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Par NOPO (PHOTOS NOELLE)
Les Régalades à Lamballe avec Emane, le 31 juillet 2025
NoPo et Noelle
EMANE - Régalade de Lamballe le 31/07/2025
Les régalades restent une institution dans la cité du Penthièvre depuis près de 30 ans avec des milliers de repas servis chaque année. Pour faire descendre tout ça, vous prendriez bien un peu de musique, dansante de préférence?
Alors ce soir, on commence par la musique bretonne puis on enchaine avec de la new soul, teintée de funk et disco bien trempés!
Ah, excusez le jeu de mots humide, mais ce soir à Lamballe, t'emballes pas trop, des hallebardes auraient pu ruiner le concert d'Emane. On nous avait pourtant prévenu 'Astour y va chiée de la pieil!'
Emane, de Rennes, possède des racines guadeloupéennes donc elle a, probablement, plus de chance de connaitre le gallois que le gallo. Son papa était chanteur de Gwoka, un chant traditionnel. Elle étudie la danse (Gwoka) qu'elle complète par le hip-hop, elle a appris le saxo et sait chanter mieux qu'une casserole. Après avoir été choriste, fait de la comédie musicale et pris le chant principal dans plusieurs groupes, début 2017, émane (trop facile) son premier EP solo éponyme (et pis quoi de mieux pour se présenter?) puis suit l'album 'Like a woman'(une confirmation) en 2020.
Quant à sa famille musicale, si tu la penses cousine de Mickael Jackson, Stevie Wonder, Etta James, Alicia Keys ou Imany, tu ne dois pas te tromper de beaucoup...
Sur le récent EP 'On my way' de 2024, elle affirme avoir trouvé son chemin à propos duquel elle écrit et compose.
Fallait pas être en retard car le concert, annoncé à 19h45, démarre alors que nous avons encore du caramel étalé sur la bouche et il n'est que 19H40... on a même pensé à un dernier sound check mais non...
Un grondement de batterie qui fait sursauter Hubert au service du cochon/frites et ça décolle en hachures avec "Fears", par un chant grave, menaçant et chuchotant d'abord alors que le refrain monte d'une gamme et transforme le malaise en syncope rythmique.
Côté scène, Emane s'habille d'une magnifique robe rouge et noire avec dorures, qui ne la gêne pas pour danser malgré sa longueur.
A droite, producteur et compositeur, le barbu Miyuda se cache derrière ses lunettes noires et maitrise la batterie.
A gauche, Tangi Miossec (oui, pas mouillé, il est protégé par la tenture lui), compositeur aussi, assure les claviers.
Au fond, le dénommé Cedric Motte s'affaire autour de machines tout en s'occupant des basses et de la basse à cordes.
Bercé par un piano sautillant et avec les explications d'Emane, "Fuck" passe de juron à emmerdes, balayées d'un revers de la main. Profite de la vie et du concert! Le chant est euphorique, Cedric joue la basse au synthé et Miyuda alterne, en mid-tempo, charley, caisse claire et grosse caisse dominante, provoquant un balancement ample.
Oui Emane, je suis d'accord, "Le soleil est dans nos cœurs" mais l'eau ça mouille la peau et pas de pot, ça tombe! Devant la scène, une jeune femme tatouée, fan, courageuse ou inconsciente voire étanche, a directement appliqué les paroles de la chanson 'je vous emmerde, les nuages' en continuant, sur place, sa danse d'indienne. Fuck la pluie qui s'abat d'un coup violemment! On trouve une grotte pour s'abriter où on entend (mal) le son mais on ne voit rien sauf la nourriture des plateaux repas de nos voisins, pas trop glamour. Je finis par me caser sous la tente des techniciens son, pas pour longtemps puisque, très vite, l'accalmie nous fait sortir le bout du nez... et des oreilles. La danse du 'no rain' a fini par l'emporter. Merci madame!
"Love fire", rondement mené, s'entend dans les paroles du morceau suivant, puis, la ballade de "Always in my head" parle d'une rupture apaisée qui se termine par 'I forget you' crié d'une voix éclatante. La plage chaloupe dans sa soul kitchen, bien cuisinée, qui touche. Emane possède une voix à la fois profonde et puissante avec une belle amplitude. Tangi arrose un solo de synthé chatoyant comme on les aime.
Emane se met alors en tête (de gondole?) de faire chanter le public (nous!) vu que "Say Yeah", même un muet pourrait faire mieux que le mimer. Forcément les clapping hands sont de mise pour border l'ambiance, gospel au départ, qui évolue en pulsation funky... du potin qui fait remuer le popotin.
'Une petite fille raconte l'histoire de ses parents en leur disant 'pas envie de récupérer vos blessures!', voilà le thème de "Time" qui ouvre le dernier EP. Cette fois, le côté gospel est encore plus prégnant avec des vocaux plaintifs évoluant vers une prière, martialement marquée aux maillets.
A l'inverse, c'est au pad que démarre le titre suivant "On and on", dans une version moins charnue que sur disque, avec basse et clappings électros, remplacés par de vraies mains à la fin. Une musique canon à fort trémoussements.
Elle déterre "Adventurous man", une antiquité, du premier EP. La syncope, pareil à un fouet, se perçoit puissamment. Sans glissade incontrôlée, la fille impressionne par une superbe chorégraphie.
Les textes parlent d'Emane-ité et de défense de la femme 'Respect your wife' ici. Emane femen? Fait femme surtout!
On se pique à l'Epicure avec le chaud pressé 'Hurry up', genre dépêche-toi de t'éclater, ce que font joyeusement 2 enfants à nos côtés bien encouragés par leur barbu de père. Un vrai tube, très visuel avec son solo de basse slappée, salué par les autres musiciens.
Ils nous piègent en fin de morceau en jouant les statues, avant d'enchainer sur "Destiny", un autre hit à l'intro au piano swing et rythmique battements de cœur. Un truc à chanter, en chœurs justement, ce dont l'artiste ne se prive pas en nous faisant répéter 'I'm here'. C'est risqué, va-t-il repleuvoir?
Emane explique ensuite que 'Parfois, on est trop gentils, on n'arrive pas à dire 'non'... mais mes règles c'est mes règles et c'est mon monde!' pour introduire une soul, au départ très douce. Un coup de baguette magique et la progression magnifique aboutit à "Sometimes I wanna be a bad girl". Sur une belle trame séquencée aux claviers, accompagnés de percussions électros, la chanson alterne apitoiement et contestation rebelle.
Voici venir une chanson 'pour une personne qui a vraiment compté', on sent l'émotion dans la voix pour amener "I just wanna dance" (with you). La cadence funky donne le tournis jusqu'au refrain groovy qui pétille. La chanteuse propose d'allumer les lumières des portables pour toutes les personnes qu'on a aimées et parties trop tôt.
"Who Says jazz band can’t play rock", à la rythmique pétulante, donne une nouvelle occasion à Emane de nous prouver ses talents de danseuse. Ses enchainements toniques et gracieux auraient rapidement démonté une hanche en titane pour sûr! Quant à Cédric, tout sourire, il semble encourager du regard, les efforts de la chanteuse.
Tel un signe, on termine avec "Smile" sur un mid-tempo enveloppant. Impossible de ne pas se laisser embarquer sur ce voilier fièrement gréé. A travers la voix gonflée, on sent un vent porteur de bonté et de joie, tout ce qu'il nous faut! Le public, totalement convaincu, le sublime par un 'We all need just a smile' qui fait chaud au c(h)oeur.
Comme quoi l'humidité peut provenir de l'émotion ou de la sueur autant que du ciel et rien n'arrête les vertus de la musique!
L'artiste se rend disponible et on lit le plaisir, des 2 enfants de tout à l'heure, prenant des selfies avec elle et leur père, encore plus heureux! Emane a finalement réussi son pari en nous amenant quelques rayons de soleil!
SETLIST
01-Fears
02-Fuck
03-Love fire
04-Always in my head
05-Say yeah
06-Time
07-On and on
08-Adventurous man
09-Hurry up
10-Destiny
11-Bad girl
12-I just wanna Dance
13-Who Says jazz band can’t play rock
14-Smile
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