Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des critiques de concerts
  • : Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
  • Contact

Les prochaines...

Recherche

23 janvier 2022 7 23 /01 /janvier /2022 10:17
Album - Adiant ‎– Killing Dreams

 Album -  Adiant ‎– Killing Dreams 

Black Sunset

( NoPo) 

ADIANT Killing Dreams 2021


Le death metal ne m'accroche pas souvent bien que je lui reconnaisse un aspect technique certain et, contre toute facilité, une volonté farouche de recherche artistique... comment dire? Particulière ...
Je m'en suis approché, timidement, par Moonspell (en 98), puis Paradise Lost, Children of Bodom et Soilwork et je ne lui ai jamais fermé la porte (devrais-je dire, je ne l'ai jamais enterré? Il aurait aimé!).
Cette ouverture laisse entrer quelques extraterrestres tel que Adiant, dont la musique ne s'adresse pas à Dieu. Bon, j'en conviens, je joue 'ptit bras', du Melodic Death, c'est plus 'gentil'!

Les 5 musiciens ne viennent pas de Vienne mais du land de Styrie en Autriche, pas loin de la Hongrie et de la Slovénie.
Patricia Gschier - vocals
Felix Gschier - bass, vocals
René Stoecklmair - guitar
Lizzy Siebenhofer - guitar
Marcus Kürzl - drums
Ils initient leur projet en 2019, au meilleur moment(!), juste avant le Covid. Un signe? Une force? ADIANT signifie 'désir' (aussi jalousie, pas Adieu), dans l'étymologie celtique.
'Killing dreams' pour un groupe plein de désirs, n'incite pas à la gaieté.

On cite Tristania, Leaves Eyes, Epica (et pis quoi encore?). D'accord pour la combinaison métal voix death, voix claire sauf que Adiant ne joue pas sur le côté gothique d'origine du 1er, ni le viking (récent) du second, ni le prog du 3è.
Avec des ni, ni, ni, on obtient une trame musicale franche du collier, plus rock, tout en restant métal (genre Paradise Lost finalement). C'est clair non? Enfin, c'est définitivement death avec éclairs quand même!

Patricia Gschier (ça marche au scrabble?)  et son frère Félix (arrivé de Darkfall au printemps 2020) dirigent l'équipe par l'écriture des textes, le chant et une partie de la musique élaborée aussi avec le reste du groupe et Thomas Reinisch, le producteur.
Patricia possède d'autres compétences puisqu'elle dessine la pochette.

Elle sera 'Rouge' tranche violemment Patricia! Baignant dans le sang, les trames griffonnées, noires suie, essuient tout optimisme.
Un enchevêtrement de corps d'animaux cauchemardesques recouvre le fond : serpents ou oiseaux venus de l'enfer, pattes griffues, bois et cornes, becs, têtes énuclées ou à l'oeil exorbité.
Les intitulés, blanc linceul saisissant, tracent des arabesques gothiques.
Les textes traitent de critique sociale, d'événements environnementaux et de maladie mentale (A votre santé!).

Sommaire
1. Coronation
2. Killing Dreams
3. Hiding Place
4. Give Us A Voice
5. Beloved Distance
6. Lighthearted
7. Burning Bridges
8. Psychosis
9. Insatiable
10. Witches Dance
Recorded and mixed by Thomas Reinisch at Redhead Studios
Mastered by Philipp Wilfinger at Audiophil
Bandphotos by Richard Griletz
Backing vocals "Give us a Voice" by Caroline Gschier
Cover artwork and layout by Patricia Gschier
All Music by Adiant and Thomas Reinisch
Lyrics by Patricia and Felix Gschier


Plein d'assurance, Adiant débute le couronnement par un riff autoritaire déchirant. 'Coronation' lance brutalement une attaque surprise.
Ce qui frappe d'emblée réside dans un son aéré et rentre dedans et cet alliage puissant voix claire, voix death.
Le chant guttural tapisse l'intérieur profond donnant une dimension supplémentaire et le chant de soprano module au 1er plan. Les deux suivent la mélodie dans une étrange harmonie.
La soprano prend souvent la parole, mais polie, elle laisse aussi la grosse voix s'exprimer.
La batterie balance constamment des grenades explosives, cassant les angles que la basse arrondit.

'Killing dreams' fouette un battement de guitare à cordes détendues (mais pas les auditeurs). Une deuxième guitare, plus imposante, l'interrompt jouant les mêmes notes.
Patricia varie les nombreuses possibilités de sa voix dramatique. Son frère, jaloux, growle drôlement.
Cette ambiance d'ombres fantomatiques donne des airs d'opéra death du plus bel effet.

C'est à nouveau un battement de cordes à l'allure mélancolique qui introduit 'Hiding place'. La batterie donne le top départ et on entend nettement les cymbales tintinnabulantes.
La chanteuse confirme la tristesse par une coloration mezzo-soprano en duo avec le monstre. La composition prend ensuite une tournure solennelle, au seul chant féminin, que le refrain bouleverse.
A son approche, l'enchevêtrement des voix reflète le dessin spectral de la pochette.

Le riff profond de 'Give us a voice', très légèrement dissonant, conduit au paradis perdu anglais. Le tempo, plus lent, alourdit l'atmosphère plutôt doomy.
La cantatrice appuie longuement les syllabes. Le duo des voix antagonistes apporte la flamme à ce morceau... give us two voices...

Un arpège, des cymbales, un deuxième arpège... décidément Adiant ne se lasse pas des entrelacements. L'intro la plus longue de l'album nous amène en balade cosmique.
Patricia chante, comme un ange en méditation, au point que son frère n'ose intervenir. Elle atteint des notes parties au bout de la galaxie, Octave m'entends-tu?
L'envoûtement s'opère par petites touches en trémolos. Une piste (la plus longue) grandiose, carrément à part des autres, par son aspect gothique et son solo de guitare atmosphérique.

En contrepied, 'Lighthearted', nous entraîne vers un loup garou sous la lune, avec un riff et une rythmique tendus et rapides, Moonspell es-tu là? Oui, excepté que la voix claire, quasi seule, mène la barque au Rubicon pendant un bon moment.
Le hurlement de Félix intervient sporadiquement à bon escient. Quand les 2 guitares se mêlent, une grande musicalité de style occulte recouvre la plage.

Ne coupons pas les ponts ils brûlent déjà sur 'Burning Bridges'! Phrase de rupture entre la belle et la bête? Drôle de composition très théâtrale, un peu égarée, surprenante! Beaucoup de changements et de dénivelés épuisent.
Le riff déroute aussitôt par une mélodie sinueuse, coupée par des phrases monocordes avant d'entendre la grande prêtresse diriger la cérémonie.

'Insatiable' de riffs, Adiant l'est certainement. Celui-là, urgent, semble contenter Patricia, aux anges.
Félix grogne pour obtenir sa part de gâteau, mais il est souvent laissé de côté et ça l'énerve, il veut tout découper (de là à appeler Patricia, 'Zézette épouse X', il n'y a qu'un pas, vu que le Père-Noël est une ordure!).
Le développement se veut insistant, têtu et bref dans un monde à la Paradise Lost en mode rapide.

Un claquement sec accompagne un nouveau riff répétitif rapidement superposé. Ah, une fois n'est pas coutume, un léger clavier tourbillonnant produit un emballement délicieux et pourtant les guitares restent les patronnes.
Les 2 alouates commencent ensemble mais la femelle prend encore le dessus. Quelques murmures sifflent insidieusement. 'Psychosis', un trouble avoué?

Les roulements menacent Max et atomisent tout ce qui bouge. Les guitares les chevauchent et essaient d'embrocher ce qui s'approche trop près mais Patricia, agile, change de trajectoire à sa guise dans une 'Witches dance' totalement maîtrisée.
L'énergie dégagée prend à la gorge dans une tension constante. Beau final représentatif des grandes capacités du groupe.
Les 3 derniers morceaux s'évanouissent en un clin d'oeil, les 3 minutes paraissant tellement courtes dans l'essentiel.



Un premier album peu commun qui s'écoute d'une traite (la vache!). Parfaitement calibré sur 36 minutes passant en un éclair, il produit une énergie tumultueuse suivi d'un impact fulgurant.
Des guitares en veux-tu en voilà et quelle voix!

 Enjoy! ça s'écoute ici https://adiant.bandcamp.com/releases

Partager cet article
Repost0
22 janvier 2022 6 22 /01 /janvier /2022 08:10
EP - Old Traditions - Labasheeda

EP -  Old Traditions - Labasheeda

 

 Presto Chango Records

 

( michel)

 

T'es vraiment pas en avance, disséquer un mini-album de Noël en janvier, c'est une aberration! 

Peu importe, tu pourras toujours mettre  "Old Traditions" de Labasheeda sous le sapin en décembre 2022.

Il y a un peu plus d'un an, le groupe amstellodamois avait gravé 'Status Seeking' ,  titre emprunté au pianiste Mal Waldron, un album que les critiques avaient couvert de louanges.

It isn’t an album that reinvents the wheel, nor will it change your life, but there is enough diversity and energy to hold your attention. It makes for an enjoyable listen and fans of 90s indie will become misty eyed with nostalgia,  écrivait Reza Mills pour The Sleeping Shaman.

Cette fois-ci  Saskia van der Giessen et ses copains ont sorti un winter EP, assez éloigné de leurs compositions usuelles.

Quatre titres:

  1. Old Traditions
  2. Fireworks
  3. Cold Days
  4. In Reverse

 line-up - Saskia van der Giessen – vocals, acoustic guitar, violin, viola
Arne Wolfswinkel – electric guitar
Renato Cannavacciuolo – double bass
Jan Tromp – drums 

 

Au nucleus ( Saskia+ Arne) s'ajoutent donc deux musiciens supplémentaires: Renato Cannavacciuolo qui avait déjà travaillé avec le groupe et qui fait partie de War at the Explorers Club et de Dead Dove District et Jan Tromp ( avec o,  s v p, pour ne pas le confondre avec un plaisantin ayant squatté la Maison Blanche)  qui a rejoint le groupe peu après l'enregistrement de 'Status Seeking'.

Il est intéressant de noter ceci: The covers are silkscreen printed so every CD is a unique sample. 

  Saskia van der Giessen & Arne Wolfswinkel ont imaginé  cet objet artistique.

La sérigraphie  stylisée en rouge et argent a été dessinée par madame, Arne s'est chargé de la besogne graphique.

Des chansons de Noël, fort bien, mais ne t'imagine pas entendre une copie de ' Mon beau sapin' par Tino Rossi. ' Old traditions' montre, sans doute,  l' aspect  serein de l'univers d'un groupe plus habitué aux sonorités rugueuses , toutefois, la naïveté illustrant les  traditionnels jingle bells  ou let is snow, let it snow, fait place à des considérations moins candides, même si le chant aérien de Saskia et l'instrumentation acoustique collent à l'image des Chrismas Carols bourrés de gentils bergers, de paisibles boeufs , d'ânes gris et de tendres séraphins. 

 ' Fireworks' s'éloigne encore plus de l'esprit de Noël, le morceau crépite, le ciel s'illumine d' étincelles colorées, mais il y a un coin d'ombre, tu n'es pas là, je t'embrasse , oui,  mais c'est un rêve.

Le petit côté PJ Harvey que tu entends en sourdine confère une note contrariante à ce faux cantique.

C'est au travail de  Dominique Van Cappellen-Waldock ( Baby Fire, von  Stoheim, Keiki, Fleur de Feu...) que tu penses à l'écoute de 'Cold Days'.

Michael Gira ou  Enablers ne sont pas loin, non plus.

Un fond musical minimaliste, une voix feutrée, effectivement, on est loin des températures torrides, le morceau  baigne  dans un climat surnaturel,  puis apparaît un violon  presque romantique, Saskia passe en mode récitatif et conduit la plage à son terme, tandis que tu rajoutes une bûche dans l'âtre tout en demandant à ta compagne de te servir un remontant , un Bobby's dry gin fera l'affaire.

' In Reverse' , voix mélancolique peu assurée, cordes crépusculaires, un spleen étouffant évoquant les hivers nordiques mis en musique par  Jean Sibelius, cette dernière plage n'est pas destinée à te remonter le moral.

 

Avec les quatre titres constituant "Old Traditions"  Labasheeda a ouvert une parenthèse  dépouillée, proche de l'ambient, dans leur  catalogue  référencé  art rock ou noise.

 

Un exercice réussi! 

 

Partager cet article
Repost0
20 janvier 2022 4 20 /01 /janvier /2022 08:42
EP - Gender Studies - M(h)aol

EP - Gender Studies - M(h)aol

 

 label TULLE

 

( michel) 

 M(h)aol, named after an Irish pirate queen,  is pronounced “male”, le groupe irlandais ne manque pas d'humour,  si tu sais que ses membres se considèrent comme féministes.

Jamais entendu parler, tu dis, t'inquiète, ça va venir.

M(h)aol semble exister depuis 2015, année où paraît le single 'Clementine' qui n'a aucun rapport avec John Ford, ni Henry Fonda.

Cinq années vont s'écouler avant la sortie de ' Laundries.

En 2021, le groupe s'active , un nouveau single 'Asking For It' paraît, qui démontre leur engagement socio-politique , it speaks to the violent cultural misogyny inherent in the murder of Sarah Everard in London et de tant d'autres filles, victimes de brutalités misogynes,  il précède la livraison d'un premier EP "Gender Studies", enregistré en 3 jours.

Six titres sur le vinyle,  cinq sur la version digitale ( celle qui nous concerne).

1. Gender Studies
2. Desperation
3. Kinder Bueno (Vinyl Only)
4. Laundries
5. No One Ever Talks To Us
6. Óró Sé do Bheatha Bhaile

 

Line-up:

 Róisín Nic Ghearailt on vocals, Constance Keane ( Fears)  on drums, Jamie Hyland on bass, il a produit l' EP et ce n'est pas son coup d'essai, il a fait de même pour quelques enregistrement d'autres gens de Dublin, aussi célèbres que James Joyce: Girl Band,  Zoe Greenway on bass, and Sean Nolan on guitar.

 Artwork: Zoe Greenway.

Une photo en noir et blanc d'un esthétisme rayonnant, deux mains féminines, aux doigts, fins s'élèvent dans les airs, elles semblent vouloir intercepter une bulle, ressemblant au globe terrestre, sortant du cadre du cliché. En arrière-plan, un paysage vallonné fait d'une prairie, la ligne d'horizon la sépare du ciel.

Cartier Bresson s'est dit impressionné! 

Avec 'Gender Studies'   le groupe oeuvre dans l'urgence. Aux riffs cinglants, semblant sortir tout droit d'une aciérie où le métal en fusion aveugle les pauvres ouvriers sidérurgistes, succède un roulement de tambour mortel, tout baigne dans un fuzz industriel décapant, tandis que  Róisín débite son texte d'un timbre froid, évoquant le spoken- word de Kate Tempest.

Tu t'en doutes, il n'est pas question d'un roman à l'eau de rose, comme Harlequin en produit des tonnes, le propos est nettement moins fleur bleue, 'Gender Studies' aborde les relations hommes-femmes,  la violence physique et verbale, les préjugés, les insultes à l'adresse des transgenres, l'intolérance et le machisme.

Rarement entendu une entrée en matière aussi abrasive et radicale.

 Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?... ce n'est pas la crainte de la  vieillesse que  RNG vomit en chantant 'Desperation' , les deux basses agressives, la guitare métallique en distorsion, le schéma itératif proposé  par Fears, qui martèle les cymbales sans relâche, dessinent un décor sombre et inquiétant .  

Mec, ou miss, va savoir, les trucs que tu m'as raconté se sont enracinés dans ma cervelle et franchement ça m'a pas mis de bonne humeur, j'ai qu'un seul corps, tu vois, faut que je le préserve.

 

De l'air, il me faut de l'air!

' Laundries' sorti en 2020 trouve une place sur l'EP.

Schéma identique,  Róisín Nic Ghearailt en spoken-word s'énerve subitement et expulse toute sa rage en poussant des cris hargneux, à l'arrière le bataillon forge un wall of sound sourd, fait de percussions fracassantes, de guitares brouillées et de basses vrombissantes.

Le titre retrace le destin de femmes "perdues" internées dans les sinistres Magdalene laundries ( les blanchisseries Madeleine), déjà dépeintes dans le film 'The Magdalene Sisters' de Peter Mullan.

Tu ne ressors pas tout propre de cette machine à laver infernale!

Le groupe embraye sur un nouveau cri de colère et de dégoût : ‘No One Ever Talks To Us’!

...No one ever talks to us 

Unless they want to fuck...

 

Combien de fois a-t-elle répété no one ever talks to us.... trente, quarante fois?

En tout cas, la phrase,  prononcée d'un timbre agacé et désabusé,  s'imprègne dans ton cerveau, le décor sonore bruitiste  rapproche les Irlandais de groupes tels que Fuck Buttons ou  Holy Fuck ou des expérimentations soniques que  Lou Reed  avait dénommé Metal Machine Music.

Le thème  expose  une nouvelle fois les démêlés hommes/femmes, les embûches que doivent subir les filles dans un monde dominé par le sexe opposé.

La vidéo, flippante,  illustrant la chanson fait référence, notamment,  à l'ouvrage de Barbara Creed ' The Monstrous Feminine'  qui s'attaque à certains concepts freudiens, notamment celui où il rapproche le sexe féminin d' un monstre mythologique.

Le traditionnel irlandais  'Oró, Sé do Bheatha 'Bhaile' boucle la revue.

Ce  'Bella ciao' irlandais était repris en choeur lors de la   guerre d'indépendance irlandaise.

Que les activistes post punk ait ajouté le titre  à leur répertoire n'est guère surprenant, la ballade traite de Gráinne Mhaol, alias Gráinne Ni Mháille, la femme pirate aussi célèbre que Vercingétorix chez les Gaulois.

Rebelle  indépendante, féministe convaincue,   farouche  et astucieuse, elle  a passé sa vie à combattre l'Anglais qui a toujours voulu faire main mise sur l'Irlande.

 

Dommage que John Osborne ne soit plus de ce monde, il aurait pu écrire un nouveau 'Look back in anger', cette fois- ci consacré aux angry young women,  les filles de Mhaol auraient pu  servir de modèle!

 

Political art existe, ' Gender Studies' en est un satané exemple !

 

Partager cet article
Repost0
19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 13:27
Album - Cellar Twins "Duality" ' (re-release)

Album - Cellar Twins "Duality" ' (re-release)

 Rockshots Records

 

NoPo 

CELLAR TWINS Duality réédition 2021


Venus de la belle Namur en Belgique ('Namuur toujours Namuur' chante Johnny), voici Cellar Twins (derrière les portes du pénitencier?).
Jeff Sternon (Guitare) et Francesco Damanti (Batterie) se rencontrent dans un groupe aux orientations pop et décident de se lancer en 2014 dans cette aventure plus musclée.
Pas vraiment des potes de taule, mais le nom leur semble approprié pour 2 headbangers répétant dans une cave.
Le groupe ne se libère qu'en 2016, avec l'arrivée de Elodie Vainqueur (basse, parents profs de musique et prof de trompette elle-même, avec elle c'est gagné d'avance!), recrutée sur une petite annonce griffonnée dans une grande surface et Carl Kubinsky (chant et guitare), intrigué par un message publié 6 mois plus tôt sur internet.
Les taulards en profitent pour sortir de la cellule, un EP en 2017. 2 ans plus tard, un financement participatif paye la caution et leur donne les moyens de défendre 'Duality'. David Annenkoff (embauché via Facebook) remplace Francesco en Juillet 2020.
Curieusement, les twins (devenus quatuor) rechutent en 2021. Leur deal récent chez Rockshots records permet, en effet, la réédition du disque précédent pour communiquer, programmer des dates de concert et distribuer leur musique plus largement. 
Bégaiement? Répétition (nécessaire pour le live!)? Ou vrai démarrage?

Les musiciens citent l'influence de Avenged Sevenfold et Alter Bridge. J'y ajouterais quelques pincées de Muse.
Leur style se caractérise par un son de guitare moderne et épais, une voix claire et une colonne rythmique puissante.
Jeff compose la plupart des morceaux et Carl participe à l'écriture des textes qui parlent de luttes dans la vie avec des paroles suffisamment généralistes pour s'adresser à tous.

Le contenant :
Une pieuvre géante et rougeoyante, à 8 tentacules menaçants, semble protéger un papillon scintillant dans un ciel étoilé (artworks by Chromatorium Music de Quimper la bretonne et oui, Namuur toujours Namuur!).
'Coexistence de deux éléments de nature différente' traduit 'Duality', l'objet de la rondelle.

Le contenu :
1. Millenium
2. Molotov Parade
3. Cloud Walker
4. Selfear
5. Social Waste
6. Antithesis
7. Wovoka
8. Tales of autumn
9. $olace
10. Promesse
11. Namazu
Mixé par Jeff Sternon et produit par Cellar Twins

 

soundcloud



'Millenium' Le titre ne fait pas dans l'originalité car le terme parsème le net comme autant de références de films, livres, jeux, noms d'albums ou de chansons. "Règne terrestre du Messie avant le jugement dernier".
Rien à voir avec le texte, un peu ésotérique, qui ne nous éclaire pas vraiment. Le clip (tourné au Château de Lavaux Sainte-Anne) possède un joli côté médiéval gothique, pas plus dans le thème.
Après une amorce ébouriffée par un souffle orchestral, le flux musical dégage beaucoup de puissance, sans oublier la mélodie.
Carl Kubinsky, cheveux rouges, délivre un chant fiévreux et de mauvaise humeur. Batterie et basse cognent et forment un bloc inébranlable.
La guitare de Jeff Sternon signe un riff métal percutant. Le passage, faussement calme, au milieu du morceau développe une pression vicieuse amenant un moment de folie étonnant.

'Molotov parade' se boit en cocktail évidemment. Entamé sur une rythmique lourde, le titre s'élance avec un riff droit sur la batterie rapidement explosive ('Molotov' toi même!).
La surprise réside dans les choeurs inattendus, sur un moment tendu, et qui se taisent à mi-chemin.
La guitare tire son épingle de son jeu, inventive, variée, parfois dissonante, toujours vive, le tapping produisant un jus délicieux.
La basse, dont les cordes semblent parfois frappées, la soutient constamment avec force. Le chant passe allègrement de l'énervement à l'harmonie. Imparable!

Mis en avant par une vidéo, au bord d'un lac, live Unplugged, en ligne Août 2020, 'Cloud walker', à 2 arpèges imbriqués dans sa version studio, prend des airs de désert au bon souvenir de Pearl Jam ou Soundgarden.
On note le décalage de l'arrivée de la batterie à plus d'une minute, pas contente, elle s'énerve. Puis le ton, lancinant, laisse une guitare plaintive et aérienne chevaucher les nuages.
Le chant s'apparente à celui de James Labrie (Dream Theatre). On pourrait presque qualifier l'ambiance envoûtante de stoner.

Le titre "Selfear" parle de ce qu'on l'on montre par rapport à ce que l'on est vraiment et les craintes intérieures provoquées par ce décalage (Self fear).
Après une ouverture à l'arpège évanescent, l'instrumentation, toujours punchy, alterne couplets sombres et refrain catchy avec changement de cadence.
La vidéo filmée en noir et blanc, dans un cadre de d'arcades et de vieilles pierres, augmente l'intensité du titre.

'Social waste' surprend par ses choeurs en 'na na na na na na' décalés, incitatifs et tournés vers le live sans distanciation sociale. Le chant reste assez forcé, parfois proche de la rupture.
Le riff et la guitare lead se positionnent dans une tendance plus rock traditionnel, rompant avec le style de début d'album.

On y revient au mastic avec 'Antithesis'. L'orchestration invite, de nouveau, gros riffs et grondements. On y trouve aussi des choeurs assez virils.
Les accords mineurs développent une atmosphère sombre simplement illuminée par un solo de gratte. Un passage scandé prend des intonations hardcore.

Des sonorités de violoncelle ouvrent 'Wovoka' prolongées par des percussions électroniques. Les choeurs harmonieux et le placement de la voix me font penser à Placebo.
Un passage planant, travaillé de belle façon sur le plan rythmique, tombe à point nommé pour agrémenter la composition plutôt mélodieuse.

'Tales of autumn' ralentit dans un tempo trainant au climat moite grungy. Les accords de la guitare rythmique, en mode électro acoustique, et la lead plaintive se mélangent tendrement.
La batterie, tranquille, n'intervient que tardivement. La voix se dédouble et s'assombrit, par instants, lâchant même quelques chuchotements inquiétants.
Le long solo de guitare aussi épique que somptueux, dynamise le final.

$olace" démarre, sur les chapeaux de roue, dans une orientation prog-metal. Le dollar dénonce l'illusion du confort matériel.
Energique et entraînant, l'ouvrage technique remporte la partie sans difficulté.

'Promesse' en français dans le texte, propose, en entrée, une guitare sonnante couplée à une voix nasillarde et douce. L'instrumentation s'épaissit ensuite, musculeuse, dans un magma séduisant à basse slappée.
Un effet clair-obscur, rempli d'éclairs scintillants et de choeurs élégiaques, donne des sensations tristes jusqu'à la déchirure... de toute beauté.

'Namazu' ajouté au tracklisting original, s'apprécie en clip (Drums on video by Gil Dieu). Filmé dans les grottes de Han, le groupe exhale un sentiment dramatique captivant.
La voix, inquiétante, avance sur un filet de gratte, comme un reptile rampant, puis la guitare crache son venin poussée par une basse grondante et des frappes orageuses.
Les textes s'accordent 'Somewhere beneath the ground it's calling I bet you fear it too'.



On sent que Cellar Twins aime le pop-rock grandiloquent, le grunge et le métal pur. Il s'y promène dans un mélange métallique brillant et attractif.
De la motivation et de la variété, les musiciens n'en manquent pas, il suffit d'écouter leur interprétation pleine d'énergie : chant intense et modulé, guitare technique et bagarreuse, basse tonique et liante, batterie roulante et bavarde.
Le combo continue son activité incessante (réaction à leur période d'enfermement trop longue?), par le tournage d'un nouveau clip au théâtre de Namur.
On attend, avec curiosité, la suite de leur orientation après murissement / patine durant près de 3 ans et nul doute que les cavistes savent faire vieillir leur breuvage dans de bonnes conditions.

Partager cet article
Repost0
17 janvier 2022 1 17 /01 /janvier /2022 10:44
Split album - Little Green Fairy et The Sonic Preachers.

  Split album - Little Green Fairy et The Sonic Preachers

Closer Records

(michel)

Le format split est  très prisé dans les scènes punk-rock, hardcore, grindcore, black metal, noise ou encore indie pop...

Quoi, et Lio, alors? 

Et puis, c'est réducteur ta définition.

Regarde: Ella Fitzgerald and Billie Holiday at Newport is a 1958 live album by Ella Fitzgerald and Billie Holiday, recorded at the 1957 Newport Jazz Festival 

Du punk?

On continue?

Jana Hunter/Devendra Banhart is a self-titled split album by Devendra Banhart and Jana Hunter, released in 2005

The Birds and the Bees is a split EP between Australian bands Trial Kennedy and Horsell Common, released 4 April 2006. It features three songs by each band,

Sunshine / At the Drive-In is a split EP released under the independent record label Big Wheel Recreation on April 13, 2000. It featured songs by the Czech band Sunshine and the American band At the Drive-In.

Non, même si JoeyStarr a un faible pour Sylvie,  il n'existe aucun split  NTM/Sylvie Vartan!

Venons- en au fait: The Sonic Preachers from Sète et Little Green Fairy, de la même cité, dont le cimetière est entré dans la légende grâce à Brassens et à Paul Valéry, non, il n'a jamais fredonné "Qu'est ce qu'on a dansé sur cette chanson", sont sur le point de sortir  officiellement leur split.

 On sait que tu es fan des Groundhogs, mais il n'y a aucun rapport.

 Les cinq titres des Little Green Fairy sont repris sous l'étiquette "Sex games and life" , sur la face B tu entendras 'Go to the Station' des Sonic Preachers.

 Little Green Fairy - "Sex games and life"

1.
Nowhere to hide 03:39
2.
Just a game 03:27
3.
Ray of Life 03:30
4.
A Forest 04:23
5.
Quick Fuck 03:20
 
Pochette -  Buck Danny s'amuse dans son petit avion jaune, pas peur de Dan Cooper et encore moins de Tanguy et Laverdure, c'est pour Buck que va craquer la pin-up déguisée en fée clochette, Peter Pan n'est pas dans le coup.
 
Présentation du verdâtre conte de fée occitan:  "4 useless noisy cunts play loud rawk with fuzz and wah wah feedback!!!The Worst French export since the nuclear tests in Mururoa!!!"
 
En fouillant dans les fiches de la PJ  on avance des noms: J.P. Molinier, alias  Rauky, guitare, clavier et chant,   Pippo Pasquini à la batterie, Guillaume Brugvin, chant, basse, Shap Preachers, guitare.
Ces beaux jeunes gens ont tous une carte de visite éminemment rawk and rawl.
Rauky s'est affiché chez Tabasko, Sonic Assassin ou Velvet Powder, e a /  Shap au look Johnny Mastro ( Mama's Boys) s'ébat au sein des Sonic Preachers et d'Electric Comédie/ Guillaume  est également comédien et s'amusait chez Velvet Powder/ Pippo a été aperçu chez Sonic Assassin, Electric Manchakou The A-10 et d'autres formations  dont les membres avaient les oreilles percées de safety pins.
 
Un petit coup  d'absinthe, un clin d'oeil à Degas et c'est parti. 
Avant de lancer ' Nowherte to Hide', on te signale en passant que Chris Bailey des Saints, devenu un supporter de l'Ajax Amsterdam, a produit le cinq-titres et puis si on t'annonce que le groupe, dans une formation différente, existe depuis le début du siècle, tu considères déjà que le truc va sentir le vieux.
C'est là que tu te trompes allègrement, ces braves gars rockent encore,  à l'ancienne assurément, ' Nowhere to Hide' en est la preuve.
Une pincée de garage, une rasade de punk, des grattes qui   couinent , une rythmique jouant serré, un gimmick ' Race with the devil' ( Gun) et une voix soignée au Bourbon et à la clope.
Que demander de plus? 
Une acoustique introduit 'Just a game', un midtempo, au chant désabusé,  évoquant à la fois Johnny Thunders, les Triffids, pour rester en Australie, et Gil Riot ou Crocodile Boogie, pour revenir en France.
Accélération conséquente avec un  ' Ray of Life',  truffé de reverb, la vibrato handle à l'action avant de prendre un   virage fuzz au cordeau, on pousse davantage sur le champignon pour  une séquence à  la limite de la sortie de route, elle est dominée par des effets  wah wah à rendre jaloux Tom Morello et Joe Satriani. 
Sète: la forêt domaniale des Pierres Blanches est  riche de 700 espèces végétales dont certaines très rares...
Euh, tu t'égares!
OK, Little Green Fairy a décidé qu'un bain de jouvence pour  'A Forest' , de The Cure, s'imposait.
Leur version vitaminée, une nouvelle fois  gavée à la wah wah,  doit faire merveille, interprétée live.
Voix éraillée et guitares post punk, on est à cent mille lieues du traitement bossa nova proposé par Nouvelle Vague.
Une petite baise avant de se quitter?
A 'Quick Fuck', d'accord, dans le garage, alors!
Laisse tourner le moteur de la Porsche , ça couvrira le bruit de nos ébats.
Coït après 3'20"", record presque battu!
 
Plus besoin d'aller sur  YouPorn pour t'adonner aux sex games, tu  glisses ( je te vois venir, attends j'ai pas fini,) la rondelle de Little Green Fairy dans le lecteur: orgasme garanti!
 
 
B- side: Go to the Station - The Sonic Preachers
 
Pochette tout aussi bariolée montrant une  automotrice vintage, sans Little Eva posant sur une micheline,  mais avec un autre beau-châssis en mode bikini rockabilly prenant une pose figée, légèrement burlesque; se pavanant à droite  de la  machine, selon l'endroit où tu te trouves.
Designer: Djo!
 
tracks
1.
LAST FRIEND 01:55
2.
I WANNA KNOW 02:45
3.
GO TO THE STATION 02:50
4.
GUN CITY 01:50
5.
I REALLY MISS YOU 03:46
 
line-up présumé:
Eric "Djo" Chazottes (chant), Shap Preachers  (guitare), Laurent Richard  (guitare), Alain Mairet (batterie) et Romano (basse, chant)
Comme Romano avait rendez-vous avec une petite romaine pendant l'enregistrement, Guillaume Brugvin propriétaire du studio d'enregistrement s'est chargé des lignes de basse.
Si tu y vois des traces de  consanguinité avec Little Green Fairy, ce n'est pas un hasard!
Historique: naissance en 2017, un album en 2018, des concerts à la pelle, avec quelques premières parties légendaires: les Fleshtones ou Supersuckers, et un futur s'annonçant radieux, ils sont annoncés en avant-programme du Pape  François au Vatican cet été, sauf si Jules Ferry bloque les visas.
Envoie, Dio!
Aïe, j'étais pas prêt, ce  ' Last Friend'  secoue un max, mais dis-nous, c'est qui la nana qu'on entend en bruit de fond.
Est-ce bien une fille, ou un de tes copains, châtré pour l'occasion, on s'en branle du moment que ça cogne et  que  ça morde salement  dans les mollets, car les Dogs sont des modèles.
De vertu?
Ouais, de petite vertu!
 ' I wanna know' est toujours survitaminé, le rock ( garage/punk) australien servant de modèle , Radio Birdman, les Saints, Lime Spiders  ou Laughing Clowns, l'indice d'octane est élevé, alors s v p,  tu oublies  la Kia machin truc , autonomie 430 km et accélération en option, avec reprise à peu près  nulle, si tu veux la revendre.
Dans le bush, il nous faut de la puissance, t'as saisi?
Les hérauts de l'Hérault nous donnent rendez- vous à la gare, ' Go the Station'.
Laquelle, mes mignons et puis vous vous fiez à la SNCF, vous?
Une guitare élastique introduit le morceau, après un tchik tchik , le signal du chef de gare, le titre s'engage mollo, le voyage se déroule sans accrocs, avec tout de même une sérieuse montée en puissance après un wouah fulgurant.
Du coup, ton chat a mis les voiles mais pas  sur un motorcycle comme dans la chanson. 
Pas sûr que ' Gun City' ait été repris sur la bande - son de 'La sombra de la ley', par contre c'est certain  que ce punk rock bestial va laisser des cadavres sur les trottoirs de la cité.
Quoi?
Eddie & The Hot Rods, ouais, bien vu, et pourquoi pas Stiff Little Fingers!
Pour terminer sur une note quelque peu déprimante, les moralistes proposent 'I really miss you' que tu ne confondras pas avec l'easy listening tune  susurré par le charmeur Paul Anka, on a affaire à un groupe de garage tout de même!
 
Tu la trouves où cette marchandise?
 
 Pour ceux qui veulent obtenir le split album LITTLE GREEN FAIRY / THE SONIC PREACHERS, contacter Gregory Fatalbazuka à l'adresse mail suivante : greganne@hotmail.com 
 
C'est gratuit?
Presque, 15 boules + frais de port.
Pour l'instant pas de scène en prévision!
 
 
Partager cet article
Repost0
17 janvier 2022 1 17 /01 /janvier /2022 08:02
Asteroid Blues - EP Asteroid Blues

 Asteroid Blues - EP Asteroid Blues

 no label found

NoPo 

 

Asteroid Blues 2021

Loin, loin, ils viennent de loin ces asteréoides. A partir de Sydney, ils nous apportent leur son intersidéral sous forme de 4 rayons laser.
1. Blackstar 05:14
2. Infinity Man 04:11
3. Hallucination Bay 05:56
4. Caffeine & LSD 04:02

Les 5 cosmonautes, en formation depuis 2018, prennent caféine et LSD qui leur procurent des hallucinations d'homme infini (descendant des personnages de Jack Kirby dans DC Comics) en direction d'une étoile noire (courtesy from David Bowie).
Ils puisent leur imagination, non pas dans le cosmos, mais dans des souvenirs de jeunesse et d'insouciance dans leur ville d'origine.
Ils s'appellent :
Tristan 'Danger' Walsh
Corey 'The Lorax' Woods
Brenton 'Lemon' Petrov
Ewan Borthwick
Keegan 'Big Sauce' Coulduck (le surnom pourrait être autant canard cool que grosse sauce!)

Le design ouvre un trou noir dans un ciel bleu, floqué de nuages blancs. Cette brèche déformée, digère 'Asteroid blues' (tout aussi déformé) et ses musiciens photographiés live en noir et blanc.
'Not a blues band' précisent-ils sur le net. Vous pourrez le vérifier ici bandcamp

Et bien non, 'Blackstar' ne rend pas hommage à David Bowie. On s'installe sur une première orbite géostationnaire pour observer cette étoile.
Un faux démarrage laisse place à des arrangements chaloupés, légèrement reggae. L'ambiance générale se situe parmi des tonalités English Kooks. Happé d'entrée et capté jusqu'au bout, je tape du pied et je goûte cette délicieuse mélodie.
Sur le refrain, guitare, basse, batterie rockent à qui mieux mieux et miaule le chant. Il s'élève en bout de piste n'hésitant pas à abandonner les textes au profit de 'whoho' avant de libérer Keegan qui envoie la sauce dans un solo de guitare brûlant.

'Infinity man', s'est fait la malle en single l'année dernière déjà. La batterie guide un rythme régulier ajusté aux battements de la basse-coeur. Il s'agit d'un morceau pop-rock aux douces effluves psyché.
Fragile, la composition autorise un arpège à tisser sa toile pour des vocaux précieux couverts de bonnes manières.
Un frottement de cordes accompagne ensuite la gratte arachnéenne qui achève son périple dans un solo aux effets wahwah (après les whoho de 'Blackstar', un rock clébard adapté aux bistrots?).


'Hallucination bay' porte la classe dandy des Arctic Monkeys. La voix aux teintes d'Alex Turner croone, résolument séductrice.
Pour les plus pointus ou les locaux, je citerais Nathan Jacques des Fabulists, (groupe originaire de Bressuire dans les 2 Sèvres ( cf review) qui mériterait plus d'exposition.
Dès les 1ères secondes aux cordes crissantes et voix quasi a capella, frêle et pourtant pleine d'assurance, la magie opère.
L'allumage s'effectue dans une allure flegmatique sous des mouvements lascifs de basse et guitare en reverb... une rampe de lancement pour un crescendo poignant. La guitare part d'abord en battements puis le riff cingle le palpitant.
Le procédé se répète dans un 2è tour puis un 3è où la voix, immergée, souffle, à chaque fois, des bulles d'émotion. Au risque de me répéter, je trouve cette composition fabuleuse.

'Caffeine & LSD', choisi en single, s'annonce par un riff tournoyant. Faux départ, le couplet préfère poser des fondations sur une basse, bien ronde, roulant sur une batterie sobrement subtile.
Le riff sidérant revient sur le refrain où la voix s'emballe. Au terme, l'envoûtement se rompt dans un rythme cassé et saccadé.


Encore une fois, la valeur n'attend pas le nombre des années. Aucune démonstration n'est nécessaire, la musicalité fine s'affirme, innée, inéluctable, inébranlable.
Les Australiens ne mentent pas, aucun blues, le voyage dans les astres procure un bien être indescriptible!

Partager cet article
Repost0
14 janvier 2022 5 14 /01 /janvier /2022 15:10
Album- The Fragments Of Wonder by Wonders

Album- The Fragments Of Wonder by Wonders

 Limb Music!

 

NoPo

 WONDERS The fragments of wonders 2021


Ce simple nom m'évoque les 7 merveilles du monde (des fragments ici?). Je me souviens de les voir réunies sur la pochette de 'Empires in the Sun' des belges Thorium dans un style musical assez proche mais Wonders ne vient pas du plat pays.
Tiens? Au chant Marco Pastorino de Cristiano Filippini's Flames Of Heaven (que j'avais chroniqué en 2020) et ex. Temperance; ce n'est pas le seul, Luca Negro, à la basse, l'a suivi.
Ah? Bob Katsionis au clavier... Bob... l'éponge du métal; on ne compte plus ses multiples participations à des projets : Firewind, Revolution Renaissance (Tomi Tolki ex.Stratovarius), Serious Black, Septic Flesh, Outloud, Warrior Path... n'en jetez plus!
Les frères Lunesu, Pietro Paolo (guitare) et Giorgio (batterie) complètent le line-up plutôt italien donc, à part le super mercenaire grec. Le métal est une grande famille!
Ces 3 derniers musiciens amorcent le projet dans Even Flow en 2020 avant d'aboutir à Wonders.

Quelle pochette utopique! Il faut privilégier l'édition vinyle. L'écorce terrestre d'ocres se brise et se soulève dans la poussière sous la poussée d'une sphère bleutée semblant contenir une ville.
3 personnages observent le phénomène sans inquiétude apparente. On dirait que le ciel, bleu profond et agité, opère une attraction.
'WONDERS' s'écrit dans une police argentée moderne et sophistiquée. Le nom des 3 créateurs du groupe se positionne juste au dessus et le titre dans la partie basse du dessin.
Félicitations à son concepteur Gustavo Sazes (Angra, Amaranthe, Arch Enemy, Serenity... Firewind! Ben oui, la famille).

Question esthétisme, on casera l'objet proche de Stratovarius pour la vitesse de l'éclair et le design, Rhapsody pour le feu, Malsteen pour la virtuosité et et Rainbow (75-78) pour les racines.
On les éloignera de Beast in Black, parfois cité, mais aux compositions plus commerciales.


'Good and bad', on pourrait garder uniquement la 1ère proposition. Le power metal brille dans toute sa splendeur. Les zébrures de gratte, incisives, rappellent Stratovarius et Rhapsody à d'autres moments.
La mélodie, brillamment portée par Marco, s'accroche facilement aux parois des tympans. La basse soutient l'allure et renforce l'impression de puissance.
Un passage 'Devil Djent" nappé d'un clavier virtuose vient mettre l'ensemble au goût du jour dans un décor de théâtre onirique.

L'air de 'Pretender' frappe d'entrée par sa fluidité, on sait de quelle famille fait partie Wonders. Le petit passage quasi a capella, sur piano, n'y change rien, l'euphorie prédomine.
On focalise sur l'équilibre entre les instruments, tous audibles (cette guitare laser!) et jouant magnifiquement ensemble.
Le final, travaillé, enchaîne un riff gratté en mur de béton (spécial headbangers), un arpège en duo délicat puis l'orchestre au complet pour conclure.

L'entame de 'Losing the Dream', adaptée aux futurs live, se fait comme une présentation des instruments un par un :  basse métallique (qui en jette), batterie agrémentée d'une frappe sur une cloche puis riff de guitare où l'on ressent le palm-mute et enfin le clavier magmatique se superpose au riff.
Une 2è guitare épaissit le trait. La voix vient porter la mélodie pleine d'entrain. Elle donne clairement, peut monter dans les octaves, et produire un peu de grain.
Le morceau, émoustillant, possède une partie majoritairement instrumentale superbement maîtrisée.

Le riff tranchant et la double-pédale caractérisent le démarrage de 'Beyond Redemption' qui fait trembler le sol. L'arrangement alterne ce tempo de ouf avec des passages à voix suave et choeurs angéliques qui se la coulent douce.
Marco se faufile aussi à l'aise dans les notes basses que dans ses feulements lyriques. Le clavier continue de se frayer son chemin flamboyant dès qu'il trouve l'ouverture.

'Freedom' offre une orientation plus symphonique et moins rapide. Les guitares gratouillent et caressent sans agression. Le clavier parsème la mélodie de lignes obsédantes.
Ces 2 instruments interviennent au top de leur complicité. Le refrain, simple et direct, accroche facilement mais je préfère les petites secousses, saccades et dérapages brefs et totalement contrôlés des couplets.

Changement de tons sur 'Where The Sun Doesn’t Shine', cette espèce de ballade (au rythme pesant au début) se fait bouger, régulièrement, par un clavier/piano et la double pédale tueuse.
Cette rupture bienvenue procure un instant de répit surtout lorsque le duo guitare/piano fait les yeux doux. Le solo de gratte, éclatant, reste sobre, malgré tout. Les choeurs discrets agissent en jolis ornements.

Superbe prélude au clavier pour 'Indigo World'. La guitare ne s'en laisse pas compter et dégaine une ligne cristalline.
La plage combine moments techniques somptueux, notamment le bref solo de 6 cordes, et refrain beaucoup plus feutré.

Bien que courte, chaque intro demeure particulièrement travaillée, en voici une nouvelle démonstration en entrelacement piano/guitare sur 'Sacrifice'. Le riff reprend ensuite la main, façon prog-métal avec claviers.
On sent à peine le poids de l'instrumentation tellement elle forme un bloc articulé parfaitement huilé, impressionnant de virtuosité comme le solo de claviers suivi d'un passage très technique à la Dream Theatre.

'Miracle of life' fait croire à une pause sur un plan rythmique plus lourd et des vocaux crooner en préambule puis tout s'emballe. Lorsque Marco escalade ses cordes vocales, on pense à Lou Gramm chez Foreigner.
Au final, ses vocalises viennent lécher les harmonies et donner du brillant à la mélodie qui n'en demandait pas tant.

Le groupe offre une lyric video pour 'Fragments of wonders'. Les textes (pas transcendants mais faciles à apprendre) parlent de voyage seul dans le froid, imagé par de jolis paysages de montagne.
Autant les paroles jouent la simplicité autant la composition musicale recherche progression, ruptures, dénivelé dans les tons. Le son précis n'oublie pas de faire entendre les cymbales.
Guitare, synthés à sonorités de violons, en liminaire, nous câline avant un souffle épique aux arrangements grisants.


On sort de cette écoute tellement ébouriffé que je m'éponge le front et finalement je jette l'éponge (pour ceux qui n'auraient pas suivi la ptite blague du début) alors que Bob (l'éponge) et les Wonders ne semblent même pas transpirer. 
La puissance de l'orchestration, fouillée plutôt que fouillis, révèle une grande richesse qui donne toute son ampleur par un son méticuleux.
L'album jouit d'un équilibre remarquable autant par la durée des morceaux de 4 à 5 minutes que par leur qualité. Les 48 minutes passent très vite!
J'ai un doute sur l'application du slogan 'Wonder ne s'use que si l'on s'en sert'... je pense qu'avec un 's' à la fin, 'Wonders' se recharge au fil des écoutes.
Dans la grande tradition power métal, 'Wonders' c'est wonderful!


Tracklisting:
01. Good & Bad 4:11
02. Pretender 4:20
03. Losing The Dream 5:10
04. Beyond Redemption 4:03
05. Freedom 4:00
06. Where The Sun Doesn’t Shine 5:45
07. Indigo World 4:24
08. Sacrifice 4:14
09. Miracle Of Life 3:18
10. Fragments Of Wonder 4:36
CD only Bonus Track:
11. Empire 4:28
Total Playing Time: 48:3
Produced and mixed by Bob Katsionis
Recorded at Sound Symmetry Studio, Athens, GR
Mastered by Nasos Nomikos at VU Productions, GR
All music and lyrics written by Marco Pastorino & Pietro Paolo Lunesu
 

Partager cet article
Repost0
13 janvier 2022 4 13 /01 /janvier /2022 19:15
Album- Margo Cilker: « Pohorylle »

 Album- Margo Cilker: « Pohorylle »

 Fluff & Gravy Records

michel

 

Tim Hardin, Meredith Brooks, Pink Martini, Laura Veirs, The Dandy Warhols ou Esperanza Spalding.... point commun?

Ils sont tous originaires d'Oregon, c'est dans cet état que  Margo Cilker ( 28 ans, selon Coachella Valley Weekly),  après avoir traîné sa bosse en Californie, Caroline du Sud, quelques autres States, puis dans le pays basque espagnol  et  à Brighton, a atterri, sans toutefois se lancer dans l'élevage de bétail. Comme Zouk Machine, la jeune personne a la musique ( pas le zouk, ne panique pas) dans la peau et donc embrasse la carrière de singer-songwriter.

Encore gamine, elle monte  The Smith Sisters avec sa soeur, prend des leçons de piano, puis de guitare, fait du garage avec des potes, monte sur scène pendant des Open Mic Nights, tourne au UK avec des musiciens locaux puis revient aux States et se lance comme solo act.

Un premier EP ( Boots and Spain and Boots Again,) paraît, suivi par une poignée d'autres mini-enregistrements, tous audibles sur Bandcamp.

Novembre 2021, un premier full CD,  'Pohorylle' voit le jour.

 

Gerta Pohorylle, dite Gerda Taro, née à Stuttgart, était une photojournaliste connue notamment pour ses reportages sur la guerre d'Espagne. L'oeuvre et la vie de la compagne de Robert Capa ont inspiré Margo , d'où le titre donné au florilège.
 
Tracklist:
01. That River
02. Kevin Johnson
03. Broken Arms In Oregon
04. Flood Plain
05. Tehachapi
06. Barbed Wire (Belly Crawl)
07. Chester’s
08. Brother Taxman Preacher
09. Wine In The World
 
Credits:
Margo Cilker: vocals, acoustic guitar, electric guitar
Sera Cahoone: ( Band of Horses) : producer , drums, vocals
Jenny Conlee (The Decemberists) on piano, organ, mellotron, accordion
Jason Kardong (Sera Cahoone, Son Volt) on pedal steel,
Rebecca Young (Lindsey Fuller, Jesse Sykes) on bass,
Mirabai Peart (Joanna Newsom) on strings,
Kelly Pratt (Beirut) on horns
Sarah Cilker ( her sister): backing vocals
The album’s engineer John Morgan Askew (Neko Case, Laura Gibson) on baritone guitar and electric guitars
 
Cover photo by Matthew W. Kennelly.
Margo dans la pénombre, tête penchée, contemple ses pieds, à l'arrière-plan un paysage flou donne un caractère Jean-François Millet au cliché.
 
Entrée en matière pastorale avec ' That River', une  country waltz pourvue de tout l'attirail nécessaire pour succomber à ses charmes: intro nonchalante à l'acoustique, un piano sémillant et une voix délicieusement traînante. Quand le violon entre en action, c'est avec lui que tu suis les méandres de cette rivière paresseuse; bordée d'arbres ayant adopté un costume automnal, tu apercevras quelques bergers et leur troupeau, et comme, il ne fait pas très chaud, tu imagines de souffler sur tes mains engourdies.
Le country folk ' Kevin Johnson',  joué en mode uptempo,   est doté d'un  touché de piano sautillant  aux allures  typiquement bastringue ( remember ragtime). Le texte, peut-être à prendre au second degré, décrit un Southern guy caractéristique: famille unie,  bon croyant, une vie conforme à ce qu'on attend de lui, une gentille femme, des enfants, on ne le dit pas, mais son doute une Winchester accrochée au mur, car il faut avoir le droit de défendre son bien et son clan.   
A droite et à gauche, on déballe les noms de Lucinda Williams, Gillian Welch, ce n'est pas idiot, Alison Krauss ou  Carlene Carter auraient également pu être mentionnées. 
 ' Broken Arms In Oregon' est-il autobiographique, le titre, où les sous-entendus affluent, dépeint   une jeune femme ayant subi une agression... When a young man closed his hand across her mouth
Now every room she sleeps in
She's gotta map out her escape plan...
Composé comme une ballade élégante, à l'instrumentation mélodieuse, Margo parvient à confondre l'auditeur qui ne s'attendait pas au coup de théâtre qui conduit la chanson vers un final bien plus agité. 
Si on dresse un hitparade des saddest country songs composées en 2021, il y a de fortes possibilités que '  Flood Plain' se hisse dans le top ten .
Tu risques de verser quelques larmes, comme tes aïeuls en ont versé en entendant  Patsy Cline chanté 'I fall to pieces' .
L'acoustique limpide, la voix tremblotante, l'orgue discret, le violon larmoyant et enfin, pour t'achever,  la pedal steel gémissante transforment ' Flood Plain' en élégie déchirante.
Changement de style avec  'Tehachapi' qui présente de sérieux  relents New-Orleans, grâce aux cuivres qui pompent généreusement.
Eh, mec, .... “Will you think of me on your way back to Tehachapi?”...
Il est où,  ce coin?
En Californie, en plein désert, le bâtiment le plus connu du bled est le pénitencier. 
Pour arranger son morceau, Margo s'est appuyée sur ' Willin' ' de Little Feat, un des titres préférés des truckers.
Quand le champ que tu veux traverser est entouré d'un fil barbelé, que fais-tu?
Grimper par-dessus, ramper sous les griffes, te frayer un passage entre deux câbles? 
Avec son copain elle arrive face au ' Barbed Wire' ....You step over it, I go through it... pour amortir les cris éventuels de celui ou de celle qui s'accroche au piège, la pedal steel  plaintive de Jason Kardong rythme la lente mélodie. Le jeu de Sera Cahoone, tout en retenue, permet également aux guitares et à l'orgue de tisser une broderie moins agressive que les picots; devant dissuader les flâneurs ayant dans l'idée de fouler le sol de l'exploitation agricole.
Mais si, Gilbert, la solitude, ça existe, écoute la morne ballade ' Chester's' chantée par Margo. 
La vie sur la route n'est pas toujours rose, le cafard pointe le bout du nez, surtout  lorsque tu te rends compte que ...I’ve made my bed on the side of the road,  seen my good friends get married and then feel alone,  I’ve seen the drunks in a line at Chester’s, I can’t let myself get lonely no more...
Bon, elle n'a pas trente ans, l'époque où les filles  vierges à 25 ans coiffaient Sainte- Catherine est révolue!
Le jus, pur sud, qui habille le texte  renvoie vers Townes Van Zandt, Guy Clark, Gary Stewart  et autres troubadours,  dont les compositions dégagent un spleen dévastateur, reflet des grands espaces américains. 
' Brother Taxman Preacher' montre un côté plus drôle de la singer-songwriter, dont le chant prend des intonations  Dolly Parton dans cet uptempo  emballant.
 Honky tonk piano, acoustique et violon frivoles,  t'invitent à la danse,  que tu sois infâme percepteur, prédicateur qui t'indique who to fuck, ou le frangin qui a réussi!
Pour clôturer cet album qui doit ravir tous les country afficionados, Margo a opté pour une slow waltz introspective ( ' Wine in the world') , elle jette un coup d'oeil sur  ce qu'a été sa vie jusqu'ici, ...  I've had my share of adventures... j'ai perdu des gens de vue... il est l'heure de faire le point... qu'est-ce que je veux, en fait...I wish I had all of the wine in the world ... qui au final se transforme en... I wish I had all of the time in the world...
Elle n'a pas trente ans!
 
« Pohorylle », un album éloquent d'une jeune personne au  potentiel prometteur.
 
 
 
 
 
 
 
 
Partager cet article
Repost0
10 janvier 2022 1 10 /01 /janvier /2022 16:36
Album- Collision Illusion - Seas on the moon

Album-  Collision IllusionSeas on the Moon 

Not on Label

NoPo

 

 
SEAS ON THE MOON Collision illusion 2021 and more

La première fois que j'ai entendu parler de la Moldavie, son nom se prononçait Syldavie(combinaison de la Transylvanie et de la Moldavie), c'était le temps de Tintin et le sceptre d'Ottokar.
Le pays se situe entre la Roumanie et l'Ukraine qui l'empêche d'avoir une façade sur la mer Noire.
Je fais mon malin mais je découvre notamment qu'il faut tester gustativement et olfactivement leur vin... et auditivement leur métal fondu.
Pas banal l'histoire de ce one man band (en tous cas one name band) ou presque. Les frères Valentin (guitare) et Eugen (batteur) Voluta démarrent, en duo, dans la capitale Chisinau (on en apprend tous les jours, c'est capital!).
Nous sommes en 96, ils veulent être Nirvana à la place de Kurt Cobain! Ils se réorientent vers le progmetal en 2001 puis disparaissent des radars entre 2006 et 2009.
En 2012, Eugen rejoint Infected Rain pendant que Valentin enregistre en studio avec des experts divers (l'été aussi) et souvent son frère.
Enfin en 2020, il publie l'instrumental 'Mioritual Healing' puis fin 2020, l'EP 'Sanctuary' 5 titres avec Lena Scissorhands (sous la coupe de Tim Burton?) au chant, empruntée au groupe du frangin batteur.
En 2021, le chant se pratique sur invitation. Les collaborations sont légions sur 'Collision Illusion'.

1. Opium (feat. Lena Scissorhands)
2. Gone (feat. Athena)
3. Never (feat. Andrea Verdi)
4. Break Out (feat. Eissa Morphide)
5. Lifer Prison (feat. Octavian Casian)
6. Another (feat. Lena Scissorhands)
7. Hollow Side (feat. Andrea Verdi)
8. Sanctuary (feat. Lena Scissorhands)
9. Born Of Chaos (feat. Octavian Casian)
10. The Power Of Consequences (feat. Andrea Verdi)
11. Solar Death (feat. Octavian Casian)
12. Imperfect Clock (feat. Vitaly Machunsky)


Lena Scissorhands pousse la chansonnette sur les 3 titres extraits de l'EP.
Elizabeth Eissa Zhovnerchuk s'échappe, de l'alt-band metal Morphide installé au Danemark (originaire de Lettonie), pour 'Breakout' et quelques choeurs.
Brooke 'Athena' Dougherty pose sa voix sur 'Gone' et 'Never' (choeurs).
Octavian Casian, chanteur moldave, apparaît sur 'Born of Chaos' et 'Solar death'.
Andrea Verdi, autre chanteur moldave, chante sur 'Never' et 'Hollow side' et fait les choeurs.
Enfin, Vitaly Machunsky, encore un chanteur moldave, se charge de régler 'Imperfect clock'.


Le riff tendu plonge de suite dans le bain d'Opium'(déjà sur l'EP). Le ton metalcore et la personnalité trash de Lena font remonter à la surface des impressions de In this Moment.
L'énergie dégage une forte ébullition, toutefois, sans oublier une jolie mélodie légèrement gothique.
Vocals: Lena Scissorhands DRUMS: Eugen Voluta Guitars: Valentin Voluta Bass: Vladimir Babich Piano, Strings and Synths: Constantin Dushku Backing vocals: Andrea Verdi

Un synthé électro accueille la voix puissante et séduisante de Athena. Le refrain prend des grands airs de courant actuel avec une batterie musclée et meneuse.
'Gone' possède aussi des guitares tapissant le fond cafardeux et d'autres partant dans l'espace en envolées éblouissantes.   
Vocals: Brooke (Athena) Dougherty; Drums: Eugen Voluta; Guitars, Bass and synths: Valentin Voluta; Piano and synths: Constantin Dushku

A nouveau, un synthé électro  picote avant un riff profond et cette fois une voix maâe aux intonations Tom S. Englund (Evergrey). Vu l'influence suédoise sur 'Never', l'ambiance se veut élégiaque sur une rythmique bien droite.
Les solos de guitare brillent d'élégance. 'Always' plutôt que 'Never' correspond mieux à mon avis.   
Vocals: Andrea Verdi; Drums: Eugen Voluta; Guitars, Bass: Valentin Voluta Constantin; Dushku: piano,pads;  Margaretta: backing vocals

Eissa démarre a capella, tendrement, entre Cristina Scabbia (Lacuna Coil) et Amy lee (Evanescence) mais capable de muscler son jeu cherchant Tatiana Shmailyuk (Jinger).
Pourtant 'Break out' reste accroché au metalcore plutôt qu'au death fut-il mélodique. Les égratignures restent plus faciles à panser que la mort.
Vocals: Eissa Morphide; Drums: Eugen Voluta; Guitars, bass: Valentin Voluta; Piano, strings and Synths: Constantin Dushku, Valentin Voluta; Backing vocals: Andrea Verdi

'Lifer prison' combine guitare, synthé, basse et batterie dans une entrée fracassante. Casian hurle sa contrariété, semble-t-il, quelque peu exacerbée.
Des frappes, comme sur du verre, viennent augmenter une sensibilité névralgique. Très fort, le flux heurté déroule telle une roulette, à fleur de nerf, chez le dentiste.
Plus loin, un passage aère la composition et laisse respirer... peu de temps. La tension monte à son comble.
Lyrics, vocals: Octavian Casian; Guitars: Valentin Voluta; Drums: Eugen Voluta; Keyboards: Valentin Schirca

Lena, une autre, une autre! Reviens instiller ton venin à 'Another'(gravé sur l'EP). Ton chant hurlé ressemble à tes piercings,  ton chant clair, à ton maquillage et tes tatouages perchés.
Un vent de folie souffle sur cette plage. L'instrumentation laisse la vedette à Lena qui ne s'en prive pas.
Vocals: Lena Scissorhands; Drums: Eugen Voluta; Guitars, bass: Valentin Voluta; Strings and Synths: Constantin Dushku

Un synthé et la batterie construisent un rythme électronique pour Andrea. C'est fou ce que sa voix me fait penser, d'un coup, à Mike Patton (Faith No More).
La guitare épaisse ne tarde pas à gonfler 'Hollow side'. On suit la mélodie évidente.
Vocals: Andrea Verdi; Synths intro: Valentin Schirca; Drums: Eugen Voluta; Guitars, bass: Valentin Voluta; Strings and Synths: Constantin Dushku; Backing vocals: Elizabeth Zhovnerchuk (Eissa Morphide), Alessandro Granato

Lena chantait tous les titres sur l'EP du même nom. 'Sanctuary' lui est taillé sur mesure. Riffs bas, djent et violents. Vocaux parfois insidieusement perchés parfois agressivement déjantés.
Quelques nuages de synthés viennent amortir les coups mais la composition reste métalliquement vôtre.
Vocals: Lena Scissorhands; Synths production: Valentin Schirca; Drums: Eugene Voluta; Guitars: Valentin Voluta; Bass: Radu Chiruta; Orchestral drums: Constantin Dushku

On conserve ce ton sombre avec plus de gravité due à la voix granuleuse d'Octavian Casian. La gratte monte des moellons aux joints vocaux ferraillés.
Le morceau 'Born of chaos' porte bien son titre aux tendances hardcore.
Lyrics, vocals: Octavian Casian; Drums: Eugen Voluta; Keys: Constantin Dushku; Guitars: Valentin Voluta

Au tour d'un synthé indus. de séquencer l'intro de 'The power of consequences'. La voix robuste et mélodieuse d'Andréa Verdi, prend parfois des allures plus rocailleuses.
La guitare craque, pareil aux éclairs de l'orage. La pulsion s'évanouit brutalement générant une frustration.

Octavian Casian place son timbre sur 'Solar death' et ça colle parfaitement. Avec des riffs de guitares bien déchirants, le morceau organise un sabbat noir.
Le rythme reste fièrement droit et les vocaux, tendance ozzyiesque au début, épaississent et graissent au fur et à mesure. Un nouveau solo de guitare transperce le coeur comme l'atmosphère.
Ce heavy, un peu plus traditionnel, laisse une empreinte plaisante bien marquée.
Lyrics, vocals: Octavian Casian; Drums: Eugen Voluta; Guitars: Valentin Voluta; Bass: Andrei Ciobanu

Imperfect Clock - Une guitare aérienne, particulièrement touchante, place ce titre sur de bons rails. La voix, à l'unisson, plane dans un ciel à grisailles.
Vigoureuse, elle parvient à émouvoir.  Un piano sombre enfonce le clou par une phrase hypnotique.
Vocals: Vitaly Machunsky (Lyrics: Irina Maciunscaia); Guitars: Valentin Voluta; Piano: Constantin Dushku; Drums: Eugen Voluta


Fin 2021, SOTM sort 6 nouveaux 'singles' (ci-dessous du plus récent au plus ancien) soit plus de 20 compositions en 2 ans avec clip pour la plupart!
Sont-ils si sots? Non, pas folle la guêpe! Il me semble que leur communication forcenée fait mouche (ou le buzz mais c'est pareil).


1-'Bugs' évolue dans un cocon entre euro-pop et prog-rock et quelques accointances avec Evanescence, la faute à Athena et la mélodie accrocheuse. Seuls quelques riffs et les frappes musclées rappellent l'attrait du métal.
L'orchestration des synthés et autres guitares fait dans l'éthéré par instants. D'autres claviers tourbillonnants imiteraient presque l'ambiant ou le new-age.
Vocals: Brooke (Athena) Dougherty, Vitaly Machunsky; Synths: Valentin Schirca; Drums: Eugen Voluta; Guitars, Bass, music production: Valentin Voluta

2-'Prey' Eissa aime alterner voix claire/voix criée qu'on peut retrouver aussi chez Jinger (toutefois plus brutale avec Tatiana).
Ici, les harmonies prennent, tout de même, le plus grand soin de nos tympans et de notre petite nature par un metalcore parfaitement calibré. Avec plus de son symphonique, on pourrait s'approcher de Delain.
Vocals: Eissa Morphide; Drums: Eugen Voluta; Guitars, bass, synths: Valentin Voluta; additional synts: Constantin Dushku; backing vocals: Vitaly Machunsky

3-'Enough is enough' n'est pas conclusif, continuez, ça nous plaît! Athena possède cette voix suave et séduisante capable de monter dans les aigus.
L'orchestration la place dans les meilleures conditions conduisant cette piste plus rock que métal malgré une basse particulièrement cogneuse.
Le passage en guitare solo, sur des claviers bouillonnants au final, envoutent l'auditeur, même peu concentré.
Vocals: Brooke (Athena) Dougherty; Synths: Valentin Schirca; Additional synths: Constantin Dushku; Drums - Eugen Voluta; Guitars, Bass - Valentin Voluta

4-'The regress' revient aux fondamentaux, Lena, la hurleuse, est là! Vicieux ce charme dérangeant avec les palpitations de la basse... Surprise, plus léger sur le refrain, quasi pop, aux guitares harmonieuses.
Vocals: Lena Scissorhands; Drums: Eugen Voluta; Guitars, Bass: Valentin Voluta; Synths: Valentin Schirca

5-'Promised land' ici le riff plombe en percussions alors qu'Athena flotte sur une seconde ligne de gratte plus haute. L'orchestration s'enrichit au déroulé par un synthé, toujours dans une ambiance mélancolique.
Vocals: Brooke (Athena) Dougherty; Synths: Valentin Schirca; Drums: Eugen Voluta; Guitars, Bass: Valentin Voluta

6-'Desolated' Une fois n'est pas coutume, un rythme régulier à la batterie introduit un clavier léger. Le morceau sonne quasi pop avec la voix d'Eissa claire. Le morceau monte crescendo et devient finalement accrocheur.
Vocals: Eissa Morphide (Lyrics: Doina Sclifos); Drums: Eugen Voluta; Guitars, Bass: Valentin Voluta; Piano, strings and Synths: Valentin Schirca

Ces multiples alliages offrent une variété rafraichissante aux créations de Valentin. Néanmoins, la personnalité des vocalistes influence fortement les interprétations.
Le résultat demeure tout à fait attrayant par des guitares juteuses, pleines de caractères et capables d'éruptions volcaniques autant que de toiles arachnéennes ou de murs du son.
Sans surprendre, ces morceaux vibrants et joués avec conviction valent le détour parmi les innombrables sorties actuelles. 'Seas on the moon'? Après tout, de 2 choses lune, l'autre c'est le soleil!


 
 
 
   
 

 

Album- Collision Illusion - Seas on the moon
Partager cet article
Repost0
9 janvier 2022 7 09 /01 /janvier /2022 15:06
Album - Le Lac Long 814 - Tessons flottants

Album - Le Lac Long 814 - Tessons flottants

 

Comedia

( michel)  

Le Lac Long 814.

Elle niche où cette étendue d'eau?

Dans le Mercantour, au Canada, dans le parc national des Pyrénées?

Et puis, 814, c'est quoi?

Tu poses la question au  sångaren, låtskrivaren och musikern Daniel Östersjö et à son copain Bengt Söderhäll, läraren, universitetslektorn och poeten.

Les compères sont entichés de culture française et ont enregistré un premier album ( Treize Chansons) en 2018, suivi par quelques singles et EP's.

Daniel, multi-instrumentiste met en musique les poèmes de Bengt, traduits en français par Janina Szubzda Martinez.

Récemment le duo a pondu un second album, baptisé 'Tessons Flottants', la rondelle est riche de 17 titres:

 

1. La casquette
2. L'ombre d'un bourdon
3. Maman
4. Grave ta marque
5. Plus de toi
6. La monde et nous
7. Hors du temps
8.Aïe ! Aïe ! Aïe !
9. Entre une absence et une autre
10. La vie
11. Ils aiment
12. Tessons flottants
13. La moirure du lac
14. Flytande skärvor - récitatif en suédois
15. Mössan
16. Tourbillons du miroir
17. Les tapis tissés
 
crédits:
lyrics- Bengt Söderhäll
music & vocals-  Daniel Östersjö
Elin Emtell Rubinsztein ( violin) - Ester Forsberg ( viola) - Johan Nyberg ( bass) - Magali Michaut ( voice, violin) - Erik Holmgren  ( euphonium) - Kristina Olsson ( voice) - Anneli Åhlén Östersjö ( voice).
 
La photo de pochette, représentant Bengt et Daniel vêtus sobrement, dans des tons gris/noirs, tous deux portant casquette, les montre appuyés contre un mur en bois , tandis qu'ils fixent l'objectif en esquissant un timide sourire.
Le cliché est signé Johan Bergmark.
Par contre ce qui est remarquable c'est que le CD n'est pas simplement inséré dans une chemise habituelle, le format est bien plus grand et permet d'y glisser les remarquables illustrations dessinées par Bengt  pour chacune des plages de l'album, transformant l'objet en oeuvre d'art, destinée à devenir un collector's item! 
 
En 1947, paraît le texte de  la pièce radiophonique 'En spelmans mössa' ( La casquette du musicien) de Stig Dagerman, c'est en basant sur cette oeuvre, parue après le suicide de l' écrivain, que le duo a composé et mis en musique le poème 'La Casquette'.
Le ton mélancolique est mis en valeur par l'instrumentation "chanteur de rue"  élaborée par Daniel Östersjö. La justesse de ton te permet de visionner la scène, le musicien, paumé, jouant son air triste sur un pont quelconque, dans la casquette, à ses pieds, quelques misérables  pièces, abandonnées par des passants frileux lui permettront, peut-être, de se payer un café chaud.
Les Suédois embrayent sur un lament tout aussi cafardeux, 'L'ombre d'un bourdon' , une chanson réaliste qui aurait pu se retrouver au répertoire d'Edith Piaf ou de Guido Belcanto, le roi sans couronne  de la levenslied .
Le morceau s'achève sur un canon émouvant,  évoquant Les Compagnons de la Chanson. 
Daniel, secondé  par son compère Bengt,  et leurs compagnes respectives,  Kristina Olsson Söderhäll et  Anneli Åhlén Östersjö, fredonnent pieusement le leitmotiv ... chantant le canon d'octobre...
Place à la berceuse folk  ' Maman' , décorée d'une slide délicate et chantée d'une voix rappelant  Daniel  Lanois, en toile de fond une voix récite un texte, quasi inaudible, semblant répéter les questions de l'enfant.
Une guitare sèche  sur laquelle se superpose une seconde six-cordes perlée , une voix floue, ' Grave  ta marque' nous promène, en français, dans le domaine du British folk, tel qu'il était interprété par Bert Jansch, Martin Carthy ou Nic Jones.
'Plus de toi' est rehaussé par le violon de Elin Emtell Rubinsztein, l'alto de Ester Forsberg et la basse de Johan Nyberg qui se promènent sur le motif linéaire dessiné par la guitare de Daniel, qui, en fin de morceau, ajoute quelques touches de piano à la chanson d'amour au texte concis.
L'euphonium d'Erik Holmgren, accouplé à une acoustique et à un accordéon, porte 'Le monde et nous' à bout de bras, Daniel Östersjö s'autorise un sifflement frivole  qui engendre un contrepoint harmonieux à sa voix meurtrie.
Un longue intro à l'acoustique amorce' Hors du Temps', alto et violon concourent à créer une atmosphère Leonard Cohen intemporelle à ce morceau délicat et  aussi lent que la  valse romantique que Tom Waits a composé pour 'Night on Earth' de Jim Jarmusch.
Ça fait mal?
Oui, j'ai claqué la porte trop fort, je saigne, ' Aïe ! Aïe ! Aïe ! '
T'es douillet, Daniel.
Rigole pas, prends mon mouchoir et essuie mon front, s'il te plaît!
La saudade portugaise transportée en Suède et chantée en français rocailleux, ça donne ' Aïe ! Aïe ! Aïe !' et c'est profond comme du Cesária Évora!
 Décembre 2020, sur le blog  'les chansons françaises au Danemark': la chanson de la semaine est "Entre une absence et une autre" de LE LAC LONG 814.
 Paroles de Bengt Söderhäll et musique de Daniel Östersjö, la plage était extraite d'un EP trois titres, sorti en novembre de la même année.
Le Lac Long 814 voue une admiration inconditionnelle aux poèmes de Guillaume Apollinaire, le texte fort, qui suscite à la fois des images de films en noir et blanc traitant de la grande guerre, mais aussi les mots d'Arthur Rimbaud mis en scène dans le sublime "Dormeur du Val", est chuchoté par Daniel, qui illustre la mélodie de lignes d'harmonica tellement plaintives que ton chat a versé quelques larmes.
Une superbe chanson, suivie par ' La Vie', un titre plus effervescent décoré de guitares dignes de Joey Burns de Calexico.
 Lambchop, Howe Gelb  ou le mystique  David Eugene Edwards ne sont pas loin!
Retour à la lenteur, à la relative nonchalance, avec la piano ballad charnelle  ' Ils aiment'.
Pour continuer avec les comparaisons, on désigne Jean- Louis Murat pour le titletrack de la collection, ' Tessons Flottants' , le chant, lymphatique, se traîne sur un ruban de guitare, qui serpente en reposant sur un son d'orgue Hammond  qui devrait plaire à Rod Argent.
Le texte, évasif,  mixe imagerie naturaliste et poésie symboliste. 
Décidément , l'élément aqueux inspire le duo, qui, pour  'La moirure du lac' , a fait appel à Magali Michaut à son violon et à sa  voix.
Les Suédois et l'auteure-compositrice française, désormais voisine de la petite sirène, avaient déjà collaboré en 2021, le résultat: l'EP  "Toujours Apollinaire"!
" Flytande skärvor" - récitatif en suédois ( 17 minutes 33 secondes) , Bengt lit  les poèmes chantés sur l'album, son ami y ajoute un fond musical minimaliste dans l'esprit d'un Wim Mertens. 
Mössan'  , mot suédois pour la casquette, présente une relecture de l'oeuvre de Stig Dagerman qui a inspiré la première chanson du recueil.
La Suède, une carte postale:  lacs, forêts, archipels, plages de sable blanc, villages pittoresques... pour la mise en musique, tu as le choix, Natanael Berg et ses poèmes symphoniques, éventuellement Robyn ou Molly Sandén si la pop te branche, sinon, 'Tourbillons du miroir' du Lac Long 814 historie parfaitement le sujet.
La Manufacture Scandinave présente une dernière broderie fine, 'Les Tapis Tissés', pas de scènes de guerre comme à Bayeux, mais un paysage brumeux représentant un lac ressemblant à celui qu'a peint James Abbott McNeill Whistler à la tombée du jour.
Et avec ça, madame?
Un nocturne à la sauce   Frédéric  Chopin pour mettre en valeur le texte.
OK, c'est emballé!
 
Tu veux du différent,  de l'inédit, du sentiment,  de l'esprit, de l'esthétique....   l'album "Tessons Flottants"  du Lac Long 814 est fait pour toi!
 
 
 
 
Partager cet article
Repost0

Articles Récents