Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
Par NoPo
Paradoxant au Chaland qui Passe, Binic, le 26 April 2026
NoPo
PARADOXANT au Chaland qui passe le dimanche 26 Avril 2026
On a vu Timothée Philippe, un ex BRNS, au Chaland avec la team Fabiola, l'année dernière. Aujourd'hui, ce sera Antoine Meersseman, son ex. bassiste avec PARADOXANT, faute d'avoir pu recevoir le groupe belge à 4 lettres en entier avant sa séparation. On ne peut pas vraiment dire qu'on perd au change, même si les 4 lettres précédentes étaient majuscules.
Arnaud fait bien les choses pour ses invités, il fait très beau et les musiciens hésitent entre l'eau et la bière (finalement les deux!)! Les clients mélomanes (ou/et biéromanes) restent donc plutôt en terrasse laissant la place aux 4 artistes qui prennent leurs aises avec leur rack d'effets, leurs amplis et leur merch, assez abondant dont 2 vinyles adossés à la grosse caisse.
A gauche, côté zinc, Lou Wéry (table aussi sur STACE et Whoman) aux claviers et chœurs, queue de cheval, robe rouge courte survêtue d'un pull marine,
Côté mur du fond le grand Antoine à la basse et au chant, chemise à carreaux bleus,
Sous l'escalier la place habituelle du batteur est confiée à Romain Benard (Ropoporose, Primevère), tee-shirt blanc 'Miami 2023', qui sait chanter aussi,
Enfin au pied du dit escalier, à la guitare et voix, Clément Marion (Ada Oda, David Numwami), fin moustachu à la polaire rouge, s'accordant à la robe de Lou.
Sans damier, ni gong, ni 3 coups, le top départ est donné.
Un rythme hypnotique, à à-coups, annonce "La disparition", installé sur des nappes synthétiques qui attirent l'attention. Attention! Si tu plonges dans le monde de Paradoxant, tu auras du mal à en émerger!
Il faut attendre les 2/3 du titre pour entendre des chœurs et voix, pleines d'effets et qui insistent sur une phrase basique dans une orchestration devenue groovy.
Après avoir débuté avec le 1er titre du dernier album 'Deux'(tout en français), retour au 3è du 1er 'Earworm' (tu me suis?), "Modern lie", à la voix presque susurrée lorsqu'elle ne hurle pas. De la mélodie en boucle au rebond élastique, tu ressens comme une menace.
A nouveau des voix chuchotées, oui des voix car ils s'y mettent à plusieurs sur "Calypso" au ton naïf. Le rythme balancier, lourdement marqué, ne dévie pas de son mid-tempo rêveur.
... qui se prolonge dans "Rêve bizarre", encore et encore... Note insistante au clavier, basse virgule en 2 temps, voix dans un souffle. Lou, à fond, se trémousse continuellement, en zigzaguant ou en levant la jambe. Ensuite, clavier et guitare tournoyants s'entremêlent dans une mélodie nonchalante qui t'enveloppe de bienveillance. Romain claque le cercle, le ton monte crescendo, et Lou tire la langue en ajoutant ses cordes vocales à celles des gars. Sensation!
La guitare, sèchement brossée, se la joue autiste, tout comme la voix hurlée frénétiquement d'Antoine "Jamais sans personne" alors que la basse amortit comme elle peut. La batterie séquence vivement et parfois les claviers, sur un gimmick à 2 mains, font des bulles. Tendu, les 4 s'y mettent alors tous ensemble, sous une pluie de frappes lourdes et répétitives puis le final glisse dans une douceur à contrepied. Sacré pavé dans les amarres complètement larguées! Un truc improbable mais génial!
'Deux' défile avant le retour à 'Earworm' par "Asylum" à l'enveloppe cotonneuse et cadence reposante. L'e-bow, à effet laser, se promène sur les cordes de la guitare. Une voix languissante s'allonge sur une orchestration vaporeuse. Le regard d'Antoine reste intense même si parfois dans le vide... lorsqu'il ne ferme pas les yeux.
La basse rebondit sur une surface aqueuse et fait des ronds dans l'eau puis la batterie éclabousse vivement sans changer de cadence. Romain se fend d'une prestation complexe, solide et expressif, jamais contrarié par les nombreux contretemps.... tout en participant à la chorale pétillante. Regards échangés dans une belle complicité souriante avec Clément qui va parfois aussi chercher les yeux de Lou (voyez, elle sait faire).C'est "L'eau qui dort" pas nous, pas eux!
La baguette joue uniquement sur la caisse claire en accompagnement d'une guitare plaintive puis Antoine, bipolaire, se met à chanter sur un ton passant de désabusé à agité. La rythmique persiste épaississant avec l'orchestration. "Sometimes", tel un chant militaire, déroute et captive à la fois.
"Les abîmes" bouillonne sur des percussions étranges en attendant une voix aux accents auto-tunés. Le chemin décrit des arcs allant jusqu'aux cingles, pas faciles à suivre. Le groove de Romain, jouant sur les coups faibles, les accélérations et les cassures, impressionne. Les voix s'affolent en poussant des 'ouhouh' vibrants. On perçoit comme une tension avant un atterrissage tout en douceur et tout au fond.
Lou passe au rouge en enlevant son pull...
Antoine commence seul sur "Ha ha ha ha". Il secoue ses cordes et les pince sans rire, en fredonnant à peine. Puis alors que ses compères le rejoignent, il finit dans un affolement.
Accords plaqués à l'intro de "Temps libre", Antoine ne chante pas plus fort que Chamfort. C'est finalement un motif de batterie qui déclenche quelques échappées de notes free et parfois saturées.
Un ton grave s'élève, arrosé de roulements de tambour, avant laisser l'espace à des touches brèves de clavier mélancolique. Les voix s'unissent superbement et poétiquement telle une caresse. "Aubade" est une aubaine.
"A new end" s'ouvre au son de guitare quasi acoustique d'abord puis une orchestration au chant choral à la fois mélodieux et exalté (ça me rappelle Arcade Fire). Lou prend l'avant-plan, avec douceur, pour un court instant puis tout s'éteint tranquillement, nous laissant sur notre faim.
C'est fini, on en a plus!'.
Un ancien habitué (ou inversement) qui passait par là, les félicite en évoquant 'Radioactivity' de Kraftwerk. Comme quoi quand ya wohl(t), ça peut disjoncter!
Voilà une musique surprenante, inventive et débridée! Une pop expérimentale drôle, à quelques sérieuses tendances post-punk près.
Si t'en as marre de l'ordinaire et que tu veux passer au super, le choix de Paradoxant ne semble pas paradoxal (facile mais inévitable!).
SETLIST
01-La disparition
02-Modern life
03-Calypso
04-Rêve bizarre
05-Jamais sans personne
06-Asylum
07-L'eau qui dort
08-Sometimes
09-Les abîmes
10-Ha ha ha ha
11-Temps libre/Aubade
12-A new end
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