Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des critiques de concerts
  • : Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
  • Contact

Les prochaines...

Recherche

19 juillet 2019 5 19 /07 /juillet /2019 14:44
Pat Kalla et le super Mojo - Esplanade du Casino- Saint-Quay-Portrieux, le 17 juillet 2019

Pat Kalla et le super Mojo - Esplanade du Casino- Saint-Quay-Portrieux, le 17 juillet 2019

 

 

Le 17 juillet, un premier mercredi musical sur l'esplanade du Casino de Saint-Quay-Portrieux.

 

Place aux artistes a convié le groupe lyonnais Pat Kalla et le super Mojo pour ouvrir la saison estivale en terre quinocéenne.

 

Si le public n'a pas répondu en masse, tous ceux qui ont fait le déplacement sont rentrés au bercail, ou dans leur location de vacances, le sourire aux lèvres après avoir dansé comme Beyoncé ou James Brown, (en oubliant, pour une fois, l'andro ou la gavotte), sur l'afrodisco proposé par Pat Kalla et ses complices.

 

Pat, Patrice, en hommage à Lumumba, a du sang franco-camerounais dans les veines, arbore un éternel sourire, est coiffé d'un chapeau presque aussi beau que celui de Charlie Winston, ses raybans, son futal et veston cintré, ont rendu jaloux les simili playboys du coin. Le gaillard a derrière lui un passé musical déjà fourni ( e a la Légende d’Eboa King, le Mento Cloub ou Voilaaa Sound System) et tourne désormais avec le Super Mojo.

 

La carte de visite du nouveau combo mentionne un EP et l'album ' Jongler', une suite est prévue dans un futur pas trop éloigné.

 

Il revient d'un festival au UK, où la presse l'encense: " Backed by the "Super Mojo Disco", a hyperactive band from Lyon with deep groove and positive energy, Pat Kalla offers us an anti-crisis project, where swaying and feel-good humor is mandatory!"

 

Ce soir, ils sont six: un gars doué aux keys qui ne ressemblait pas à Rémi Mercier, on avance Pierre Vadon, Julian Jan à la guitare , Jim Warluzelle : basse( Stereo Ties...), Nicolas Delaunay : batterie ( Noah Lagoutte, Naï-Jah, Conte and Soul...) , Mathieu Manch : percussions ( Proyecto Don Salluste...) plus le  Pat de Radio Nova, les cuivres sont restés sur les bords du Rhône.

En piste, mesdames et messieurs, voici ' Balader' un premier titre invitant aux déhanchements onduleux, il le dit ...on a toute la nuit pour danser... elle ne fait que commencer, la nuit, il est 21:15.

Place au second groove Rhône-Alpes/Cameroun irrésistible, chaud, chaud et pimenté , la 'Canette' .

La guitare amorce le sulfureux 'Madiba' , le surnom de Nelson Mandela, quelques heures après le décès de Johnny Clegg, ça fait du bien d'écouter cet Afro Beat digne de Manu Dibango.

Saint-Quay ne tient plus en place et gigote en mesure, le ton monte encore d'un cran avec 'Ancien Combattant', un tube interplanétaire pour Zao en 1984, le morceau est de la plume d'Idrissa Soumaoro qui l'avait intitulé 'Petit n’imprudent'.

Le groove purulent et le propos anti-militariste frappent les imaginations et délient les articulations.

Hey, les Bretons, ça va?

Celle-ci est pour tous ceux qui cherchent du travail, nous on chante l'Amour, d'ailleurs chacun est prié de faire un câlin à son voisin, smack, smack, smack...voici 'Laissez-moi danser'.

Un truc qui te rappelle musicalement Alpha Blondy, ou la version belge de 2 Belgen, 'Opération coup de poing' .

Après un nouveau  makossa track militant 'Le peuple',  que ton esprit associe à l'afro pop ou au high life d'Osibisa, aujourd'hui oublié, et une harangue destinée au frère du père Fouras, vient le titre dédié à toutes les femmes, 'Lady Angola' que le griot de Lyon vient chanter parmi nous, en faisant l'aubade à une jolie black lady...chocolat est ta peau... lui chuchote-t-il, avant d'aller draguer une blonde délurée.

Tonton!

Qui?

Oui, toi, peux-tu embrasser le soleil jaune couchant qui déambule, face à nous?

Euh, je ne connais pas cette brave  dame, et celle à qui j'ai dit oui, au siècle dernier, est du genre ombrageux.

Après s'être gentiment foutu d'un cousin de George Clooney, en villégiature en Côtes-d'Armor, le plaisantin propose un slow tropical made in Douala,  suivi par 'Pygmée', dédicacé aux peuples de la forêt.

Pour l'occasion, les claviers adoptent des sonorités balafon.

 Tu les vois ces forêts dévastées, tu les entends souffrir ces arbres anéantis, tu la devines l'incompréhension du petit homme, petit mais puissant, la nature, ils la déforment pour le profit, le Pygmée , lui, pleure.

Il y a Marie, la Vierge et puis il y a ' Chaud Maria', une gazelle funky qui t'a fait songer à certains titres de Claude Nougaro, tu y ajoutes un sacré solo, Carlos Santana touch, et tu as un morceau ensorcelant.

En Afrique quand ça ne va pas fort, on dit 'Ça va aller ' , bonne humeur garantie malgré un texte subversif.

Tu dis, Jocelyne, Johnny Clegg, oui, on sait, mais tu as raison, allez, faut bouger, voici ' African Disco' qu'il vient chantonner face à un marin échoué. Au pied du podium, une louloute de dix-sept mois, à tout casser, se trémousse comme une go go girl de 78 centimètres, du coup, tout Saint-Quay se met au baby disco, imité par des musiciens amusés.

La tirade met fin à un show généreux, donné par un groupe talentueux et accessible.


Un bis s'impose avant de se quitter, ce sera une rumba endiablée destinée à tous les algébristes africains, ' Jongler' (mathématiques).


Un petit dernier aux Cochons Flingueurs et retour au domicile conjugal, un bête sourire au coin des lèvres.

Elle est pas belle, la vie?

 

 

 

Pat Kalla et le super Mojo - Esplanade du Casino- Saint-Quay-Portrieux, le 17 juillet 2019
Pat Kalla et le super Mojo - Esplanade du Casino- Saint-Quay-Portrieux, le 17 juillet 2019
Pat Kalla et le super Mojo - Esplanade du Casino- Saint-Quay-Portrieux, le 17 juillet 2019
Partager cet article
Repost0
15 juillet 2019 1 15 /07 /juillet /2019 14:35
Green Lads à la soirée festive pour fêter l'été, Plouha, le 12 juillet 2019

Green Lads à la soirée festive pour fêter l'été, Plouha, le 12 juillet 2019

 

Le 12 juillet:  la municipalité de Plouha organise une soirée festive pour fêter l'été.

Le menu prévoit un concert de  Green Lads suivi par une bouillasse servie par un duo de deejays.

L'horaire indiquait 19:30', à 19:40, deux jeunes gens, fringués d'un gilet et pantalon en tweed d'un vert chasseur, se radinent sur scène, l'un ramasse un violon électrique et son archet, le second a sorti une flûte de son carquois.

Bonsoir, mesdames et messieurs, nous sommes les Green Lads, pas des garçons d'écurie, mais des mecs en  vert, nous pratiquons de la musique irlandaise sur un tapis électro.

Habituellement a young and beautiful las ( Marie-Amélie Vivier des Sales Gosses ou Double Casquette Swing) se joint à nous, elle a raté le TGV, sorry.

Ce soir vous verrez et entendrez Antoine au carré:Antoine Rozé au violon ( Aroze) et  Antoine Morin aux flûtes ( tin whistle, traversière e a) .

On vient de sortir l'album  'Foam and Lads' ( sept titres) qui succède à ' Green Lads' .

La playlist de la soirée est basée sur ces deux volumes, vous pouvez escompter entendre des jigs, reels, ballads basés sur le folklore irlandais, le tout baignant dans une solution techno, ce qui devrait nous permettre un jour d'être programmé à Tomorrowland ou à faire l'ouverture des jeux olympiques car, contrairement à David Guetta, on n'a pas l'habitude de paumer notre trousseau de clés.

Après deux reels énergiques reposant sur une bande, qui t'ont fait penser à la petite prodige  Lindsey Stirling, le duo propose 'Sweet Ireland' qui nous trimballe du côté des verdoyants vallons et collines peuplées de paisibles moutons paissant sur l'herbe tendre là où régit une constitution débutant en ces termes...n the Name of the Most Holy Trinity, from Whom is all authority and to Whom, as our final end, all actions both of men and States must be referred,We, the people of Éire,Humbly acknowledging all our obligations to our Divine Lord, Jesus Christ, Who sustained our fathers through centuries of trial.....

Tu veux un ruissseau et des papillons, pas de problèmes!.

Et des libellules, faut pas exagérer, mais on te propose une Kilkenny.

Le cocktail est divertissant, mais il n'est pas sûr que la panade électro plaise aux puristes, Plouha s'en moque et bat des mains.

Sur la lancée, le duo amorce l'animé  'FK' ,  avant de nous amener faire la connaissance des leprechauns et du chaudron d'or.

Près du stand nougat et cacahuètes, un vil cabot, peu mélomane, manifeste son mécontentement, la flûte enchaîne soutenue par le boum boum boum sur bandes, le clebs braille de plus belle, ta voisine lui crie ' ta gueule'.

Bienvenue dans les 'Grand Scapes' annonce le violon, on suit le guide en dansant.

Sans Marie-Amélie, ça ne va pas être de la tarte de pousser la chansonnette, on vous fait la suivante en yaourt irlandais, vous pouvez nous aider et chantonner da di dan dan ooh, ce que firent les locaux!

Dans leur nouveau roman,  ils ont repris le joyeux ' Galway Girl' de Steve Earle, une belle fille, légèrement volage,  aux yeux bleus et à la crinière noire. 

Plouha, si tu avances, Antoine danse, je descends jouer du violon à vos côtés.

L'ambiance monte d'un cran, les gars sont sympa, leur approche est attachante, Plouha s'approche du podium.

Un nouvel extrait pétillant de 'Foam and Lads' précède ' Ways of peace' ( ?) , une ballade pour calmer le jeu.

En pays Celte, les reels se ramassent à la pelle, en voici encore un.

Leur recette s'apparente à la cuisine de Caravan Palace et à leur electro swing, ici on nous sert du techno folk, le chant pré -enregistré ajoutant une touche Boney M à l'ensemble.

En Bretagne on ne boit pas que de l'eau, on vient de nous servir deux pintes, so ' Hier Mat'.

Restons au bistrot avec ' Pub Stereotypes', attention la dernière commande avant 23h.

Braves gens, il nous reste deux morceaux, c'est le moment de bouger, le jig se mue  en andro, ils sont quatre à entamer une ronde, puis six, un seul élément mâle, PL 2019, aussi chevelu que Yul Brynner, participe à la farandole.

 'Korrigansda'  ( ?) achève un set fort apprécié par les indigènes et les allochtones.

Au décompte final, que des visages souriants, ce concert sans prétention aura charmé les esprits les plus chagrins.

 

 

Green Lads à la soirée festive pour fêter l'été, Plouha, le 12 juillet 2019
Green Lads à la soirée festive pour fêter l'été, Plouha, le 12 juillet 2019
Green Lads à la soirée festive pour fêter l'été, Plouha, le 12 juillet 2019
Partager cet article
Repost0
15 juillet 2019 1 15 /07 /juillet /2019 11:52
The Banging Souls- Deuxième Rock'n Beers Home Sessions à Sart-Saint-Laurent , le 12 juillet 2019

THE BANGING SOULS – Rock ‘N’ Beers Home Sessions – Sart-Saint-Laurent – 2019.07.12

Juste le temps de déposer mon bagage encore rempli des souvenirs du 26ème festival Blues Passions de Cognac que me revoilà déjà « On the road again ». Direction… voir ci-dessus.

Ils ont remit çà ! Forts d’une première expérience couronnée de succès, le trio namurois, celui qui secoue nos âmes, sollicite ses fans pour une soirée dédiée aux dégustations tant diverses que variées.

Au niveau des boissons, c’est la bière 5G qui est mise à l’honneur pour accompagner les délices de bouche que nous a concoctés « Miss V », notre charmante hôtesse. Sourire en tête, l’équilibriste des fourneaux a une fois encore jonglé avec l’impossible qu’elle a marié à l’improbable pour nous offrir un véritable délice gustatif qui a sûuentretenir nos papilles avides de saveurs tout au long de cette soirée pleine de surprises. Merci à toi Véronique.

Mais malgré toutes les bonnes choses affichées au menu de ce soir, le véritable festin, c’est notre trio de feu composé de Gaëlle Miévis, Ludwig Pinchart et Pierre Abras qui va nous l’offrir. Une fois de plus, les trois vont fusionner et je vais à nouveau me faire surprendre. Quand je réalise que mes pieds ne touchent plus le sol, il est déjà trop tard ! Le groupe nous offre pourtant la même setlist que le mois dernier… Alors qu’est ce qui fait que même assis par la force des choses, je me suis senti soudain projeté dans l’éther, façon « Space Mountain » à Disneyland Paris si tu vois de quoi il retourne céans ?

Et c’est bien de séant qu’il est question car ces trois archanges de l’espace vont nous botter le c.. de plus belle manière encore que le panier à trois points marqué par Michael Jordan lors du dernier match des finales NBA 1998, lorsqu’il assassine définitivement les Utah Jazz pour offrir à ses Bulls de Chicago un 6ème titre. Imagine toi un instant dans la peau de Bryon Russell qui est probablement ce qu’on faisait de mieux comme défenseur à l’époque. Les 19.111 spectateurs présents ce soir là à Salt Lake City sont debout, le vacarme est assourdissant mais la seule chose que tu entends, ce sont les battements de ton cœur qui cogne à tout rompre. Tu es bien bas sur tes appuis, on entend tes sneakers couiner sur le parquet, tes yeux sont rivés sur le monstre qui dribble en face de toi. Tu le connais sur le bout des doigts, tu ne te laisseras pas avoir. La sueur te pique les yeux et pourtant tu ne lâche pas ton homme d’une semelle, tu es prêt à mourir sur place plutôt que de lui ouvrir la route vers le cercle. Le moindre de tes tendons, le plus petit nerf de ton corps, est tendu au maximum, tu ne respires même plus. On à même l’impression que les gouttes de sueur qui dégoulinent de ton corps font un bruit d’enfer en tombant sur le parquet du Delta Center. Et pourtant, d’une feinte superbe, le numéro 23 plonge sur ta droite et tu réagis à la fraction de seconde en lui fermant la porte. Ce que tu vas réaliser trop tard, c’est que le tueur a bloqué immédiatement sa course il t’a mis dans le vent et s’élève déjà vers le ciel pour planter le panier à trois points qui enlève définitivement tout espoir de titre à ta franchise, au bout d’une saison régulière de 82 matches.

C’est ce que nous avons ressenti hier soir, nous tous présents aux premières loges. Le concert est parti en mode mineur, quasi acoustique, intimiste et puis après « The Call » tu ressens tout à coup que le Concorde dans lequel tu as pris place a entamé sa phase d’accélération. C’est trop tard pour descendre, l’énorme poussée des trois moteurs te colle à ton siège et soudain tu quittes le sol et tu montes, tu montes, encore et toujours. Il n’y a plus devant toi que l’immense ciel azur, l’infini, le nec plus ultra des sensations et dans tout ton corps, une musique, une voie s’est insinuée, telle une perfusion indolore qui t’embarque vers des territoires où nous sommes encore les seuls à pénétrer. La musique est là, tout autour de toi, comme un immense nuage de vapeur que tu voudrais saisir et t’approprier mais tu ne le peux pas car cette jouissance sonore n’est pas exclusive, elle se partage, se diffuse et se répand. Lorsque tu redescends lentement sur terre, tu as les yeux rivés sur la setlist et tu te dis : « plus que deux, plus qu’un titre » et c’est fini, « Rich to the Bone » met un point final à ce concert fait de magie, de communion, de fusion entre tous ceux qui étaient présents hier. Cette fois, ce n’est plus un morceau phare qui caractérise le concert, c’est l’ensemble du répertoire et çà c’est la marque des grands.

Merci pour tout ce que vous nous donnez sans compter, sans calculer. Merci Gaëlle de m’avoir invité à partager vocalement un peu de cet habit de lumière qui vous sied tellement bien. On vous aime.

Mitch “ZoSo” Duterck

 

 

The Banging Souls- Deuxième Rock'n Beers Home Sessions à Sart-Saint-Laurent , le 12 juillet 2019
The Banging Souls- Deuxième Rock'n Beers Home Sessions à Sart-Saint-Laurent , le 12 juillet 2019
The Banging Souls- Deuxième Rock'n Beers Home Sessions à Sart-Saint-Laurent , le 12 juillet 2019
Partager cet article
Repost0
13 juillet 2019 6 13 /07 /juillet /2019 11:50
Bernard Lavilliers et Véronique Sanson au 26ème Festival Blues Passions à Cognac, le 7 juillet 2019

26ème Festival Blues Passions

En cette chaude soirée du 7 juillet, ce sont deux monstres sacrés qui se partagent la scène résolument tournée vers la chanson française de qualité. C'est Bernard Lavilliers, le Stéphanois qui ouvre les festivités de fort belle manière. Entouré de musiciens de très haut niveau dont certains sont des compatriotes liégeois et carolos, l'Empereur Bernard va nous mettre une claque magistrale avec un concert axé sur sa carrière jamaïcaine. Pendant une heure et vingt minutes l'ex-docker va nous faire re-découvrir des musiques telles la bossa-nova, le ska ou le reggae, un peu tombées dans l'oubli de nos jours. Pas un instant de repos, pendant tout le temps que durera sa prestation la foule dansera, comme hypnotisée. Un des concerts majeurs de ce festival. Bernard Lavilliers est d'obédience gauchiste plus que marquée, on adhère ou pas, mais une chose est sûre c'est qu'au niveau musical, il peut encore en montrer à beaucoup, c'est "un pro de chez pro" comme le dit l'expression consacrée. Un best of à toute épreuve, merci Monsieur Lavilliers.
Trente minutes plus tard, un van de fabrication teutonne s'arrête au pied de la scène, la porte latérale coulisse et une silhouette à l'aspect fragile, un peu craintive, presque fantomatique s'éloigne péniblement à petits pas vers les escaliers qui mènent au podium. On se regarde incrédules, ce n'est pas possible, ce ne peut pas être... Et pourtant ce n'est pas une illusion, c'est bien Véronique Sanson qui peine à rejoindre son piano. Mon Dieu ce qu'elle a changé depuis la dernière fois où je l'ai vue. La grande dame qui a traversé les époques, notamment en tant qu'épouse du fantasque Stephen Stills a côtoyé de près Graham Nash, David Crosby ou encore Neil Young pour ne citer qu'eux, connaîtra l'ombre et la lumière et échappera de peu à la mort lorsqu'elle vivait aux côtés de Stephen Stills. L'interprète éternelle de "Vancouver", "Besoin de Personne", "Toute Une Vie Sans Te Voir", "Comme je l'imagine" ou encore "Une Nuit Sur Son Epaule" revisite presque timidement son immense répertoire, parfois avec des difficultés vocales compréhensibles lorsqu'on sait qu'elle vient de subir un traitement pour un cancer des cordes vocales. Cela fait peine à voir le changement physique qui s'est opéré, quand à ses propos, on a bien souvent du mal à suivre et à comprendre ce qu'elle veut nous dire. Alors avec un sourire triste, elle laisse courir ses doigts sur les touches du piano et pour un instant, on oublie, on met tout de côté et on se laisse bercer par les mélodies et les textes, parfois trop beaux, dont certains jettent un froid sur l'ambiance de la soirée tellement ils sont tristes mais aussi, tellement profonds. A 70 ans, il est plus que probable que l'étoile va s'éteindre tout doucement et qu'un matin froid on apprendra que la musique sera désormais ... sans sons.

 

par Mitch ZoSo Duterck

Bernard Lavilliers et Véronique Sanson au 26ème Festival Blues Passions à Cognac, le 7 juillet 2019
Bernard Lavilliers et Véronique Sanson au 26ème Festival Blues Passions à Cognac, le 7 juillet 2019
Partager cet article
Repost0
12 juillet 2019 5 12 /07 /juillet /2019 07:24
Festival La Ferme Electrique n°10 ( jour deux) - Tournan-en-Brie - le 6 juillet 2019

Festival La Ferme Electrique n°10 ( jour deux) - Tournan-en-Brie - le 6 juillet 2019

Florian Hexagen était sur place...

REPORT DE LA (PUTAIN DE) FERME ELECTRIQUE.
Pas de selfie à la con. Pas de smartphone visible pendant les lives. Pas de spectateurs qui vivent un concert à travers un putain de médium. Pas de filtre. Pas un line-up aseptisé où on retrouve en permanence les mêmes artistes qui viennent cachetonner partout parce que des radios détenues par des copains de leurs familles ou de leurs bookers ou de leurs managers balancent leur son en permanence sur les ondes pour brainwasher la plupart d’entre nous plusieurs mois auparavant et nous préparer à la « fièvre » festivalière, grand raout devenu la plupart du temps machine à cash n’excitant plus personne de sensé ou presque. Entre parenthèses, big up à Bruit noir et sa song « Le succès » ici, qui en parlent très bien.
C’en est arrivé à un point tel que l’on réfléchit désormais sérieusement à montrer son propre festoche à nouveau, sous peine de mourir d’ennui en période estivale musicalement parlant.
Pas de chorégraphie débile travaillée à plusieurs devant son miroir pour « être cool ». Pas de starlette ou de relous qui viennent se la jouer Coachella et être là parce qu’il faut être vu là.
Juste de la passion et du son. Du putain de son. Direct. Dans la face. Pas de branlette. Des groupes inconnus du grand public (ou presque).
De l’élitisme musical à la con? Non. Il faut continuer à se rendre à ces quelques rares festoches désormais pour savoir qu’il n’en est rien. Que le retour à une approche humaine, singulièrement weirdo, dans un environnement construit et aménagé tel un camp retranché d’irréductibles fous de musique alternative, soit l’inverse du gigantisme actuellement en vogue, alliée à la rigueur d’une bonne orga’ et d’un line-up (très) solide axé sur les découvertes et quelques middle names, dans un endroit paumé et donc idéal, est finalement LA clé du succès pour les cerveaux derrière cette affaire et celle du plaisir pour les spectateurs assoiffés que nous sommes. Celle qui continue(ra) de toujours nous faire bander.
LA FERME ELECTRIQUE réunit tout ça. Y avait ce samedi des relents d’ Africantape Festival 2011 lyonnais à Tournan-en-Brie, ville (village ?) paumé dans l’est parisien, avec une asso dont les membres ont l’air de se démener comme des dingues pour proposer des trucs irrésistibles dès lors que l’on se sent l’âme un peu exploratrice.
Qui peut se targuer encore en 2019 de pouvoir proposer un line-up de quasi une trentaine de groupes dont seulement 3-4 noms sont réellement connus par le festivalier de base et être sold out (capacité 700 personnes, parfait, il n’en faut pas plus)? Quelle magie chelou s’est ici mise en œuvre ?
Et bien tout simplement la qualité de la prog’ dès lors que tes oreilles ont envie d’arpenter des sentiers perdus et l’ambiance assurée dès lors que t’y as goûté une fois.
Se perdre dans la musique, s’oublier, c’est finalement ce qu’il y a de mieux. Oublier son corps, mettre son cerveau sur off, s’extirper d’un monde devenu fou, pour juste se laisser submerger par le son, la danse, la transe. C’est toujours possible dans des endroits tels que celui-ci, et que l’on a pris donc plaisir à découvrir.
La Ferme électrique a tout cela.
Et malheureusement, on s’y est pris trop tard pour se prendre une double claque en ne pouvant y aller qu’un jour sur deux. Big up à Roxie Rookie de La Jungle .
L’année prochaine, promis, on sera plus prévoyant. En fait, le pass deux jours sera choppé dès sa sortie, même sans connaître la prog’. On a compris à quel genre de loustics on avait à faire. Celles et ceux qui sentent et ont compris les choses telles que nous les sentons et les comprenons. Et ces gens-là pour nous se font de plus en plus rares. Mais pas certain que tout ça ne va pas finir par essaimer au vu de la dégueulasserie ambiante musicale festivalière.
Je n’évoquerai pas tous les groupes que l’on a pu voir ce soir-là, juste ceux qui nous ont tabassés à des degrés divers et pour des raisons variées.
Sourires d’enfant sur la pop rock indé de la Famille Grendy dans la Grange, pour un set à mi-chemin entre les débuts de ThE BeWiTcHeD hAnDs et le côté lo-fi cool d’un Lapin Machin. Et un tube indie ultime, "One Good Thing". Peu nombreux à ce moment-là, mise en jambes idéale, l’impression d’être une poignée égarée dans un corps de ferme perdu, enveloppée d’une bulle de bien-être pop lo-fi.
Ambiance messe noire noisy ensuite sur les incroyables Fleuves Noirs dans l’Etable. La TRANSE. Pure. Public chauffé à blanc, ça ne dansait pas, ça exsudait la folie. Rien à voir certes musicalement parlant, mais j’ai eu des réminiscences du Big'n à Lyon au niveau du ressenti. Dévastateur. Ceux qui aiment le noise et ne les connaissent pas doivent absolument écouter « Respecte-Moi », leur album sorti en 2018, et les voir fissa sur scène. Claque assurée.
Bruit noir, dont la proposition artistique méga casse-gueule a été d’une beauté et d’une clarté évidente, même si la mise en route était dangereuse (comme souvent avec eux j’ai l’impression, ils aiment le jeu). De toute façon, avec des morceaux dantesques tels que « Paris », « Joy Division », « L’usine » (frissons) ou encore « Le succès » (démontage en règle de « l’élite » musicale qui manage plus qu’elle ne vit et permet aux autres de vivre), on ne pouvait se taper qu’un moment « mythique » en compagnie de Pascal et Jean-Mi.
ZOMBIE ZOMBIE, qui ont tout simplement transformé la Grange en étuve pour un dancefloor collé-serré et intense. C’était parfait, genre happening sorti de nulle part où tout le monde a compris naturellement que c’était le moment de lâcher les amarres et de partir en dérive chaloupée. Les sourires sur les visages ne mentent jamais, et ZZ en bons maîtres de cérémonie nous a donné ce qu’il nous fallait.
Le réveil des Tropiques. Le putain de Réveil des Tropiques. Ce groupe est tout simplement en train de devenir le meilleur groupe de « rock » venu de l’hexagone sur scène. Leur progression est telle qu’ils ne semblent pas avoir de limite. Leur concert dans la Grange était apocalyptique, d’une puissance et d’un groove imparables, on ne savait plus si on devait danser, pogoter, transer, du coup, on a tous fait les trois. Ils nous ont littéralement happés par leur son pour mieux nous perdre, nous laissant échoués comme après une tempête tropicale dans une barque brisée, perdus dans nos propres têtes mais heureux d’avoir traversé ce chaos jouissif. Totalement dévastateur. Ils viennent de sortir un nouvel album, intitulé « L'Arbre à Cames ». Choppez-le, et allez les voir en concert dès que vous le pouvez.
Et enfin, on termine par La Jungle. Duo math-noise belge, des lascars que l’on connaît depuis quelques temps déjà, et qui ont eu la difficile mission de clôturer le festival en salle, dans l’étable en plus. On les a vus plusieurs fois en concert, on sait à quel point ils peuvent remuer les foules et assurer un bordel comme peu de groupes sont capables de le faire. Et bien là, c’était pire. Imaginez ce duo de doux dingues en train de tout donner, additionnez le à des spectateurs qui savaient que c’était le tout dernier d’une liste de concerts déjà dingues, et vous avez la recette magique pour une explosion de salle. Je ne sais pas ce qu’en ont pensé les deux copains sur scène, mais pour nous, dans la fosse, c’était fou. La Jungle ouais. Parfait pour clôturer ce festival idéal.
Je conclurai par vous dire qu’en fait, il ne faut pas aller à la Ferme Electrique. On était bien le nombre que l’on était. Donc continuez à aller à Dour, à Werchter, à Main Square, à Rock en Seine, au Pukkelpop, etc, nous, tant qu’on a la Ferme Electrique, on sera heureux.
A l’année prochaine pour sûr, bravo à cette équipe de fous qui a monté un tel îlot de bonheur, dans ce camp retranché perdu au milieu de nulle part. C’était juste parfait 
Festival La Ferme Electrique n°10 ( jour deux) - Tournan-en-Brie - le 6 juillet 2019
Marc De Sant

Marc De Sant

Partager cet article
Repost0
10 juillet 2019 3 10 /07 /juillet /2019 19:44
Barbizon Trio aux Cochons Flingueurs, Saint-Quay-Portrieux, le 7 juillet 2019

Barbizon Trio aux Cochons Flingueurs, Saint-Quay-Portrieux, le 7 juillet 2019

 

Saint-Quay-Portrieux, le dimanche 7 juillet: température extérieure: 20° ( tu ressentais au moins 5° de plus), hauteur des vagues: 10 cm, t'as mis deux orteils dans l'eau qui était annoncée à 17° C, cela n'a pas empêché les estivants de s'agglutiner en nombre sur la plage du Casino et les plus téméraires à tâter du bain de mer dans la Manche ou dans la piscine naturelle, une des attractions de la station balnéaire.

17:45', on y va?

Où?

 Ben, prendre l'apéro aux Cochons Flingueurs, pardi, pendant l'été, le bar-resto prévoit tous les dimanches un concert en fin d'après-midi.

Au menu du jour: Barbizon Trio, annoncé à 18h mais qui a engagé les hostilités peu après 17:30', devant une audience dissipée.

Les pré-impressionnistes, plus ou moins locaux, proposent un swing jazz aussi lumineux que les toiles de Théodore Caruelle d'Aligny, et pour cause, il compte en ses rangs Stéphane Scala qui n'a jamais chanté à Milan, mais qui, en digne fils du maître du tango, Tani Scala, s'adonne au jazz. Fondateur du Paca-Swing, auteur d'un CD, que ta compagne s'est vite procuré, le guitariste passe son temps entre la Provence ( où il se produit avec le Swing System Trio) et les Côtes-d'Armor où il évolue au sein du Barbizon Trio.

La seconde guitare, la pompe pour les manouches , mais le monsieur place quelques flèches pas maladroites, est tenue par  Vincent Jézéquel, que ses copains surnomment Teck ( une moitié du duo Band call, et de Teck et Envel ( Le Calvez) ) et enfin, à la contrebasse, l'imprésario de service,

Cyrille Le Penven ( voir le duo  Cissoko et Le Penven, Skrilh ou Ayrad trio...).

Tandis que tu ranges les effets de plage dans ta petite automobile, madame passe commande et ensuite te signale avoir entendu un air de Charles Trenet pendant que tu t'attardais sur le parking.

Ils ont embrayé sur la samba 'So Nice', il ne manquait que Stacey Kent, Bebel Gilberto ou Diana Krall pour que tu tombes amoureux.

Si Duke Ellington était pianiste, cela n'a jamais empêché de fameux guitaristes de l'adapter pour leur instrument de prédilection, ainsi Joe Pass nous a laissé une version pas idiote de 'Take the A Train' et comme les compères sont du genre compétent, tu passes un bon moment.

Cyrille se permet quelques fantaisies, les guitaristes alternent les soli, c'est là que ton épouse a décidé de se procurer le CD du sieur Scala qui a d'ailleurs composé la suivante, ' 14 Quai d'Anjou', une tranche de smooth jazz, souveraine en cette période estivale.

Une version allègre de 'Fidèle' de Trenet nous conforte dans l'idée que les compositions de Charles au feutre mou, comme celles de Georges , celui qu'on a enterré à Sète, conviennent parfaitement à l'adaptation swing. 

La vue  sur Paris est imprenable  depuis Ménilmuche, Charles Trenet n'est pas le seul à être nostalgique, Maurice Chevalier ou Aristide Bruant ont également loué 'Ménilmontant'.

Tu connaissais la version de Herb Ellis/ Joe Pass, ce soir c'est également en formule duo que la clientèle se voit proposer ' Oh lady, be good' car Teck a brisé une corde de son arc.

Mesdames, messieurs, une petite dernière avant la pause, 'Swing 39' de Django Reinhardt.

 

Olives, Pimm's on the rock, Americano ou menthe à l'eau, on revient dans une quinzaine de minutes.

 

 

Reprise en douceur, alors que Vincent Jézéquel a refilé sa gratte à un pote, Yvonnick Le Penven, qui passait par là, mais pas par hasard, Eden.

Ils embrayent sur une compo éthérée mixant le lyrique et le métronomique, Teck sirote  un Beaujolais en admirant son collègue puis reprend son jouet pour le titre le plus météorologique de l'avant-soirée, le standard 'Nuages', un must au répertoire du gars de Liberchies.

Oui, CriCri, on y va, la soupe est chaude.

On quitte Barbizon, les barbouzes et les porcins à regret, mais notre hôte a promis de nous passer du Charlie Byrd à table.  

 

Barbizon Trio aux Cochons Flingueurs, Saint-Quay-Portrieux, le 7 juillet 2019
Barbizon Trio aux Cochons Flingueurs, Saint-Quay-Portrieux, le 7 juillet 2019
Barbizon Trio aux Cochons Flingueurs, Saint-Quay-Portrieux, le 7 juillet 2019
Partager cet article
Repost0
6 juillet 2019 6 06 /07 /juillet /2019 11:53
 Ralush Baluch' au Festival  Noctambals au Moulin de Craca, Plouézec, le 4 juillet 2019

Ralush Baluch' au Festival  Noctambals au Moulin de Craca, Plouézec, le 4 juillet 2019

 

Après une première édition organisée à Pontrieux, l'association le Bal Monté déniche un nouvel endroit pour Les Noctambals 2019.

Du 4 au 14 juillet, l'équipe sévit  sur le magnifique site du Moulin de Craca à Plouézec.

Pendant 8 jours ( relâche les 8, 9, 10 juillet) les amateurs de Fest Noz et de Bal Folk vont se dégourdir les jambes sur des rythmes celtiques, africains, sud-américains, balkaniques, klezmer, tropicaux ou  indigènes.

Pour la soirée inaugurale, Ralush Baluch succède à l'heure d'initiation au bal folk pour faire virevolter les jeunes de 7 à 97 ans.

Avec les copine,s on se pointe vers 21:30 sur la falaise, après avoir admiré le point de vue, les dames se lancent hardiment dans la sarabande pour découvrir toutes les finesses de la chapelloise, l'Aleman's Marsj pour les Vikings, la champenoise pour les amateurs de Veuve Clicquot.

Tu as décliné toutes les offres t'invitant à se joindre au cheptel, tu n'as pas ri aux bourdes des moins doués en sachant que le plus maladroit de la troupe sera toujours 100 fois plus habile que toi.

Par contre, les chiens se mélangeant aux danseurs et les mioches jouant sur la piste de danse ont contribué à l'exécution bordélique de la danse traditionnelle,  pendant laquelle le cavalier est censé danser avec une quinzaine de partenaires.

 

Place au bal, le trio  Ralush Baluch investit le podium.

Pol Abasq aux  saxophones (alto et baryton), il jouait de l'accordéon pendant la séquence d'apprentissage / Joseph Detailleur à l' accordéon chromatique et  Kevin Legras à la  clarinette.

Jefke fait également partie de Zetadam, Pol s'époumone au sein de Vol Insomniaque et Kevin, qui ne ressemble guère à Obélix, chante Brassens sous le label Georges K.

Pour ne pas effrayer la clientèle,  Ralush Baluch décide d'ouvrir le bal par une valse, plus française que viennoise.

Le plancher est envahi de couples pas toujours mixtes, la gent féminine se montre plus audacieuse que l'élément mâle dont plusieurs représentants ont pris la buvette d'assaut.

Les habitués des Fest - Noz savent qu'ils pourront onduler au gré des scottiches, valses à cinq temps, polkas ou cercles circassiens pour lesquels la célérité est de mise.

La composition du groupe est originale, ce n'est pas tous les soirs qu'un saxophone s'entend lors des festivités nocturnes où les instruments de prédilection sont l'accordéon, le violon, le biniou, la bombarde, la guitare sèche ou la contrebasse.

Le mariage saxo/clarinette fait des merveilles, l'accordéon s'occupant de l'assaisonnement indispensable.

Non, madame, désolé, je ne danse jamais entre les repas et si je me coltine deux sacs à main, ce n'est pas pour y entasser une vingtaine de bâtons de rouge à lèvres ou d'autres articles de cosmétique, c'est pour permettre à   CriCri et à sa copine de s 'adonner aux joies de l'improvisation dansante.

Le trio calme le jeu après cette débauche d'énergie et puis propose une bourrée trois temps dynamique, qui a fort plu à Jean-Louis Murat.

Apparition d'un zabumba ( 45 cm de diamètre) pour une ciranda, moins sensuelle que la lambada, mais diantrement entraînante.

Médor s'amuse à suivre sa maîtresse qui tournoie à la manière d'une  souple carioca.

Le chapelet prévoit une nouvelle valse pas très Danube Bleu, puis une champenoise complexe, provoquant quelques bousculades sans conséquences.

Les musiciens transpirent et sollicitent un liquide blond pouvant étancher leur soif équitable avant d'attaquer une mazurka, suivie par la danse attendue depuis 75 minutes par Yann et sa compagne, un an-dro qui permet  de trouver un usage, aussi distingué que celui des buveurs de thé de sa Majesté, au petit doigt.

L'heure du baisser de rideau approche, après un exercice acrobatique dansé en trio, un forro voluptueux vient mettre un terme à la prestation exemplaire du combo..

Les danseurs ne montrent aucun signe d'épuisement, les musiciens descendent de scène, se mêlent à eux en proposant un morceau acoustique nonchalant avant de prendre définitivement congé.

 

Demain, bal africain avec  Les Sardines du Désert et Oliba International,

 

 

 

 

 

 

 Ralush Baluch' au Festival  Noctambals au Moulin de Craca, Plouézec, le 4 juillet 2019
 Ralush Baluch' au Festival  Noctambals au Moulin de Craca, Plouézec, le 4 juillet 2019
 Ralush Baluch' au Festival  Noctambals au Moulin de Craca, Plouézec, le 4 juillet 2019
Partager cet article
Repost0
3 juillet 2019 3 03 /07 /juillet /2019 13:22
Enablers (US) + Charles Hayward (UK) + All Caps au Magasin 4, Bruxelles, le 29 juin 2019

 Florian Hexagen à l'Avenue du Port  pour Enablers (US) + Charles Hayward (UK) + All Caps au Magasin 4, Bruxelles, le 29 juin 2019

 

Super triplé de concerts hier soir dans la fournaise du Magasin 4 (t-shirt décédé ce matin) passé en très bonne compagnie .

Avec en apéritif le noise geeky speedé survitaminé de ALL CAPS, dont le très bon premier ep sorti chez Black Basset Records, intitulé "All's Well That Ends Well", est rendu explosif sur scène. C'est simple, c'est la machine à broyer les cerveaux qui se met en place pour ne plus te lâcher. Dans un monde un peu plus fun, ces deux lascars devraient pouvoir se produire en boîte de nuit. On a eu droit à quelques nouveaux morceaux qui annoncent un prochain skeud bien prometteur à la rentrée, bref, allez les voir, ce duo de gens biens sous tous rapports bute! 

Le plat principal était composé par rien de moins que le grand Charles Hayward, batteur légendaire de This Heat. Je sais que la prestation a divisé le public, mais alors moi je me suis pris une claque dans la tronche, entre la montée sur "Time" et le morceau d'après dont j'ai oublié le foutu nom alors qu'il est sur le bout de ma foutue langue mais non parce que j'ai une semi gueule de bois dont je pensais qu'elle passerait vite ce matin mais en fait non ça va être plus long que prévu et en plus on remet ça pour la tournée du rosé dans 2 heures, bref, grosse babaffe pour bibi, Monsieur Charles, on vous aime fort ici, vous revenez quand vous voulez .

Et enfin en dessert les merveilleux snakes du noise spoken word US d'Enablers, qui nous ont ravagé la tête en piochant en plus dans une bonne partie de leur discographie, c'est simple, c'était "tube" sur "tube", aucun moment de relâchement, la classe totale sur scène, des danses chaloupées en veux tu en voilà, des mecs adorables en plus, qui te lâchent une clope quand t'en demandes une parce qu'encore une fois comme t'as descendu trop de bières t'as fumé du coup trop de clopes pour les accompagner et t'as pas prévu assez avec ton paquet tout pourri et autour du M4 y a tout simplement RIEN pour acheter des trucs ou alors indiquez-le moi s'il vous plaît, merci d'avance.

Bref, superbe soirée musicale variée et mouvementée du côté de l'avenue du Port, avec des discussions incluant des travailleurs de chantier, des prostituées, de la drogue, des chats trop blancs et des festivals géniaux estivaux à monter tout ça mélangé, des vélos volés par des Albanais dont je n'ai pas eu le fin mot de l'histoire, etc. etc.

En gros, un bon samedi soir en somme! 

Enablers (US) + Charles Hayward (UK) + All Caps au Magasin 4, Bruxelles, le 29 juin 2019
Enablers (US) + Charles Hayward (UK) + All Caps au Magasin 4, Bruxelles, le 29 juin 2019
Partager cet article
Repost0
30 juin 2019 7 30 /06 /juin /2019 15:59
Estelle Meyer au Lyncéus Festival, Esplanade de la Banche, Binic, le 28 juin 2019

Estelle Meyer au Lyncéus Festival, Esplanade de la Banche, Binic, le 28 juin 2019

 

Depuis le 27 juin, Binic vit au rythme  du Lyncéus Festival, un événement dédié aux écritures contemporaines, que ce soit en programmant des pièces de théâtre, en accueillant des conférenciers ou  en organisant des débats ou des séances de lecture, sans oublier la chanson, quatre artistes sont prévus.

Tu as choisi un des concerts d'Estelle Meyer, donné sous un chapiteau dressé face à la plage de la Banche.

En mars dernier, tu avais croisé la jeune comédienne, chanteuse, poétesse lors de la carte blanche à L ( Raphaële Lannadère) à La Ville Robert à Pordic.

A l'époque, son talent et sa forte personnalité avaient sidéré l'assistance, ce soir elle vient présenter son propre spectacle, basé sur un premier livre-disque, « Sous ma robe, mon coeur », dont la sortie est annoncée en octobre.

 

20:35, une cloche invite les écoliers à quitter la cour de récréation, ou la plage, et les invite à prendre place sur les bancs de maternelle installé face au mini-podium.

Estelle et le pianiste  Grégoire Le Touvet ( fondateur du projet Les Rugissants, un ensemble à géométrie variable à la croisée du jazz, du rock progressif et de la musique contemporaine) attendent que la marmaille soit assise.

La grande, Estelle, pieds nus, comme il sied à une sauvageonne, nippée d'une longue robe aussi noire que ses yeux,  entame a capella un lament originaire d'Amérique latine, ' Duerme '.

Le chant est grave, poignant, embrasé, il inspire la déférence.

Tandis que la voix, lyrique, marque une pause et que l'artiste semble transformée en statue de sel, le piano attaque un impromptu pas follement folâtre, un bref instant de silence méditatif précède le titre ' Lune d'argent' , le  chant récitatif permet de bien discerner le  propos mystique.

Après un bonsoir, Binic, gracieux, le duo attaque le plus ancien et féministe  ' Septembre' , gravé sur l' Extended Play  'La louve aux étoiles' .

Braves gens, pouvez-vous  vous marteler le thorax comme un tambour, accélérez le tempo, s v p, vous remplacerez notre batteur, absent, pour rythmer ' Les Invalides' , une peinture néo-classique de la ville lumière.

Grégoire amorce ensuite le tribal et tourbillonnant ' Felicidad' avant un nouvel appel à la participation et à la communion, pouvez-vous saluer votre voisin(e)  et échanger quelques mots avec lui/elle, ce sera une mise en condition idéale pour le chant d'amour, ' Mon amoureux',  qu'elle fait précéder d'une chorégraphie furtive.

Si le thème et le ton évoquent ' Mon homme' popularisé par Mistinguett, l'approche s'oriente plutôt vers Barbara ou Jeanne Moreau.

C'est pas banal un homme qui lit à la fois l'Equipe et Shakespeare!

Je fais  appel aux hommes virils et solaires, qui fait partie de cette catégorie?

Vous pensez faire l'affaire, Monsieur, OK... ' Fais de moi un homme'.

Ce titre coquin évoque Magali Noël chantant Boris Vian.

Elle est terrible, Estelle, elle roule des yeux, chante avec conviction d'une voix expressive, remue nos tripes et nous fait sourire.

Avec la suivante ( 'Bleu')  je vous trimballe dans une ville mystérieuse, suivez le guide....

Grégoire délaisse ses pianos, empoigne une guitare sèche, le duo a entamé ' Mon petit amour est mort' qui te rappelle Anne Sylvestre.

Après une cascade mal calibrée qui se termine sans heurts, Binic se voit proposer de se muer en fleuve agité, la mélopée africaine, aux  coloris pointillistes, nous emmène loin, très loin, de la Bretagne dans une contrée où les derniers fauves se foutent des algues vertes et du glyphosate.

'Il y a' débute par un raid wagnérien, l'orage ( joyeux) gronde dans son coeur, tandis que les forêts brûlent.

Que d'images!

'La gitane' est probablement le morceau qui lui colle le plus à la peau, il y a du Brel chantant 'Les vieux amants' dans ce texte beau à en pleurer.

 Une séance de spiritisme collectif précède ' Pour toutes mes soeurs' , une pièce au groove infectieux,   chantant toutes les femmes, nées nues et belles!

On retrouve la force et l'expressivité d'une Alice Dona, ou d' une Jeanne Cherhal, dans la démarche artistique de la fougueuse gitane  qui décide de nous enclaver dans ' Une chambre orientale' pour conclure un set ovationné par une audience enthousiaste.

 

Binic la rappelle et c'est avec un 'Cantique'  arabo-andalou, d'une sensualité à fleur de peau, que s'achève ce concert lumineux.

 

 

 

 

 

 

 

Estelle Meyer au Lyncéus Festival, Esplanade de la Banche, Binic, le 28 juin 2019
Estelle Meyer au Lyncéus Festival, Esplanade de la Banche, Binic, le 28 juin 2019
Estelle Meyer au Lyncéus Festival, Esplanade de la Banche, Binic, le 28 juin 2019
Partager cet article
Repost0
30 juin 2019 7 30 /06 /juin /2019 09:07
Pur-Sang - Salle La Gelbressée à Gelbressée, le 28 juin 2019

PUR-SANG SALLE « LA GELBRESSEE » - Gelbressée, Namur – 2019.06.28

Line Up:

Claire Joseph : Basse - Chant

Skye : Guitare, Chant et Percussions

Un rendez-vous tout à fait imprévu hier soir en terre namuroise, au cœur de notre chère Wallonie. Petit rappel utile à l’attention des Français, le « W » se prononce « we » et pas « ve », c’est grâce à cela d’ailleurs que vous n’entendrez jamais dire que « Vinetou à tué un Vapiti devant son VigVam dans le dernier spectacle Vestern du Vild Vest show” ce serait totalement idiot, vous en « conwiendrez », pardon, vous en conviendrez.

Retrouvailles chaleureuses avec le duo de charme formé au lendemain de la séparation de Sirius Plan, il y a quelques mois déjà. Gaëlle s’en est allée vers d’autres horizons lointains avec The Banging Souls, tandis que Skye et Claire regardaient vers des cieux chargés de nuages noirs lorsqu’un fougueux pur-sang, noir lui aussi, et de 1965 paraît-il, déboula au galop. Il n’y avait plus qu’à enfourcher la bête et à se laisser porter.

Je dois vous avouer que j’avais un peu peur de ces retrouvailles, tellement habitué pendant sept ans à regarder entre les deux sœurs de l’hexagone et surtout à écouter cette voix unique de notre percussionniste nationale. Je craignais ne pas pouvoir franchir le pas et de fausser un peu mon jugement, d’être quelque part un peu partial. Eh bien non! Il n’a pas fallu trente secondes pour réaliser que j’assistais au concert d’un nouveau groupe. Le malaise était dissipé et c’est tant mieux. Après « Soleil » une première chanson de circonstances (c’était trop tard pour changer le titre et les paroles en « canicule ») quelques réglages de retours de scène s’avèrent nécessaires au bon déroulement du concert. La veille, le duo se produisait au célèbre Spirit Of ’66 de Verviers et je me suis laissé dire que si le public n’était pas venu en masse, la qualité de la prestation avait séduit pas mal d’auditeurs attentifs qui n’avaient d’ailleurs pas hésité à réitérer l’expérience en se déplaçant à Gelbressée. Les textes sont toujours de qualité, ils ont cette légèreté et cette fraîcheur qui font que chaque histoire racontée, s’inscrit immédiatement dans votre mémoire comme si elle y avait toujours été et c’est une force.

Au niveau des harmonies vocales c’est toujours du rêve qui nous est offert, la perfection s’est invitée une fois de plus au banquet auditif auquel nous nous sommes attablés ce vendredi soir. On se laisse très vite emporter sur les ailes du vent qui n’est qu’un véhicule pour ces cascades de notes légères et parfumées. Que la chanson française peut-être belle quand elle est de qualité!. A l’inverse de toute cette nouvelle génération de chanteurs dépressifs et nihilistes qui donneraient envie à un habitant du rez-de-chaussée de sauter par la fenêtre, Pur-Sang n’incite pas à la morosité. Ca vous met la banane, d’entrée!

Là où j’attendais, un peu comme un fauve tapi dans l’ombre, c’était le passage au répertoire en anglais car les influences ressortaient déjà pas mal comme çà. On sentait le côté roots « made in USA » bien incrusté dans la moëlle épinière de nos deux amazones. Je pensais à Simon and Garfunkel, mais aussi à Crosby, Stills and Nash, trio auquel j’ai pu définitivement ajouter Young puisque la reprise de « Heart of Gold » du grand Neil était tout bonnement somptueuse.

Le titre qui vaut à lui seul le déplacement, selon mes goûts personnels, c’est le titanesque « Ring of Fire » qui m’a mis les poils au garde à vous tant c’était magique, digne de « Gold Dust Woman » ou encore de « Rhiannon » de l’immense Stevie Nicks au sein de Fleetwood Mac. Mais le temps passe beaucoup trop vite et, après deux rappels, le « Soleil » s’est couché définitivement derrière la ligne d’horizon de cette soirée placée sous le signe de la qualité , tant d’écriture que d’interprétation. Ca faisait du bien partout de vous revoir les filles, rendez-vous le 21 Juillet à Hastière.

 Bises.

Mitch « ZoSo » Duterck

Partager cet article
Repost0

Articles Récents