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  • : Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
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22 décembre 2021 3 22 /12 /décembre /2021 17:05
EP - MONOKINI – Merci Bisous

 EP - MONOKINI Merci Bisous

 

 Sire Bernard Productions / Idol

( Michel) 

 

Tartuffe, quel faux cul, tu t'imagines ... couvrez ce sein que je ne saurais voir... en 1964 il a sauté dans le premier train vers Saint-Tropez pour reluquer, à l'aide de jumelles téléscopiques polarisées, la naïade qui avait enfilé un maillot de bain en topless.

1964, c'est aussi   "Sha la la" par Marie-France ou Les Surfs  fredonnant "A présent tu peux t'en aller", Sheila arborait de ridicules couettes et Sylvie se voulait la plus belle pour aller au bal.

La France twistait, le yéyé triomphait.

2021, la pratique des seins nus est en voie de disparition, le yéyé ne fait pas le poids face au rap,  heureusement, quelques  irréductibles ( Guillaume Zeller, Oliver Smith, Yann Féry, Benjamin Vairon et Brunehilde Yvrande) ont décidé de reprendre le flambeau pour nous plonger dans les happy sweet sixties et  nous faire danser pour oublier toutes les contraintes imposées depuis plus de deux ans.

Ils ont opté pour l'étiquette Monokini et  nous livre, enfin, un premier jet , l'EP ' Merci Bisous'  , après avoir sillonné toute la France pour égayer bals, soirées dansantes, privées ou ouvertes à tous, dîners en musique et fêtes paroissiales.

Présentation des adeptes du bronzage, presque intégral: 

La carte de visite du compositeur, musicien, arrangeur et chanteur,  Guillaume Zeller éblouit: Izia Higelin, Corine, Alex Beaupain, Patricia Kaas, Nouvelle Vague, Elodie Frégé, Mélanie Pain.

Le bassiste Oliver Smith a accompagné, e a ,  Clou, Renan Luce ou Nolwenn Leroy.

Chanteuse, DJ, illustratrice et praticienne chamanique, Brunehilde Yvrande s'entend, notamment, sur un album de Sébastien Lovato. 

Benjamin Vairon a été le batteur des Kargol's, puis celui de Cali et Yann Féry ( guitare),  a joué chez Melissmell , Alexis HK ou Lisa Portelli. 

 Tracklist:

1. Quand c'est non, c'est non !
2. Mon papa ne veut pas
3. Toujours là
4. Le temps du rock'n'roll
5. Tu avais raison
6. Merci bisous

Brunehilde Yvrande (chant) Yann Féry (guitare), Guillaume Zeller (guitare, sitar, orgue, guimbarde,   ukulélé, Juno 60, percussions, chant,) Oliver Smith (basse), et Benjamin Vairon (batterie/chant).

 

Ze pochette montre une gamine masquée faisant la moue, elle est affublée d' une cape jaune, attachée au -dessus d'une jupe rétro  à carreaux . Le justicier masqué fait plus recette que la poupée Barbie, t'as intérêt à faire gaffe, Fifi Brindacier  va régler son compte à Benoît Brisefer , ça va chier!

On ignore si "Quand c'est non, c'est non !" est dédié à Nicolas H ou à Gérard D ou encore à PPDA, on s'en balance, en fait, mais  écrire une chanson à texte, faussement naïve, sur des beats  piqués à Chubby Checker ou Danny and The Juniors, c'est nettement plus marrant que d'entendre Orelsan  débiter 'Sale Pute' .

Rythme tendu, batterie allègre, guitare sautillante, clap, clap, clap bondissants et voix féminine enfantine, on n'avait plus autant ri depuis le concert des  Kitschenette's au Binic Folks Blues Festival.

Moins de deux minutes, il n'en faut pas plus pour succomber au tempo Nino Ferrer infernal sur lequel est construit ' Mon papa ne veut pas'.

Un petit orgue rappelant ' Wooly Bully'  de Sam The Sham & The Pharaohs et des guitares saturées , mais bon Dieu, qu'est ce que papa a contre le rock'n'roll.

 OK, fumer ses Gauloises, c'est pas bien, brosser les cours, c'est nul, mais le rock'n'roll; tout le monde sait que c'est bon pour l'âme!

A l'hospice, les vieux!

Le drame:  je suis ' Toujours' là' mais tu ne me vois pas ( featuring Mélanie Pain aux vocals)!

Pourquoi les mecs tombent-ils toujours amoureux de l'autre, de celle qui s'en fout, de la  silhouette qui disparaîtra ( merci Jill Caplan).

Tu dis, France?

Je ne demande pas que tu sois gentil ... Mais que tu m'aimes un peu ... Je ne demande pas que tu me souris .... Mais que tu m'aimes un peu....  Car tu ne me vois pas et pourtant je suis là!

Tous des goujats, et c'est pas mieux en 2021 qu'en 1967!

Pas mal ce mélo en noir et blanc sur fond musical élastique et choeurs ingénus.

' Le temps du rock'n'roll', non, Johnny,  c'est pas un plagiat de ton 'Tout comme au bon vieux temps du rock'n'roll' , mais ton copain Eddy devrait aimer les guitares country illustrant cette ballade au charme anachronique .

Nous, on  a adoré la chanteuse/ fan du groupe, se mettant en scène et approchée par le guitariste, un fumeur ( pas un fumiste), pour pousser la chansonnette avec Monokini.

Farfisa racoleur, choeurs angéliques et rêvasseries en technicolor, ' Tu avais raison':  les souvenirs sont des illusions, je vais l'oublier, le temps fait son chemin, fini le chagrin, j'ai oublié jusqu'à son nom, le bonheur me tend les bras..... tu vois, il suffit de le vouloir!

Benjamin se charge du chant pour l'ultime flèche ' Merci Bisous'  narrant les mésaventures d'un grand dadais,  bonne poire et amoureux dérisoire  qui se fait avoir sur toute la ligne.

Le corniaud doit avoir lu Marivaux car, très vite, il s'est trouvé une autre Flaminia qu'il couvre de baisers collants.

Cette bluette  innocente s'appuie sur un fond sonore tout aussi ringard, à base d'ukulele et de oooh, oooh, oooh visqueux!

 

 

Avec ce premier EP coloré,  Monokini délivre un exercice de style aux saveurs  vintage, bourré de trouvailles facétieuses.

 

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20 décembre 2021 1 20 /12 /décembre /2021 13:23
Album - Epsilon Sky by Sandstone

Album - Epsilon Sky by Sandstone

 

NoPo

 

 Limb Music Products

 

 SANDSTONE Epsilon sky 2021

5è pierre à l'édifice pour Sandstone après un vide intersidéral de 8 ans.
2006 Tides Of Opinion
2009 Purging The Past
2010 Cultural Dissonance
2013 Delta Viridian

Le groupe irlandais existe depuis 18 ans déjà. Sean McBay et Stevie McLaughlin fabriquent, en effet, leur grès (grey?) en 2003.
Grace à un commentaire élogieux de Bruce Dickinson et des tournées avec Tim 'Ripper' Owens (devenant même provisoirement son support band), les musiciens se forgent une belle réputation.
Le changement de batteur et l'arrivée d'un second guitariste, confortent et étoffent le jeu solide et sophistiqué des musiciens. En 2014, Thomas Alford remplace à la basse, David, frère de Stevie, puis, à nouveau, changement de batteur et second guitariste.
Seuls les 2 'S' résistent et garantissent l'estampille. Sous ce nouveau ciel, Stevie devient un peu le couteau suisse, il compose, joue de la guitare, produit, enregistre, mixe et vu qu'il lui reste un peu de temps, il réalise le logo et l'artwork.

Line-Up 2021
Sean McBay - vocals
Stevie McLaughlin - guitar
Thomas Alford - bass
Dee Kivlehan - guitar
Eamonn McNaught - drums

La jaquette du 1er album ravivait, quelque-part, 'Metropolis Part 2: Scenes from a Memory' de Dream Theatre, ou 'Still life' de Fates Warning, deux influences palpables.
Le cinquième élément, dont l'intitulé commence par la 5è lettre de l'alphabet grec, évoque un décor sci-fi cinématographique.
Un personnage, aux allures de Fantomas en costume bleu, enlève un faux visage humain, couvert d'un masque noir anti-Covid (au fond, un personnage similaire, pas démasqué, tient son téléphone portable).
Sans surcouche, le vrai minois androïde, fondu au gris sous des plaques blanches d'impétigo, laisse percer 2 yeux bleus. A l'arrière plan, des fenêtres, dans les bâtiments d'une ville moderne, dégagent de la lumière.
La totalité de cette image s'affiche, en fait, sur un smartphone dans la main d'un protagoniste dont on devine les doigts au dessus de l'écran et la paume à l'angle bas droit où se termine l'inscription du titre de l'album.

Quelques légers et brefs pincements de cordes ouvrent en contrepied (doigt?) du tapping à la dextérité impressionnante qui suit. Le son synthétique et tournoyant produit un effet accélérateur 4g (et sans smartphone).
Une double pédale grosse caisse? Une mélodie pêchue et travaillée? 'I know why'... c'est pour creuser un 'true' métal progressif.
La voix aigüe de Sean possède un timbre situé entre Geoff Tate (ex Queensryche) et Axl Rose (Guns and Roses).

Là, une pulsion entraîne 'Cuts to you' dans une mélodie enivrante mêlant guitares électrique et acoustique.
Sean chante avec intensité et détermination. Finalement, 2 électriques, l'une jouant très bas, l'autre plus haut et parfois dans de grandes envolées, strient la chanson plutôt rectiligne.
On entend la basse papillonner autour de la batterie imposante. La guitare, omniprésente, impressionne par sa variété et son agilité.

Ici, un arpège de guitare, piqué de notes au piano, entame de manière plus aérienne puis les baguettes sur 2 toms nous préviennent qu'il va falloir compter avec la batterie.
La voix brûlée marche sur des braises rythmiques. 'Worn soul' décrit bien, par sa signification, cette atmosphère déchirante à l'opposé de la phonétique, une 'âme usée'.

Les dons de Stevie sont multiples, un exemple avec sa voix sur 'Fractured time'. Plus classique que celle de Sean, elle fusionne, sans difficulté, avec la couche instrumentale dans une composition enlevée.
Sur le refrain pop-rock, les voix surmultipliées forment des choeurs brillants. Ailleurs, caché au fond, Sean semble, parfois, s'amuser en voix death.
Le solo de guitare accroche des harmoniques puis file comme une étoile démontrant des capacités cinétiques incroyables.

Un peu d'acoustique, ça fait du bien au fond des esgourdes. Sandstone voulait nous inviter en balade mais leurs instruments ne l'entendent pas longtemps de cette oreille.
L'orchestration de 'Made up' se doit d'être vigoureuse en commençant par le duo cimenté basse/batterie mais quand la guitare s'électrise, pique et touche puis part en vrille, la tension attire l'attention.

'Dies irae' fait le grand écart. Après le morceau précédent léger, la pesanteur de ce titre se ressent, vibrant, au fond du tympan et dans la poitrine.
La batterie mène la danse, passant du plombé sur les couplets, au véloce, accompagné de hurlements, sur les refrains, et négocie les interventions clairsemées mais flamboyantes des 6 cordistes.

Un riff saccadé emmène 'Silhouettes Drown' dans une traversée mouvementée de l'atmosphère terrestre. Il se transforme même en frottements incendiaires pendant que la basse essaie de s'extirper par son propre balancement.
Les guitares zèbrent la mélodie puis finissent par l'embraser. Le chant, convaincant, déroule dans un refrain, aux voix doublées, fluide et captivant .

'Critical' Des notes de piano se posent sur des cymbales émoustillées. Un premier jet de gratte Queen. Après un piano/voix, une acoustique et une basse chaude viennent tranquillement accompagner les vocaux, flottants d'abord, portés ensuite par des frappes sèches et prolixes.
Le refrain, exaltant, séduit une nouvelle fois avec une voix qui s'allonge en bout souffle sur un tempo lent. Et la guitare, la guitare, la guitare mélancolique, éblouissante ....


Je ne compte plus le nombre de fois que j'ai enchaîné les 3 premiers morceaux. Les 2 titres en conclusion s'écoutent, tout aussi avidement, en boucle.
Ceci ne veut pas dire qu'il faut délaisser le reste car l'album s'équilibre remarquablement en qualité, en puissance, en maîtrise technique, en-vie...
L'interprétation, virtuose, ne laisse pas les émotions de côté et on monte, sans effort, dans ce ciel étoilé.


Tracklisting:   
01. I Know Why                  3:59
02. Cuts To You                 4:23
03. Worn Soul                   5:54
04. Fractured Time              5:23
05. Made Up                     5:15
06. Dies Irae                   5:35
07. Silhouettes Drown           4:03
08. Critical                    6:11
CD only Bonus Track:   
09. The Last One                3:58
Produced, recorded, engineered, mixed and
mastered by Stevie McLaughlin

All songs arranged by Sandstone
All music composed by Stevie McLaughlin
All lyrics written by Sean McBay

Vocals on “Fractured Time“ by Stevie McLaughlin

Cover artwork and illustrations by Stevie McLaughlin
Logo design by Stevie McLaughlin       

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18 décembre 2021 6 18 /12 /décembre /2021 08:28
Album - Tensions par Azure Wolf

Album - Tensions par Azure Wolf 

 

Produced, mixed and mastered by Stella Music Studio and Will Beasley Recording Studio

( michel) 

  Le projet initial de la singer-songwriter Victoria Backle (de Vernon) était de se produire solo sous l'étiquette Azure Wolf.

Tout évolue dans la vie, elle se ravise et décide de s'entourer de musiciens pour donner plus d'envergure à ses compositions, Sean Spencer ( basse ,  synthé),   Isaac Foltz ( lead guitar) et Tommy Moore ( drums) la rejoignent, le groupe  tourne, enregistre quelques singles avant de produire un premier full album, ' Tensions', il y a quelques mois.

 

Tracks.

01. Black Fur 03:10
02. Chateau 05:19
03. Honey Rush 04:48
04. Secrets 04:30
05. Earth Didn't Stop 04:05
06. Crash And Burn 06:09
07. You Belong To Me 05:32
 08. Love, Mother 05:13

 

Victoria Backle - singer/songwriter & rhythm guitar
Isaac Foltz - Lead guitar & backup vocals
Thomas Moore - Drums
Sean Spencer - Bass & Synth
 
Une pochette originale, une rose sur fond noir qui donne naissance à une sculpture représentant une femme nue d'une blancheur de marbre ( de Carrare), par un jeu subtil la statuette se multiplie et semble vouloir prendre un envol.
Si cet artwork doit éveiller un tableau en toi, ce sera La Naissance de Vénus de Sandro Botticelli.
 
A propos de ' Black Fur'  Victoria raconte: “Black Fur is a conceptual song, inspired by personal experience, about the struggle of disassociating from traumatic experiences. It represents the moment of disconnection and becoming someone else. It was one of the first songs that Azure Wolf worked on together.”
Avec des sonorités proches de Fleetwood Mac ( époque américaine) de 10,000 Maniacs ou de Lone Justice , le morceau mixe les ambiances shoegaze ( de superbes guitares), la dream pop et l'alt country de par le timbre attachant de la frontlady.
Avec ' Chateau' le groupe propose une ballade introspective, sombre et tourmentée,  toujours portée par des guitares incandescentes, sur lesquelles se greffe une voix pleine d'émotion. 
Le dark pop track ' Honey Rush' s'avère plus mordant que les plages précédentes, les lyrics sont à la fois lucides et alarmants, ... The moon only wakens my soul Call my name, when you take my blood It's a slow, straight honey, honey... chante la madame d'une voix résolue. La batterie imprime un rythme d'enfer, bien soutenue par une basse bondissante, tandis que les guitares  viennent te déchirer le cerveau.
Il faut varier les plaisirs, ainsi ' Secrets' est porté par une voix mâle, Victoria assurant les choeurs, ce midtempo s'inscrit dans la lignée Stevie Nicks/ Lindsey Buckingham pour câliner les oreilles en manque de soft rock.
Et ne viens pas nous enquiquiner avec les mots vaseline ou mainstream, c'est tout simplement habilement exécuté et agréable à l'écoute, il n'y a pas de secrets!   
En mode valse, voici 'Earth didn't stop', elle continue à tourner, mais tu n'es plus là!
Dans un second mouvement la somptueuse mélodie fait place à une déflagration impressionnante, soulignant le désarroi de la jeune femme qui ne digère pas la disparition de l'être cher.... It's a lonely, lone, lone, lone Lonely, lone, lonely world down here... c'est par ces mots qu'elle clôture la chanson.
Ils ont sorti l'acoustique pour le folk rock ' Crash and Burn' qui offre la même force de frappe que les versions acoustiques enregistrées par Guns N' Roses.
La voix est convaincante, la mélodie imparable, avec un coup de chapeau pour les sonorités de claviers célestes qui décorent l'arrière-plan!
Une rupture ce n'est jamais marrant, ..I’d rather hide in the woods and make my great escape than choose a battle with you when you’re out there waging war....
Mec, c'est fini, je ne t'appartiens pas, ne me considère plus comme un bon coup, tire-toi, maintenant! 
Carly Simon, Bryan Adams, Vera Lynn,  Jo Stafford, Ringo ( celui de Sheila) , Jennifer Lopez, Dean Martin, ils ont tous interprété un titre baptisé ' You belong to me' .
Azure Wolf  nous livre un aveu d'amour inconditionnel, présentant des effluves allant de la  country au  folk et au rock. 
La voix de la chanteuse s'extirpe des entrailles, elle   ne peut que t'émouvoir.
Le groupe s'est payé une licence pour fabriquer des power-pop ballads irréfutables.
L'exercice s'achève avec le poignant  'Love, Mother'  qui confirme tout le talent de compositrice de Victoria Backle ainsi que la maîtrise totale de ses capacités vocales, elle passe sans peine de la profondeur à la tendresse, de la rugosité à la caresse.
Avec Isaac, Thomas et Sean, la jeune dame  s'est trouvé une équipe de choix pour mettre en valeur ses textes, ce  dernier titre, grandiose, mixe l'intensité d'un Madrugada à l'exigence des productions signées The National.
Un premier album, un coup  de maître!
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15 décembre 2021 3 15 /12 /décembre /2021 12:16
That BLOND B!TCH - album -   The Beast

That BLOND B!TCH - album  - The Beast

NoPo 

River Monster Records

 

 THAT BLOND B!TCH The beast 2021

Mado, au chant, Nico à la guitare, Alice, à la basse (ces 2 derniers, mariés), Madeleine, à la batterie.
Les 3 premiers se connaissaient et Madeleine a été recrutée par petite annonce (et gros effets). Mado, 19 ans, apporte une belle fraîcheur.
Le couple officiel amène l'expérience, fort de l'aventure 'Talia' depuis 2001 (et en partie à Los Angeles).

L'artwork (by Mado) se livre simple, direct et monochrome à l'image de leur style musical.
La typographie s'imprime frêle et cassante, voire nonchalante, limite branleuse avec cette clope allumée remplaçant le 'i'.
Une certaine atmosphère de décharge bordélique dans l'intitulé (comme 'Garbage' en son temps) mais la décharge peut aussi *être sonore.

8 morceaux, 25 minutes, pas loin d'une performance des Ramones (dont Nico décalque l'attitude).
On les rapprochera plutôt de l'urgence des Stooges ou du punk entre Daysy Chainsaw et Br(rr)atmobile (qui possède son 'Bitch Theme') avec des traces de crasse grungy.
1.Head Spin 03:17
2.Shout Baby Shout 02:51
3.Cigarettes 03:39
4.Good Girl 02:39
5.The Herd 03:15
6.Smash & Shatter 03:04
7.The Beast 04:46
8.Horror Town 03:06
Music: Nicolas Costa
Lyrics: Alice Thomas
Mastering: Fabian Tormin

Une approche d'abord lointaine précède un allumage au riff crade et tournoyant. Une alternance claire, avec un rythme incitant au hochement de tête, laisse la ligne de batterie imperturbable.
Qui a dit Moe Tucker? Une cassure fait croire à un abandon abrupt mais finalement, on gagne un 2ème tour de 'Head spin' dans le garage.

La voix gracieuse de Mado tranche avec la frappe brute de Madeleine. Les choeurs répétitifs crachent leur jus dans un riff distordu alors que la basse, de son côté, vit sa vie de riff mélodieux.
"On te met au défi de ne pas gueuler ' Shout Baby Shout ' au diapason!" écrit Michel. Vrai! Impossible de réfréner cette envie 'Do it gain do it again do it again!'

La batterie cogne fortement, prise dans l'étau monolithique de la basse. A la suite, cette assise laisse toute latitude aux escapades variées sur les cordes.
Le tambourin s'invite sur un refrain enjoué alors que, sur les couplets sombres, se succèdent droits coups (sans faire rire) et uppercuts enroulés au menton, en deux temps (3 mouvements).
Pourtant au bout des 'Cigarettes', on sent un sourire nicotiné dans la voix harmonieuse de Mado.

La guitare produit un bruit de moteur, mal réglé, derrière des frappes lourdes et répétitives.
En dehors de ces passages qui sentent l'essence, la voix file, fluide, puis une attaque louche et explosive en bouche (un coin) impressionne la 'Good gir(rr)l'.

Les effluves 90's de 'The Herd' rappellent le grunge de Nirvana, par ce son brodé sur une toile acoustique de guitare à l'intro et par intermittence.
Entre ces instants plombés, le riff résonne, soulevé par les frappes implacables, pendant que la voix glisse, détachée.

Malgré le son, surprenant, de baguettes sur les lames, marié à la guitare, dès les premières notes, 'Smash & Shatter' perpétue cette ambiance grungy par la succession de 2 phases, l'une électrique et fracassée (on perçoit, au fond, une voix death), l'autre, faite de brisures d'arpèges presque nus, qui rappellent le duo instrumental de l'intro.

'The beast' se développe sur un rythme rugueux et pesant avec la basse fondue et une couche floue de guitare dans laquelle les vocaux s'enfoncent.
Un harmonica, hirsute, se réveille vaguement. Un solo de guitare s'accroche aux aspérités d'un son garage.

Le tambour élémentaire d''Horror town' fait la part belle à cette basse dégoulinante qui s'emmêle si bien avec la guitare rêche.
La cadence, intraitable, plaque tous les instruments au sol. Seul, le chant prend ses aises, montant dans les aigus jusqu'au cri quasi primal.

Il est loin le temps où le rock en France rimait avec insuffisance ou défaillance.
En voici, une nouvelle preuve flagrante avec ce jeune groupe qui assimile les codes et assume sa personnalité.
Entre douceur et hargne avec des riffs torves et des percussions basiques, l'équipe balance ses compositions aussi brèves que percutantes.
Prononcer 'That Blond Bitch The beast' fait bégayer son rock comme 'My Generation' en son temps.
Mieux que les initiales BB, TBB correspond à la mention Très bien!

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13 décembre 2021 1 13 /12 /décembre /2021 15:20
Dogsmile – EP - Sparks From The Fire

Dogsmile – EP - Sparks From The Fire

 

Self-Released.

( michel) 

Il y a une vache qui rit, en Suède, un chien sourit!

Et les souris, elles font quoi?

They cry 96 red tears en écoutant  Question Mark and the Mysterians!

La factrice ( quel vilain terme), allons-y pour la postière, a déposé dans ta boîte aux lettres verte, ( qui a dit qu'on fait du greenbashing) ,  une enveloppe timbrée en Sverige, elle contenait un CD, sur la pochette il est écrit dogsmile - sparks from the fire- t'as cherché le feu, les étincelles et le clebs, t'as entrevu un petit animal blanc, comme ta vue baisse tu ne peux affirmer s'il s'agit d'un caniche ou d'un agneau.

Dans un pré?

Non, il est l'arrêt sur une riche draperie d'un rouge vermillon, t'as caressé l'objet, c'était lisse!

  Le tissu ressemble à du velours, au sommet de l'édredon repose une montagne de perles, une sorte de collier destiné à être porté par la reine des Brobdingnagiens.

Qui a imaginé cert artwork?

Ingvar Larsson 

Dogsmile est un groupe suédois dont on retrouve une trace en 1995, année de parution de l'album 'Hey, I Just Wanna Say Hello', t'as été écouté la plage ' A Slap' : sympa !

Il faut attendre 2017 pour un nouvel enregistrement: 'We Walk The Streets With You', l'EP ' Listen to the Quiet' paraît en 2019 , et un nouvel EP, 'Sparks From The Fire' , est désormais disponible.

En fouinant sur le net, tu apprends que plusieurs membres du groupe actuel sévissait au sein de Camouflage, aussi connu sous l'étiquette The Tapirs, un groupe pratiquant un post punk tendu.

Musiciens:

Ingemar Karlsson: gitarr sång
Tinna Jörhall Möller:  ak gitarr melodika sång
Elisabeth J Karlsson:  bas
Ingvar Larsson:  keyboards
Tommy Dannefjord: trummor
Anders Pettersson: gitarr
 
 Tracklist
1 Cry
2 Stay
3 The Promised Land
4 Fire
5 Silver And Steel
 
'Cry', on nous promettait du post punk, on a entendu du shoegaze.
Personne n'a versé une larme, car ce 'Cry' et ses guitares atmosphériques, rappelant ' Under the Milky Way' de The Church, sont tout sauf fétides.
Sinon, une mélancolie hivernale dégouline à grands flots,  silencieuse comme des larmes sans gémissements;
Certaines chansons te laissent en bouche a bittersweet sense of nostalgia, ' Cry' est de ce calibre.
La prière ' Stay' est imprégnée des mêmes climats romantiques.
Les guitares sont toujours aussi éthérées, elles nous renvoient vers des groupes tels que Lush, Curve ou Jessica93, en France.
Les voix apaisantes de Ingemar et de Tinna t'invitent à un voyage astral, avec eux tu fredonnes...    I feel your love for a second, I need you to stay , to stay... tout en contemplant un petit nuage cotonneux, dans lequel tu crois deviner une toile de Magritte.
'The Promised Land' démarre comme un nocturne au piano avant d'entendre la voix d'Ingemar murmurer...  the snow is falling over me, I try to hide under a tree... 
C'est doux et reposant,  un tapis de neige, oui, mais.... I'm a long way from home... un melodica discret va accompagner la marche du solitaire vers la terre promise,  l'ours qui le surveille est bienveillant, pas d'affolement!
 L'orchestration, sans vouloir tout bousculer, devient majestueuse et c'est à la chamber pop de The Divine Comedy , Belle and Sebastian ou Tindersticks, que tu penses. 
Forcément ' The Fire' sera plus ardent, pas que le groupe vire Arthur Brown ou Pointer Sisters reprenant le Boss, mais de petites étincelles pétillent, tandis qu'à l'arrière la batterie de Tommy et les claviers d'Ingvar surveillent les braises.
 Une guitare  scintillante ravive les flammes, un choeur flamboyant surgit de l'âtre avant la reprise du thème.
Qu'il est doux de rêvasser près du feu ouvert tout en écoutant les bûches crépiter.
Un gars au UK entend comme des reflets Robert Smith dans le timbre neutre de Ingemar, peut-être mais sa voix, souvent combinée à celle de Tinna, se colle parfaitement à un morceau tel que ' Silver and Steel' , un nouvel exemple de rock contemplatif,  reposant sur des couches de guitares  ciselées  et des harmonies vocales brumeuses.
 
Game over, cinq titres!
 
Avec ' Sparks From The Fire', Dogsmile signe un disque remettant le shoegaze au goût du jour, il justifie la remarque d'un webzine du UK: "in such dark times as these, shoegaze is the perfect refuge".
 
 
 
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13 décembre 2021 1 13 /12 /décembre /2021 12:27
Little Odetta - CD - Little Odetta

 Little Odetta - CD - Little Odetta 

 

No Need Name

 

NoPo

LITTLE ODETTA 2021

Leur bosse, les Parisiens ont déjà roulé et ça s'entend. Tombés dans la musique à la naissance, ils brassent leurs influences diverses, soul, funk, jazz, blues (et même le reggae auparavant, 3 d'entre ayant joué dans 'GREZOU'), et montent en neige leur rock groovy.
A vos intuitions vous fier, il faut! Dont acte...

En 2019, on se rassemble :
Audrey LURIE chant, textes
Lucas ITIE guitare, musique
Aurélien HERSON-MACAREL basse
Florian CHIGNON claviers
Fabien RAULT batterie

Après patinage du ramage et du plumage instrumental sur les planches, ça commence à envoyer du bois vernis sur un disque cette année! Pour le présenter, quoi de mieux que de l'intituler par son nom? Ben ouais, évident!
La pochette magnifique brille d'un psychédélisme exacerbé par d'innombrables fleurs entrelacées (flower power?), en tons bleus à rouges, en passant pas les dégradés et débordant dans les cheveux noirs du personnage central.
La 'Little Odetta', assise sur un divan orangé, porte robe rouge (reflet sur les joues et les lèvres) et caresse une panthère noire (à qui elle se confie, l'effet du divan sans doute...).
Quelques arabesques de la tapisserie fleurie cache des yeux et têtes d'animaux étranges.
Un ciel de nuit dessine un arc noir en pointe sur le pelage de l'animal (on devinerait presque la coiffure de Odetta Holmes, chanteuse folk américaine décédée... hommage ou mon délire à moi?).
Illustration : Daria Hlazatova
Photos : Clément Caudal
Artwork : Louise Sordoillet


'Make up your mind', aucune tergiversation, on entre dans le vif du sujet aussitôt! Riff fougueux, franc du collier, basse grondante et batterie sèche, assise rock magique et voix énergique s'élancent.
Plus rien ne les arrêtera. Les choeurs du refrain montent dans une chantilly 'Supremes'.

'Don't stop' (plutôt que 'Stop in the name of love') incite à la persévérance. Cette fois, un orgue luxuriant vient croiser le fer avec une guitare funky dérivant vers le bluesy par instants.
Le ton soul prend soin de la voix d'Audrey. Parfois mêlée à des choeurs farouches, elle me fait penser à Nina Attal.

La basse roulante entraîne la batterie à secouer cymbales et tambourins 'I can't help it'. Le rythme (&blues) guide 'Shake' laissant s'échapper quelques fulgurances à l'orgue et un solo fuzzy de guitare.
Le chant enlevé et bien trempé dans un bouillon d'énergie fait couler la sueur. A l'unisson, le clip dynamise une chorégraphie 70's à la Tina Turner sauvage.

'No denying' Toms et caisses s'exclament portant la voix puissante puis la guitare tire un riff à percussions qui donne des fourmis dans les jambes.
Quasi religieuse 'You're the reason', la soul flotte sur le refrain à grands renforts de choeurs gospel. Plus le morceau avance plus je perçois l'ambiance volcanique du second album des Blues Pills.
La guitare démonte progressivement son riff pour aboutir à un passage planant, avant une relance et nouveau coup de fuzzy sur le solo qui clôture

'Waiting for the sun' marque une pose psyché. La guitare propage des sonorités indiennes avant de vrombir au gros grain. Un climat hallucinogène parfumé de champignons doorsiens s'installe.
'Hurry up hurry up hurry up now' Le soleil finit par déclencher un final torride.

Une intro clin d'oeil à Lenny Kravitz précède la voix comme un filet de lave qui nettoie tout. Dans 'You will find someone', le chant, indomptable, grimpe, griffe et gratte, dessine des graffitis.
En se dédoublant, il s'épaissit et glisse entre les interstices cimentant le bloc musical marqué par son rythme et des double stops bluesy.

'Never keep us down' s'ouvre par une 6 cordes blues sonnante à progression trébuchante. Basse/batterie viennent attiser le feu par une cadence rebondissante à grosses bulles.
Le chant parfois tendu ou suspendu, ne peut plus se retenir et lâche des pulsions crachées 'Listen you all' sur des braises instrumentales à salutations hendrixiennes!

'Keep up' démarre comme une finale par une guitare brûlante puis elle se tait pour laisser Audrey se transformer en panthère noire.
Les frappes sur le cercle éclaboussent quelques flaques d'orgue et soudain, l'instrumentation finit par exploser, avant de se reposer sur une guitare loquace passant par plusieurs nuances en commençant par la wah wah.

'Roller coaster', un aboiement et la caisse claire propulse la fusée. Le riff saccadé contribue au rythme éruptif. La gratte, très gourmande, reste en mise à feu permanente.

'Your love' ne nous balade pas. Le ton, d'abord bluesy, s'installe sur un balancement rapide et martial creusé par une basse profonde.
La guitare vient fouetter la bête qui crie et Dieu sait qu'elle aime ça, ça s'entend 'Your love is better'! Le passage central, acrobate et lascif, éblouit les sens et fait transpirer.

'Rhythm' prend sa source dans un marais à ambiance lourde et boueuse.
Le dobro rampe comme un alligator prêt à bondir.
Le chant, plus nasillard, serpente parmi tambours et échos au milieu des esprits.


On pourrait presque enchaîner les encouragements par le côté radieux de la force :
'Décide-toi, t'arrête pas, secoue-toi, ne renie rien, en attendant le soleil, tu trouveras quelqu'un!
Les LO manient, en effet, leurs brûlots rocks et dansants comme les Jedi leurs sabres laser.
Imparables, leurs attaques mélodieuses, vainqueurs sortiront.

1-Make up your mind
2-Don't Stop
3-Shake
4-No Denying
5-Waiting For The Sun
6-You Will Find Someone
7-Never Keep Us Down
8-Keep Up (Can We?)
9-Roller Coaster
10-Your Love
11-Rhythm
Rélaisé par Frederic JAILLARD
Mastérisé par Steve PRESTAGE

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11 décembre 2021 6 11 /12 /décembre /2021 12:40
Madelyn Ann - EP - War​-​Vor

 Madelyn Ann - EP -  War​-​Vor

 

 War-Vor Prod.

 

NoPo

 

Madelyn Ann - War​-​Vor (En mer)  EP 2021

Je n'avais pas vu partir l'embarcation... heureusement, Dominique m'a soufflé l'information venant du Finistère. Pas de Madelon, trop militaire, ni Madeleine, trop belge!
Non, la belle histoire de Madeline commence à Camaret-sur-Mer en presqu’île-de-Crozon (29), son beau village d'origine, pas loin du bout du monde.
Robin Foster, grand breton d'adoption au même endroit depuis de nombreuses années, découvre, dans un bar (il faut préciser, qu'en Bretagne, il y avait plus de bars sur le sol que dans l'eau, mais les deux sont en voie de disparition!), que la bretonne chante et plutôt bien même (pas comme une carpe!).
Il l'invite pour une reprise, dans la langue du terroir, de "Running up that hill" (Kate Bush) puis, pour enregistrer en 2018 "Ma-Unan (Ar Faou)" sur son album « PenInsular II »
https://www.youtube.com/watch?v=ecuxA68sgNk
Madeline, reconnaissante, en profite pour embarquer Gaëtan FAGOT, son guitariste et complète l'équipage :
Madeline ANNE, Chant
Olivier LE HIR (ex 'Calibistrixe' et 'Pandaroo'), guitares, programmation
Gaëtan FAGOT (Robin Foster) , basse, programmation
Brendan COSTAIRE (sorti de 'Frigo'), batterie, tambourin

Enfin, elle peint le nom sur l'esquif, tout neuf, et décide de ne pas nous mener en bateau.
1.Din Eo 03:24
2.War-Vor 03:04
3.Ankou 03:46
4.Bugale 04:23
Mixage : Nicolas Keslair
Réalisation, Masterisation : Gaëtan Fagot
La photo de la pochette, par Olivier Le Hir, montre les ombres des musiciens, semble-t-il, sur un fond de lumière bleutée.


"Din eo" (C'est à moi) au sujet de la liberté des femmes, entame, voix de sirène sur brume de claviers. L'effet, immédiat, introduit un vent de fraîcheur dans le corps autant que dans l'esprit, un vrai courant d'air pur!
"Dieub on evel an avel" Je suis libre comme le vent!
Plusieurs touches au synthé, pleines de finesse, enveloppent un rythme mid-tempo roulant sur des vagues. Les arrangements aériens élèvent l'âme et redressent le poil.
Quel plaisir! Je ne m'enfuis pas je vole...

"War​-​Vor" (En mer) poursuit le voyage envoûtant.
Les notes de piano tombent éparses, la voix de Madeline suffit à quelques éclaircies.
Clavier, basse et batterie s'en mêlent discrètement et le mélange marine. La guitare place quelques rayons, brefs, et autres fulgurances à l'envers.
"Ha war vor  emañ ma c’harantez Gortoz a ran" (Et en mer se trouve mon amour, j'attends)
Un ciel gris sur (mélanco)lit de houle...

Une boucle programmée secoue le flux, particulièrement marqué par un phrasé de tradition bretonne.
La basse gronde et les baguettes saisissent le rebond. L "Ankou" leurre par son clair obscur.
Evidemment, ça parle de mort mais dans une sorte de capitulation.
Le final, moins sombre, laisse flotter la voix douce, doublée en choeurs, tel un soulagement sur la mélodie ondoyante.

"Bugale" (Enfants)
Un rythme lent, un peu électro, lance la complainte. La nappe de claviers et piano, planant en harmoniques, entretient un confort onctueux.
La voix de Madeline vient s'y poser délicatement.
A mi-morceau, un synthé zézayant invite la batterie qui apporte un peu d'énergie, moment à partir duquel interviennent des choeurs d'enfants.
La guitare, en suspension, déploie des ailes couvrantes. La mélodie atmosphérique contribue au transport d'un message de paix et de beauté :
"klaskomp da zerc'hel Ur spered bugel" (Essayons de garder Une âme d’enfant)

Ce trip atmosphérique, rempli d'embruns, incite à monter sur le pont sans crainte du mal de mer.
Jouée avec brio, la musique de Madelyn Ann, passionnante, donne envie d'en entendre plus et de plonger dans une communion en concert.
4 titres iodés pour 14 minutes servent d'apéritif (type vin blanc entre 2 mers), en attendant le plat de résistance, crustacés, poisson et algues au menu, on l'espère.
   
   
 
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11 décembre 2021 6 11 /12 /décembre /2021 08:47
Album - Skalli, Ins & Outs

 Album - Skalli, Ins & Outs

 

 Music Box Publishing

(michel) 

 

Skalli?

Des bijoux de fantaisie? Un négociant en vin? L'ex-belle-soeur  d'une nageuse, chevalier( ère) de la Légion d'Honneur devenue actrice? Un requin cultivé?

C'est tout? T'es en manque d'imagination?

Leur page YouTube spécifie: SKALLI, c’est deux musiciens parisiens fans de folk et de rock anglo-saxon, qui s’unissent dans les années 2010 pour faire vivre et partager leur musique et le son vintage de leurs idoles (Neil Young, David Bowie, le Velvet Underground).

Des précisions?

Florent Skalli ,  chanteur, multi-instrumentiste, dont le nom figure au line-up de plusieurs groupes parisiens au début du siècle, avant de le voir mettre le cap vers les States où il est enrôlé par l'équipe des Headgear Recording Studios ( R .I. P; depuis fin 2012), où il fréquente quelques individus pas idiots ( TV on the Radio, Yeah Yeah Yeahs, Moby,  Phosphorescent, Massive Attack, Animal Collective, etc....) et Serge Descombes, qui, sorti de la fosse, s'est mis à la batterie, on le retrouve au sein de, e a,  Orouni.

En 2012 paraît le minimaliste  ' Stories' , au succès confidentiel et, près de dix ans plus tard, la paire lâche 'Ins & Outs'  qui se veut plus ambitieux.

Tracklist:

01. I Feel Fine (2:30)
02. If You Fall (3:58)
03. Keep It for Yourself (4:29)
04. Lost Cause (4:49)
05. Pantomimes (3:22)
06. Pennsylvania Avenue (3:42)
07. The Ashes of Mine (4:48)
08. The Day Will Come (5:27)
09. The King of Rome (4:42)
10. Try Me (3:05)

Musiciens -   Florent Skalli (voix, guitares et claviers) et Serge Descombes (batteur, choeurs) + Virgile Allien à la guitare et à l'harmonica et Pierre Guérant à la basse.

Sur scène, Skalli recrute  Paul - Herry Pasmanian (basse, chœurs) et Galindo Cuadra (guitares, keyboard).

 

 

 

 

 

L'illustration de la pochette est signée Cléo Descombes, elle représente une dame pensive, qu'on dirait tirée d'un manga nippon, elle se demande apparemment ce que ses oreilles vont entendre dès que la rondelle sera glissée dans le lecteur.

Avec un premier morceau intitulé ' I feel fine', ton cerveau avance immédiatement les Fab Four,  mais ce sont des sonorités folk rock aux accents psychédéliques  rappelant les Byrds , Buffalo Springfield ou le Crazy Horse de Danny Whitten, que tu perçois.

Et comme eux, tu te sens bien,  tu sifflotes le refrain, tandis que des guitares sudistes, soutenues par un tambourin pas mesquin, balayent les airs.

Le midtempo ' If You Fall' navigue  dans les mêmes eaux, on aime beaucoup les sonorités élastiques de la guitare, la voix en contrepoint, les effets psychédéliques aux teintes late sixties  et des harmonies que n'auraient pas reniées America.

On a survolé une interview  donnée à un magazine pas con et appris que  'Keep it for yourself' est une fausse chanson douce, destinée à des gens pas vraiment aimés, des amis ayant trahi.

Après l'intro mélodieuse sur accords ciselés, le tempo monte.

 Le jeu métronomique du batteur permet aux guitares de broder librement, quelques soubresauts impulsifs  viennent supporter le refrain ...whatever you may know, what is it you wanna show, keep it for yourself ...  auquel succède un doublé de guitares digne de Wishbones Ash.

Super, ce morceau!

'Lost Cause' n'offre aucun coloris salsa à la manière des ' Causes Perdues' de Bernard Lavilliers, ici encore, l'inspiration est à chercher du côté de la scène psychédélique de LA , la sunshine pop, pratiquée par des gens aussi recommandables que Love,  Quicksilver Messenger Service ou Spirit .

Des harmonies vocales soignées, des la la la la 's quelque  peu racoleurs et des changements de rythme brusques, caractérisent cette plage habilement travaillée.

Le single ' Pantomines' , ses lignes d'harmonica précieuses, son sifflement allègre,  succède à la cause perdue. Les guitares alternent passages acoustiques et lignes électriques, elles te donnent une furieuse envie  de caracoler dans les champs, de cueillir une pâquerette pour la coincer entre  tes dents et de sourire à la vache qui te regarde bêtement. Malheureusement, ce n'est qu'un rêve, ça fait une semaine qu'une pluie immonde inonde prés et bosquets,  les vaches se cachent et les merles ne chantent plus.

Ne cherche pas la 'Pennsylvania Avenue' à Auch ou à Montauban, pour l'American Dream, direction Washington DC.

Prends ton temps, regarde les filles et écoute ces guitares décontractées!

Quoi, tu aimes J J Cale, nous aussi!

'The Ashes of Mine'. 

A force de fumer, je suis devenu cendre, c'est pas de Bowie mais d'André Santini.

C'est qui ce Santini?

L'acteur?

Non, un juriste qui fait de la politique.

Il fume quoi?

Des gitanes, mais n'utilise pas un billet de 500 francs ( nouveaux) pour allumer sa clope.

Assez plaisanté, revenons à nos agneaux.... un peu de poussière sur les doigts qui grattent l'acoustique mais un chant  propre et lumineux.

C'est le style de truc que tu veux entendre à ton enterrement, les cendres, tu les balanceras dans l'océan, un jour où il n'y a pas trop de vent.

Non, Johnny, un jour viendra tu me diras "je t'aime", ' The Day Will Come' raconte une autre histoire, un jour je pourrai compter sur toi , qu'il chante,  et les guitares batifolent, et t'as envie de fredonner le refrain, et elle va t'aimer et vous serez heureux et  vous écouterez Wilco, REM et pourquoi pas The Band!

Et le  Dave Matthews Band ?

Ouais, on continue?

Envoie...

Un downtempo satiné: 'The King of Rome' , rien que l'intro  à l'acoustique va te séduire, et puis si tu te prends pour Néron et que tu n'as nulle envie de partager le trône, on s'en fout, car nous on n'a pas l'ambition de diriger le pays, on veut juste profiter du moment présent, on prend la vie comme elle vient, maybe we'll be dead before we know, pas grave, c'est beau la vie, à Rome ou à Maubeuge.

 

Et puis, il faut que le voyage s'achève et donc voilà le rock 'Try Me'  ses guitares tranchantes, son appel à plus d'espace, aux cavalcades débridées, c'est chouette de terminer avec le morceau  le plus punchy de la collection.

 

Avec ' Ins & Outs', Skalli signe un album qui s'éloigne à mille lieues de la plupart des productions made in France pour nous projeter dans un univers plus proche de Tom Petty, de Bob Seger que de celui de Soprano ou de Kendji Girac, qui s'en plaindra?

 

 

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7 décembre 2021 2 07 /12 /décembre /2021 16:47
Album - 'Songs From The Elkhorn Trail,' Jim Lindberg

Album - 'Songs From The Elkhorn Trail,' Jim Lindberg

 

 Epitaph Records

 

NoPo

 Jim Lindberg - Songs From the Elkhorn Trail 2021

Avec un 'H', Lindberg aurait pu traverser l'Atlantique, il se contente, ici, de nous envoyer ses voyages musicaux.
Le gars, parfois bien énervé, compose, dénonce et le hurle dans Pennywise depuis plus de 20 ans, il était temps de souffler et de revenir aux racines de son enfance!

La très belle pochette de Bob Dob fait référence à 'Elkhorn Trail' près de la maison de Palm Desert où vivait le père de Jim (décédé en 2018).
Un dessin coloré présente Jim, assis, à la guitare, accompagné d'un PC portable allumé, devant un feu de camp. Qui consomme le plus?
Canettes, bouteilles, mégots et paquet de cigarettes jonchent le sol sec. Jim n'est pas en reste!
Une mule bien chargée, de couvertures, pichets, et d'un skateboard, semble apprécier la musique, contrairement à un élan dont les bois et ossements se perdent à terre.
En fond de paysage, la montagne contraste avec une forêt d'éoliennes défiant des sortes de palmiers qui lui font face.
Tout en haut, l'écriture jaune, du titre et du nom de l'artiste, frêle et tremblotante, barre les 'O' et marque d'une croix les 'I'. Jim, fragilement, fait son bilan, près de l'os, en 12 diagnostics courts.
01. The Palm Of Your Hand
02. I Feel Like The Sun
03. You're Not Alone
04. Hello Again
05. Don't Lay Me Down
06. Not One Of Them
07. Blood On Your Hands
08. Good Enough
09. It's Only
10. The Basement
11. On Fire
12. Long Way To Go

Produit et mixé par Tedd Hutt (GASLIGHT ANTHEM, LUCERO, DROPKICK MURPHY'S)

Les premières notes irrésistibles évoquent un Petty beatelsien et la voix, légèrement nasillarde et couverte, me fait penser à Graham Parker.
'The Palm Of Your Hand' peut servir autant à une baffe qu'à une caresse. Ici, on a droit aux 2! Les paroles fluides sont touchantes.
La guitare tout comme la batterie assure le rythme pendant que la basse, très musicale, se promène librement.
Le style légèrement folkisant dégage une atmosphère sereine avec choeurs et frappes dans la paume des mains.
Les 'whoa-oh' faciles à chanter embarquent le moindre auditeur passant dans le coin : "I said whoa-oh let your feelings show, You got the answer in the palm of your hand"

'I Feel Like The Sun' déverse une couche de claviers soyeuse au ton très américain. On est inexorablement entraîné dans une danse encore plus éloquente lorsque le souffle des trompettes mariachis surgit.
C'est si réconfortant de se baigner dans une telle évidence. Pourtant le constat semble rude :
"Cause I feel like the bastard son Of the vile and unlucky ones Riding off in the desert sun"
Le solo de trompette, culotté, déshabille nos préjugés. La plage nostalgique, cependant optimiste, invite à se charger au feu du soleil "But inside I’m still burning up".

'You're not alone' marche dans les pas d'une ballade vive et joyeuse au clair de lune. On suit avec entrain le type sympa qui gratte les cordes sensibles de sa guitare folk.
Michael Stipe (REM) pourrait nous accompagner. Les baguettes balayent plus qu'elles ne frappent dans une ambiance à la basse musicale.
"You got more friends than you will ever know", même si tu te sens seul, tu n'est pas tout seul!
D'ailleurs, voici les potes qui l'accompagnent sur l'album :
Marc Orrell Guitare
Joe Gittleman Basse
David Hidalgo Jr Batterie

'Hello again' interpelle par sa légèreté derrière des paroles mélancoliques lourdes de sens.
'My kingdom for a drink, It helps me not to think,... loneliness is my only friend'
Les accords de guitare ponctués bientôt par une corde en virgule font lever le coude et les sanglots dans la poitrine.
Au bout, un piano de saloon dégage des effluves de whisky et convie les buveurs à chanter en choeurs.

'Don't Lay Me Down' s'écoute religieusement auprès d'un feu de bois et d'une tente, image identique à la pochette.
Un violon vient nous faire frissonner malgré les flammes "Don’t Lay Me Down - Don’t Fall Asleep I’m drowning and I can’t speak".
L'auteur exprime une espèce de sensation de dépouillement face à la disparition de son père.

'Not one of them' sonne richement. Il contient des 'whoa-oh' de choeurs émoustillants qui correspondent au contenu lyrique des textes.
Ils dénoncent les faux amis et encouragent à ne pas leur ressembler.
Le refrain "The cold hearts – the fickle friends Don’t ever let me become one of them" claque, imparable.

'Blood on your hands' marie harmonica et voix avec une guitare véloce. Juste une impulsion au pied et une basse discrète viennent compléter l'instrumentation sobre.
Pas de sang sur les mains mais la main sur les cordes conduit ce morceau countrysant, totalement adapté à une soirée intime autour d'un feu de camp, un moment favorable à une remise en cause.
Le constat demeure sombre "Look around there’s nobody left you can trust... What happens when no one remembers your name?" 

'Good enough' comporte un balancement de la main sur les cordes tout aussi vif. Cette fois, guitare/voix suffisent à construire la structure de cette chanson rudimentaire et au message triste et simple :
"No one ever tells you that this life could be like this No one ever tells you that the streets at night are rough" qui se termine sur une timide éclaircie "They may have killed the body, but our dreams will never die'.

Le violon vient faire pleurer les cordes que les doigts frottent et le poil gratté se dresse et le coeur se serre, et ça suffit...
Un thème sur la brièveté de la vie "It’s only – a show that never lasts ... It’s only – a life then it’s gone too fast".

'The basement' s'avance âpre et quasi nu, juste une boite à rythmes, sommaire, une guitare, sans fioritures, et un chant, sans effet, puis un saxo rugueux s'invite par surprise au final.
Pour les paroles changement de cap à 180, Jim affirme d'emblée "Don’t take me down to the basement I really don’t wanna go" et conclut par "Let’s Go Down to the basemеnt I really do wanna go!".

'On fire' invite un harmonica sur une cadence élevée, marquée d'une simple frappe au pied.
Le débit de paroles essaie de suivre le rythme rapide de la main sur les cordes. En sortie, choeurs et roulements viennent participer au grand feu de joie pour la poursuite de ses rêves "Tonight I’ll set this town on fire".

'Long Way To Go' il y a du chemin parcouru, il en reste à parcourir... d'où je viens, où je vais, dans quel état j'erre, état d'âme et questionnement universel :
"Sometimes I don’t know where I’m going Can’t remember where I’ve been".
La guitare sèche accompagne la voix dépouillée, parfois juste entourée d'un violon.


Cet album sincère me rappelle celui de LUCERO que j'avais eu l'occasion de chroniquer début Janvier.
L'examen introspectif de l'artiste donne lieu à une expression libératoire perceptible dans sa musique facile à mémoriser.
Les chansons sont imprégnées de ses origines et du souvenir positif de son père.
Un bel hommage qu'il réussit à partager.
 

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6 décembre 2021 1 06 /12 /décembre /2021 17:00
Album - Brave the Storm · Manora.

Album - Brave the Storm · Manora.

 Independent label

 

NoPo

 
MANORA Brave the storm 2021

D'un seul coup de lentille à la pochette (artwork by Romulo Dias, photos Cristel Brouwer), on peut avoir une intuition quant au contenu.
Un ciel tempétueux enveloppe une jeune femme, aux cheveux longs, dans une belle éclaircie.
Au milieu d'un tourbillon de poussières, elle porte une robe blanche de mariée.
Certainement la voix qui va braver cet ouragan, probablement, à teneur symphonique.

Le guitariste Ivo Visser et le claviériste Arthur Stok commencent l'écriture de leurs compositions il y a déjà quelques années (et à visser leur stock donc, ouch!).
En 2016, le groupe néerlandais se stabilise avec l'arrivée de Tijn Scholtze à la batterie, Tomasz Kisielewicz à la basse et la chanteuse Mirte van der Ham.
Un premier EP 'Dreamshapes' voit le jour en Septembre 2017.
Le single 'Wired to Obey' anticipe, cette année, la parution de l'album (où l'on retrouve 'Endgame' et 'Dreamshapes' du disque précédent).

Comme souvent dans cette catégorie de métal, les musiciens ne font pas dans l'avarice, ici 12 titres pour près d'une heure.
Les textes, simples et oniriques, évoquent douleur et déception, rejet de notre monde haineux, affirmation de soi-même, recherche de sa destinée...

'System shutdown' ouvre, sans plantage, avec choeurs opératiques, cymbales, tambours... et grandiloquentes trompettes et ça tempête sec! On pense à Within Temptation ou Delain, la chenille déroule superbement huilée.
Le chant de Mirte sonne diablement clair. Les claviers s'en donnent à coeur joie, la rythmique consistante permet à l'instrumentation de papillonner.
Final en jolies notes de piano posées sur vinyle (bien vu Arthur) et enchaînement sur la plage suivante...

Les petits craquements se fondent dans la pluie qui coule sur le voyageur. Le piano chemine doucement puis les baguettes de Tijn roulent et embarquent l'orchestre en emphase.
La double pédale galope, on sentirait presque le vent contre nos joues. Les choeurs symphoniques et les cordes tapissent le fond de mélodie.
'The traveler' file sans heurts à la vitesse de la lumière.

La cadence saccade à l'entrée de 'Break your fall' mais c'est pour mieux s'envoler mon enfant.
Le développement alterne pas de pachyderme guidés par des murailles de voix et accélérations de félins. La guitare de Ivo, souvent en filigrane, se permet un court solo brillant.
Le morceau développe la puissance de ses chevaux et les ruades jusqu'au bout des 6 minutes.

L'intro au clavier accrocheur de 'Wired to obey' flatte notre pavillon qui s'abaisse, aussitôt vaincu. Un single convaincant et séducteur.
La voix angélique de Mirte rappelle les intonations de Simone Simons (Epica). Les harmonies mêlées, choeurs, voix principale accaparent l'attention et diffusent une sérénité irrésistible.
Le rythme solidement marqué entraîne le mouvement de la tête. Les choeurs opèrent en fluides ardents.
Le solo de guitare bref glisse soyeusement sur des frappes lourdes.

Un clavier tourbillonnant précède un rythme régulier juste interrompu par quelques breaks ou passages plus calmes.
'Pull the Strings' galope avec facilité et on le chevauche avec plaisir.

'Endgame' fait sonner les claviers comme des violons survoltés. L'ambiance power metal prédomine et pourtant, aucun solo ici!
La mélodie veloutée caresse le fond des tympans et la voix de Mirte n'y est pas pour rien.

'Another destiny' semble laisser le 1er rôle à la guitare bipolaire mais les claviers fondus aux choeurs vaillants reprennent vite le dessus.
Le rythme se plait dans la vélocité et ça pédale à la grosse caisse. La basse tonique de Tomasz, contribue constamment aux effets puissants.

Le piano de 'The Heavens' arrive à point nommé pour casser le rythme effréné et soutenu depuis la ligne de départ. Les claviers servent d'écrin à la belle voix de Mirte.
La batterie n'intervient qu'après mi-morceau. Des pluies de violons sur gouttes de piano arrosent la jolie ballade émouvante.

Les émulsions de cordes frottées lancent allègrement 'Symphony of lies'. L'emphase gonfle avec les claviers luxuriants et la magie opère comme les murs de choeurs.

'Dreamshapes' le titre justifie un envol éthéré et angélique mais Manora ne peut pas s'en contenter, ce n'est pas son essence.
Le jeu de guitare, plus en avant et vigoureux, s'approche un peu plus du power metal. Le chant, lyrique, comme à son habitude, se marie parfaitement à la mélodie exaltante.
Mirte atteint, au final, des notes très élevées qui donnent le vertige.

'The sacrifice' sonnerait presque pop. La variété du chant, permet de dégager un vrai refrain, entraînant et rafraichissant qu'on a envie de reprendre.
Ceci n'empêche pas quelques passages plus progressifs et travaillés mais ce refrain léger reste obsédant.

Une boite à musique, remontée au maximum, surprend au départ de 'A Beautiful Tragedy'. Le rythme syncopé, parcouru de touches au piano, produit un balancement gracieux accompagné par les choeurs.
Après un beau passage aérien, un solo de guitare réjouit avant la voix parlée sur du son de cuivres. Le clavier s'amuse à imiter des chants d'enfants puis, le piano simule l'arrêt progressif de la boite à musique.


L'orchestration ne met jamais en valeur la virtuosité technique, au contraire, l'ambiance générale du disque dégage beaucoup de puissance massive et épique.
La fusion des instruments et du chant forme une cohésion symphonique épaisse avec beaucoup d'harmonies.
Malgré ces éléments qui pourraient faire croire à une musique lourde, un romantisme grisant prévaut et séduit jusqu'au bout du poil.



Tracklist
1 - System Shutdown
2 - The Traveler
3 - Break Your Fall
4 - Wired to Obey
5 - Pull the Strings
6 - Endgame
7 - Another Destiny
8 - The Heavens(Are A Picture Frame)
9 - Symphony of Lies
10 - Dreamshapes
11 - The Sacrifice
12 - A Beautiful Tragedy
Mastering et mixage Roelof Klop
 
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