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6 janvier 2022 4 06 /01 /janvier /2022 14:49
Album- Fugatta - The Darkest Planet -

 Album-  Fugatta - The Darkest Planet 

 Shamash Records

 

NoPo

 FUGATTA The darkest planet 2021

Ces musiciens mexicains viennent de Guadalajara, bien connu des supporters de foot français.
Pas de polyuréthane rond ici, on parle ici de métal pur à 2 cornes dont les latins sont friands (moi itou mais suis-je latin? Dissertation philosophique de ma soirée).
Formés en 2007, après pas mal de mouvements, ils sortent 2 albums :
2011 Mystic Kingdom
2019 Tales of a new century

Le line-up 2021 se stabilise autour de :
Daniel Viña voix,
Hugo Medina basse,
Homero Lezama claviers,
Eusebio Medrano guitare,
Ignacio (Nash) Salmeron batterie

Il y a de la place pour tout le monde sur cette plaque volontiers partagée avec des invités pléthoriques :
l'italien Ivan Gianini (Vision Divine), l'espagnol Alberto Rionda (Avalanch), les mexicains Nelson Quirarte (Insertion Loss), Lilith Mendoza, Christian Vázquez.
ainsi qu'un véritable chœur lyrique de leur ville :
Director: Jesús Hagelsieb. Pianist: Antonio Quiroz.
Altos: Isabel Enríquez, Amelia Díaz y Lizette Sánchez.
Sopranos: Laura Echeagaray, Mayra Rosas, Ivón Abraham, Alejandra Luna y Rocío Torres
Tenors: Ezequiel Zavala, Enrique H, Jesús Hagelsieb y Carlos Villegas.
Basses: Santiago Hermosillo, Sergio Chávez y Adolfo Espinoza

Des tons bleus dominent le beau design, couleur de notre planète, contenue dans une bulle sous la mer d'où dépassent ... des pyramides. Le logo très réussi de FUGATTA, mêlant pointes et arrondis, flotte sur les vagues.
Une femme, à robe blanche, semble vouloir protéger l'intérieur de notre astre.
D'après l'excellent blog breathingthecore.com c'est la déesse mère Gaïa. L'eau représente la vie et les pyramides, l'âge du monde. S'ils le disent ...

Track list:
1.- Overture XXI
2.- The Dark Land We Belong
3.- Sons of Syria
4.- Beyond the Light
5.- Slaves of Heaven
6.- Gates of Atlantis
7.- Lethal Virus
8.- Metal Invaders
9.- Duality (The Inner War)
10.- The Freedom of my Spirit
11.- The Dark Land We Belong (Spanish Version ft. Alberto Rionda)
12.- The Metal Invaders (ft. Ivan Giannini)
The album was mixed by Domingo Trujillo at Dirty Box Studio and mastered by Matias Kupianien (Stratovarius) at 5 by 5 studio.

Ces titres épiques, un choeur lyrique, une belle pochette onirique, ce petit côté Heroic fantasy, bon sang, mais c'est bien sûr (commissaire Bourrel)!
Moi je me pique de le savoir (Jacques Lanzmann), il s'agit de métal symphonique plus huilé que burné, au concept basé sur les maux du monde actuel.


Flûtes alors! Un orchestre? Des choeurs? Voix de diva? ça en jette cette 'Overture XXI', typée B(ande) O(riginale) (de) F(ilm).
Pas là pour rigoler, Fugatta dégaine l'artillerie double pédale, guitares laser, claviers rutilants. Ces 2 instruments phare se passent le relais pour toujours plus d'acrobaties.
Les 'who-oh-oh-oh' des choeurs ajoutent, sans stress, des traces de strass. Chacun y va de son show, le plaisir devient finalement communicatif, et le strass diamant.
'The Dark Land We Belong' présente le groupe tel qu'il est : enthousiaste, agile, efficace, sincère, généreux. Les textes parlent de la protection de notre monde par Gaïa.
J'en apprécie la reprise, en fin d'album, et en version espagnole, avec le guitariste Alberto Rionda.

Nous sommes las, les armes crépitent. Le chant de bataille reste pourtant serein et l'instrumentation limpide. Effectivement, les paroles militent pour la paix et contre les militaires ou militants fanatiques.
'Sons of Syria' offre l'occasion de s'exprimer à une guitare flamenco et des percussions médiévales. On ne peut s'empêcher de penser à Angra avec ses empreintes de musique brésilienne traditionnelle.
Une voix de monstre lance un passage démonstratif avant une fin plus apaisée.

Et reflûtes, pour ouvrir 'Beyond the light', accompagnées d'une guitare acoustique. On retrouve rapidement la combinaison gagnante clavier / guitares en rotation sur une allure confortable.
Les vocaux se promènent sur la belle mélodie et se renforcent, parfois en se multipliant. Quelques zébrures de gratte par un sombre héro (!), me rappellent 'Rime of the Ancient Mariner' d'Iron Maiden.
La batterie bétonne protégeant les arrières. Les guitares se croisent et s'entrecroisent dans un échange effervescent de tous les instants et le clavier surfe sur la vague.
Le cadre du clip, devant un fort, en bord de mer (île de Mezcala), ajoute une touche de beauté, se mariant parfaitement avec un thème d'optimisme spirituel (même si les musiciens se retrouvent à jouer leur solo dans une espèce de prison).

'Slaves of heaven' autorise toute latitude à l'emphase en profitant des choeurs lyriques dans un rythme saccadé. La chanson dénonce l'enfermement religieux.
Le refrain, particulièrement bien construit, procure un réel entrain. Un toccata de clavier virtuose virevolte.
Les guitares entrelacent riffs et solos foudroyants.

'Gates of Atlantis', à l'intro très néo-classique, possède une saveur malsteenienne.  Elle offre un écrin aux guitares et claviers qui ne lâchent rien. Quel rythme échevelé quelle fougue!
Aucune lassitude! Cet instrumental surprend par sa courte durée de 3 minutes (ce style étant plutôt enclin à de longs développement) générant une folle excitation.

'Lethal virus' ralentit (enfin) sombrement le pas. Le titre correspond à un adieu face à une maladie mortelle.
Le chant déstabilise par son ton parfois (trop?) bas (dû à la faiblesse virale), beaucoup plus à l'aise, dès qu'il s'élève.
C'est la chance aux (chan)sons de violons et piano et même de clavecin très attrayant.
La guitare, telle l'épée de Zorro, zigzague et, à la fin de l'envoi, touche (ah ben, c'est Cyrano!).

'Metal invaders' rappelle les accélérations soniques de Stratovarius, la double pédale s'en donne à coeur joie. Après l'intro, telle un ouragan, la basse dégage un souffle. Elle impressionne par sa vitesse d'action et un son métallique très plaisant.
Les claviers vifs et virtuoses et les effets orchestraux accrochent joliment l'ouïe. Le chant doublé, et parfois en canon enivrant, se plait sur cette cadence rock rapide.
Cette invasion métallique n'a rien à voir avec le genre musical mais s'interroge sur les effets pervers de l'automatisation par la robotique.
En duo avec le chanteur Ivan Giannini, la version alternative, en fin d'album, est encore plus explosive.

'Duality (The Inner War)' ou le bien et le mal dans un même être. On retourne sur un circuit rapide avec des guitares montées en parpaing sur un rythme quasi samba. Le son de basse agit comme une bulle enveloppante.
Exceptionnellement, une 2è voix, poussée dans son grain râpeux, hurle son irritation. Les instruments dégagent un fort esprit de solidarité et d'équilibre, très agréable.

Un synthé kitsch signe l'intro de 'The Freedom of my Spirit' (la liberté de mon esprit). La vitesse de la lumière est celle de croisière pour FUGATTA.
On la retrouve ici avec une batterie aux taquets. Guitares et claviers rivalisent d'arabesques éclatantes.
Les choeurs lyriques, par leurs 'who-ah', apportent un air viril décalé et somme toute très rafraichissant.




FUGATTA ne fait pas le choix d'innover, son admiration du power metal restant évidente. On sent bien quelques épopées d'inspiration Rhapsody, Stratovarius, Angra...
50 minutes dont 2 morceaux repris dans une version différente, la durée demeure modeste pour cette catégorie musicale (avec des plages d'environ 4 minutes, hors titre d'ouverture).
On arrive même, parfois, à être déconcertés et trouver ce moment presque trop court. On ne peut pourtant pas leur en vouloir, l'inverse pouvant provoquer parfois l'ennui.
A l'inverse, le résultat réussit à nous séduire grâce aux guitares et claviers magnifiques et ce choeur lyrique carrément dopant sur certains passages.
Taratata, pas de prorata ni de duplicata, Fugatta répond aux desiderata des aficionados du power symphonique. 

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6 janvier 2022 4 06 /01 /janvier /2022 10:30
Album - Lilly Hiatt - Lately
Album - Lilly Hiatt - Lately
 
New West Records
 
(michel)
 
Que fais-tu lorsque ton paternel se nomme John Hiatt?
Bête question: de la musique, surtout si le monsieur t'offre une 1953 Parlor-Size Martin pour tes douze ans.
Donc, Lilly, après des études de psychologie, n'ouvre pas un cabinet pour devenir shrink, mais décide de suivre la voie de daddy, un des plus talentueux adeptes de l'americana, qui a récolté une petite dizaine de Grammy Awards depuis qu'il arpente les scènes du monde entier pour distiller son roots rock, agrémenté au blues, à la country ou au folk.
 
Lors de ses dernières années à l'unif, mademoiselle Hiatt forme, avec des copains, le band Shake Go Home qui enregistre une poignée d'EP's.
Une première oeuvre sous son nom ( Let Down) sort en 2012, aujourd'hui, avec l'album ' Lately', sa discographie se chiffre à 5 albums.
On ajoutera que papa a fait appel à ses services sur 'Same Old Man' et que la petite Lilly s'entend aussi sur des enregistrements d' Across Tundras et de Ronnie Fauss.
 
Tracks:
Simple
Been
Lately
Stop
Peach
Ride
Face
Better
Gem
The Last Tear 
 
Credits:
Lilly Hiatt - vocals, guitar
Mike LoPinto - guitar
Robert Hudson - bass
Kate Haldrup - drums
Micah Hulscher - keys
Steve Hinson - pedal steel
Coley Hinson - guitar on “Peach” and “The Last Tear”
All songs written by Lilly Hiatt
Poppycat Publishing (BMI)
 
La photo de la pochette est signée Lilly Hiatt, elle ne s'est pas foulé: un fond gris, des points roses bonbons pour égayer l'ensemble, son nom écrit d'une main nonchalante en haut à gauche, le titre de l'album sous un polaroid confus représentant un arbre quelconque  en fleur.
Tu dis.... il faut ressentir le côté fauviste de l'ensemble, d'accord, vais téléphoner à Henri Manguin et lui demander ce qu'il en pense.
 
Préface: Upon the release of her universally praised Walking Proof in March 2020, Lilly Hiatt had to absorb the letdown of not being able to flesh out and promote a great album on the road. Left to her own devices, John Hiatt’s oldest daughter sunk about as low as she could go. She salvaged her sanity by writing the songs on Lately.
 
Ainsi sonnait l'introduction d'une interview que la singer-songwriter a accordée au webzine Magnet!
 
'Simple' montre un tableau de famille lors de l'anniversaire du frère de la chanteuse.
Elle exprime sa joie de voir le clan réuni.. I cannot remember the last time I felt so good, just talking with my family in the neighborhood...sur fond country, mélodieux, porté par la pedal steel de Steve Hinson, la voix, douce, conforte l'impression de bien-être et de bonheur humble... la formule finale est claire... I take a picture in my mind to make it last.... !
Si pour certains le bonheur est dans le pré, d'autres prônent la simplicité!
 
La seconde plage ' Been' joue la carte roots rock, joué de façon laidback.
Les guitares serpentent sinueusement alors que la dame songe aux canaux d'Amsterdam, qu'elle contemple en pédalant, comme le font tous les autochtones dès que la météo le permet.
Lui ai pas demandé si elle avait croisé Hidalgo dans le coin, de toute façon on s'en fout, profitons du moment présent .
... And if you ever come out with me, you’ll love all that you see..., j'emprunte la bécane de ma femme et j'arrive, Lilly, attends-moi!
 
Les guitares bourrées de twang, le drumming souple, les claviers lumineux de Micah Hulscher, les légers trémolos dans la voix, transforment le titletrack ' Lately' en dreamy pop song entraînante et catchy à souhait.
 
L'amour, c'est compliqué, surtout si celui que tu vénères est du genre volage, ' Stop' sonne comme une tendre love ballad, mais, à la fin ne restent que désillusion et dépit.
Avec un accompagnement musical soft rock, que tu peux rapprocher de certaines compostions de Tift Merritt , d'Eileen Jewell, de Gretchen Peters, de Mary Chapin Carpenter ou d'autres représentantes de l'alt.country au féminin , Lilly Hiatt convaincra sans peine tous les amateurs de sincérité.
 
La guitare épineuse de Coley Hinson ajoute un côté punchy à ' Peach', un fruit aux saveurs rock prononcées, malgré le timbre quasi angélique de Miss Hiatt. 
 
La pedal steel revient à l'avant-plan sur le vaporeux midtempo 'Ride' qui invite à une flânerie au soleil couchant en compagnie de ton/ta bien -aimé(e), une brise légère doit ajouter une touche romantique à la balade.
 
' Face' combine country twang, bluesy licks et rock feeling, il s'agit sans conteste de la plage la plus remuante de la collection, grâce aux guitares produisant des étincelles.
Certains n'hésitent pas à mentionner le Fleetwood Mac, époque Stevie Nicks, of course, ou Lone Justice, qui a vu les débuts de Maria McKee.
 
'Better', émaillé d'une guitare bourrée de reverb , relate à nouveau les aléas d' une relation calamiteuse, d'une voix désolée, elle répète “I should have known better.” à l'infini, 'Gem' qui lui succède est chanté d'un timbre hanté alors qu'une guitare saturée, style American Woman ( version Guess Who, svp), badigeonne le fond de la toile, créant un contraste ostensible entre le timbre presque enfantin de la chanteuse et la hargne du rendu.
 
Retour de Coley Hinson sur ' The Last Tear' l'ultime plage de l'album, et la seule ayant titre contenant plus d'un mot.
Lilly a décidé d'achever le voyage sur un country rock libérateur et comme à la fin d'un film sentimental, personne ne se foutra de ta poire si tu verses quelques larmes.
 
Si l'isolement inhérent à la pandémie a tari la source d'inspiration chez certains, ce n'est pas le cas pour Lilly Hiatt qui avec ' Lately' livre un album affuté.
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4 janvier 2022 2 04 /01 /janvier /2022 15:30
Album - Harlem Lake - A Fool's Paradise vol. 1

Album - Harlem Lake - A Fool's Paradise vol. 1

 

Eigen beheer

 

NoPo

 HARLEM LAKE A fool's paradise vol I 2021


Un lac aux USA ou une station de métro à Chicago? Zéro Google! 'Harlem Meer' à New-York? Tu chauffes un peu!
On parle des Pays-Bas... 'Haarlemmermeer', niche, dans un polder, pas loin d'Amsterdam et peut se traduire par ... 'Harlem Lake' bingo!
Un groupe aux essences tellement américaines.

Dave Warmerdam, pianiste, commence l'histoire sous son nom après s'être fait remarqué, à 16 ans, à l'International Blues Challenge de Memphis en 2017.
Sonny Ray, guitariste et Janne Timmer, chanteuse le rejoignent. Ils tournent énormément (avec Walter Trout notamment) et sortent un album live.
Ils ne changent de patronyme que récemment, juste avant le recrutement de Benjamin Torbijn à la batterie et Kjelt Ostendorf à la basse.

Mais ce qu'ils préfèrent, ce sont les live en réalité augmentée(!), formation étoffée à 12 , une vraie dream team collective (et Dieu sait que les Oranje ont fière allure...).
A noter, particulièrement, 4 titres interprétés dans un studio saturé à la radio néerlandaise Veronica!

A fool's paradise vol I, la jaquette :
Dans une jungle luxuriante, la présence, décalée d'un kiosque à musique, interpelle, d'autant que 7 flamants, pas encore roses, y font un tour de manège l'un derrière l'autre.
3 demi- arches, intégrées au toit, entourent les visages des leaders Dave, Sonny et Janne. J'y vois l'adaptation des musiciens et de leur art à la nature sauvage : biodiversité et flower power!

Les pistes :
1-Deaf Blind
2-A fool's paradise
3-The river
4-Guide me home
5-Please watch my bag
6-My turn to learn
7-I won't complain
8-I wish I could go running

Entrée en matière Southern rock dans un beau riff chauffé par l'orgue Hammond monstrueux. On se croirait chez Lynyrd Skynyrd, ou Rossington-Collins band pour la voix de Dale Krantz (remember 'Don't Misunderstand Me').
Sauf que Janne réussit le tour de Force de dégager encore plus de puissance, plus de feeling, plus de modulation, elle nous donne un sacré grain à moudre, et derrière elle, les choeurs dégoulinent.
Aux deux tiers de 'Deaf Blind'(un comble!), les twin guitares jaillissent ramenant les grandes heures de Wishbone Ash. Elles peuvent se lâcher, la rythmique assure.
L'instrumentation baigne, jusqu'au bout, dans un bouillon de culture déchaîné.

La batterie annonce un grand moment. La guitare plante une flèche directement dans le coeur. La voix, débordante d'émotions, retient d'abord son expression avec tact.
Mais sur le refrain, elle prend une ampleur incommensurable par ses multiples facettes. Deux notes à la guitare déchirent un sac de larmes sous les yeux.
Les cuivres, tapissés en fond, viennent accentuer le frisson. La guitare ne se sent plus d'ivresse et bouillonne jusqu'à l'extase.
Et le chant, le chant de Janne vient nous achever définitivement (ce n'est même pas un pléonasme!).
Un classique d'emblée, incontournable, à classer à côté de 'Free bird', 'Jessica', 'Whipping Post', Highway song'.

Une slide bien rouillée (bien roulée aussi) ouvre le lit de 'The river'. La batterie trop lourde vient plomber le fond; la basse change le plomb en or.
La fille prend sa voix intense la plus grave et les choses en main (!?). Tu sens qu'elle peut t'emmener loin, au moins jusqu'à la rivière sans retour 'Get down, get down to the river Erase your footsteps and never return'.
Un coup de vent souffle sur la mélodie, les cuivres sonnent chauds. Cette chanson, si bonne, amasse admiration, dit John.

Il est tard déjà, 'Guide me home'. La ligne de guitare balade dans un mid-tempo crépusculaire. Elle convoque ici une dobro, là une pédale steel, par petites touches.
La rythmique se fait si discrète, qu'on entend quelques notes de trompette dans le lointain. Janne, pousse sa voix langoureuse à la Linda Ronstadt ou Stevie Nicks, alliant toujours puissance et modulation.
Au final, tous les instruments se rejoignent comme un hommage unanime.

'Please Watch My Bag' en vlà du blues en vlà, du bien baveux qui vous scotche. Intro dans une cadence 'Fool for your stockings' des ZZ, un blues incandescent aussi, pas des moindres!
Mais là pas question de bas, faut surveiller le sac de la dame! La voix en transes, parfois abandonnée quasi a capella, donne des trémolos, pourtant avec vigueur.
Alternant flamboyance et retenue, la guitare est empruntée à Robert Cray, encore toute fiévreuse.

'My turn to learn' reprend la route du Sud, on dirait. Guitare et basse/batterie se renvoient le rythme.
La blues woman décoche des crochets au foie avec ses décrochés dans la voix.

'I Won't Complain' mène un blues soyeux jusqu'à notre âme. Lorsque le morceau avance, une voix masculine vient jouer au duo puis la féminine se dédouble.
Le développement possède beaucoup de subtilités notamment par un piano magnifique, pièce maîtresse de la composition avec le chant de la maîtresse es voix.
Néanmoins, la guitare jalouse, ne peut retenir un solo juteux qui se tire la bourre jusqu'au bout avec les touches blanches et noires.

'I Wish I Could Go Running', ah ce rythme chaloupé, moite, du (harlem) shuffle! Janne pousse ses intonations de la basse à la pointe aiguë, jusqu'à l'euphorie gratinée.
Les autres jouent les paresseux et trainent les pieds... en rythme quand même et tous ensemble. Un ptit solo, nonchalant, pas trop fatiguant... quoique...
Dans cette plage hyper classique, Harlem Lake montre sa maîtrise de toute la panoplie du blues.

Ces musiciens ont le blues 70's, à 100% dans le sang (un peu comme, récemment, les Blues Pills avec lesquels, on peut rapprocher des vocaux époustouflants).
J'en reste, moi-même, sans voix... Janne en a assez pour un choeur entier! Des coeurs, Dave et Sonny en font battre tout autant par leur virtuosité toujours gorgée de feeling.
Un disque qui fera date, le début d'une grande carrière assurément!
Harlem Lake n'en est qu'à son premier vol ('vol I'), ça promet...





Some additional live band members :
Drums: Rick Van de Voort
Bass: Lars Hoogland
Backing vocals: Megan Zinschitz
Backing vocals: Esra Elgün
Trumpet: Thomas Heikoop
Trombone: Maarten Combrink
Saxophone: Jazzton Hulschebosch
Percussion: Stan van Tongeren
Rhythm guitar: Joost Tonies

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3 janvier 2022 1 03 /01 /janvier /2022 15:09
Double album - Steff Tej & Ejectes - volume 2 "Since 88"

 Double album - Steff Tej & Ejectes - volume 2 "Since 88"

 ( michel) 

Les disques du tigre

1988: Le Limoges Cercle Saint-Pierre remporte la finale de la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe contre la Joventut Badalona ( 96- 89 après prolongations)

Même année, la ville, qui a vu naître l'auguste Auguste Renoir, voit  des petits gars, jetés de partout, former le groupe Les Ejectés.

Aux dernières nouvelles,  les chassés se nomment:  Steff Tej (chant, guitare) – Fred (batterie) – Philippe (basse) – Lolo (trompette) – Frank (saxo) – Fred (clavier).

Comme pour une pandémie tristement célèbre, il existe une variante -  Steff Tej & Éjectés : Steff Tej (chant, guitare) – Etienne (basse) – Emilien (batterie).

Ces joyeux drilles deviennent les porte-drapeaux du ska made in France.

Un palmarès éloquent: plus de 2500 concerts et 18 albums pondus, le dernier né est tout frais et la poule n'a pas lésiné sur la marchandise:  la compilation  volume 2 "Since 88" est riche de 24 titres:

VINYLE 1 :
1. Rocksteady dub
2. International reggae ragga dub tha ultimate version
3. No coke no dope (version inédite)
4. Merci merci
5. L'informel (remix)
6. Le climat
7. Do the reggae
8. La télé rend fou
9. Charles Hubert
10. Rude n' reggae (version différente de l'album)
11. Sunday Morning
12. Quand elle m'emmène
VINYLE 2 :
1. Rocksteady thème
2. Sous la pluie
3. La petite maison (version inédite)
4. Non ne me chante pas
5. La voix du coeur
6. No revenge
7. Soweto's burning
8. Tv box office
9. Dope crack dreu (inédit)
10. Uncle Paulie
11. Rappelle-moi    
12. Songe d'une nuit d'été.        

La pin-up  mutine ( polo rouge vif, jupe à carreaux retenue par une paire de bretelles qu'elle écarte en souriant, , serre-cheveux ska, boucles d'oreille missile V2, rouge à lèvres affriolant)  a été prise en photo par Anna Wojtecka ( Varsovie), photographe spécialiste du burlesque. 

Tu craques...nous aussi!

 

Après le tome 1 paru en 2015, les petits gars du Limousin ont fouillé au fond de leurs tiroirs, en prenant soin de porter des gants en latex, pas à cause du Covid, mais bien pour ne pas se faire mordre par de mesquines et velues araignées, ils ont déniché 24 titres, les ont à peine dépoussiérés pour les coller sur un second volet compilatoire. 

De Sly & Robbie en passant par Augustus Pablo ou The Aggrovators, elles sont nombreuses les sommités jamaïcaines à avoir baptisé un de leur dancetrack ' Rocksteady dub', forcément Steff Tej et les Ejectés se devaient de suivre l'exemple.

L'original était disponible en version vinyle avant d'être déjà compilé sur "Tej in dub Vol. 2"!

Entrée en matière superbement cool,  histoire de se mettre dans un bain tiède, tout en tirant une petite bouffée du bang que vient de te passer une copine, batifolant dans la même piscine.

Tout en confectionnant de petits nuages inoffensifs qui papillonnent dans un ciel serein, tu prêtes l'oreille à  leur nouvelle version de 'International reggae ragga dub', un titre qui convient parfaitement à l'ambiance enfumée qui règne dans le coin.

Tout se passait bien, quand une voiture déboule à fond la caisse, elle s'arrête pile face à toi, Starsky en sort, son copain reste au volant, de la came qu'il dit, mais, non, mec ' No coke, no dope'.

Ecoute le morceau et si tu ne craques pas pour les choeurs féminins, c'est que tes orientations affectives t'orientent vers d'autres horizons..

Quoi,  politiquement incorrect, o k, on rectifie, tu dois voter extrême droite, c'est mieux?

Te suivre au commissariat, t'exagères pas un peu, monsieur l'agent?

Sur la route de Memphis, t'as entendu ' Merci Merci' et 'L'Informel' que tu avais enfilés sur une clé USB.

Columbo:  c'est quoi que t'écoutes, fieu?

Lui ai refilé les écouteurs.

Pas mal, allez, t'es libre!

En sifflotant, tu enchaînes sur le morceau reggae vert, ' Le Climat' .

 Donald, sceptique, n'apprécie pas trop, le réchauffement climatique c'est de la blague, les gars... avance le plaisantin.

Ça finira par se refroidir, guys, don't panic, les scientifiques sont des clowns!

Steff et ses acolytes  poursuivent leur  exploration en terre jamaïcaine en y ajoutant quelques piments français. Du dub, du ska, du rocksteady, du funk,  une  pointe de punk, de hip hop et du rock, comme cette guitare  flamboyante qui vient déchirer le groovy ' Do the reggae' , le cocktail charme les papilles auditives ( amphibiennes pour les gymnophiones) et invite aux déhanchements langoureux.

En 2003, le groupe sort l'album ' Citoyens du Monde', un titre explicite, car pas question d'identité nationale pour ces jeunes gens pour lesquels l'engagement social n'est pas un concept la gauche de salon.

'La Télé rend fou' est extrait de cette plaque essentielle.

Tu dis, Hanouna, non à l'époque il squattait encore chez papa et maman.

Toastin' à l'antique et ironie omniprésente mais aussi un constat lucide....Décrypter les infos est un travail de pro qui demande patience et travail d’impro ... 

Toujours en mode humoristique, on fait la connaissance de 'Charles- Hubert' dont on ne sait s'il est fan des Skatalites ou de  Buju Banton.

On les avait presque oubliés les Rude Boys, pas de message pour Rudy mais un 'Rude 'n' Reggae' drôlement remuant, cuivres à l'appui, choeurs joyeux et tchik tchik tchik's juteux.

Le dimanche, tes voisins vont à la messe, Steff et ses copains, eux,  ont sorti un vieux trente-tours de  Winston McAnuff de sa pochette, ils ont tous tangué sur 'Sunday Morning'.

A l'écoute de cette ballade romantique ,quelques larmes coulent, elle n'est plus là et ce n'est plus pareil, plus de chocolat chaud et de croissants en tête à tête, tandis qu'au loin sonnent les cloches.

Toujours en mode  fleur bleue 'Quand elle m'emmène' achève l'épisode un. 

Tu peux me décapsuler une bouteille de bière noire de la Vézère?

Suis pas ta bonne!

T'as vu, Simone m'a à la bonne, passons au second acte qui démarre  par un 'Rocksteady theme' lent, cinématographique et huileux, un peu à la manière des productions des Ethiopians.

'Singing in the rain' à la sauce rocksteady, ça donne ' Sous la Pluie', tu y ajoutes une chorale doo-wop, une séquence hip hop, un orgue purulent,  elle va craquer!

Steff est heureux, il a une petite maison, dans la prairie, une femme, gentille, des gosses, un chien... ça sent pas  l'hydrogène sulfuré,  c'est pas encore le nirvana, mais ça y ressemble.

'Don't play your rock'n'roll to me ' c'était Smokie en 1975, Steff & co en version reggae nonchalant nous fredonne ' Non ne me chante pas',  à la deuxième écoute, tu te joins à la chorale, tellement ce truc est addictif.

Accélération soudaine pour 'La voix du coeur'   avec un couplet en espagnol pour le rossignol anglais.

Salsa, reggae, ska... envoie, du moment que ça balance, pas vrai, Manu!

Macron?

Toi-même!

Avec ' No Revenge' on retrouve des ingrédients gospel et doo- wop  moulés reggae et ça marche.

Serge, là- haut, nous souffle:  sont pas cons, ces gamins, si le gardien du zoo le permet je me joindrais bien à eux pour faire le boeuf et fumer de l'herbe .

Il y a le feu dans le ghetto ( Soweto's burning'), les Clash ou Sonny Okosun n'ont pas réussi à éteindre l'incendie, c'est au tour des Ejectés d'essayer.

Tu dis, Madiba?

Down with Afrikaans!

Avec ' TV box office' le groupe balance une nouvelle tirade aux connotations sociales.

Ce titre coup de poing décrie la nocuité des pseudo-informations relatées par les médias.

Peuple, souviens- toi des trompettes de Jéricho:  "Alors, les trompettes retentirent et les murailles réputées pourtant imprenables s’écroulèrent spontanément sous la clameur!"

Il fallait un inédit qui justifie l'achat de la rondelle, le voilà,  'Dope Crack Dreu', le truc dont il ne faut pas abuser, si tu ne veux pas te faire éclater le cerveau.

Par contre impossible de ne pas entamer une embardée ska punk sauvage sur ce morceau diabolique.

C'est qui, questionne madame, en ajoutant, ça déménage comme à l'époque de Madness?

T'as failli répondre Soprano, tu t'es abstenu!

Punk rock et ska font bon ménage, il suffit d'écouter 'Uncle Paulie' pour s'en convaincre!

Cette fin d'office est de plus en plus nerveuse, 'Rappelle moi' fait passer la production entière de Sinsemilia, de Vanupié ou de Tryo, pour des comptines pour mioches sages. 

Shakespeare, pour terminer en beauté,.

Robbie?

Non, William, celui qui a écrit  A Midsummer Night's Dream, ' Songe d'une nuit d'été' clôt un recueil couvrant près de 35 ans d'aventures musicales généreuses et colorées.

 

Pas question de passer à côté de  Steff Tej & Éjectés « Since 88 – vol.2 », car même si tu n'as pas l'âme d'un sound-system hero,  disposant de caissons de basse cyclopéens pour faire trembler tout le quartier, tu peux passer la galette sur ta petite chaîne à deux balles et faire danser mémé!

 

 

 

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2 janvier 2022 7 02 /01 /janvier /2022 15:45
Album- "Glow On" - Turnstile

Album- "Glow On" - Turnstile 

Roadrunner Records

Florian Hexagen

 

J'ai vu passer ce "Glow On" des Turnstile un peu partout dans les tops "rock" de fin d'année, et j'avoue comprendre sans totalement pouvoir être d'accord.
Non pas qu'un groupe punk-hardcore n'a pas le droit de faire évoluer sa formule, loin de là. Mais ici, une partie des titres sonne parfois tellement aseptisée / sans aspérité qu'on dirait une grenade en mousse dégoupillée envoyée à la face d'un système définitivement pas abhorré, soit l'anti-thèse quand même de ce genre musical.
C'est dommage, parce qu'il y a vraiment de (très) bonnes idées à l'intérieur: le très addictif "Underwater Boi" avec son "surf métal" étonnant, le weirdo et cool "Alien Love Call" avec Bloodhood Gang, le très 80's "New Heart Design" ou bien encore le hardcore métal "ambient" de "T.L.C."... mais se dégage quand même pour ma part une impression majoritaire de pop "hardcore" tendance bisounours.
Turnstile aurait pu (dû?) être inventifs ET garder tout au long de ce nouvel album un état d'esprit plus radical, à moins que cela ne soit impossible dans l'univers (business) musical actuel...?
Au final, je garde quand même 5-6 titres super bien foutus et novateurs (ce qui est plus que dans beaucoup d'autres sorties hein...), mais pas de quoi non plus en faire le disque de l'année.
PS: chouette quand même de terminer sur un "Lonely Dezires" avec son fade-in / fade-out effect very smart  (alors que pourtant pas mon truc généralement).
 
 

Tracklist

1 MYSTERY
2 BLACKOUT
3 DON'T PLAY
4 UNDERWATER BOI
5 HOLIDAY
6 HUMANOID / SHAKE IT UP
7 ENDLESS
8 FLY AGAIN
9 ALIEN LOVE CALL (FEAT. BLOOD ORANGE)
10 WILD WRLD
11 DANCE-OFF
12 NEW HEART DESIGN
13 T.L.C. (TURNSTILE LOVE CONNECTION)
14 NO SURPRISE
15 LONELY DEZIRES (FEAT. BLOOD ORANGE) 
 
 
Turnstile
 
Brendan Yates – vocals (tracks 1–13, 15), co-production (all tracks), art direction
Franz Lyons – bass (all tracks), vocals (tracks 6, 14)
Brady Ebert – guitar (all tracks)
Pat McCrory – guitar (all tracks)
Daniel Fang – drums (tracks 1–13, 15)
 
Additional personnel
 
Dev Hynes – vocals (tracks 9, 15), additional vocals (track 7)
Julien Baker – additional vocals (track 4)
Mike Elizondo – production (all tracks), drum programming (1–7, 10–13) synthesizer (tracks 1, 9–15)
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2 janvier 2022 7 02 /01 /janvier /2022 14:40
Album - Ghosts On Tape - Blood Red Shoes

  Album - Ghosts On Tape - Blood Red Shoes

 Velveteen Records

NoPo 

BLOOD RED SHOES Ghosts on tape 2022

Blood Red Shoes vient de Brighton, en Angleterre. Ah Brighton! Ses plages, ses pistolets (Clash), ses émeutes (Stray Cats)...
Quant aux chaussures rouges, elles ne ressemblent pas à celles de Kate Bush...
J'aime que les noms s'imprègnent d'histoires. Ici, il fait référence à la célèbre actrice, Ginger Rogers, dont les chaussures blanches devenaient rouge sang à force de danser dans une de ses comédies musicales (merci qui, merci Wiki!).
Cette couleur pourrait faire penser aux costumes des White Stripes, autre duo des 2 sexes.
Celui, dont on parle, se compose de l'association de Steven Ansell (voix et percussions) et de sa Gretel, Laura-Mary Carter (voix et guitare). A chacun sa voix, quoi!
Réunis en 2004 après la séparation de leurs groupes respectifs, ils ont déjà 5 ou 6 disques à leur actif :
    2008 : Box of Secrets
    2010 : Fire Like This
    2012 : In Time to Voices
    2014 : Blood Red Shoes
    2019 : Get Tragic
5 ou 6? Ils font, en effet, rien qu'à nous perturber ces 2 là!
L'EP « Ø » (vide? pas tant que ça!), troublant, débarque, sans crier gare, courant 2021 en numérique alors qu'il a été enregistré après l'album qui nous intéresse (donc enregistré avant!) et que les versions physiques du dit 'EP' arriveront début 2022 (donc après!).
Et vla-t-y pas que la fille trouve le temps de sortir son 1er effort solo 'A town called nothing' (et pas 'malice' hein?) quasi dans le même temps (néanmoins pas le même style)! T'as tout compris? Parce-que moi ... pfff...

Bon, toujours-est-il que voilà le listing des fantômes sur la bande :
    1. Blood Red Shoes - Comply 03:40
    2. Blood Red Shoes - Morbid Fascination 03:47
    3. Blood Red Shoes - Murder Me 03:35
    4. Blood Red Shoes - (i've been watching you) 00:36
    5. Blood Red Shoes - Give Up 04:12
    6. Blood Red Shoes - Sucker 03:33
    7. Blood Red Shoes - Begging 03:19
    8. Blood Red Shoes - (you claim to understand) 00:36
    9. Blood Red Shoes - I Am Not You 03:24
    10. Blood Red Shoes - Dig A Hole 03:31
    11. Blood Red Shoes - I Lose Whatever I Own 04:08
    12. Blood Red Shoes - (what have you been waiting for?) 00:36
    13. Blood Red Shoes - Four Two Seven 03:30
enregistré par Tom Dalgety (Pixies, Royal Blood) aux Echo Zoo Studios en mars 2020 et... publication en Janvier 2022, tu suis toujours?

Côté artwork, ça flashe un max! Le fond en dégradé fluo, du bleu à l'orange en passant par du mauve, met en valeur la fille, rouge à lèvres et anneau visible à l'oreille, cheveux noirs, petit pull noir raz de cou et lunettes tout aussi noires où se reflète un champignon nucléaire.
Un jet de lumière brille sur sa peau lisse au point de lui donner un côté métallique. Laura-Mary Carter sait se mettre en scène.

Le côté fausse vraie violence décalée du décor éclabousse les personnages de leurs chansons, perturbés parfois jusqu'au crime.


'Comply' ment, il faut écouter la phrase en entier 'I will not comply', aucun conformisme dans ce morceau. Les quelques notes de piano, couleurs d'épouvante, se plairaient bien sur une bande son d'un film de David Lynch.
On frissonne en les sentant relever le poil sur l'épiderme. Les coups suivants, portent sur un tambour, comme une chiourme en galère, et la voix masculine, saturée, gémit jusqu'au cri.
Un brouhaha de train à vapeur, par clavier interposé, nous traverse. Et la pression monte, à cran, en une impression effrayante...

Martiale continue la frappe pendant que le clavier séquence en cadence et nous confie qu'il aime bien Depeche Mode. La brune chante son désenchantement, sans trop de contraste, comme si elle voulait juste s'épancher, installée dans un fauteuil chez un psy (clip).
Elle y met plus de conviction vers un refrain toutefois sans certitude 'Silence never felt so cruel' et plus loin, ôte moi d'un doute 'Is it true?' répété jusqu'à l'obsession dépressive sur un gimmick synthétique.
'Morbid fascination' nous entraîne dans une sarabande pas molle.

Tiens-donc, leur producteur a travaillé avec Royal Blood? Reste plus qu'à enfiler les bonnes chaussures! Le titre pêchu convainc sans peine.
Le rythme monolithique fait tiquer la charley. Le clavier déambule, en faisant des clins d'oeil, et la guitare serpente, venimeuse. Les vocaux féminins nonchalants, presque languissants, séduisent le pavillon.
Sur le refrain, les voix se multiplient avec une envie perceptible 'I know what you want ...' 'Murder me'... en rêve!

En 36 secondes, (I ve been watching you) arrive à faire peur avec ses sons surnaturels dans la radio...
La suite s'engage sur un brûlot à la Killing Joke, un truc de tarés! Effréné, 'Give up', scandé par la voix de Steven toujours filtrée, démarre, dans une explosion rythmique.
Après ce délire de forcené, le son s'estompe en plongeant dans des eaux profondes et sourdes... et soudain, le salut, un clavier nous élève vers la lumière et l'oxygène. Laisse tomber? Surtout pas!

'Sucker' susurré par la voix aguicheuse de Laura, envoûte totalement dès le départ par une phrase mélodique au synthé. La guitare gratte au point d'égratigner alors qu'avec les claviers, on joue sur du velours.
Le rythme mid-tempo, au piano sombre, glisse, nonchalant. La batterie n'en rajoute pas, tout en prenant quelques variantes, elle assure la droiture, laissant les sinusoïdes aux synthés vibrants.
Steven vient parfois prêter voix forte mais pas tant que ça... 'Sucker for your love' colle aux tympans et s'immisce au fond du cerveau.

Une fois n'est pas coutume, une guitare lassée, aux lassos tristement nirvanesques, lance une espèce de litanie. Des bruits de violons viennent aider un rythme électronique à creuser une tombe.
Les vocaux fantomatiques et douloureux se traînent. 'Begging' sait ... mais, vicieux, ne dévoile rien!

(you claim to understand) convoque les esprits pour 36 secondes.
'I am not you'  pénètre via quelques accords mineurs, déchirés par une voix rongée de l'intérieur.
La plage n'en reste pas là, ça s'énerve brutalement dans un cri agressif et une batterie galopante, le synthé jouant l'adoucissant par un thème accrocheur.
Insidieusement, la piste chemine et marque les esprits.

'Dig a hole' on le sentait venir dans 'Begging' et on y est... au fond du trou! La voix fluette de Laura tente de se faire entendre sur une mélodie vrombissante à vacarme confus dans des effets de saturation.
Une guitare 60's et un clavier éthéré essaient de calmer le jeu, peine perdue, la fureur, retrouvée, envahit l'horizon.

Y'en a qu'on pas de bol... 'I Lose Whatever I Own' Y'en a qui le cherche! La caisse claque, tel un fouet, sur une guitare fuzz.
Le refrain laisse passer une voix débridée sur une touche de piano en butée sur la rythmique.
La piste ménage sa monture et l'emmène loin, régulière, imperturbable, derrière les maracas jusqu'au dernier soupir de la vibration.


(what have you been waiting for) encore 36 secondes de fantômes... y'en a qui préfèrent 17(seconds) en cure!
'Four Two Seven' en conclusion, ne s'accroche pas au comptage du rythme tribal introductif.
Une guitare commence à dessiner une mélodie pour la voix suspendue de Steven entonnant une prière, un instant, discrètement posée sur un clavier lointain.
Les percussions, fascinantes, jouent la relance, accompagnées d'un clavier de plus en plus présent et finalement la guitare égrenée, surprenante, si prenante.

Les arrangements, en couches épaisses de réverbe et distorsions, cachent des compositions pleines de trouvailles captivantes.
Ce disque déstabilise et attire en même temps. Malines et très malignes, les mélodies nous hantent jusqu'au plus profond.
Totale réussite, respect!

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30 décembre 2021 4 30 /12 /décembre /2021 15:07
Album - Cynodrome de Hache-Paille

Album - Cynodrome de Hache-Paille

 

Near Deaf Exprience

 

 (michel)  

On te sait amateur d'art, donc Hache-Paille, ça t'interpelle: Hache-Paille és una obra pictòrica realitzada el 1922 per l'artista francés Francis Picabia.

Faut vraiment avoir de l'imagination pour associer ces formes géométriques Dada  à un broyeur de végétaux.

 Le trio ayant,  en 2020, choisi comme  désignation Hache-Paille ne t'est pas inconnu:  tu as eu dans les mains ( et les oreilles) un album de Nüdak, groupe dans lequel évoluait Clémentine Page ( basse/voix) et Piergiacomo Costi ( drums), comme  l'album avait été enregistré et mixé par le magicien du Finistère, Eric Cervera ( Hoa Queen, Run With The Wolves, Brieg Guevenno, Ultra Bullitt.....), ce dernier  s'est dit qu'il pourrait intégrer le groupe et faire  entendre sa guitare incisive.

Confinés, pas oisifs, ils travaillent d'arrache-pied à la confection d'un album qui doit passer sur les fonts baptismaux en janvier.

Trois clips sont déjà disponibles et quelques vernis ont eu le bonheur de les voir sur scène, à Morlaix, Quimper  ou à Brest.

 

Tracklist

 

1. « Pauline » — Hache Paille
4:34
2. « C'est beau du ciel » — Hache Paille
2:37
3. « Fou marin » — Hache Paille
4:05
4. « Comme un ego » — Hache Paille
2:40
5. « Libero e ostinato » — Hache Paille
2:54
6. « Oblongue » — Hache Paille
3:56
7. « Vertige de nos parallèles » — Hache Paille
2:44
8. « Saccage » — Hache Paille
3:24
9. « Conférence sur l'équilibre » — Hache Paille
2:49
10. « Indélébile » — Hache Paille
3:35
11. « Voglio restare » — Hache Paille
2:40
 
 

À la batterie et au chant il y a Piergiacomo Costi

À la guitare, à la matière sonore, il y a Eric Cervera

Au chant, à la basse et à la guitare il y a Clémentine Page

 

La  pochette, dans des tons délavés, expose  un gosse accoutré d'un masque bien trop grand pour son visage rondouillard. Le mioche,  mi- clown au chapeau pointu, à la Bernard Buffet,  mi- ourson aux oreilles de chou, braille en rugissant comme un âne .

Son lévrier, lâché sur le cynodrome, a-il déclassé pour avoir mordu un greyhound d'Outre- Manche ou c'est parce que les cadeaux déposés sous le sapin lui avaient franchement déplu ( quel abruti, le père Noël):   la question reste en suspend !

 

Elle est où ' Pauline'?

Sais pas, mais il y a quelqu'un là-haut sur la montagne.... t'as pigé, Eric, elle n'est pas à la plage, la petite Pauline.

En mode rock hanté, le trio tisse ses mailles alambiquées, le batterie fouaille méthodiquement caisses et toms, la basse se fraye un passage pour atteindre un sommet, semblant inaccessible, les guitares, telles des fougères coupantes, égratignent tes mollets, t'aurais dû troquer le bermuda contre un pantalon de randonnée et puis il y a la voix, ingénue, soutenue par un choeur alpestre, blafard. Merde,  Pauline, descend, arrête le cirque, quand vas-tu grandir?

C'est beau du ciel' démarre mollo sur un fond sonore trip hop, sur lequel Piergiacomo Costi récite, en sourdine, un texte dans sa langue natale,  au bout d'une minute, Clémentine, tel l'oiseau libéré, prend son envol, la mélodie, suave, est soudain déchirée par une fulgurance à la guitare.

Le ton monte, la chanteuse halète, les éléments se déchaînent pour brusquement se paralyser comme si quelqu'un avait coupé le courant.

Non, Jules, il ne s'agit pas du Nautilus, mais d'un ' Fou Marin' , un titre doté d'un clip à l'esthétique spongieuse.

Batterie et basse se conjuguent à l'indicatif post punk, le texte, surréaliste,  en apesanteur maritime,  incite à la rêverie, et si, en batifolant dans les flots tu croises Jean- Marc Barr et Jean Reno, demande leur s'ils  rêvent à un ballet de dauphins zigzaguant sur du Eric Serra.

Car nous, c'est ce qu'on a vu!

Toujours aussi inventif, le trio propose  l'impétueux 'Comme un Ego'  fait de mouvements virulents et saccadés à base d'electro frénétique, de percussions cassantes, et de guitares tourbillonnantes, tandis qu' une voix perçante  vient te meurtrir les tympans ( mais t'aimes ça!).

Libre et têtu  dans le vocable de  Dante Alighieri cela donne 'Libero e ostinato', mais  le penseur de Florence ne maniait pas les baguettes pour jouer de la batterie, la basse et la guitare électriques devaient encore être inventées, ce qui n'empêche pas Piergiacomo de fredonner flegmatiquement cette mélodie limpide portée par une instrumentation plus leste qu'obstinée.

En retrait, la douce Clémentine assure des backings furtifs, tandis qu'une guitare stellaire te balade dans un azur toscan.

Quand c'est beau, il faut le signaler: c'est très beau!

Elle aime la sonorité du mot "Oblongue" et donc le répète sans arrêt.

Pas de mini-jupe, mais une robe tombant jusqu'aux talons, l'étoffe est duveteuse au toucher, le dessin élégant et pour la mise  en musique,  tu démarres par quelques bruissements insolites, puis tu y ajoutes des claves apaisées, une voix chétive, des guitares sédatives, tu demandes à la basse d'accélérer le rythme, histoire de ne pas s'engourdir, oh, pas longtemps et, enfin,   tu reproduis le schéma initial après avoir goûté à un vin italien , un Tocai du Frioul fera l'affaire!

Si Bashung chantait le 'Vertige de l'amour', Hache-Paille propose le ' Vertige de nos parallèles', un titre lent et torturé, évoquant certaines plages  hallucinées de l'alternative rock band bruxellois, Baby Fire, mené par Dominique Van Cappellen-Waldock.

L' esthétique est plus proche de Shannon Wright, ou de P J Harvey, que de Lady Gaga! 

Associer monastère et hamster  ou cage, bricolage et  'Saccage', tu te dis que Clémentine est du genre jongleur ou acrobate, travaillant sans filet, et comme à l'arrière la construction sonore offre des perspectives post rock, tu conseilles le morceau aux fans de  A Silver Mt Zion.

Tu t'ennuies, on t'invite à une  'Conférence sur l'équilibre', n'oublie pas le masque et le pass vaccinal.

Oui, c'est un peu con de parler d'équilibre quand t'es obligé d'adopter la position assise mais laisse- toi guider par   les bip bip bip futuristes, les riffs  de  guitare déstructurés et la rythmique bien charpentée et ensuite tu fixes Clémentine, la funambule, avancer fièrement sur son câble.

Amorce caoutchouteuse pour le morceau 'Indélébile'  décoré d'un sifflement pas débile, auquel succède un mouvement torturé, avant d'entendre la chanteuse terminer la litanie quasi a cappella.

L'humour, à découvrir entre les lignes, ne plaira pas forcément à ceux qui ne jurent que par  Jean-Marie Bigard.

Pour terminer la course sur ce cynodrome finistérien,  le groupe  soumet un seconde plage murmurée par le transalpin de la bande, 'Voglio Restare'.

Si tu pensais au latin lover  Marco Sicilia, tu t'es trompé de porte, l'ultime plage de cet album étonnant dégage une atmosphère  rêveuse et énigmatique,  proche de certains groupes pratiquant un shoegaze céleste.

 

Pour entendre l'album sur scène, Hache-Paille te donne rendez-vous le 6 janvier à Bonjour-Minuit ( Saint-Brieuc), lors d'une Session Live de Radio Activ'.

 

 

 

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29 décembre 2021 3 29 /12 /décembre /2021 12:37
EP _ Sinister King – All Is Vanity

EP _ Sinister King All Is Vanity

 ( NoPo) 

 

self-released

 SINISTER KING All is Vanity EP 2021

La Norvège possède une sacrée tradition dans le rock métal sous toutes ses coutures.
Sinister King ne la renie pas en évitant un courant ab-hoc et en choisissant un heavy ad-hoc.
Toutefois, nul black ici, leur heavy donne vie à de solides constructions harmonieuses contrastées.

Le groupe accueille 5 musiciens :
Rune Skjønberg – vocals
Jostein Uthaug – guitars, vocals
Yngve Knudsen – bass
Frode Andreassen – drums
Ole Henrik Vik – synth
Les jeunes trolls facétieux, publient, sur les réseaux sociaux,  leur calendrier de l'avent, rempli de chants de Noël (joués par Ole) à deviner.

Installés à Bergen, entouré de montagnes et de fjords, ils achèvent un premier (E)périple 5 titres :
1-All is vanity
2-A cure for insomnia
3-Still here
4-Sanctuary rage
5-Death of all joy
Written and produced by Uthaug/Skjønberg and Sinister King.
Recorded at Demningen Studio, Fjell, Norway.
Recorded at Stølheim Studios, Fedje, Norway.
Mixed and mastered by Jacob Hansen at Hansen Studios, Ribe, Denmark.



La pochette affiche des couleurs crépusculaires.
En haut, apparaissent des bancs de sable d'une rivière sur laquelle navigue un drakkar dans la brume, tiré par un insecte volant.
Au milieu de cette vasière, un trou béant s'ouvre sur un oeil à l'iris bleu. En avant plan, un charognard, perché sur une branche, semble guetter sa proie.
La disposition l'image trouble la perception mélangeant ciel, eau, terre, on ne sait plus ce qui est en haut et ce qui est en bas.
Au dessus, une couronne chapeaute le 'K' d'un 'King' en vie (king!).


Entame lourde par 'All is vanity' avec cymbales splash/chinoises et basse grondante qui semble jouée, cordes à vide. Le synthé installe une ambiance menaçante par une ligne tapie en fond de paysage sonore.
Puissante, la guitare vient recouvrir la trame. La batterie agite la double pédale naturellement.
La cadence ralentit, les baguettes distribuent les coups et la voix d'abord lisse, se met à écraser du grain. Riff et chant avancent sur les mêmes rails.
Quelques notes de piano adoucissent le propos qui débouche sur un refrain aéré, fluide et très mélodieux. Le beau solo de guitare, éclaboussé par un clavier, n'hésite pas à monter en saturation.
Certains passages montrent les biceps avec des synthés gonflés pendant que d'autres prennent une inspiration finement progressive qui me font penser aux allemands de Vanden Plas.

Un orage provoque une averse puis on plonge dans une descente de piste éprouvante. Le chant rocailleux rebondit sur un terrain plein d'ornières. 'A cure for insomnia', vraiment? 'To be protected From myself' probablement...
A nouveau, sur le refrain, la mélodie s'emballe, juste contrariée par une voix death, avant l'enchaînement sur le couplet.
Par instants, la 6 cordes décoche des flèches venimeuses. Au 2/3 de la piste, des saccades de guitares basses font trembler l'atmosphère, avant un solo, relâché, qui tisse un fil magnétique.

Lançons 'Still here'... La batterie roule des mécaniques, le riff de guitare, convulsif, danse avec une nappe de synthé. On sentirait presque l'immersion dans un Evergrey suédois.
Ce côté mélancolique serre la poitrine et pénètre les entrailles. Un passage, encore plus sombre, secoue les cordes et lâche un solo sobre mais adroit.
"I hate myself more and more each day", y'a plus joyeux! La construction habile entraîne jusqu'au bout alors que des choeurs d'opéra opèrent à coeur ouvert.

'In my head I see some pictures that I thought I buried long ago It's that nightmare from my past who's coming back to haunt me now', on comprend mieux la piste d'un médicament contre l'insomnie...
Les paroles ne font toujours pas dans l'euphorie, heureusement, les claviers tournoyants impulsent un décollage fébrile. A côté, basse/batterie forment un bloc pesant.
La guitare fait rage, cimentée comme un parpaing ou épique comme un aigle. Un arrêt nous piège mais c'est pour mieux repartir dans un nouveau tumulte rageur.
'Sanctuary rage' sanctuaire vraiment?

'Death of all joy', ben tant qu'à faire! Le mal de coeur, au sein des les textes, laisse des traces dans l'instrumentation cafardeuse.
Un barbelé guitare/basse/batterie cerne la plage de rochers déchirants. L'acte final s'affirme dramatique.
Au bout du refrain, l'enchaînement, mélodie limpide à voix claire puis ton sinistre à voix death, rappelle les créations récentes de Dream Theatre. D'ailleurs, la voix de Rune fraternise avec celle de James Labrie.
Sans entrer dans les méandres du virtuose John Petrucci, le solo de guitare, flamboyant, fait preuve d'une valeureuse maîtrise dans sa dextérité.
Paru en 2019, ce titre reste une bonne introduction à la musique du groupe. Pas mal, non?


La plaque demeure étonnamment compacte (normal c'est un compact disc en fait!), dans le ton prog metal et la durée des feuilles s'établissant entre 5 et 6 minutes.
On touche au principe de l'omelette norvégienne, glacée à l'intérieur, chaude à l'extérieur et cette combinaison fonctionne sans fondre.
On a parfois droit à des attaques de guitares dures et d'autres fois à un power métal plus moelleux et entre les 2, des recherches progressives pleines d'amertume.
Quand bien même, les ingrédients soient connus, la recette se délecte avec grand plaisir.

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27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 14:14
EP - Through The Noise - Tragedies

 EP - Through The Noise  - Tragedies

 

Eclipse Records

 

( NoPo) 

 THROUGH THE NOISE Tragedies 2022

Les Bee Gees chantaient 'Tragedy', oubliez!
Ceux dont on parle aujourd'hui viennent de Malmö en Suède et font mal depuis 2013.
Ils sont 5 à faire du bruit :
Jowl Nyberg chant
Victor Adonis guitare
Marcus Skantz guitare
Martin Lingonblad basse
Peter Liwgren batterie
Au lieu de suivre les traces dorées des incontournables Abba (les Bee Gees suédois?), leur son tourne court de l'abat-jour à la nuit profonde.
Le groupe abat deux premières cartes :
Fall of Gaïa 2015 LP
Dualism 2019 LP
...puis surprend son monde avec une session EP, synthwave, fin 2019; on se croirait revenu aux 80's!

Pas tout à fait prêts pour un nouvel album complet, par un EP, épais en son, ils reviennent à leur style de prédilection, en ce début d'année 2022.
On le qualifiera de metalcore à la Bullet for my Valentine ou The Haunted.
Sur la couverture, type scream, immaculé, un masque d'horreur, avec orifices et rides, cache le visage d'un homme en chemise blanche.
Une plaque encadre la désignation de l'objet 'THROUGH THE NOISE Tragedies' écrit en noir.

Envie de se faire voir chez les grecs? Le thème des 3 morceaux choisit leur mythologie.
1-Tantalus
2-Aktaion
3-Lamia
produit par Robert Kukla (Hammerfall, The Unguided, Dream Drop) à Obsidian Recording Studios / Studio Fredman


Au plus près de la réussite de mes objectifs, mes projets se dérobent. Je viens de connaître le supplice de Tantale (fils de Zeus).
Tout se résume dans la première strophe de l'incipit (bull) : 'Perpetually trapped, lost sense of time, eternal damnation, cursed with temptation', le reste du texte gravite autour.
Un riff grinçant, relayé par un tremblement de basse élastique, déchire un motif de batterie linéaire, fouetté et roué de coups bas.
Le cri hurlant fait peine à entendre. La rythmique, harranguée par une voix death en fond, redouble de puissance.
Accélérations foudroyantes et décalage des appuis rythmiques provoquent un déséquilibre malaisant et les guitares s'en délectent.

La Grèce antique relate l'histoire d'Aktaion (ou Actéon), chasseur (et petit-fils d'Apollon).
Transformé en cerf (pour avoir vu Artemis, déesse de la chasse, nue), il se fait dévorer par ses propres chiens (qui se régalent de ses abats!).
La video (dirigée par by Tobias Ohlsson) s'amorce dans un décor branché entre gamer et hacker. Le personnage principal enfile un casque de réalité virtuelle et des pilules pour s'échapper vers l'inconnu.
Après avoir essayé de rentrer en contact avec une muse, il est hanté par le démon de la pochette et se fait finalement posséder.
La guitare, mélancolique, ouvre les portes à une double pédale, une couche de claviers brumeux et une basse au son grave de gratte. La guitare tressaute sur les claquements réguliers.
Jowl jette sa voix écorchée. Le trajet s'effectue à balle et sous tension "Embraced by shadow cast by luminous starlight" mais, immergé, dans une mélodie bien présente.
Un passage mélange voix claire, voix screamée, sur un roulement. Le final s'évanouit en fumée comme le fondu des protagonistes du clip.

The Lamia avait déjà été à l'honneur dans The lamb lies down on Broadway de Genesis.
Cette princesse, amante de Zeus, perd ses enfants tués par Héra (femme de Zeus). Pour se venger, elle tue les rejetons des autres et son visage se déforme monstrueusement. 
La six cordes trace d'abord une mélodie mélancolique mais rapidement le dernier morceau monte d'un cran dans l'agressivité au point de flirter avec le hardcore.
La rage se libère directement dans le rouge. Le chant passe par toutes les couleurs, screamé, abrasif et clair dans un refrain, somme toute, harmonieux.
Vocaux death et hurlés se partagent les couplets, accablants, qui achèvent la piste dans la douleur. Un abattoir!


On finit l'écoute, secoués et abasourdis. 'Cum on feel the noise!' qu'ils disaient, les Slade repris par Quiet Riot.
Mais c'était avant... avant le metalcore, le death, le hardcore, plus rabat-joie.
A bas la complaisance, feel through the noise! ça balance du lourd et 'Tragedies' n'est qu'un amuse bouche (oreille?), le LP doit débarquer courant 2022, préparez votre casque!

 

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23 décembre 2021 4 23 /12 /décembre /2021 17:54
Album- The Wombats - Fix Yourself, Not The World

Album- The Wombats - Fix Yourself, Not The World

 

 

AWAL

 ( NoPo) 

 

 The WOMBATS Fix Yourself, Not The World 2022

Ces mignons marsupiaux mènent une belle carrière.
En ménage à trois depuis 2003, les gars de Liverpool accouchent de leur premier enfant en 2007.
A cette époque, ils veulent tuer le directeur puis danser sur Joy Division. Quelle idée pour leur style ni death metal, ni gothique! Et ça marche!
4 albums studios réussis plus tard (trois dans le top 5 au Royaume-Uni!) ...
    2007 : A Guide to Love, Loss and Desperation
    2011 : This Modern Glitch
    2015 : Glitterbug
    2018 : Beautiful People Will Ruin Your Life
... ils prônent la priorité de prendre soin de soi en 2022 'Fix Yourself, Not The World', m'est avis que ça va cartonner (comme disait Thiefaine).


Les 3 musiciens travaillent, cette fois, à distance, par fichiers interposés, vu leur éloignement géographique et le contexte sanitaire.
Matthew "Murph" Murphy, chanteur, guitares, claviers, auteur-compositeur, vit à Los-Angeles,
Tord Øverland Knudsen, bassiste, à Oslo,
Dan Haggis, batteur, à Londres.
On ne se refuse rien, ils arrosent au niveau producteurs :
Jacknife Lee (U2, The Killers), Gabe Simon (Dua Lipa, Lana Del Rey), Paul Meaney (Twenty One Pilots, Nothing But Thieves), Mike Crossey (The 1975, The War on Drugs, Yungblud) et Mark Crew, leur producteur habituel.
Leur facilité tubesque me fait penser à l'univers parallèle de Two Door Cinema Club, autre client de Jacknife Lee. Je pourrais aussi citer The Kooks et Razorlight voire Foals, par instants.


Côté artwork, ils sollicitent le collectif eboy pour un 'pixorama' du plus bel effet, rappelant les décors vintage et colorés du jeu vidéo SimCity (avant les Sims).
La ville imaginaire fourmille de personnages (famille Lego) et de détails allant de la cathédrale rococo en construction, aux morceaux de remparts, aux tours modernes ou maisons traditionnelles en passant par un temple hindou, une centrale nucléaire... et ses opposants.
En cherchant bien, on trouve un grand nombre de scénettes (pas floues!) du quotidien.
Le groupe prolonge ce partenariat inspiré sur les premiers clips qui donnent vie aux pixels.


Une basse, bien roulée, fait tourner la tête lors du 1er tour de piste 'Flip Me Upside Down'.
Le rythme, syncopé et tordu comme une fourchette, contraste avec le chant atténuant le flip (et tant mieux, flipper fait peur!).
Le refrain rassure par sa douceur lunaire. La construction alambiquée soulève des souvenirs xtciens.

Cette fois, la basse vous enfonce le manche dans la tête et ça résonne profond! La batterie virevoltante met beaucoup de vivacité dans son accompagnement excité.
Quant à la guitare, elle joue la dilettante, sans forcer sur ces battements, délaissant l'effort aux bidouillages du synthé.
La ligne vocale emporte tout sur son trajet, elle conduit seule, comme cette voiture dont il est question "This Car Drives All By Itself".
On a juste envie de faire les jolis choeurs et de monter à l'arrière du taxi au délicieux parfum de Foals.

La fibre mélodique de 'If You Ever Leave, I'm Coming With You' va rendre jaloux les Irlandais du cinéma à 2 portes, cités plus haut.
Que changer dans un morceau pareil fignolé à l'extrême pour toucher le plus grande nombre d'auditeurs?
Le petit gimmick au clavier donne tout de suite des désirs de sauter sur place puis le battement à la guitare souligne la voix, juste ce qu'il faut, pour aboutir au refrain imparable.
La batterie déroule, régulière, sur une trame, somme toute, rectiligne et en même temps exaltante grâce à l'escalade des vocaux qu'on aimerait copier.
Et les paroles? Voilà un personnage bien collant, prêt à arrêter d'écouter Radiohead pour marcher dans les pas de sa relation... quel sacrilège!
Le 'cliporama' fait un focus sur un quartier de la pochette, survolé par un ovni et habité par un squelette à casquette qui finit par monter au ciel.

Une fois là-haut, il est 'Ready For The High' et démarre dans un grondement. La voix haute fait croire, ensuite, à un morceau classieux millésimé The Arctic Monkeys.
Sa structure alterne passages rock pêchus et balancement lascif. Une imitation cuivrée augmente ce mouvement en direction d'un havre de paix.
'I'm ready for the high life, a kiss without a fist fight, A bang without the dynamite, a place I wanna stay'

Quelle classe ce 'Method To The Madness'! L'intro, chiadée dans le raffinement, lâche 5 notes de basse accrocheuses, combinées à une voix qui croone et des percussions légèrement dopées aux handclaps.
La mélancolie, gonflée par le piano, submerge cette plage de ouf qui ne voit jamais le jour, malgré la montée finale dans une douce folie inéluctable.

'People Don't Change People, Time Does' D'emblée, le riff à la guitare rafle tout. La rythmique cool, coule, roucoule tranquillement.
L'ensemble dégage une harmonie de tous les instants, incitant à la danse. L'ambiance décontractée et la voix calme font jaillir des effluves de Nada Surf.

Sur ce titre, l'intro me conduit vers Coldplay. La basse rebondie et la batterie sautillante marquent un tempo tendance disco sur une fine couche de synthé. Y'a plus qu'à gratter les cordes dans le rythme! Un hit en puissance!
Le ton enjoué encourage à profiter du moment présent, quitte à suivre la destinée d'Icare, puisque 'Everything I Love Is Going To Die' (en 1984, Ultravox chantait 'Dancing With Tears in My Eyes').
Une bonne épicure de rappel dans ce contexte épidémique, et pi merde!
Dans le 'cliporama', les parrains du pixel (s'ils sont noirs, c'est picpoivre non?) font brûler la centrale nucléaire et tout disparaît.
'Dancin' in the ruins' serinait Blue Oyster Cult. Les 3 avatars des Wombats, au sommet d'un toit, terminent leur set, aussi nus que des squelettes.

Cette fois, on part sur une branche pop-électro hindouiste à la Altin Gün. La cadence s'installe toujours aussi peu dénivelée mais les ramifications mélodieuses déhanchent.
'Work Is Easy, Life Is Hard', rien n'empêche de penser le contraire (ou vice-versa)! Un pont planant coupe la poire belle Hélène en 2 et au fond le chocolat...

La syncope berce la tête d'avant en arrière jusqu'à l'abrutissement et de nouveau la voix aigüe, classieuse, réveille une émanation des singes de l'Arctique.
Un cri bestial, un souffle de sax, une frappe lourde décalée et le refrain répété 'She is wildfire' en choeurs, rendent totalement fou.

Des chiens aboient, la caravane passe derrière un ours. La basse ne bondit plus, elle vrombit. L'oscillation robotique (1 2- 1 2 2) claque la caisse claire sans abandonner la grosse.
Sur le refrain, sans rupture, la guitare enrichit l'instrumentation sobre et souligne les 'ouh, ouh-ouh'. Une note de piano discrète et terriblement obsédante s'insère au sein d'un passage flottant.
'Don't poke the bear' (bon conseil!), s'achève dans une brève agitation.

Intro au son de xylophone à imitation sonnerie de téléphone. 'Worry' conserve ce mid-tempo indolore quelque peu sinusoïdal.
La démarche reste particulièrement agréable avec la mise en valeur d'un refrain qui pénètre le cerveau et s'y accroche. Be happy!

Le dernier titre, en correction de celui de l'album 'Fix Yourself, Then The World' correspond à une lente et courte mélopée évanescente.
C'est en se soignant d'abord qu'on pourra soigner le monde! Dont acte...


The Wombats? Des faiseurs, des magiciens! Ecrire autant de chansons addictives, c'est bluffant.
Il faut aussi leur reconnaître beaucoup de finesse et des textes bien foutus, pas anodin!
Ils tiennent l'alchimie (comme quelques autres avant eux). Inutile de résister!

The tracks
    1. Flip Me Upside Down 03:14
    2. This Car Drives All By Itself 04:45
    3. If You Ever Leave, I'm Coming With You 02:49
    4. Ready For The High 04:05
    5. Method To The Madness 04:32
    6. People Don't Change People, Time Does 03:01
    7. Everything I Love Is Going To Die 03:20
    8. Work Is Easy, Life Is Hard 03:17
    9. Wildfire 03:30
    10. Don't Poke The Bear 03:08
    11. Worry 03:11
    12. Fix Yourself, Then The World 01:43

 

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