Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
Par NoPo
Fritz Ali Hansen at Le Cessonnais - Saint-Brieuc, le 26 mars 2026
NoPo
FRITZ ALI HANSEN au Cessonnais jeudi 26 Mars 2026
Après 2 artistes solos, ermites, au milieu de leurs bitoniaux électroniques, Fritz, invite un vrai groupe de musiciens (4 avec lui), même si la boite à rythmes, persistante, remplace toujours la boite crânienne d'un vrai batteur.
On le croise au bar, le Fritz, mèche frisée noire et fringues de la même teinte, tel un beau ténébreux, expression peu usurpée. Il confie sentir la fatigue de la longue route de Berlin et pourtant Fritz a encore la frite (la blague pourrie!).
Il est accompagné à la guitare par :
(Kali) Edward Hunt, chaud patate (la frite aussi ahaa) car il vient juste de terminer son set,
Joël Thomas, le bassiste géant à la console de son pour les 2 prestations précédentes,
Max Meisterling, un jeune gars discret en chemise, manches retroussées, à la seconde guitare.
Leur musique s'ancre dans la ' Neue Deutsche Welle' allemande des années 80, vague froide, entre post-punk et new wave (dont le 'new' commence à dater).
Une attitude sincère, tu ne peux pas croire que Fritz Ali mente, ou s'il alimente quelque-chose c'est son spleen charbonneux (ohoo!).
On trouve l'album 'Still Leben' (vie tranquille), publié en 2025, sur Bandcamp (), base du concert de ce soir dans l'ordre mais avec des trous (bouchés).
Un rythme abyssal, creusé par une basse énorme, prolongée au groovebox, introduit "Touch me". La guitare strie un paysage crépusculaire proche de Joy Division. Fritz, à la retenue aristocratique, bouge légèrement avec grâce, alors que Joël campe sur une position safe qui lui permet de secouer sèchement le haut de son corps. Un peu dur d'oreille, mon voisin me demande où est Gretel, Marcel a compris Hansel au lieu de Hansen.
Une ligne de guitare sautillante traverse "Winter". Fritz chante sans forcer, en penchant précieusement la tête, le micro sur pied, bien serré dans la main. La basse rebondit sur le morceau répétitif, zébré de quelques riffs dissonants. Un truc à s'enfermer bien au chaud!
Aglaé et Sidonie, à mes côtés n'ont d'yeux, sans être bigottes, que pour les germains, souvenir du tube kraftwerkien 'Nous sommes les mannequins'.
"Geruch"(odeur) sent bon la mélancolie, avec sa ligne de guitare aux échos rebondissants. Les paroles, prononcées, en ton suppliant, aiment reprendre des mots qui auraient plu à Goldman 'Genau vie du', (tout) comme toi. Joël s'en amuse, en piqué corporel, avec des sourires complices en direction d'Edward, toujours aussi discret. Fritz, jaloux, vient participer aux échanges.
Une mélodie languissante s'allonge sur "Red", parcourue d'une voix à la lang(ue)-oureuse. L'orchestration s'élève, comme amortie dans une ambiance cotonneuse, aux trouées de notes égrenées à la guitare. On se laisse gagner par cette espèce de torpeur rassurante.
A l'opposé, la suivante force le ton et le respect avec une épaisse consistance qui capte l'attention. Une tension palpable et qui rime avec puissance (ah ben non, c'est consistance plutôt!).
Edward passe au clavier et Joël à la gratte, sur une cadence monolithique où tu peux danser, avec a-coups, tel un robot (we are). Et la voix s'envole dans l'atmosphère quasi techno de "Man by my window".
Hansen présente ses musiciens, avec gentillesse et malice, jusqu'au chauffeur... où l'on apprend que Edward Hunt serait prénommé Kali. Fritz cale le démarrage de la boite et tout le monde se fige (1, 2, 3 soleil! Hey, il fait nuit les mecs!). Sur les côtés, les 2 guitaristes jouent autant dans la discrétion l'un que l'autre tout en délivrant une trame mélodieuse. Au centre Joël secoue continuellement sa basse et tire violemment sur ses cordes qui résistent on ne sait comment. Si tu penses à New Order, le rapprochement semble judicieux. Sur "Wayside" on peut danser en pleurant...
Le ton morose, à la voix trainante, se poursuit, toujours éclairé par des réverbérations à la guitare. On a l'impression que Fritz va abandonner mais il résiste, lui aussi, comme les cordes...
Joël, yeux clos, plie les genoux pour mieux s'immerger dans une mer poisseuse. "Cold case", plombé, ne remonte pas un moral souvent en berne.
Conciliabule à l'entrée du dernier titre "Over" qui conclut aussi l'album. Une plage, immense dans sa nostalgie envahissante, qui te travaille les intestins autant que le cerveau. Pourtant c'est beau à en chialer!
"Touch me", prémonitoire, a confirmé les sentiments à suivre. Cette musique, interprétée avec conviction, libère bien des émotions qui touchent. Sie sind Berliner.
01-Touch me
02-Winter
03-Geruch
04-Red
05-?
06-Man by my window
07-Wayside
08-?
09-Cold call
10-Over
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