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  • : Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
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10 avril 2022 7 10 /04 /avril /2022 13:30
Album - Child Of Night "The Walls At Dawn"

Album - Child Of Night "The Walls At Dawn" 

 

NoPo

 

Wave Records

CHILD OF NIGHT The walls at dawn 2022

'Enfant de la nuit', tout un programme! Comme si c'était insuffisant pour comprendre, l'album s'intitule 'Les murs à l'aube' et ici, l'aube n'a pas la couleur immaculée du vêtement liturgique.
Démarrage en duo à Colombus dans l'Ohio en 2017, Tristan Wolfe et Jonathan Thompson avancent dans l'ombre avec 3 EPs (Breathless, Neither of These Alone Is Enough, What remains) en attendant l'arrivée de Niabi Aquena à l'été 2020.
La video de 'Dirtworld' (by @content_brakes), parue début 2021, distribue des flashes épileptiques.
Le morceau, transi et tribal, épile l'épiderme, efface tout sourire et fascine à la fois par son groove hypno-robotique. Les présentations sont faites.

Sur un fond noir profond, la jaquette confirme le froid par la sculpture marbrée, de 2 visages olympiens, insérée dans un espèce de médaillon à la bordure labyrinthique.
Les 4 mots qui composent le titre s'équilibrent sur chaque côté, rejoints par un trait de la teinte dominante, un blanc vieilli.

Faisons le tour de cette rondelle!

'Aurora' se lève tôt dans la brume avec des bruits industriels à l'écho lointain comme savaient le faire Simple Minds (79/80) à ses débuts ou Joy Division.
La basse se fait entendre à signature New Order, tandis que les claviers s'alanguissent. Les voix à plusieurs épaisseurs s'expriment sévèrement.

'Unafraid' : les caresses au claviers, posées comme la pulpe des doigts sur la peau, font frémir le corps entier.
Un beat électro nous avertit de la proximité de la piste. Le synthé s'envole, suivant des arabesques sur le parquet, un claquement marque le coup.
Un son de basse bosse en roulant par dessus. Même pas peur de danser dans la nuit, la voix darkwave de Niabi flotte tristement.
Plus le ton sombre, plus le son monte à l'étage du ravissement. Lead single imparable!
La vidéo (by Joan Pope with Temple Ov Saturn) déroule un mélange magmatique d'arbres et de branches, un visage, un ciel brouillé sur soleil couchant.

La basse ressemble à une fréquence électronique. Les claviers coulent en larmes lourdes (d'un nouvel ordre de division sans joie).
Quant la voix masculine vient s'unir à la gravité de Niabi, on pense à Bowie et sa trilogie berlinoise.
La cadence avance, en sentence sans rupture, comme un flux perpétuel. 'Wounded child' promène dans un univers étrange imagé par un clip.
Le film, de Nathan Caraway, alterne des passages live avec une histoire, étrange, tendue à la David Lynch, les 3 musiciens dans les rôles principaux.
Ces derniers livrent un sac plein de billets, dans une canalisation glauque, en échange d'un petit coffre contenant un drôle d'ossement qu'ils apportent à un illuminé chevelu concluant la transaction par un cacatoès en cage.

'Disappear' s'offre un son de guitare brillant dans un écrin synthétique. Les percussions rappellent les meilleures heures de 'Confusion' by New Order.
La voix évanescente, très en retrait, avalée par les claviers, s'accroche dans l'écho pour survivre, sans colère ni couleurs.
Malgré l'affliction, aucune génuflexion, l'évaporation s'opère dans l'exaltation.

'Outbreak' s'enfonce encore plus dans la morosité et le bruitisme effrayant.
Quant les claviers ne geignent pas, ils s'écorchent sur des percussions vicieuses et se perdent dans une noirceur profonde.

La mise en scène du clip de 'Son' perturbe (video produced and directed by James Quinn @infernalvoid). Un prêcheur s'emporte, coincé entre 2 bougies rouges.
En parallèle, il cherche à ouvrir un petit coffre (clin d'oeil à 'Wounded child'?) mais jamais la clé ne trouve (elle n'est pas nécessaire). Tourmenté, il gratte, gratte sur son cahier moralisateur dont les pages finissent en miettes.
Quelques images horrifiques agressent. Les paroles du morceau envisagent la création d'une secte pour se débarrasser des riches.
La voix mâle, tremblante et abandonnée, fait mal mais les vocaux ensuite entrelacés portent l'amère douce mélodie mid-tempo, juste soutenue par une rythmique trottinante à la batterie et clavier associé.
Un autre clavier nasille sur la charley déversant son dévolu dans une ambiance quasi gothique aux intonations Sisters of Mercy. Fascinant!

La grosse caisse profonde et la basse aux crochets peterhookien propulsent 'Indigence' dans un groove discoïde implacable.
Les synthés, eux-mêmes, sautillent ou explosent comme des bulles de Champagne... caviar pour les autres, notamment le chant glacé et envoûtant de Niabi, occultant celui de l'homme en doublure.

Les claviers, avec un chant grave et solennel, ouvrent la cérémonie pour 'Cult of satisfaction'. Quant Niabi intervient, sa voix irradie.
La mélodie mélancolique enveloppe insidieusement l'esprit. Les vocaux, en duo, se mêlent à merveille dans un passage plein d'emphase.

Un clavier élégiaque carillonne en boucle à la porte d'entrée de 'True Love Needs Discipline'. La charley et la grosse caisse rythment un pas tranquille dans un brouillard synthétique.
La caisse claire vient alourdir brièvement le pas avant que le morceau ne s'évanouisse dans l'air ambiant. Leur vision d'Elegia (New Order)?


L'affection domine sur ce disque et une émotion délicieuse se développe à l'écoute.
Reconnaissons la délicatesse du travail sur les mélodies jamais faciles et pourtant envoutantes.
Le voyage se perçoit à la fois spirituel et corporel. Un esprit sain dans un corps sain en quelque sorte, tout le plaisir est pour nous!



Tracklist:
1.Aurora
2.Unafraid
3.Wounded Child
4.Disappear
5.Outbreak
6.Son
7.Indigence
8.Cult Of Satisfaction
9.True Love Needs Discipline
Released by Beso De Muerte Records, Recorded in Ohio / USA
Artwork by Nick Kulp/Mental Healing
Line-up:
Jonathan Thompson, Tristan Wolfe and vocalist Niabi Aquena

 

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4 avril 2022 1 04 /04 /avril /2022 10:19
Album - Cosmic Bullshit - Volcanova

 Album -  Cosmic Bullshit  -  Volcanova

 The Sign

NoPo 

 

VOLCANOVA Cosmic Bullshit 2022

Formé en 2014 et après quelques changements de musiciens, Volcanova fait paraitre son premier album 'Radical Waves' en Août 2020.
3 Islandais (pas trop influencés par Björk) qu'on retrouve sur cet EP pour foutre le bordel :
Samúel Ásgeirsson à la guitare et au chant
Thorsteinn Árnason (Rock Paper Sisters) à la basse et au chant
Dagur Atlason (Churchhouse Creepers) à la batterie et au chant.
Ils font du desert rock, ou stoner sur glace, ça glisse mieux, se rapprochant de leurs voisins norvégiens de Slomosa  (cf review)
Ils tournent beaucoup dans leur pays et en Ecosse, notamment avec Vintage Caravan.
Ce début d'année déclenche leur seconde éruption.

La couverture, attrayante, prend des airs de Surfer d'argent sauf que c'est un squelette casqué qui chevauche sa planche en passant devant un satellite.
Quel sens de l'humour! Le sac d'os porte un surprenant short rouge (avec le feu aux fesses) et le sportif réussit un magnifique revers de sa raquette qui laisse des traces enflammées vers une canette.
La balle semble filer telle une étoile dans un éclair. Les textes orangés continuent de développer cet aspect de flammes.
Un tourbillon violet complète le paysage cosmique qui correspond tout à fait au ressenti pendant l'écoute du disque : un barouf flamboyant!


Ouverture au doom écrasant! C'est pas sorcier, les riffs de 'Salem', fuzzy à la ceinture, incendient carrément le moindre centimètre carré et ça tourne bien rond!
La voix lead (ça veut dire plombée non?) possède juste le grain qui va bien et derrière, ils s'y mettent à trois bien souvent.
Dagur, le batteur, pas en reste, fracasse la peau de sa caisse claire au bord de la rupture et se tape la cloche.
Le truc fait penser aux grandes heures de Black Sabbath, en ayant The Sword à l'esprit.

Putain que ça cogne! Et vla les guitares bien grasses, c'est ça la 'Gold Coast'? Du désert rock qui dessèche le gosier par la poussière dégagée.
La basse gronde sacrément et le batteur se gave encore de cloche, stylée Fu Manchu.
Ásgeirsson crache ses textes avec des 'yeah' faits pour être repris en choeur, dont acte, les deux autres ne s'en privent pas.
Les grattes, en furie les dernières secondes, décollent sévèrement les tympans.

Du stoner en veux-tu en voilà, 'Desolation' fait dans le brut de décoffrage! Le carrosse de batterie roule comme sur des pavés.
Les guitares, reines, rugissantes et tournoyantes s'en donnent à coeur joie jusqu'à la basse de Thorsteinn, au gros son vibrant ou retentissant par instants.

'End of time' s'installe en pause délicate aux émanations d'Orchid (Black Sabbath) pendant la 1ère minute; fausse piste, ça s'engouffre ensuite sur un terrain beaucoup plus chaotique.
Les riffs tonitruent toujours autant. Le chant harmonieux n'intervient qu'au bout de 2 minutes, les choeurs le soutiennent avec conviction.
La fuzz monte une mayonnaise psyché dans le long solo à 3'30 qui laisse filer le riff majeur jusqu'au bout.

Après la cloche, au rythme vif, pour marquer un démarrage sec, les moteurs tournent à plein régime. Pourtant ça crie (lège? non, lourd!) 'No wheels'.
Le riff saccadé vient créneler le rempart à la basse. A mi morceau, un ralentissement ouvre la voie à un bref solo lumineux.
Un tir à boulets rouges d'à peine 3 minutes mais tellement efficace!

La guitare démarre seule en éclair(eur) zigzagant vers un "Lost Spot". La batterie claquante vient à sa rescousse rapidement, puis la voix, un peu ozzyiesque, s'insère au milieu des déboulés telluriques.
Les 2 autres musiciens interviennent à bon escient pour gonfler les vocaux. A 2'45, la basse tonne, isolée, ou presque dans un délire psyché à peine soutenu par la batterie puis la guitare dégoulinante de réverb.
Le morceau s'allonge tout près des 7 minutes s'achevant dans des coups de sang épiques avant le néant.


Outre les bases sabbathiennes (à la vôtre!), on pense à John Garcia, en solo ou dans Unida, Hermano, Vista Chino pour la matière et le gros sable, mais il ne faut pas oublier 'The Sword' pour l'épaisseur des riffs, avec un air de famille au niveau des voix.
L'expression 'power trio' leur va comme un gant enfilé dans un char d'assaut et les casqués y croient dur comme fer (métal!). Ça tabasse avec classe et on aime ça!

1. Salem
2. Gold Coast
3. Desolation
4. End of Time
5. No Wheels
6. Lost Spot
recorded at Studio Helviti in Reykjavík
produced and mixed by Helgi Durhuus (of Studio Helviti in Reykjavík).
Mastered by Esben Willems of Studio Berserk in Gothenburg.
Album artwork by Skadvaldur

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3 avril 2022 7 03 /04 /avril /2022 11:10
EP - SUGARFUNGUS - Letting Go, Moving Still

 EP - SUGARFUNGUS - Letting Go, Moving Still

  (Independent)

michel 

Sugarfungus, un nom étrange pour un groupe pop, t'as voulu en savoir plus. Tu imagines que les jeunes de Vancouver ont lu l'oeuvre du botaniste  Nicholas Money intitulée "The Rise of Yeast: How the Sugar Fungus Shaped Civilization", un bouquin, paraît-il, lisible, même si la science, la diététique, l'agriculture, la fabrication du pain ou la mycologie  sont des notions parasites pour ton cerveau primaire.

Un article publié par Books en 2018 disait:.. Saccharomyces cerevisiae, les champignons unicellulaires qui permettent de faire lever la pâte, sont arrivés sur nos tables dans les premiers vins et bières, explique le microbiologiste Nicholas Money dans The Rise of Yeast....

T'as commandé le bouquin sur Amazon, tu le liras quand on t'aura casé dans un Ehpad.

Revenons à  SUGARFUNGUS, le groupe qui nous a proposé d'écouter son EP  'Letting Go, Moving Still' .

Il naît en 2020, durant la pandémie, que les petits Chinois ont eu la bonté de partager avec l'univers entier.

The 5-piece collective describes themselves as “introverts making dance music” , as-tu lu sur Auteur Research.

Line-up: lead singer, Tess Meckling/ bassist, Alex Marr,/lead guitarist, Bradan Decicco/ keyboardist, Jackson Moore, and drummer, Ivan Barbou.

Tess a étudié le jazz piano et pris des cours de chant, on a retrouvé un clip sur lequel, d'une voix suave, elle chante le standard 'These Foolish Things'. Alex, travaillant pour la Driftwood Brewery, a peut-être eu l'idée du nom de groupe. Bradan a fait partie d'un Tribute to Rush: The Modern Day Warriors.

Jackson a étudié dans la même unif qu'Alex ( in a wine yeast genetics lab) et forcément, ils se sont retrouvés dans le  combo.

Ivan, qui tient les baguettes,  a produit l'album et se définit comme film composer ( e a,  la B O de  ' Guiltless') et sound designer.

  'Letting Go, Moving Still' . tracks

 

1
Catch & Release
2
Retrospect
3
What's A Used One Worth?
4
Ghosts
5
Contagious Love
6
Play Dead
 
Pochette florale ( signée Katrina Wong) : calice, corolle, androcée et gynécée dans les tons bleus, cinq  tiges plus sombres, travail épistolaire sous les centaurées ou les scabieuses (t'es pas horticulteur, sorry).
SUGARFUNGUS en caractère majuscule ,  le titre de l'album est calligraphié.
 
' Catch & Release'  repose sur une ligne de basse qui pulse joliment, là-dessus se greffe un fond synthétique aérien, tandis que la voix caressante  de Tess, qui murmure le refrain ...Can’t see the forest for the trees, Oh I’m losing focus, Guess this is catch and release,  My heart is a lonely hunter... , semble flotter dans un azur cotonneux, transformant la plage en dream pop track délicat.
 
'Retrospect' baigne dans les mêmes climats éthérés, cet indietronica, finement ciselé, se rapproche des délicates productions de Beach House, London Grammar ou Lush.
 Comme sur le titre précédent, la basse caracole joyeusement, un drumming électronique accompagne ses arabesques. Après 2'30",  une guitare nébuleuse vient colorer la mélodie, oh, pas question de nous jouer un solo flashy, tout reste dans la modération et la sobriété, juste ce qu'il faut pour engendrer un contrepoint moins alangui aux bruissements sophistiqués façonnés par Tess. 
 
Que répondre à la question,  'What’s a Used One Worth?'.
Il faut recycler, d'accord, tu t'es fait larguer, que vaux-tu, qui va te remettre en état quand tu n'es plus que ...ash of your old cigarette...
Il y a de quoi être frustré et dépité, Tess nous raconte tout ça  dans une confession imagée, reposant sur un fond sonore synth pop minimaliste et passablement sautillant.
Bizarrement, les gimmicks au synthé évoquent chez toi des images d'un vétéran des eighties, Howard Jones, qui lui aussi montrait de sérieux penchants pour un univers où la mélancolie prévalait.
 
Non, tu ne verras ni Patrick Swayze, ni Demi Moore, dans le film ' Ghosts' proposé par SUGARFUNGUS, par contre, tu entendras une élégante ballade aux éléments light jazz ( joli piano)/ shoegaze, portés par une voix diaphane convenant à la perfection au sujet romantique. 
Et si tu n'as aucune envie de contempler tes pieds, tu peux admirer le ciel où des cirrus filamenteux dégagent un sentiment de plénitude et de félicité,  et même si tu ne crois pas aux fantômes, tu  reverras celui, ou celle,  que tu aimais.
 
'Contagious Love' présente les mêmes attraits interstellaires que les productions intimistes, en clair-obscur,  de groupes tels que M83 ou Air.
Call it ambient, chill trip hop or atmospheric soundscape, aucune importance, la combinaison séduit,  en effleurant à peine tes pavillons. Tout est minutieusement arrangé,  de l'instrumentation  impressionniste, évoquant les compositeurs classiques de Debussy ou Sibelius,   à la voix, semblant immatérielle, de Tess Meckling.
Mieux vaut être contaminé par l'amour que par un vilain virus s'attaquant à tes voies respiratoires. 
 
L'extended play s'achève par le nostalgique  ' Play Dead' , un titre que le groupe dit être inspiré par Halloween et comment la perception de la fête évolue en fonction de ta condition.
En devenant adulte, tu n'abordes plus la célébration folklorique comme lorsque tu étais enfant. 
Musicalement le groupe ne s'éloigne en rien des schémas précédents,  "We are all fans of groovy/dreamy songs that explore emotions of sadness and catharsis, a theme carried through our EP" , indiquait-il en te proposant d'écouter un EP,  qui doit ravir tous les fans de textures sonores vaporeuses et de voix murmurées. 
 
Un band prometteur, à tenir à l'oeil!
 
 
 
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31 mars 2022 4 31 /03 /mars /2022 16:51
Album -  Captain Rico and the Ghost Band – Fréquences d’Outre-Tombe

 Album -  Captain Rico and the Ghost Band Fréquences d’Outre-Tombe

 

Spider Music

 

michel 

Encore un bidule insolite dans ta mailbox ( physique et verte), un album de Captain Rico and the Ghost Band!

Rico, méfiance, ça sent le ragga , le latino , le mafioso , Ricky Martin ou Gloria Estefan, voire pire, les Gypsy Kings.. 

Erreur funeste, Captain Rico et ses Spectres sont originaires du sud de la France, ils pratiquent le surf, basque autant que californien, et ont probablement opté pour la dénomination Captain Rico car l'un d'entre eux possède une carte d'identité sur laquelle le gendarme a lu  Damien Ricaud.

Ils sont trois: Damien Ricaud, guitare/ Ludovic Timoteo, basse/ Yves Manceau, drums.

' Fréquences d'Outre-Tombe' est leur second méfait, il succède à ” The Forgotten Memory of the Beaches ” de 2021. ( 2000 diffusions radio, nous souffle-t-on, évidemment si tu te branches tous les jours sur Taleemul Islam Radio, tu n'as jamais entendu un de leurs titres!)

 

tracks-

 01. Sun Worship
02. Lone Island
03. The Beach Of The Damned Souls
04. Dracula On A Skateboard
05. A Long Time Ago
06. Dance Of The Zombie Warrior
  07. Secret Weapons
08. Darkness In The Sea
09. Vertiginous Descent
10. Last Will
  11. Fréquences d'outre-tombe

Pochette d'inspiration  François-René de Chateaubriand, ayant fêté Halloween au Mexique lors du Día de los Muertos, la tequila a coulé à flots, les squelettes font la java sous un soleil de plomb.

James Ensor n'y avait pas songé, les Basques sont peut-être passés à Plouha pour rendre visite à la chapelle de Kermaria an Iskuit, où tu peux admirer une superbe danse macabre!

Pour faire honneur à l'artwork, l'album ouvre sur ' Sun Worship', les admirateurs de Ra nous balancent un instrumental surf torride poussant  les zombies à sortir de leurs caveaux.

Yves bastonne à faire frémir tous les braves habitants du Mans, son copain Ludovic fait vrombir sa basse  comme le gamin qui a tripoté sa mob pour qu'elle pétarade à mort, histoire d'emmerder Yvette, son acariâtre voisine, quant à la guitare de Rico , si elle ne copie pas le ' Misirlou' de Dick Dale, elle vient toutefois te chatouiller là où tu es le plus sensible.

Allez, une fois, on ne va pas s'emmerder, dit  Jean-Jacques Blairon à son canard.

Le soleil s'est couché, le rafiot accoste sur la 'Lone Island', une île où les vagues sont monstrueuses et la réverbération aveuglante., fais gaffe, Alice, ça glisse, surtout quand Rico part en glissando, ouais un peu comme dans 'Pipeline'.

Il existe une plage qu'il vaut mieux éviter si t'as des enfants, 'The Beach Of The Damned Souls', on y pratique le horror surf et les morts-vivants s'y promènent en plein jour.

Toujours en mode film d'épouvante, dans un moule humour à la  Tarantino, voici  'Dracula On A Skateboard'.

Quand le psychobilly rencontre le surf, les vampires planent. 

C'était ' A long time ago', les Shadows côtoyaient des Apaches, Neil LeVang voyaient des ghost riders in the sky, Link Wray le voulait crû dans ' Rawhide', et puis, au 21è siècle, t'as des gens comme Captain Rico et sa clique de fantômes ou les Whodads et Fifty Foot Combo  en Belgique  qui ont repris le flambeau et l'instrumental rock'n'roll refait surface.  

Dance Of The Zombie Warrior' et ses touches orientales nous font penser qu'à une époque on parlait de Persian Garage Rock,  c'était avant l'avènement de Rouhollah Khomeini. 

Avec ' Secret Weapons' le tempo baisse d'un cran,  intrigues et combines secrètes, par contre, se manifestent.

Pas grave, sa majesté va envoyer James Bond mettre de l'ordre dans ce mic mac.

 "Darkness In The Sea" la surf music flirte parfois avec le psychédélisme, c'est le cas avec cette plage marine sentant bon la Nivea , les vagues gigantesques, les grillades de sardines et pourquoi pas,  en fin de soirée, après avoir rangé guitare, basse et batterie, on écoutera le boléro de Ravel  en pensant à Bo Derek. 

Le lendemain on récupère la planche, direction le Golfe de Gascogne pour se taper quelques 'Vertiginous Descent(s)' .

Rythmique cuisante et soli hyperboliques, Kelly Slater n'en revient pas.

Que fais-tu?

Je rédige mon testament.

Ce ' Last Will' démarre mollo, faut réfléchir  et ne pas écrire n'importe quoi sur le parchemin, comme dans ta vie tu as connu des hauts et des bas, la bande-son  dessine un périple en forme de montagnes russes.

Aux instants romantiques succèdent des flux plus fougueux, transformant ce ' Last Will' en morceau élaboré.

Faut penser à rentrer, la nuit tombe,  le ttoro est sur le feu, on balance une dernière salve vite fait et comme on aime l'ésotérisme on la baptise  ' Fréquences d'outre-tombe'.

Ce soir avant de rejoindre Morphée, tu liras  quelques extraits des Chants de Maldoror, c'est ce que t'a inspiré l'écoute de l'album.

 

 

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28 mars 2022 1 28 /03 /mars /2022 11:37
Album - The Wheel - Black Rose Burning

 Album -  The WheelBlack Rose Burning

 

NoPo

alternative electro-guitar, post-punk, new wave, synth-pop 

PV Recording Company

BLACK ROSE BURNING - The Wheel 2021

L'important, c'est la rose! Même noire comme dans le jardin de Thin Lizzy.
Après 'The Year of the Scorpion' de 2020, la roue tourne dans le bon sens pour les New-Yorkais.
Ils reprennent The Fixx et Tears for Fears, une signature musicale roucoulante.
A présent, on les rapprocherait plutôt de la période 85-90, début de The Cult, The Mission (pour le gothique) ou les Damned de 'Phantasmagoria' jusqu'à remonter à 1979 et 'Are friends electric' de Gary Numan (pour la cold wave).
Et pourquoi pas un peu de Talk Talk avec un timbre collant au chant de Mark Hollis? J'ajouterais même une pincée de Human League et The Cure.
Evidemment, la présence de Jason Corbett, le Canadien, contribue à ce style dark-wave, pratiqué par son groupe Actors.

Les signes se confirment avec la couverture, superbement réussie, de l'Italienne Antonella Di Mattei 'The muse of astronomy and geometry'.
Les couleurs claires marient leurs tons sans faute de goût. Le dessin possède ce petit côté énigmatique attirant :
- à l'arrière plan, une grande boussole dont un espèce de soleil (chapeauté d'un compas) cache son centre.
- à l'avant plan, une jeune femme aux cheveux magenta, comme coiffée d'un diadème en triptyque, et dont le visage, avec un diamant au milieu du front, se glisse au centre du soleil.
Une chaine s'accroche à ses 2 lobes d'oreilles et passent par la jointure de ses narines. Un maquillage noir souligne ses yeux. Gothique quand tu nous tiens!
On distingue le haut de son corps, au dessus du nombril, recouvert d'un gilet métallique.
Ses bras levés le long du corps, dont l'un tatoué, portent, au bout de chaque main, d'un côté, une sculpture de beffroi à pointe dorée, de l'autre, un cadran astronomique.


George Grant, le leader, producteur, compositeur, chanteur, multi-instrumentiste (il a aussi joué de la basse pendant 10 ans dans le groupe Voltaire) aime l'espace; ça s'entend et se voit dans ses créations.
'I write about outer space a lot. On both records. I find it inspirational. It’s vastness. It’s the place I’d most like to go.'


Aussitôt dit aussitôt fait, la 'strange' new-wave résonne tel un bébé des 80's. Des réminiscences de groupes comme Visage (son chanteur s'appelait Steve Strange) ou Gary Numan, parsèment le disque entier.
La guitare cristalline prend écho sur des claviers vintage. Les percussions claquent leur cadence fermement marquée. George Grant pose sa voix chaude et légèrement voilée.
Ce premier titre 'An Anthem For The Strange', d'à peine 2 minutes, déroule l'essentiel du CV.

Avec 'Black sun Saturday', place aux choses sérieuses! Les gifles, sur la caisse claire, reprennent avec quelques ornements sur les toms, une vraie marque de fabrique sur cet album.
Y'a pas que la rose à se colorer de noir, à son tour le soleil, aux allures gothiques, s'assombrit le samedi! La basse et le chant, profonds, se trainent, tristes à pleurer.
Pourtant, les synthés dessinent des rayons laser autour d'un clair obscur chatoyant et accueillant.

Pour les aficionados de cette époque, la phrase 'No love lost' ressuscite Joy Division. Tout sauf morbide, l'écriture de BRB réjouit beaucoup plus. On perçoit les étoiles dans le noir céleste.
Sous des sonorités gothiques, la mélodie synth-pop charme les esgourdes. Le synthé multiplie ses effets vrombissants pendant que la guitare accompagne des notes attrayantes jusqu'au conduit auditif. 

Dans 'A Little Too Little', les couches de claviers s'accumulent comme la chantilly qu'on aime lécher. Le rythme, mid-tempo, reste rectiligne, laissant la part belle à cette combinaison guitares synthés enivrante.
Les claviers sculptent des enluminures cachées partout le long du morceau délicieusement mélancolique.

'Antonia' trottine dans l'espace. La frappe, punky, métallique et répétitive, écrase le reste de l'instrumentation.
La basse gronde au loin et les claviers forment une nébuleuse. Seules voix et guitare, surtout lors du solo, s'extirpent gracieusement.

A l'inverse, 'Gravity drive' reprend son atmosphère de soucoupe volante avec des synthés nombreux et majestueux qu'ils soient, grésillants, magmatiques ou fluorescents.
La basse est discrète, contrairement à la guitare qui tisse sa toile soyeuse. Le ton sombre, mais tournoyant (quelques touches font penser à Dépêche Mode), réussit à séduire.

Le rythme robotique de 'Automatic man' installe tout de suite une ambiance sci-fi. Les échappées du clavier et de la guitare montent comme des effluves évanescentes.
Bien que sombres, les harmonies nous envahissent, pétillantes lorsque la voix se dédouble et augmente l'énergie du titre.

Des contours post-punk? Si vous en doutez, écoutez leur reprise de 'Ever Fallen In Love' (1978) des Buzzcocks.
Bien que plus éthérée, leur version reste prenante grâce à une mélodie imparable qui se fond dans l'ambiance générale pessimiste du disque... 'Toujours amoureux de quelqu'un dont tu ne devrais pas...'

'Lightspeed' flotte, mid-tempo. Il me semble y retrouver des traces de Gary Numan, sans doute, perdu dans l'espace.
Ici, la face guillerette d'une cold pop prend le dessus par des lignes électros.

'The wheel' prend les commandes et signe l'étape principale de ce voyage interstellaire. The Mission décrivait 'Butterfly on a Wheel' mais à cet instant, l'intro me rappelle 'A forest' de The Cure, à ceci près, que la cadence s'emballe rapidement.
Le morceau, riche, crépite de notes innombrables qui envoient du peps malgré des paysages souvent froids. La vidéo sci-fi ('Under Twin Suns' 3è partie, la 1ère est parue en Juin 2020), remarquable, vient de sortir le 22 Mars.
Les claviers multiples débarquent de partout créant le rythme, l'enveloppe, et l'émotion finalement. Le canevas à la guitare accompagne superbement l'orchestration électronique, guitare qui nous offre un solo douloureux.

'Ever single time' fignole son rythme, agrémenté de percussions, rendant la composition sautillante et légère.
Plusieurs gimmicks aux claviers séquencent le fil marqué par la batterie et sa cymbale charley accrocheuse.
On sent la voix plus enjouée. Cette fois, il ne manque plus que les choeurs féminins pour nous ramener à Human League.

Le dernier morceau, le plus obscur, surprend. Le son semble retenu aux confins de l'univers. Les frappes claquent pareils à une machine trop bien réglée.
Glacée comme le sol de planètes inhospitalières, la couleur vocale, à forte réverb, donne l'impression d'être recouverte d'une couche épaisse.
Les claviers entretiennent ce sentiment de désolation. Une conclusion morose proche de la douleur.

12 plages courtes et empreintes d'une belle énergie groovy malgré une certaine austérité gothique.
Pour un amoureux de la période new-wave des années 80's (comme moi), ce disque, bourré de références nostalgiques, procure un vrai bonheur (madeleine de Proust?).



TRACK LIST
01. An Anthem For The Strange
02. Black Sun Saturday
03. No Love Lost
04. A Little Too Little
05. Antonia
06. Gravity Drive
07. Automatic Man
08. Ever Fallen In Love?
09. Lightspeed
10. The Wheel
11. Every Single Time
12. Solar Angels


CREDITS
Recorded and Mixed by George Grant at PVRCo in Putnam Valley, NY and The Wolf’s Den Manhattan
Mastered By Jason Corbett (ACTORS) at Jacknife Sound Vancouver
Cover Art by Antonella Di Mattei Eshmoon DM Design
Live photography by Robert Braunfeld
Mastered by ACTORS’ Jason Corbett at Jacknife Sound

Musiciens Live
Georges Grant Basse, voix
Frank Morin (World Inferno Friendship Society) Guitare
Luis Infantas (Monster Zero) Batterie, synthétiseurs.
   
   
 

 

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25 mars 2022 5 25 /03 /mars /2022 18:08
Album - Eric Hauchard « le blues de rester à quai»

 Album - Eric Hauchard  « le blues de rester à quai»

 

michel

 

autoproduction

 

Eh, Michel, j'ai sorti un album, refile-moi ton adresse, je te l'envoie.

Eric Hauchard, ça faisait un bail, août 2018, lors de la Fête des Vieux Gréements à Paimpol, il s'amusait sur scène dans un trio éphémère, baptisé Prendre la Mer, ses complices se nommaient Yann Malau  ( un pote à lui) et  Olivier Rech, le crooner de Vannes, amoureux d'Alain Barrière.

Rien que de revoir des bribes de ce concert fabuleux, en replay sut l'écran cérébral, tu pleures.

Si l'autodidacte Eric ne jure que par Clapton, J-J Cale, Neil Young et ses ex-copains, Crosby ( pas Bing), l'English Graham Nash et l'ex de Véronique Sanson, Stephen Stills, c'est dans un combo jazz qu'il fait ses premières armes, à la basse qui plus est. 

 89% des jazz bands pratiquant le New-Orleans style ont inclus le libellé Stompers sur leur carte d'identité, après avoir quitté les écrase quelque chose, il vire prog rock chez Salamandre, puis il s'éprend du modèle de Leonardo, Mona Lisa.

Il se voit obliger de freiner ses exercices à la guitare mais ne peut s'empêcher de s'amuser au sein de divers coverbands,  qu'on nommait à l'époque groupes de bal.

2005, Michel Tonnerre fait appel à lui et pendant cinq ans, Eric va accompagner la légende bretonne.

Coup de tonnerre, Michel s'éteint suite à un cancer.

Eric  chôme, avant de faire équipe avec Yann Malau au sein de Sillages ( on remercie d'ailleurs le corsaire  de Guérande pour les éléments biographiques, car Eric est la discrétion même).

 « le blues de rester à quai» est donc son premier effort en solitaire, et il a fait le bébé tout seul, comme une copine à Goldman.

Musique, textes, sont de sa plume, sauf ' Bois d'ébène' emprunté à Michel Tonnerre. 

Tracks:

Un soir dans le Golfe / Le diable est dans la bouteille/ Bois d'ébène/ Dans tes rêves/ Orage sur la côte/  L'aber/ Le blues de rester à quai/ Hortense/ Nous partons en mer / Retour d'Orient / Et tout ce temps / Je pars / Sortir sous la pluie / Balade pour Mich'To.

 

Pochette sobre, dans les tons bleus, un cliché penseur de Rodin du vieux loup de mer , quelques figures géométriques, le nom du monsieur en caractères gras, le titre de l'album en oblique.

 

Allez c'est parti pour une croisière nostalgique du côté de l'île aux Moines

 ' Un soir dans le Golfe',  c'est une carte postale, ciel bleu de circonstance, brise légère, voiliers colorés et coquilles de noix à la parade.

 Chez Jeannette,  il  l'a connue et aimée.

 Comme Enrico, Eric n'a pas oublié, mais comme la belle  vit la vie à pleines dents, elle est déjà repartie.

Ce  blues pépère est  aussi cool que ceux que tricotent Patrick Verbeke.

'Le diable est dans la bouteille', sonne  toujours  blues marin caractéristique, le morceau est peut-être autobiographique.

 Le paternel: un sac à vin, la mère  pleure, il n'y avait pas de Wanda Jackson pour venir chanter "Please Don't Sell My Daddy No More Wine" au tenancier du tripot, tu as  pris la mer pour t'échapper de ce merdier.

Oui, mais, quand tu fais escale, tu cours les bistrots et t'as beau savoir que le diable est dans la bouteille, tu risques bien de finir comme ton géniteur.  

Eric nous soumet une fabuleuse séquence de fingerpicking  pour décorer son blues maritime désillusionné et  chanté de ce  timbre fatigué qui convient à merveille au propos.

Le texte de 'Bois d'ébène ' est de Michel Tonnerre, le bourlingueur.  Eric ayant signé la musique de ce récit de voyage  qui te fait voir pas mal de ports... français, chiliens ou capverdiens.

Il y avait un accordéon, un violon, un banjo et un concertina, on s'emmerdait pas sur ce rafiot, surtout que dans les cales il y avait des litres de bière.

Les bluesmen montrent souvent un profil de personnages endurcis,  de bourrus, les hard times, ils connaissent, mais au fond, plusieurs d'entre eux, sous une carapace de marbre,  cachent un coeur d'artichaut et se laissent aller à chanter des romances fleur bleue, destinées à faire craquer les jolies filles sensibles, le gars de Lorient fait partie de cette dernière catégorie , il nous le prouve avec ' Dans tes Rêves'.

On continue l'exploration du Golfe sous une météo tourmentée, l'instrumental ' Orage sur la Côte' pouvait faire craindre de sérieuses bourrasques, 130km/h sur les caps les plus exposés, éclairs à profusion et coups de tonnerres à faire paniquer toutous et mistigris, mais non, l'approche est paisible, on baigne dans un univers prog mélodieux avec un jeu de guitare coulé dans le moule Steve Howe.

 Décidément, on ne quitte pas le bord de mer, ' L'aber' décrit le littoral breton par une journée d'hiver  propice aux rêveries, ..au loin l'océan mange le soleil...  tu l'imagines l'astre oranger se coucher paisiblement tandis que  quelques goélands raillent sur la grève, cris  qui énervent les touristes Parisiens, heureusement invisibles en cette saison brumale.

' Le blues de rester à quai ', Eric Hauchard n'est pas le premier à dépeindre la solitude du matelot  quand il n'est pas en mer, même Flaubert dans Madame Bovary écrit... Comme les matelots en détresse, elle promenait sur la solitude de sa vie des yeux désespérés, cherchant au loin quelque voile blanche dans les brumes de l'horizon....

La mélancolie dégouline  à la manière d'un Paul Verlaine dont le coeur s'ennuie.

 Tous des pleurnicheurs, les poètes... La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres... Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots ...Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots... heureusement, Eric a le bon goût de décorer la morne mélodie  d'un bridge éthéré.

Et, merde, plus aucun troquet ouvert, et je n'ai aucune envie d'observer la sale tronche de la mégère, même pas apprivoisée.  

Renaud chantait ' Germaine', dans la même veine "valse de loubard", Eric propose ' Hortense' , une belle rousse qui a fait tourner la tête à pas mal de matafs.

T'en connais une, toi,  d'Hortense?

Non, mais Marie-Paule Belle connaît une Hortense avec un nez en trompette. 

De quoi rêve le marin?

De la mer, pardi.

' Nous partons en mer' vers les lagons d'émeraude,  honte à tous ces bateaux de plaisance qui ne bougent pas des pontons, à tous  les nantis qui ne savent plus quoi faire de leur fric et s'achètent un yacht à 530 millions d'euro ( ça fait  combien en  roubles, Andrei?) pour frimer et se taper des minettes.

Puis vient 'Retour d'Orient', Eric  se dirige vers  le confessionnal.

 L' abbé Mouret: Dieu vous écoute mon fils... 

Mon histoire est longue, la liste de mes péchés interminable, j'ai le blues, mon père!

Le propos évoque le merveilleux ' Royaume de Siam' de Gérard Manset, musicalement Eric tisse des arabesques sinueuses à la guitare avant qu'un violon gémissant ne vienne ajouter un surplus de mélancolie à ce lament déchirant, au pouvoir suggestif fascinant.

Retour au blues,  décoré d'un harmonica, pour faire plaisir à Jean-Jacques Milteau,  voici  'Et tout ce temps'.

Tu t'imagines, London Grammar , des jeunes gens et jeunes filles dans la trentaine, chantant 'Wasting my young years', alors quand un vieux baroudeur comme Eric Hauchard fait le point, c'est pas la joie.... Tu n'es pas là, soirée morbide, et tout ce temps, tout ce temps perdu...

Ce n'est plus time is on my side!

 Le marin  se sent souvent déconnecté de la vie à terre,  éloigné du cocon familial, les éternels voyageurs n'ont qu'un but dans la vie: partir!

'Je Pars' dit-il en évitant son regard!

Comme Eric Hauchard,  roi sans couronne des six bars   Christian Delage, avec son groupe Marins Do Douce,  chante le blues du marin. 

Un Breton ne craint pas l'eau, ni le crachin  ni la houle, ni la mer déchaînée, le roulis l'attendrit, il ignore l'usage du parapluie, ...j'aime sentir l'eau se faufiler dans mes cheveux désordonnés... chante le vieux loup de mer dans ' Sortir sous la pluie' , un midtempo humide sentant bon les embruns et l'iode.

Ce superbe album s'achève par l'instrumental apaisé, ' Balade pour Mich' To'.

Là-haut, au paradis des boucaniers,  Michel Tonnerre, a fait un clin d'oeil à son vieux copain Eric.

 

Merci, Eric, chouette album , du coup, en pensant à toi,  je réécoute  'Talking Sailor Blues' de  Ramblin' Jack Elliott!

 

 

 

Crédits:

Eric Hauchard: synthé, basse, guitares électriques ou acoustiques, dobro et arrangements.

Yann Malau: guitare 12 cordes sur 'Hortense 'et 'Je Pars'/ harmonica,/ cymbalettes/ drum programming/backings

Blaise Lafontaine: violon et mix. 

 

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22 mars 2022 2 22 /03 /mars /2022 09:47
Album - AGE OF WOLVES - Age Of Wolves

Album - AGE OF WOLVES -  Age Of Wolves

 Pitch Black Black Records 

 

NoPo

 AGE OF WOLVES 12/2021

Publié il y a plus de 3 mois, ce disque se terrait dans un coin de ma 'todo' list.
Lorsque j'entends la bête sortir, son cri de tronçonneuse m'assourdit.
Vu que les gars viennent du Canada (Ontario), mon cerveau me répond, en effet, 'bûcherons'! Bizarre mais pas faux!
Pas surprenant qu'on sente un groupe expérimenté et soudé, l'ancienneté des loups dans le métier? Oui!
Réunis en 2019, ils se connaissent grâce à un gros background dans leur pays (Thy Kingdom Slum-3 d'entre eux-, My Terminal Ritual, Gypsy Chief Goliath, Georgian Skull, The Mighty Nimbus, LoDown).
Pour le pédigrée, on s'oriente vers un croisement stoner/doom de tradition 70's.
On pense évidemment à Black Sabbath mais aussi à Wolfmother, Monster Magnet (sans le côté psyché) ou plus récemment Hvalross ( review) .
Un mélange convaincant et assez accrocheur pour qui aime le genre!

Une peinture artisanale (devrais-je dire rupestre?) orne sobrement la pochette.
Le nom du groupe écrit en tremblant (blanc), sur 3 épaisseurs dégradées et 3 lignes, recouvre la majeure partie d'un décor marin à base de vagues semblant balayées par le vent.


Johnny (qui n'est pas un ange) ne nous contredira pas, 'Lil' Burner' allume le feu illico et malgré les différences, l'atmosphère pesante m'évoque 'Lil' devil' de The Cult mais aussi Black Sabbath (titre, ode à Ozzy dixit le groupe).
Intro en fanfare, les guitares sur roulements habillent. La basse gronde dans un noir sabbath et les frappes tombent lourdement à la John Bonham. L'affinité entre Ray et Dwayne s'entend clairement.
La voix s'écorche sur des riffs braisés (en 2 phases), plantant le morceau qui s'épanouit par des ramifications luxuriantes. A l'extrémité, surgit un solo de gratte fougueux et plein d'harmonies.
Après le coup de la fausse fin, ils nous en remettent une couche.

'Avernus'(nom d'un cratère)  prend le relai. Le riff, gras, produit un effet épidermique et la batterie déambule, pachydermique par instants.
Le morceau bouillonne au fond d'un torrent de lave baveuse. Charrié par la puissance dégagée, on se laisse emporter.

'Grease Monkey and the Monkey Wrench' prend encore quelques kilos surtout par le chant déclamé plutôt qu'entonné.
Les riffs épais, de Al, jouent toujours les premiers rôles. La basse porte bien son nom, tirant la trame vers le fond.
La fable alterne parties écrasantes et tentatives d'accélération où un bref solo psyché fait rugir la fuzz.

Honneur à la batterie clinquante pour l'ouverture de 'Temple bar', puis 2 guitares signent un enchevêtrement de riffs vivifiants.
Mickael prend ses aises et se plait à conduire ce bulldozer, ses cris sentent la jouissance. Un passage central fait griller les cordes avant d'impulser une cadence vigoureuse.
S'en suit une magnifique partie de guitares entrelacées dans un magma puissant et d'une grande cohésion. Des 'ohohoh' tombent à pic pour entrainer le futur public.
Il s'agit d'une chanson sur Phil Lynott de Thin Lizzy (groupe favori du guitariste 'Yeti'), la préférée du groupe jusqu'à présent.

Tiens, le pied vient d'écraser l'accélérateur! La batterie accumule les coups sur des éclairs de gratte.
J'ai parlé trop vite, pris par l'élan motörheadien d'Overlord'... des pas de mammouth viennent maintenant s'intercaler.
Lors de la seconde pose de grosses pattes, le solo de guitare, royal, donne l'impression se multiplier. Il déchire dans la réverb et les mugissements.

Le riff vrombissant vient du diable vauvert et la voix, aux intonations death quasi vomissantes, posée sur une basse qui gronde, lance 'We rise'.
Compte-tenu du poids du plomb, ils auraient pu l'intituler 'We dive'! Les cymbales s'imposent là, pour sonner le glas et rapidement, la messe est dite (3'20).

'My Love Ends All' commence dans une ébullition grisante de guitares tumultueuses.
Mickaël chante plus haut que d'habitude mais n'oublie pas le grain qu'il force parfois.
Les riffs connaissent bien Iommi. Ici, ils arrivent à entretenir un balancement volontairement lourdaud sur lequel peut s'éclater la lead généreuse.

'Endless tides' s'élève en gros bloc massif. Sur près de 8 minutes, il enfonce le clou jusqu'à traverser la planche du cercueil.
Un tunnel particulièrement sombre perce la galerie souterraine à 3 minutes, jamais jusqu'ici l'album n'avait sombré dans cette morosité.
Alors qu'on s'attend à un final crépusculaire au milieu des cymbales et de la pluie à six minutes, une guitare acoustique s'invite, laissant l'électrique, planante, hurler dans le lointain... étonnant!


40 minutes plombées ne nous laissent pas dans l'indifférence. On descend, en scaphandre, jusqu'au fond de la mer de plus en plus a(ba)ssourdi.
Mais cette plongée mouvementée, présente un éventail de paysages dantesques. Une sacrée respiration à plein poumons!



Album tracklisting:
1. Lil' Burner
2. Avernus
3. Grease Monkey and the Monkey Wrench
4. Temple Bar
5. Overlord
6. We Rise
7. My Love Ends All
8. Endless Tides

AGE OF WOLVES is:
Michael Edwards - Vocals (LoDown, Thy Kingdom Slum)
AL "Yeti" Bones - Guitar/Backing Vocals (Gypsy Chief Goliath, Georgian Skull, The Mighty Nimbus)
Ray Solomon - Bass (Thy Kingdom Slum, My Terminal Ritual)
Dwayne LaFramboise - Drums (Thy Kingdom Slum, My Terminal Ritual)

NoPo

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20 mars 2022 7 20 /03 /mars /2022 17:43
Album- Gunwood – Dream Boat Jane

Album- Gunwood Dream Boat Jane

 Zamora Label

NoPo 

GUNWOOD Dreamboat Jane 2022


Gunwood me touche au coeur grâce à sa musique et à de bons souvenirs.
Le 21 Juillet 2017, ils enchantent les nocturnes à Saint - Brieuc (derrière les bons élèves Wicked, devenus Cancres).
Les gars, d'une simplicité et une gentillesse désarmantes, nous font le plaisir de retenir, parmi nos photos, un cliché (pris par ma moitié, non pas la moitié du cliché!) pour leur profil Facebook.
Dans la foulée, leur 1er album 'Traveling soul' (après un EP en 2015) nous régale.
Le 9 Mars 2019, ils passent au Grand Pré à Langueux ouvrant pour les délicieux Shake Shake Go qui nous gratifient, en après-midi, d'un showcase où je rencontre Mr Monkey pour le début de ma contribution (Bon, on s'en fout, cela ne vous ... intéresse pas!).
En soirée, Gunwood met dans le mille et fait un tabac avec son folk blues rock finement ciselé.
'Gun' pour Gunnar (Ellwanger l'auteur-compositeur, chanteur et guitariste) et 'Wood' signe une position proche de la nature.
Elevé au gospel, il rencontre Joao Francisco "Jeff" Preto (basse, harmonica, chant) et David Jarry Lacombe (batterie, clavier, chant) en 2013 à Paris.
Après le 1er LP, Gunnar compose avec Nina Attal (Pieces of soul) et Ben l'Oncle Soul puis il prolonge les échanges sur l'EP 'Traveling sessions' avec de nombreux invités (Ben, Hugh Coltman, Yarol Poupaud...)

2022, il lâche sa seconde balle.
Sur la pochette, on rencontre 'Dreamboat Jane', la belle gosse crayonnée par Ben, toujours impliqué.
Plan serré cinématographique sur le visage d'une jeune femme blonde, le dessin reste sobre et beau comme la musique de Gunwood.


Intro rurale à la grosse caisse profonde et coups sur le cercle, la guitare folk prend alors la main pour donner le ton; un léger clavier remplit l'espace et la basse grondante se fond dans la masse.
La voix vient ensuite se poser sur des cordes battues par une main ferme. Cette voix, éraillée et légèrement couverte, traduit toujours de belles émotions.
L'assise rythmique s'installe, très régulière, jusqu'au refrain un peu plus saccadé, exprimant les soubresauts de l'existence 'Changing out there' ... 'changing all the time'.

Sur 'Dear Starlight', l'arpège se fait complice de la voix très colorée et affectée, parfois élevée en choeurs. Batterie et basse interviennent discrètement, les frappes ressemblant à des tams tams.
Les cuivres montrent doucement le bout de leur nez et la batterie bat soudain la chamade après 2 minutes mais l'apparition est courte jusqu'à la flambée, à l'approche des 3 minutes.
La dernière sentence tombe, a capella, dans une subtilité touchante.

'Share a little freedom' flotte sur un country blues bucolique. Cette fois, des choeurs aériens répondent au chant de Gunnar et la mélodie devient ritournelle sereine.
Le clip facétieux de Matthieu et Samuel Berner confirme l'affirmation 'I'm free as a bird'.

'Grow' déroule, mélancolique sur un chemin de vie. Les arpèges combinent, légers, à fleur de corde, comme la voix de Gunnar rejointe par des choeurs magnifiques.
Le son gonfle sous les échos de la basse de Jeff et les percussions où toms et tambourins tambourinent. Au bout de la route, un clavier vient donner du liant et de la souplesse.

Un riff, à la Gerdundula de Status Quo, griffe l'entrée de 'Dreamboat Jane'. L'électricité domine sur ce bateau bien secoué par le vent.
La slide déchire le ciel pendant que basse et batterie essaient de maintenir la coque.
Le clip,  réalisé  par  Auréliane  Camps, présente Jane, personnage pétillant et libre qui se laisse emporter par les flots.

Une cadence sobre mais résolument marquée, montre la direction d'une guitare au picking sonnant. Plusieurs voix se superposent par instants.
'Bonfire' crépite dans une félicité sincère et contagieuse.

Une marmite bouillonnante érupte d'emblée sur 'Better Know Yourself Well'. Le magma du clavier dégouline sur les frappes lourdes.
Surprenant, ce titre développe une mélopée soul, tellement riche, lorsque soufflent les nuées des cuivres puissants. Le rythme claque avec classe et sensualité.
L'émotion (morceau inspiré des suites du tremblement de terre en Haïti en 2010) monte à son comble progressivement et nous envahit totalement avec quelques accents à la Joe Cocker.

Quelle diversité! On enchaine avec un petit country au banjo célébrant le hasard des rencontres.
Le titre léger 'Sunny eyes' respire dans une ambiance acoustique réduite aux accompagnements de guitare folk et tambourin.

Cette fois quelques harmoniques diffusent des rayons de soleil, rapidement cachés.
La batterie roulante part, beaucoup plus franchement, et enchaine, imperturbable, jusqu'au bout entourée par une basse rugueuse.
Gunnar arrache des notes sur sa guitare et sa voix, parfois dans l'écho, semble balafrée.
'Shades' sonne durement et éblouit en même temps, époustouflant!

'Sparkles' calme les esprits avec son clavier lointain et cotonneux. On croit deviner des éclats de clarinette, non?
Le picking à l'acoustique promène tranquillement. La rythmique rappelle tambourin et grosse caisse en fond pendant que la basse rugit.
Après 2 minutes, le tambour s'énerve et un saxophone s'invite, épaississant fortement l'orchestration puis le morceau s'évanouit.

Les voix emmêlées sur 'Ye Jacobites By Name'(joué par le groupe du père de Gunnar) se souviennent des traditions écossaises mais les transposent aujourd'hui.
La folk déliée et dansante entraine sans résistance. Sa montée crescendo se fait dans une ivresse partagée (et la bière coule à flot).
Le final, a capella, donne des frissons jusqu'au bout du duvet.

'Rude thing' porte bien son nom. Le riff, âpre, gratte aux entournures.
Gunnar pousse sur le grain. Le rythme frappe, implacable.
La guitare, avec un rare solo, rappelle les meilleurs moments d'un style blues-rock fiévreux et endiablé.

'Good night song' qui conclut, a été écrite pendant le premier confinement.
Cette douce ballade fait penser aux rues désertes et à la solitude. Un câlin de réconfort d'après les artistes...
Des instruments aux intonations celtiques, synthé/harmonium, banjo, guitare folk viennent offrir un écrin délicat au morceau.



Cet album (bio)diversifié affiche les origines plurielles de Gunnar (Angleterre, Allemagne, France, malgré son prénom scandinave) et sa soif de voyage.
Elles imprègnent fortement sa musique dans des ambiances uniques ou parfois mixtes. Un parfum grisant s'en dégage.
La sincérité de l'interprétation des musiciens donne une ampleur incroyable à ses compositions.
On se laisse embarquer naturellement dans cet instant de vie émouvant. Un grand moment!


1. Changing Out There
2. Dear Starlight
3. Share A Little Freedom
4. Grow
5. Dream Boat Jane
6. Bonfire
7. Better Know Yourself Well
8. Sunny Eyes
9. Shades
10. Sparkles
11. Ye Jacobites By Name
12. Rude Thing
13. Good Night Song
réalisé avec Jean Lamoot (Noir Désir, Alain Bashung...)
enregistré studios ICP à Bruxelles
Artwork Ben l'Oncle Soul

Additional musicians :
Alexis Bourguignon (trumpet)
Thomas Faure (saxophone)
Luca Spiler (trombone)

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18 mars 2022 5 18 /03 /mars /2022 07:55
Album - Wild Rivers - Sidelines

Album - Wild Rivers - Sidelines

 

Nettwerk

 

(Michel ) 

Wild Rivers se forme à la Queen's University de Toronto en 2015.

Devan Glover (vocals) et Khalid Yassein (vocals and guitar) avait débuté en duo sous le label Devan & Khalid ( un EP en 2014) avant de recruter Ben Labenski (drums) et  Andrew Oliver (bass, guitar) pour former Wild Rivers.

Un premier jet portant le nom du combo  paraît en 2016 , suivi par l'EP ' Eighty-Eight' . En 2020, les Canadiens libèrent  un nouvel EP 'Songs to breakup to', sur lequel apparaît un nouveau batteur, Julien Laferrière ( the best French speaker in the band).

2021: un nouvel enregistrement: 'Sidelines'.

Julien ne se voit plus sur les clichés du groupe, désormais réduit à un trio ( janvier 2021:  Some news for you: Our boy Jules has been using this time off the road to focus on school and other life stuff. He’ll be taking a step back from the band, and we wish him all the best! We’re so grateful for the last few years with him and hope to see him on stage in the future. For now, best of luck Julesy!), il est toutefois crédité sur l'album.

 

Track listing
 
1 More or Less
2 Bedrock
3 Long Time
4 Stubborn Heart
5 Amsterdam
6 Weatherman
7 Untouchable
8 Better When We're Falling Apart
9 Neon Stars
10 Safe Flight 
 Wild Rivers is Khalid Yassein [guitar, vocals, keys], Devan Glover [vocals], and Andrew Oliver [lead guitar, synths].
 
Sont repris sur la pochette en dehors des membres du combo et de Julien Laferrière: Justin Glasco, bassist Eli Beaird et Lynsey Cook.
Peter Katis (  (The  National,  Interpol, Sharon  van  Etten)  a co-produit l'album  et manié quelques instruments.
Caitlyn Smith a co-écrit et assuré des backings sur  “Neon Stars” , Robyn Dell'Unto est créditée sur ' Bedrock'.
 
Sur la photo de pochette , prise de haut, le trio  se prélasse sur ou près d'une décapotable, , l'un couché sur le capot du cabriolet, qui ne ressemble guère à une De Trabant, Devan  a pris place à l'arrière et scrute le ciel, le dernier larron s'est appuyé nonchalamment  contre  une portière et fixe la même chose ou la même personne que la chanteuse.
Le nom du groupe et le titre de l'album s'inscrivent à gauche et à droite de la limousine pour former une composition étudiée,  quasi mathématique.
 
L'album ouvre sur une ballade nacrée, enjolivée de superbes harmonies vocales. Au bout de 2'45" un bridge instrumental vient étoffer  'More or Less' , dont l'outro répète à l'infini ...The more I see, the less I know...
T'as pigé qu'on a glissé dans le lecteur un album qui sent bon l'indie folk atmosphérique,  que tu peux rapprocher de leurs compatriotes The Besnard Lakes,  de Girl Meets Bear ou de  Ptarmigan.
 Khalid Yassein assure que le thème de ' Bedrock' ( composé avec la songwriter Robyn Dell’unto, trois albums à son actif) ) est le combat pour la santé mentale, le titre a été composé alors que le groupe résidait à L  A et que Khalid sortait d'une période dépressive.
Le côté pop de la plage peut amener à la placer sur une étagère où tu trouveras Sheryl Crow, Stevie Nicks ou Natalie Imbruglia, une nouvelle fois  tu te laisses bercer par  la douceur des harmonies vocales et par l'instrumentation léchée, reposant sur un jeu de batterie équilibré et cadencé.
La détresse causée par une rupture  se dessine en toile de fond de la piano  ballad mélancolique et veloutée   ' Long Time'.
 Revoir un ex après quatre ans peut encore éveiller des sentiments contradictoires.
Plus soutenu  ' Stubborn Heart' nous entraîne sur une piste déjà empruntée par des groupes tels que The Decemberists,  Okkervil River ou Shearwater.
La vision que le groupe porte sur ' Amsterdam' n'a aucun lien avec celle de Jacques Brel, pas de marins qui dansent en se frottant la panse sur la panse des femmes, Amsterdam est l'endroit où le couple devait se rejoindre, faire un tour on a yellow bike et  puis discuter des plans d'avenir, oui, mais, il y a eu ce coup de fil  signifiant que l' histoire était finie, c'est con, I still got a bill for a ticket that I’m stuck with, j'en fais quoi?
L'instrumentation acoustique ouatée, les arrangements soignés  la voix éthérée de Devan , les choeurs célestes, font d' ' Amsterdam'  un des highlights de l'album.
' Weatherman'  qui suit est   illustré par un clip humoristique.
 Cet upbeat joyeux, à la sensibilité Fleetwood Mac,  offre une note ensoleillée et nous démontre que la palette utilisée par Wild Rivers offre plusieurs facettes.
 Khalid se colle aux lead vocals pour le touchant 'Untouchable', Devan, en sourdine, d'une voix fragile lui fait écho,  l'instrumentation acoustique, à peine secouée par une électrique timide, ajoute un caractère fragile à cette ballade d'un romantisme bucolique. 
Les relations amoureuses foireuses constituent un filon inépuisable, 'Better When We're Falling Apart' en un nouvel exemple: tergiversations, doutes, amour, haine, on se quitte, oui, mais,... Every time we tell ourselves we're finished, well it makes it that much sweeter when we're in it...
A l'écoute de l'album et plus spécialement de 'Better When We're Falling Apart', un gars remarque...it reminds me a lot of The Paper Kites... il a parfaitement raison, délicieuses harmonies vocales sur sonorités lumineuses, mariant guitares acoustiques et lignes électriques fluides, sur assise rythmique soyeuse, le cocktail idéal pour enchanter les âmes romantiques. 
 Caitlyn Smith, une singer-songwriter you need to know, selon Rolling Stone, a aidé à l'écriture de la ballade contemplative  'Neon Star' .
Qu'est devenu  l' amour de jeunesse ( we were  dreaming under neon stars)  lorsqu'on a pris du recul et qu'on se sent aussi léger qu'un boulet.
 D'une voix nasillarde Khalid entame 'Safe Flight' , une dernière réflexion à propos d'une relation en dents de scie.
  La justesse de ton ( l'image de l'avion traversant des zones de turbulences pour décrire les ups and downs de la liaison) , la finesse du propos (  Hearts don't keep well in a suitcase, we're tangoing two-ways...),  encore une fois véhiculés sur un support folk aux senteurs Mumford & Sons ou The Civil Wars, ne peuvent que séduire.
 
 
'Sidelines' est un album intemporel que tu pourras encore écouter dans 100 ans, si notre planète n'est pas transformée en étuve ou qu'un nouvel Hiroshima, puissance 1000, mette fin à toute vie sur terre.
 
Tiens, qui voilà, Etienne!
Comment vont  les Groseille et la famille  Le Quesnoy, tu maintiens que  la vie est un long fleuve tranquille, ok,  c'est ton opinion.
Quant à nous, les eaux  légèrement plus agitées des Wild Rivers emportent nos suffrages!
 
 
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14 mars 2022 1 14 /03 /mars /2022 15:59
EP - Greg Novan - "Doorsteps"

EP - Greg Novan "Doorsteps" 

 

autoproduit 

 

NoPo

 GREG NOVAN EP Doorsteps

Un ptit gars de la province? ça aurait plu à JP Pernaut. Greg vient de Limoges, spécialités?
Couilles de mouton (les amourettes!) mais sa viande de boeuf, a une aussi bonne réputation (un point commun avec la région d'Amérique qui inspire l'artiste...).
Et la porcelaine? Oui aussi, mais bon, je préfère ménager les végétariens et citer le galetou ou le pâté de pommes de terres.

Pour la musique, il vaut mieux rallier la capitale où l'auteur compositeur essaie de faire connaitre son country folk blues rock (faut bien ça!) au parfum du Sud des Etats-Unis.
A Paris, il a l'occasion de jouer avec Hugo Barriol dont on pourrait le rapprocher. Impossible non plus de ne pas penser à Théo Lawrence and the Hearts.
Lui, se dit influencé par le rock 60's 70's, Georges Harrison, Nick Drake ou plus récemment Jonathan Wilson, John Mayer et Coldplay.

D'autres passionnés des states le rejoignent pour ce premier EPétillant :
Louis Schneider Electric guitar, Slide guitar
Pierre Goumy Drums
Clément Butor Bass
Greg Novan, assurant acoustic guitar, Electric guitar, vocals, piano.

La pochette offre une photo de face de Greg, cadrée au dessus du bassin (parisien?), le long d'un boulevard, guitare folk en mains.
Le jeune artiste, frisé, plait certainement aux belles-mères (et pas que...) surtout si son ramage se rapporte à son plumage.
Alors ouvrons les esgourdes!


Une double guitare, l'acoustique devant, l'électrique à l'arrière du taxi, ouvrent le bal en montant dans le vintage van de Novan (non pas Donovan papy!!).
Incontournable, la slide pleure au fond de la piste, et la voix suave n'oublie pas le yeehah du western. Manquent plus qu'les chvaux, y sont dans le moteur!
Les baguettes ne servent pas à manger, elles frappent aussi légèrement le cercle que la peau claire pendant que la basse se la coole douce.
Le solo, au bottleneck, résonne dans les grands espaces. Quant à la ritournelle, elle roule, sans excès de vitesse, dans un paysage évoquant la liberté.
Le clip (réalisé par Lucas Hauchard) amène finalement les musiciens pour un concert dans un château au public hippie chic.
"Il parle de l’énergie et de la force que m’apporte la musique. Il évoque donc la nécessité d’extérioriser ses sentiments avec les moyens dont on dispose."

La guitare folk, à l'entrée de 'Out of the game', prend des intonations country confirmées par la dentelle en reverb de la slide.
Ce son plaintif rappelle la lapsteel et les grands espaces américains. La rythmique allume la veilleuse jusqu'à mi-morceau puis vient la montée crescendo.
La batterie se met à rebondir, comme sur une piste chaotique, et la voix chaude s'élève. Les guitares ont des fourmis dans les cordes.
Au final, l'atterrissage se fait en douceur sur un timbre de crooner. 'I'm still the same' chante Greg, sa version de 'Je n'ai pas changé'?

'Time out' démarre en berceuse sur des cordes cotonneuses. La compo prend ensuite une cadence mid-tempo dans une mélodie particulièrement bienveillante.
L'orchestration magnifique et cohérente se fond dans cette ambiance délicate. Les guitares savoureuses, en nappes, n'en font jamais trop bien qu'omniprésentes.

'Variations of my imagination' n'accélère pas plus, la vitesse n'excède pas celle du coeur au repos. Les vocaux se prélassent tranquillement.
La slide résonne au loin et les cymbales vibrent avec des tonalités pouvant faire penser à Pink Floyd.
Les solos traversent l'air, sans forcer, légers comme un oiseau, ou les pensées fugaces de l'imagination.

'Finally feel' se dessine autour d'un feu sur la plage avec sa guitare sèche et voix presque autant.
Une bonne bière pour désaltérer et accompagner le barbecue et quoi demander de mieux? Les gouttes de piano qui tombent plus loin, ne sont qu'un petit grain qui passe.
L'orchestration s'enrichit ensuite merveilleusement par des choeurs, un synthé, la basse et la batterie pour aller jusqu'au bout de la nuit en toute fraternité.

La discrétion vocale et instrumentale caractérise ce disque. Pour autant, pas question de limoger les musiciens juste parfaits!
Voici un EP gracieux et organique sous l'emprise du coeur, une certaine pureté tellement appréciable à notre époque bousculée.



1- My great outdoors
2- Out of the game
3- Time out
4- Variations of my imagination
5- Finally feel
autoproduction, enregistrement au Sweet Beats Studio (Limoges) et mixage par Nicolas Dufournet du studio parisien Melodium
Photos @camilledossin
graphisme @jessie_svl et @themistytheband

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