DAFFODILS au Cessonnais le dimanche 15 Février 2026
On connaissait les New Fast Automatic Daffodils de Manchester dans les années 90 mais pas les jonquilles de Londres qui commencent à pousser en 2020. Quelques singles et un EP plus tard, ils envahissent le bar de Perrine à 7 plus quelques accompagnateurs, au point qu'on ne s'entend plus parler! Faut dire que chacun essaie de s'installer, visiblement avec quelques problèmes techniques qui finissent par provoquer un bouchon au niveau des toilettes. L'affluence étant proportionnelle au carré de l'hypoténuse, ça commence à faire du monde dans le volume, c'est blindé!
Les responsables du joyeux bordel se nomment : Oz, Sam, Jonny, Dan, Daniel, Lilly, et Jack, dont un sculpteur d'argile, membre à part entière, qui nous offre une prestation live pendant le show.
On débat du look, jusqu'à ce que Marie-France mette tout le monde d'accord avec sa référence à Village people. Pas exactement ça mais on a quand même les grosses moustaches, le bleu de chauffe (vert), les lunettes noires, les casquettes, le chapeau, le Marcel... toutefois la chorée n'est pas aussi carrée!
Une fois les difficultés vidangées, une guitare prévient que les musiciens sont prêts.
C'est parti pour un morceau qui fait tortiller du cul, sans doute "Bonedown" enchainé à l'intro du set. Il répète à plusieurs voix, dont Lilly danseuse aux chœurs battants, 'She's alright, she's alright...' et au premier plan, le chanteur (Oz probablement), tout de noir vêtu des chaussures aux lunettes en passant par les poils, hurle comme s'il s'était coincé le doigt entre les cordes de sa guitare (j'avais une autre métaphore de Pierre Péchin mais elle n'est pas vraiment politiquement correcte!). Lilly tape sur une cowbell avec une baguette brisée que j'essaierai innocemment de lui chourrer sans succès. On se délecte de l'orgue Hammond prépondérant de bout en bout.
Le gars devant parle parfaitement le français : 'Vous aimez Tom Waits? Ça c'est pas Tom Waits!' et Oz le ton encore plus fort avec une intonation à la Tom Waits et ses bras qui entourent et cajolent le micro sur pied. Le clavier doorsien instaure une atmosphère rampante sur "Maureen" '... please'. Attitude reprise par le chanteur plié à terre, serait-il pris de coliques? Le morceau tournoie longuement puis s’engouffre en 'King of the Bongo, je ne t'aime plus mon amour, je ne t'aime plus tous les jours...' tchao Manu (non, on parle pas du Président!).
Le chanteur se saisit d'une guitare électrique, Lilly, à ses côtés, décide de tambouriner. Le groupe cite les Pixies mais on peut légitimement penser aussi aux Gun club.
Un titre sonique et rythmique qui érupte 'I do' "Uh huh".
On ne voit pas trop le batteur alors il se dit 'Tiens, je vais chanter' un truc qui s'appelle "J'suis"... donc je pense... enfin j'espère...
Y'a un gars qui filme tout au caméscope. Faut dire qu'ils ont déjà sorti un live à K7 alors pourquoi pas une vidéo?
Au tour de Lilly de prendre le micro avec une voix grave qui se perd en miaulements puis en feulements en sortant les doigts de la prise. "It's a curse" continue sur le même grain de folie. Et pendant ce temps-là, le sculpteur sculpte, les mains dans l'argile, ça porte bonheur!
Une ambiance rockabilly déjantée parcourt "Young guns" qui me rappelle les Violent Femme. L'Hammond bouillonne sur une cadence quasi ska. Puis le refrain se simplifie en 'hoho hohohohoho' que tout le monde peut reprendre comme une évidence. Chapeau!
On n'a pas trop parlé du bassiste, l'homme au bleu vert, cheveux longs, casquette de para et lunettes noires, on se demande si ce n’'est pas lui qui sert de modèle au sculpteur. Non, j'déconne elle est beaucoup plus belle la statue! Lui ne reste pas de marbre, il n'a cesse de secouer sa basse recouverte de patches.
Faux départ pour "I feel the light" aux accointances 'I feel good', démarré en stop and go.
Y'a un grand timide qui reste caché, avec sa guitare électro-acoustique, derrière la sculpture aux faux airs de 'The thing' me suggère John. Il s'appelle Daniel et il vient chanter le dernier titre en date "YHWH", un morceau de pirates façon Pogues avec un harmonica débridé, joué par le frisé à l'orgue (Johnny ou Jack, on n'a pas été présenté!).
Trop bien de chanter se dit le batteur, du coup, il remet le couvert sur le blues suintant "Dominé" à l'orgue tout aussi dégoulinant.
...Et il continue sur le plaintif "Jacks on crack", où il se met parfois à trépigner.
Oz décide de quitter ses chaussures pour monter en haut des marches et encourager son monde à fredonner sur la jolie balade "End of the night" remplie de 'lalalalala'.
Puis "Baby's death wish" commence doucement avant de sautiller sur un rythme entrainant d'autant qu'on peut encore accompagner des 'Who hohahohahoha'.
Lilly a suivi l'exemple et se tortille en glissant sur ses chaussettes.
Voit-on mieux la lune en haut des marches? Hommage à Creedence Clearwater Revival avec le classique "Bad moon rising" tellement contemporain : 'I see the bad moon a-risin' I see trouble on the way I see earthquakes and lightnin' I see bad times today' Tremblons malheureux que nous sommes!
Après Creedence, on se refait la peinture avec "Pablo Picasso" des Modern Lovers. Oz pousse le premier rang dans leur espace et encourage un pogo. Lilly, pas décidée, reste assise par terre à frapper son tambourin sur le sol. Début du bordel!
'Vous voulez un rappel non?'. C'est gentil de demander, plutôt 2 fois qu'une! 'C'est facile, il suffit de répéter 'chien chat, chien chat'. "Catdog Catdog Catdog Catdog!" Un moment de pétage de plombs, craquages en tous genres et folie douce où tout le monde danse comme il peut c'est à dire entre gorille et ours.
Finalement, les musichiens nous ont laissé sur le cul, chat ch’est chûr!
SETLIST
01-Afrika
02-Bonedown
03-Maureen / Bongo Bong (cover Manu Chao)
04-Uh huh
05-J'suis
06-I's a curse
07-Young guns
08-I feel the light
09-YHWH
10-Dominé
11-Jacks on crack
12-End of the night
13-Baby's death wish / DEAD
14-Bad moon rising (cover Creedence)
15-Pablo Picasso (cover Modern Lovers)
Rappel : 16-Catdog
https://linktr.ee/diedaffodils
https://diedaffodils.bandcamp.com/