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  • : Le blog des critiques de concerts
  • : Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
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14 juin 2022 2 14 /06 /juin /2022 07:50
Leonor Bolcatto à la La villa Rohannec'h, Saint-Brieuc, le 12 juin 2022

Leonor Bolcatto à la La villa Rohannec'h, Saint-Brieuc, le 12 juin 2022

 

michel

Le dimanche 12 juin, " la poétique des nombres" donne rendez-vous aux Briochins, dans le parc de la Villa Rohannec'h, pour un programme de spectacles, de concerts, de stands d’écriture et de jeux en bois.

A noter:  restauration et buvette sur place.

Menu du jour:

 11h : Carrément chiffronnée | Bénédicte Jucquois Spectacle-conférence 13h30 et 17h15 : Vassili Ollivro 14h30 : Hat-mots-sphères | Cédric Blondeau Jonglerie burlesque chorégraphiée 16h : Concert Leonor Bolcatto | Autrice compositrice interprète 18h : Liloo | Chansons solo

Le soleil radieux  invite au farniente sur une plage, mais un concert de Leonor Bolcatto  n'est pas à dédaigner.

Le jardin est superbe, la villa, d'inspiration italienne, l'est tout autant,  en contrebas le bleu du  Légué frappe les imaginations, il suffit d'attendre 16h en sirotant une petite mousse, plus ou moins fraîche.

 Leonor Bolcatto est  professeur à l'école de musique du Trégor, mais aussi auteur-interprète, en 2020, elle a gravé une première plaque, intitulée 'Les allumeuses d'étoiles' , une manchette convenant à la perfection pour décrire l'univers poétique de la ravissante jeune personne.

Elle alterne les chansons en s'accompagnant d'une guitare acoustique ou d'un charango, nous débite quelques anecdotes, nous confond, parfois, avec ses élèves et ce pendant une heure qui  a semblé fort courte.

 

Bonjour, vous êtes beaux, en guise d'introduction, ( on a failli la croire), est suivi par   "La poésie des choses ordinaires", paroles et musique Leonor Bolcatto,   qui n'est  pas princesse des Asturies.

La voix est claire, la diction impeccable, la guitare est égrenée avec finesse, quelques vocalises décorent le texte, comme une majorité des auditeurs, sagement assis sur des bancs ou allongés sur l'herbe tendre, tu es séduit  par la qualité du chant et la grâce de la prosodie.

Maryvonne est vieille, aussi vieille que la plus vieille des roches de la Cordillère des Andes, Maryvonne aime raconter des histoires, assise sur un banc, avec en main un verre de whisky, l'autre main tient le cachet qui l'aide à dormir...

Je vous narre son histoire: '  Maryvonne ou la part des anges', et l'ange est passé, personne n'a murmuré quoi que ce soit, certains avancent qu'il s'agissait de Mercure, en fin de compte  même les oiseaux ont fait silence.

Il y a du Barbara, du Anne Sylvestre ou du Isabelle Aubret dans les intonations de Miss Bolcatto.

Maryvonne, c'est le pure malt, moi c'est plutôt le rhum orange, idéal pour arranger les rhumes.

Boisson et sensualité s'accouplent. En principe pour une naissance il faut neuf mois, miracle à Saint-Brieuc, un bébé apparaît et se promène à quatre pattes sur le podium improvisé.

Leonor sourit. 

Confidence, j'ai 31 ans, mon but est de devenir une femme, une vraie, comme on en voit dans les magazines, je remercie Elle, Cosmopolitan, Marie-Claire ou Vogue pour leur sollicitude et leurs précieux conseils, je leur dédie cette chanson, 'Merci Bien' que j'interprète au charango.

Cette valse humoristique évoque Marie-Paule Belle et autres chanteuses rebelles.

Interruption, j'ai besoin d'une chorale nunuche pour me soutenir, et pas uniquement de sexe féminin, vous aussi, Monsieur,, vous allez chanter le refrain.

Allons-y, eh, là-bas Claudine, pas d'initiatives, contentez-vous du refrain!

La valse inspire une ballerine  locale, pas bancale, qui esquisse un pas de danse gracieux.

Retour à l'acoustique  pour la suivante, on avait mentionné Anne Sylvestre, Leonor reprend son ' Non, tu n'as pas de nom'.

Un titre aussi  délicat que ' A la claire fontaine' que la maîtresse d'école s'évertuait à nous apprendre à  chanter.

Elle poursuit en espagnol,  'La Llorona',  le traditionnel mexicain narre l'histoire d'une femme errant près de la rivière à la recherche d'un amour perdu.

Mélancolie et profondeur nous gagnent tous.

Je suis prof, pour moi la classe est un arbre dont les élèves sont les feuilles,  si toi aussi tu peux imaginer ça , tu peux entrer dans ma tête.

On s'est faufilé dans son crâne, elle a proposé une nouvelle chanson, joliment imagée, avant de nous réciter avec pudeur  un texte évoquant la perte d'un être cher ...reviens, s'il te plaît, reviens de là où ne revient jamais.. qu'est-ce qu'elle a de plus que moi, la mort?

Frissons garantis à l'écoute de 'Mamie', une mamie qui  a des difficultés à se souvenir des gens, des mots... mais les mots, les mots, quelle importance, si tes yeux trouvent mes yeux...

Une fable pour suivre, elle nous emmène au ' Pays imaginaire'  et là il y avait une hirondelle qui chantait un rondeau.

...Qu'est ce qu'elle a donc fait la p'tite hirondelle?

Elle nous a volé trois p'tits sacs de blé...

Je suis timide,je n'ose pas lui révéler mes sentiments, aussi je les chante, ' Les allumeuses d'étoiles' .

Colette aussi, avec élégance,  chantait  les amours saphiques.

 Il m'en reste une, mais c'est l'heure de la minute pub, le stock de CD's s'épuise, comme la moutarde, tu n'en trouves plus en grande surface, donc tu achètes à la fin du récital.

Un gars, un jour, m'a reproché d'interpréter des chansons fleur bleue, il a ajouté, le féminisme c'est dépassé, tu dois écrire des textes politiques.

J'ai rétorqué, toi, t'as besoin d'un câlin, voici ' Serre- moi'. ...et nos larmes seront la pluie pour abreuver nos joies...

Un public conquis aura droit à un rappel, a capella , un chant à répondre où il est à nouveau question de larmes et de mise à nu, elle a souri, virevolté, s'est accroupie pour signer ses disques et encaisser les 10€, t'as bu un dernier verre, et t'as quitté le parc de bonne humeur.

 

 

 

Leonor Bolcatto à la La villa Rohannec'h, Saint-Brieuc, le 12 juin 2022
Leonor Bolcatto à la La villa Rohannec'h, Saint-Brieuc, le 12 juin 2022
Leonor Bolcatto à la La villa Rohannec'h, Saint-Brieuc, le 12 juin 2022
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13 juin 2022 1 13 /06 /juin /2022 15:35
Laura Cox Band @ Spirit of 66, Verviers, le 12 juin 2022

 Laura Cox Band @ Spirit of 66, Verviers, le 12 juin 2022

Mitch ZoSo Duterck

 

 

LAURA COX – Spirit of ’66 - Verviers (BEL) 2022.06.12
Line Up:
Laura COX : guitar & lead vocals
Mathieu ALBIAC : guitar & backing vocals
Antonin GUERIN : drums
Adrien KAH : bass guitar & backing vocals
Set List :
01.One Big Mess. (*)
02.Too Nice For Rock ‘n’ Roll. (Hard Blues Shot – 2017)
03.Take Me Back Home. (Hard Blues Shot – 2017)
04.Bad Luck Blues. (Burning Bright -2019)
05.Looking Upside Down. (Burning Bright -2019)
06.Head Above Water.(*)
07.River. (Burning Bright -2019)
08.Fire Fire. (Burning Bright -2019)
09.The Australian Way (Hard Blues Shot – 2017)
10.Good Ol’ Days. (Hard Blues Shot – 2017)
11.SIO.(*)
12.If You Wanna Get Loud. (Hard Blues Shot – 2017)
13. Going Down. (Hard Blues Shot – 2017)
14. Last Breakdown. (Burning Bright -2019)
15. Hard Blues Shot. (Hard Blues Shot – 2017)
16. Freaking Out Loud. (Burning Bright -2019)
(*) inédit à paraître sur le troisième album.
Allez-hop, en voiture Simone! Tel Guy Lux et ses célèbres vachettes, notre parcours de ville en ville se poursuit au rythme des concerts. Ce soir, mon ami Philippe et moi avons jeté notre dévolu sur le Spirit of ’66, fort heureusement toujours aux commandes de notre Francis Géron (inter)national. Le « Spirit » comme on dit communément, accueille mademoiselle Laura Cox, à ne pas confondre avec la blonde actrice australienne Lara Cox, au demeurant très jolie. Deuxième passage en nos murs de la Franco-Britannique née le 24 novembre 1990, la première venue date du 22 février 2019, c’était peu avant le truc avec les masques, vous vous rappelez? Non pas le carnaval, idiot va, plutôt le cirque!
C’est son English father qui initie Laura au Rock et ce, dès son plus jeune âge. Elle découvre les « Guns » tant et si bien que la demoiselle y trouve son compte et se met à la guitare dès l’âge de 14 ans. Très vite, le bagage technique qu’elle travaille et peaufine sans relâche par le biais de reprises de grands classiques qu’elle poste sur YouTube, va attirer l’attention de milliers de spectateurs («beste kijkers » dans le sketch de Marc Hermant). C’est tout naturellement qu’elle va s’imposer comme guitar-hero(ine), chose que très peu de ses consœurs ont réussi à faire dans un milieu, convenons-en encore très macho, dans lequel la place la plus en vue sur scène reste presque toujours l’apanage des mâles. Elle forme le Laura Cox Band en 2013 en compagnie de Mathieu Albiac armé de ses Gibson SG, toujours fidèle au poste. Deux albums verront le jour : « Hard Blues Shot » en 2017 et « Burning Bright » en 2019. La sortie d’une nouvelle galette, actuellement en préparation en Belgique est prévue en décembre prochain. Ce soir, bande de petits veinards, nous serons tout de même gratifiés d’une première avec 3 titres inédits joués rien que pour nous.
C’est bien beau tout ça me direz-vous, mais, le concert, c’était comment? Pour ceux qui ont vu la scène culte de la répétition à l’Opéra de Paris dans « La Grande Vadrouille », je répondrai : « Messieurs c’était bien, c’était très bien ! ». Ça débute en force avec l’inédit « One Big Mess » enchaîné à « Too Nice For Rock ‘n’ Roll ». Après 1h30 d’un concert d’une intensité maximale, on se surprend à regarder sa montre ou son téléphone mobile d’un regard incrédule, on vérifie auprès de son voisin de palier qu’on ne s’est pas trompés, mais non, c’est déjà terminé. On s’est donc salués aux accents de « Freaking Out Loud » en se disant qu’on en aurait encore bien repris une portion pour la route.
Il y avait beaucoup de monde ce soir et l’ambiance était excellente, la belle n’a rencontré aucun problème pour faire participer un public qui lui était acquis corps et âme dès les premiers accords. Le train musical défilant à toute vitesse, on avait tout juste le temps de reprendre son souffle que la jeune virtuose avait déjà changé de guitare et que le titre suivant éclatait dans la salle chauffée à blanc. Lara avait sorti un attirail de luxe : Gibson Les Paul, Gibson Firebird (la guitare blanche pour ceux qui ne savent pas laquelle c’était, et Fender Télécaster (couleur crème), fameuse garde-robe, non?! Nonante minutes de pure jouissance Southern blues rock dans lequel chacun a certainement pu retrouver aisément, de-ci delà, les références musicales qui forment la trame du paysage sonore que Laura Cox nous a dépeint ce soir. Vivement le troisième album.
Après le festival Blues Passions 2017 à Cognac, c’est au célèbre Hellfest à Clissons que se produira bientôt le groupe. Est-ce que ça dispense pour autant de venir au merchandising saluer les fans qui achètent à bourse déployée les produits estampillés Lara Cox ? Pas certain…
Mitch « ZoSo » Duterck
Laura Cox Band @ Spirit of 66, Verviers, le 12 juin 2022
Laura Cox Band @ Spirit of 66, Verviers, le 12 juin 2022
Laura Cox Band @ Spirit of 66, Verviers, le 12 juin 2022
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11 juin 2022 6 11 /06 /juin /2022 12:25
The Sheepdogs + Rosalie Cunningham @Trix, Antwerpen, le 8 juin 2022

 The Sheepdogs + Rosalie Cunningham @Trix,  Antwerpen, le 8 juin 2022

 

Mitch ZoSo Duterck

 

THE SHEEPDOGS + ROSALIE CUNNINGHAM – Trix, Hof-Ter-Lo, Antwerp (BEL) – 2022.06.08
Ça fait du bien quand ça revient comme par magie, on n’y croyait presque plus, et pourtant, les concerts c’est reparti ! Pendant près de deux ans on a pensé que le seul album qu’on pourrait encore écouter c’était « Masque » du groupe Kansas ! Mais que nenni mes biaux sires et gentes damoiselles, c’était sans compter sur les ressources de l’homme, et donc, même si on constate une reprise certaine des activités , certains ont du mal à reprendre le rythme d’avant le vaccin. Résultat, on tourne environ à 80% de ce qui se faisait avant et c’est bien dommage pour les artistes. Hier soir, malgré une affiche très attractive , nous n’étions pas assez nombreux au Trix Club. Toutefois, l’avantage d’être le premier à arriver sur place c’est de pouvoir rencontrer les Sheepdogs, de discuter sereinement et pourquoi pas, de faire quelques photos.
A 19.30 Sharp , comme on dit outre-Atlantique, c’est une citoyenne britannique qui entame les hostilités. Rosalie Cunningham, ex-chanteuse de Purson avec qui elle enregistre « The Circle And The Blue Door » en 2013 et « Desire’s Magic Theatre » en 2016. Le groupe se sépare et, dans la foulée, Rosalie entame une carrière solo. Elle enregistre deux albums : « Rosalie Cunningham » en 2019 et « Two Piece Puzzle » sorti cette année. La demoiselle, compositrice et interprète de talent, au look qui fait plutôt penser à une fée de l’univers Athurien qu’à une hôtesse retraitée de chez Ryanair est non seulement chanteuse mais aussi une multi-instrumentiste de talent. Entourée de trois musiciens, elle a tôt fait de nous emmener dans son univers musical psychédélique et baroque qui fait parfois penser à la folie géniale de notre défunt Wallace Collection. Pendant près de 40 minutes, avec des titres tels que « Donovan Ellington » « Tristitia Amnesia » ou encore « Fossil Song » elle nous entraîne dans son monde à la Lewis Caroll, un voyage dans une dimension décalée, avec son propre espace-temps. Je vous conseille vivement de vous pencher sur sa discographie, cela pourrait être une très belle découverte.
 
The Sheepdogs
 
 
Set List :
01.How Late How Long.
02.Who.
03.Hole.
04.Bad Lieutenant.
05.Rock ‘N’ Roll.
06.Southern Dreaming.
07.Downtown.
08.Keep On Loving You.
09.Find The Truth.
10.I Wanna Know You.
11.Good Man.
12.HMS Buffalo.
13.Gonna Be Myself.
14.So Far Gone.
15.Scarborough Street Fight.
16.Jesse Please.
17.Feeling Good.
18.I Don’t Know.
19.Nobody.
Line Up :
Jimmy Bowskill : guitar & backing vocals.
Sam Corbett : drums, piano & backing vocals.
Ewan Currie : guitar & Lead vocals
Shamus Currie :guitar, keyboards & backing vocals.
Ryan Gullen : bass guitar& backing vocals
Il est 21.00 et, conformément à l’horaire prévu, les chiens de berger (The Sheepdogs pour ceux qui ne parlent pas anglais mais qui sont venus quand même) se mettent en place et, quatre coups de baguettes plus tard, le concert démarre sur les riffs résolument Rock de « How Late How Long » et de « Who », enchaîné dans la foulée. Au vu de la set list que j’ai pu consulter avant concert, c’est à un véritable « Best Of » que nous allons être conviés ce soir. Les cinq canadiens originaires de Saskatoon sont venus nous régaler de leur Rock électrique et accrocheur, alors comme le hurlait Valérie Bonneton chaque semaine sur les antennes de la RTBF : « A Taaaaaable ! »
A la lecture, le menu est bien alléchant, mais ce n’est pas parce que la carte est belle que le repas est obligatoirement bon, alors ? Alors, c’est au-delà de ce qu’on attendait. C’est monstrueux d’efficacité et de justesse. Les harmonies vocales et instrumentales, parfois à trois guitares, sont redoutables et le côté électrique de l’ensemble né en 2004, est mixé avec ce son Southern rock tellement commun à Lynyrd Skynyrd. L’autre géant auquel on se réfère très souvent n’est autre que The Allman Brothers Band. Il y a pire comme influences, vous en conviendrez.
Très bon contact avec le public et beaucoup d’humour, notamment au sujet d’une cinquantaine de bières néerlandaises bues la veille. Si je compte bien, divisé par cinq, ça ne fait que dix bières chacun. En Belgique, les gosses de douze ans font ça tous les jours et parfois rien qu’à deux ! Non, je rigole, quoique… Le répertoire des Sheepdogs est hyper bien balancé et jamais on a l’impression de déjà entendu.
Les soli de guitare sont comme le miel qui coule dans la bouche, c’est tellement bon qu’on voudrait que ça ne s’arrête jamais. Notre Jimmy Bowskill nous fait découvrir sa nouvelle compagne de scène , une superbe Gibson ES 335 qui remplace sa Les Paul Gold Top tandis qu’Ewan Currie reste fidèle à sa Gibson Les Paul Custom noire. Les notes se défient et s’entremêlent dans un patchwork sonore vraiment jouissif.
Titre après titre, on succombe à tous ces hits aux accents sudistes joués par des petits gars d’Amérique du Nord. Mention spéciale à « Scarborough Street Fight, extrait de leur dernier album en date.
Quant aux rappels, « I Don’t Know » et « Nobody » sont de véritables cerises sur le gâteau.
En nonante minutes et 19 titres, The Sheepdogs nous ont prouvé encore une fois leur immense talent, leur sens de la mélodie et par-dessus tout, le plaisir d’être sur scène à partager encore et toujours, la seule musique qui ne mourra jamais : le Rock.
Mitch "ZoSo" Duterck
The Sheepdogs + Rosalie Cunningham @Trix, Antwerpen, le 8 juin 2022
The Sheepdogs + Rosalie Cunningham @Trix, Antwerpen, le 8 juin 2022
The Sheepdogs + Rosalie Cunningham @Trix, Antwerpen, le 8 juin 2022
The Sheepdogs + Rosalie Cunningham @Trix, Antwerpen, le 8 juin 2022
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10 juin 2022 5 10 /06 /juin /2022 11:13
Festival Art Rock- Musiciens du Métro au Village - Joylie _ Saint-Brieuc, le 5 juin 2022

 Festival Art Rock- Musiciens du Métro au Village - Joylie  _ Saint-Brieuc, le  5 juin 2022

 

NoPo et Noëlle

 JOYLIE Saint-Brieuc - Musiciens du métro - Art Rock Dimanche 05/06/2022 18H


Julie Chevalier, alias Joylie, trouve son Graal à travers sa musique, chaude, soul, bluesy, parfois pop-rock.
Auteur-Compositrice-Interprète, elle grandit dans une famille de musiciens avec 5 frères et soeurs, de quoi faire concurrence aux Jackson Five.
Elle obtient un diplôme d’Études Musicales au conservatoire de Brest puis fait une école de Gospel à Paris (sorry, je ne résiste à cette mauvaise blague : A Brest aussi, les gosses pellent!).
Elle ne rame pas trop, prend le métro en route et s'y retrouve musicienne accréditée à partir de 2016. Elle rencontre Tommy Foster alors qu'il s'amuse à jouer Billy Jean à la basse!
Ils ne le reprendront pas, préférant 'Blue jeans' de Lana Del Rey.
Fin 2018, sort le premier EP 'Dirty Laundry' et le single emblématique de leur style 'Let it go', très bien accueillis. Tommy y fait les guitares mais aussi la batterie.
Un autre disque était prévu en 2020 mais ça... c'était avant le bazar! Au cours de sa conception, ils envisagent intégrer un peu d'électro et des paroles en français ((What, in French? à tester).

En tous cas, le set live, bien rôdé, est riche de leurs propres compositions (tout l'EP et des morceaux probablement nouveaux) et 2 reprises bien senties.
3 musiciens prennent place sur scène :
Julie Chevalier, chant et claviers
Tommy Foster guitares et choeurs
Jérôme Roubeau batterie.

Ce dernier vient de rejoindre le duo, il y a moins de 10 jours! Lui, préfère les retours dans le casque plutôt que les intra-auriculaires.
A cette heure, de nombreux enfants, excités, tapissent le sol. C'est ça aussi le village d'Art Rock, la réunion de plusieurs générations qui partagent musique et repas.
Sympa aussi... souvent les musiciens programmés à d'autres moments, viennent soutenir et applaudir chaleureusement leurs homologues, telle une grande famille.

Le set ouvre en douceur et nous fait découvrir d'abord des titres, bien léchés, pas encore distribués. Une belle entrée en matière...

Au 4è titre, l'intro au clavier/piano sombre mène la danse avec un rythme en cliquetis sur un pad électronique.
La ballade 'Let it go' prend son inspiration dans un espèce de trip-hop hypnotique où se promène une voix plaintive.
La guitare joue un arpège planant et enveloppant et la wah wah s'entend au fond. On comprend que le groupe porte cette chanson.

La reprise de Blue Jeans, superbement interprétée, fait passer un frisson et s'insère parfaitement avec sa mélodie inoubliable.

Jérôme secoue le shaker sur 'Rainy morning blues'. Les ouh ouh caressent tel du velours. Le collier de percussions, posé sur la charley, imite les fines gouttes de pluie.
Le son de wah wah  résonne gracieusement comme au plus beau des 60's 70's. La guitare, gorgée de feeling, se laisse aller, guidée par un artiste.
L'orchestration trouve son rythme de croisière, invitant au balancement, et les choeurs font les yeux doux. Délicieux!

Un arpège accroche aussitôt, en accompagnement de la voix de Julie, mélancolique et émouvante sur 'It doesn't matter'. Le piano confirme la complainte prenante.
Les frappes portent d'abord sur le tom basse puis, plus loin, la batterie gonfle et s'agite.
Lorsque la guitare s'envole en apesanteur, on a des étoiles plein les yeux. Quel plaisir d'observer la technique de Tom qui n'oublie pas les pédales d'effet.

Julie annonce un gospel : la reprise de 'John the revelator' des années 30 américaines, loin de faire tâche...

Le chant impulse la cadence, la frappe forte de Jérôme claque. Voici venir 'Louisiana' aux couleurs chaudes et wha wha ambiancée 60/70's.
On pense pourtant à la galloise Duffy et c'est un gage de qualité. Avec beaucoup de finesse et de maitrise, le titre, feutré, déroule, sans à-coups, jusqu'au final en apothéose.
Une recette brûlante d'ocytocine, endorphine et de dopamine... Bon appétit!

'Sweet baby' possède des effets au rebond souple. Un chaleureux câlin plutôt qu'un cahincaha!
Petits claquements et ouhouh coulants apportent un jus sucré délicieux qu'un beau solo de guitare vient pimenter.

Une grosse guitare à la Lenny Kravitz entame 'Click' dont la rythmique semble millimétrée.
Flow rampant, voix enjôleuse... comment rester de marbre? Le mouvement se veut sensuel voir plus!
Les solos de guitare brûlent et énervent la batterie par instants. On goutte à l'agilité des doigts de Tommy, fascinant et tellement souriant.



A l'écoute de sillons profonds qui lacèrent le coeur, mon esprit flotte vers des images de films américains des années 60's avec Marilyn  ou ceux de David Lynch pour le mystère.
Je dodeline de la tête en fermant les yeux et je grimace de plaisir. Les solos dévastateurs de Tommy viennent me secouer juste ce qu'il faut. Le regard de Julie en dit long sur son appréciation.
A 2 mètres du musicien, je suis ébahi, je me régale de ses gestes précis et des sensations.
A la fin du mois, c'est le public de Solidays qui devrait être gâté!




SET LIST
Sevdaliza
Yhid
Amy
Let it go
Blue jeans (reprise de Lana Del Rey)
Rainy morning blues
It does'nt matter
Kiwanvka
John the revelator (traditionnel américain)
This town
Louisiana
Sweet baby
Shiver
Click

 


 

Festival Art Rock- Musiciens du Métro au Village - Joylie _ Saint-Brieuc, le 5 juin 2022
Festival Art Rock- Musiciens du Métro au Village - Joylie _ Saint-Brieuc, le 5 juin 2022
Festival Art Rock- Musiciens du Métro au Village - Joylie _ Saint-Brieuc, le 5 juin 2022
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9 juin 2022 4 09 /06 /juin /2022 12:19
Kiss – The New Roses. 'End Of The Road World Tour', Antwerps Sportpaleis , Antwerpen, le 6 juin 2022

 Kiss – The New Roses. 'End Of The Road World Tour', Antwerps Sportpaleis , Antwerpen, le 6 juin 2022

 

Mitch Zoso Duterck

 

 

KISS + THE NEW ROSES : Sportpaleis, Antwerp (BEL) – 2022.06.06
Line Up :
Gene SIMMONS : Bass & Vocals
Paul STANLEY : Guitar & Vocals
Eric SINGER : Drums, Piano & Vocals
Tommy THAYER : Lead Guitar & Backing Vocals
Set List:
01.Detroit Rock City. (Destroyer – 1976)
02.Shout It Out Loud. (Destroyer – 1976)
03.Deuce. (Kiss – 1974)
04.War Machine. (Creatures Of The Night – 1982)
05.Heaven’s On Fire. (Animalize – 1984)
06.I Love It Loud. (Creatures Of The Night – 1982)
07.Say Yeah. (Sonic Boom – 2009)
08.Cold Gin. (Kiss – 1974)
09.Tommy Thayer Guitar Solo.
10.Lick It Up. (Lick It Up – 1983)
11.Calling Dr. Love. (Rock ‘n’ Roll Over – 1976)
12.Tears Are Falling. (Tears Are Falling – 1985)
13.Psycho Circus. (Psycho Circus -1988)
14.Eric Singer Drums Solo.
15.100,000 Years (end section). (Kiss – 1974)
16.Gene Simmons Bass Solo.
17.God Of Thunder. (Destroyer – 1976)
18.Love Gun. (Love Gun – 1977)
19.I Was Made For Loving You. (Dynasty – 1979)
20.Black Diamond. (Kiss – 1974)
21.Beth. (Destroyer – 1976)
22.Do You Love Me? (Destroyer – 1976)
23.Rock ‘n’ Roll All Nite. (Dressed To Kill – 1975)
Ça fait deux ans (Covid oblige) qu’on les attendait pour le 13ème concert de leur carrière en Belgique et, au vu du nombre de leurs pairs qui ont rendu leur certificat de naissance depuis tout ce temps, on pouvait toujours craindre que la machine coince là aussi. Mais non, Kiss, le groupe légendaire new-yorkais fondé en janvier 1973 par Paul Stanley (70 ans) et Gene Simmons (72 ans) s’est présenté devant nous en forme olympique pour ce concert d’adieu faisant partie intégrante de la tournée « End Of The Road World Tour ».
Kiss ne laisse jamais indifférent, on aime ou on déteste et dans ce cas ce sont toujours les mêmes arguments qui ressortent, du style « c’est une musique simpliste, ils ne jouent pas bien, c’est juste du cirque, sans leur maquillage ça ne vaut rien » etc, etc. il y a toujours des jaloux. Si c’est tellement basique, pourquoi ne pas l’avoir fait vous aussi, les cyniques? J’en ai connu des tas de gens qui disaient du mal de Kiss et qui ont fini par aller les voir en cachette, se dissimulant dans la fosse, sceptiques…
Il faut croire que la recette a quand même plu a pas mal de gens puisque, en 49 ans d’existence et un premier album éponyme sorti le 18 février 1974, le groupe a quand même vendu plus de 210 millions d’albums dans le monde répartis en 43 LPs et 60 singles ! Kiss, géré et administré de maîtresse façon, va développer un panel de produits dérivés tout simplement phénoménal que les fans vont s’arracher, à tel point qu’en 2006 la marque estampillée « KISS » était évaluée à un milliard de dollars américains.
Leur meilleur album restera à coup sûr l’imparable " Destroyer " sorti le 15 mars 1976, un album devenu culte. Sans oublier le monstrueux single « I Was Made For Loving You” sorti le 20 mai 1979 et qui vient mettre une claque magistrale à toute la vague disco qui se croyait invulnérable. Le 45 tours se classe 1er pratiquement dans le monde entier. Un vrai coup de maître de la part des new-yorkais. Je n’ai jamais caché ma préférence marquée pour Gene Simmons , le bassiste vampire dont le personnage a de quoi marquer l’esprit d’un gamin de 13 ans. J’aime son timbre de voix plus brutal, plus rock à mon sens. Mon coup de cœur dans cette discographie va depuis toujours à des titres comme « Deuce » ou « Cold Gin » extraits de ce premier album de 1974 qui annonçait l’arrivée d’un nouveau style Rock décadent et dissident : le Glam Metal, un genre musical sur lequel la bande à Stanley et Simmons allait régner sans partage.
De « Detroit Rock City » la fameuse introduction de tous leurs shows, jusqu’à Rock ‘n’ Roll All Nite » qui les clôture, Kiss va nous offrir un « best of » de deux heures retraçant les grandes étapes de sa carrière. Juste un petit regret au niveau du répertoire avec l’oubli du tout bon « I Want You » le titre qui ouvre l’album « Rock’n’ Roll Over » de 1976. Chaque musicien aura son moment de gloire avec un solo en forme de mise en scène qui colle à leur personnage. Eric Singer, ex-batteur de Black Sabbath, Alice Cooper, Roger Taylor… nous gratifie d’une partie du solo de « 100,000 years » jadis la pièce de résistance de Peter Criss tandis que Tommy Thayer ex guitariste de Black’n’Blue reprend à son compte le scénario mis au point par son prédécesseur, Ace Frehley. L'exercice est une espèce de tir aux soucoupes volantes à partir de la guitare d'où jaillissent des étincelles et ce, à grands renforts d’explosions et de flammes.
Car c’est ça aussi Kiss, des titres accrocheurs faciles à mémoriser et un show pyrotechnique à faire passer Rammstein pour des boy-scouts qui allument un feu de camp. On en prend autant avec les yeux qu’avec les oreilles, pas de temps morts, ce qui génère une réflexion de la part de certains spectateurs : « Comment se fait-il que pour la somme de 78 euros, on peut voir Kiss en salle avec un show énorme, alors qu’ils remplissent des stades entiers tandis que pour les Rolling Stones (que j’adore au demeurant, je les ai vus 7 fois) ou encore de U2 (dont je ne dirai rien) , il faut envisager bien souvent plus ou moins le double pour se retrouver sur la pelouse au bout d’un stade et qu’il n’y a pas ou peu de spectacle ? » De qui se moque t’on messieurs les promoteurs ?
Une petite mention à notre "Cat" qui passe du  poste de batteur à celui de pianiste-chanteur pour une superbe ballade intimiste : « Beth ».
Une super soirée passée en compagnie de mon ami Carlo pour qui c'était sa première fois avec le gang, et qui avait les yeux pleins d’étoiles comme ceux d’un enfant à la kermesse. Un grand sourire lui barrait le visage. Merci Kiss pour ces 50 ans de spectacle et de bonheur. I wanna Rock’n’Roll all nite and party everyday…
Mitch "ZoSo" Duterck
Kiss – The New Roses. 'End Of The Road World Tour', Antwerps Sportpaleis , Antwerpen, le 6 juin 2022
Kiss – The New Roses. 'End Of The Road World Tour', Antwerps Sportpaleis , Antwerpen, le 6 juin 2022
Kiss – The New Roses. 'End Of The Road World Tour', Antwerps Sportpaleis , Antwerpen, le 6 juin 2022
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9 juin 2022 4 09 /06 /juin /2022 06:54
Festival Art Rock - Grande Scène - part two - Pete Doherty et Frédéric Lo / Clara Luciani - Saint-Brieuc, le 5 juin 2022

 Festival Art Rock - Grande Scène - part two  - Pete Doherty et Frédéric Lo / Clara Luciani  - Saint-Brieuc, le 5 juin 2022

 

Seconde partie de la soirée: Pete Doherty et Frédéric Lo.

On prend les paris: bourré ou sobre?

2008, Bruxelles avec les Babyshambles, c'était limite!

2016, au BSF : aucun problème.

2017: Gent Jazz avec Puta Madres, c'était la foire, le chaos intégral.

 

On le dit assagi ( ce n'est pas la première fois) depuis qu'il a installé se valises à Etretat, sans doute sous l'influence de Frédéric Lo,  avec lequel il a enregistré  'The Fantasy Life of Poetry & Crime ".

Il fait même dans la bienfaisance, avec son nouveau copain,  il  donne un concert à l’église d’Étretat au profit de sa restauration.

Autre détail amusant, il assume toutes ses frasques,   lors d'un entretien avec un journaliste cocorico il a déclaré "Selon la légende, j’aurais dû mourir à 27 ans"!

21h, ils sont quatre à apparaître:  deux filles, Frédéric Lo , presque aussi élégant qu'Alain Delon dans ' La Tulipe Noire' et un bedonnant  Pete Doherty, ça doit être un excès de nougat.

Fringué d'un trench emprunté à l'inspecteur La Bavure et coiffé de son éternel galurin, une marque de fabrique, il ressemble plus à un Michel Boujenah enveloppé qu'au jeune premier qui tombe toutes les groupies.

La dame à tes côtés, en admirant le duo, te souffle,  Laurel et Hardy.

Frédéric, à la guitare, est accompagné par deux jolies musiciennes, la fraîche épouse de Pete, Karia de Vidas au piano électrique et Mike Beavis au violon, toutes deux membres de Puta Madres.  

' Rock & Roll Academy' ouvre le feu, ce n'est plus du  Doherty  confus,  mais du rock tendance folk,  sonnant comme les meilleurs titres de Ray Davies.

 La voix est séduisante, Pete croone , ses musiciens habillent joliment la mélodie.

Sorry, folks but I have a frog in my throat, une grenouille ajoute-t- il , à chacun son animal, ici c'est un chat, en Italie, un crapaud, en Russie, un estragon.

Il enchaîne sur la petite merveille  'The Epidemiologist', l'ode aux destins brisés ,  Jean Seberg, Daniel Darc et d'autres...,   les arrangements se montrent  impeccables.

Instant farfelu, il se mouche dans un foulard aux couleurs du drapeau anglais, avant de le placer comme pochette dans le veston de son très British complet gris.

Le sombre 'The Ballad of..' introduit au piano renvoie vers l'univers de Scott Walker, un des plus grands poètes que l'univers rock a engendré. 

  "You Can't Keep It From Me Forever" s'avère plus accessible aux amateurs de morceaux pop, le refrain s'accroche d'emblée dans ton cerveau et avec lui tu chantonnes... I know every trick in the book Every trick by hook or by crook ...

Un gars, pas idiot, mentionne les Smiths, on le suit! 

Le violon gouverne  le mélancolique   'Yes I Wear A Mask' que Pete chante avec retenue.

Je bois un petit coup de grenadine améliorée avant  d'amorcer ' The Fantasy Life Of Poetry & Crime' qui balance sur des sonorités gypsy tout en nous baladant du côté de l'estuaire de la Seine .

Une perle que ce titre,  dans lequel il glisse deux ou trois mots en français, il n'y a pas à chercher de raison mais le morceau te renvoie vers la valse de Peter Sarstedt 'Where Do You Go To (My Lovely)' qui a bercé tes rêves d' étudiant en 1969.

Un glockenspiel pour Karia, pour entamer  ' The Monster' ... "La vie est tendre, belle et violente"  The monster assures me ...  mais ...À la fin tu es là  Et c'est la mort.

La comptine enfantine vire au cauchemar.

Il serait malhonnête te taire le rôle prépondérant jouer par Frédéric Lo et sa guitare, sans sembler y toucher, il dirige tout de main de maître.

Fashions they come and go, chante le néo-normand dans 'The Glassblower" , avant de souffler dans sa paille pour façonner un vase qu'il ira vendre aux touristes en affirmant que c'est un original de Murano.

Frédéric et Pete terminent le morceau à genoux.

Ensuite, le guitariste amorce sèchement 'Keeping Me On File', Karia s'est éclipsée, le morceau, rythmé, inspire quelques spectateurs qui battent des mains.

Pour l'entrainant  ' Invictus', les deux filles se retrouvent côte à côte derrière le piano, Saint-Brieuc savoure.

Bonjour dans les fenêtres, oui,  toi avec le pull rouge...  il s'adresse à des gens assistant au concert depuis une fenêtre de leur domicile. Imagine-toi avec une patate chaude en bouche pour prononcer à sa manière, il reprend le cours du concert avec   la ballade  folk ' Abe Wasseinstein'  dans laquelle il rend hommage à un ami disparu.

And now the last song of the evening, on avait prévu une version française, on a perdu les lyrics, it  will be in English.

Frédéric prend place derrière le piano, Pete chante ' Far from the madding crowd' , a cabaret waltz dont le titre est emprunté au romancier Thomas Hardy, on te conseille le film avec Terence Stamp et Julie  Christie.

Content de lui, le comédien s'allonge sur le sol tout en achevant la plage, il se relève, essaye un numéro à la Roger Daltrey, se plante et fait mine de se tirer.

On leur signale qu'il reste près de 15' à jouer.

OK, ' For Lovers'  qu'il chantait avec Wolfman  ( Peter Wolfe) , suivi par le gracieux ' Salome' qui s'entend sur son premier album solo  'Grace/Wastelands' se succèdent. .

Le plaisantin a légèrement modifié les lyrics, à l'origine il est question de ...The head of Isidora Duncan on a plate... logique en parlant d'une danseuse, c'est devenu Elizabeth II on the plate.

Fin d'un concert superbe, il balance son mouchoir souillé dans la fosse, un mec l'attrape au vol, tu parles d'une relique , les mucosités nasales d'une star..

Un bisou au cameraman, direction le bar!

 

Mise en place du décor sardanapalesque prévu pour le show de Clara Luciani, qui collectionne les lauriers, ce qui énerve certains, le magazine Marianne, par exemple, n'est pas tendre dans sa critique du second album de la séduisante Clara.

Tu l'avais vue aux Nuits Bota en 2017, à cette époque,  on n'en faisait pas tout le foin  qui est récolté aujourd'hui.

T'avais apprécié le show de la chanteuse, qui, ce soir là n'était que vedette américaine, c'est ainsi qu'on cataloguait les artistes dont le nom se trouvait au bas de l'affiche.

Cinq ans plus tard tout a changé, she's a big star!

Résultat: tout sera big, le son, la mise en scène, la ferveur d'un public qui connaît tous les titres et les chante en playback, plus personne n'utilisera l'étiquette star montante, she 's a big star now!

Pete Doherty en personne vient annoncer  Clara Luciani, la foule est déjà en délire.

Les musicos se pointent:  Alban Claudin (Claviers), Mathieu Edward (Batterie), Benjamin Porraz (Guitare), Pierre Elgrishi (Basse) + trois choristes, Nkiangu Asong-Fontem, Connie Bidouzo, Alexiane Broque.

Puis vient l'étoile, élancée et scintillante dans son ensemble à paillettes. 

' Coeur' , le titletrack du dernier album est lâché, comme Juliette, la veille, Clara joue la carte disco, tandis qu'elle danse avec grâce, la guitare appuie sur la pédale wah wah.

 Même si la variété  est souvent décriée, il faut reconnaître que c'est hyper bien foutu, dansant et addictif.

Si Marianne ( le mag)  se fout du concept ( avec raison) .. offrir un exutoire à la morosité ambiante.. il faut avouer que quand t'es dans le bain, tu te laisses avoir et tu suis la masse, tu gigotes, hoches la tête, tu n'iras pas jusqu'à hurler ' Clara, je t'aime' , c'est une question d'âge!

Il est beaucoup question d"amour chez Clara, 'Amour Toujours'  éclabousse tout,  Augustina déclare: Clara Luciani is the reason why I started learning French !

Le disco/pop/funk 'Nue' de 2019  invite à la danse, on  assiste sur  scène à  une chorégraphie étudiée.

Exit la cohorte de photographes, Clara sort ' Les Fleurs', faudra les arroser.

A l'arrière, les choristes entament 'Bandit' une plage extraite du second album,  qui exploite la même recette que les titres précédents, un brin naïf, le morceau balance de manière désinvolte et plaît aux jeunes filles, on ne dira pas en fleur, on sait que David Hamilton n'a plus la cote.

Matthieu d'une frappe déterminée entame 'Comme toi' , un roadie refile une guitare à Clara  qui gratte quelques accords,  on a failli la croire quand elle a dit ...dans tes yeux je me noie.. et puis t'as vu l'empereur autrichien ... chasse gardée, il a dit.

Saint-Brieuc, voici le moment drague,   ' Tout le monde (sauf toi)' , le morceau dégage des relents Michel Berger, qui décidément reste une référence dans l'univers pop français.

' Le chanteur' confirme cette observation, tu peux penser à la groupie du pianiste, même concept.

Les musiciens sont au repos pour la suivante, Clara, voix et guitare, et les choristes  confessent 'J'sais pas plaire'.

Les gamines réagissent, Clara tu plais, t'es belle, on t'aime.

Elle sourit!

Pas de Julien Doré à Saint-Brieuc, c'est avec Pierre que Clara interprétera  la romance ( assez mièvre, ne le dites pas à mes nouvelles  copines âgées de 17 ans )  'Sad & Slow' .

Allez on lui pardonne, ' Ma soeur' remet les pendules à l'heure, tout le monde danse, des milliers de personnes qui sautent, ça impressionne.

Disco time, again!

Et on continue la revue disco avec la libre adaptation impétueuse de  ' I feel love' de Donna Summer, 

Après cette reprise déguisée, on a droit, puisque nous sommes dans la baie de Saint-Brieuc,  à une version française de 'The Bay' de Metronomy.

Basse galopante, chant détaché et solo de guitare tonitruant.

Un grand moment!

Le show,  déjà  bouillonnant,   monte en puissance , le tube sexy  ' Le Reste'  met le feu, il est suivi par le titre qui l'a révélée, l'imparable ' La Grenade' avec sa ligne de basse mémorable.

T'es con, t'auras dû sortir ton portable et la filmer, c'est le morceau préféré de ton petit-fils!

On arrive au terme du Las Vegas  show , ' Respire encore' , où la liberté retrouvée après un long confinement ,  ébranle une dernière fois toute la place, quatre canons à confetti sont actionnés, trois jours plus tard t'en as encore retrouvés dans ton le slip,  balancé au linge sale.

Clara, on t'aime, continue à gueuler ta petite voisine de Lille.

Long et dur fut le chemin vers la sortie.

L'an prochain Art Rock fête ses 40 ans!

Festival Art Rock - Grande Scène - part two - Pete Doherty et Frédéric Lo / Clara Luciani - Saint-Brieuc, le 5 juin 2022
Festival Art Rock - Grande Scène - part two - Pete Doherty et Frédéric Lo / Clara Luciani - Saint-Brieuc, le 5 juin 2022
Festival Art Rock - Grande Scène - part two - Pete Doherty et Frédéric Lo / Clara Luciani - Saint-Brieuc, le 5 juin 2022
Festival Art Rock - Grande Scène - part two - Pete Doherty et Frédéric Lo / Clara Luciani - Saint-Brieuc, le 5 juin 2022
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8 juin 2022 3 08 /06 /juin /2022 11:34
Festival Art Rock - Grande Scène - part one - Jane Birkin et Kim Gordon - Saint-Brieuc, le 5 juin 2022

 Festival Art Rock - Grande Scène -  part one - Jane Birkin et Kim Gordon  - Saint-Brieuc, le 5 juin 2022

 

michel.

 

Art Rock, jour 3 , le festival affiche complet.

En ce dimanche à la météo hasardeuse, t'as décidé de camper face à la grande scène qui prévoit  Jane Birkin,  Kim Gordon, Peter Doherty + Frédéric Lo et Clara Luciani.

Une affiche hétéroclite qui forcément attire un public hybride, les fans les plus fervents de Clara Luciani ne vont pas forcément apprécier les autres artistes au programme et risquent d'être sérieusement  déconcertés par le noise rock sans concession de l'ancienne bassiste de Sonic Youth.

 

C'est beau la ponctualité, à 18h, pile, Kim Gordon et son groupe, exclusivement féminin, jaillissent.

Sonic Youth a officiellement cessé d'exister en 2011, année où le couple Kim Gordon/Thurston Moore se sépare après près de 30 ans de vie commune.

Cela ne signifiait  pas la fin de la carrière musicale de la madame blonde qui approche de 70 ans, ( elle ne les paraît pas), elle tourne avec  Ikue Mori du groupe DNA, elle fonde l'experimental band Body/Head, elle peint et expose ses oeuvres, écrit, tourne dans des films, forme Glitterbust, et enfin décide d'enregistrer sous son nom, 'No Home Record' paraît en 2019.

Son No Home Tour sillonne l'Europe et s'arrête en Bretagne.

Le band: Kim -  vocals, some guitar but no smiles/ guitarist Sarah Register ( au look Jean Seberg) /  bassist Camilla Charlesworth and drummer Madison Vogt.

Une symphonie, mi-noise/ mi-Wagner, précède l'arrivée du combo, à l'avant- plan,  Kim attire les regards, mince et très élégante en noir et blanc, très bien la petite cravate,  les autres filles sont en retrait.

La première plage de l'album "Sketch Artist" sera aussi la première ' chanson' ( terme peu adéquat) du set, la voix est rauque, distante, Kim prend des poses agressives,  les sonorités produites le sont aussi, on baigne dans un noise rock  qui ignore les mélodies .

It's "feast of disorienting beats" écrira Lars Gotrich.

Toujours en spoken word, elle attaque  "Air BnB" un morceau mixant grunge et industrial sounds.

A l'arrière, Madison, ni square, ni garden, frappe sèchement sur un élément électronique pour lancer "Paprika Pony" en mode asiatique, la basse brutale et la guitare stridente accompagnent le chant récité de celle qui prend des poses étudiées et théâtrales.

A un mètre de toi, une adolescente, que la musique expérimentale exaspère, a décidé de s'asseoir à même le sol pour jouer sur son smartphone.

Kim s'en fiche et d'une attaque sonique, plus très jeune, amorce 'Murdered Out', une plage, destructrice et désespérée, qui fait mal.

 Distorsion, effets bourdonnants, fuzz, le cocktail idéal pour épouvanter belle-maman qui ne jure que par Julio Iglesias.

Sur un pupitre reposent les lyrics de ses chansons, elle retourne les feuilles après chaque titre.  

Tu dis, Kim?

' Don't play' 

 Elle halète, s'accroupit, éructe son texte, Sarah fait glisser une slide sur ses cordes, mais pas à la manière d'un bluesman, elle en tire des sonorités métalliques stridentes, dans un moule Blixa Bargeld, qui font fuir  toutes les souris du coin.

On lui refile une guitare, la batterie entame une marche hypnotique, Kim scande l'oraison sinistre 'Cookie Butter' ... I saw I knew I remember I liked I met I awaken I wish I have I saw I approach I fucked I think I won't I was born I fell I drank et ainsi de suite, ça pénètre profond dans ton cortex, pendant six minutes, guitares et basse élaborent un élément sonore expressionniste que Fritz Lang aurait pu utiliser pour ' Metropolis'.  

A genoux, Kim agite la vibrato handle, imitée par Camilla et Sarah, t'as  l'impression  que ta tête va exploser, inlassablement, le quartet poursuit son exercice nihiliste.

L'étrange ' Get Yr Life Back',  toujours truffé de bruitages de fonderie et de signaux de sirènes, précède le chevrotant 'Earthquake' pour lequel le fond sonore se réduit à un vrombissement , parfois déchiqueté par une guitare incisive, Kim choisit la litanie, pas trop biblique, pour illustrer son propos.

Après une intro digne d'un horror movie, elle éructe 'Hungry Baby' d'une voix vacillante, c'est du rock noir,  sale,  rageur, exigeant qui, si tu fais un effort,  ne  laisse pas indifférent.

Premier contact avec le public pour présenter les musiciennes et annoncer une cover from the mid seventies,  'Blonde Redhead'  du groupe new-yorkais DNA

Le titre a inspiré le  band Blonde Redhead qui a choisi son nom en hommage au groupe d'Arto Lindsay.

Le set se termine par ' Grass Jeans' sorti en 2021, une protest song au chant revendicatif et gavée de guitares dissonantes, celle de Sarah est maltraitée au screwdriver,  de lignes de basse percutantes  sur drumming sec.

Le final sera apocalyptique, guitares et basse venant griffer les amplis pour produire un fuzz dément et exploser nos tympans.

Kim Gordon aura été fidèle à sa légende pour donner un set intense et vicieusement  thrash.

 

Changement radical de registre avec Jane Birkin.

Jane, qui a repris le chemin des salles de concerts après avoir été victime d'un accident vasculaire cérébral à la fin de l'été 2021.

Tu l'avais vue à Lanrivain en 2019, un concert magnifique, ce soir elle a ému tout le monde, y compris Clara Luciani, Kim Gordon et Peter Doherty.

Si elle n'est plus convalescente, tu la sens toutefois diminuée, elle est obligée  de poser une main sur un tabouret pour ne pas perdre l'équilibre.

Chapeau bas, l'artiste, émue aux larmes, pour avoir tenu une heure debout et avoir  empli nos coeurs d'un  bonheur intense.

Line-up: Jean-Louis Piérot : piano, guitare et arrangements/ François Poggio : guitare / Marcelo Giuliani : basse.

 Direction musicale: Etienne Daho, malheureusement absent. C'est Etienne qui l'a poussée à enregistrer son dernier album, "Oh ! Pardon tu dormais",  à l'origine le titre d'un téléfilm écrit et réalisé par Jane  en 1992, sur une pièce qu'elle a écrite et jouée  plus tard.

En intro, le groupe propose ' Je t'aime, moi non plus'.

 Des flashes te traversent le cerveau .

En 1969  l'Osservatore Romano qualifie d'obscène la chanson, résultat elle est interdite d'antenne en Italie, la pub c'était ça à l'époque, Polnareff en avait profité pour ' L'amour avec toi'.

Jane, soutenue par un membre de l'organisation se présente, la foule l'acclame, une voisine verse une larme, elle attaque 'Jane B', tu la revois en 1969, mince, belle, fatale,  à l'instar des mannequins de l'époque, Twiggy ou Jean Shrimpton.

Le temps, ce traître!

Après avoir présenté l'équipe, elle propose 'A marée haute' un premier extrait de l'album   'Oh, pardon, tu dormais'.

A Lanrivain le public avait applaudi à une version symphonique de  "Une chose entre autres ", ce soir la guitare de François déchire la tendre valse.

Colin Russeil passe derrière les claviers, 'Baby Alone in Babylone' voit Clara Luciani, en coulisses,  immortaliser la chose sur son portable tout en fredonnant la mélodie.

En 1971, nous étions à  Londres avec Serge pour enregistrer le concept album  ' Histoire de Melody Nelson' .

Un disque d'or, évidemment.

Jane décide d'en interpréter plusieurs extraits: ' Ballade de Melody Nelson", "Valse de Melody" , 'Ah Melody...tu m'en auras fait faire des conneries... on adore tes conneries, Jane, tu es aussi touchante en vieillissant que l'immense Marianne Faithfull.

Attaque rock pour ' L'Hôtel Particulier', une autre plage issue de Melody Nelson.

La ' Ballade de Johnny Jane' sur le BO du long-métrage ' Je t'aime moi non plus' est sortie en single en 1976, Jane la chante en duo avec l' acoustique de François.

Personne n'interprète mieux Serge Gainsbourg que Jane Birkin, son léger accent anglais donne une élégance raffinée aux ' Dessous chics'.

Pas de bol, Etienne Daho n'est pas là pour donner la réplique à Jane pour susurrer ' Oh pardon, tu dormais' en duo,  too bad!

Ensuite elle revisite ' Ex-fan des sixties' en ajoutant David Bowie à la liste des disparus.

Serge, la machine à tubes, a composé ' Di doo dah' que Jane a inclus sur l'album du même nom en 1973.

En  regardant celle qui a du mal à se voir vieillir, tu te dis qu'elle suit le même chemin que Juliette Gréco et qu'elle peut faire de la scène jusqu'à 90 ans, sa carrière ne fait que commencer!

Aïe, des gouttes de pluie vont gâter notre plaisir, mais non, voilà ' Quoi' ... tu as le choix des armes ou celui des larmes.... , quel dilemme!

S'en suit une très longue séquence remerciements avant de proposer 'Les jeux interdits', au fond country et western.

 

Saint-Brieuc et Jane Birkin, c'est un mariage d'amour, on la repousse sur scène elle propose ' Je voulais être une telle perfection pour toi' et un premier titre en anglais, ' Catch me if you can', interprété  à la manière de Marlene Dietrich.

Jean-Louis lui fait un signe, encore une.

Elle dédie ' Putain Putain' à Arno  en adaptant légèrement le texte d'origine.

C'était drôle de l'entendre chanter  "Bye-bye Brexit, bye-bye Brexit
We're still gonna eat fish & chips".

 

Jane n'ira pas aux  Francos de Montréal, elle sera le 24 juin à Metz!

 

Festival Art Rock - Grande Scène - part one - Jane Birkin et Kim Gordon - Saint-Brieuc, le 5 juin 2022
Festival Art Rock - Grande Scène - part one - Jane Birkin et Kim Gordon - Saint-Brieuc, le 5 juin 2022
Festival Art Rock - Grande Scène - part one - Jane Birkin et Kim Gordon - Saint-Brieuc, le 5 juin 2022
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8 juin 2022 3 08 /06 /juin /2022 07:53
Festival Art Rock- Musiciens du Métro au Village - Madlen Keys _ Saint-Brieuc, le 4 juin 2022

Festival Art Rock- Musiciens du Métro au Village - Madlen Keys _ Saint-Brieuc, le 4 juin 2022

 

NoPo 

MADLEN KEYS Saint-Brieuc - Musiciens du métro - Art Rock Samedi 04/06/2022 22H


Le groupe passe derrière le blues-rock charnel au piment des Chapas qui font un tapas! Un grand écart musical.

Avec MK, je découvre des compositions relativement cérébrales et progressives.
Ces morceaux, sophistiqués, méritent plusieurs écoutes pour en retirer la substantifique moelle.
Plus je m'y attarde et plus je m'y attache.


Madlen Keys nait sous la houlette de la chanteuse corse Caroline Calen ('après une phase intime d’expérimentations musicales aux sonorités acoustiques' d'après sa direction artistique).
Et pourquoi ce nom, tiens donc? 2 versions possibles...
On commence par la plus tirée par les cheveux d'Antoine :
- 'Mad' comme folle, 'LEN' comme la 2è syllabe de Calen et 'Keys' donnerait les clés pour comprendre cette folie dans la tête de Caroline... joli non?
Plus pragmatique :
- un retour en scoot dans Paris. Arrivés devant le garage, pas de clefs! Retour arrière par la Madeleine où les clefs sont retrouvées... joli non?
Oui joli nom!

Caroline vient d'une formation classique et une Fac de musicologie.
Elle ne renie pas ses racines, elle aurait tort! Les polyphonies corses influencent certaines compositions (auxquelles son père a participé).
D'autres influences, comme la science fiction, interviennent notamment dans un titre nommé 'Ubik' (roman de Philip K. Dick).
Après un EP 'In you I'm lost' en 2018, on change l'équipe et on repart...

Sur scène, 4 musiciens se présentent :
Caroline Calen Chant, violon, guitare
Antoine Geremia claviers
Baptiste Mottais Guitare
Yann Pousset Batterie
(Pas de bassiste live, Antoine se charge des lignes au clavier -et ça sonne!-).

Les jeux de lumière raffinés, en colonnes, créent une ambiance paisible et délectable.

L'intro, tout en douceur, combine une guitare en arrière plan et les cordes du violon pincées par les doigts de Caroline, de manière percussive.
On entend ensuite le son à l'archet, fluide et léger comme le vent. Nous plongeons graduellement dans ce monde bucolique.
Un enregistreur permet d'enrichir les couches. La batterie et le clavier peuvent alors s'employer à bon escient.

Des percussions shakers, subtilement enchevêtrées aux coups sur le bord du cercle, enchainent le beau 'Something' très onirique.
On découvre la voix de Caroline, calme mais elle vit totalement ses compositions. La rythmique se veut jazzy au départ.
Progressivement les choeurs, puis le violon viennent donner de l'emphase, toujours maitrisée.

Une petite erreur de programmation s'oublie vite pour passer à...
'Breathe' décrit parfaitement le sentiment, une respiration... ample. La mélodie glisse telle un nuage isolé dans un ciel immaculé.
Lush, version folk, me vient à l'esprit.

Des voix enregistrées démarrent 'The maze'. Antoine joue les notes de basse de sa main gauche pendant que sa main droite déroule une épaisseur réconfortante.
La guitare de Baptiste, proche d'une lapsteel par moment, griffe affectueusement. Yann assure, sans en faire des tonnes, s'insérant dans des harmonies voluptueuses.
Les choeurs jouent aux anges corses. Titre très travaillé, je penche vers Pendragon ou Arena.

'Postcard' démarre à l'arpège délicat sur guitare sèche et sensible. La voix claire grimpe si haut qu'elle me fait penser à Kate Bush. Y compris la référence musicale est loin d'être anodine.
Les colliers de percussions, posés sur la Charley, rythment tranquillement. Les choeurs s'évaporent alors vers un délicieux paradis céleste. On perçoit un flux régénérant et généreux derrière une guitare cristalline.
Pour cette composition lumineuse, j'irais plutôt vers Marillion (postérieur à 2000) ou Flying Colors.

'Waves' n'accélère pas plus. Douce mais moins euphorique, la chanson déverse une jolie mélodie qui s'élève crescendo.

'Time we get us too' semble avoir été composé pour Madlen Keys. La cadence lourdement marquée, basse batterie, d'entrée n'est qu'un leurre.
La reprise des néerlandais de De Staat (influencés par Muse) s'interprète avec un riff délicat et entêtant.

'Flaming Tree' distille un élixir magique. Après une intro dépouillée, guidé par un rythme tambour qui monte en puissance, le titre commencé lentement, lance des éclairs par instants.
A d'autres moments, une douce mélopée cherche une clairière. La guitare lead, d'abord plaintive, jazz puis rock, époustoufle.
Une composition extrèmement recherchée et d'une grande finesse!

'The stream' lance quelques effets stridents puis les cordes de la guitare rythmique, harmonieusement brossée, invitent la frappe sèche sur le bord du cercle.
Puis la batterie prend de l'ampleur... vient alors le clavier en phase avec le chant. Le jeu des musiciens, vraiment touchant, nous embarque sur une onde sensuelle.
Caroline passe au cri vibrant, félin, à la Buckley. Un leitmotiv au clavier interpelle. Le final, exaltant, bouscule et bascule sur un stop abrupt. 

La fin du set voit le groupe monter d'un cran au niveau intensité.
Baptiste impressionne par un son de guitare de plus en plus agressif et des solos joués quasiment en transes. Si j'osais, je dirais que ça se corse!
Ses cheveux longs et frisés s'envolent, comme ses notes, et lui barrent le visage grimaçant. 'Cerise sur le gâteau!', un sacré show chaud!

Elle a bon goût l'artiste. Jeff Buckley reste une valeur sûre et 'Grace' peut-être mon morceau préféré!
Leur version la possède cette grâce avec ses choeurs de lave... L'occasion pour Yann de montrer la puissance de ses coups.

Une frappe tribale, entame 'Memories of my friends'. Le début, tendance folkisante, m'évoque Sarah McLachlan ou Heather Nova.
Une guitare éthérée plane. Caroline chante comme un oiseau.
Ce n'est que le début, le morceau marche sur des braises et s'enflamme petit à petit. Le solo de guitare, érupte, tendu tel un arc...-en-ciel.

'No way' tricote un arpège délicat en dentelles. Lorsque le clavier invente une trame envoûtante à la Tony Banks (Genesis), des roulements toniques boostent l'orchestration puis les vocaux aériens de Caroline finissent par s'éteindre brutalement. 

La qualité des musiciens me fait forte impression mais la technique n'est rien sans le feeling.
Je ressens, dans cette musique, une grande bouffée d'air, soufflée par une poésie en symbiose avec la nature.
Interprétée par une personnalité à la fois fragile et forte (car l'écorce est bien accrochée!), sincère dans sa direction, elle diffuse une émotion variée et permanente.
Un album sur le feu, ne devrait pas tarder, sortie prévue, Juin 2022, sans titre pour l'heure, Caroline aime attendre le dernier moment!



PS : Merci à 'Arts & Go' pour l'interview éclairante!


SET LIST
Intro
Something ('In you I'm lost' EP 2018)
Breathe (prochain album)
The maze (prochain album)
Postcard ('In you I'm lost' EP 2018)
Waves ('In you I'm lost' EP 2018)
Time we get us too (reprise de De Staat)
Flaming Tree (prochain album)
The stream (prochain album)
Grace (reprise de jeff buckley)
Memories of my Friends (prochain album)
No Way ('In you I'm lost' EP 2018)

bandcamp


Live stream à la canopée studio :
 

Festival Art Rock- Musiciens du Métro au Village - Madlen Keys _ Saint-Brieuc, le 4 juin 2022
Festival Art Rock- Musiciens du Métro au Village - Madlen Keys _ Saint-Brieuc, le 4 juin 2022
Festival Art Rock- Musiciens du Métro au Village - Madlen Keys _ Saint-Brieuc, le 4 juin 2022
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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 16:45
Festival Art Rock- Grande Scène- Juliette Armanet- Saint-Brieuc, le 4 juin 2022

Festival Art Rock- Grande Scène- Juliette Armanet- Saint-Brieuc, le 4 juin 2022

 

michel

 

Encore ému après le récital de November Ultra,  tu quittes  la scène B pour retrouver la Grande Scène et  assister à la prestation de Juliette Armanet.

Fichtre, une foule dense est agglutinée devant le podium sur lequel Gaël Faye, en forme olympique, électrise un public entièrement acquis à sa cause.

T'as beau te transformer en anguille, il est impossible d'approcher à moins de 50 mètres des premiers rangs. Saint-Brieuc hurle, saute, bat des mains, chante, fait des vagues, sue, s'emballe, trépigne, bref, la communion est totale.

 L' auteur-compositeur-interprète, rappeur , mais aussi écrivain et scénariste,  né  à Bujumbura, est accompagné par des musiciens étonnants, parmi lesquels on compte Guillaume Poncelet au piano, Louxor aux machines, et Samuel Kamanzi à la guitare et au chant, et sans doute le batteur Hugo Crost.

Gaël interprétera plusieurs extraits de son album  ' Lundi Méchant', nominé aux Victoires de la Musique en 2021. ' Boomer' et ' Chaloupé' ont rendu le public dingue, il a aussi proposé des extraits d'un EP qui sortira en juillet.

Un moment fort aura été sa séance de crowd surfing qui l'a vu être transporté par des centaines de gens, depuis le  podium jusqu'à la tente qui abrite les techniciens sons et les éclairagistes.

Parmi les titres plus anciens, il a fait l'éloge de sa "Femme", une bombe, une hécatombe... Y'a les femmes et y'a la mienne; allégorie hors-catégorie
C'est pas la peine d'essayer de la guer-dra
Elle en a rien à faire du vermicelle derrière ta guette-bra...

Merde, c'est qui le gars au vermicelle dans le slip?

Après ce concert effervescent, tu parviens à t'approcher à moins de deux mètres des barrières Nadar, séparant la fosse du commun des mortels, il suffit d'attendre 23:30 pour le show de Juliette Armanet

23:28, une musique symphonique retentit, la scène est plongée dans l'obscurité, les musiciens ( sans doute  Adrien Edeline / Jérôme Arrighi / Adrien Soleiman / Coco = Corentin Kerdraon/ Louis Delorme ( pas sûr  ) prennent place et entament le spectacle .

De l'équipe que tu avais vue en 2017 ne subsistent que les claviers et la basse, désormais  Adrien Soleiman , un saxophoniste renommé qui joue aussi du synthé  et Adrian Edeline à la guitare et peut-être Louis Delorme aux drums, accompagnent Miss Armanet,  qui, quatre ans après "Petite Amie",  a pondu un second album "Brûler le feu' ( non, Johnny n'a rien dit!).

Elle arrive, la foule l'a aperçue et hurle de joie, elle passe derrière le batteur pour se diriger vers son piano en gesticulant.

La fille  est scintillante dans son costume à paillettes et d'excellente humeur, tu la savais facétieuse, elle n'a pas changé ( merci Dalida!).

Le son est énorme,' Boum Boum Baby' met déjà tout le monde d'accord, ça va être torride.

Erika, venue en droite ligne de Leipzig: "Für mich ist Juliette Armanet eine ganz große Sängerin, die direkt an die Chanson-Tradition anknüpft."

Natürlich, Fraulein!

' Qu'importe' démarre en mode ballade à la Véronique Sanson,   en toile de fond,  tu sens des mesures disco pointer,  le tempo monte, le public bout et ondule du bassin.

A nouveau derrière les touches pour un  titre qui a beaucoup plu à Alfred Hitchcock, ' Vertigo', l'ombre de Michel Berger plane au dessus de la place.

Et alors, Saint-Brieuc, vous avez picolé un peu, vous êtes chauds, alors on danse, sans Stromae, ' L' indien',  un extrait du premier album aux touches funky,  balance sérieusement.

Le solo de guitare et le dard de saxophone font monter l'ambiance, elle se lève, refile un coup de pied magistral à son tabouret, nous la fait Jerry Lee Lewis, du coup, Deschamps envisage de la sélectionner pour le prochain match de l'équipe de France.

Pas besoin de dessin pour 'L'amour en solitaire' ,  ni pour la ballade ' Imaginer l’Amour' chantant les amours malheureuses.

Après ce travail en solitaire, les musiciens rappliquent pour entamer le morceau qui a enflammé davantage la place,  sortez les briquets, les portables, les torches,  feu à volonté, c'est ' Le dernier jour du disco'.

Difficile d'imaginer un titre plus flamboyant. 

Exhibition appréciée d' Adrian sur le sensuel ' A la Folie' qui précède le morceau ayant donné son titre au dernier album, 'Brûler le feu'.

Shit, que pasa, tu reçois un coup dans le dos, un abruti vient de traverser la foule, bière en main, en refilant des beignes à droite et à gauche,  avant de repousser une brave dame pour piquer sa place au premier rang.

Le mec qui ne sentait pas le rose, ni le jasmin, poursuit son cirque, t'étais sur le point de lui envoyer un marron pas glacé quand deux gars de la sécu, ayant suivi son manège, décide de l'extraire, sans ménagement, de l'enceinte pour qu'il puisse cuver le trop plein sans emmerder le peuple.

Juliette avait gardé ses esprits et allumé un flambeau qu'elle brandit haut dans le ciel.

' Tu me play'  et la ballade ' L'épine' , soulignée par un sax gluant,  nous conduisent vers l'apothéose ' Sauver  ma Vie'.

Minuit et demi, Juliette et ses musiciens saluent un public ravi, mission accomplie, ce concert incendiaire restera dans les annales.

Ta voisine: vous ne restez pas pour   S+C+A+R+R?

Non,  peur  des cicatrices!

 

 

Festival Art Rock- Grande Scène- Juliette Armanet- Saint-Brieuc, le 4 juin 2022
Festival Art Rock- Grande Scène- Juliette Armanet- Saint-Brieuc, le 4 juin 2022
Festival Art Rock- Grande Scène- Juliette Armanet- Saint-Brieuc, le 4 juin 2022
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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 07:00
Festival Art Rock- Scène B-  Mattiel et November Ultra  - Saint-Brieuc, le 4 juin 2022

 Festival Art Rock- Scène B-  Mattiel et November Ultra  - Saint-Brieuc, le 4 juin 2022 

michel

 

Une bière et un repas frugal avant de pénétrer dans l'aire du festival.

Fallait choisir, tu t'es dressé un menu débutant par deux concerts sur la scène B : Mattiel et November Ultra .

T'étais en avance, en passant par la Grande Scène, tu jettes un oeil et tires quelques clichés de James BKS, un collectif mené par Lee-James Edjouma, le fils de Manu Dibango.

La carte annonce une couche d'Afrobeat pimentée au hip hop et saupoudrée d'électro et de pointes de pop camerounaise. 

Sont nombreux sur scène, portant des fringues dans les tons oranges,  rouges ou blancs, l'élément le plus attrayant étant, de loin, la chanteuse Anna Kova à la belle voix soul.

Autres musiciens annoncés faisant probablement partie du line- up:  Guy Nwogang on drums,Elias Israel on the guitar, Black Kamoni on the bass,  Gracy Hopkins on vocals and  Osei Agyei and Anaelle Solet on backing vocals.

Dynamisme, vitalité et  ambiance festive sont au rendez-vous, Saint-Brieuc s'amuse.

Jette un oeil au clip de  'No Unga Bunga' pour te faire une idée.

Tu quittes la clique colorée pour te diriger vers la place adjacente où Mattiel doit se produire. 

Mattiel Brown et  Jonah Swilley, tous deux  au look  corbeaux gothiques d'une autre époque, nous viennent d'Atlanta et sévissent depuis plus de cinq ans.

Leur disco se chiffre à trois full albums et à une poignée d'EP's.

Ils achèvent une tournée ce soir avant de retrouver leur pays , au climat subtropical,  chanté par Ray Charles. 

Mattiel, une grande fille à la beauté glacée, style Carole Bouquet, chante,  Jonah joue de la guitare tout en se chargeant du programming ( batterie, basse, keys, choeurs, etc... tout est sur bandes).

Leur style: du garage, du blues rock hanté, une pointe de psychédélisme, et  une once de hard à l'ancienne, type MC5.

Comme il s'agit d'un duo mixte, évidemment des parallèles sont tracés avec les White Stripes ou The Kills, mais à l'autopsie, t'as beaucoup pensé à  Boss Hog, de Cristina Martinez et Jon Spencer.

Ils débutent par le single   “Jeff Goldblum”, t'as pas songé à Jurassic Park , ni aux dinosaures, t'étais obnubilé par l'énigmatique chanteuse et par sa voix particulière , que certains comparent à celle de  Courtney Barnett .

'Baby Brother' , er  ses accents doo-wop, sentent le sud, pas celui de Nino Ferrer, celui des United States of America.

Le voyage se poursuit avec l'imparable  ' Je ne me connais pas'  , du garage poisseux et sexy.

La playlist comprend le magnétique  'Those Words' , bourré de reverb et d'écho sur la voix, puis 'Lighthouse', truffé  de  riffs aussi gros que les vagues fouettant un phare au large d'Ouessant.

Morceau achevé, Jonah a dans l'idée de goûter à la bière bretonne, hélas, la bande a déjà entamé les premières mesures de 'Bye Bye', one, two, three , four... I'm gonna say bye bye, je ne veux plus te voir,.

 C'est du glam garage renvoyant à la belle époque de Suzy Quatro, des Runaways ou, éventuellement, des oubliées Fanny.

'You can have it all' reprend toutes les recettes rock en y ajoutant une pincée vaudou .

Toujours sur leur dernier méfait,  ‘Georgia Gothic’, voici ' How it ends' ,  tu peux bien  frapper on heaven's door,  c'est Lucifer qui risque de te faire entrer.

This is the last show of our tour, folks, thanks for coming, et elle enchaîne sur ' Blood in the Yolk' qu'elle accompagne d'une gestuelle robotique, à ses côtés Jonah continue à nous fourguer ses riffs meurtriers sans sourire.

'Baron's Sunday Best' ,  le mystérieux '  Subterranean Shut-In Blues' , 'Food for thought' aux lyrics récités , l'explosif ' Heck Fire' ,  chanté d'un timbre de mère en colère,  “Whites of Their Eyes” un blues rock aux senteurs Black Keys et ' Count your blessings', un tango blues aux accents hispanisants,  achèvent un set qui sent le soufre.

Mattiel n'est pas l'image que l'homme se fait de la fille douce et aimante, mais elle dégage une présence de femme fatale inabordable , héroïne indispensable des films noirs.

Ava Gardner est réincarnée! 

 

November Ultra

Décembre 2018: Agua Roja,

"hello darlings, here's one last rose from us to you 
it was a very hard decision to make, mainly because we love each other real hard - but this is the end of agua roja.."
Et que devient, November, la chanteuse?
Ben, elle rebondit et plus que ça, elle casse la baraque, mais tout en douceur, sous le label November Ultra.
Deux albums, déjà, le dernier, 'Bedroom Walls', des éloges de partout , en France, of course, mais aussi au UK, elle sera à Londres dans les jours qui viennent, et en Belgique, le Botanique doit l'accueillir cet automne, sur le site de la salle bruxelloise on parle de bedroom pop  réconfortante, intime et incroyablement cinématographique.
Rien que ça!
Elle apparaît, fringuée comme l' as de  colégram, même Cyndy Lauper n'aurait pas osé, à tes côtés, 
 
Jean-Paul Gaultier murmure ...elle est géniale.
Passons, on n'est pas là pour la fashion week, mais bon, j'ai transmis une photo à madame qui a questionné, c'est qui, t'as failli répondre Naomi Campbell.
 
Seule sur scène avec son attirail, Novembre, en juin, démarre son récital par 'Nostalgia' , une plage portant bien son nom.
La voix est chaude, caressante, malgré la reverb, elle donne confiance  et tu te dis... je pourrais lui confier mes gosses si l'idée me vient d'aller prendre un verre avec les potes.
Déjà t 'es conquis et ému et tu  l'aimes, car au fond de ton coeur,  il y a comme un besoin de tendresse et de  bicherie, s v p, ne le dis pas à mon boss.
Elle ouvre son coeur avec une pointe d'humour et annonce  'Miel' , qui n'est pas une interjection imagée signifiant merde, mais bien une chanson de rupture onctueuse , sans doute, mais moins que le ' Honey' de Bobby Goldsboro, sur lequel tes amis Jean- Louis et Agathe ont dansé lors de leurs épousailles, c'était avant l'arrivée de l'Euro et de toutes les nouvelles maladies.
Vive les abeilles et mort aux vaches!
Saint-Brieuc, je tiens à exhiber mon superbe T - shirt à l'effigie de Dalida  et puis je vous chante 'Thelma et Louise', une histoire qui se termine mieux que dans le film de Ridley Scott.
Je la dédie aux gens ayant un permis de conduire ( avec des points), elle s'accompagne à la guitare pour nous chanter cette ballade, qu'un jour, au paradis, on fera entendre à Mama Cass.
L'humour est omniprésent quant à  l'effet larsen, ce sont les mouettes!
On te passe les considérations culinaires, beurre doux, beurre salé et huile d'olive, tu veux en savoir plus, tu contactes Bourvil et Fernandel!
Mon pépé est âgé de 89 ans, tu peux vérifier , il est sur Tik Tok,  ' Maria de la O'  est pour lui.
Cette berceuse espagnole est entamée par de savantes vocalises, mises en boucle, ce qui donne un effet canon, avant d'obliquer vers  le chant religieux.
Profondeur et recueillement, elle nous a eus, t'as cherché tous les péchés que tu avais à expier, la liste était longue.
Moins atteinte, une voisine, peu  blâmable,  a hurlé "Woah".
C'était pas la fin mais elle a proposé ' The End', en pensant à la maxime de Robert Montgomery ,  « The people you love become ghosts inside of you and like this you keep them alive », c'était profond et juste et t'as revu tes parents, ils t'ont souri, et t'as dit merci, November, grâce à toi, je n'irai plus consulté le psy.
Après avoir séché une larme, tu l'as regardée ôter son ciré, K-way, trench, imper, vêtement de pluie,  et écouter son discours sémantique.
DM, tu sais?
Hier, un plouc m'a dit Depeche Mode, un autre, un banquier, pensait à  Deutsche Mark, c'était pas ça, sur Twitter ( pardon, c'est quoi?)  tu peux envoyer des messages vocaux en DM.
Merci, madame, vais expliquer ça à mon chat.
Bon, revenons à Panurge, voici 'I talk too much' , une chanson basée sur des faits réels, pour paraphraser un célèbre journaliste basque.
Elle reprend sa guitare, nous invite, un à un, une à une, à être son date ( "dét") et nous confesse son petit défaut , tout en nous expliquant que ce soir ce n'est pas Koh Lanta mais un dîner presque parfait. 
Tu lui as demandé de pouvoir choisir le vin, et t'es tombé en amour.
Une valse pour suivre, ' Le Manège' , you are my carousel, a dit Edith Piaf,  mais toi, tu as écouté, elle a murmuré, ..take me in your arms... t'as voulu escalader la barrière, le gars de la sécu t'as regardé d'un mauvais oeil.
T'as fermé les yeux, puis,  en rêve, tu l'as prise dans tes bras,  tu lui as susurré, t'es magnifique!
Saint- Brieuc, c'est l'heure de mon tube, ' Aïcha'.
Je vous ai eus, c'était une blague, voici 'Soft and Tender'.
Une nouvelle perle!
Je vous quitte en vous embrassant, voici ' Bedroom Walls', le titletrack du dernier disque.
Une dernière chatterie feutrée et précieuse qui clôture un récital exquis.
 
November Ultra  sera au Biches Festival ( Pays de L'Aigle) ce 12 juin.
 
 
 
 
 
Festival Art Rock- Scène B-  Mattiel et November Ultra  - Saint-Brieuc, le 4 juin 2022
Festival Art Rock- Scène B-  Mattiel et November Ultra  - Saint-Brieuc, le 4 juin 2022
Festival Art Rock- Scène B-  Mattiel et November Ultra  - Saint-Brieuc, le 4 juin 2022
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