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  • : Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
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3 décembre 2021 5 03 /12 /décembre /2021 10:02
Album - Encore à contre courant - White Velvet

 Album -  Encore à contre courant - White Velvet

 

( michel) 

Melmax Music

On s'en doutait, Alannah Myles allait rouler sur le tapis,  mais le velours est blanc, pas noir!

C'est en 2019 que Juliette Richards, originaire de la ville dirigée par un ancien premier ministre, pas encore candidat à la présidence, crée le projet White Velvet.

La demoiselle se meut dans l'univers musique depuis 2005, quelques noms: The Tinun's ( du garage), Golden Gloss and The Cannon ( du stoner), 13th Procession ( folk), elle s'implique au sein de la Compagnie Akté et participe aux spectacles Toxique (sans Britney) , Addiction(s):Paroles d'Artistes ou I need more, plutôt du genre remuante, elle fonde Family Tree, un  oncle  et un cousin sont dans le coup, elle compose ( co-compose) quelques bandes-sons  et enfin lance White Velvet.

Pas mal comme bristol!

En septembre 2019 paraît le premier jet de White Velvet, ' Adulthood', la presse avance l'étiquette pop baroque et au jeu des comparaisons cite Björk ou  Lana del Rey.

Tu dis, Joséphine, oui, c'est  assez osé! 

2021,  White Velvet sort  « Encore à contre courant », une combinaison de compositions et de reprises.

 Tracklisting:
1. Encore un peu
2. Interlude
3. Contre courant
4. Tout simplement (Tout doucement)
5. Trop jeune
6. Dis moi oui
7. La vie ne vaut rien
8. Il n’y a pas d’amour heureux

 

et  sur le lien reçu: 9.  Counter Current 

Crédits:

 Saxophone, guitare, chant, carillon de porte d'entrée et verre d'eau du robinet • Juliette Richards

Louis Chaal à la guitare, Maxime Liberge à la basse et la guitare acoustique, Julien Bella à la batterie, William Karadjian au piano et François Lebègue à la clarinette. 

 

Production • William Karadjian et Juliette Richard

 

Photo de pochette: Poley Luard, une photographe appréciée par les musiciens.  Quelques gens ayant fait appel à ses talents: We Hate You Please Die, Alela Diane, Idles, Sammy Decoster, les Posies, Laetitia Sadier ou Troy Von Balthazar.....

Juliette, vêtue d'un chemisier qui aurait plu à Audrey Hepburn,   prend une pose pensive, le maquillage , légèrement glamour, est superbe, c'est peut-être pas la photo de pin-up que le camionneur épinglera dans son Berliet, mais Vogue pourrait en faire sa couverture!

Le mini-album s'ouvre sur une composition de la jeune Normande, 'Encore un peu' exhale des fragrances délicates, la  voix veloutée ( forcément)   caresse les pavillons , les arrangements, somptueux,  fascinent,  difficile de résister à cette élégante  déclaration d'amour.

Elle passait par là, s'arrête, tend l'oreille, questionne, c'est qui: Rose?

Euh, non, ni Vanessa Philippe, il s'agit de White Velvet. 

La lecture se poursuit sur un interlude aquatique  sur fond de marée montante qui annonce le titletrack du mini-album, ' Contre courant'. 

Dans son coeur, il y a des remous,  et lui, il ne comprend pas, il nage à contre courant, heureusement par d'artère coronaire bouchée, aucun risque de devoir subir un pontage, le flux sanguin est limpide à l'instar du fond sonore, ça va passer, Juliette, il finira par comprendre et vous aurez, peut-être, de beaux enfants!

Elle propose une première reprise,  "Tout simplement (Tout doucement)" de Jean-Paul Dréau, le seul hit ( mais quel  tube ) de Bibie.

Juliette transcende cette superbe mélodie, l'orchestration feutrée, la voix suave, les choeurs célestes.... tous les anges du paradis, et d'ailleurs, ont craqué!

'Trop jeune',  délicieusement yéyé, est décoré d'une guitare aux senteurs sixties, évoquant  les jeunes années de Françoise Hardy et si les Anglais sont logiques, la plage  devrait faire un tabac de Londres à Blyth.

Jarvis Cocker est prêt à appeler la petite Juliette pour enregistrer un duo.

Shakespeare, lui-même, a été séduit.

C'est en 1970 que François Béranger  sort l'album ' Tranche de Vie', un titre de ce contestataire casse la baraque, la romance mélancolique 'Dis moi oui', White Velvet remet cette mélodie, imparable, au goût du jour pour enchanter nos esgourdes.

Quel dommage que le père François, exilé au paradis ou sur les rives du Styx, n'ait pas l'occasion d'entendre cette version   soyeuse.

Après François Béranger, la demoiselle du Havre s'attaque à Alain Souchon.

'La vie ne vaut rien' ou les questions existentielles du pote de Laurent Voulzy qui paraphrase André Malraux.

La version de Juliette ne diffère pas foncièrement de l'original , seule la voix, narrative, aux intonations Marie Laforêt crée un contraste.

Une guitare acoustique  aux teintes exotiques et des shakers crotale aux aguets,  donnent un petit cachet Henri Salvador à cette jolie mélodie.

Après Françoise Hardy, Catherine Sauvage, Barbara, Keren Ann ou Danielle Darrieux, White Velvet a décidé de reprendre Louis Aragon mis en musique par Georges Brassens (Il n’y a pas d’amour heureux) .

Le bonus track est embelli  dans son final par un  choeur astral liturgique du meilleur effet.

 

On te le disait, sur le lien qui t'a été envoyé un neuvième titre apparaît, une version anglaise de ' Contre Courant',  logiquement baptisée  'Counter Current'.

 

L'exercice précédent  de la jeune personne était chanté in English, un séjour prolongé à Liverpool avait permis de lui conférer un accent moins dérisoire  que celui de certains présentateurs franchouillards  branchés. Du coup tu as été écouter son interprétation de ' Cry me a river', pour conclure  que White Velvet  a plus d'une corde à son arc et que ses futures flèches risquent bien d'atteindre le coeur de la cible.

 

Black, blue ou white, le velours séduit.

Eh, tu m'oublies, se plaint Ava Janzen, alias velours!

Mais, non, Ava, tu me signes un autographe?

 

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27 novembre 2021 6 27 /11 /novembre /2021 15:35
Hannah Georgas - EP - All That Emotion (Acoustic)

 Hannah Georgas - EP - All That Emotion (Acoustic) 

 

Arts & Crafts / Brassland

 

( michel).

En compulsant la tonne de mails non lus, traînant dans la messagerie du zine, tu tombes sur l'annonce suivante, Hannah Georgas shares a new video  taken from the EP 'All That Emotion' (Acoustic).

Ton esprit entre en ébullition, il y a des années, c'était avant le réchauffement, la maladie, le 30km/h, le radar hibou, les stationnements à payer ( 3€ l'heure),  jusqu'à minuit, un peu partout dans les métropoles, les trottinettes tueuses et autres joyeusetés destinées à emmerder le commun des mortels ( de dangereux pollueurs), tu te souviens avoir vu à l'AB une certaine Hannah Georgas assurer la première partie de Kathleen Edwards.

Une grande jeune fille pratiquant une pop/americana décontractée et séduisante!

Près de dix ans plus tard, tu te dis que ce ne serait pas mal de prendre de ses nouvelles en te rinçant les pavillons à l'écoute de sa dernière production, "All That Emotion" (Acoustic), une collection de morceaux issus de l'album 'All That Emotion' sorti en 2020, ayant reçu un nouveau traitement, plus soft et  intimiste.

La pochette  nous montre une  photo ( tronquée)  d'une jeune personne vue de profil, cette femme/ enfant timide et sage affiche un vague sourire à la fois pudique et mutin.

 All That Emotion (Acoustic)- tracks

1. Change
2. Someone I Don't Know
3. Punching Bag 
4. Habits
5. Easy
6. That Emotion

 

Hannah, quelques détails concernant l'équipe?

 Graham Walsh and I recorded these acoustic versions together and tracked my piano + vocals live at Palace Sound in Toronto back in February. Ben Whiteley played cello, Drew Drueka played strings, Christine Bougie played guitar and they all sent me their parts from their home studios.

La discographie de la  singer-songwriter (numerous awards and  multiple nominations including three Polaris Prize nominations and four JUNO nominations from Best New Artist to Songwriter of the Year) , désormais établie à Vancouver, se chiffre  à sept enregistrements ,  EP's et full albums confondus.

La dernière collection, ' stripped down, comme elle le souligne ,suite aux restrictions imposées par la pandémie, ouvre sur une version épurée de ' Change'.

La voix séraphique se pose sur un piano moiré et des cordes soulignant le côté intime du texte ... Love is change...  n'est pas tout à fait similaire à I'll love you forever.

Le ton n'est ni acerbe, ni plaintif, c'est en clair obscur que la singer-songwriter exprime ses sentiments. 

Avec "Someone I Don't Know", Hannah ouvre à nouveau un coeur, meurtri par celui qu'elle aime...your disappearing tricks get me down... , violon, violoncelle et piano donnent une touche Leonard Cohen à cette composition mélancolique, la voix, d'une douceur émouvante, lui confère un caractère féminin, absent chez son compatriote.

Vulnérabilité reste un des  qualificatifs majeurs pour définir 'Punching Bag', tu veux être l'homme, tu te caches, mais je peux te sauver, être ton punching bag s' il faut. Cette confession se plaque sur un piano aux allures Eric Satie, tandis que les cordes tapissent un arrière-plan majestueux.

Lenteur solennelle pour décrire une relation vouée à l'échec, Hannah ne ressemble guère à la plus rigolote de la classe, ce n'est ni Cyndi Lauper, ni Bette Midler,  sur ' Bad Habits' on retrouve ses thèmes favoris.

Elle monologue et exprime des regrets, ça n'a pas marché, que reste-t-il: bad habits!

"Easy' par Hannah Georgas n'a rien à voir avec le tube des Commodores,  il s'agit d'une chanson de rupture,... j'avais des tas de choses  à te dire, pour me donner du courage, j'ai bu quelques coups, ça n'a pas servi à grand chose, ce n'est pas facile, you know  your love was never meant for me!

T'as comme l'impression d'être le shrink avec Hannah allongée sur un divan qui relate ses angoisses et ses échecs, 

T'as sorti le recueil de Verlaine et récité ...Les sanglots longs des violons de l'automne blessent mon coeur d'une langueur monotone...

Et puis t'as remis le sablier, il vous reste 5 minutes, t'as annoncé, elle a fredonné  'That Emotion'.

Emu,  t'as décidé de changer de job, tu t'es lancé dans la politique, mais le soir avant de regagner ta couche tu passes 'All that Emotion' ( acoustic) en boucle, car c'est beau!

 

 

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25 novembre 2021 4 25 /11 /novembre /2021 08:01
Naked Passion - The Picturesque Initiative EP

Naked Passion - The Picturesque Initiative EP 

 

JauneOrange

( NoPo) 

NAKED PASSION EP The Picturesque Initiative Septembre 2021


Ouh la belle image de Nicolas Gemoets! Le dessin hybride met le cerveau à rude épreuve jusqu'à l'envers...
Sur un fond noir profond, symboles et formes multiples s'entremêlent dans des couleurs pastel et dégradées roses, violets, jaunes...
Un nouveau test de Rorschach pour moi : une tête trop pleine qui vomit?
Quoi? 'The picturesque initiative'... bon d'accord!

Les 4 titulaires à l'intérieur ont des choses à dire, faut que ça sorte!
Aurélien Etienne - Guitare
Dima Fontaine - Voix, guitare, synthesizer
Renaud Verstraete - Batterie, percussions
Romain Rensonnet - Basse
Bien que liégeois, ils sont beaucoup moins onctueux en témoigne leur 1er EP en 2018.
Rebelote avec cette nouvelle carte musicale alternative.


Une guitare, tout juste effleurée, accompagne une voix de crooner des années 50/60, bordée de choeurs lointains 'It's a new age for chromosomes', pendant de longues secondes.
La musique part alors en dandinements marqués de frappes aussi engourdies que puissantes.
Dans ce passage, on croirait presque entendre le dandy Alex Turner (Arctic Monkeys). Le morceau prend, ensuite, son temps, lourd à déplacer, dans une atmosphère grunge.
Stop peu après les 4 minutes! Un bip bip de guitares épileptiques se multiplie sur une basse ronflante puis clavier, guitares, cymbales de concert, alertent d'une réinitialisation imminente 'Take a clean land and call it home'...
... direction un nouveau monde en évitant le bouclage type 'Edge ou tomorrow'. Avant cela, finir le ménage dans ce mid-tempo pesant et sale.

Un riff stoner caractérise 'Midnight Supersnack Dynamite' et le dernier mot n'apparaît pas pour rien.
La voix, comme la guitare, sature et dérape, exprimant l'urgence d'une remise en cause. Les 1ers mots cognent ouvertement 'Hey there, what's your planet called? Is there a supermarket?'
Le roulis de tambours nappé de guitares chancelantes, déclenche la nausée "Hi there new neighbours How is your healthcare doing? Cause I am quite often sickened by myself".
Un passage perché, sur corde distendue, fait la jonction entre 2 pics énervés. L'accélération pousse, brutale et accidentogène.
Les secousses se ressentent dans tout le corps provoquées par une instrumentation à ski de bosses.
Le clip, en rouge animation, complètement allumé de Nicolas Gemoets, décoiffe!

Un larsen sur roulements de caisse claire, annonce la couleur : noire! Un clip claque.
Sombre la basse autant que le maquillage, envahissant, autour des yeux du joli peignoir à capuche. 
Le morceau tourne tel un manège lugubre dans un film d'épouvante. Un passage suspendu, tête à l'envers, fait froid dans le dos.
L'angoisse transperce les textes de 'Lullabies for Anxiety' et ça suinte moche :
'I'm upset I'm uptight Does living require a healthy mind?'

Guitare éthérée, voix étirée 'As I'm fading, fading, fading'.
'The evening dance', fausse ballade, attire les choeurs langoureux mais Naked Passion ne peut pas en rester là. Une première crise passe.
Retour à la complainte bouleversante, 3 touches subtiles font frissonner une guitare qui devient fébrile et finit par s'irriter.
Le ton monte sous les assauts des voix, puis coule de l'amer comme un mascaret ridé. Un ange passe, une dépression trépasse "I'm just a man I am weak I'm in shambles".


L'expression intense justifie 'Passion' dans le nom. Les compositions bipolaires alternent poussées de fièvre et accalmies.
L'expérience captive l'esprit et ne le relâche pas sa pression insidieuse.
Diable! On aime cette tendre férocité!



1. Chromosomes
2. Midnight Supersnack Dynamite (Clip en animation [5])
3. Lullabies for Anxiety (Clip réalisé par Alexandre Mottard [6])
4. The Evening Dance
All tracks composed, performed & produced by Naked Passion
Lyrics by Dima Fontaine
Recorded & mixed by Laurent Eyen (It It Anita, La Jungle, Lysistrata) at Koko Records in Sprimont (Belgium) between April 2019 & February 2020
Tracks 1-4 mastered by Laurent Eyen, tracks 2-3 mastered by Laurent Eyen & JF Hustin

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23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 13:36
"Ar spi" EP UKAN

 "Ar spi" EP UKAN

 

NoPo

 

autoproduction

 UKAN EP Ar Spi 2021

Kevin Ruellan dirige le Big Band du Penthièvre à Lamballe et enseigne, à Carhaix, un certain nombre d'instruments à vent, forcément celui de la Bretagne.
UKAN en porte fièrement l'étendard. Kevin conçoit ce projet début 2016 qui voit la sortie d'un 1er EP.
Le prononce-t-on à l'OBAMA 'you can'? Certainement pas! A l'anglaise 'Who can'? Pas mieux! Je pencherais pour 'eu kan' à moins que ça se crie comme ça s'écrit.
Pas mal de concerts  ( cf  Plérin ou Paimpol) ... 5 ans déjà, une équipe partiellement renouvelée et le 2è EP arrive enfin.
On aimerait un rythme de création plus élevé mais le contexte ne le facilite pas malheureusement...

Ar Skipailh (l'équipe) :
Kevin Ruellan chant, claviers, saxophone ténor, textes, compositions, arrangements, production
Gaëtan Buzaré Guitare électrique
Eva Montfort Basse
Arnaud le Breton Batterie
Kenan Trevien Mixage
Christophe Soulé Mastering

Sur la couverture, la photo de Vincent Paulic situe la marée descendante au pays de St-Brieuc sous un beau ciel... breton, 'UKAN' à l'horizon.
Kevin, de dos à l'avant-plan de sable humide et pierres enfoncées, porte le noir et le haut de forme, au propre comme au figuré!

Le carton contient 5 vagues écumantes :
1. Kanenn ar bleiz 03:56
2. Ar spi 04:03
3. An alkemiour 04:03
4. Dañsal en ur leñvañ 03:51
5. E-lec'h ma e fell din mont 04:06


'Kanenn ar bleiz'(Ode au loup) ne nous est pas inconnu, déjà interprété en concert, mais quelle instrumentation pleine de punch pour cette entrée en matière!
L'intro, magnifique, en jette avec son espèce de biniou électro (synthé?) rejoint par un riff de guitare métallique. La basse vient, un peu, arrondir les angles pendant que la batterie les pointe.
Soudain, la guitare assagie, joue jazzy, en toile d'araignée, et la voix basse de Kevin  (plus couverte mais au timbre Christian DECAMPS de Ange) vient s'y coller, 'Ennomp ‘vev ul loen', en nous vit un animal.
Au final, la guitare sauvage et les cymbales trébuchantes explosent le chant du loup.

Après que la chanson ait été dévoilée sur FR3 en début d'année 2021, la récente vidéo 'Ar spi'(L'espoir) annonçait la publication de l'EP nouveau (meilleur que le Beaujolais), Alléluia!
Kevin dénonce les folies du monde dans un morceau furieusement chaloupé.
Ecoutez-moi cette basse rebondie et slappée, on sent qu'Eva tâte de la contrebasse! Quant au synthé (à la vôtre!), il kitche net!
La guitare griffée, façon funky, de Gaëtan ne ment pas. Le morceau, très dansant, donne envie de s'éclater devant le Mar'mousse à Plérin ou le port de Dahouet à Pléneuf.
Quelques paroles en anglais gonflent ce potentiel excitant :
'I'm building a rescue team
Will you step in my dream
Get on board the lifeboat. Come on Come on'
Un court passage, plus progressif, relance la dernière strophe euphorique stoppée au top.
Un tube à tourner et tourner (et tourner) sur les ondes brezhoneg et pas que!!

Voix principale sur de superbes choeurs hurlant en ouverture, on se croirait sous la pleine lune (ah ben non, c'était dans la première chanson!).
Le piano moiré de 'An alkemiour', tellement apprécié live, dégage toute la chaleur de sa forge et produit toujours un délicieux effet (mer évidemment).
La cadence provoque des ondulations du corps (beau bien sûr, c'est la couleur de l'artiste sur la pochette).
Le titre signifie l'alchimiste... mais cet alchimiste transforme l'animal sauvage en un être accompli :
'unvaniñ ma fersonelezh Ha treuzfurmiñ Al loen gouez' ...
... et quand j'entends crépiter cette magie disco breizh, j'y crois fermement!

Piano électrique, maracas, basse slappée et grosse caisse, guitare épileptico-funky en diable, petit à petit, tout s'empile sur une face trémoussante, on entendrait presque les Parcels en boucle électro!
La batterie, métronomique, n'en fait pas des caisses. La voix, légèrement voilée, se promène comme la brume sur l'océan. On craint la panne de son à 2 minutes, la blague!
'Dañsal en ur leñvañ'(Danser en pleurant) et son refrain entraînant, libèrent la finesse du jeu de guitare sautillant.
Un bref couloir prog entonne une moralité en anglais ' We don’t protect nature, We are nature' (YES aurait pu chanter... we can) , tellement vrai!

La guitare perce le dernier titre 'E-lec'h ma e fell din mont' (Là où je veux aller), plus sombre, parti dans un jazz-prog, influence déjà présente sur 'Ene ar bed' de l'EP précédent.
Les paroles mélancoliques et poétiques expriment un mal être. Pourtant, l'instrumentation, riche, assoit une sérénité toute simple. La basse louvoie avec tant de musicalité.
Les cordes continuent de faire descendre des rayons de soleils vivifiants. Une couche de synthé vient donner de l'épaisseur au son puis le saxo, brillant, apporte sa magmatique contribution.


La sensibilité exacerbée de Kevin est tellement perceptible, pourtant il arrive à la convertir en douceur attachante pleine d'empathie. 
La bioéthique, en breton dans le texte, expressive, constitue une vraie force et se transmet sans traduction.
Les compositions, maîtrisées, possèdent un charme naturel et une élégance indéniable. MEUR (GRAND)!

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22 novembre 2021 1 22 /11 /novembre /2021 10:05
Cancre EP « Étrangler »

Cancre  EP « Étrangler »

 

NoPo

 

Upton Park

 

CANCRE EP Etrangler 2021

Bon, je vais essayer de ne pas trop rabâcher malgré mon âge bientôt rabat-joie.
Je n'y vais pas par 4 chemins non plus, CANCRE mérite, direct, une mention excellent. C'est dit!
Je vous avais déjà prévenu avec Face au Vent!
Le trio breton (et qui dit trio dit power, qui dit breton dit... breton!) :
Robin Millasseau guitare et chant
Mathias Millasseau basse
Klet Beyer batterie

La dernière fois que j'ai vu Robin, il jouait l'acrobate sur une instrumentation dépouillée à la télé, filmé live au Sew à Morlaix (leur foyer antérieur).
Depuis cette session face au vent (EP), le groupe continue d'avancer sur les traces du grand-oncle poilu et publie 4 nouveaux (pas tout à fait) morceaux.
Le barbelé sur la pochette, partiellement masqué par le scintillement d'un soleil vaillant, traduit l'ambivalence du propos : beauté et atrocité.

1 Étrangler
Paroles de Mathias MILLASSEAU, Clet BEYER, Robin MILLASSEAU
2 La Tête Au Ciel
Paroles de David SANDER, Robin MILLASSEAU
3 Signes
Paroles de Mathias MILLASSEAU, Eric DIGAIRE, Clet BEYER, Robin MILLASSEAU
4 Survivants 
Paroles de Mathias MILLASSEAU, Clet BEYER, Robin MILLASSEAU

Musique de Clet BEYER, Eric DIGAIRE (matmatiste morlaisien), Mathias MILLASSEAU, Robin MILLASSEAU

En piste!

Sur un piano sonnant et trébuchant, les premiers mots de Robin en imposent comme des mains qui guérissent 'Etranglez qui le calme, étranglez'.
Quelques impressions backmasking et les accords à la guitare progressent sur une rectiligne portée par la complicité basse/batterie.
La poésie du titre 'Etrangler'(er), un peu mystique, prononcée avec tact et brio, s'écoute avec un plaisir fanatique. Les décrochés de voix de poitrine en pointe falsetto donnent de l'ampleur à l'émotion.
Une faille centrale, sombre, exige d'écouter en silence une corde pincée sur un bourdonnement.
Le retour de la mélodie à la guitare invite des choeurs et sons d'archet sèchement frotté avant la voix chaude, en montée finale, éclaboussée de notes au piano et soulevée par des roulements de caisse claire.

En juin, ils ont levé 'La tête au ciel' (mais, déterminés, surtout pas la tête en l'air) et observé des nuages chargés. Le poids de la complainte fait monter de noirs désirs transcendés.
Ouvert par des peaux en résonance sur un rythme martial, la musique se flagelle avec les pics tordus d'un synthé. On entend de douloureux choeurs lointains, une guitare virevolte.
Les vocaux mélancoliques, parfois se perdent dans un road trip paumé, en direction de nulle part. 
Le clip, black and white, filme les 2 frères en étreinte touchante, dansant dans les bras l'un de l'autre, et ceux de la nuit.

'Signes' prend à contrepied par un ton plus enjoué, le coeur et les choeurs plus légers.
Le rebond de la basse retentissante fait sauter les bouchons et les baguettes sur les cymbales.
Les accords de guitare voilent à peine la voix. Ils reviennent, par instants brefs, plus vaillants.
Les textes magnifiques, accaparent l'oreille au point, parfois, d'en oublier la musique :
"Étourdi par les rayons
Briser les nuages
À s’en décrocher la raison
Se libérer des mirages"
Un synthé chaloupé ajoute à la légèreté des voix primesautières puis s'envole au loin dans l'insouciance.

Une guitare saturée et stridente nous promet un rock tendu.
Basse/batterie calent une rythmique puissante et régulière laissant le champ libre aux vocaux en transes et aux plaintes de la gratte égratignée.
Les paroles marquantes, portées par un grain rauque, nous imprègnent toujours autant : "Amour esprit beauté, Ne sont plus que litières, Où coucher sans espoirs tes frères survivants"
'Survivants', Cancre veut en faire partie et surtout éviter de tourner en rond. Ce morceau, tourmenté, épique, s'échappe par des chemins de traverses et surtout pas des boulevards.
Il suffit d'écouter ce saxo free jazz narguant la guitare ahurie. La musique s'achève sèchement sur un ronflement lugubre.


Argh, déjà fini! Je m'étrangle tout seul, c'est quoi cette copie? Mon stylo commençait juste à s'échauffer et mes oreilles à bourdonner grave!
Tiens, ça mérite pas plus que le nombre d'exercices 4... sur 4 évidemment! Ah merde, ça fait 20/20 ça? Faudra quand même faire plus, la prochaine composition..

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21 novembre 2021 7 21 /11 /novembre /2021 10:30
AGLA and the CROWS Hello Khoffi EP + Interview

 AGLA and the CROWS Hello Khoffi EP + Interview

 

NoPo

self-released

 

 AGLA and the CROWS Hello Khoffi Octobre 2021 + Interview

Les 5 corbeaux perchés viennent de sortir leur 2è EP conceptuel autour de l'histoire de Agla.

Jeanne Imbert, Chant, claviers
Elie Lancieaux, Chant, basse
Arthur Broyard Guitare, choeurs
Kylian Berger Guitare, choeurs
Hugo Baranger Batterie, percussions


Comment vous êtes vous rencontrés et quand ?
On s'est rencontrés au lycée en 2018. On était ensemble au conservatoire, dans la même classe pour 3 d'entre nous (musiques actuelles).

Etes-vous tous encore étudiants ? Comment arrivez-vous à organiser vos répétitions ?
On est 4 à être encore étudiants, seul Hugo le batteur travaille comme animateur en milieu scolaire. On se voit surtout le week-end pour jouer ou répéter. On affectionne beaucoup les résidences aussi, c'est ce qui nous permet d'approfondir les choses.

Qui compose la musique ? Qui écrit les textes et a eu l’idée de l’histoire ?
L'histoire nous est venue naturellement assez vite, on l'a imaginée d'abord à 4. Puis Jeanne a rejoint le groupe, et depuis nous avons tout imaginé ensemble. Nous composons nos titres à 5 puis les textes sont majoritairement écrits par Jeanne et Elie.

Quelles sont vos influences musicales ?
Elles sont très variées, on écoute tous des choses très différentes. Mais comme influences pour le projet on pourrait citer Catherine Baseball, Twenty One Pilots, Rage Against the Machine, Shaka Ponk, les Pink Floyd...

On perçoit beaucoup de choses différentes dans votre musique (pop, prog, soul, jazz, hip-hop, reggae, rock, metal…) ? Est-ce intentionné ou au hasard des compositions ?
Cela vient de nos goûts personnels, on se laisse surtout porter par nos envies et on ne s'interdit rien lorsqu'on compose !

Votre musique est très construite avec beaucoup de changements, est-ce que ça demande beaucoup de rigueur ? Est-ce que ça laisse quand-même assez de liberté à vos Live ?
C'est justement parce qu'on se laisse une liberté entière que l'on se permet de creuser aussi loin que l'on peut quand on a une idée.

Arrivez-vous à programmer suffisamment de concerts ? A quel rythme ?
Le booking est quelque chose qui nous demande énormément de temps et d'implication. Notre but est de jouer le plus possible, car le live est l'essence même du projet. On aime beaucoup le fait de jouer dans des lieux très différents : cafés concerts, festivals, salles...

Qui s'occupe de la communication, réseaux sociaux etc.?
Les plus motivés ! C'est aussi quelque chose qui est difficile, on n'arrive pas forcément à bien toucher les gens sur les réseaux sociaux même si ça reste un très bon outil.

Avez-vous déjà des idées pour le prochain album ? La suite de l’histoire ?
L'histoire qui est contée dans notre livre n'est pas encore entièrement illustrée en musique ! Le but est de sortir un album qui couvrira toute la fin du livre.

Les nouveaux morceaux joués sur scène seront-ils intégrés? Notamment le très beau 'Children Dreams' qui semble plus ancien?
Beaucoup de morceaux du live seront intégrés à l'album, ainsi que des morceaux exclusifs. Quant à Children Dreams, ce n'est pas prévu ! C'est l'un de nos premiers morceaux et même si on l'apprécie beaucoup, il reste moins construit que d'autres. Mais il n'est pas exclu de l'enregistrer un jour...

Quelles sont vos envies d’évolutions dans les mois qui viennent ?
Jouer le plus possible, préparer l'album et trouver les bonnes personnes qui puissent nous aider à pousser le projet le plus loin possible !

Autre choses à déclarer ?
Rien à déclarer !

Alors, direction la frontière Belge pour une publication Concert Monkey!

L'EPi-sode 2 : HELLO KHOFFI
1-Khoffi
2-Intro
3-Hurrykane
4-HK
5-Hey salope!
6-Kodem

On passe la première avec un élan instrumental ethno-prog (euh, ça veut dire quoi cette étiquette?).
Un synthé hurleur, lanceur d'alerte, joue la (petite) sirène. Batterie puis basse réagissent. 'Hello Koffi', bien noir, entre alors dans un passage à roulements tribaux (oui 3 fois beau aussi!) qui secoue la guitare.
La sarabande se prolonge rameutant tous les instruments dans le mood, jusqu'au rappel des tam-tams (préférés aux signaux de fumée).

La seconde, 'Intro', en interlude, resitue l'histoire dans sa position chronologique.

Ca chauffe en 3è. 'Hurrykane', un 'k' d'ouragan? On y retourne à l'ethnique, tambours, claquements sur les cercles et percussions en avant puis le motif carré à la batterie, accompagné par des arpèges de guitare en dénivelé, enveloppe un bip régulier ressemblant à un électro-cardiogramme plat.
Le synthé, lui, en sinusoïde dans un premier temps, tournoie ensuite, très haut, par un gimmick accrocheur.
Après 4 coups théâtraux, l'ouragan approche, on bascule les cheveux dans le vent et on secoue la tête au rythme des cordes grattées.
Une 2è série de frappes appelle un couple synthé/guitare inspiré puis 4 derniers coups annoncent le retour de la rengaine mélodieuse au clavier puis les tambours bouclent la boucle. Morceau à faire tourner en boucle...

Les initiales 'HK' marquent la 4è, pleine de finesse et langueur touchantes traduites par des gouttes de piano et des dentelles à la guitare.
La compo passe par plusieurs couleurs, de la ballade chantée par Jeanne, au reggae sous la voix de Elie, rejointe à nouveau par Jeanne dans un combat (ba)rock aux mots douloureux 'I have a pain in my head'.
Des mots chuchotés par des langues de vipères effraient (on trouve ça chouette), et se frayent un chemin vers des cris de corbeaux, avant le final, quasi métal, qui percute 'Bullet in ya head' (normal pour la douleur!) en rage contre la machine. Quelle épopée!

La 5è ne s'économise pas. 'Hey salope' scande une série de gros mots dans un rap agressif et (g)riffé. Un intermède poppy, aux choeurs enjoués, coupe la poire râpée en deux.
Au milieu du morceau coule un passage progressif illuminé par une guitare évoquant Wishbone Ash.
Un rayure, répétée sur les cordes, accompagne ensuite les choeurs, puis au bout, une guitare bégaie, en sirène d'ambulance, pendant qu'une seconde gratte se lâche par un enchaînement de toute beauté.
Plusieurs morceaux dans un même morceau, 'on ne s'interdit rien lorsqu'on compose !' qu'ils disent plus haut... CQFD!

Quelques bruits et paroles, liées à l'histoire, laissent place à une mélodie floydienne. On embraye la 6è en mode guitares psyché-zen.
Hugo joue du rebond. Quand les voix emmêlées se font entendre, on grimpe au rideau surtout lorsque le beau grain de voix de Jeanne nous précède.
'Kodem' tel un coda, conclut de belle manière l'histoire d'Agla avant le prochain épisode... A suivre!

 

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13 novembre 2021 6 13 /11 /novembre /2021 12:38
Album - Sequel(s) by Orpheum Black

Album - Sequel(s) by Orpheum Black

 Blood Blast

NoPo

 ORPHEUM BLACK Sequel(s) 2021

Les 5 musiciens viennent de quelque part, surtout de la région d'Orléans.
Leurs expériences passées paraissent riches : Romain et Greg 10 ans chez Wild Dawn, Mélodie chez  No Sign, Nothing Gauthier The Lunatiks, Paskal Desuert les rejoint, en dernier, pour finaliser le line-up.
Mélodie Archambault : Chant, claviers
Grégory Daudin : Chant, Guitare
Romain Clément : Guitare
Gauthier Daniels : Basse
Paskal Desuert : Batterie

Quand j'ai commencé à me documenter sur le groupe, je me suis dit 'ouch', y'a du boulot!
Les Orléanais sortent, en effet, une oeuvre très ambitieuse et dense, relatant un voyage introspectif en quête de sens.

'Sequel(s)' continue l'histoire de 'Act I' (paru début 2020) dans un concept-album très cinématographique (le nom 'Orpheum' est d'ailleurs le plus souvent associé à des salles de spectacles).

Le visuel aussi poursuit ce chemin et ressemble à une affiche de cinéma, 'A new chapter begins soon' ou le retour...
'Orpheum black présente SEQUEL(S) 1er album' comme une punchline flanquée au dos d'un personnage en filigrane, domine une photo des 5 musiciens en forêt, la femme dans un fauteuil (on sait qu'elle est importante, ouch!).
En bas, figure l'année de parution et la distribution. La pochette CD ne reprend qu'une partie de cet artwork numérique complet.

Les influences?
Dans la famille prog-metal, je suggère les parents Anathema et Tool, les enfants Soen et Steven Wilson...
... et pour les petits enfants (comme OB, en somme), les très cinématiques Derev et Spectre Beneath.
Ici, les auteurs composent textes et musique en même temps pour mieux coller aux émotions et les morceaux, souvent mélancoliques, se rejoignent par des ponts textuels et musicaux.

Oui, on peut ressentir 'Mantra' telle une invocation.
Les 1ères notes, aux arpèges électriques, annoncent une météo sombre avec de gros nuages. Une seconde guitare pleure.
Pourtant, dès que la voix de Mélodie perce, on sait que la lumière jaillira dans des éclaircies aérées. Gregory vient hurler avec elle, une éruption.
Ses vocaux, clairs, puissants, grondent comme l'orage, Mélodie soutient sa douleur.
Le solo de guitare zèbre le ciel en plusieurs endroits, finissant dans une envolée techno-prog à la Steve Vai ou Tool.
Quand Romain lâche prise, le clavier ramène une ambiance tristement prenante.

Il pleut des cordes toxiques sur 'Seized by Depth' pesant, où puissance et retenue alternent.
Les voix arrosées d'acide font monter leurs plaintes parfois ensemble, parfois imbriquées, parfois en rotation.
Le final éthéré s'enfonce au plus profond dans le néant.

Une cadence martiale démarre 'Head on fire' avec des claviers en pointillés. Le groupe compose cette chanson très tôt dans son histoire mais l'intègre, plus récemment, changeant ses arrangements pour le live.
Grégory prend les commandes avec sa voix couverte et doublée d'abord puis Mélodie vient à la rescousse transportée plus loin par des choeurs.
Le solo de guitare plein de magma fait des vagues et le chant, des vocalises chamaniques du plus bel effet.
La voix de Mélodie saisit et celle de Grégory aide à la mettre en valeur.

'Strangest dreams' entonne voluptueusement par 2 voix douces mêlées et les cordes égrenées légèrement sur des effluves sanglotantes de violons.
Sur le clip, des portes noires, comme autant de points d'entrée, parsèment une belle forêt automnale.
La batterie tribale vient réveiller tout ça par ses roulements. Les voix bouillonnent crescendo et s'énervent alors sous les claquements.
La chorégraphie des 2 chanteurs acteurs (Grégory, le voyageur et Mélodie, la muse devant les autres musiciens 'alters') s'installe, entourée de superbes couleurs rouille, pareil à la chevelure de la muse, coiffée d'un diadème solaire (qu'on retrouvera, plus tard, dans le coffre de la voiture sur 'Together & alone').
Le solo de gratte tranchant ouvre les veines pendant que les sons de synthé-violons, pas lassés, jouent la scie. L'émotion grimpe à son comble.
Le court-métrage s'achève par la chute du voyageur, emprisonné dans l'obscurité, après avoir touché la main de la muse, échappée jusqu'à l'entrée d'une porte noire 'Hold my hand while I'm falling'.
Composé à 5, ce 1er single traite de la puissance des liens entre individus.

'The black', contrairement à son titre, démarre sur un motif accrocheur. Le rythme mid-tempo entraîne des voix tranquilles et séparées (bien que doublées) sur les couplets, fougueuses et ensemble sur les refrains.
La guitare, très rock, couplée à un orgue groovy, apporte un climat fleurant bon les seventies.

'Alive', lui, aurait pu s'intituler 'The black'.
L'entrée se fait sur une route bien rectiligne que ce soit au niveau des frappes, du riff épais, souligné par un clavier, ou des lignes vocales fougueuses.
Oui mais voilà, un peu après mi-morceau, le ciel se couvre et une voix death arrive au premier plan.
Bien vite, Mélodie ramène un peu de lumière sur des bases pourtant bien lourdes avec basse/batterie qui cognent.

A nouveau, basse/batterie plombent l'ambiance à l'entrée de 'Unsaid forever' et Mélodie, possédée, psalmodie son texte angoissant 'This is the end of us'.
Guitares et claviers se mettent alors à tournoyer. Le rythme change continuellement et force les vocaux à s'adapter.
Des passages, secs, au pouls faible alternent avec d'autres, plus fiévreux, rendant le morceau complexe.
Le clip fusionne les 2 personnages, dans des formes et ombres rougeoyantes, par des effets stroboscopiques pendant que la guitare trace un solo final percutant, s'arrêtant sur le visage de la muse rayonnante.

L'intro de 'Together & alone' me ramène aux émotions dégagées par Anathema avec des claviers et samples recherchés et des voix mixtes aériennes.
Le morceau entre ensuite dans un balancement cocoon, au son de violons, avant un instant suspendu.
Assez vite, le solo de guitare, lent et épuré, développe, par des harmonies magnifiques, une atmosphère flottante au milieu d'un bouquet de flamants roses rappelant D.Gilmour.
Dans le clip, malgré le conseil 'Don’t be afraid of the dark', on suit une fuite effrénée de la muse, à travers des ombres fantomatiques effrayantes (ses alters), achevée dans un souffle épique à 2, avec le retour du voyageur devant une porte aveuglante 'Blinded by the truth'.

'Way back home' insuffle un peu de sérénité comme sa désignation l'indique.
Piano, fond d'orgue, tendance acoustique, guitare en arpèges, sont joués avec beaucoup de finesse (on attendrait presque la voix de Kate Bush).
La mélodie, en sinusoïde, et la combinaison de guitare électrique/acoustique transmettent des émotions à fleur de peau.
La clôture, fouettée, fait monter les voix crescendo vers une exaltation. La belle ballade s'arrête sur une touche de piano.


SEQUEL(S) est un album qui s'apprécie dans la durée. Les multiples écoutes font grandir un plaisir insoupçonnable.
La merveilleuse osmose entre les 2 voix, à la fois techniquement maîtrisées, mais aussi, remplies de passion, fait frissonner.
L'instrumentation, solide dans la rythmique et très riche dans les combinaisons guitares/claviers, cache souvent de nouvelles notes à découvrir.
Beaucoup de talent, de recherche et une grande motivation rendent cette oeuvre incontournable cette année.


TRACK-LIST
01 - Mantra
02 - Seized by Depth
03 - Head on Fire
04 - Strangest Dream
05 - The Black
06 - Alive
07 - Unsaid Forever
08 - Together & Alone
09 - Way Back Home

Produit par Romin Clément

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7 novembre 2021 7 07 /11 /novembre /2021 12:47
Cuffed Up – Asymmetry EP

Cuffed Up Asymmetry EP

 

NoPo

 

 Royal Mountain Records

CUFFED UP Asymmetry 2021

Le groupe part d'une rencontre entre Ralph et Sapphire Jewell (quel pseudonyme! son nom?) et se forme en 2019 à Los Angeles.
Sont-ils membres de la police judiciaire de L.A ou ont-ils quelques tendances sado-maso (les 2, me susurre ma voisine qui aime les uniformes)?
En tous cas, menottés (Cuffed up) ne les gêne pas pour jouer de leurs instruments... maintenant, à quatre musiciens :
Ralph Torrefranca Guitare, voix
Sapphire Jewell Guitare, voix
Vic Ordonez Basse
Joe Liptock Batterie

Ils sortent un 1er EP 5 titres en 2020 avant leur nouvelle publication asymétrique.
Pour l'anecdote, le visuel de 'Politicians in my eyes' sorti en en single énervé (Octobre 2020), s'inspire de Supertramp 'Crisis what crisis' (l'homme dessiné dans le transat porte ici un costard plutôt qu'un short).

La pochette de 'Asymmetry' semble poser une image plus douce... quoique, ça dépend de quel côté on se place...
Deux fleurs, très colorées, se font face; on peut dire que l'une est une belle plante pendant que l'autre en bave, fondant comme un plastic trop chauffé.
Une crise? Je vais bien tout va bien? Pas sûr quand on s'arrête sur le contenu...

1.Bonnie 03:31
2.Terminal 03:04
3.Canaries 04:01
4.One By One 03:25
Produced and mixed by Brad Wood
Mastered by Hans DeKline

On se posait des questions sur leurs moeurs, voici que dans le clip 'Bonnie' (réalisé par Ralph), homme et femme inversent leurs personnages. N'oublions pas que 'Bonnie' ment.
En filigrane de l'histoire de Bonnie & Clyde, le texte dénonce des relations amoureuses toxiques.
Le truc commence par une batterie épileptique suivi d'un accord de guitare élastique plein de réverb. Elles sont deux à mener la course autant dans les chicanes que dans les lignes droites.
Le gars et la fille en couple dans le refrain, se séparent dans les couplets, Sapphire comptant les coups ('strike 1... strike 2... strike 3'). Les 2 chantent avec harmonie et conviction.
Les refrains éruptifs filent à grande vitesse et l'enchaînement, en dérapage, tirant sur les cordes comme sur des freins dans les virages, force à s'accrocher à sa ceinture.
On se croirait derrière les manettes d'un jeu vidéo, plaqués au fond du baquet.

Après le baquet, 'Terminal' n'annonce pas le bac et n'arrange rien psychologiquement, Ralph exprimant ses crises d'anxiété 'I’m terminal for life'.
Le riff tordu, à la gratte devant la basse ronflante, met d'ailleurs d'emblée un peu mal à l'aise.
A l'arrivée du chant, les 2 notes à la guitare prennent des faux airs de Nirvana.
Le rythme ralentit et s'alourdit. Alors la batterie roule des mécaniques sous les cris de Sapphire puis Ralph prenant le relais, avant que les deux voix se marient merveilleusement.
'Hallelujah’s coming back! All over and over' fait remonter des crachats sanglants (beurk!) dans le clip où les 4 musiciens, portant des chemises d'hôpital, finissent au sol, à l'agonie.
On espère pourtant que 'Terminal' n'est pas leur état ni la fin!

Du coup, un titre comme 'Canaries' me fait un peu peur... Je me souviens d'Ozzy leur arrachant la tête! Va-t-on virer au gore?
Mais non, on reste au sec, c'est du goretex!
La composition me rappelle Sonic Youth avec son riff tendu et son chant, parfois proche de Kim Gordon, essoufflé par une cadence agitée.
La voix de Sapphire, paniquée, court sur un fil, comme poursuivie par un boulet de canon breedersien. Ralph intervient, plus assuré : 'Don’t settle down don’t compromise'.
Le passage instrumental lâche la bride aux guitares larseniques, déstructurées et saturées qui ne s'éc(h)o-nomisent pas dans leur résonnement tourmenté.

'One by one' ouvre un peu plus sereinement, on pourrait presque penser à la douceur de Nada Surf mais une délicieuse guitare saturée revient bien vite nous chatouiller les oreilles.
Le chant de Ralph, seul cette fois, va de l'avant. La solidarité des instruments, ensemble, donnent de l'épaisseur à cette belle conclusion 'Send your prayers for luck, best wishes for now'.

Ancrés dans les 90's, les Américains viennent de publier une série de morceaux enthousiasmants.
Plus matures sur ce 2è EP et libérés, ils ont trouvé la clé des menottes et choisi leur direction.
Ralph, cet EP serait-il une analyse, un exutoire? Pas de malaise asymétrique pour moi, tu peux continuer, ça me fait du bien aussi!
 

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 12:39
Silt - EP - Contact High

 Silt - EP - Contact High 

 

Independent release

( michel)

 

Quelle idée bizarre, se choisir "limon" comme nom de groupe..

T'as la mémoire courte, tu oublies Mud ou Scum  et puis Etron, ça ne te dit rien?

 

Silt ( Melbourne)  voit le jour en 2019, la figure centrale étant Jessica Polain, qui avait démarré une carrière de singer-songwriter quelques années plus tôt ( on a retrouvé une vidéo, très DIY, d'un titre baptisé 'The rest is history'). 

En 2020,  Silt pond quatre singles, octobre 2021, leur debut EP "Contact High"  est un fait.

Six titres:

Introduction / Dreamin' / I always need a break / My Ordinary/ You Hate it /  Cassette Tape.

 

Line-up: Jessie Polain - vox/keys/guitar / Josh Barretto - guitars /  Harry Monaghan - drums/pads

The EP features  Danna Yun for the string arrangements and Tearnu Graham ans Saskia Clapton on bass.


Engineering: Jimi Lloyd-Wyatt   

 

Pochette: cover art by Lana.

Oui, Jessica?


Give this awkward cactus gal the attention she's pretty sure she wants. She brought roses for you!

Merci pour les roses, madame, tu connais Jacques Dutronc? 

Au resto, avant d'attaquer les plats, t'as pour habitude d' opter pour  un apéro, Silt fait de même et propose une vaporeuse  ' Introduction' de 59 secondes, à consommer sans glaçon!

La suivante ' Dreamin' ',  comme tu peux le supposer, évolue dans un univers dream pop d'où le groove n'est pas absent. 

Quand t'es dans une relation stable tout va pour le mieux, ..it feels sweet like hearing your home, warm like atmosphere around us.. t'es toujours là et c'est agréable de s'endormir en portant un de tes chandails.

Pas vraiment comparable au ' Dreamin' ',  le power pop suprême de Blondie, les rêves de Silt sont plus lisses, le bonheur est dans la simplicité, il peut-être candide et exempt d'affectation.

Musicalement aussi, tout coule de source, riffs limpides, jeu de batterie juste un peu plus nerveux, synthé soigné et des vocaux soyeux, avec en toile de fond de jolies harmonies.

Aucun nuage à l'horizon! 

'I always need a break', sorti en single avant la parution de l''EP, explore les mêmes climats délicats , un  solo de  guitare plaintif vient déchirer l'euphonie au bout de 3'30" , le voilà, le bridge  attendu. Très vite, le morceau reprend son cours paisible, les smooth vocals de la madame glissent comme une brise légère  au dessus  des pâquerettes se couchant dans une prairie verdoyante, alors qu'une flopée de cassicans flûteurs ont entamé un concerto mélodieux, en voltigeant à la surface  du ruisseau aux eaux limpides.

Intro bidouillée au synthé, suivie de quelques accords de guitare avenants, ' My ordinary', dont les lyrics introspectifs  sont de la plume du guitariste, baigne dans des climats ouatés évoquant Beach House, Still Corners, Alvvays ou d'autres adeptes de rêveries quasi mystiques.

'You hate it',  le lead single du disque, offre une orchestration plus sophistiquée, avec l'apport de violons (  Danna Yun) . Basse et batterie génèrent un tempo serré sur lequel la guitare, les cordes, le synthé et la voix sensible de Miss Polain  peuvent se déployer en étant assurés de ne pas sombrer.

Jess, can you explain the title?

 "I wrote this in a bit of a state. All the lyrics were written on a train home from work after I had spent the day stewing over a particular argument. Something that always seems to crop up in my songwriting is my need for space, and learning how to ask for it and set boundaries. This song is no exception. I have to say I am very proud of this one, especially the very direct, almost stream-of-consciousness lyrics in the bridge. The strings, arranged by the incredible Danna, really brought the drama of this song to life."

Ah, oui, de là... space is just the temple I need!

Quoi, baby, non, il ne s'agit pas de Stevie Nicks, c'est vrai qu'on peut y songer!

'Cassette Tape'.

 Et donc, la cassette audio revient en force, un brin de nostalgie pointe le bout du nez à l'écoute de la dernière plage de l'EP, dominée par des nappes de synthé s'entrelaçant, avant l'arrivée en force d'une batterie remuante, accompagnée par quelques piques de guitare en arrière-plan. Jess avait conclu son message au bout de 2'20"",  elle laisse le soin aux instruments de mener le morceau à son terme. 

 

Avec  ' Contact High', Silt livre un EP attachant qui devrait plaire aux amateurs de shoegaze ou de soft  pop atmosphérique.

 

 

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4 novembre 2021 4 04 /11 /novembre /2021 09:21
Kitty Coen - EP Disco Lemonade

Kitty Coen - EP Disco Lemonade

 

 Tower Records

 

NoPo

 Kitty Coen Disco Lemonade 2021

Dans un ciel bleu crépusculaire, Kitty, coiffée d'un chapeau à facettes, brille de mille feux. Ses boucles d'oreilles, en forme d'éclair (style ZZ Top Eliminator), et son collier serré, à 3 étages, renvoient la lumière.
Cheveux roux, le visage discrètement maquillé plein de fierté accentuée par sa position, mains sur les hanches, la Texane en impose, sous des faux airs de danseuse de saloon.
Ses gants noirs à longues franges blanches, comme une suite perlée, montent jusqu'au coude et des bagues chevauchent plusieurs doigts.
Sa robe plissée et son bustier noir, bordé de tulle, tranchent avec la peau blanche de ses épaules dénudées. On devine un tatouage sous son aisselle droite.
De son cou, partent des tubes aux couleurs flashy vers le titre en noir 'Disco lemonade' dans une écriture très arrondie. Des étoiles arrosent ce faux arc-en-ciel. Une police à grosses pattes mentionne 'Kitty Coen' dans l'angle bas droit.
L'artwork (photo Hannah Edelman), soigné, laisse affleurer les idées contradictoires de cette personnalité ambigüe : blancheur, noirceur, lumière, obscurité, romantisme, exhibition...

Je calerais le personnage entre JJ Wilde pour le côté aguicheur , et Kandle pour le côté glamour
Rien n'empêche non plus de penser à Madonna.
La compositrice situe ses influences entre Kurt Cobain et Fleetwood Mac (entre douleur et douceur?). On cite aussi Tame Impala...
Elle dépeint son oeuvre tel un "paysage désertique psychédélique avec une touche de Far West". Un disco-électro-alternatif, en somme, découpé en 7 morceaux :

1 Holy
2 Dark Soul
3 Lost In California
4 Disco Lemonade (Ft. Tvlormvde)
5 Fade
6 Wave Side
7 That's Alright
produit par Justin Johnson

Le single 'Holy' ouvre l'album d'une manière flamboyante. Les images live studio présentent la chanteuse dans une tenue affriolante.
Les cordes de guitare électrique, juste caressées et ponctuées par un roulement, créent d'emblée une ambiance envoûtante.
Basse et batterie se joignent, en toute discrétion, pendant que KC entame, comme une sainte-nitouche, une prière d'une voix langoureuse.
Le rythme, tout en balancement, invite au mouvement lent et sensuel. Un mid-tempo s'installe et le titre avance tranquillement.
Alors, batterie et le synthé s'emballent et le chant passionné et passionnant bouillonne puis monte crescendo dans des 'Holy' répétés.
Le coeur bat la chamade pendant les gazouillis de Kitty à la dernière minute transpercée d'éclairs psychédéliques avec pistes de guitares en backmasking (à l'envers).

La grosse basse impose un groove chaud dans lequel s'engouffrent la batterie claquée et métronome accompagnée de quelques pointes de guitares éthérées. On pense à certains titres d'Angus et Julia Stone mais, plus trop, lorsque le clavier se met à aboyer.
Kitty laisse traîner sa voix, ses cheveux roux et ses jambes dans le clip (aussi hot qu'un oeuf cuit sur le capot de sa voiture de sport). Même pas peur d'en montrer trop, elle n'a pas froid aux yeux et assume sa musique sexy.
"Je voulais emmener le spectateur dans un voyage psychédélique à travers mon esprit", dit-elle, "une fois que j'entre dans la station-service, bar, en bordure de route, je suis dans un tout nouveau monde, nourrissant les vices de mon âme sombre."
Le clavier provoque ondes et éclairs après 2 minutes et la guitare plus funky rend le rythme dansant, imparable.
L'artiste se désole (mais finalement pas tant que ça) de sa 'Dark soul', à vices, qui s'enfonce dans un trou noir.

Continuant son psyche-road trip, elle rajoute d'ailleurs une couche de dépravation dans 'Lost in California' parti au ralentis en cadence lascive.
Le synthé dans un souffle, bordé d'effets divers gonflés, guide la quête de la luxure.
Des bribes de guitare font croire, un instant, à un 'California dreaming' aérien mais le rythme, ensuite, slappé par une combinaison synthé grosse caisse, fait déchanter rapidement.
Les pads empruntent au 'R&B' moderne en boum profond, basse rebondie et cliquetis rapide. Quelques vocoders viennent dérouter la belle qui se laisse embringuer.

'Disco lemonade' porte bien son nom avec son ambiance en bulles de champagne à la basse mélodieuse et cette voix sensuelle. Une seule envie, glisser le plus gracieusement possible sur le parquet!
La cuica brésilienne marque les temps par ses cris de singe. Le synthé et la guitare jouent en clin d'oeil dont les battements de cils bruissent dans les violons.
Dans l'air du temps, les effets autotune variés (featuring le rappeur Tvlormvde) viennent séduire et ajouter du sucre à la mixture. Sans la voix de Kitty, on croirait au retour de Daft Punk... totale réussite!

'Fade', par son arpège en dentelle, enveloppe pareil à une brume matinale en été, un peu fraîche, mais annonciatrice de soleil. Le clip présente Kitty en femme fatale à la Marilyn.
Après la batterie d'abord au loin, la mélodie, piquée aux notes de lapsteel, fascine totalement. La température monte  le long des cordes aussi chaudes que les rayons de l'astre aveuglant.
Quelques touches de piano, finement effleurées, viennent chatouiller l'oreille. La voix de Kitty, langoureuse, amène des frissons incontrôlables.
La pulsation désarmante, invite aux gestes lents en arabesques qui s'estompent doucement. On en reste ... cois!

'Wave side' pousse ses vagues scintillantes au crépuscule sur le sable tiède. Les premières gouttes d'écume s'accrochent à une harpe.
Le chant, susurré par des lèvres probablement salées, décrit un chagrin à la fin douloureuse d'une relation.
L'accompagnement orchestral avec frappes sur le cercle et notes jouées du bout des doigts font pleurer mon âme d'une belle émotion.
Chaque note, retenue, sonne délicatement. A mi-morceau, la batterie s'active et provoque une réaction épidermique des autres instruments en jets scintillants
Le résultat fascine, impossible de décrocher... si ce n'est la lune!

'That's alright', final en forme de country, justifie, à lui seul, le chapeau de la pochette.
Décidément, cette galette me surprend jusqu'au bout. Guitare acoustique, harmonica et balais sur les peaux caressent le poil.
La voix se confond avec le cri de la lapsteel comme sortant du gosier d'un oiseau.
Derrière la douleur, la douceur vient conclure sur un ton plus serein.


'Disco lemonade' se boit comme une potion magique. Après la lampée, on se sent à la fois abasourdi et magnifié, un entre-deux qui remplit aussi cette oeuvre unique.
KC, une débutante? Déroutante, en tous cas, par son aura romanesque. Une fille indomptable, un peu à l'Ouest, à écouter absolument, 20 minutes de pur bonheur!


Les artistes :
Chant Kitty Coen
Guitare Ian Salazar
Claviers Keith Galloway
Basse Sam Pankey
Batterie Greg Clifford
 

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