Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
C'est le Nadar ensemble qui ouvre le programme avec deux pièces d'un jeune compositeur danois :
Simon Steen-Andersen
« Rerendered for piano and two assitants » comme son nom l'indique est un morceau pour pianiste et deux assistants. Le piano est tourné de manière assez originale puisque la pianiste tourne le dos au public. Ses deux assistants se situent de part et d'autre du piano. Un écran placé à l'arrière permet de regarder ce qui se passe dans l'instrument. La composition joue sur la manière de détourner le piano pour en sortir des sonorités inattendues ... archet électronique, tapotement sur le bois, grattage des cordes avec divers ustensiles ... la pianiste enfonce en général les touches sans produire de note, juste pour donner le la résonance ... C'est assez ludique, ça fait d'ailleurs rire une partie du public ... Le problème, c'est que c'était difficile d'en profiter tant les sons produits étaient de faible intensité ... et écrasés par le bruit de la ventilation et celui des feuilles des partitions qui tournent ... Heureusement, ça ne durait pas trop longtemps ...
« Besides » le second morceau met en scène un plus grand nombre de musiciens dispersés sur la scène. Certains sont équipés de micros et un mixeur les spatialise sur 4 enceintes. C'est assez déroutant au début de voir le violon à droite et de l'entendre dans le haut parleur de gauche, parfois le son est modifié par des effets qui sonnent « très cheap », le trio de cordes rentre dans le jeu, on ne trouve pas d'unité à l'ensemble malgré la bonne volonté manifeste des interprètes qui y mettent tout leur coeur ... bravo à l'ensemble Nadar. Le compositeur monte sur scène, je n'applaudis plus ... il ne faut pas l'encourager dans cette voie ... et je ne suis pas le seul à m'être ennuyé !
Deuxième partie : Ictus ensemble joue « Vortex Temporum » de Gérard Grisey sous la direction de Georges-Elie Octors.
Grisey est considéré avec Tristan Murail comme étant l'inventeur de la musique spectrale. « Vortex Temporum » est une de ses dernières pièces puisqu'elle a été terminée en 1996, deux ans avant sont décès. Elle est composée de trois parties pour 5 instrumentistes et un piano.
Ca débute sur une formule répétitive de quelques notes directement piquée à Ravel (Daphnis et Chloé) ... cette partie minimaliste est assez crispante et débouche sur un solo de piano endiablé et magnifiquement interprété par Jean-Luc Plouvier. Les deux parties suivantes sont vraiment très belles et passionnantes. Il y joue des notes qui se fusionnent pour ne plus former qu'un seul timbre, nouveau, comme issu d'un instrument imaginaire. Le mieux, c'est d'écouter les yeux fermés pour mieux ressentir cette fusion des éléments ... La troisième partie dédiée à Helmut Lachenmann reprend les éléments de recherche de ce dernier en jouant sur les différentes façon de jouer d'un instrument : archet frottant sur la caisse du violon. Magnifique!
Insistons sur la performance remarquable de l'ensemble Ictus qui a produit là, une éblouissante interprétation d'un morceau trop rarement joué !
Notez pour finir qu'il s'agit bien de GERARD Grisey et pas de GEORGES Grisey comme spécifié sur le programme et le site web de Flagey !?
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