Moins de monde à Haren , mais le clan des Siciliens affiche présent. Maître Luc nous annonce un last minute act , en provenance de la région parisienne : SOFAï !
Elle se produit au Toogenblik contre pitance et pinard : comment vont réagir les irréductibles vis-à-vis d'une musique qui n'est pas précisément leur cup of tea ?
No problem, la Miss aux longues jambes s'est bien débrouillée et les durs lui ont offert de chaleureux applaudissements. Du charme , de la présence , des titres annoncés en English et français et un' Dank oe wel ' en guise de touche finale . Elle s'excuse de ne pas manier la langue de notre Marseillais local , mais Willy , le Mixman , la rassure tout de go ... Vous parlez très bien le belge... Après un set de 6 titres , Toogenblik lui accorde un bis et Sofaï se voit déjà à Forest National.
Playlist identique à celle du Bouche à Oreille (la veille) , ordre différent: 'Ici ou ailleurs' 'Artistic Draught' 'Sweetest Illusion' 'Les 5 à 7 ' rien ne vaut une petite partie de jambes en l'air ...'Le pays des ex' et le nostalgique 'les belles choses' ...bis: 'J'attends' !
Au suivant, nous souffle Jacques Brel , en l'occurrence une suivante !
Sarah McQuaid
De père espagnol, mère américaine. Elle est âgée de 2 ans , ses parents quittent l'Espagne pour Chicago. Elle grandit chez les descendants d'Al Capone mais le microbe du voyage s'est immiscé dans ses entrailles. La chanteuse/guitariste va vivre en Irlande de 1994 à 2007. Un mariage , deux kiddies et , avec son compagnon , elle s'installe dans les Cornouailles.
Discographie: 1997 'When two lovers meet' réédité depuis , un long break et, en 2008, 'I won't go home till morning'.
Un bouquin (manuel) 'The Irish Dadgad guitar book' . Au UK elle se produit dans tous les bons folkclubs, outre-Moerdijk on l'aime bien aussi, ce qui explique sa connaissance du néerlandais.Son sourire éblouira le Toogenblik pendant plus de 2 heures.
'The Wagoner's lad' a capella , un traditionnel américain , au répertoire de Bob Dylan ou John Renbourn. Une classe époustouflante, une voix similaire à celle des plus grandes: June Tabor, Maddy Prior ou feu Sandy Denny... Oh hard is the fortune of womankind... John , au paradis , en écho .. Woman is the nigger of the world...!
La setlist qu'elle m'offre gracieusement mentionne 'When a man's in love' en G Capo 5. Elle sait jouer , la jolie petite Sarah. Une ballade irlandaise , les Chieftains la jouent, chantée d'une voix profonde.
Une compo personnelle pour suivre 'Charlie's gone home' Nostalgique et fort.
On passe en Ecosse 'Johnny Lad', elle a appris ce titre lors d'un Irish folkfestival à Philadelphie , plein de Germains bouffant Schnitzels mit Sauerkraut . Une version jazzy.
Ma mère m'a enseigné celle-ci 'Sprig of thyme' .. In my garden grew plenty of thyme it would flourish day and night.... un jeune galant est passé par là et a piqué tout le thym: salopard !
Claque magistrale 'Ode to Billie Jo' : 1967, Bobbie Gentry . A en pleurer , mon voisin René est prêt à jeter Marc (le photographe maison) par la fenêtre, ses clic clacs troublent l'atmosphère solennelle qui s'est installée dans le cabaret.
Une chanson enfantine espagnole 'Ya se Murio El Burro' (the donkey is dead) . Dieu a libéré l'âne de ses souffrances , l'Espagne et son pathos ! A Haren , les enfants chantent .. Klein, klein kleuterke...
On retourne aux States : 'In the pines' chant des Appalaches. Voulez-vous faire le chorus ? Bien sûr Madame , on l'aurait fait pour Leadbelly , le tueur, aussi! ..In the pines, in the pines where the sun never shines I shivered where the cold winds blow ... il neige sur Haren (on connaît Mort Shuman aussi).
Elle termine le premier set avec 'When two lovers meet', nouvel air irlandais sentant les Moorlands brumeux. Une voix de velours et une technique guitaristique limpide!