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23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 08:03
EP Raining for You - Ida Mae

  EP Raining for You - Ida Mae

Label-  Vow Road/Dirty Tigers

 

par NoPo 

 

Tracklist:

  • Dirty River
  • Raining For You
  • Break The Shadows
  • Two Hands Against The Wheel
  • Stars The Deep Blue Sea

 

 Chris Turpin et Stephanie Jean (Ward) pourraient trouver leurs origines par chez nous selon la prononciation... ça ne m'aurait pas déplu... mais ils viennent du rural NorFolk en Angleterre
et jouent évidemment du folk (plutôt du Sud Américain) passionné et teinté de blues (du Delta du Mississippi).
Après leur 1ère expérience dans le groupe Kill it Kid et 3 albums, Ida Mae naît et 'Chasing Light' glisse le couple sous les projecteurs en 2019.
'Raining for You' enregistré à Nashville (fallait bien ça!) s'apprécie en 2020 pour égayer nos confinements.

Pour recouper jusqu'aux 70's, on perçoit un peu de Buckingham Nicks dans Fleetwood Mac.
Plus récemment, on songe, bien sûr à la douceur d'Angus et Julia Stone.
Pour ma part, j'aime penser à Tiger and the Homertons qui a éclairé récemment nos campagnes.

Sur la pochette, la photographie, comme volée à la va-vite, coupe les visages (à la hache) dans un angle pendant qu' à l'angle opposé, ce qui ressemble à une dobro partiellement visible (donc amputée aussi), flirte avec les amoureux.
L'atmosphère cocon et intime se prolonge, sans coupures, dans des compositions langoureuses.
 
Seule exception, l'ouverture 'Deep River' se la coule, en torrent, avec une guitare acoustique brossée et une pointe de piano, bientôt rejoints par une basse et une batterie sautillantes qui s'entendent à merveille, s'amusant sur des espèces de stop and go.
La tonalité haut perchée et légèrement rauque de Chris, alliée à la voix légère de Stephanie, utilisée en fin de phrasé, puis, parfois, en double discrètement sur le refrain, suggère une ambiance guillerette.
Le thème du morceau, tout à l'inverse, parle de la difficulté d'adaptation au monde moderne, sujet propice au deep river bottom blues.
Le guitariste américain Marcus King ajoute sa touche sudiste et son solo de guitare nous embroche sans coup férir.

Une harmonique sonne pour annoncer le bottleneck d'une steel guitare.  'Raining for you' fusionne les voix au point qu'on ne sait plus qui est l'homme et qui est la femme.
Guitare sèche, tambourin, contrebasse, forment un écrin uniquement là pour mettre en valeur le fragile bijou.
Comme Julie London, je pourrais fredonner 'pleure-moi une rivière' tellement cette pluie salée creuse mes joues de bonheur.
Parfois je me surprends moi-même d'être touché par tant de délicatesse.
Au bout des larmes et de la tendresse, les derniers 'For you' offrent des harmoniques en dénouement.

"Three, four" susurré, les doigts s'accrochent, en fine dentelle, sur les cordes. Les voix mariées (à la scène comme à la ville) rivalisent de vocalises, Chris devant, Stephanie en retrait.
Une basse profonde dessine des ombres cassées par les arpèges de guitares. Au rythme du tambourin, une ode à l'amour traverse 'Break the Shadows'.

'Two Hands Against the Wheel' à l'intro sur un chant d'oiseau, nous invite au voyage (parfum kerouacien) à l'heure du départ, en prenant, tout d'abord, une grosse bouffée d'air.
Le violoncelle vient envelopper les notes de guitare cueillies du bout des doigts. Le rythme semble tapoté sur le bois et le balancement propose le rocking chair.
Tout baigne dans une légèreté reposante.

'Stars and the Deep Blue Sea' embarque des clochettes, comme sur un manège pour enfants, et une guitare saturée.
Le titre laisse, un peu plus la barre, à Stephanie. Sa voix fragile colle un timbre soul, r'n'b du plus bel effet.
Chris enchaîne, à la même octave, sans difficulté. Leur imagination en synergie, monte dans les étoiles et descend au plus profond d'une mer toute bleue.
Dans un rythme électronique, le mid-tempo éblouit par sa sobriété gorgée d'émotions et de vibrations partagées.
Au tiers du morceau, un duo guitare, piano électriques danse en toute intimité, avant que les décrochés dans la voix de Stéphanie ne me bouleversent.
Les caresses de 2 guitares cristallines, couplées aux sons de clochettes, finissent de m'achever dans un frisson de béatitude.

Portés par la sincérité de leurs sentiments, les musiciens délivrent une interprétation à fleur de peau.
Visages fondus, blonds cheveux hyalins et mêlés, voix entrelacées en osmose, les deux moitiés nagent dans un océan de bonheur sans effleurer la mièvrerie.
Aucune contre-indication, même à forte dose, la sécrétion d'ocytocine ne pourra que vous faire mourir ... de plaisir!

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