Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
Review d'Anne :
Quelle surprise de voir cette petite salle du Bota pleine à craquer. Oh ! my Emily est donc déjà si connue ? Qu'importe, ayant dépassé tout le monde dans la file (oui, je sais c'est pas bien), je me choisis une place merveilleuse, juste en face de son piano. Une petite bouteille d'eau, un tambourin, une paire de petits grelons et sa set-list sont déposées juste à côté. La foule arrive, on est un peu serrés mais je suis déjà un peu ailleurs aussi. Lorsque Franck, son violoncelliste s'installe, les lumières s'éteignent.
C'est parti. Par son beau et majestueux solo, il jette un pont entre le monde d'Emily et le nôtre… L'Autre Bout du Monde est annoncé, nous frissonnons et je guette les coulisses. Emily entre en scène, plus jolie et plus gracieuse que jamais, elle s'installe au piano et sa magie fait le reste… J'ai définitivement rejoins son univers roucoulant balancé entre folk, country british, rock où l'on rit et pleure aussi... La suite, tout bon « loizeaulien » qui se respecte la connait : de « je suis jalouse » où je lui ai allègrement donné son « connasse » qu'elle attendait (pas bien mais c'est elle qui nous a tant titillé !) pour mieux faire passer sa rage, à « je ne sais pas choisir » avec le doux Cyril à l'envers qui a quelque temps quitté sa batterie, Emily nous fait le cadeau de sa première chanson (qui n'est pas sur l'album) : « Balthazar » ou encore le merveillantissime sublimissime « la folie en tête » qui me met définitivement la larme ainsi qu'un « little darling » endiablé et un « t'es qui toi » au flutiau et grelons aux pieds (c'était donc pour ça les petits grelons). Ah la la Emily quand même !!! Le public de la Rotonde est chaleureux, vraiment très très très chaleureux. « Shower » est chorégraphié par un brave gars monté sur scène, qui nous fait bien rire. Emily est conquise par Bruxelles, on le sent, ça se voit si bien (je suis si près d'elle), elle est émue, elle se demande comment c'est possible qu'on l'aime tant par ici. Et pourtant ! On l'aime tant.

Review de Florin :
J'avais découvert Emily Loizeau il y a moins de 2 ans avec la sortie de son album « L'autre bout du monde » qui m'avait beaucoup fait rêver et désirer cette rencontre. Dès qu'une occasion se présentait je parlais d'Emily et pour mieux centrer le personnage, j'ajoutais toujours, « c'est elle qui chante 'et voilà pourquoi les poissons chats ne miaulent pas' ». Elle ne chante bien sur pas que cette chanson et vous amènera volontiers à « l'autre bout du monde » à moins que ce ne soit pour vous présenter une jolie concession…
Pour ce concert j'ai invité Lili afin de lui faire découvrir cette chanteuse qu'elle ne connaissait pas du tout, ainsi que la majorité des belges d'ailleurs. Elle n'a donc pas fait d'interview mais ce n'est que partie remise. Ma première surprise fût à l'approche de la Rotonde ! Je n'avais jamais vu autant de monde faire la file pour cette salle ! Bien entendu c'était Sold Out. Puisque j'avais raté ma place favorite sur la deuxième marche en face de la scène, je me suis donc placé debout, juste devant au second rang.
Quelques accessoires techniques hors temps meublaient les lieux. Un violoncelliste commença à jouer, créant d'emblée une atmosphère feutrée. Peu après entra Emily, une grâce de ballerine, la classe d'une princesse, une sensibilité à fleur de peau et bien d'autres ingrédients dont elle garde le secret, ont très vite crées la magie de ce spectacle qu'elle donnait pour la première fois en Belgique. Elle était également accompagnée d'un batteur qui occupait, par son charisme, un rôle important dans ce spectacle. Emily ne fait pas que chanter, elle interprète, elle exprime sa joie mais aussi sa douleur et quand elle n'arrive pas à s'imbiber de rage, elle demande au public de l'insulter ! Sous son insistance on l'a traitée de « frite » ce qui n'a pas fait l'affaire, suivi de quelques autres qualificatifs pas trop convaincants. Elle a quand même fini par recueillir un vilain mot « bien français » que je n'ose même pas répéter… vous n'aviez qu'à être présents après tout :)
Une fois encore le public a étonné cette artiste qui ne s'attendait pas à trouver autant de fans dans nos contrées, qui non seulement connaissaient les paroles mais qui chantaient juste aussi. Il m'a même semblé voir une petite larme à ses yeux, à moins que ce ne soit le reflet de la mienne qui me brouillait la vue. Elle n'a pas arrêté de balayer du regard la salle, cherchant le contact visuel avec le public et rencontrant parfois le mien, comme pour mieux nous communiquer ses émotions. Et c'est bien ce qu'elle a fait, des émotions on en a eu plein la vue, les oreilles et jusqu'au bout des poils hérissés. Les accessoires futuristes projetaient sur un écran des images provenant de caméras placées à différents endroits, le batteur Cyril Avèque était l'instrument des mises en place, des mouvements lents pour ne pas perturber, des gestes doux pour faire passer les émotions, le regard expressif pour communiquer l'ambiance, il a participé activement à la magie de cette soirée. Nous avons même eu droit à l'improvisation sur scène d'un spectateur sur la chanson « Take a Shower ». La salle était en délire et ne pouvait pas la laisser partir. Au premier rappel elle a demandé qu'on lui ouvre un accès au milieu de la salle, les deux musiciens sont aussi descendus et nous avons eu le plaisir d'entendre « Jasseron » suivie de « I'm leaving you » de son premier album de 2005, en acoustique totale. J'étais assis devant eux et ressenti quelque chose de particulier, un moment rare et indescriptible. Pour son second retour elle nous a interprété « Make you feel my love » s'accompagnant seule au piano et nous plongeant pour une dernière fois dans cet univers se situant quelque part aux frontières de la musique classique, folk avec parfois des accents country, là où l'humour côtoie la tristesse, où on rit et on pleure, cet endroit qui réveille l'imagination et où on s'émerveille encore comme des enfants avec des choses pourtant bien simples.
Je l'ai retrouvée dans les couloirs où elle dédicaçait le coffret, comprenant 2 CD et des clips vidéo, mis en vente à un prix avantageux. Très accessible elle répondait avec humour aux questions des fans. Cyril m'a avoué être en réalité le chef de la troupe... je ne l'ai bien sur pas cru, même si je lui ai laissé croire le contraire ;)
Je ne pense pas que j'aurais encore le plaisir de la revoir dans une si belle salle, la prochaine fois elle nous reviendra sûrement au Cirque Royal en espérant que ce ne soit pas à l'AB ni à Forest, ces salles étant trop impersonnelles.