confortable.
 

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2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 10:26
Album - Trope – Eleutheromania
Album - Trope – Eleutheromania 
 
Beats Mee Records
 
(michel) 
 
T'es bien assis, t'es pas la gueule de bois, des chiffres et des lettres ( surtout) ne te donne pas la nausée, t'as fait du latin-grec, tout va bien, alors... on a pris contact avec Capelovici, il nous a éclairé: Trope = un argument que les sceptiques grecs utilisaient pour démontrer l'impossibilité d'atteindre une vérité certaine et pour conclure en conséquence à la suspension du jugement. Autre possibilité: une figure par laquelle un mot prend une signification autre que son sens propre.
Voilà pour le nom du groupe californien.
Leur premier album a reçu comme intitulé Eleutheromania .
Diderot, oui, celui de l'Encyclopédie et de 'Jacques le Fataliste et son maître' est aussi l'auteur du poème 'Les Éleuthéromanes' écrit à la gloire de la liberté, puisque "Eleutheromania is an intense and irresistible desire for freedom", l'extrait le plus cité étant " La nature n’a fait ni serviteur, ni maître. - Je ne veux ni donner ni recevoir de lois".
Un insoumis, quoi!
Parenthèse fermée, elle servait à t'indiquer qu'on n'a pas glissé dans le lecteur un disque bricolé par des analphabètes.
On ne trouve aucune trace de Trope avant 2015, depuis 2016 le groupe passe son temps dans les studios pour enregistrer des démos, il faut attendre l'automne 2021 pour voir et entendre le fruit de leur travail repris sur le premier album "Eleutheromania".
Et la scène?
En 2019 ils ont tourné en Europe comme support pour King's X, ils ont participé au Summerfest .
En 2021, ils se sont tapés quelques dates en Europe de l'Est.
2022 devrait être l'année du breakthrough. 
 
Les protagonistes: la figure centrale, Diana Celes Studenberg on vocals, elle officie également au sein de Divine Astronaut et s'exprime en tant qu'actrice et voice actor/Joe Ciccia – Guitar/ Moonhead - Guitar and producer, fait partie du projet Divine Astronaut / Todd Demma - Bass ( un gars qui a tenu les baguettes pour Abby Travis ou Black Francis e a ) / Sasha Siegel (Stone River) - Drums.
 
Tracklist:
Lambs (4:41)
Plateau (3:54)
Breach (3:39)
Shout (3:54)
Surrogate (3:28)
Hyperextend (3:38)
Pareidolia (3:13)
Planes (3:42)
Privateer (3:04)
Seasons Change (4:05)
 
Kris Pearn qui est crédité pour l'artwork doit être un fan de Hipgnosis qui a signé la pochette de' Animals' pour Pink Floyd. On retrouve tous les éléments de l'illustration d'Animals  pour parer l'album de Trope: un bâtiment ressemblant comme deux gouttes d'eau à la London’s Battersea Power Station, le ciel nuageux, mais au lieu d'apercevoir dans les cieux couverts un seul cochon échappé de l'Animal Farm de George Orwell, Kris en a lâché une petite dizaine, ces braves ongulés ailés se déplacent dans les airs à la manière d'une colonie d'oies sauvages fuyant la métropole fumante et puante.
Autre différence avec l'oeuvre d'art d' Hipgnosis, un soleil resplendissant darde ses rayons brillants donnant un caractère moins sinistre à l'usine représentée en pastel gris.
 
Les agneaux ne vont pas mourir à Broadway, les ' Lambs' qui nous occupent sont amorcés par une ligne de basse répétant un motif harmonieux avant l'entrée en piste de la voix caractéristique de Diana, guitares et batterie se lancent dans un dialogue courtois, au bout de deux minutes le son s'alourdit pour prendre des tonalités Tool.
Coup de frein pour prendre un virage serré, redémarrage et montée en puissance pour partir crescendo vers un final sentant la poudre.
C'est pourtant doux un agneau...
T'as pas bien capté le message.... Dressed like lambs but wolves with teeth caring for no one other than themselves...
Le second morceau est servi sur un joli 'Plateau' aux décorations progressive metal , le timbre de la chanteuse, dont les parents affichent des origines multiples, allemande, belge, polonaise pour le père, espagnole et marocaine pour la maman, prend des intonations Amy Lee ( Evanescence), musicalement également le groupe de Little Rock peut avoir agi comme source d'inspiration, au même titre que A Perfect Circle et dans une moindre mesure les Allemands de Guano Apes.
Gros travail de Sasha aux drums tandis que les guitares alternent accords clairs et riffs virulents, comme la mécanique du flux et reflux des eaux en période de pleine lune.
Pas d'accalmie en vue avec 'Brearch' , ça fouette sec, avec un riff de guitare hyper mordant dès l'entame, sortez les menottes, semble proposer Diana, tandis que les copains continuent à tirer tous azimuts.
Cette poudre a l'odeur RATM , du groove metal à l'ossature rythmique d'une efficacité irréprochable pour accompagner le chant musclé de la madame.
La seule reprise de l'album, ' Shout ' reçoit un traitement nettement plus sombre que l'original de Tears for Fears.
T'as vu le chat entamer une séance de headbanging puis vint le bridge, mélodieux, et doté d'un choeur féminin précieux.
La cover a impressionné Curt Smith qui a partagé le titre sur Twitter.
Pour la suivante, 'Surrogate' ( a song about addiction, confie Diana) , Trope a emprunté l'outillage utilisé par Tool pour fabriquer un morceau massif, écrasant, subversif, dans lequel les changements de rythme se succèdent et finissent par te broyer.
Le thème développé dans 'Hyperextend' est celui de l'impact que certaines relations peuvent avoir sur ton esprit .
Diana?
‘Hyperextend’ came from a deep need to make my voice heard...We don’t need to hyperextend ourselves to generate a version of reality that doesn’t exist...
Musicalement la plage trempe à nouveau dans un bain progressive metal affichant quelques boursouflures fusion comme chez Pain of Salvation.
T'en apprends des choses avec Trope, ainsi ' Pareidolia', t'as fouiné, t'as trouvé, t'as collé: Connaissez-vous la paréidolie ? C'est une sorte d'illusion d'optique qui vous donne l'impression de voir un visage au beau milieu des nuages ou sur un objet de la vie quotidienne..
Sont forts, les Grecs, tout comme Trope qui nous décoche une flèche en plein coeur avec ce titre bouillonnant et démonstratif, mené tambour battant. Parlons en des tambours, Sasha Siegel nous gratifie d'un solo baroque sur fond de sirène acerbe, Diana scande ses lyrics sur un tempo saccadé et en arrière-plan les guitares tissent une toile tantôt métallique, tantôt blindés en goguette.
Le patron voulait de l'efficience, il est servi, faudra penser à augmenter le salaire des besogneux!
Démarrage détendu pour ' Planes', pas de vent, pas de pluie, piste dégagée, le décollage se déroule sans anicroches, le bruit des réacteurs ne va pas effrayer Yannick Jadot et ses copains pour lesquels réduire l'empreinte carbone est un cheval de bataille.
Quoi, les envoyer au Qatar, car avec 91,35 % le pays est largement en tête du classement des mauvais élèves.
Bonne idée!
Sinon, ' Planes' ne pollue pas et s'affirme être un des morceaux les plus mélodieux de la plaque.
Ventre à terre, la basse  amorce 'Privateer', après la mise en route de l'alarme,  la plage,  robuste, s'enflamme,  portée par des guitares en mode overdrive, un jeu de batterie athlétique et  menaçant, sur lesquels se greffe une voix à la fois distincte et inquiétante.
Faut pas s'attendre à des concessions ou à des cadeaux pour les plus démunis, ça besogne à la cravache.
' Seasons Change' termine la cavalcade en douceur, annonçant des journées plus lumineuses, et, peut- être, une lueur d'espoir.
Même la voix de Diana semble sereine et offre des intonations Dolores O'Riordan.
 
Un debut album plus que prometteur pour un band annonçant un North - American tour au printemps.
 
 
May 10 – New York, N.Y. @ Irving Plaza
May 11 – Glenside, Pa. @ Keswick Theatre
May 12 – Worcester, Mass. @ The Palladium
May 13 – Quebec City, Quebec @ Imperial Bell
May 14 – Montreal, Quebec @ Corona Theatre
May 15 – Toronto, Ontario @ The Danforth Music Hall
May 17 – Cleveland, Ohio @ Agora Theatre
May 18 – Detroit, Mich. @ Majestic Theatre
May 19 – Chicago, Ill. @ Park West
May 20 – St Louis, Mo. @ Red Flag
May 21 – Minneapolis, Minn. @ Varsity Theater
May 23 – Denver, Colo. @ The Oriental Theater
May 24 – Salt Lake City, Utah @ The Complex
May 26 – Seattle, Wash. @ The Showbox
May 27 – Vancouver, British Columbia @ The Rickshaw Theatre
May 28 – Portland, Ore. @ Hawthorne Theatre
May 29 – San Francisco, Calif. @ The Regency Ballroom
May 31 – Santa Ana, Calif. @ The Observatory
June 01 – Los Angeles, Calif. @ The Belasco Theater
June 02 – Mesa, Ariz. @ Nile Theater
June 04 – Austin, Texas @ Empire Garage
June 05 – Dallas, Texas @ Amplified Live
June 07 – Atlanta, Ga. @ Heaven at the Masquerade
June 08 – Orlando, Fla. @ The Plaza Live
June 10 – Carrboro, N.C. @ Cat's Cradle
June 11 – Baltimore, Md. @ Baltimore Soundstage
June 12 – Montclair, N.J. @ The Wellmont Theater

 

 
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31 janvier 2022 1 31 /01 /janvier /2022 09:24
Album - Crystal Throne - Crystal Throne

 Album - Crystal Throne  - Crystal Throne 

 

NoPo

 Auto-Production

CRYSTAL THRONE 2021

Max Yme, hobby? Youtubeur; Max Waynn? Guitariste. Drenalize, son ancien groupe, donne dans le classic rock, ici, il décide de muscler son jeu (ça me rappelle quelque-chose de 98...).
Terry DeFire, le chanteur, vient de The Hell Patrol (groupe belge de covers Judas Priest)
Max et Terry se rejoignent, dans un même objectif, à l'automne du côté de Metz, et écrivent aussitôt l'album.
Alex Gricar, ex Drenalize aussi, les suit à la batterie ainsi que le bassiste Jefferson Brand, du combo death Catalyst.
Le bataillon naît : cristal pour le raffinement, trône pour le guerrier.

La page de garde laisserait supposer un heavy métal à tendance heroic fantasy.
Dans un univers glacé, au milieu d'un temple dévasté, un ange exterminateur joue le rôle principal.
La gardienne aux grandes ailes, corps enserré dans une armure (à talons haut s'il vous plait), tient dans une main une épée et dans l'autre une hache (ici plus utile que faux cils et marc tôt même si ça réchauffe).
Après avoir achevé sa besogne, des corps d'orcs, taillés en pièces, gisent dans le sang devant elle.
Au dessus, s'élève un éclair vers un cristal scintillant (l'incal de Jodorowsky fait école?).
Le logo du groupe, bleuté, tout de glace et de glaives, signe en haut à gauche.
Bel ouvrage de Velio Josto (concepteur, entre autres, du design 'Empires In The Sun' pour Thorium).

Genre ...
Depuis 2020, on voit poindre en France une sorte de jeune NWOFHM racée dont émergent Crystal Throne, Heart Line, Jirfiya, Lizzard, Nothing but Real, Alpha Blank...


Superbe entrée en matière avec un, puis deux, arpèges superposés et super posés dans de belles harmoniques. Tout s'embrase avec des choeurs virulents et la motivation de la basse et de la batterie.
Plein d'emphase, 'Fate & Triumph' accompagne l'arrivée de vainqueurs dans une ville ou un stade.

'Rise to Glory' enchaîne une évidence. Vif et sec, le titre agit, telle une gifle, une par joue. Le chant, parfois agilement doublé, me rappelle Bruce Dickinson dans ses trémolos.
La frappe claque, la basse tonne pendant qu'un shredder secoue sa guitare. Les vagues déferlent, Wouah ça farte dit Brice!

'Timescape' un voyage dans le temps ou un retour vers le futur? La guitare filante et carrément exaltante évoque les premiers Iron Maiden, la batterie vive connaît son Nicko Mac Brain.
Loin du plagiat, le morceau réussit à réveiller les morts et donne une envie furieuse de bondir.

La voix surprend dans 'Shades of Existence' plus râpeuse lorsqu'elle ne monte pas dans les aigus, totalement maîtrisés. Le morceau galope, sous les éclairs, dans la poussière, sans jamais s'arrêter.
Souvent deux guitares jouent en parallèle, un riff droit en fond, une sinusoïde excitée au dessus avec une grande capacité à varier les plaisirs.
J'en veux pour preuve le solo final quasi prog, NeoGeoFanatic (ADX) étant venu prêter main forte.

En vla du shred en vla, l'entame de 'Steelbirds' ne craint pas la comparaison avec Yngwie Malmsteen. Dextérité et célérité obligent!
Le riff acéré indique la bonne direction et tout le monde suit sans poser de questions.
La batterie frappe devant, en éclaireur, et la basse reste en arrière garde. Des choeurs virils insistent sur le reflet de l'acier.

Changement d'ambiance avec 'Foreshadowed Sands' sombre, basé sur une rythmique lourde et profonde.
Le tempo reste monolithique. Guitares et voix s'arrachent et n'hésitent pas à monter dans les aigus.
Old school, les teintes orientales font référence à Babylon.

Le renfort de la jeune guitariste Sonia Anubis (Crypta) se fait sentir dans cette composition longue et plus complexe, 'Valkyrie Ride'.
Des choeurs vigoureux viennent scander les fins de vers (de terre) et une voix death sort de sa crypte de temps à autre. Le solo de guitare émerge, cinglant.
L'accélération finale fait forte impression par une vivacité virtuose.

Dans 'Mechanical Tyranny' se succèdent, harangues agressives en cavalcades, et d'entraînants passages épiques plus mélodieux.
Compte tenu de son intro théâtrale, le morceau se resserre, à la fois court, et direct. Il termine par une hystérie vocale.

S'il n'en fallait qu'un, ce sera le dernier. C'est probablement la meilleure carte de visite du groupe raccord avec l'identité collée sur la pochette.
Deux arpèges éblouissants, prolongés d'une envolée foudroyante, ouvrent divinement 'Cristal Warrior'. J'y retrouve un mélange de Saxon et Iron Maiden.
On peut qualifier ce morceau de ballade guerrière. La voix saute, avec une belle maîtrise, du chant crooner aux escalades lyriques en passant par quelques phrases rugueuses.
La guitare se montre aussi versatile que prolifique alternant riffs, arpèges, murs bétonnés, soli aériens, un vrai récital!
Cette composition, très ambitieuse,  de plus de 8'00, maintient l'attention de bout en bout et achève magnifiquement l'album sur une belle satisfaction.


Dans les 80's, l'album viendrait trôner naturellement aux côtés d'Iron Maiden, Saxon ou Yngwie Malmsteen's Rising Force voir Queensryche.
Sur ce disque, le 1er effet vivifiant se transforme, progressivement, en une allégresse au fur et à mesure de l'imprégnation.
Le cristal contient du plomb (surtout pas dans l'aile) qui le rend lumineux et la finesse de sa taille multiplie les éclats.

Tracklist:
1 - Fate & Triumph
2 - Rise to Glory
3 - Timescape
4 - Shades of Existence
5 - Steelbirds
6 - Foreshadowed Sands
7 - Valkyrie Ride
8 - Mechanical Tyranny
9 - Crystal Warrior
Mix and master by Claude Hilpert at Dogged studio

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30 janvier 2022 7 30 /01 /janvier /2022 08:28
Album - Jackson+Sellers - Breaking Point

Album - Jackson+Sellers - Breaking Point

 ANTI- Records.

( michel)  

 

Peter Sellers ( Chief Inspector Clouseau) n'a aucune fille jouant de la country, les singer-songwriters Jason Sellers et Lee Ann Womack, si: Aubrie Sellers, qui jusqu'ici s'est fendue de deux albums: 'New York City Blues' et ' Far from Home'.

Aubrie a une copine, Jade Jackson de Santa Margarita ( Californie),  fille de Jeff et Lindsay Jackson qui tiennent un restaurant dans ce bled,.

On écoute un client: The food is like what you’d find in a good French bistro, but then you look up at the walls and see LPs of Dolly Parton and Hank Williams hanging there... du coup, Jade se lance dans la musique country et enregistre deux plaques: 'Gilded' et 'Wilderness'.

Eté 21, les filles décident de combiner leurs talents pour former le duo Jackson-Sellers, fin octobre un premier jet voit le jour: "Breaking Point''.

Non, Djoker, aucun rapport avec le tennis, il doit s'agir du point de rupture, elles le chantent... I’m at the breaking point You’re breaking me, baby...

 tracks-

The Devil Is an Angel (2:22)
Breaking Point (2:50)
As You Run (3:38)
The World Is Black (3:01)
Waste Your Time (3:36)
Hush (2:35)
Fair Weather (3:54)
Wound Up (2:12)
The Wild One (3:34)
Has Been (4:36)
 
Crédits-
Jade Jackson – Vocals, Acoustic Guitar
Aubrie Sellers – Vocals, Mellotron, Bebot
Ethan Ballinger – Guitars, Synth, Keys
Matty Alger – Drums, Percussion, Synth, Bells
Rich Brinsfield - Bass

Produced by
Ethan Ballinger

Co-produced by
Aubrie Sellers

Recorded and mixed by
Brandon Bell at The Cabin Studio, Nashville, TN

Mastered by
Pete Lyman at Infrasonic Sound 
 
La photo de pochette a été réalisée par  Ashley Osborn .
Les deux filles ( canon) sont allongées sur le sol, euh pas de rapprochement avec les nanas peu vêtues que tu vois sur 'Electric Ladyland' de Jimi, ni avec la reine morte sur un album des Smiths. Jade et Aubrie, indolentes, adoptent une pose langoureuse et tentatrice, si tu penses à Courbet, tu dois prendre rendez-vous avec le psy.
Sur fond carmin, leurs tenues,  et chevelures, d'un noir de jais frappent les imaginations.
 
L'album s'ouvre sur une reprise rock, musclée, de 'The Devil Is an Angel' de Julie Miller, une chanteuse country qui avait collaboré avec la maman de Aubrie sur l'album 'Some Things I know'. 
En 2010, Janiva Magness avait déjà proposé une version voodoo rock du downtempo écrit par Julie.
L'instrumentation rugueuse, reposant sur des guitares agressives et  les filles, bien en voix, secouent le cocotier, tiens-toi à carreau. 
Après cette entrée en matière explosive, elles enchaînent sur le titletrack du disque, ' Breaking Point', un titre plus country mais non dépourvu de piquant, les guitares métalliques et les effets reverb ajoutant une pointe de psychédélisme à ce morceau byrdsien au féminin.
' As You Run' was inspired by my little sister, avoue Jade.
Cette tendre ballade aux effluves Cowboy Junkies mise sur la corde sensible et  doit ravir les amateurs d'harmonies vocales aériennes et de fluidité instrumentale.
Ethan Ballinger fait grincer sa gratte sur le noisy et sombre“The World Is Black”.
 Distorsion à gogo, effets d'écho corrompus, ça crépite de partout,   tu  y ajoutes les voix hantées des filles et tu obtiens une des plages les plus décapante de l'album.
' Waste Your Time' comme ' As You Run' a été écrit par Jade Jackson, mais ici pas question de sentimentalisme, le ton est à la hargne.
Dis, mec, faut me le dire si t'as l'impression d'avoir perdu ton temps avec moi... well you wasted my time, too!
Ethan se lâche une nouvelle fois et les filles rugissent en choeur, ce qui procure un caractère grungy à ce rock track  en forme d'uppercut.
Un titre baptisé ' Hush' se doit d'être pépère, non?
Pas toujours, écoute le ' Hush' de Billy Joe Royal dans la version de Deep Purple, c'est chaud , comme le dit le mec de la pub.  
Le titre doux-amer  de Jackson-Sellers est porté par une guitare délicate et des vocaux méandreux, il fait appel à la berceuse  ' Hush, Little Baby'  mais pas en  utilisant les accords  et le chant saccadé de Metallica dans ' Enter Sandman', la jolie mélodie décrit, de manière imagée,  la vulnérabilité d'une jeune fille touchée par une  flèche  tirée par un Cupidon peu fiable, elle n'avait pas compris qu'elle allait se faire avoir et  rester... with her wings thorned, her feathers torn, unable to fly.. . 
Ils sont quelques uns à vouloir rapprocher ' Fair Weather' à la country pop éthérée d'une Kacey Musgraves, le titre étale  des ingrédients dream pop   l'éloignant des normes country traditionnelles.
Not “sufficiently country” pour espérer un Grammy Award à Nashville, ce qui ne nous empêchera pas de craquer pour les voix célestes d'Aubrie et de Jade, ni pour l'orchestration proche du Wall of Sound cher à Phil Spector ou aux sous-estimés Walker Brothers.
Le féroce uptempo  ' Wound Up'  joue la carte country rock saupoudré de rockabilly et de blues crasseux.. 
Dans les rodéos ce ne sont pas toujours les broncos mâles  qui font preuve de la plus grande impétuosité, il arrive qu'une jument en rogne désarçonne le rider en moins d'une seconde.
'The Wild One' was written by Mike Chapman and Nicky Chinn and was first released by Suzi Quatro in 1974.
 Jackson et Sellers ont décidé de ralentir sérieusement l' hymne  glam rock speedé pour nous offrir  une version bourrée de groove, d'épaisseur et  de twang.
Une franche réussite!    
L'album prend fin sur une troisième cover, 'Has Been', de l'impeccable Shannon Wright, reçoit un traitement salement granuleux pour mourir sur une outro volcanique.
 
Jackson+ Sellers: une association qui fait des étincelles et a produit  un premier disque   répondant  aux attentes les plus exigeantes..
 On aimerait les voir sur scène, pas de bol, leur site mentionne  "there are no upcoming tour dates".
 
Too bad!
 
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29 janvier 2022 6 29 /01 /janvier /2022 14:48
Pandapendu « Pandapendu » EP

 Pandapendu « Pandapendu » EP

 

Upton Park

( NoPo)

 Yann Olivier c'est Craftmen Club, Thomas Howard Memorial, Stade... Le goéland du Goëlo, qui se risque en Argoat, perd ses plumes mazoutées et laisse pousser ses poils soyeux.
Une solide amitié avec Elouan Jegat à la prod. (Skopitone Cisko, Stade, THM) et l'Australien voyageur/poète de Binic (ou inversement) aux textes (Dewaere, Le Super  Homard) couplée à l'interprétation musicale de Thomas Kerbrat (THM, No Pain No Pain, Tiger and The Homertons, JMK...) à la patterie et Grégory Perrochon à la basse, libèrent le côté ensoleillé de Yann qui se lâche dans Pandapendu
Adieu la tristesse du Pendu Yann, bonjour la douceur aimable du Panda Yannou! A ne pas confondre quand même avec Pandi Panda de Chantal Goya. Gentil oui mais ya des limites! 

Le gars monte le truc il y a un an seulement et s'essaie au live dans le coin (Binic, Plouha... Saint-Brieuc  - review))
Ce 28/01/2022, après les clips 'Ruskov' et 'Vaporise' et après le zoo de Beauval, le panda accouche d'un EP 5 titres (produit par Elouan JEGAT et masterisé par Sebastien LORHO).

L'esthétique du visuel, imaginé par Laurent Guillet, attire l'oeil et le bon (celui qui apprécie). Dans un couloir exigü, aux murs mats, et qui connaît les échecs, l'ectoplasme du panda déclenche une ondulation arc-en-ciel.

'Ruskov' entre carrément dans le cadre du tube (ça a un cadre un tube? Remarque oui, un vélo en a bien un!). La ligne de basse gonflée et sautillante (aussi classe qu'un disco à la New Order) marque un rythme chaloupé sous le motif dessiné par Thomas.
L'animal (we are) plane au dessus de sa voix fragile et sereine qui voit double au final. La mélodie lumineuse file sous une pluie de notes de synthé et quelques apparitions de mellotron dont Yann est friand.
La vidéo (Grinderz House, Antoine Le Guevel) filme un road trip passant allégrement d'une Jaguar à un caddy et retour, featuring l'homme invisible et 2 skateuses voleuses.

Dans 'Vaporise', Yann change de monture. L'ambiance musicale rappelle un peu Thomas Howard Mémorial en plus joyeux, l'effet Panda sur Solex sans doute. Dans ce clip (du même shooter), clin d'oeil au caddy, toujours présent, mais occupé cette fois par Elmo (Rue Sésame).
La caravane Diamant accueille les potes Yann et Elouan qui a préféré le poney au solex. La mélodie transpire le bonheur d'une amitié. J'entends la voix d'Elouan se mêler avec ravissement.
Le clavier tintinnabule sur une cadence au trot. Un envoûtement total du début à la fin.

La plage 'Summertime' souffle aussi chaleureusement que son titre. Une pop raffinée déroule avec beaucoup de naturel. Thomas travaille son pattern en rupture et Gregory, économe, place ses notes en harmonie.
Le clavier occupe discrètement les espaces et les vocaux de Yann prennent paresseusement le soleil. Quelques petits gimmicks électros amènent un air insouciant et guilleret.

L'intro de 'Falling in love with you' ressemble à l'esprit de Maxwell (qualité filtre, pas la peine d'en rajouter!) avec cette sonorité kitsch et ce son de trompette décalé.  On y ressent un flegme britannique 'down under' même sans la voix du crooner.
Perchée, décontractée, la mélodie défile sans heurts. Basse et batterie jouent simple et collectif. Seul le clavier se permet quelques excentricités.

'My tragi-comic mystery' (paroles David Michael Clarke) prend une voix plus basse. D'ailleurs, la basse ronde d'abord avec la batterie en ondes dans l'eau, flirte ensuite, main dans la main avec des nappes de clavier évanescent.
Le développement va crescendo, les claviers escaladant la mélodie et Yann montant plus haut. Un instant de grâce merveilleux.

Cette musique, remarquable, faussement facile, mérite une écoute quotidienne et une diffusion cosmique.
Elle agit comme un vaccin contre la morosité. Tant qu'à se pendre, faisons le par les pieds, le monde est plus beau à l'envers.
Le panda a tout compris, on peut se pendre à son cou. Dans un cadre de vie assombri, il faut savoir se réfugier près de nos certitudes, l'amour et l'amitié.

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24 janvier 2022 1 24 /01 /janvier /2022 14:09
Album - Deep Purple - Turning To Crime

Album - Deep Purple - Turning To Crime

 earMUSIC

( michel) 

 

Le Purple a-t-il encore quelque chose à prouver? 

Non, bien sûr.

 Lorsqu'en février 1968,  Jon Lord et  Ritchie Blackmore s'associent avec Nick Simper, Ian Paice et Rod Evans, pour former Roundabout, un nom qu'ils n'ont pas piqué à Yes, qui n'existait pas encore, rien ne laissait supposer que cette formation, devenue Deep Purple quelques mois plus tard, allait défrayer les chroniques et devenir un des porte-paroles d'un genre nouveau: le hard rock. 

22 albums studio, plus de la moitié disques d'or, des salles remplies aux quatre coins du monde, des classiques à la pelle ( Black Night, Speed King, Smoke on the Water, Child in Time, Highway Star, Strange Kind of Woman, Woman from Tokyo, Burn....) , des centaines de tribute bands ( notre préféré Strange Kind of Women) , et récemment,  enfin, une intronisation dans le Rock and Roll Hall of Fame.

Qu'est ce qui pousse ces septuagénaires à encore pondre des albums?

Le plaisir de faire de la musique ensemble, sans se prendre la tête, sans viser le sommet des charts, s'amuser comme des gamins, c'est tout.

'Turning To Crime' ne fait pas l'unanimité, le plus gros reproche pour certains, c'est  d'être un album de reprises, voilà le Purple réduit au statut minable de coverband, c'est oublié que les plus grands se sont prêtés à ce jeu: John Lennon et David Bowie en tête.

Sans oublier que quelques premiers hits des pionniers étaient déjà des reprises:' Hush' de Joe South , 'Kentucky Woman' de Neil Diamond ou 'Lalena' de Donovan.

Alors, pas question de bouder son plaisir, on pose la rondelle sur le vieux tourne-disque, en sachant que l'idée de l'exercice vient du producteur, Monsieur Bob Ezrin!

Tracks.

01. 7 And 7 Is (LOVE)
02. Rockin' Pneumonia And The Boogie Woogie Flu (Huey "Piano" Smith)
03. Oh Well (FLEETWOOD MAC)
04. Jenny Take A Ride! (MITCH RYDER & THE DETROIT WHEELS)
05. Watching The River Flow (Bob Dylan)
06. Let The Good Times Roll (Ray Charles & Quincy Jones)
07. Dixie Chicken (LITTLE FEAT)
08. Shapes Of Things (THE YARDBIRDS)
09 The Battle Of New Orleans (Lonnie Donegan/Johnny Horton)
10. Lucifer (BOB SEGER SYSTEM)
11. White Room (CREAM)
12. Caught In The Act (Medley)
 
Crédits:
 
Deep Purple
 
Ian Gillan – lead and background vocals, percussion
Steve Morse – guitars, co-lead vocals on "The Battle Of New Orleans"
Roger Glover – bass, keyboards, percussion, background vocals, co-lead vocals on "The Battle Of New Orleans"
Ian Paice – drums, percussion
Don Airey – keyboards
 
Musicians
 
Bob Ezrin – background vocals, co-lead vocals on "The Battle Of New Orleans"
Leo Green – tenor sax, horns arrangement
Matt Holland – trumpet
Nicole Thalia – background vocals
Marsha B. Morrison – background vocals
Gina Forsyth – fiddle
Bruce Daigrepont – squeeze box
 
Pochette: les cinq vieillards sont transformés  en malfaiteurs. Un fichier de type Canonge doit permettre à la police scientifique de disposer de tous les signes distinctifs ( photo du visage,   taille,  tatouages, couleur de cheveux,  compte en banque, nombre d'éjaculations précoces, etc...) utiles pour les repérer en cas de délit, dès leur sortie de geôle.
 
C'est en 1966 que  Love  sortait '7 and 7 is', un mix de garage et de psychédélisme, déjà repris par pas mal de bands, des Ramones aux Electric Prunes, en passant par Alice Cooper ou Robert Plant. La version de D P  n'apporte pas grand chose de neuf si on la compare à l'original, même si  le côté  démoniaque fait place à un  double solo. Steve Morse et Don Airey, les derniers arrivés, sortent l'artillerie lourde pour donner un cachet pourpre au morceau d'Arthur Lee.
Reprendre en plein Covid le vintage rock track ' Rockin’ Pneumonia And The Boogie Woogie Flu' de Huey 'Piano' Smith, c'est pas un peu opportuniste?
Ici encore, Don Ayrey s'amuse comme un petit fou avec un jeu de piano très Jerry Lee Lewis, même s'il avoue s'être inspiré de Professor Longhair. En passant il nous fourgue quelques mesures de ' Smoke on the Water'.
Quant à Ian Gillan  , il n'a pas fallu des heures pour le convaincre de reprendre ce classique pur jus , il aime le bon vieux  rock'n'roll, comme il le chantait du temps des  Javelins.
A noter la prestation consciencieuse de  Leo Green et Matt Holland aux cuivres
Sur ' Oh Well' de Peter Green, c'est au tour de Steve Morse de se faire plaisir, il se lâche pour placer un solo en forme de fusée.
 Certains regretteront la finesse d'un Peter Green, mais force est de constater que le morceau n'a pas à pâtir des effets épiques  imaginés par l'ancien Dixie Dregs.
Il est à noter que Deep Purple a escamoté la seconde partie acoustique et aérienne  du morceau  pour ne conserver que Part 1.
'Jenny Take A Ride' sonne plus  Deep Purple que Mitch Ryder and The Detroit Wheels, une tonalité  compacte et la voix légèrement traînante de Ian Gillan attendent le solo du marin amphibie.
 Eh, Jenny, sors de ton trou, viens écouter cette partie de piano folle de Don avec un final caoutchouteux, c'est d'ailleurs ce dernier  qui a suggéré aux autres d'inclure cette bombe sur l'album .
Et qui pépie joyeusement derrière monsieur Gillan?
 Nicole Thalia et Marsha B. Morrison, des nanas qui peuvent arborer une belle carte de visite comme backing singers: Tom Jones, Lionel Richie, les Who pour Nicole, la seconde étant plus spécialisée en gospel.
Plus étonnante est la reprise de 'Watching The River Flow' de Bob Dylan.
Le  blues de Dylan, bien aidé par Leon Russell au piano et Jesse Ed Davis aux riffs cinglants , devient  rock musclé dans la version proposée par les vétérans anglais.
Un conseil, t'approche pas trop du cours d'eau, si par mégarde tu devais trébucher et te retrouver à la flotte, tu risques de boire la tasse, le torrent  est  tumultueux. 
Les horns à l'honneur sur l'introduction 'de  Let the good times roll' de Ray Charles,  puis la paire Morse/Airey se paye une séquence jazzy, l'Hammond est particulièrement purulent, mais comme le claviériste a plus d'un tour dans son sac, il embraye sur un solo de piano aux senteurs New-Orleans, ,les cuivres rappliquent et Ian y va de son laïus prophétique.
Quoi, on n'a pas encore placé une ligne à propos du travail de Glover et Paice, ben, non, ces mecs sont des bêtes, tu peux pas trouver mieux comme section rythmique, leur enthousiasme est resté intact après plus de 50 ans passés au service du rock.
Comme le disait le fils d'Alain Poiré, qui carbure à la Williams, les papys font de la résistance et c'est pas demain que les vieux de la vieille vont prendre la direction de l'hospice.
Un petit tour au Tennessee pour faire la connaissance de la ' Dixie Chicken' de Little Feat, une nana aux longues jambes, au sourire ravageur et à la descente pas triste, seul hic, la fidélité n'est pas sa qualité essentielle.
Deep Purple tâtant du R'n'B de la Nouvelle-Orléans, ce n'est pas courant, une fois la surprise digérée tu tu laisses avoir grâce au petit solo introductif que Ian Paice a concocté,  le piano dixie de Don Ayrey, décidément très en verve, le timbre sudiste de Gillan et les backings de tonton Bob et de Roger Glover, complètent le tableau. 
Argh, les Yardbirds, pionniers du psychedelic rock, le groupe qui a compté en son sein presque autant de guitar heroes que John Mayall ( parfois les mêmes). Des morceaux tels que ' For your love'  ' Still I'm sad' ou  'Shapes of Things',  avec le fameux  solo de guitare de  Jeff Beck,  resteront pour toujours dans le top hundred des plus grands hymnes rock.
Pour rester à la hauteur, Steve Morse nous livre quelques lignes furieusement  inspirées,  suivies par une envolée prog de l'inévitable Don Ayrey.
Bien joué, les vieux!
La grosse surprise de l'album restera 'The Battle Of New Orleans' avec  son accordéon flon flon (Bruce Daigrepont)  et son violon crin crin  ( Gina Forsyth).
Bordel, jamais tu aurais cru le mec qui t'annoncerait que le Purple allait virer  Pogues  ou country, c'est à tel point que le chat et le chien des voisins ont entamé une polka endiablée.
Un jour, Bob Seeger a rencontré ' Lucifer', ça l'a marqué, et voilà que l'ange déchu vient importuner Deep Purple, qui décide de reprendre le rock du bon  vieux Bob pour mouliner en roue libre.
Du coup ça remue sec de l'autre côté du Styx.  
' White Room' semble avoir été écrit pour Gillan, qui se sent à l'aise dans cette chambre aux rideaux noirs.
La version proposée sur 'Turning to Crime' n'est pas foncièrement divergente de l'original de Cream.
On sent tout le respect que le band voue au trio Clapton, Bruce, Baker. 
Puissance, virtuosité et efficacité sont bien  au rendez-vous.
Le medley ' Caught in the act' ( près de 8') ponctue  l'album, un piano, démarrant en ragtime pour devenir hystérique, invite les danseurs  à se démener.
 Après 60 secondes, tu reconnais ' Going Down' de Don Nix, un cheval de bataille de Freddie King, 'Green Onions' de Booker T suit, avant un détour vers le Southern rock des Allman Brothers ( Hot' Lanta).
T'es confus, Led Zeppelin aussi, ' Dazed and Confused'  déboule pour se fondre dans ' Gimme Some Lovin' du Spencer Davis Group, le pot-pourri  s'éteint sur quelques coups de baguettes de Ian Paice.
 
Quand Deep Purple aura purgé sa peine pour avoir pillé le patrimoine archéologique du rock , il remontera sur scène, d'abord aux States, puis sur le vieux continent, ils sont annoncés au Graspop et au Hellfest.
 
Tu n'as pas encore ton sésame, c'est le crime du siècle ( merci qui?)!
 
 
 
 
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