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14 mars 2022 1 14 /03 /mars /2022 07:41
Album - Les 3 Fromages - V

Album - Les 3 Fromages - V

 Believe Digital / Coop Breizh

michel 

Fichtre, Eloa, que m'as-tu expédié,  Les 3 Fromages, t'as pas précisé la teneur en matière grasse..

Bon, on prend et on écoute, de toute façon  Jean-Luc Fonck, alias Sttellla, il y a quelques années, faisait aussi dans les produits laitiers avec "Parmesan autour de toi".

Comme on a lu que les pâtes molles ou dures, fermentées ou non, étaient originaires de Quiberon , on s'est mis en quête des produits vendus par les affineurs du Morbihan, on en a déniché .... la tome bretonne, le Badennois moelleux, la tome de la mer, la Perle noire, le Galet vert et, pour les fines bouches, une folie des druides au chouchen breton. 

Quittons la fromagerie pour nous intéresser au groupe.

Les 3 Fromages existent depuis 2006 , comme les trois mousquetaires ils sont quatre, on ne sait lequel a choisi l'étiquette, l'un d'entre eux avait proposé Garlic Frog Diet, c'était déjà pris.

Comme l'album a reçu l'intitulé V, tu as évidemment capté qu'il a été précédé de quatre autres productions,  sans compter le Live à Quiberon.

Quoi, le premier ' Cheese Powers', oui, la date de péremption est largement dépassée , mais on nous signale que le produit peut être consommé jusqu'à  18 ans après la date, donc pas de panique, même scénario pour  les autres denrées.

13 frometons au menu:

01. Ouvre Les Yeux
02. Reviens
03. On La Tire Ici
04. Ils Dansent
05. Hey Baybay !
06. I Love U So Much
07. Cliquer Comme Un Con
08. On Est Le Monde
09. Comptez Sur Moi
10. Les Futurs Parents
11. Le Plus Grand Des Bonheurs
12. Latino Latina
13. Bon Voyage

Le line_up: 

Eric Brison: Chant / Basse
Kevin Rousseau: Claviers
Tibo Getz: Guitares
Willy Gachet: Batterie 

Le style: du rock fermier.  Made in France, on insiste!

 

La pochette: digne des Charlots, elle a été dessinée par Goscinny, elle nous montre quatre Romains figés,  portant toge, posant pour l'antique photographe devant un temple breton, on leur a refilé quelques accessoires, un trident, une cruche, une grappe de raisins, importée d' Alaska, et  une lyre. 

Ces illustres patriciens, semblant émerger d'un nuage, ont vraiment  fière allure.

Sonnez carillons et envoyez les grandes orgues, voici ' Ouvrez le Yeux', un hymne hard rock,  destiné aux gars portant des oeillères. Déjà les lyrics font fort, très fort ... Ouvre les yeux, tu seras plus heureux
Et surtout tu verras mieux... c'est d'une logique implacable, donc, aucun besoin d'exercices de yoga des yeux pour améliorer ta vue, suffit de relever les paupières.

Rock et humour, les français disposent d'une patente, pense à Elmer Food Beat, les Wampas, Les Fatals Picards, Les Agités du Bocal, Les Glochos et Francis Lalanne... nous sommes les rois  incontestés de la gaudriole.

Si musicalement ' Reviens' sonne comme du Green Day, ayant pris des cours de math dans la même classe que Sum 41,  du point de vue belles- lettres, les Bretons tapent fort ... Reviens, Pars pas, je n’peux pas faire l’amour sans toi. Reviens, allez, mes allocs s’arrêtent cette année... ainsi sonne un des arguments avancés pour que madame change d'avis et ne retourne pas vivre chez sa mère.

Quoi, Sardou,?

Ah, oui, ...Mais non, je ne t'ai pas trompée... , c'est pas le même style!

 'On La Tire Ici', du cidre à volonté, Celtic  rock  festif qui sent bon la beuverie au son des cornemuses, de l'accordéon et des castagnettes.

Et la fiesta continue avec 'Elle Danse', aussi fort que les pires tubes disco de Gold, Philippe Cataldo, Cookie Dingler ou Jean - Pierre Mader.

Ambiance dans la boîte, après une journée à faire semblant au boulot.

Faut lire entre les lignes, c'est digne de Racine et profond comme du Saint-Simon.

Hey Baybay',  à ne pas confondre avec le grandiose ' Hey Baby' de Bruce Channel, renoue avec le punk/glam, sauce onctueuse aux trois fromages  et riffs épais.

Attention, ne pas abuser pour éviter l'écoeurement. 

Et l'amour?

Ça vient, ' I Love U So Much', un titre qui respire le bonheur conjugal, la tendresse , la franchise, le don de soi et peut-être, un peu, la crédulité.

C'est pas Gilbert Montagné qui chantait ' Blinded by Love'?

Peux-tu liker ' Cliquer comme un con' sur facebook?

Sur fond de farce  pop punk, le groupe dépeint notre dépendance aux réseaux sociaux, à la pub envahissante à la radio ou  à la TV, au démarchage téléphonique et autres arnaques de notre société surconsommatrice.

...Moi c'est Florence
Ta meilleure amie d'enfance
J'ai plus d'batterie, j'suis perdue au Gabon
Clique ici pour un transfert de fond.  ..

Heureusement, tu connais aucune Florence!

1985,  l'univers découvre 'We are the World' , la chanson caritative reprise par tous les Enfoirés, 35 ans plus tard, les 3 Fromages remettent le couvert avec  'On est le monde' .  Ils ont acheté,  sur Le Bon Coin,  le dictionnaire des expressions françaises, un brin revisité, car franchement... Il avait de l’or dans les mains quand il coulait un bronze... c'est une pure invention et c'est pas gentil pour les fabricants de papier hygiénique velouté, trois couches, couleur au choix  ( merde, chaque jour, 27.000 arbres partis dans nos cuvettes...).

Spiderman, Superman, Tarzan, Zorro, Wonder Woman, Captain America, James Bond... tous des farceurs, le seul véritable super héros est celui décrit par les Quiberonnais dans leur récit d'aventures bien rock  ' Comptez sur moi'.  

Pendant 20 secondes, les cabotins nous chantent les joies de la parentalité  , 'Les Futurs Parents' prélude 'Le plus grand des bonheurs'  , une chanson qui doit faire plaisir à Yves Duteil.

La parodie à son paroxysme, les 3 Fromages osent tout.

Personne ne peut esquiver les flèches empoisonnées tirées par les archers du Morbihan, ' Latino Latina' écrase l'ex- maître Gims, M Pokora, Jérémy Frerot et autres pourvoyeurs de daube indigeste.

Il est l'heure de prendre congé, mas si tu y tiens, monte dans la fusée et chante ' Bon voyage' avec nous.

Boum, détonation,  merde le vaisseau spatial, hybride,  vient d'exploser, heureusement comme on était en retard on a loupé le décollage.

 

Oui, Loïc?

C'est une tuerie, cet album, je suis sûr que ce sera la folie sur scène.

 Ça tombe bien, le groupe est en tournée dans toute la France ( il y aura un crochet chez les voisins suisses pour goûter au gruyère),  le prochain concert aura lieu  ce 18 mars à La Rochelle!

 

 

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13 mars 2022 7 13 /03 /mars /2022 10:53
Album - Sylvaine – Nova

 Album - Sylvaine  – Nova

 

Season of Mist.

 

NoPo

 SYLVAINE Nova 2022

Ce pseudonyme renomme Kathrine Shepard. Née aux Etats-Unis, elle grandit à Oslo en Norvège et vit maintenant partiellement à Paris.
Et alors, la France Kathrine?
J'aime ses poètes romantiques, notoirement Verlaine avec la même consonance que mon (pré)nom français, Sylvaine
J'enregistre en France et j'ai écrit des titres en français (Bien loin d'ici, L'appel du vide)
J'ai un batteur français et j'ai un groupe français référent, Alcest
J'ai inventé une langue, comme Magma...
Bref, t'es française maintenant, non?

Le web sait tout :
"Sylvaine est une enfant joyeuse et optimiste, elle aime relever tous les défis! Elle a un grand coeur, beaucoup de facilités à s'entendre avec les gens et le sens du relationnel."
Ah ben super, vérifions!

Défis? Affirmatif! On avance bien :
“Nova” – March 4th 2022
“Time Without End” – January 10th 2020 (split EP w/Unreqvited)
“Atoms Aligned, Coming Undone” – November 2nd 2018
“Wistful” – May 13th 2016
” Silent Chamber, Noisy Heart” – November 14th 2014

Relationnel? Affirmatif! Des participations nombreuses :
Austere – 2022
Carpenter Brut – TBA – 2022
MØL – “Diorama” – 2021
ISON – “Meridian” – 2021
Alcest – “L’île des Morts” – 2019
Clouds – “Unravel” – 2018
Alcest – “Kodama” – 2016

Cette fois, elle décide de s'affirmer encore plus fermement, jusqu'à poser nue sur la pochette, une façon de présenter sa vulnérabilité autant que sa renaissance.
Cherchez l'étymologie de Nova côté nuova (nouveau) plutôt que dans les étoiles.
Pourtant la photo de l'artiste, d'un esthétisme remarquable (artwork Andy Julia), semble être prise dans l'espace. Elle n'est pas vilaine la Sylvaine.
Bordé d'un halo de poussières lumineuses, son corps diaphane, plié en chien de fusil, elle déploie de longs cheveux platine comme des racines dans la nuit profonde.
Finalement, un autre point commun avec Alcest, Kathrine est aussi blanche que Neige et joue pourtant une sorte de blackgaze profondément sombre.
Difficile de ne pas penser non plus à Myrkur (la danoise Amalie Bruun) pour le contemporain mais on pourrait remonter jusqu'à Cocteau Twins sur les moments les plus rêveurs, voire Björk.



Dès 'Nova', on nous invite au paradis, écouter, un ange, quasi a capella, et capable de multiplier ses voix impénétrables (un dialecte imaginé).
Le morceau titre projette sur nos esprits la nuit galactique, contrariée par la lumière intense de certaines étoiles.
Les vocaux harmonieux, nous bercent dans un espace sans attraction terrestre. On nage, en pleine allégresse, dans un ectoplasme rempli de liquide amniotique (ah ouais quand même!).

La mélodie de 'Mono no aware' bouleverse instantanément. Le riff, dans un battement de gratte porté par une batterie roulante, prend la couleur du crépuscule puis la rythmique passe à la vitesse black/death.
Devant des choeurs éthérés, le chant purulent et profond de Kathrine, pourtant asthmatique, irrite la gorge et fait couler les larmes. 
S'effondrant ensuite, il apaise l'âme par sa voix lactée. Ce voyage féérique de 9'43, au rythme élevé, passe à la vitesse de la lumière.

'Nowhere still somewhere', choisi pour le premier clip (Video by Linnea Syversen), reste très représentatif de l'album, transportant sa résonance sonore pleine de mystère.
Les premières notes répétitives à la guitare électrique, nulle part et partout en même temps, tissent une toile aimantée.
La mélancolie flirte avec le désespoir en s'exprimant par des accords prenants et une voix vaporeuse, presque timide et si belle, enrobée de quelques notes de basse.
Kathrine s'y montre, dénudée comme sur la pochette, parfois floue mais toujours charismatique et s'habille, par instants, d'une robe noire échancrée.

'Forlapt' nous conduit sur une route chaotique longue de 11'55 (un pavé!). L'ouverture pourrait prendre place dans une église avec son chant angélique, accompagné ensuite par une guitare acoustique.
Puis le tempo et l'intention montent en tension. Le jeu de batterie et la basse grondante dramatisent la scène.
Avec ses vocaux diversifiés, allant du déchirement à l'allégresse en passant par des cris, cette musique, aussi black que white, joue finalement avec des tons gris.
La fusion crépite, versant dans le cratère de nombreux ingrédients post-métal, métal atmosphérique, shoegaze, folk finissant par se transformer en une certaine forme de riche prog moderne.

'I Close My Eyes So I Can See' Sylvaine nous vend du rêve et de la beauté. Démarrage aux cordes plaquées par dessus un son lointain, puis un riff lancinant, poussé par la basse mélodieuse, développe, dans un balancement, une mélancolie omniprésente.
La composition alterne vagues tranquilles déroulées sur le sable jusqu'à l'étal et écume bouillonnante au plus fort de la marée.
Sous les hurlements dispersés, des choeurs paisibles en rappels, et une batterie éclatante font exploser la trame plaintive. Le dernier flot porte un chant, d'une belle noblesse, aux syllabes trainantes, et maitrisé de bout en bout.

Le dernier psaume enchaine dans cette même ambiance de recueillement. Il prend un long temps pour développer ses arpèges soutenus, plus loin, par un synthé translucide.
De formation classique, Kathrine prend plaisir à inviter le violoniste écossais Lambert Segura de SAOR et le violoncelliste Nostarion alias Patrik Urban sur 'Everything Must Come To An End'.
Lorsqu'ils interviennent magnifiquement, le paysage s'obscurcit encore un peu plus. Le morceau porte bien son titre tragique.

Un bonus figure dans le paquet : 'Dissolution', désignation qui matche avec une ambiance planante.
Pas d'intro, les voix aériennes s'installent et laissent de l'espace entre la batterie et l'enchevêtrement de guitare aux cordes frottées et basse ronde.
Une espèce de brume flotte sans se dissoudre. Une pause acoustique dépouillée sépare le corps en 2 parties inégales avec une fin abrupte. 


Avec Sylvaine, la quête de la transe, presque sacrée, n'est pas vaine. Elle s'imprègne en nous par une forte émotion.
Sans répétition, l'album d'une grande prestance, s'affirme aussi par sa cohérence.
Ceux qui jetteront une oreille à Sylvaine auront de la veine et de la vitalité car cette oeuvre pleine et sanguine fait, fortement, battre le pouls.




Track list:
1. Nova (04:36)
2. Mono No Aware (09:42)
3. Nowhere, Still Somewhere (04:34)
4. Fortapt (11:55)
5. I Close My Eyes So I Can See (05:16)
6. Everything Must Come To An End (07:47)
Bonus track
7. Dissolution (05:58)
Total: 49:51
Recording Lineup:
Sylvaine:  vocals, guitars, bass, synths, arrangements
Dorian Mansiaux: drums

Live line-up:
Sylvaine: main vocals, guitar
Dorian Mansiaux: drums
Florian Ehrenberg: guitar, backing vocals
Maxime Mouquet: bass, background vocals

Guest Musicians:
Lambert Segura (SAOR): violins on “Everything Must Come To An End”
Patrick Urban: cellos on “Everything Must Come To An End”

Recording Studio: Drudenhaus Studio, Issé (FR)
Producer, mixer, sound engineer: Benoît Roux
Mastering Studio + engineer: Karl Daniel Lidén at Karl Daniel Lidén Productions

Cover art: Photo by Andy Julia, post-production/digital illustration by Daria Endrese

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12 mars 2022 6 12 /03 /mars /2022 13:34
Album - Bonham-Bullick - Bonham-Bullick

Album - Bonham-BullickBonham-Bullick

 

Mitch Zoso Duterck

 

 Quarto Valley Records

 

BONHAM-BULLICK : « Bonham-Bullick » (2022)
 
Il y a des artistes dont on croit avoir tout découvert, des gens qui sortent de bons albums sans plus vraiment surprendre, des valeurs sûres. Un peu comme Status Quo, on sait d’avance qu’on va aimer et on achète leur album par habitude, parce qu’on possède déjà tous les précédents, une espèce de réflexe commercial affectif. Et puis il y a ceux dont la maturation est plus lente et qu’on voit évoluer d’année en année, ceux qui réservent à chaque fois une bonne surprise, pas énorme, mais suffisante pour s’y intéresser. Debbie Bonham fait partie de ceux-là.
Née en 1962 dans les Midlands, Debbie est une Black Country Woman à part entière. Comme pour la plupart des enfants de la famille Bonham, la musique va devenir très vite une sorte de virus, une maladie dont on ne guérit pas. Avec un frère aussi célèbre que John, on pourrait penser qu’une voie royale est toute tracée pour elle et que les portes des maisons de disques vont s’ouvrir à l’annonce de son nom. C’est une grosse erreur de le penser car, au contraire, plus que les autres artistes, elle doit faire face à un milieu encore très macho qui attend que la Duchesse fasse ses preuves en affirmant sa propre identité. Certains attendent l’erreur fatale qui serait de trop se servir de son nom et de sortir des albums bourrés de références au grand dirigeable dont l’ombre plane encore et pour toujours sur le rock. C’est le 23 Mai 1992 que je rencontre Debbie pour la première fois, c‘était lors d’un concert au Royal National Hôtel à Londres à l’occasion d’un week-end consacré à Led Zeppelin et d’emblée je suis séduit car, dans son répertoire, les seules références au groupe de Bonzo se situent au niveau des trois derniers morceaux, les « encore » Communication Breakdown », «You Shook Me » et « Rock and Roll ». Le reste est fait de compositions originales parmi lesquelles un fabuleux titre se détache déjà : « Old Hyde ». Nous aurons même le plaisir d’avoir le frère aîné, un certain Mick Bonham aux percussions. A côté de moi, Mick Hinton, le roadie de Bonzon est très ému. À la guitare, un gars à la longue crinière : Peter Bullick.
Mais venons-en au présent album, le Debbie Bonham Band s’appelle maintenant Bonham-Bullick. Le Belfast child à épousé sa princesse et construit avec elle une carrière faite de travail et d’obstination qui les conduit enfin au premier plan de la reconnaissance internationale, une reconnaissance bien méritée. Ce n’est pas uniquement par amitié que des artistes comme Robert Plant ou encore Paul Rodgers ont fait une apparition aux côtés du band que ce soit sur scène ou sur album. Un nouvel album à paraître au printemps et que j’ai la chance d’avoir reçu en pré-écoute.
Et là, dès « See You Again », le premier titre, je suis favorablement étonné par la qualité de la production enfin à la hauteur du talent de l’artiste mais aussi surpris par la voix de Debbie qui restitue enfin tout le côté bluesy de l’artiste. De chanson en chanson, je vais être ravi par la qualité de ce nouvel album. Ça sent le blues et l’interprétation du groupe est parfaite. La guitare de Peter est omniprésente sans jamais être envahissante, il y a toujours ce petit truc dans son jeu qui rappelle celui du regretté Paul Kossoff. La Les Paul tranche dans ma chair à vif, je me surprends parfois à penser à Bad Company. Sur « Can’t See What You’re Doing To Me » on pourrait très bien imaginer voir arriver en concert le Golden God à l’harmonica et The Voice au chant. Avec « Bleeding Muddy Waters » j’ai le sentiment de faire un voyage dans le temps jusqu’aux origines du blues. La trouvaille géniale de ce album c’est d’y avoir ajouté des chœurs qui donnent juste ce qu’il faut de gospel à l’ensemble, c’est la cerise sur la gâteau. Très belles interventions de « Jee » Gerard Louis aux claviers. Ce qui frappe également c’est le fait que chaque musicien est bien à sa place, personne ne cherche à être la star, et cela donne une grande stabilité , un parfait équilibre à l’ensemble. A noter également une très belle reprise du titre « It Ain’t Easy » de David Bowie.
Avec cette voix bluesy parfaitement maîtrisée, Debbie donne la preuve indiscutable qu’elle fait bien partie des grandes chanteuses du genre. Le blues est tellement codifié qu’on à l’impression que plus rien de nouveau ne peut surprendre pourtant ici c’est le cas, Bonham-Bullick n’est pas juste un nouvel album de blues de plus, c’est un cd à acheter d’urgence, une vraie surprise pleine d’émotions à écouter sans modération. Je suis impatient de découvrir le résultat en live. Hats Off to (Bonham-Bullick)…
 
  1. See You Again
  2. I Had A Dream
  3. Can't You See What Youre Doing To Me
  4. Bleeding Muddy Water
  5. I Dont Know Why
  6. Trouble Blues
  7. Sit Yourself Down
  8. Ill Get Along
  9. When This World Comes To An End
  10. When It Dont Come Easy
  11. What Did I Do Wrong
  12. It Aint Easy
  13. The Changeling

 Featuring special guests John Baggott (Robert Plant, Portishead, Massive Attack), Paul Brown (The Waterboys, Ann Peebles, Bobby Rush), John Hogg (Magpie Salute, Moke), Marco Giovino (Robert Plant, John Cale) alongside Richard Newman, Ian Rowley and Gerard Louis from Deborahs Live band and Paul Rodgers Free Spirit.

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7 mars 2022 1 07 /03 /mars /2022 16:34
Album - Manic Pixie Dream Girl - Taryn Hadfield

Album -  Manic Pixie Dream Girl - Taryn Hadfield

 Next Music Company

michel 

 

Taryn Hadfield, programmatic trader le jour, singer- songwriter après le bureau,   a enregistré son debut album à Seattle, après avoir lancé une Kickstarter campagne pour le financer. 

Elle nous confie:  I recorded my original songs with a handful of award-winning studio musicians at Studio X in Seattle (where Pearl Jam, Dave Matthews, Macklemore, REM and even the orchestra who played soundtrack for HALO recorded their music).

Ce sont  à peu près les seuls renseignements récoltés sur le web, elle ajoute toutefois quelques détails quant à la conception du disque:  more than 4  years of writing. 2 years of livestreaming. 1 year of waiting. 60 days of crowdfunding. Months of recording, editing, mixing and planning... et voilà, l'enfant!

Track listing:
01 – Not Sorry
02 – Life in Exile
03 – Never Settling Down
04 – Manic Pixie Dream Girl
05 – Old Wounds
06 – Does It Make You Happy
07 – Mixed Signals
08 – Games We All Play
09 – Ghosts
10 – Speechless
11 – Siren

 

Credits:

 Taryn Hadfield | Vocals, Guitars, Songwriter
Alec Shaw | Guitars, Keyboards
Jordan Fuller | Bass
Keelan O'hara | Drums
Katie Kuffel | Cello
Jeff Baker | Acoustic Piano

Produced by Jeff Baker
Co-Produced by Andrew Ching
Recorded & Mixed by Andrew Ching at Studio X, Seattle WA
Mastered by Rachel Field | Resonant Mastering, Seattle WA 

 

La jeune dame aux séduisants yeux bleus et à la coiffure savamment étudiée,  est photographiée de face sur la pochette de l'album.Elle tient une guitare à la main, son nom s'affiche dans la partie supérieure  de l'artwork, le titre de l'album est imprimé à gauche sur un fond en zig zag coloré.

Pas d'une originalité débordante, elle doit être la 29634ème à avoir choisi ce type d'emballage ( t'aimes bien la pochette de Kate Voegele ' The Other Side', ou ccelle où Melissa Etheridge est prise de dos pour 'Never Enough'), mais il  convient au contenu. 

On la compare à Stevie Nicks. ' Not Sorry' corrobore ce rapprochement , un refrain accrocheur, des sonorités country pop soignées, les riffs de guitare habillant la mélodie avec astuce, le chant évoque  aussi bien Carole King que Susanna Hoffs, bref, une entrée en matière  attractive, laissant augurer une suite intéressante.

Quand tu vis seule, que t'as perdu tes amis de vue, tu composes un titre mélancolique, ' Life in Exile'. Tu demandes à Alec de taquiner la vibrato handle et à Keelan de tapoter le snare drum avec une chaîne, il met tout ça en boucle, résultat,  t'as une une ballade   pour âmes seules idéale.

' Never Settling Down' est doté d'arrangements subtils. 

Après le démarrage à la fingerpicked guitar, le violoncelle de Katie apparaît, ses arpèges sont mis en boucle, ce qui donne l'impression d'être en présence d'un quatuor à cordes,  le timbre frémissant de Miss Hadfield vient s'immiscer dans l'ensemble pour créer une pièce musicale sensible.

Le titletrack,  'Manic Pixie Dream Girl',  mérite un mot d'explication, vas-y, Taryn!

Consulte Google, svp!

OK.

La Manic Pixie Dream Girl est un personnage type de certains films représentant une femme idéale, fantaisiste et délurée, sans personnalité propre.

Et en quoi es-tu concernée?

 I spent a lot of my life being the manic pixie dream girl. In every relationship, friendship, role, job, I tried to be whoever someone else wanted me to be. I wanted to be that perfectly vivacious and appealingly quirky girl for everyone.

Ben, ça va mieux on dirait, cette chanson sert d'effet libérateur, le côté eighties synth pop/new wave, un brin sainte-nitouche,  style Cyndi Lauper, fait impression.

T'as connu pas mal de problèmes, dirait-on, ces ' Old Wounds' vont-elles se cicatriser un jour?

Jolie pièce sinon,  les fingerpicked guitars qui se répondent,  les couches mouvantes du synthé, le drumming métronomique, la basse  subtile, mais omniprésente, et finalement le coup de l'ebow donnant une sensation de vibrations, sans oublier  la voix narrative, tout se tient à merveille.

Sheryl Crow chantait 'If It Makes You Happy', la Texane propose une variante, 'Does It Make You Happy' , elle a raison quand elle mentionne an Avril Lavigne vibe, on a aimé l'accélération abrupte survenant après 1'50" transformant le morceau en pop punk flamboyant.

' Mixed Signals' dépeint ses déboires  amoureux en mode country pop élégant.  Cette ballade peut aisément s'écouter pendant que tu circules à vitesse modérée  sur  la Texas State Highway 351, le moteur tourne rond, Abilene est en vue, tu aimes la voix diffusée sur une radio locale, tu augmentes le volume et tu sifflotes en souriant niaisement. 

Joe South en 1968: ' Games People Play' , un Grammy Award mérité, 2021: Taryn Hadfield, ' Games we all play'. 

Les jeux proposés par la jeune dame se jouent sur fond soft rock avec des lignes de guitare légèrement saturées, jusqu'au bridge mélodieux, la mélodie repart mollement avant de retrouver une phraséologie à nouveau plus incisive.

She says: we wanted the song to be a little unpredictable. ... C'est réussi

Quand après une rupture tu décides de partir en pèlerinage pour retrouver tous les endroits  que tu avais fréquentés avec ton ex, ce sont autant de fantômes que tu croises, voilà de quoi traite la ballade ' Ghosts'.

'Speechless' laissera les fans de Fleetwood Mac sans voix, le roots rocker démarre sur un tempo véloce,  marqué par un jeu de batterie solide, un riff de guitare,, légèrement pompé sur le 'Shakin' all over' de Jonnny Kidd,  te donne une furieuse envie de frapper le sol du talon, ensuite, Taryn se fait entendre, elle est loin d'être speechless,  son chant, parfois haletant,  suit  facilement la cadence édifiée par les copains, et quand vient l'outro, la lead guitar place une dernière phrase corrosive.

Les sirènes par leurs chants enjôleurs charment les marins avant de les entraîner vers la noyade, la ' Siren' de notre héroïne échappe à cette définition,  elle aimerait tomber amoureuse du matelot.

Résultat, un accompagnement sonore mélodieux, presque féérique, paré de cordes homériques et traversé par un piano marin, avec un écho et des effets reverb sur la voix, l'impact mythologique est complet.

L'album s'achève donc sur une note orchestrale plus proche du 'Grand Hotel' de Procol Harum, ( paix à ton âme Gary Brooker) que  du ' Tusk' de Fleetwood Mac.

I'll be honest: these songs feel like they're my kids (if I had any), voilà ce qu'écrivait Taryn après la sortie de son album!

Well, Miss Hadfield, your kids are beautiful!

 

 

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2 mars 2022 3 02 /03 /mars /2022 15:16
Album - Burning the Night by Ewiniar

 Album - Burning the Night by Ewiniar

 Label: Independent

NoPo 

 

EWINIAR Burning the night 2021

Même s'ils viennent de Split, on espère que ce ne sera pas pour tout de suite. Katarina et Marin, intimement liés puisque mari et femme, aiment les ambiances gothiques.
2 singles derrière l'été 2021, et le duo croate n'allume pas un LP tard, il suit en Novembre.
Et semble-t-il la dame possède un homme à tout faire... à la maison aussi?
Cela ne nous regarde pas... mais, écrits à la 1ère personne, les textes expriment des sentiments personnels sous forme poétique avec de nombreuses métaphores.

Métaphores visuelles aussi sur la pochette sépia genre papyrus (enregistrement à Moscou!) avec le dessin noir des trois-quarts d'une main, comme peinte au Henné, de formes diverses et dont les doigts sont entourés de racines et terminés à leur pointe par une feuille.
Un arbre, dont le tronc ouvre un oeil, recouvre le creux de cette main, parsemées d'étoiles, d'astres, de 2 clés et d'un ange...

Track listing
1. Against the Stream 4:43
2. Under the Stars 4:30
3. Years of Heaven 5:23
4. Mother 5:31
5. Midnight Sun 6:29
6. Suspiria 5:11
7. Until the End of Time 5:02
8. Seekers of the Sense 4:57
9. Burning the Night 5:09
Katarina Tramontana – vocals, lyrics
Marin Tramontana – Music, vocals, guitars, bass, keys, drums
Theodor Borovski mixing&mastering (Slaughtered studio, Moscow, Russia... oui, mais c'était avant!)
Photo Glorija Lizde
Artwork James Hutton


Méta fort aussi pour cette entrée en matière lourde sous les coups de bûcheron de Marin (ah ben faudrait savoir, bûcheron ou marin?) le long de 'Against the stream'. Vocalisant d'abord, Katarina sonne claire et puissante.
La guitare tisse une trame plaintive, vibrante et toute en réverbérations sombres à la Paradise Lost. Au final, le clavier apporte un peu de légèreté et soulève les vocalises de madame.

Tambour et percussions introduisent 'Under the stars' dans une ambiance orientalisante grâce aux claviers pianotés, la voix féminine papillonnant au loin.
Pourtant, les guitares autorisent une voix d'homme murmurer les premiers mots avant que Katarina, décidée, ne prenne le pouvoir.
La ligne musclée basse/batterie roule les mécaniques. Le solo de guitare épique produit un sentiment profond et douloureux.

Le premier single 'Years of Heaven' représente bien le style du couple. La mélodie mélancolique, tranquille, laisse de la place à un refrain dynamique où le chant de tête fait preuve de beaucoup de conviction.
Les arpèges, à la guitare lost paradisiaque, amènent une lueur blafarde. On entend parfois des claviers tinter comme des clochettes.
Le clip publié en Septembre 2021 (Camera by Ivan Peric, Editing by Ivan Leontic) projette des images, en noir et blanc, de vieilles pierres et de paysages parcourus par des rivières. Homme et femme s'y mettent en scène séparément (sauf lorsque leurs chemins se rejoignent).
Le morceau s'achève par "Still I’m waiting here in vain This is the wasteland" et fait justement penser à 'Wasteland' de The Mission.

Avec un titre comme 'Mother', l'intro à la guitare acoustique délicate convient parfaitement. Après quelques mots du masculin, le féminin s'empare du morceau.
La rythmique balance ensuite lourdement, les claviers maussades ayant remplacé les cordes. L'orchestration, intégrant des choeurs aériens, développe une solennité surprenante.
Encore plus surprenant, un passage calme au piano permet à Katarina de prononcer ces mots en français : "Je t’écris tous les jours mais seulement le silence me revient".
Un coda, plus dense, lance la voix de Marin déclamant un texte.

'Midnight sun' attaque avec une belle intro très travaillée aux percussions un peu électro. On pourrait penser à DRACONIAN sans les grognements.
La balade, pesante mais classieuse, traine sa belle tristesse avec des accords de guitare qui resplendissent.
Les claviers/choeurs viennent creuser encore plus de profondeur et quelques sonorités métalliques claquent et chatouillent l'oreille.

Le 2è single 'Suspiria' apparait sur le net en Octobre 2021. Sans verser dans le film d'horreur, le dark-gothique n'atténue pas la sensibilité.
Une guitare fulgurante déchire la mélodie éthérée au clavier. Ses accords retentissent avec harmonie. La rythmique fouette vivement.
Katarina éclaire de son aura l'atmosphère dramatique. Le résultat envoute naturellement.

Des arpèges grandioses, portés vers le ciel, annoncent 'Until the End of Time' au chant plus grave qu'à l'habitude. La batterie en profite pour déclencher des secousses sur un clavier ténébreux.
Les guitares dominent alors de manière explosive relançant la voix plus haut. Le refrain dégage une part d'exaltation bienvenue. Le paysage musical, baigné de pluie à un instant, brille de mille feux gothiques.

On passe à un mid-tempo enveloppant avec ce 'Seekers of the Sense' insidieux. Bien que rectiligne, la mélodie reste attractive.
Les guitares scintillent toujours alternant accords carillonnants et riffs plus agressifs. Les claviers tintinabulent souvent.
Tous les instruments, en phase, décident ici de sonner... l'auditeur y compris!

Plus d'emphase à travers le rapide et tonique 'Burning the night' gonflé aux riches claviers. La balance s'effectue entre les cymbales et les toms avec une batterie prolixe et une basse grondante.
Les vocaux, dopés parfois aux choeurs grandiloquents, dégagent beaucoup d'énergie pendant que les guitares, avec panache, offrent le champagne.


Le nom de famille des artistes (Tramontana), rappelant le vent sec et froid, s'accorde parfaitement à leur cachet musical gothique millésimé 80's.
En même temps, l'instrumentation léchée caresse une expression vocale chatoyante.
Les époux avancent sur la même longueur d'ondes, noire, soufflant finalement le froid dans le style, autant que le chaud dans l'interprétation jusqu'à brûler la nuit!
Un bon début pour aller loin...

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28 février 2022 1 28 /02 /février /2022 09:57
Doowy - EP "Contre-Nuit"

 Doowy - EP "Contre-Nuit" 

Pastel Sunset Records

NoPo

DOOWY "Contre-Nuit" EP 2022


Thibaud Demey s'identifie à Doowy, cadet d'une fratrie de 4, dans la série Malcom (un peu martyrisé mais très malin).
Et comme lui aussi semble malin, si on inverse le 'm' de 'DEMEY' pour en faire un 'w', on obtient 'Dewey' prononcé 'Doowy' en anglais... tiré par mes cheveux mais j'aime bien!

Une idée du personnage au travers une analyse du tatouage sur son bras (extrait de l'interview ici : https://cinqmille.be/doowy-une-douceur-masculine-qui-fait-du-bien/
"Un Jack (Mr Jack, Tim Burton) qui représente une intraveineuse qui passe à travers le cœur, dans la tête et qui me rentre dans la peau. Ça représente ce que je fais dans la vie.
Le cœur représente la composition, qui est toujours un étalage de sentiments que l’on met en musique.
La tête c’est la production, c’est les influences, l’historique, le cerveau, c’est quelque chose de plus réfléchi, de plus neuronal. Les fleurs c’est l’épanouissement que ça me procure."

Après avoir joué au DJ, écrit, produit et prêté sa guitare à Lost Frequencies et Mustii, sans doute émoustillé, l'artiste belge, bercé à la chanson française, plonge solo dans une french pop, grand cru.
Sous ses faux airs d'Etienne Daho, Doowy construit son doux wop moderne à partir d'un retour vers le futur. Son instigateur se revendique de la famille de l'Impératrice, Mathieu Chedid et Chic alors...
Très doué, il fait tout et plus. Le surhomme, originaire de Jette (province de Bruxelles) en jette (évidemment). Cependant, il veut démontrer que l'homme est une femme quelque-part... mais où?

Une première réponse avec cet EP 'Contre-nuit' à la photo prise en contre-jour et de trois-quarts dos. Mystère et boule de gomme?


Ouverture plein soleil avec 'Saint Jean Cap Ferrat' invitant à un voyage (quoique, plus court) sous les mêmes rayons aux couleurs chaudes que 'Paris Seychelles' (Julien Doré).
Un clavier élégant, en arabesque, déroule un tapis rouge soyeux pour une guitare carrément daft-funky puis la voix se pose doucement sur un rythme régulier à la vitesse des battements de coeur pendant un jogging.
Un piano électrique vif et sautillant rappelle aussi l'existence de Parcels. Zyva, la boule à facettes! Aargh, j'ai juste envie de me jeter sur un parquet glissant en me trémoussant comme un macaque.
La classe! Un tube en puissance!

'L'eau du bain', sorti au printemps 2021, coule en toute insouciance sous des choeurs qui se pâment. Le synthé zigzaguant conduit la mélodie adorable titillée par une guitare effleurée.
Le clip met en scène un homme, au casque de chantier (rose), qui disparait rapidement, bien accompagné, dans une baignoire.
La vidéo diffuse un sens de l'humour raccord avec des paroles particulièrement bien écrites et délicates :
'L'homme viril que je ne suis pas se blottira toujours sous les ailes de celle qui le console à chaque fois que la vie dure le harcèle'

'Mon étoile', tout en retenue, nous prend par le poil et l'émotion.
Des percussions subtiles suffisent à cette trame au synthé, traversée par une voix féminine (samplée) frémissante , qui met en valeur une écriture limpide et poignante.

'Te plaire' me plait avec son rythme syncopé provoquant un déhanchement incontrôlable. Ce rythme joue un rôle primordial avec contretemps, synthé en cri lascif, basse / grosse caisse profondes parcourus de termes sonnants.
Thibaud possède la douceur du timbre de voix d'Etienne Daho. Les paroles écrivent une comptine adulte et ambigüe jouant sur la syllabe finale des mots qui s'enchainent.
'J'assure le coup de minuit... ce que j'imagine gine gine, gin dans ton verre verre verre, vers un rapport port port port... J'ai eu tort tort tort de penser que c'était clair!'

'Déraille' serait qualifié de 'slow' dans les 70's. Avec une voix de crooner italien, 'De Rai', ça l'aurait fait aussi.
La ballade, toute en brume translucide, nous berce tendrement. Des choeurs admiratifs viennent lécher la voix légère qui lézarde et lévite.

En Septembre 2021, 'Fragile' projette un arc-en-ciel éblouissant avec son gimmick d'entrelacement clavier / guitare funky imparable. La basse ronde gonfle la cadence rectiligne.
Les textes délicats montrent beaucoup de finesse tout en tombant magnifiquement dans le rythme (notamment la répétition de 'T'es qu'un').
'Moi j'aime les éclats, le bleu, le magenta, les roses rouges,  les lilas... Tu devrais ptetre changer de sexe, Tq1 Tq1 Tq1 fragile; les belles couleurs ça t'rend docile, Tq1 Tq1 Tq1 fragile, T'es pas un dur T'es pas viril'
Le clip réalisé par Quentin Moll-Van Roye pétille d'humour décalé avec partie de jambes en l'air (?!), vernis à ongles, crise de nerfs et maltraitance qui se termine dans des embrassades masculines... un hymne à la tolérance, bidonnant!


Thibaud assume totalement sa part de féminité et réfute les idées préconçues de la masculinité. Dur non, Doowy!
Décomplexé, il affirme haut et fort (à la hauteur de sa voix fragile, faut pas exagérer non plus!) sa personnalité attachante à travers des textes aux sujets actuels, cajolés par une musique moderne, rafraichissante, dansante.
Je peux vous l'assurer, plus vous l'écoutez, plus vous accrochez; ça va finir par se savoir et on peut lui prédire un beau futur sans retour (au plus tard à partir de Mai, oups!).



Thibaud Demey Chant, Guitares, Claviers
Laurent Seys Batterie
Textes et musique par Doowy
Production : Thibaud Demey
Mixage : Jean Vanesse
Artwork Pic @moonwalker_dop & @malice_films
Artwork Design @philippedebongnieillustration

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26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 13:30
Album - Ross Jennings – A Shadow Of My Future Self

 Album - Ross JenningsA Shadow Of My Future Self 

Graphite Records

NoPo

ROSS JENNINGS 'A Shadow Of My Future Self' 2021

Quand j'ai vu passé l'annonce, je n'y ai pas prêté attention...  qui? Ross Jennings?
Bah faut lire un peu plus les informations des pochettes et s'en souvenir! S'en souvenir... ne serait-ce pas mon problème, j'y ai déjà réfléchi non?
Et si je dis Haken? Ha- quoi? Ah si c'est mieux, j'entends!
Du prog-metal anglais haut de gamme, 6 albums chiadés à leur actif! Et le chanteur est ... tadadam, vous l'avez deviné.
Leur dernière rondelle sort en 2020 et Ross doit posséder le don d'ubiquité car il en profite pour enregistrer aussi avec Novena et encore, je ne vous parle pas de  D’Virgilio/Morse/Jennings pour 2022. Ah bon, on y est?
Une volonté pour le chanteur de passer à autre chose sans se retourner d'où l'ombre et le futur dans le titre ...
Voici donc son premier effort solo. Il ne lésine pas, 14 titres, 1H20 de musique, un double vinyle... du lourd quoi!
Tracklisting :1. Better Times 4:09 / 2. Words We Can’t Unsay 5:04 / 3. Violet 5:30 / 4. The Apologist 4:56 / 5. Rocket Science 4:15 / 6. Catcher in the Rye 5:19 / 7. Since That Day 3:25 / 8. Young At Heart 8:14 / 9. Feelings 4:57 / 10. Third Degree 4:35 / 11. Phoenix 11:15 / 12. Grounded 8:03 / 13. Year 4:56 / 14. Be The One (Bonus Track) 3:26

Pas question pour autant de s'isoler, Ross, tenté un temps de faire tout lui-même, se garde chant et guitare mais consolide finalement l'orchestration avec quelques 'clients' :
Nathan Navarro (Devin Townsend) à la basse (fretless), Vikram Shankar (Redemption, Lux Terminus, Silent Skies) aux claviers et Simen Sandnes (Arkentype) à la batterie.
Cerise sur le gâteau et sacrée idée, un ensemble de cuivres norvégiens (les 3 Blasemafian) vient leur donner du souffle.

Tracklist:
1 - Better Times
2 - Words We Can't Unsay
3 - Violet
4 - The Apologist
5 - Rocket Science
6 - Catcher In The Rye
7 - Since That Day
8 - Young At Heart
9 - Feelings
10 - Third Degree
11 - Phoenix
12 - Grounded
13 - Year
Bonus Track:
14 - Be The One(Dua Lipa Cover)
mixé par Karim Sinno/The AudioLoft et masterisé par Ermin Hamidovic de Systematic Productions (qui a travaillé sur 'Vector' & 'Virus' de HAKEN).

L'ultra-violet colore le fond de pochette où la photo de Ross Jennings semble griffonnée. Devant un mur (du son?), il tient sa guitare, forcément un indice.
Les dénominations apparaissent en blanc, verticalement sur le côté pour son nom, et horizontalement au milieu pour le titre.

Ici contrairement à HAKEN plus torturé, Ross construit les morceaux sur une trame simple facilitant l'intégration du chant à sa guise.

'Better times' avance dépouillé. Les sobres frottements sur les cordes laissent beaucoup de responsabilité à la voix qui la montre, c'est l'heure!
Une lapsteel, jouant à cache cache, donne une allure folk à la chanson

'Words We Can't Unsay' offre une intro vintage par un dring de vieux téléphone et saute sur un rythme entrainant et imperturbable.
Le titre me fait penser à 'Owner of a lonely heart' de Yes. On y trouve pas mal de petits sons électroniques.
La surprise vient, après, par les instruments à vent (faudrait savoir!) qui soufflent une superbe énergie au morceau juste avant que Ross ne monte ses aigus à la hauteur de ceux de Jon Anderson, un exploit... un magnifique morceau!

L'intro de 'Violet' dégage une puissance collective impressionnante, associant guitare au ton sec, et batterie volubile auxquels se joignent un saxo déchainé, une deuxième guitare électrique, une basse noyée.
Stop! Cassure! Batterie/Basse/voix claquent en rythme. La guitare s'accorde au son funky /jazz/rock. Le synthé et des choeurs viennent gonfler une couche déjà confortable.
Une fois les bases posées, reste plus qu'à faire tourner tout ça... pas de problème, ça glisse sur le parquet!
Autre rupture à 4 minutes, pour une envolée de prog bien sentie et tout se mari(llion)e à merveille.

Oh! 'The apologist' montre le niveau du batteur, haut! A nouveau, une guitare, peu habituelle, rythme en symbiose avec la basse jazzy, débridée, jouissive. Une flûte semble traverser l'instrumentation opulente.
'Presto Vivace' (UK) me vient à l'esprit. Allan Holdsworth aurait apprécié le solo de guitare prog. La batterie roule, enroule, déroule jusqu'au bout sans jamais dénouer son intrigue.

'Rocket Science' revient à l'ambiance du 2è titre avec une propension plus pop ou soft rock. Le refrain, en particulier, capte l'attention et donne envie d'accompagner le chanteur.
On pourrait presque penser au Blue Oyster Cult des 80's. En tous cas, la fusée décolle...

'Catcher In The Rye' glisse discrètement un arpège doux à la guitare. La batterie n'ose pas faire trop de bruit pendant cette intro à la basse dodue.
Le refrain donne un peu plus d'emphase mais on revient rapidement à l'élégance de quelques notes au piano.
Puis, à nouveau des cuivres grandioses viennent épaissir le trait du bonheur ressenti.

'Since that day' fait l'effet d'une transition (écologique?), une guitare acoustique nous baladant, comme une mise au vert, au gré de la voix nonchalante de Ross.
Un petit solo, à l'électrique, soutenu par le clavier vient cependant nous rappeler qu'il n'est pas tout seul.

On pourrait pratiquement suggérer un blues pendant un long moment à l'entrée 'Young At Heart'. Le mode ralenti et laid back surprend.
Puis le morceau accélère doucement par des développements larges et enveloppants. Au bout du rouleau, une ambiance piano-bar nous invite à nous laisser aller.

'Feelings' Who-ho-ho... En français dans le texte : 'Dis lui'. Rien à voir!
Elle commence par des frappes sacrément musclées et agiles qui imprègnent d'une belle énergie une compo pop prog, définition du style de cet album.
Les arrangements laissent un espace à la guitare et aux claviers, plus encore aux voix, pleines de bons sentiments et terminant a capella.

'Third degree' sonne l'heure de la sérénité. Ce morceau possède la légèreté 60's à la Simon&Garfunkel mais continuellement parcouru par quelques fins frémissements jazzy.
Les claviers lui donnent juste un peu plus d'élan sans déstabiliser les vocaux.

La guitare sèche et la voix très aigüe donnent des airs de balade féérique. Il ne lui manque que les choeurs et les claviers grandiloquents.
A la place une guitare électrique tremblante fait naitre une émotion. 'Phoenix' s'allonge finalement sans gêne et prend ses aises grâce à la batterie soudainement dynamique.
Les autres instruments, galvanisés, diffusent de belles sensations. La basse, particulièrement musicale, mérite le détour.
A mi morceau (7'25 exactement), le clavier, à la Genesis, fait son Cinema show et rappelle les racines prog de Ross. Puis des choeurs, assaisonnés aux percussions, mélangeant handclappings et tambours, évoquent Styx.
La composition, tellement riche, rosse l'auditeur poussé dans les cordes. A réécouter, sans modération, pour découvrir chaque détail...

De jolis arpèges sur les cordes de guitare amènent doucement le chant qui se pose aussi délicatement qu'un oiseau sur une branche. La rythmique s'installe sans heurts et la romance glisse.
Le clavier vient parfois donner plus de consistance pourtant une seconde guitare éthérée-floydienne se fait remarquer... avant l'apparition du saxophone tout aussi rose et hypnotisant. Grandiose!

Un pattern rythmique ouvre 'Year'. Une guitare s'y accroche en quelques points pendant que le chant s'y promène.
On pense aller loin comme ça sauf qu'une gratte céleste intervient par surprise, énervant la batterie, et motivant les choeurs puis retour à la complainte initiale, empreinte d'une certaine tristesse.

On a droit à un bonus avec 'Be the one', cover de Dua Lipa. 'Quoi! Tu connais pas Dua Lipa?' me jette ma fille. Ah ben maintenant si si! Ross est moins glamour.
Sa reprise transforme complètement son origine R&B pour en faire un tube pop calibré.
La rythmique montre d'emblée la direction des doigts slappés. La batterie s'en empare et la guitare sautille. Le chant monte vers le soleil... Une conclusion explosive!



Soyons honnête, cette plaque demeure un peu longue! Difficile d'aller jusqu'au bout d'un trait et toujours concentré.
Cependant, une majorité des plages nous entraine vers des paysages envoûtants et changeants grâce à une instrumentation riche, variée et remarquable.
Finalement, sans passer la brosse, le carrosse de Ross, bien que tout confort, fait entendre ses chevaux sous le capot et nous emmène loin.
Ross voulait rompre avec son passé, mais chassez le naturel, il revient au galop. Non, on ne peut pas qualifier cette oeuvre de prog mais elle en contient... malaxé, mélangé, ingéré, digéré.
Une recette alléchante!

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24 février 2022 4 24 /02 /février /2022 17:53
EP Caprice - Kevin Preston

EP  Caprice - Kevin Preston

 

 Wild Honey Records

( michel) 

C'est en 2000 que la planète musique entend parler de Kevin Preston, un brave gars originaire de la  San Fernando Valley, proche de LA.

Billy Bones décide de reformer The Skulls, un des fleurons punk de LA, il fait appel à un jeune guitariste qui fréquentait la même école que sa fille: Kevin Preston!

En 2004, avec  Aaron Minton, Erik Arcane, David S. Field et  Daniel Nyby, Kevin fonde le glam punk rock band Prima Donna, groupe  qui a un jour compté Glen Matlock en ses rangs.

La discographie du combo,  toujours en activité, se chiffre à cinq albums et une kyrielle de EP's.

Kevin étant un guitariste très prisé en Californie se retrouve dans d'autres formations, notamment  Foxboro Hot Tubs, un side project de Green Day, Billie Joe Armstrong fait aussi appel à lui chez  The Longshot , un autre de ses plans garage, tout naturellement Green Day embrigade illico presto le brave Preston comme touring member.

On reste dans la famille!

Fin 2021, un caprice, Kevin décide de graver un effort solo, a three-track punk-a-billy EP, qu'il baptise ' Caprice'.

Trois morceaux, même pas 6 minutes de musique, Kevin est de la race des loirs.

tracks:

1. Caprice 

2. Close My Eyes 

3. I Know Where I Stand

crédits:

 All songs written and performed by Kevin Preston
Produced and recorded by Bruce Witkin
at Unison Music Studios 

 

Pochette: Kevin ( le regard absent) et sa guitare, détriplés en rouge et noir, s'il a besoin d'une masseuse on peut lui proposer Jeanne. 

La plage initiale ' Caprice' semble sortir en ligne droite du jukebox d'Alan Vega.

Du  punk rock, aux effluves All Shook Up, passé dans un milkshaker  détraqué qui risque de te sauter en pleine poire et de te défigurer pour le coup, ta pauvre maman aura du mal à te reconnaître.

Dommage que Christophe a passé l’arme à gauche, il aurait aimé ce chant spasmodique et ces guitares qui grondent à la manière d'un Brian Setzer sur son album 'Gotta Have The Rumble,'.

Sérieuse décélération lors de la seconde plage, 'Close my Eyes', une romance sur laquelle plane l'ombre de Chris Isaak et des productions de chez Sun Records .

Vais emmener ma copine au Blue Hotel et sur la route lui ferai écouter 'Close my Eyes', elle va craquer, c'est une grande romantique!

Retour au rock  avec ' I Know Where I Stand' .

Quand tout gosse tu entends  ton père chanter ' Return to Sender'  ça te marque à jamais, il est  donc tout à fait naturel avec un tel background que le style de  Kevin Preston s'assimile aux grandes figures du rock des fifties: le King, Ritchie Valens , Buddy Holly, Carl Perkins, etc..

Le gars sait d'où il vient, et où il va, et avec son jeu de guitare bourré de  licks dévastateurs, son look rebelle et son  timbre idéal pour tomber toutes les rockabilly chicks de l'univers, il pourrait bien prendre la place  de chats de gouttière vieillissants. 

 

 

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18 février 2022 5 18 /02 /février /2022 08:52
EP- A Dream About Death - Circa Survive

EP-  A Dream About Death Circa Survive

NOPO 

 

CIRCA SURVIVE A dream about death 2022

Rise Records

 


J'ai découvert l'existence des américains en 2012 avec l'album 'Violent Waves' qui m'a ébloui par ses guitares éclatantes (et son parfum à la Dredg).
Anthony Green (le chanteur), les cite volontiers ainsi que Deftones, Björk et Nirvana (influence moins évidente).
Formé en 2004 à Philadelphie, le groupe a publié 6 LPs :
    Juturna (2005)
    On Letting Go (2007)
    Blue Sky Noise (2010)
    Violent Waves (2012)
    Descensus (2014)
    The Amulet (2017)
puis 2 EPs récemment, coup sur coup, 'A dream about love' en 2021 puis son jumeau 'A dream about death' cette année.
D'après Anthony, le bipolaire, une rupture musicale présentant 2 facettes de sa personnalité.
Après une overdose à l'héroïne (quasi mortelle) et déstabilisé par la pandémie, le chanteur parle de survie grâce à Circa et leur solide amitié.
    Anthony Green - lead vocals
    Colin Frangicetto - rhythm guitar, backing vocals
    Brendan Ekstrom - lead guitar
    Nick Beard - bass, backing vocals
    Steve Clifford - drums, percussion

Peu importe les guitares incisives abandonnées, l'évolution électronique ne prétexte pas un arrangement pour des compositions plus faciles.
Au contraire, les musiciens s'éloignent de leur zone de confort, en privilégiant des rythmes programmés et en limitant l'habituel impact fort des grattes qui sonnent ici comme des claviers.
Colin Frangicetto avoue avoir été entrainé, dans ce sens, par 'Jupiter' de Cave In et les sorties récentes de Codeseven et parfois, joué son instrument comme une basse pendant que Nick Beard accordait les claviers.

Pourquoi 2 EPs à facettes (aussi éblouissantes que les boules) plutôt que 2 faces sur un LP?

 Pour donner une chance aux chansons!
"Honestly I feel like I wanted the songs to have more of a chance of getting heard.
When you put out like ten songs on an album, there's maybe three or four tracks that everybody gets to hear, and then some people will just never experience the full thing"
ça se défend... même si de plus en plus d'auditeurs deviennent des zappeurs fous!

6 nouveaux morceaux (à nouveau produits par Will Yip) répondent donc aux 6 précédents.
1. Electric Moose
2. Curritiba
3. Late Nap
4. Discount On Psychic Readings
5. Die On The West Coast
6. Buzzhenge

La pochette reflète l'antécédente comme une variation.
Un mur ancien couleur ocre, recouvert de sculptures foisonnantes, en partie taguées, entoure d'une arcade, une porte peinte avec un buste de femme aux allures XVIIè, 2 trous abimant le portrait au niveau des yeux et de la poitrine.
Devant ce mur d'enceinte au style gothique alambiqué, des déchets divers flottent sur une flaque d'eau, bordée de plantes, et qui s'engouffre sous la porte.
Esao Andrews, le peintre attitré du groupe, offre une nouvelle illustration étonnante de ses créations surréalistes.

Le contenu s'exprime de manière aussi perturbée et perturbante.
Anthony écrit les paroles sur ses peurs et ses passions, la dépendance, le suicide... (les boules sans les facettes quoi!).


'Electric moose' plonge aussitôt dans un bain électro dont le gimmick dissonant, au synthé, forme des rides en surface. Le chant exprime une humeur maussade sur des choeurs rêveurs.
Un son de boite à rythmes marque sa répétition. Des bulles électroniques jaillissent de toutes parts et les guitares retenues prennent un virage shoegaze.
Il faut regarder le clip, mettant en scène dans une danse frénétique, une relation fausse et abusive.

L'intro onirique de 'Curitiba', dominée par des vocaux aériens, se couche, en contemplation, sur un duvet piano/guitare.
Des voix éthérées s'empilent ou se répondent derrière 5 notes au piano, taquinées après par une rythmique lointaine et délicate.
Sous l'effet de la grosse caisse d'abord, puis la batterie, de plus en plus éloquente, l'ambiance monte d'un ton, avant de fléchir dans un reflet qui s'estompe.

Dans 'Late Nap', un rythme insistant précède un riff original et élastique au clavier, parfois accompagné par une guitare cristalline.
De petits sons subtils parsèment la trame musicale. La voix, particulièrement intégrée, circule sereinement.
Le final gracieux laisse flotter une mélancolie agréable au goût synthétique.

Le son de basse, aux abonnés absents jusqu'à présent, prend les choses en main sur 'Discount On Psychic Reading'.
Ses grasses vibrations guident le morceau sur une cadence rectiligne agrémentée, de temps à autre, par quelques divergences au clavier ou à la guitare.

Un son de gratte ondule et réverbe pendant 'Die On The West Coast'. Des accords en perles scintillantes glissent sur la mélopée chaleureuse.
Le rythme tisse une dentelle délicate et discrète. Le chant déambule tranquillement au milieu des sillons de cette pop angélique somptueuse.

'Buzzhenge' démarre sur des bases identiques d'une grande sensibilité avec une voix prenant parfois quelques accents plus douloureux.
Les guitares, au son travaillé, restent reines et complices des claviers. Tout se mêle dans une harmonie sublime.
On pourrait presque qualifier cette composition enveloppante de dream-pop psychédélique.


Le pari semblait audacieux mais le jeu en valait la peine. Le timbre de voix particulier d'Anthony reste le fil conducteur de cet électro-pop gracieux.
Circa Survive réussit son pari de l'expérimentation, tout en restant à la fois touchant et reconnaissable. Une vraie renaissance!

 

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17 février 2022 4 17 /02 /février /2022 09:15
EP - Witch Fever – Reincarnate

EP - Witch Fever Reincarnate

 Music For Nations

( michel)  

C'est la saison de la sorcière, comme le chantait si bien Donovan en 1966, il ne croyait pas si bien dire,  le gars de Glasgow, près de 55 ans plus tard, des disciples des célèbres lanceuses de maléfices de Salem ont formé  un clan à Manchester , elles se bombardent comme étant Witch Fever , après avoir signé un pacte avec Lucifer, elles risquent bien de pratiquer leurs rites magiques jusque dans ton jardin, pas forcément édénique.

On découvre une  première trace de leur passage chez les Mancunians en 2017, elles pilonnent  la région de quelques singles ' Carpet Asphyxiation' , 'Toothless' , ' Daddy pt 2', 'Bezerk(h)er' et sa face B 'The Hallow'

Leur réputation, sulfureuse, ne tarde pas à dépasser le comté de Manchester, tout le UK succombe à leurs charmes funestes, le continent, malgré le Brexit, suit.

Fin 2021, Amy Walpole (vocals), Alex Thompson (bass/vocals), Alisha Yarwood (guitar) et Annabelle Joyce (drums) enregistrent l' EP "Reincarnate".

 

Ne se contentant pas de leur rôle de sorcières, les filles revendiquent aussi leur identité queer et leur allégeance au mouvement riot grrrls, pas besoin de te dire que leur soupe n'a rien à voir avec la variétoche que t'entends à longueur de journée sur NRJ , M Radio ou Radio Plein Coeur, leur credo c'est le punk, le grunge, le hard bien sale.

La pochette:  dans les tons gris,  représente un machin indéterminé, probablement un crotale sournois, prêt à t'inoculer son venin, il est  bien caché dans un  décor monocorde, le nom du groupe, couleur rouge sang,   dessiné esthétiquement  par un calligraphe tremblant, émerge en plein centre pour frapper les imaginations. 

 Tracklist

A1 Reincarnate
A2 In The Resurrect
A3 Abject
B1 In Birth
B2 Initiation
B3 Bully Boy

Pas de round d'échauffement, avec ' Reincarnate' tu entres d'emblée dans le vif du sujet, des guitares blindées prennent le chemin des lignes ennemies,  protégées par des barbelés qui risquent de ne pas faire long feu face aux monstres. 

Ces Challengers 2  en ont vu d'autres, si les Russes nous emmerdent, on rapplique!

Après cette entrée en matière massive, la petite Amy, pas confondre avec Miss Winehouse, place sa harangue brutale, t'as intérêt à éviter ses coups, si elle atteint tes lèvres, t'es bon pour un passage chez le prothésiste.

 Elle te prévient en hurlant...You won't break me..., c'est toi qui vas encaisser, mec.

Les copines, à l'arrière, tout aussi furieuses,  élaborent un mélange sonore aux allures de shrapnel destructeur.

Tu t'en es sorti sans trop de casse, les pavillons ont légèrement souffert, tu te dis que la suite sera plus décontractée, et, si ' In the Ressurect' démarre de façon moins virulente, très vite les tanks en remettent une couche, Amy, toujours pissed off,  amorce en demi-teinte, avant d'accélérer pour prendre des intonations Kat Bjelland ( Babes in Toyland), tiens, elle est née à Salem, cette chatte.

Lors d'une interview les filles dévoilent ceci:   The overall theme of the song is about rejecting Western beauty ideals and how the male gaze tells us we, as women and non-binary people, should look and behave.

 La guerre des sexes aura bien lieu!

'Abject', gars, tu me fixes comme si j'étais un morceau de viande, ton attitude sexiste me répugne.

Sur fond sonore mariant le doom d'un Black Sabbath, quelle basse destructrice ,, et la fureur des Slits, Amy, irritée jusqu'à la moelle  crache son  dégoût,  elle n'y va pas de main morte,....   I’ll give what you deserve... il y a peu de chance que ce soit un tendre bisou!

.... You pressed me, undressed me 

Telling me I was your wet dream ... braille la petite chanteuse après 1'30" sur ' 'In Birth' pour décrire ce qui lui est arrivé peu avant ses  16 ans  dans une église orthodoxe où les abus sexuels étaient monnaie courante.

Cette expérience traumatique se retrouve aussi bien dan les textes que dans l'emballage sonore, brutal et bourré de grungy riffs,  à l'arrière Annabelle bastonne à la manière de Palmolive, la femme savon, martyrisant ses fûts au sein des Raincoats, 

Un mot a à propos du clip accompagnant la chanson, si tu souffres d'hématophobie, tu oublies, ça pisse de partout!

Il n'est pas question  d' ' Initiation' spirituelle mais sexuelle, Amy fait à nouveau explicitement  allusion aux outrages subis dans sa jeunesse.... Your blood got on my clothes and now I’m 12 years old...you cut my skin, and planted yourself within...

Véhémence, passion et émotion, se  retrouvent dans son chant convulsif, derrière. les filles élaborent un  rock  lent, aux accents sludge, balèze et menaçant .

L'heure où Amy était la pauvre victime  est révolue, mademoiselle passe à la contre-attaque.

 Ne  compte pas sur une once de pitié... Pass me the hammer and I’ll break both of your knees,  coz I told you to stay away, stay the fuck away from me...There’s a blinding wrath inside me, and you’re the one to blame... 

Ouais, ça arrive encore des gars gueulant ' à poil' en assistant à un concert donné par des filles, c'est pas le genre de truc que Witch Fever tolère, 'Bully Boy' nous l'explique de manière claire et féroce.

 Amy scande ses griefs jusqu'à perdre haleine! 

Le message, explosif, est greffé sur un fond doom punk hystérique et violent ne s'assagissant, relativement, qu'en vue du terme.

Messieurs, attention au message final: ce n'est qu'un début,  Das ist nur der Anfang - der Kampf geht weiter... vous, voilà, prévenus.

 

Pas de concessions avec Witch Fever, c'est du rock à l'état pur!

 

Les concerts de fin février/mars en France, en première partie de Idles, sont tous complets!

 

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