Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
Par NoPo
Album - An Ankoun" de Klara Ninn
NoPo
KLARA NINN An ankoun LP 2025
Début 2025, on découvre Klara Ninn installée à Pleumeur-Bodou (22). Elle vient de Baden (56) et du pays de Retz (et non pas de Metz comme l'a suggéré un singe dur de la feuille sur radioactiv', la boulette!).
Et sur son disque, la messe n'est pas loin d'être dite, mais en breton plutôt qu'en latin .
Question background, la fille a joué avec Gilles Servat et accompagne Jean-Claude Guichen depuis quelques années à la scène comme à la plage (c'est l'amour ahaa). Tu peux aussi l'avoir rencontrée dans le coin dans le duo swing Teagirl & Coffeeboy.
Klara Ninn, les musiciens, ciennes :
Chant, Violon, mandoline et machines: Claire Mocquard, Ah, c'est qui? Ben Klara, tiens!
Batterie: Maxime Kermagoret qu'on connait aussi avec Louise Papier, chez Simone d'Opale ou Les Vilars (qui ne sont pas de Lens).
Voix basse: Cheun Guichen... Guichen? Et ben oui, son fils à la Klara, ça se passe comme ça, en famille!
Et sur scène, DjiBriL (Gabriel N'Dombi), un gars de Plantec vient planter ses machines.
Artwork bleuté avec un coup de crayon charbonneux plaçant le buste de Claire au milieu de feuillage, en muse inspirée.
Quant au mixage, on apprécie le travail d'Elouan Jegat (Stade, Skopitone Sisko) (oui 'je gâte').
Ce disque ne débute pas par une composition. "Bicken pell" vient d'un morceau traditionnel irlandais, oui vient car on lui a bien refait la façade quand même. 'Magnifaïque" s'emporte Cristina Córdula (on a les refs qu’on peut ahaa). Le côté mélancolique conservé, l'électro magnétise le résultat.
"Kimiad" signifie "Adieu" mais on dit d'abord 'bonjour' à ce triste trad, titre majeur, au chant gwerz poétique et aux arrangements recherchés, électros aériens dont le flux fricote avec le trip-hop. 'Cette chanson parle du départ de ma Maman et de ses derniers instants. "Quand j'étais reine de son pays, ma mère était un chêne vert"...'. Une chanson captivante au plus au point!
Une belle nappe de claviers nous installe confortablement et l'artiste alterne chant breton gwerz, à cadence marquée, et chant français, plus pop, sur mid-tempo où les tons basses ronronnent. "Digenvez" berce avec volupté et emphase dans une sorte d'effet ocytocine.
Premières notes, quasi a capella, pour "An hini a garan" au doux parfum de racines bretonnes (adaptation d'un chant trad). Et pourtant, la Mandoline apporte ensuite, sur une rythmique électro, un air oriental. Le violon celtique, en boucle, ramène alors son grain de trad. On ne décroche pas instant, jusqu'au bout d'une colonne de chœurs finalement oubliés.
Intro sur une pulsion de claviers en ébullitions rappelant la synth wave ou retro-wave, survolés de vocalises fascinantes. Le morceau mêle violoncelle et rythmique électro frénétique qui porte des vocaux brillants, puisant autant dans le traditionnel que le contemporain. Klara commode français et breton dans ce titre résolument moderne "Distopienn", qui pourrait rappeler le groove imparable des brestois de Sheer K. Une plage exceptionnelle!
A nouveau le violon celtique, très présent, vient strier "Hon heneoù", en un style plus jazzy, au claquement qui amène à un refrain popisant, bordé de chœurs perchés. Le clavier séquence, transportant un souffle vital qui emplit parfois les poumons. La mélodie déroule dans une atmosphère lumineuse.
Le chant, d'une belle finesse touchante, surplombe une ligne de violon triste, à peine éclaircie par quelques bulles électros. L'instrument à archet croise plusieurs pistes qui se frôlent, amenant de la douceur. Plus tard, la magie du Kla-ramage marche dans les voix de l'Orient. "Marv pontkalleg" diffuse son émotion contagieuse.
Claire décide de parler de la séparation de la Loire-Atlantique, terre de ses ancêtres, et de la Bretagne dans le morceau titre. "An ankoun", l'oubli, démarre par des claviers ondulants et des vocaux radieux sur une trame de violon. Un rebond rythmique puissant propulse le morceau totalement envoûtant dans un moment suspendu.
"Lusk" développe un groove trip-hop ondulant. Si tu ne balances pas tes hanches, c'est que t'es assis et même enterré! La fibre électro, ténue, assène sa cadence, parcourue par des vocaux à teneur trad, flirtant soudain avec le Kan ha diskan. L'ensemble prend ensuite de l'amplitude et enfle puis la rythmique imite le tambour celtique. Le final agit en émulsions gazeuses.
Claire affirme travailler au feeling alors on espère qu'elle gardera les mêmes klara-cines pour la suite. Son celtectro-trip-hop électrise et prouve que la musique bretonne reste bien vivace!
Tracklist
01-Biken pell 3:50
02-Kimiad 3:55
03-Digenvez 4:36
04-An hini a garan 4:11
05-Distopienn 4:36
06-Hon heneoù 4:48
07-Marv pontkalleg 4:09
08-An ankoun 3:54
09-Lusk 5:02
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