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Par NoPo
Album - The Fragile Light Of Fireflies par Evadne
NoPo
EVADNE The Fragile Light Of Fireflies LP 2025
Formé en Espagne au début des années 2000, Evadne, au nom trouvant écho dans la mythologie grecque, a publié 4 LPs, soit, à vue de nez, 1 tous les 6 ans... normal pour un style qui apprécie la lenteur.
Le dernier en 2021, "The Pale Light Of Fireflies", fait l'objet ici d'une revisite acoustique. Là où les voix death et les guitares agressives venaient durcir leur côté 'pale' du doom, il ne reste plus que le filet 'light' de la sensibilité.
Le résultat fait irrémédiablement penser à la beauté de certains titres dépouillés d'Anathema ou Swallow the sun et surtout le disque 'Hour of The Nightingale' (2016) de Trees of Eternity (collaboration entre le guitariste Juha Raivio, le batteur Kai Hahto -de Swallow the sun-, et la chanteuse Aleah Stanbridge, rejoints ensuite par Fredrik et Mattias Normann –guitare et basse Katatonia-).
La photographe russe Natalia Drepina se joue de l'obscurité pour planter, sous un ciel crépusculaire et nuageux, une femme en robe, faisant signe d'une main et portant une lanterne éteinte de l'autre.
Il parait que 'The artwork, crafted by Natalia Drepina, visually mirrors the album’s ethereal and introspective essence, capturing its melancholic beauty.'.
Il n'y a rien à ajouter, juste la musique à faire défiler.
En traversant d'emblée, "Shadows", au titre bien nommé, on devine dans quel cosmos atmosphérique on va flotter. Un arpège, à la guitare acoustique, tisse une toile où perlent des gouttes de piano. Les sons de violons renforcent la souplesse des fils sur un rythme très lent. Une voix masculine chevrote d'abord sur des cassures plaintives. Elle se transforme en chant cafardeux qui se dédouble en 2 lignes, remplacées ensuite par la trame féminine de Natalia Drepina, de la transparence au murmure de fée. Puis retour à la voix de Carmelo Orlando (Novembre) qui prend plusieurs formes en se multipliant. Peu à peu envahis par ces harmonies si tendres, on finit par devenir nous-mêmes chimères.
Une orchestration presque prog, tout aussi délicate, emboite le pas sur 'Under Blessed Skies' où l'on croit deviner quelques notes à la mandoline. La voix langoureuse et nasillarde de Mark Kelson (The Eternal, ex-Cryptal Darkness et ex-Alternative 4) se place sur un rythme de valse. Lorsque les chœurs féminins viennent border le premier plan, en variant les gammes, le morceau donne une impression d'évaporation en brume de cordes.
Dès les premières notes à la guitare de "Where Silence Dwells", on comprend que le morceau va trainer sa peine surtout avec une voix cassée d'entrée. Néanmoins, par une progression grandiose et une voix opaline, le morceau s'envole, touché par la grâce des chœurs de la chanteuse belge Carline Van Roos (Aythis, Lethian Dreams, Remembrance) et les harmoniques sur les frettes. Au bout, les vocalises féminines éthérées, se posant sur de frêles notes à la guitare, passent un frisson dans une ambiance cotonneuse.
C'est un piano, aux touches tristement parsemées qui ouvre "The Pale Light Of Fireflies". La voix grave de Juan Escobar s'y accroche, avec un liseré surplombant, dessiné par Carline Van Roos. Sur quelques fragilités, le chant devient plus douloureux et sa gravité fait parfois penser à Fernando Ribeiro (Moonspell). La rythmique reste à peine esquissée au tambourin. La voix s'équilibre, au milieu d'un crachin orchestral, bientôt réduit au seul piano, puis bercé de cordes alors que le rythme prend de la profondeur. Le final laisse les cordes s'entrelacer avec le piano.
Ici encore, il pleut des cordes. Les guitares sonnent avec finesse sur un flocon synthétique, percé de notes au piano plus tard, lorsque la rythmique s'effectue délicatement aux balais et shakers. Le chant mélancolique, introduit par un murmure, ne se permet que peu de dénivelé. La douce et merveilleuse balade "Ablaze Dawn Eyes" évolue lentement tel le jour qui décline.
"Hollow Realms" s'élève dans des vocalises évanescentes au milieu d'arrangements tout juste marqués au métronome par un tambourin/grosse caisse et la basse pondérée. Les cordes, doucement grattées, se laissent envelopper par un parfum de synthé et chevauchées par le chant accablé de Jaani Peuhu (Ianai, Mercury Circle, ex-Swallow The Sun, tiens donc!). Le synthé, devenu tournoyant, aspire alors, en deux temps, les arpèges lents de guitare puis laisse filer la ballade, traversée de quelques chuchotements féminins et effleurements au piano.
La transparence vocale de Carline revient illuminer "Silhouettes Of A Faceless Sun" en duo avec (probablement) Albert, le chanteur du groupe. Bien qu'alangui, l'entrainement mélodique reste irrésistible, par caresses plus que touchers, libérant des émotions diverses à chaque instant.
Des bulles synthétiques propulsent calmement le souffle onirique de "The vacuum". Le chant, filant et magnétique, vient les agréger. Les percussions continuent d'être discrètes tel un orage qui s'éloigne. La mélodie, apaisante, ruisselle, sans méandres, avec une teneur instrumentale favorisant les imbrications variables du piano et des guitares.
Plutôt qu'assécher la gorge dans des airs abrasifs comme la version originale "The Pale Light Of Fireflies", ce polissage élégant de "The Fragile Light Of Fireflies" humidifie les yeux. La magie des compositions et leur interprétation ont quelque-chose à voir avec la profondeur de l'âme et malgré la perception d'une certaine tristesse, on atteint finalement un vrai bonheur à l'écoute.
01. Shadows (feat. Natalia Drepina & Carmelo Orlando)
02. Under Blessed Skies (feat. Mark Kelson)
03. Where Silence Dwells (feat. Carline Van Roos)
04. The Pale Light Of Fireflies (feat. Juan Escobar & Carline Van Roos)
05. Ablaze Dawn Eyes
06. Hollow Realms (feat. Jaani Peuhu)
07. Silhouettes Of A Faceless Sun (feat. Carline Van Roos)
08. The Vacuum
Albert Conejero Ferrer : Chant
Josan Martin : Guitares
Jose Quilis : Basse
Joan Esmel : Batterie, Chant
Mixé et masterisé aux Pentasonic Studios par Sergio Peiró
www.instagram.com/evadneofficial/
www.evadne.es
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