Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
Par NoPo
Fil au Chaland qui Passe, Binic, le 11 janvier 2026
NoPo
FIL au Chaland qui passe de Binic le 11 Janvier 2026
Le savoyard Éric « Fil » Philippon fût un temps tordu au milieu du groupe de la même déformation et séparé en 2003. Passé par des temps plus théâtraux, il a repris le fil de sa vie musicale en solo avec son tout récent album "J'aime".
Le Chaland tire le fil et l'amène à Binic ce dimanche.
On arrive 10 minutes avant le rendez-vous fixé en imaginant un temps, un concert dans l'intimité, tant le troquet est plein de vide, sans banquette ni chaises ni même patron... parti promener les chiens! Mais que (de chiens!) nenni! La foule afflue à l'heure dite, par paquets de 12, moins bien rangés que dans une boite à oeufs, ce qui nous rapproche des habitués dont Alice (la chérie du patron et surveillante en chef des frétillants dits-chiens, revenus de leurs jobs) qui se réjouit.
Fil branche son matos et annonce sans tambours ni trompettes (il ne les a pas amenés) qu'il démarre. La déclaration n'attend pas. "J'aime" pose les bases de l'album, sensible et sincère et ouvre, avec précaution, le set à la Gretsch électrique. FIL perd le fil de son arpège 'alors là, c'est la 1ère fois que ça m'arrive... c'est con hein?' mais comme tout bon artiste qu'il est, il retombe sur la pelote.
Puis il décide de gravir "Des sommets" sans échauffement, risqué après un premier dérapage contrôlé... La ballade, touchante, ferait dresser le poil à n'importe quel Merlan. Les arrangements enregistrés donnent du rythme à la composition.
"Dormir bancal" utilise l'infinitif et les nappes de guitare sont multipliées à la loop station. Une belle mélodie s'écoule mais l'essentiel est ailleurs, FIL sait coucher des textes!
'L'album est sorti le 31 Octobre avec le dessin d'une de mes filles, bah, je vais pas mettre ma gueule dessus non plus' confie le modeste. Les rondelles trônent à côté du bar avec les t-shirts...
La suivante se joue à l'acoustique, allongée sur les genoux, barrette slide au doigt alors que la rythmique enregistrée empêche de tanguer.
Retour à la guitare électrique, pour une inspiration reggae au jeu de guitare twang avec vibrato, voix parlée et essais beatbox. "Les inconnus" s'écrit aux textes de Jules Jouy, communard, l'anarchiste hein pas les musicos anglais.
Sans concéder 'La nuit je mens...', l'artiste avoue 'Le jour je vis, la nuit je sors' plein d'émotions. La réverbérationfait son effet sur un fond musical, sèchement marqué au pizzicato.
On ne sait pas si elle a pris du Cognac, mais Monique a la gnac. Elle danse, avec ferveur, tous les morceaux même ceux qui pourraient inciter au recueillement.
'Reprise d'un groupe de chanson française avec un texte d'Aragon, c'était sur le dernier album de la Tordue', ça s'appelle "Je tombe"... pas dedans on espère, alors que la tristesse dégagée nous fait croire au contraire.
Il se saisit d'un verre vert et précise 'C'est pas du Get 27!'
Une intro déchirante, y'a pas de texte sur ce morceau tranquille, juste des commentaires désabusés de sa voix off comme une impro qui lui permettent de se promener dans le troquet.
'J'enchaine', et de fil en aiguille, il se met en t-shirt à son nom. La guitare sèche mais pas les larmes.. La guitare acoustique, de retour, égrène des notes sombres pour "Toujours".
Il se réaccorde et fait son auto-promotion présentant son vinyle 'C'est rare, les gens n'ont plus d'objet, je vous y encourage surtout celui-là'.
Reprise d'un chanteur que j'aimais beaucoup... nous aussi car il s'agit de "Mustang" de Jean-Louis Murat. Une amertume contagieuse et bouleversante!
Puis la Grestch revient gratter le dos et pas seulement vu que "Mémé" fait tourner la loop station favorisant le balancement et un ptit tour dans la salle. On passe à l'ambiance festival, Fil nous faisant répéter 'mememe hoho' et cabotinant en passant sa bouche de gauche à droite du micro et retour.
Puis à l'enchainement, le voilà qui imite Aymeric Lompret... c'est la dernière?
Pas encore car "Ombre des bois", poème de Paul Fort, à la rythmique enregistrée, avec son intro prenante, devrait être interdit aux âmes sensibles à la Jean-Pierre Bacri et autres déprimés non reconvertis.
Nom d'un chien, Alice entre en lice et lissant le poil du canidé, le fait glisser vers la coulisse... Peine perdue, l'animal, à l'oreille musicale, reviendra bien vite tenter d'actionner les pédales d'effets.
L'accord vivement brossé sur la gratte joue sur un clair-obscur des plus captivants. Une chanson poignante dont je ne trouve pas le titre.
Puis, 'Une chanson anglosaxonne... en français', on reconnait la traduction de "Creep" de Radiohead pourtant totalement réappropriée.
Fin du concert, tout le monde reste sage ou abasourdi. On entend 'Ils sont timides', Fil répond 'Ben comme moi quoi!'
S'en suit "En un mot" encore un truc qui touche et qui plombe avec ces mots susurrés sur une palpitation mesurée.
'Je peux vous faire un morceau qui s'appelle "C'est pas la fin"' mais ça y ressemble avec une litanie, à guitare crissante, digne des meilleurs cafards de Murat ou Miossec.
Plein d'humour, le gars achève un concert sur le fil du rasoir, en reprenant le morceau d'entrée 'car je me suis lamentablement planté!'.
Un artiste sur le fil ténu des Murat, Bashung, Miossec...
Il parait que le bonheur, c'est simple comme un coup de Fil... il est passé... au Chaland qui passe à Binic!
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