Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
Par NoPo
Les Soul Motels at Le Fût Chantant, Saint-Brieuc, le 24 mai 2026
NoPo
SOUL MOTELS au fût chantant pendant ArtBist'rock le 24 Mai 2026
Franchement, fallait pas manquer ce groupe au superbe album publié mi-2025 "the miserable have medicine" :
- pour moitié de l'effectif, 2 soixantenaires hollandais qui ont de la bouteille (démarrage de carrière dans les eighties) :
Jean Morreau (third ego, NRA, Human alert...), basse et chœurs,
Sven Korvemaker (Courage, Human Alert...), chant;
- pour l'autre moitié, 2 plus jeunes de la région lyonnaise (qui viennent de jouer un peu plus tôt dans l'après-midi avec Vultures, hyenas and coyotes) :
Christophe Futelot (Socrates, ...) batterie,
Frank Garcia (Neige Morte, Socrates...) guitare et chœurs.
Armorock (l'organisateur) ne se trompe pas, Fabian en connait un rayon qui permet de bien rouler dans les bosses!
D'emblée, on voit que le leader Sven, émacié et cheveux en arrière, pioche dans ses réserves physiques, malgré le plaisir d'être là, après plusieurs mois sans concerts.
Avec l'ouverture "Dark is the heart", on pourrait presque qualifier la musique de power rock dans la lignée des américains The Nerves ou Paul Collins' Beat. Toutefois, la morsure, ici, reste beaucoup plus venimeuse, avec une urgence dans l'interprétation live. Sven s'en sort parfaitement au niveau vocal et à la guitare rythmique.
Pas de temps à perdre avec l'enchainement sur "Rear view mirror" qui délivre un riff très mélodieux et les chœurs donnent de la voix (ce 'For you' emballant!). Le grand Jean, à casquette et chemise à carreaux, se tient droit avec une sacrée présence. Une conclusion vraiment électrisante pour ce super morceau!
Ginette en profite pour ouvrir son miroir à clapet et se refaire la fraise.
Ils n'ont peur de rien avec "Fearless" toujours aussi dynamique et captivant au point qu'on en vienne à trouver les morceaux trop courts. Bon signe!
Sven exprime son plaisir d'être là et sa tristesse relative au contexte mondial. 'I'm angry' répète-t-il avec une grosse amertume. J'apprécie les pensées du gars dont je comprends bien l'anglais. Toutefois, il se fait taquiner par Jean, à l'aise en français, vu leur vécu dans l'Ain visiblement.
Ni une ni deux, "In between" suit de façon la plus naturelle qui soit. Les guitares sonnent merveilleusement et l'entente avec Frank demeure remarquable. De leur côté, les 2 français sont très complices. Christophe, très tonique, ne semble pas marqué par son jeu extrêmement athlétique dans le set précédent (avec Vultures, hyenas and coyotes).
On s'enfonce dans "Last night" comme dans du beurre. Le côté nostalgique se fait sentir souligné par un timbre de voix éraillé. Le jeu de gratte, aux pointes acérées, est un régal.
Pour un peu, tu ne remarquerais pas que "Feeder", à la voix rocailleuse, a été interprété en moins de 2 minutes.
Jean allonge le pas et tient son instrument au plus bas. Grosse basse, en effet, sur "Not one message" qui t'emporte sur une vague exaltée avec un riff accrocheur. Impossible de ne pas taper du pied ou secouer de la mèche!
La rugueuse "Check one" tranche avec le reste du répertoire. Des voix ensemble sur une guitare brouillée et rythmique plate au départ.
Je n'ai pas trouvé "Many moons ago" sur l'album, une nouveauté? A côté de moi, Jules, qu'a un peu abusé sur les bulles, continue de me bassiner que c'est du ACDC (il a gardé son casque sur les oreilles)!
La triste "Fairytale repairman" (pas une BO de Disney) joue sur la même corde, au riff mélodieux, trempé de choeurs juteux. Court mais tellement bon! 'We lost again'.
"See believe", n'y va pas par 4 chemins et me fait penser aux anglais de Wedding Present qui savaient y faire aussi, sans chichis.
Les harmonies de "In this world" touchent. Un régal cette basse, on peut pas dire que Je(a)n ai marre! Soul Motels aurait pu avoir un putain de succès à une autre époque!
Ils clôturent avec leur plus long morceau "Burn out", particulièrement mélancolique avec ses échappées de guitare désolantes. On s'accroche à la mélodie bouleversante. Final explosif en chœurs, magnifique!
Les papys font de la résistance, tu peux compter sur eux pour les idées politiques et la musique magnétique.
On sent la satisfaction partagée entre tous les présents, le R&R vieillit bien!
https://lessoulmotels.bandcamp.com/album/the-miserable-have-medicine
SETLIST
01-Dark is the heart
02-Rear view mirror
03-Fearless
04-In Between
05-Last night
06-Feeder
07-Not one message
08-Check one
09-Many moons ago
10-Fairytale repairman
11-See believe
12-In this world
13-Burn out
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