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Par NoPo
Ibiza Urchins @ Le Cessonnais, Saint-Brieuc, le 12 février 2026
NoPo
IBIZA URCHINS au Cessonnais le jeudi 12 Février 2026
Malgré le jour de semaine, le bar rameute toujours une base d'aficionados solide même avec 4 concerts (très divers c'est la saison!) en 10 jours! Ce soir, il nous gâte avec 2 groupes pour le prix (gratuit) d'un!
Normalement Ibiza Urchins se compte sur les 3 doigts de la main de mon grand-père (il était menuisier!). On ne voit pas Charlotte (Plas), Symeon Gouriou et Antoine Charaud vont faire comme si, Antoine s'afférant autour d'une table de mixage entre chaque titre, en lançant des bruits variés et les lignes de clavier de l'absente.
Symeon Gouriou? Rien d'hispanique là-dedans! Panique pas, ils viennent de Berlin!? Quoi? Pas plus germain que moi non plus, il aurait plutôt des cousins en Bretagne! Ben justement, on me dit dans l'oreillette qu'il a gardé quelques poils brestois... Ce sont les oursins qui sont d'Ibiza et la domiciliation de Berlin, pas l'origine des musiciens, t'as rien compris!
2 beaux gars bruns à chemise blanche, l'un frisé, l'autre pas, l'un en pantalon, l'autre pas, se partagent l'espace.
Je viens juste d'arriver, le concert va démarrer à 20H01, on nous avait prévenus!
Apparemment, les artistes viennent juste d'enregistrer un disque, le responsable est dans la salle.
Intro par 2 notes répétitives au piano, un son ténu, préenregistré, déroule un tapis synthétique puis fait sonner une boucle sur des percussions électros. Guitare et basse se joignent à un clavier kitsch de jeu électronique sur une mélodie fraiche et légère... "Zelda". Le chant, un peu nonchalant, berce agréablement.
La basse se met à marquer un rythme souple, strié par les accords de guitare. Symeon prend le chant mais il le partage avec Antoine qui participe souvent aux vocaux, parfois en lead parfois en chœurs. L'atmosphère mélancolique emplit "Corral (the barrier)" et s'assombrit sur un passage déroutant qui prend à contrepied le reste du corps en mouvement sur la mélodie principale.
Déjà la panoplie musicale assez sophistiquée nous fait penser à quelques groupes des eighties notamment China Crisis, Aztec Camera, Orange Juice, Prefab Sprout... que des trucs d'une grande finesse.
Cette fois, l'ouverture se la joue Ibiza, avec une rythmique décoiffante qui déclenche quelques cris. ça se trémousse mais, malgré les oursins, on n'ira pas jusqu'au pogo ébouriffant du concert de System of Slaves la semaine dernière. Par contre, rien n'interdit de penser aux Happy Mondays pour "Tears in my eyes" plutôt qu'Ultravox qui se lamentait en dansant. Ici, on a à faire à un morceau sautillant pour se dégourdir les jambes et pas que.
Juste après, c'est un démarrage planant, prolongé par de vives percussions électros qui n'empêchent pas de retomber dans l'ambiance mélo de "Black lavender" à la voix fragile.
Puis, Symeon chante délicatement sur de fins arpèges de guitare au début de "MT Moonsight" qui prend son envol ensuite.
L'enchainement, au son de clavier, gonfle un joli nuage de pulsations confortables alors que Symeon se met à grattouiller doucement au-dessus des touches synthétiques, avant de lancer le titre suivant de la voix. Tu pourras trouver "Hermine" (Live at Neue Zukunft) ici. Le morceau, assez accrocheur, part sur une basse dodue provoquant le déhanchement. L'alternance se fait avec des passages assez fulgurants dont une guitare ondoyante sur les gros coups de cordes de basse. Le chant de Symeon, assez détaché, dessine quelques virgules plus aiguës.
Le coeur fait boom sur "Boom resonance", parfaitement rythmé, et donnant des fourmis dans les jambes. Un léger côté techno amplifie le développement euphorique.
La basse caoutchouteuse de "Licence" ne nous laisse pas collés au sol. La belle mélodie, bien travaillée, avec une ligne de clavier bien tracée, prend des tournures quasi prog. Symeon se lâche progressivement au fil du final avec des déhanchements, des intonations langoureuses et même un petit solo de guitare, Antoine venant conclure de sa voix.
On a bien senti le passage d'un cap pour les 4 derniers morceaux joués plus décontractés.
Aucune poudre de Berlin Pinpin pour cette prestation, un peu timide mais qu'on a senti particulièrement sincère et très attachante.
SETLIST
01-Zelda
02-Corral (the barrier)
03-Tears in my eyes
04-Black Lavender
05-MT Moonsight
06-Hermine
07-Boom resonance
08-Licence
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