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  • : Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
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2 novembre 2021 2 02 /11 /novembre /2021 08:53
Album - Nightwatchers - Common Crusades

Album - Nightwatchers  - Common Crusades

 

 MOWNO

 

NoPo

 NIGHTWATCHERS Common Crusades 2021

Le groupe commence fort sa carrière avec 2 EPs sur le thème des dérives policières en 2016.
Trop fort, il faut attendre 3 ans pour choisir 'La paix ou le sable'.
Cette année, 'Common crusades', toujours aussi engagé, traite du colonialisme et des dérives de nos politiciens contemporains (avec de nombreux extraits de discours ou écrits divers).
Pareil à Zebda (rappelons 'Le bruit et l'odeur' de Chirac), mais différemment(!), les toulousains dénoncent racisme et anti-islamisme catégorique, les N W avec une froideur frontale, contraire à la chaleur festive de l'accent du Sud (vu que c'est en anglais).
Musicalement, je les rapprocherais du début des Clash, des Dead Kennedys, avec une pointe de Buzzcocks ou des Undertones. Les gars citent plus volontiers, les Ramones et Misfits.
Tout se dit dans l'urgence, en moins de 30 minutes pour 10 titres, avec un style hargneux de punk mélodique.

Les frondeurs :
David Mareau - Basse, voix
Freddy Coste -  Batterie
Julien Virgos -  Guitare, voix
Kevin Keisovsky -  Guitare, voix

La pochette, gérée par Freddy, fait dans la sobriété monochrome.
La statue du cardinal Lavigerie, brandissant une croix à deux branches (prise en photo à Bayonne), symbolise bien le contenu de l'album.
Le texte, figurant à droite, s'extrait de 'L'armée et la mission de la France en Afrique' (discours prononcé dans la cathédrale d'Alger, le 25 avril 1875, pour l'inauguration du service religieux dans l'armée d'Afrique, par Mgr l'archevêque d'Alger Charles Lavigerie).
On évoque l'homme, en particulier, pour ses positions anti-esclavagistes.

La face A concerne la période coloniale et la Face B, la période contemporaine :
1.For the Sake of the People and the Nation 03:01
2.The White Fathers 03:02
3.No Matter Who "Osei Kofi Tutu I" Is 02:04
4.1905 & The Muslim Exception 02:14
5.A Not-so-Secular State Culturalism 03:34

6.The Phantom Menace 03:32
7.G. Kepel President Whisperer 02:27
8.Dismissed 03:28
9.Their Turn Trying to Rule the World 02:29
10.Just a Matter of Time 02:26
Enregistré par Matthieu Zuzek


FACE A : La période coloniale

'For the Sake of the People and the Nation'
Démarrage sec, pied au plancher. Des roulements sur les toms bousculent le riff droit et saccadé. Finalement, sous les guitares, la basse trace, simple puis attractive sur le refrain.
Les voix scandent les paroles avec la vigueur de la conviction, n'hésitant pas à pousser les choeurs à battre le fer.

'The White Fathers' ralentit le riff d'entrée et découvre une mélodie poppunk qui rappelle les années 80's des Porte-Mentaux ou Shériffs.
Sur le rythme marqué et répétitif, la basse entraînante, la guitare intensément brossée, la voix de tête et les choeurs s'en donnent à coeur joie grimpant en ouou-whaha et autres whouhou. 
C'est même une pointe de synthé sucré qui clôt l'affaire.

'No Matter Who "Osei Kofi Tutu I"' s'élance sur un rythme tribal et binaire typé keupon. Evidemment, l'énergie déborde et les textes, harangués, fouettent.
Les accords froids à la guitare rendent le morceau encore plus dur.

'1905 & The Muslim Exception' à l'inverse, fait dans le tube punk. Le rythme rectiligne laisse la guitare tracer la mélodie par un riff mémorable.
Le clip, en noir et blanc, filme les musiciens en action brute et sobre. Le refrain, chanté à plusieurs, donne envie de participer en criant et sautant sur place.

L'encha$inement sur le titre suivant se veut autant musical que thématique.

'A Not-so-Secular State Culturalism' ouvre par une guitare saturée qui claque ensuite un riff simple et efficace devant les métronomes batterie sèche et basse bulbée.
Le mouvement passe du vif et mélodieux au sombre et lent avec une guitare sauce piquante. Le final, en drame glaçant, favorise même le headbanging (influence Ulver avouée).

FACE B : La période contemporaine

'The Phantom Menace', avance inexorablement. Le déroulement musical, tendu, fait crisser tous les instruments en marcher commun. Si certains faiblissent, la batterie se charge de les invectiver.
Un petit passage, cold wave, surprend, par une guitare et une voix réverbérante (presque Marquis de Sade). Puis guitare rapide, voix principale et choeurs se rebellent.

'G. Kepel President Whisperer' C'est ici que la fureur punk atteint son paroxysme : dénoncer, hurler, jouer vite et fort et foncer (sur la trace des Dead Kennedys).
Juste une pause à la basse tremblante, pour reprendre son souffle, et la relance, toutes guitares dehors, emmène les voix jusqu'au bout.

'Dismissed' combine superbement 2 riffs différents, en introduction à une incantation posée et convaincante. Le morceau file, droit et juste, porté par une mélodie évidente sous les coups de boutoir de la batterie imperturbable. 

'Their Turn Trying to Rule the World' enchaîne, sans reprendre son souffle, dans un rythme chevauché et un ton identiques au titre précédent.
La basse tourne en boucle, comme une machine à laver en mode essorage, et ne s'arrête jamais. Après un démarrage très rectiligne et un stop, les voix multipliées et toniques invitent un peu plus de mélodie, à laquelle répond la guitare qui varie ses airs.

'Just a Matter of Time', temps qu'ils n'ont pas ces jeunes gens pressés! On se croirait assis sur la selle d'un cheval.
Tel un marteau, la batterie donne le ton sur un rythme plutôt élevé. Le couplet enfonce le clou. Le refrain, au chant exalté, apporte force et détermination.


L'album respire la spontanéité. La tonalité, pêchue et assez accrocheuse, pourrait presque être joyeuse si on ne savait pas ce qui se cache derrière les paroles.
Les veilleurs de nuit, jusqu'au-boutistes, partent en croisade et règlent leurs comptes.
Le côté direct, parfois post-punk, ne laisse pas le temps de s'ennuyer. Avec des morceaux urgents allant de 2'30 à 3'30, le compte est bon.

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30 octobre 2021 6 30 /10 /octobre /2021 11:57
EP - ElisaDay – Auftakt

 EP - ElisaDayAuftakt

 

self-released 

(michel).

 

Un petit tour à Saint-Pétersbourg, la température y est encore clémente, mais tu es prévenu  les caprices de l’hiver sont tels qu’un coup de chaud peut succéder à des gels à pierre fendre!

Ce n'est pas le  Palais Stroganov, ni l'Hermitage, ni une croisière sur la Neva qui t'attirent mais bien un combo de symphonic metal, dorénavant mené  par la mystérieuse Lyubov Dunaeva ( née Antropova), ex- Pesante.

Le groupe est né sur les cendres de Lanewin qui pratiquait déjà un métal symphonique jusqu'au jour où la diva  Anna Belaeva décide de dire adieu au métal pour se lancer dans une carrière solo.

 

ElisaDay a pondu récemment l'EP "Auftakt" ( das ist "Prélude" in Französisch).

Il s'agit de leur troisième Extended-Play,  nach “Find The Answer” (2014) und “Never Be The Same” (2017), on leur connaît également plusieurs singles.

En pleine période Halloween, il est bon de rappeler qu' Elisa Day , connue pour sa beauté hors du commun, a été assassinée par un amoureux qui craignait de voir sa joliesse se flétrir.

Tu as bien entendu toujours en tête... 

They call me The Wild Rose
But my name was Elisa Day
Why they call me it I do not know
For my name was Elisa Day..
les premières lignes du sublime duo Nick Cave/ Kylie Minogue.
 
Tracklist:
 
1. Inner War. 04:31. 
2. Fire or Ice. 04:24.
 3. Poison Ring. 05:47. 
4. Hear Me. 09:56. 
 
Line-up:
Lu Dunaeva — Vocals /  Ivan Kaiser — Keys / Denis Geit — Bass / Igor Borodin — Drums / Dmitry Popov — Guitars
+ Guest violin — Elizaveta Godunova - flute and backings: Xenia Fadeeva
Backing vocals:  Ekaterina Desyatnikova, Iliand Ferro,  Alina Dzhezhora
 Orchestral arrangements by Ivan Kaiser and Denis Geit (also known as Ansia Orchestra).
 
La photo de pochette expose une séduisante directrice musicale, élégamment costumée, chemise à jabot immaculée et veste d'apparat,  noir , maniant la baguette avec grâce et délicatesse.
Le  visage sérieux  révèle qu'elle maîtrise son sujet, on ne lui verra pas faire les grimaces de Louis de Funès dans La Grande Vadrouille, non, elle impose le respect et l'admiration.
 
Entrée en matière majestueuse avec le grandiose 'Inner War', toute la scénographie symphonique est présente: une force orchestrale puissante, faite de vagues, que les surfeurs de Biarritz vont envier, un  violon voltigeur multiplie les acrobaties,   les choeurs russes, vibrants s'échappent des enceintes, poussés par   une enfilade de riffs magiques eux-mêmes coulés une rythmique à l'efficacité à toute épreuve et pour parfaire le tout, la voix d'ange de la sirène  qii sublime la plage.
Il y a du Nightwish dans cette composition aux arrangements musicaux d'une richesse  à couper le souffle. 
Pas encore ranimés après ce tourbillon impétueux, ElisaDay embraye sur 'Fire or Ice' à l'ambiance Game of Thrones.
Après une amorce martiale, tu lèves les yeux pour admirer là-haut, à 15 mètres, sur un fil ténu, la chanteuse évoluant avec audace, tu clos les paupières, si elle glisse, c'est l'hôpital ou la morgue, elle travaille sans filet. 
Le violon  dirige la manoeuvre, les troupes avancent en rangs serrés  sur l'étang gelé, le manteau de  glace risque de se briser, cela n'effraye guère les centaines de cosaques qui, sabre brandi, se dirigent vers l'armée ennemie pour la refouler vers une retraite peu glorieuse.
La Bérézina...
'Poison Ring', au venin oriental,  virevolte tel un serpentin perfide, si tu ne succombes pas, après avoir baisé l'anneau enchanté, tu risques bien d'être paralysé en contemplant les arabesques suggestives de la danseuse voilée. 
Nikolaï Rimski-Korsakov, qui passait dans le coin, s'est dit impressionné,  il  a déclaré:  vous m'en remettrez une rasade!
Richard Wagner, jaloux,  lui souffle, vous n'avez  pas écouté les choeurs, très cher!
Et les coups sur les cymbales avant le galop final, les avez-vous perçus, Messieurs, ajoute  Carl Orff,  fort touché par le mouvement choral digne des Choeurs de l'Armée Rouge.
Bref, ' Poison Ring' doit satisfaire  tous les amateurs de classicisme épique.
Le groupe a tenu le gros morceau, 'Hear Me', près de dix minutes, pour la fin, histoire de parachever le travail en forme d'apothéose!
Intro voix hantée au fond des bois, plaquée sur une orchestration film d'épouvante, le violon surgit, les fantômes aussi, le ton monte, les guitares et quelques cloches au loin invitent Lyubov à placer son lament, le Monteverdi Choir entre en action, des frissons parcourent ton échine.
Tu te sers un remontant, t'as à peine touché à ton alcool qu'une nouvelle surprise t'attend,  de virils growls s'ajoutent aux voix célestes, la panique te gagne!
Heureusement, la nymphe des océans refait surface, Poséidon dirige les Néréides et le choeur des Cyclopes, les flots s'apaisent, brièvement, avant un nouveau maelstrom.
Dernier élément dans cette  fresque mythique, une voix mâle, puissante et claire, entame un dialogue avec la belle pour mener cette impressionnante symphonie baroque à son  terme .
T'as applaudi, ton épouse en pleine lecture d'un roman d'amour à l'eau d'églantine, sursaute et interroge: Anderlecht a marqué un but?
T'as pas réagi, mais  ton esprit, altéré, a soudain imaginé entendre le regretté Freddie Mercury donner la réplique à Montserrat Caballé.
 
Tu t'es resservi un cordial, bien tassé, puis tu as  appuyé sur la touche "replay" en prenant soin de fermer la porte du bureau pour ne plus déranger madame et Barbara Cartland.
 
ElisaDay made my day!
 
 
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30 octobre 2021 6 30 /10 /octobre /2021 07:18
Album - Smooth Motion- Boogie Inside

 Album - Smooth Motion- Boogie Inside

 pour commander l'album: HelloAsso

NoPo

 

 

 
SMOOTH MOTION Boogie inside 2021

Ils nous en avaient donné un avant goût  à Langueux le 30 janvier 2020, voici le retour du boogie selon Saint SM.

On trouve un certain nombre de chansons comportant 'boogie' dans leur intitulé :
atomic boogie (pas celui inside), pas de boogie woogie, bad boy boogie, boogie with stu, boogie wonderland...
(ceux qui trouvent les auteurs de ces 5 références gagnent un tour de piste, boogie veut dire guincher)

Les Smooth (Paimpol, Côtes d'Armor, Bretagne, France) font fort : dans 'Boogie inside', y'en a!!
Même très fort, 5 titres comportent le mot 'boogie' conjugué à la sauce woogie.
1-Boogie duck
2-Atomic boogie
3-Won't you boogie with me
4-Love you for a night
5-Nobody's boogie (but my slide)
6-Tired and unwilling
7-Hemp street boogie
8-We don't know nothing (but Rock 'n roll) 
Il y a l'atomic (pas celui du quizz et rien à voir avec Blondie).
Il y a celui de personne (pas Paul). Il y a la danse du canard (celui des WC sans doute) et tu peux boogie avec les musicos!
Sont-ils tombés dedans quand ils étaient petits?

Depuis 11 ans, ils ont déjà publié 4 EP auto-produits réjouissants. Le nouveau CD fait très pro (moins auto) au niveau du son et de la pochette inspiration 70's (signée Colin Coelaen et Guillaume Noble).
Sur un recto au fond blanc cassé couleur passé, le nom du groupe s'accroche comme des notes dégoulinantes sur une portée (mon test de Rorschach à moi).
Juste dessous, dans un double-cercle, une photo sépia des 4 rockers en action. Sur la droite, un faux sticker marron mentionne 'BOOGIE INSIDE Handle with CARE' (plus dangereux que 'parental advisory'!).
La couverture s'ouvre pour laisser place à une autre photo des 4, nettement moins en action, quoique... les instruments sont remplacés par des bouteilles de bière. Les crédits créditent...
Le verso reprend la charte graphique du recto avec une 3è photo du groupe, posé et la liste des 8 titres couchés.

Les boogies dans le titre :

1-Un riff vintage, sur le cordage, réveille un clavier aussitôt chaud bouillant. La voix de François patine avec le temps, vertigineuse, elle escalade sans déraper. La batterie roulante et parfois endiablée ne faiblit jamais, la basse ronde rythme tout autant.
La gratte couche un solo fuzzy, en canard, sur l'orgue effervescent qui prend, provisoirement, l'ascendant mais laisse courtoisement le final à la guitare.

2-L'atomic blouse d'abord au bout des cordes sous les claquettes de la charley puis les cris du chanteur. Soudain, l'orgue Hammond, furieusement 70's, prend feu. Le solo de guitare repart sans changer son fuzzy d'épaule et crache sa cartouche nasillarde. Terminus en roulé-boulé!

3-Dr Mad n'en peut plus de se retenir, il démarre avant le starter. L'orgue volcanique arrose tout, tournoie, érupte. La cadence répétitive et vive pousse le 'Beardy ass' au cul puis dans un enchaînement à 4 postures 'Highway star'. Derrière un flamboiement psyché, les choeurs se lancent dans des 'Goodbye by by bye' délicieusement délirants achevés a capella (par un 'Have some fun').

5-Les cordes de guitare semblent être détendues autant que les musiciens. Pourtant, François trouve que personne ne lui convient, les choeurs le consolent comme ils peuvent, parfois cartoonesques, et invitent même le lou(ouhouh)p de Tex Avery(table). La dernière partie part en vrille dans une jam comme jamais. (compo clin d'oeil à Slyde Barnett des Komodor)

7-Un piano boogie guinche avec un tambourin. François et ses choeurs entrent dans la danse, sur un rythme millésimé et riche en percus. La chanson file légère et joyeuse dans une rue aux odeurs de chanvre.

8-Un aveu, ils ne savent faire que ça. Les mots du titre roulent avec 'It's only R&R and I like it'!. Le refrain, imparable, sonne en vrai hymne à hurler ensemble 'We don't know nothing but Rock 'n Roll'. Une partie centrale libère les instincts percussifs de Colin et ses congénères réagissent, tout aussi percutants, dans un final débridé époustouflant.

Les intrus (y'a plus boogie?) :

4-Blues en démarrage feutré avec une guitare bercée aux maracas. Le rythme, plus retenu, installe une ambiance contenue et flânante. La basse prend ses responsabilités, seule, elle annonce une fin plus bouillonnante d'abord dans un écho orgue/voix criée puis avec une guitare planante.

6-Le morceau commence au milieu des percussions et voix tribales. On revient bien vite à une ambiance fin sixties qui me fait penser progressivement à 'Chasing Shadows' (DP) avec ses éclairs d'orgue et de guitare wha wha. Gratte, clavier et voix jouent parfois la même partition. Les fondations rythmiques swinguent en entraînant les autres instruments.

Même si l'on retrouve une influence Deep Purple qu'on situera à Mark I (68/69) grâce, notamment, à cet Hammond venu du Seigneur (Lord), la personnalité des artistes et leur complicité rayonnent et la démonstration, tu peux faire une croix dessus!
Leur alchimie technique dégage un sentiment de facilité qui leur permet de faire passer une sensation joyeuse, tendance potache.
Les Smooth Motion possèdent cette ondulation élégante pour le feeling groovy. Il faut les voir sur scène se renvoyer la balle comme des enfants de choeurs euphoriques.
Leur énergie et leur plaisir de jouer entraînent son monde, je les verrais bien, comme des blues brothers foudroyés par le ciel, dans une église avec une troupe de nonnes délurées à la Sister Act.


Les boogie men :
François 'Screaming pussy' Martin, au chant et à la guitare,
Louis 'Beardy ass' Keromest à la basse et aux choeurs,
Camille 'Organ fury' Goellaen à l'orgue, piano et aux choeurs,
Colin 'Dr mad drums' Goellaen à la batterie, percussions, gong et aux choeurs.

Enregistré studio 96 à Rennes et à la cave à Paimpol
Mixage au Grenier par Samuel Collet
Mastering Sébastien Lorho



 
 
 
   
 
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28 octobre 2021 4 28 /10 /octobre /2021 14:59
Album - Elysiane - Time to Hope

Album - Elysiane - Time to Hope

 

Moonzoo Music 

(michel) 

L'entreprise ELYSIANE a été radiée le 19 février 2015, donc tu oublies les sushi!

On n'est pas venus pour des sushi,  maki ou  sashimi, c'est d'un groupe de rock qu'il s'agit.

Oui, nous sommes d'accord, Elysiane avec le e final, c'est bizarre, mais fallait pas confondre avec les brillants Elysian Fields ou le melodeath combo from Melbourne, Elysian!

Arnaud Devillers, un gars de Chaumont-Gistoux te souffle-t-on, est à l'origine du projet, encore gamin, il évoluait au sein de Black Spleen, à l'époque Germain Piraux tenait la basse, il fera partie de la dernière mouture d'Elysiane..

Le groupe produit une démo et tourne à droite et à gauche dans le Brabant wallon.

Black Spleen  s'évapore, Arnaud, qui compose à la pelle, monte Elysiane, un premier EP, prometteur,  voit le jour en 2018 , Classic 21 le soutient.

Le line-up de l'époque: Loïc Archambeau à la guitare, Arnaud Taymans à la basse, Carlos Delamazure à la batterie, Corentin Lecoq, guitare et Arnaud Devilliers au chant.

Ils sont signés chez Moonzoo, le label dont un des directeurs artistiques n'est autre que Roland De Greef ( Machiavel), il faut attendre fin octobre 2021 pour la sortie d'un premier full album  ( le bien nommé Time to Hope) qui a vu le jour grâce à une opération de crowdfunding. 

La pochette ne répertorie pas les musiciens, on suppose qu'il doit s'agir de Cyril Destombes ( piano électrique) , Florian Maes ( guitare) , Arnaud Devillers, Germain Piraux ( un revenant)  et  Carlos Delemazure.

Un artwork au design sobre, police d'écriture ondulée pour le  nom du groupe , le titre de l'album en caractères simples, un fond désertique dans les tons ocres et un homme minuscule contemplant un astre coupé en deux!

tracks-

This way to progress - Lost in time- Hope - Cease of the day - Lobsters - Pulling the lever - Inner peace - Dance Divine - Is it too late now? - Capsizing the sea - Minimalism. 

Marche à suivre, ' This way to progress'.

Que dois-je faire?

Tu appuies sur play et tu auras droit à une introduction cinématographique, 2001 A space Odyssey,   voix off en prime, le rondo final, piano et bruitages,  très ELO, se fond dans 'Lost in Time', un prog rock  épique, fleurant bon Muse.

 Riffs de guitare métal hurlant, jeu de batterie lourd, voix aiguisée et, en contrepoint, un orgue pointilleux, tout ça, nous renvoie vers le métal symphonique, flamboyant  et  effronté, très tendance il y a une quinzaine d'années.

Entrée en matière intense!

'Hope' qui succède à la suite inaugurale est sorti en single il y a quelques jours.

C'est marrant de constater que l'objet que tu as glissé dans le lecteur a été arrangé et mixé par Roland De Greef, car ce 'Hope' offre de forts relents Machiavel et pourrait cartonner sur Classic 21.

Après l'intro mélodieuse à la guitare, Arnaud place un chant déterminé, batterie, basse l'enrobent délicatement, le morceau a trouvé son rythme de croisière, avec flux et reflux, le piano s'invite à la fête, du coup, l'équipe se fend d'un choeur harmonieux, la guitare réapparaît, incisive, pour ensuite se noyer dans le roulis.

L'embarcation tient le cap et nous conduit à bon port!

C'est une acoustique qui amorce 'Cease of the Day' ( qui peut nous indiquer le sens de ce libellé...)  , un pop track superbement ficelé,  pas tellement éloigné  de ce qu'usinaient, dans les eighties,  des groupes catalogués Belgenpop , notamment The Bet, The Machines ou Scooter. 

Les battements de mains contribuent à forger une dégaine catchy à cette plage pétillante.

Tu connais la réaction du homard quand tu le glisses vivant dans un bouillon fumant, s'il le pouvait il pousserait des hurlements en criant au sadisme, avec  ' Lobsters'  , Elysiane revient au rock qui bouscule, mais comme le groupe aime les contrastes, il insère des phases paisibles dans son plaidoyer, ce qui permet à la fois de digérer la pilule et à Cyril d' habiller le titre de flots de piano qui auraient beaucoup plu à Steve Walsh, ex-Kansas!

Faut varier les plaisirs, et si on leur proposait une ballade?

OK!

 Si  ' Pulling the lever'  démarre comme une soyeuse piano romance, à la Bruce Hornsby, au texte pas des plus optimistes...I don't fit in here... , au bout de 90 secondes les affaires  s'affolent. 

Guitare, basse, batterie mais aussi le piano se démènent, Arnaud crie son impuissance, ensuite tout semble se calmer,   Arnaud n'a toujours pas réussi à s'adapter et répète ...I don't fit in here..., encore un marginal, soulève un bien-pensant!

 Le morceau en forme de rollercoaster remonte en puissance, retombe, repart et ce pendant près de six minutes.

Les choses s'arrangent, grâce à la méditation, il a trouvé la paix intérieure, 'Inner peace', comme pour tout exercice d'introspection, il faut un fond sonore zen pour cultiver l'harmonie et l'estime de soi.

La position du lotus t'a refilé des courbatures, tu dois bouger, heureusement, ils ont la bonne idée d'embrayer sur un truc remuant, ' Dance Divine'.

Au fond, le rock il n'y a que ça de vrai!

Il se pose beaucoup de question, ce garçon, avec 'Is it too late now?', lui et ses copains rejouent la carte progrock tendance folk, un genre dans lequel Barclay James Harvest était passé maître.

Du soft pop,  proche du concerto pour piano, guitare, voix, backings et orchestre miniature, c'est propre, bien foutu et doux aux oreilles.

"Capsizing the sea "va faire chavirer ton coeur à la manière de Keith Emerson lorsqu'il sample Bach pour son fameux "Rondo", une des pièces maîtresse de The Nice.

Ce serait une erreur de vouloir coller  une étiquette trop étriquée sur  le  rock panaché  des jeunes  Wallons, le cocktail proposé dégage des saveurs multiples, même si Muse paraît une influence majeure.

Leur premier album prend fin avec ' Minimalism', un rock chauffé à blanc.

Ne te laisse pas embobiner par le nom donné à cette dernière salve, la compo ne présente aucun lien avec  les oeuvres cérébrales de   Philip Glass ou La Monte Young.

 

Les  onze compositions originales soumises par Elysiane  justifient l'achat de ce premier full album qui sera disponible dès  demain!

 

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27 octobre 2021 3 27 /10 /octobre /2021 15:22
Album - Hearts & Hand Grenades - Between the Lines

Album - Hearts & Hand GrenadesBetween the Lines

 Eclipse Records

 

( NoPo)  

Hearts & Hand Grenades -  Between the lines Novembre 2021

J'ai dégoupillé la grenade en début d'année et elle m'a explosé à la figure, elle s'appelait 'Turning to ashes', heureusement, ce ne sont pas mes cendres!
Ni celles des musiciens ... Même pas fatigués, ils dégoupillent une 2è fois en une année, on se croirait dans les 60's/70's sauf que les double albums ne sont plus d'actualité.
Leur label s'appelle Eclipse Records, ceci doit expliquer leur absence si courte.
Dois-je reprendre ma chronique de l'époque ( http://www.concertmonkey.be/albumreviews/album-hearts-and-hand-grenades-turning-ashes )? Oui, pour le positif!
On ne change pas une équipe qui gagne :
Stephanie Wlosinski chant, basse
Kenny Blesy Guitare
Mike Bress Guitare
Tom Lafferty Batterie

Ils viennent toujours de Buffalo et Justin Rose aime produire leur rock nerveux.
La harpie de Jeff Balance figure encore sur la pochette, un genou à terre, dans la neige.
Elle n'a pas changé de coiffeur ni de couturier et habite toujours une ville froide et inhospitalière.
Elle devrait être gelée au milieu des buildings à moins qu'elle ne se soit un humanoïde échappé de 'Blade Runner'.
La musique dégage l'inverse, une bouffée de chaleur!
Leur classification New Wave of Classic Rock (NWOCR dans la lignée de NWOBHM) ne signifie pas grand chose, difficile de comparer leur musique à celle d'autres groupes.
Sans rien inventer, le combo possède une personnalité affirmée non dénuée de charme. Stephanie en jette autant que Joan!

Le filet de grenades :
1. Scream It Out (4:07)         
2. Black Sunset (4:19) 
3. Between The Lines (4:10)     
4. Secret (2:41)       
5.Tragedy (3:47)       
6. Beautiful Pain (4:23)       
7. Bad Medicine (3:39) 
8. Illogical (3:34)     
9. Wait (5:08) 
10. Moonlight (4:58)


L'album commence sous les coups de boutoir de la batterie. Une guitare économe gratte mais laisse plus de place à la basse bagarreuse.
La voix scande avant d'appliquer carrément le titre 'Scream it out'. A partir de la moitié du morceau, la guitare se montre volubile et plutôt énergique pour finir.

Plus surprenant, 'Black sunset' libère d'abord un riff tranchant.
A l'approche du refrain, la mélodie séduit, les paroles, soulignées par des choeurs tendres, donnent de l'intensité.

Le morceau titre donne l'impression d'entamer un long voyage en l'occurrence la découverte d'un mensonge.
Le rythme est heurté. Sur le refrain annoncé par la batterie, à nouveau, on se laisse entraîner par une mélodie splendide.
La chanteuse utilise une voix plus haute et charmeuse. Dans le clip, elle prend aussi de la hauteur, mais avec un hic, au pied du mur, en haut de l'escalier, elle a le vertige!

Faut-il garder 'Secrets"? Non, il faut le dévoiler ce morceau aussi court que direct y compris son solo, fluide.
Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple?
Derrière un riff griffé à 2 guitares qui se répondent, la basse amortit les coups et Stephanie joue la féline.

'Tragedy' combine toujours aussi délicieusement les guitares sur un rythme quasi mid-tempo.
Le refrain, aux voix multipliées, apporte les endorphines. Le solo de guitare caresse le tympan puis dégoupille un enchaînement plus hargneux.

'Beautiful pain' fait dans le lourd. Après un arpège doux et enveloppant à la guitare et un chant plus plaintif qu'à l'habitude, le refrain enfonce la douleur profondément.
Stephanie pousse son joli grain de voix sans dérapage. Les textes parlent d'assumer ses actes.
Certains disent "Si ça fait du mal, c'est que ça fait du bien!". A méditer!

Le texte parle d'une pilule difficile à avaler, la déception.
'Bad medicine', le premier single, possède une énergie communicative voire contagieuse.
Le titre glisse et file entre les doigts sur les cordes de guitare. Le riff limpide lance une chevauchée fantastique aux solos débridés.

'Illogical' déroule logiquement dans un pur style H&HG. La guitare dessine un riff rectiligne que l'équipe basse/batterie suit sans rechigner.
Au moment du refrain, ça s'énerve plus nettement. Les harangues font décoller les guitares saturées.
Quant au pont (ou le tunnel) après 2 minutes, il creuse un sillon légèrement psyché d'un bel effet.

'Wait' démarre dans l'urgence d'un rythme élevé et rebondi.
Tout l'inverse du refrain qui présente une rengaine aguichante, j'entends bien un peu de synthé? Les guitares, à l'arrière, donnent magnifiquement.
Le solo de gratte donne envie de se tordre, grimaçant, en bon air guitar. Et la voix... on veut juste la suivre!

Surprise! Moonlight s'inspire de la sonate de Beethoven aux accords mineurs bouleversants.
Le groupe se l'approprie avec une guitare sombre et une batterie sonnante pareille à une cloche d'église.
Le ton monte crescendo avec une gratte aérienne et une voix de tête dédoublée.
Le break déroute un peu mais le morceau reprend son souffle par une envolée lyrique. Cette version va comme un gant de velours à H&HG.


'Between the lines" incite à lire entre les lignes pour découvrir les mensonges des médias avec amertume plus que haine. Ambiance 'Heart' donc (peut-être un peu déchiré) plus que 'Hand Grenade', en somme.
Chez eux, les cachoteries, ça n'existe pas; leur musique dit tout, franche du collier (qu'ils arrachent pour leur liberté) et sans esbroufe. L'unité des musiciens leur donne une force naturelle.
La voix reste un régal pour qui sait l'apprécier, légèrement rauque et en même temps féminine, elle fait passer un sentiment sauvage de volonté farouche.
Stephanie ne s'inscrit pas sur la liste des 'American idiot', elle défend son art avec la force d'une rebelle. L'ensemble reste suffisamment enivrant pour y revenir plusieurs fois sans être saoulé.

 

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27 octobre 2021 3 27 /10 /octobre /2021 07:28
Album - DND - Dreams Never Die.

 Album - DND - Dreams Never Die.

 

 Yeah Baby! Productions 

( michel) 

Dreams Never Die is the fourth studio album by Tiffany, released in  1993.

Tu rêves ou  quoi, Dreams Never Die est né dans le cerveau de Félix et Rocky, qui ne sont ni chat, ni chien, ni renard, ni boxeur.

Le net signale ceci: Rocky Szostak -  métier :  graphiste multimédia, spécialiste de l'image sous toutes ses formes,  quant à  Félix Nico, on le présente comme  ingénieur du son, créateur de son et musicien.

Les deux initiateurs du projet collaborent déjà au sein du groupe Six Tease & the Rockets qui revisite le rock, le rhythm 'n' blues ou la soul des sixties, spécialité Motown.

Chez Six Tease, Rocky, plus Spartacus que Balboa ( il a un surnom, Crazy Legs) chante et  Félix,  alias Féfé l'Animal, joue des baguettes et balais, un pied sur la pédale de la grosse caisse pour faire  boum, boum  boum.

Début 2021, le duo se lance dans une campagne de crowdfunding pour financer la réalisation d'un album qu'il appelleront DND.

Félix se charge des instruments (  batterie, guitare,  basse, piano), Rocky chante, les deux enfants se chargent des choeurs.

On ajoute que pour jouer sur scène, ils font appel à David Martel, un copain d' Abd al-Rahmân, à Loïs Bouma et à Léopold Pélagie.

Septembre 2021, la plaque est disponible.

Pochette stylée: un cadre brun, un fond beige, tu ne peux pas passer à côté   du nom du groupe, il occupe une place  prééminente au centre du tableau, les caractères frappent les esprits et tout au milieu le V de neVer est entouré d'un coeur stylisé, deux crânes d'Homo Sapiens primitifs s'exhibent en background, un autre organe, indéfini, pointe sur le dessus, juste sous une flèche indiquant la direction à suivre, une autre flèche montre la sortie, mais au lieu du traditionnel EXIT, tu lis DND.

tracks-

1 Won't share my shoes

2 Alone

 3 Mr. Black & White

4 Colors
 
5 Unbreakable
 
6 Tell Her
 
7 Lose Lost Lost
 
8 Rise
 
9 Pussy & Me
 
10 Somedays
 
11 Happiness
 
12 Pretty Girl
 
13 Goodbye Old Dame
 
Tu imagines prêter tes Oxford brunes achetées chez Finsbury, toi?
No, I ' Won't share my shoes', tu prêterais ta femme, toi?
Là n'est pas le propos, le duo nous propose un soul track aussi gluant que le 'Soulman' de Ben Tonton Soul. 
Une guitare rappelant le grand Steve Cropper, une voix légèrement floue et des choeurs bien putes, l'entrée en matière séduit.
 D'ailleurs, Charlie Winston, un connaisseur, qui passait dans le coin, te souffle, that sounds good, c'est qui?
Des Frenchies, mec, Félix et Rocky, by the way, tu le vends combien ton galurin?
 Toujours en mode r'n'b vintage, tu oublies Usher, R Kelly et autres pâles faiseurs de fake soul, DND nous propose ' Alone',  une plage; une nouvelle fois portée  par des riffs de guitare bien funky, tandis que Rocky nous la joue crooner en miaulant son texte.
Pour nos amis belges, 'Mister Black & White' nous rappelle la grande époque de Jess & James, on était en 1966/1967 et on dansait comme des bêtes sur les titres poisseux des frères Lameirinhas, admirablement soutenus par l'extraordinaire  J J Band.
Tu dis, Nino?
Je veux être noir!
On est tous noirs, Nino!
  Une question nous turlupine, Rox et Rouky, qui sont les nanas assurant les backings sur cette plage salement remuante?
'Colors' et son rythme syncopé sent bon le hip hop à la sauce Public Enemy, les New-Yorkais dont le mot d'ordre sonnait "Make love, fuck war"!
Comment ont-ils fait pour convaincre Fred Wesley  à  agrémenter le titre de son funky  trombone?
I'm ' Unbreakable', dreams never die,  affirme Rocky. Derrière lui c'est de la lave en fusion qui coule à grands flots,  l'activité volcanique du   Cumbre Vieja se ressent jusqu'en France, bordel! 
Al Green, tu connais, pour décrire son timbre un mec a écrit  "Joyful, sexual, vulnerable, pristine and soulful as soulful can be", sa spécialité: des romances à faire pleurer la brute la plus épaisse ou à rendre doux comme un agneau le plus féroce  rottweiler, ben, le downtempo ' Tell her' est de cette veine.
On réitère la question, qui sont les nanas, les Ikettes?
Fini le rhythm'n' blues avec' Lose Lost Lost ' , porté par une aimable guitare acoustique, bonjour l'americana aux saveurs folky.
Et puis il faut se relever car le soleil, déjà, pointe à l'horizon, 'Rise', bizarrement, nous offre un background reggae, mais pas Jamaïcain, les saveurs sont à chercher du côté de Ben Harper.
Même bouquet   reggae blanc pour la suivante, le juteux  'Pussy & Me', aux connotations sexuelles non cachées.
Nous on aime bien la nana qui aboie sur 'Somedays', un acid jazz qui groove vicieusement, le titre  est  suivi par 'Happiness' , une plage destinée à te rendre le sourire, si tu suis les conseils de Bobby Mc Ferrin ' Don't worry, be happy' , tu peux siffler, ça aide!
Tu veux une trempette de jazz hop, fort bien, on te sert 'Pretty Girl'  ( I hope you don't mind some French lyrics) et si tu y perçois des relents Digable Planets ou The Roots, ne viens pas te plaindre, man!
Numéro treize, oui ça la fout mal , sauf si tu passes à table avec Jésus-Christ, ' Goodbye Old Dame'  met fin à cet album aimable et honnête sur une note acoustique,  apaisée et  douceâtre, même si le message est moins serein que l'accompagnement sonore.
 
It's time to say goodbye to this old world, the end is coming, j'en ai marre de lutter, bye, bye, everybody! 
 
Les petits gars, faut penser à défendre tout ça sur scène!
 
 
 
 
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25 octobre 2021 1 25 /10 /octobre /2021 15:19
Fingers and Cream - EP - Healing Waters.

Fingers and Cream - EP - Healing Waters.

 La Ruche Le Label

( NoPo)  

 

FINGERS & CREAM Healing Waters

IOLO 'Sillybird' Gurrey, toujours accompagné de sa guitare et ses doigts (combien?), voyage en solitaire à présent (quand il s'ennuie il va faire un tour du côté de chez Swann, un chapa).
Voici son 4ème EP, toujours dans l'eau, en cure, cette fois (pour l'histoire http://www.concertmonkey.be/albumreviews/fingers-and-cream-eps-out-blue-sky-2013-forsaken-dream-2015-et-john-lingers-2017)
On peut y sentir des bribes d'Elliott Smith, de Buckley père et fils, et du Saint-Esprit Neil, le loner, de fines ramures où se pose Iolo, l'oiseau innocent.
Ici dépouillé, il ouvre son coeur pour qu'on puisse distinguer ses sentiments.
La couverture de l'objet, toute aussi sobre, montre un dessin allégorique où le bleu nuit domine dans le ciel et sur l'eau.
L'effet miroir surprend, la route, plutôt qu'une rivière, décrivant un méandre bitumé.
Un arbre blanc, sans feuille, se dédouble (c'est du bouleau), chacune des 2 images se reflétant dans l'eau (4x4 interdit dans ce paysage pur, le 2x2 aéré prévaut).
Un personnage (reflet compris aussi) suit tranquillement cette route en détour.
A quoi pensait Perrine (la dessinatrice)? La magie de la nature, le voyage initiatique, le retour aux sources?
Iolo parcourt probablement ce trajet à distance du rectiligne et ça semble lui correspondre...

De la pluie bleue comme ça, on en veut bien tous les jours. Même loin de Lourdes, l'eau guérit des maux et les mots de Iolo rident l'eau.
Il y a aussi de la brume mêlée à ce rideau bleu, on la perçoit dans la voix du trégorois, surmultipliée sur le refrain.
Une suite de notes, sur les fibres, nous plongent dans une ambiance bucolique saisissante à la 'Into the wild'.
On pourrait presque y entendre la rusticité de 'Blackbird singing in the dead of night' si ce n'est que l'harmonica rend la compo plus dylanienne.
Le souffle de Iolo dans l'instrument sort plus assuré que sa voix si fragile.

Iolo, t sûr du bleu de la pluie si t daltonien?
On s'en fout! 'Colorblind' découvre son arc en ciel éblouissant d'harmonies.
Les voix multipliées trottent au rythme des cordes et tambourin dans un écrin naturel.
La terre est tellement belle, célébrée par des sentiments aux couleurs variées, retranscrits dans cette musique vivace.
Ce single fait son apparition dans la série Mytho (si, si c vrai!) (saison 2 épisode 3) disponible sur ARTE et dès le 19/11 sur Netflix!

Une mélancolie à chair de poule remplit nos 'Empty thoughts'. Une couche de basse synthétique amortit la guitare, sèche, aux 2 notes répétées, piquée par les alternants tambourins et tonnant.
Le rythme, tel un ruisseau sautillant, rend la mélodie plus sereine d'autant que le refrain coule en mélopée paradisiaque.
Les voix aériennes, poussées par un clavier mystique, montent au ciel dans un effort ponctué par un souffle. Au final, la musique s'évanouit dans un écho logique.

On peut presque sentir ses doigts, comme si c'était les nôtres, filer sur les frettes. Les fils tendus crissent à fleur de peau.
Le chant de Iolo bouleverse, parfois dans un hoquet à la limite de la rupture. Des anges essaient de le soutenir mais lui n'en veut pas... 'I try not'.
Une ligne sombre, avec fond de clavier, guide le cours de cette chanson simplement éclairée par la guitare en équilibre.
Le dernier arpège, profond, nous achève par une larme à l'âme. 

Le picking subtil et frugal de 'You are my pain' rappelle quelques anciens titres comme 'Dawn's parade' ou 'Misty moon'.
Les doigts se promènent agilement sur les cordes sensibles autant que la voix se déversant en crème sur la mélodie. Le babil du Sillybird...

Le phrasé de Iolo m'interpelle souvent avec des 'H' soufflés (surtout pas aspirés), des consonnes en ruptures, des tons contrastés, des diphtongues qui enrichissent ses vocaux et les rendent tellement poétiques.
'Stand up in Ohio' se remplit de ses éléments. La guitare principale trace un sillon mélancolique, strié par un arpège plus lointain.
L'orchestration s'enrichit ensuite d'un son de basse et de choeurs plaintifs, puis une autre guitare tricote en dentelles,  quasi steel, un instant suspendu.

Cordes grattées et plaquées se promènent près de 'The River You Crossed Last Night'. Au début du disque, il y avait l'eau, à la fin, il y a l'eau... et la voix de Iolo répond...
Le tambourin s'inscrit à la ballade. Un son aigu de guitare trottine, guilleret, pour conclure tout en légèreté.


On dit que la qualité d'une compo se juge en acoustique, Iolo passe la barre, fingers in the nose.
Raffinées, ses compositions s'expriment raccords avec l'honnêteté de ses sentiments.
Une heureuse réussite, une crème, qu'il pourra partager avec son public, je l'espère.




Tracklist :

1 Blue Rain
2 Colorblind
3 Empty Thoughts
4 I Try Not
5 You Are My Pain
6 Stand Up In Ohio
7 The River You Crossed Last Night

crédits
All tracks written and performed by iolo Gurrey
Recorded by Jean-Luc Le Meur
Mixed and mastered by Julien Espinoza at Studio de La Ruche
La Ruche Le Label / iolo Gurrey
Artwork réalisé par Perrine Giudicelli Prieur et mise en pochette par Kévin Navizet

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22 octobre 2021 5 22 /10 /octobre /2021 07:33
K@ & The Sexy MF's - "Proud Of You" EP

 K@ & The Sexy MF's - "Proud Of You" EP 

 

Wagonmaniac 

( michel) 

 

C'est qui K@?

Kafka?  Nikita Sergueïevitch Khrouchtchev? Josef? une vitamine?

On va pas te faire un procès mais tu débloques grave, tu sais pertinemment que K c'est Katrien Van Tichelen, une intime de Luc Waegeman, figure mythique de la scène rock flamande (les groupes: Needle and The Pain Reaction, Lee and the Lovedaddies, Starfighter, Sexmachines, The Mansons, etc... le label: Wagonmaniac, fondateur du Kinky Star à Gand/Gent, il a quitté ses fonctions en 2013, deejay, manager, roadie, concertafficheplakker, disquaire, il a tout fait, sauf groupie, peut-être!).

Kat anime des émissions culturelles sur Radio Centraal ( Antwerpen) ,  en 2017, elle décide d'utiliser sa guitare et de chanter en public, K@ & The Sexy MF's est né, Prince est mort!

Luc, Wagonman, fait partie du gang, un  single paraît sur son label, une reprise de The Jam , ' That's entertainment'.

Puis vient un premier EP,  ‘Sexy Motherfokker’, peu de concerts pour le faire entendre en public ( la pandémie, fieu), en  septembre 2021, un nouvel EP échoit dans les bacs, "Proud of You".

Sept titres, dont Miss K peut-être fière.

Le cliché sur la pochette la montre de profil, face à un micro vintage, une boucle d'oreille plus grande que la pièce de monnaie de 500 francs, frappée pour les 150 ans d'Indépendance de la Belgique, est épinglée à l'oreille gauche,  bien mise en valeur, la chevelure étant plaquée derrière  le lobe.

Un psychologue consulté décrypte, le signe exprime  "je suis toute ouïe, j'attends la suite, impressionnez-moi ".

Tracks:

 

  1. You Know
  2. Hey Man
  3. Peace
  4. Damn Your Eyes
  5. Mayble
  6. Five Years
  7. Proud Of You

 Musicians:-Katrien Van Tichelen: lead vocal, guitar -Geert Vanbever: guitar, Hammond -Kurt De Waele: drums, percussion -Luc Waegeman: bass, backing vc.

 

'You Know', sorti en single, est tout sucre et tout miel, la voix séduit à la manière d'une Linda Perry, l'accompagnement musical balance agréablement, une guitare acoustique délicatement égrenée,  une électrique en rythmique, un jeu de batterie et de basse sobres, tout semble couler de source. Cet indie/folk,  agréable et  délassant, peut être  archivé aux côtés d'artistes tels que The Long Blondes, Warpaint ou Daughter .

Entrée en matière séduisante à laquelle succède un 'Hey Man'  plus rugueux, quelques effets claquants, une voix grave, sensuelle, et une tonalité de guitare idéale pour illustrer un film de Sergio Leone, confèrent un caractère cinématographique piquant ( les cactus) et dramatique  à la composition.

Personne ne peut affirmer que K et ses Motherfokkers manquent d'idées et se complaisent dans un style d'écriture exclusif, avec ' Peace' ils se baladent dans un univers americana/country sentant bon Nikki Lane, Lucinda Williams et consoeurs, toutes portant cowgirl boots , maniant le lasso  et crachant sans pudeur dans le spittoon bucket.

Katrien ne cherche pas le bagarre she just wants to fill the room with peace, ses copains lui préparent un fond sonore jovial avec guitares au galop et orgue aux couleurs Nashville.

Elle est bien cette fille, te souffle le fantôme du  Man in Black.

Pour suivre, Katrien & co nous offrent une reprise pas niaise de ' Damn Your Eyes', un titre que la grande Etta James a gravé sur l'album "Seven Year Itch".

Le rhythm 'n' blues leur va comme un gant , il respire l'authenticité et le vécu, la voix légèrement éraillée de Miss Van Tichelen n'est pas fort éloignée des intonations de Dani Klein, les riffs de guitare viennent vicieusement chatouiller les tripes.

Well done, girl.

Il fallait une ballade, là voilà, 'Mayble' avec l'Hammond  qui colle et la voix qui chuchote  rien que pour toi.

Une nouvelle tranche d'americana sentant plus la San Joaquin River que les berges de l'Escaut.

Paupières closes tu peux la voir dans ce désert,  Mayble se promène, solitaire, l'astre tape fort, il t'éblouit, elle semble rêver.

A qui, à quoi, songe-t-elle?

Au horse with no name,  à Gram Parsons mort d'une overdose après un pèlerinage du côté du Joshua Tree... Mayble, où es-tu?

Que   K@ & The Sexy MF's aient décidé de reprendre 'Five Years' de David Bowie ne te surprend guère.

Les boys aux backings glamour soutiennent le chant embrasé de la dame, qui ne trahit nullement l'aspect dramatique d'un des plus grands morceaux du Thin White Duke  alors en pleine période Ziggy Stardust.

S'ils ne plagient pas les Spiders from Mars (Mick Ronson, Trevor Bolder et  Mick Woodmansey), la bande à K fournit  un travail remarquable, l'intro aux drums de Kurt De Waele donne d'emblée le ton, lorsque après deux accords de guitare, la voix de  Katrien se glisse entre ses coups de baguettes et les riffs précis, tu rajeunis de 50 ans et revois David Bowie sur scène,  ton corps revis des moments intenses, à l'époque pas question d'analyser la musique, si elle te touchait, elle pouvait te transporter dans une autre univers sans débourser des sommes ignobles pour admirer la terre depuis un vaisseau spatial.

Five years déjà que David Robert Jones est parti, laissant un vide sidéral dans la planète rock

La dernière plage, le midtempo  ' Proud of You',  reposant sur un orgue magique, donne son titre à l'extended - play, elle conviendrait admirablement comme bande-son pour un long-métrage de David Lynch.

Démarrage paisible, montée en puissance et crescendo magique, pas besoin de gimmicks ridicules pour produire de la bonne musique, K@ & The Sexy MF's disposent de tous les ingrédients requis, le cocktail qu'ils proposent est des plus contrastés, suffisamment tonique et généreusement relevé.

En singeant Humphrey, tu glisses deux doigts sur le rebord de ton feutre, tu allumes une Marlboro et fais un signe au garçon lui indiquant que tu en reprendras un autre, tu reluques la jeune personne qui vient de glisser une pièce dans le bastringue qui  passe ' Proud of You'  !

 

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20 octobre 2021 3 20 /10 /octobre /2021 08:28
RinRin - Episode 1 EP

 RinRin - Episode 1 EP

 

Riverman Records

 

NoPo

 RINRIN Episode 1 2021


Le surnom de Qarin (Hipe) se réduit à Rin... pseudo déjà pris. Du coup, RinRin en 2 syllabes, c'est mieux, y'en à qu'une... 2... enfin bon, on s'comprend... non?
D'ailleurs, y'en n'a pas qu'une, RinRin existe déjà sous la forme d'un personnage de dessin animé japonais... solide, mais qui fait pas du rock.
On retrouve, néanmoins, cette héroïne (au look manga classique), sur la pochette rougeoyante de Episode 1, sabre à la main, accompagnée d'un chien robot (Ramsey) et surveillée par deux drones arachnoïdes qui semblent dirigés par le côté obscur de la force tout au fond, deux yeux rouges dans une chape noire.
Le logo, en typographie high tech, reprend les 3 lettres identifiant son nom,  partiellement effacées et encadrées par les symboles inférieur et supérieur. Le 'I' s'inverse sur un socle. Le chiffre 2, dans la barre verticale droite du 'N', demande à doubler la syllabe.

Qarin, elle, 20 ans, prématurée musicale, autodidacte, intègre le groupe de reprises de son père à 13 ans et se familiarise notamment avec Paramore!
Par chance, elle n'y court pas, Perth, en Australie, correspond à son terrain de jeu!
Le jeu vidéo Guitar Hero lui fait connaître Avril Lavigne, Taylor Swift, Orianthi, Flyleaf, en laissant des traces.
4 ans plus tard, elle rejoint l'emo-rock 'Love me Natalie' mais l'envie, trop forte, de composer la conduit à sortir son 1er single 'The game', un peu timide, en 2020 puis 'Seek the truth', plus assuré, en début d'année.
Elle cite énormément Bring Me The Horizon, pourtant ses influences viennent plutôt de Flyleaf, Red Hook et Baby Metal, du calcium sucré à forte accoutumance.
Pour ma part, j'ajouterais In This Moment mais sans leur côté trash (et plus aventureux récemment).

Cette fois, 5 titres viennent nous en dire un peu plus :
1-Hellfire
2-Shadows
3-Shadows (acoustic)
4-Blacksheep
5-Kintsugi


'Hellfire' affirme son côté métal par son intro tonitruante, toutes guitares dehors, heurtées par une batterie endiablée.
Mais nul besoin d'aspirine, un riff entraîne la piste vers la voix innocente de Rinrin, opposée à un choeur diabolique crachant 'Hellfire'. Une guitare scie le rythme sur laquelle elle est assise.
A l'arrière, quelques bruits électros (sirène, échos...) s'entrechoquent avec un son criard à la gratte électrique. A mi-temps, des voix parlées s'enchevêtrent et finissent aspirées dans un trou noir.
Droit au but, pas de solo, la musique s'interrompt soudainement. Sur le clip, les personnages de la pochette, en pleine action, animent un combat violent, perdu d'avance contre le méchant.

Ici pas d'enfer juste des ombres! Un riff droit ouvre 'Shadows' sur un tempo énervé (ils ont ingurgité trop de taurine!), en alternance avec des passages plus posés et cadencés abruptement.
L'accélération vers le refrain file supersonique. La mélodie tournoyante capte l'oreille et la tort sans raison.

Vous prendrez bien une goutte de piano? Les ombres prennent la nationalité chinoise sur cette version 'acoustic'.
La voix de Rinrin, un peu chagrine, glisse dans la feutrine. Elle paraît encore plus jeune et, en même temps, l'émotion transpire plus franchement.
Même lorsque l'orchestration laisse tomber le côté acoustique en fin de chanson, on a du mal à s'apercevoir qu'il s'agit du même morceau que le précédent.

'Blacksheep', commence par une ambiance orientale s'estompant petit à petit sous les coups de la double pédale et les guitares montées en murs.
On pourrait même s'attendre à une voix growlée; a contrario, la douce voix de Rinrin, souvent doublée, s'y oppose.
La vidéo affiche le visage de Rinrin en speakerine, sur un écran télé, planté dans des décombres apocalyptiques, et alignant des paroles déprimantes. Un chat noir plutôt qu'un mouton?
A mi-morceau, les échanges, d'abord réverbérants, entre synthés, choeurs, guitares et batterie, développent ensuite une ligne plus sombre et véhémente, suivie d'un bombardement à la nitroglycérine, répandue par un synthé-laser.

La musique démarre progressivement tel un train à vapeur.
'Kintsugi' (résilience en japonais) monte d'un ton, par moments, rapide et très technique. C'est ici qu'on perçoit le potentiel pour l'avenir, un metal-prog ambitieux.
Tout en restant accessible, l'instrumentation va chercher quelques subtilités, notes dissonantes, variations presque jazzy. Cependant, la chevauchée s'approche plus d'une cavalcade effrénée.
Après certaines accélérations qui plaquent au fond du siège, quelques passages permettent de souffler mais c'est toujours le chaud.
Cette conclusion nous laisse sur une superbe impression.

La recette, saupoudrée de saccharine (à goût métallique dixit wikipedia!), grimpe rapidement au cerveau qui en redemande.
Il faut reconnaître qu'elle sait y faire la Rinrin. La demoiselle maîtrise sa guitare et chante juste et bien.
Quant aux compositions, directes, futuristes, dynamiques, juvéniles et poppy metalcore, elles sont vraiment bien foutues et accrochent facilement!
J'adhère... you Qarin my be(èeè)ll, ring my bell!


PS : Sur scène, Qarin est appuyée par les Super Kuya's : KR Arguelles, Lawrence Losada, James Judges.

we read this, too... RinRin now works with a band but does all of the writing on her own. The band features Chris on the drums, Lawrence on the bass, and guitarists Jimmy and K.R. 

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16 octobre 2021 6 16 /10 /octobre /2021 13:24
Album- The Artisanals – Zia

 Album- The Artisanals Zia

 

NoPo

 

 THE ARTISANALS Zia 2021

 

Rocksnob label


Charleston, origine de la danse américaine noire du même nom, aime aussi le rock.
Après un album solo en 2012 et son départ du folkband Susto en 2016, Johnny Delaware (qui ne vient pas de l'Etat du même nom mais du Dakota du Sud) y monte sa petite entreprise artisanale avec Clay Houle.
Une fois présenté 'The Artisanals' en 2018 (dont la pochette rappelle 'LA woman' des Doors), voici 'Zia', la lumière (en arabe) au bout du tunnel pandémique?

Les acteurs
Johnny Delaware chant, guitare
Clay Houle guitare
Eric Mixon basse
Ian Klin claviers
Nick Recio batterie

Sur le recto de la couverture, on découvre une photo du désert, probablement dans la région d'Albuquerque que le leader a parcourue tombant amoureux de l'endroit : "Le désert, les paysages ouverts changent la façon dont vous écrivez".
Americana correspond parfaitement au style déployé sur ce disque couvrant folk, rock et country avec l'influence de glorieux ainés (y'en a qui disent Heartland rock, oui, le coeur y est).
4 titres sortent en single : "Violet Light", "Plant the Seed", "Way Up" et plus récemment, "The Road".

'Fear to fail' demeure humain et naturel; le texte incite à surmonter cette appréhension.
Les arpèges et le bruit des doigts serrés sur les frettes, autant que sur le coeur, guide cette chanson folk d'une grande sensibilité.
On entend 2 guitares délicates ainsi qu'une basse discrète puis plus loin un clavier, pas plus imposant ni bavard. Un solo, en slide, accentue encore le côté mélancolique de la composition.
Une introduction en introspection qui ressemble à un départ pour un voyage en solitaire (mais nul ne l'oblige à se taire).

'Heading somewhere' donne la chair de poule avec ses harmoniques et sa mélodie d'une grande séduction, démarrée aux claviers et guitare. Tom Petty aurait apprécié.
On a envie de chanter et de se trémousser au rythme de la pulsion entraînante de la batterie.
Johnny donne de la voix, pleine de vie, parfois accompagnée de choeurs évanescents. A 3'10 on passe en acoustique, un instant, avant l'envol.
Le pont suspend le temps en laissant planer un riff prenant, fouetté par caisse claire et charley seules en 1ère ligne, puis, derrière, des coups de semonce sur les toms avant l'arrivée de choeurs aériens du plus bel effet.
Le chant, montant dans des ouhouhouh, nous achève en même temps que le morceau.
Wow! Comment résister? Pourquoi résister?

Guitare acoustique et frappe droite, sèche et métronomique (à la Max Weinberg) engagent 'Always taken care of' dans une direction springsteenienne.
Une autre guitare ainsi qu'une pédale steel, tellement américaine, viennent enrichir chaleureusement l'orchestration.
Le solo de guitare s'effectue en 2 temps, une partie électrique vrombissante et tranchante puis la steel recouvre la guitare sèche. Un délice...

Honneur à la basse pour l'entame de 'Way Up' qui laisse ensuite la part belle au picking sur un rythme d'abord plutôt tambouriné avant d'être plus franchement cogné.
Les vocaux semblent ensuite transportés par le vent des grandes plaines, la guitare électrique suivant le même souffle. Des violons contribuent, plus loin, à l'ambiance limpide.
Inspiré du livre " Women Who Run With Wolves ", le titre, enjoué, exprime l'idée principale répétée à plusieurs reprises 'Going up never going down'
Le chant exprime un appel irrésistible, quasi euphorique.

Une guitare doucement grattée développe un son aéré porté par un clavier sur 'Driftwood'. 
La voix prend des intonations à la Bono et l'atmosphère respire bon le Joshua Tree (l'album et l'arbre).
Après une intro calme, le chant, d'abord profond, devient passionné et le jeu des musiciens, ardent. Le morceau possède beaucoup de force.
Alors que le feu s'éteint après 5 minutes, la relance d'un riff saignant, poussé ensuite par la frappe puissante, projette le final instrumental dans une effervescence remarquable.

'Plantseed' pousse dans une sérénité contagieuse. Les voix perchées, rejointes par des choeurs féminins, semblent baigner dans un bonheur tout aussi élevé. Quelle fraîcheur!
Un banjo et des cuivres viennent jouer les mariachis. Les sons de guitare se diversifient et se multiplient, acoustique, électrique, funky, country, rythmique, cordes caressées, brossées, grattées, pincées... tout y passe.
Seule la rythmique basse batterie garde un cap inflexible, avec un piano... qui s'égrène. A écouter tous les matins au réveil!

'The road', country et plus dépouillé, soulève la poussière de l'austérité du désert mais diffuse, en même temps, un sentiment de liberté.
La guitare sèche comme la gorge; la route est longue et difficile. Par instants, l'énergie électrique repart à la gratte et au piano.
Le rythme avance cahincaha pareil au déhanchement d'une démarche fatiguée.

'Violet light'(un peu byrdsien) traverse l'obscurité comme un faisceau d'étoiles. Le rythme rectiligne laisse toute latitude aux guitares finement ciselées, un régal!
Un son de flûte pigmente la couche de nuages synthétique. Johnny chante avec son coeur, on entend ses battements mélodieux.

'She's Looking For An Answer' glisse sur un tapis d'émotions.
On perçoit le chant douloureux dans un écho. Une femme a fait une overdose, un proche demande à la ramener chez elle plutôt qu'à l'hôpital.
La lapsteel accentue la tristesse du titre qui monte pourtant, doucement en allégresse, comme une âme vers le ciel.


Pas de révolution dans l'artisanat où le savoir-faire (copyright Willy DeVille) reste primordial.
La voix, riche en sensations, apporte beaucoup d'énergie à l'orchestration brillante et dirigée par l'alchimie des guitares.
"Zia" apparait comme une signature d'un "Z" qui veut dire ... zen.
A ranger avec les meilleurs albums de Tom Petty, Bruce Springsteen, John Mellencamp et Neil Young.


Tracklisting
1 Fear To Fail
2 Heading Somewhere
3 Always Taken Care Of
4 Way Up
5 Driftwood
6 Plant The Seed
7 The Road
8 Violet Light
9 She's Looking For An Answer
Produced, Engineered, and Mixed by Drew Vandenberg
Recorded at Chase Park Transduction” Athens, GA
*Plant The Seed Produced and Mixed Wolfgang Zimmerman
Mastered by Joe Lambert
All songs written by Johnny Delaware and Clay Houle (BMI)

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