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14 janvier 2021 4 14 /01 /janvier /2021 15:09
Album - Sapphire par Marya Stark

 Album -  Sapphire par Marya Stark

Non,  Marya Stark n'est pas la petite-fille de Mabel Stark, dompteuse de tigres, décédée après une absorption massive de barbituriques.

Tu ne dois pas la confondre avec Maria Stark, la maman de Iron Man, Marya Stark, vocalist, composer, performer, and multi-instrumentalist, discoverer of archetypes, storyteller, bard, chaser of waterfalls, and muse. naît quelque part en Arizona, fait des études de Music Therapy, après avoir apprivoisé sa voix dans le désert, elle enseigne l'art de l'écriture et du chant mais aussi dirige des ateliers de womb clearing où elle répond à toutes tes questions concernant par exemple the importance of connecting to the song of our female bodies ou how to create a psychic, spiritual, psychological boundary.

Tu l'as deviné, les chances de la voir un jour dans 'Touche pas à mon poste' sont minimes.

Vu le background mystico/thérapeutico-psychologique de la madame, tu ne dois pas t'attendre à la voir évoluer dans un domaine musical basé sur les musiques urbaines, ni dans celui de la variété prosaïque et infantile, elle a opté pour l'indie folk atmosphérique, la dream pop cosmique, l'ambient ou la new age.

Production discographique: l'album 'Remembrance' du duo  Scarlet Crow  (  Mama Crow et Marya Stark) et plusieurs enregistrements sous son nom: cinq  au rayon full albums, le Live ' The Fork in the Road' ,  ' The Garden' , Qi Songs for Crystal Kids', 'Lineage' et le dernier ' Sapphire'.

Nous ne voulons pas passer son auto-portrait sous silence: 

 
Me? 

I fancy myself a minstrel bard
with a taste for poetry that moves the heart
to open beyond its strategies of closure. 

Im a lover of elegance, the miraculous, and the ridiculous.
I have a fondness for the human voice
for its endless beauty, textures, variety,
and for the mighty resilience of the human spirit
that can be felt and heard in those perfect moments
of union
of cracking
of unbearable tenderness
where you can hear how alive everything is...
These are the moments I live for.

Also ….. I love you.
Like, the big blushing kind of love. 
The tickle you in the back of your rapturous heart kind of love.
The pet your head when your blue kind of love.
The curious to learn what really inspires you to wake in the middle of the night
and write poetry to the moon kind of love. 

Lets keep riding the rivers of this love and life together, shall we?
From my heart
to yours

Marya


A propos de Sapphire:

 

" it is a concept album about the healing symphony of the glaciers, and the message for humanity that is being released as the ice giants melt, "to thaw the frozen heart and restore balance to the waters of life".

Tu jettes tous les anti-dépresseurs et tu écoutes! 

Rose Bard Arts. label

 

 

Sapphire Album Tracklist

1. Echo:

2. Stargazer

3. In Between

4. Sapphire

5. Blood Of The Stone

6. Celestial Butterflies

7. Negra Luz

8. Baptism

9. Crystal Chambers

10. Rose Lineage

 

crédits:

 Marya Stark- Songwriter, Co-Producer, Vocals, Guitar
Joshua Penman- Producer and Arrangements
Andy Zenzack- Mixing, Engineering
Alberto Hernandez- Engineering
Cian Riordan- Mastering

Elijah Ray- Vocals (2)
Trill Lebeau- Vocals (7)
Mama Crow- Vocals (10)
Travis Puntarelli- Vocals (5, 6)
Pop The Cat- Vocals (8)

Daniel Berkman- Kora
David Brewer- Bodhran (4, 6, 10)
Benjy Wertheimer- Esraj (6, 10)
Phil Lawrence- Mandolin (7, 8)
Guillermo Laporta- Penny Whistle (3)
Joshua Penman- Percussion and Piano (5, 9)

Matt Szmela- Violin (1, 2, 5, 8, 9)
Charith Premawardhana- Violin and Viola (1, 2, 3, 5, 6, 8, 9)
Chat Katlinger- Viola (1, 2, 5, 6, 8, 9)
Lewis Patzner- Cello (1, 2, 5, 6, 8, 9)
Sascha Jacobsen- Bass (1, 2, 5, 6, 8, 9)


Mark Quinn- Percussion (1, 2, 3, 5, 8)
Dawn Richardson- Percussion (2, 9)
Andy Z- Percussion (5)
Jah Levi- Bass Drum (5)

 

Le doux ' Echo' ouvre le recueil. Mysticisme, union avec les éléments, la terre, l'eau, mais aussi les étoiles, l'âme de l'être aimé,  sont les sujets abordés, le chant éthéré et l'instrumentation précieuse ( des cordes divines)  font de la plage une ode new age à l'amour.

Tu y entends des bribes d'Enya, de Loreena McKennitt ou  de Sally Oldfield, du coup, tu as engueulé le chien du voisin qui, en aboyant rageusement, a brisé le charme.

Elle enchaîne sur ' Stargazer', un intitulé qui doit plaire aux fans de melodic metal, la poésie céleste épouse la symbolique de l'eau, tandis qu'un violon frivole frôle les astres.

L'empyrée est peuplé de créatures féériques, tu crois avoir vu  Clochette danser avec Peter Pan, plus jamais tu ne  redescendras sur terre, c'est magique là-haut !

Aux amateurs d'allégories immatérielles nous conseillons 'In between' , un chant sacré,  illustré de choeurs séraphiques et de percussions débonnaires. 

C'est le kora de Daniel Berkman qui éclabousse de lumière la pierre précieuse.' Sapphire' brille de mille éclats pour te transporter dans un univers cotonneux et tiède, qui réussira à faire fondre la glace qui avait endurci ton coeur, pour l'ouvrir à l'amour.

 Ça y est, tu flottes dans le cosmos et  conceptualises les 14 livres traitant de la métaphysique, élaborés par Aristote,... et merde à Descartes!

Les pierres ont-elles un coeur, et de quelle couleur est le sang coulant dans leurs veines, ' Blood of the Stone' ne répondra pas à tes questions, mais va te transporter, une fois de plus, dans un environnement ouaté où tous les phantasmes deviennent réalité.

Les arrangements mitonnés par  Joshua Penman frisent la perfection, des cascades de violons, des percussions avisées, un piano apaisant et un choeur pénétrant, vont te donner l'occasion d'apercevoir la buse à queue rousse voltiger au dessus de rochers couverts de poussière, tu pourras t'abreuver au calice de la sagesse et quitter le désert dans un état de pureté, ayant disparu depuis  le péché originel.

Toujours en apesanteur,  tu  onduleras entouré de "Celestial Butterflies” et tu repenseras avec nostalgie à la grande époque du British pastoral folk, ayant enfanté de groupes aussi délicats que Gryphon, Amazing Blondel, Fotheringay ou Tir Na Nog. 

Chanté en espagnol pour faire plaisir au rossignol anglais de Hugues Aufray, 'Negra Luz'  baigne dans une lumière mystique, accentuée par les sonorités, d'une douceur angélique,  d'un idiophone manipulé avec grâce .

' Baptism' traite du  thème de l'enfantement en utilisant moult métaphores et paraboles qui auraient probablement plu à  Carl Gustav Jung. 

L'approche instrumentale du morceau associe Marya Stark à des artistes  Neofolk tels que les Finlandais de  Nest,  Eurielle,  la cigale Du Yorkshire, ou l'hypnotique irano-néerlandaise, Sevdaliza. 

' Crystal Chambers' fait plus de sept minutes. Chambers, mais oui, ' chamber music' tenant un propos actuel... the waters are rising.. elles ont rempli à ras bord  le puits Chalice.

Personne ne les a vues venir, elles montaient lentement, insensiblement, il a fallu des siècles pour comprendre que les eaux allaient tout inonder,, comme pour la Valse Triste de Sibelius, le lyrisme est ici à son apogée, lenteur solennelle et beauté s'unissent pour constituer un poème symphonique élégiaque.

'Crystal Chambers' se fond dans la dernière plage de l'album, 'Rose Lineage' une prière amorcée en forme de raga traditionnel, par la grâce de l'esraj (  une vielle des Indes) joué par Benjy Wertheimer .

Mama Crow rejoint Marya Stark aux vocaux célestes.

Après avoir réécouté le morceau, tu es entré en contact avec Air France, tu t'es procuré un ticket pour le prochain vol Paris- Delhi ( 598€ ), tu iras te baigner dans le Yamuna  si la température le permet, et le soir, dans ta chambre chez l'habitant, tu glisseras  'Sapphire'  enregistré sur clé USB dans le Micro baladeur MP3.

 

  

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12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 14:50
Album - The Druids of Stonehenge - Resurrection

 Album - The Druids of Stonehenge - Resurrection

New York, 1965 , des gamins ( moyenne d'âge 17 ans) forment The Druids, ils se nomment  Dave Budge on lead vocals, Carl Hauser et Billy Tracy - guitars, Tim Workman - bass, et Steve Tindall  drums.

On les fourre dans un studio à Manhattan, les gosses  enregistrent une flopée de titres, rien que des covers de gens respectables ( Bo Diddley, Screamin Jay Hawkins, Ben E King...), ces sessions ne se retrouvent pas sur disque à l'époque, le label Sundazed les publient en 2013.

Au cours d'histoire, on leur cause de Stonehenge, le  monument mégalithique de type sarsen , et de la théorie selon laquelle des druides auraient érigé l'alignement, qui devient donc un temple pour certains historiens n'ayant pas peur des hypothèses farfelues.

En fan des groupes anglais ayant viré psychédélique en ces temps ( pas ceux de la préhistoire, fieu, les mid -sixties) ils rebaptisent le groupe en The Druids of Stonehenge et dans la foulée élaborent l'album 'Creation' ;

Chéris-le si tu possèdes le vinyle, c'est une rareté, les ventes par contre n'ont jamais décollé, pourtant ce bel exemplaire de garage psychédélique contient quelques pépites!

1969, les druides se suicident, l'aventure expire.

2017, David Budge lors d'une crise de nostalgie, décide de reformer la clique des prêtres celtes,  il contacte Carl Hauser et Billy Cross, un guitariste ayant été membre du band de Bob Dylan de 1977 à 1979, et c'est reparti pour un tour de manège.

Le trio sort un album, ' Resurrection', qui n'est paru que chez l'Oncle Sam et l' Uncle Ben's qui vient de changer d'identité pour d'obscures raisons, Skyfire Records a eu l'excellente idée de proposer a re-issue de l'objet ( only blues covers)  désormais disponible dans notre vieille Europe.

Tracks-


1 Strong Man Holler
2 Shotgun Blues
3 Just to Be with You
4 Nobody's Fault But Mine
5 She's Got My Nose Open
6 Superstitious Blues
7 What a Woman (Commit a Crime)
8 Jumper on the Line
9 Born to Die
10 Hellhound

Credits-

 
David Budge on vocals, Billy Cross on lead guitar, CJ Hauser on bass, Roger Kahn on drums and Magic Kramer on organ/keys.    Sometimes Hauser or Magic Kramer switches to rhythm or acoustic guitar, Deborah Dobkin is on percussion and backing vocals vary with band members and Maria “MJ” Hauser.  Milt Reder appears on guitar and Esben Just appears once on keys, too.

 

 "Strong Man Holler" est de la plume de Taj Mahal et s'entend sur l'album de 2008, ' Maestro', le fils de Muddy Waters, Big Bill Morganfield, a lui aussi enregistré ce blues sentant le Mississippi à plein nez.

La version des Druides, bourrée de slide meurtrière et chantée d'un timbre de baryton semblant surgir d'une grotte préhistorique, ne fait pas honte à l'original.

Du blues comme on l'aime.

' Shotgun blues' , non, il ne s'agit pas du morceau vindicatif élucubré par Axl Rose mais bien du classique, né de la plume de Lightnin' Hopkins , un  blues syncopé convenant particulièrement au timbre grognon et passablement déformé de Mr Budge.

Quant au thème, il est similaire à celui du fameux 'Hey Joe', magnifié par Jimi Hendrix.

C'est con mais en ces temps où les femmes manifestent, à raison, contre les féminicides, ce titre risque de ne pas plaire aux membres du collectif  #NousToutes
Par contre les guitares huileuses peuvent séduire les amateurs de Kenny Wayne Shepherd, Dr Feelgood, ou de B B King , ils ont tous repris ce manifeste à leur répertoire.

The song 'Just to Be with You' was written by Bernard Roth and was first recorded and released by Muddy Waters in 1956....  d'autres bluesmen légendaires l'ont enregistrée, Magic Slim, le Butterfield Bluesband, les Blasters, e a...

Une introduction à l'acoustique avec en sourdine une slide qui pleure, précède le chant décontracté du leader, dont les intonations évoquent  le délirant Screamin' Jay Hawkins. 

Après ce slowblues vient 'Nobody's Fault But Mine' ( Blind Willie Johnson), les New-Yorkais optent pour une mise en bouche au piano à la Leon Russell, une voix décomplexée et des choeurs féminins en mode gospel.

 

Fats qui passait dans le coin s'est mis à siffloter avant de lancer ... Nice.
 
Une slide acoustique des plus élégantes amorce 'She’s Got My Nose Open', titre qui a été enregistré en 1957 par “Tye Tongue” Hanley, le groupe a voulu interpréter le morceau à la manière de James Cotton, qui a volontairement ralenti le tempo, les Druids ont voulu insister sur le côté ironique des lyrics, avec en backing des choeurs masculins divertissants.
 
' Superstitious Blues' est attribué à Willie Dixon, le titre, un slow blues,  a été enregistré sous l'intitulé "I Ain't Superstitious" par Howlin Wolf en 1961. 
Willie Dixon avoue s'être inspiré de Lonnie Johnson, de Bessie Jackson, Hattie Burleson et Washboard Sam pour la confection.
 
Avec en arrière-plan des percussions latino, cette rumba doit beaucoup au jeu de guitare, sous influence Santana, un piano cubain s'invitant au passage pour intensifier le côté cigares et filles bien roulées.
 
Euh, gaffe aux chats noirs, et évite de passer le balai à la tombée de la nuit! 
 
 ' What A Woman! (AKA Commit A Crime)' de  Howlin' Wolf  vient ensuite.
Tu les connais les histoires malheureuses des poor bluesmen et de leurs nanas, capables de les empoisonner, ou de quitter le foyer en emportant tout, sauf les factures.. tu peux  facilement comprendre les idées assassines traversant le cerveau de ces innocentes victimes de la fourberie féminine.
Piano sautillant, guitare scintillante et rythmique groovy, si ça balance pas mal à Paris, c'est encore dix fois mieux du côté des pierres suspendues. 
' Jumper on the line' de RL Burnside reçoit un traitement cool, à la JJ Cale,  tout en  adoptant la manière de chanter de Mick Jagger.
 
Blind Willie McTell tient à bous rappeler que nous sommes nés pour crever, 'Born to Die'. 
Pour que l'issue fatale n'arrive pas trop vite, les Druids nous la jouent au ralenti, en confessant s'être basé sur 'You Got to Move' dans la version des Stones.
 
'Hellhound' ( on my trail)  de  Robert Johnson nous mène au terme du trip.
Putain de mauvais sort, ce chien maudit m'a flanqué les boules.
Quand le Delta Blues rencontre les esprits Voodoo, ça fait des étincelles, remember ' Sympathy for the Devil'  de Mick Jagger/ Keith Richards.
Ici, encore, la voix du leader impressionne, au croisement de celle, raspy à souhait,  de John Fogerty  et du timbre déjà mentionné de l'habité Screamin' Jay Hawkins.
 
Si cet album est souvent considéré comme un exercice de style joué par des revenants, il n'en reste pas  moins un fameux hommage au blues.
 
Aux dernières nouvelles les Druids of Stonehenge doivent sortir un nouvel album ( with original songs),  'American Ghosts', dans le courant de cette année.

 

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10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 17:55
Album - When You Found Me - Lucero

 Album - When You Found Me - Lucero

 

par NoPo 

 

label -  Liberty and Lament

La jolie couverture chatoyante présente une cité futuriste sur fond de planète claire (marron) embrasée par des faisceaux de vaisseaux spatiaux ou de projecteurs.
Un croissant de lune brille dans un coin et des traces de météorites zèbrent un ciel étoilé.
Au 1er plan, un ensemble de bâtiments striés de blanc se serrent côte à côte en différentes formes modernes, une ville lumière en ébullition.
Le patronyme du groupe, marqué d'une police blanche empâtée, s'assoit au dessus du dessin, prolongé par un trait de la même couleur qui souligne le titre orangé de l'album.Très bel équilibre pour un décor de science fiction associé à 'LUCERO', étoile brillante en espagnol.  Tout concorde même l'avion!

On peut dire que la formation (originaire de Memphis -Tennessee-) entre déjà dans un âge canonique. Après 23 ans d'existence, elle révèle cette année impaire son 14è album (pour gagner vaut mieux pas rester sur 13 disait Vendredi!). Leur projet musical mélange, à la base, punk et country (du punktry en quelque sorte).

Matt Ross-Spang enregistre leurs dernières créations (élaborées dans une atmosphère covidée) à Memphis. La pièce sonore tourne parfaitement rond et compte 10 titres (pas besoin de rendre la monnaie).
Ben Nichols pousse la chanson d'une voix nasillarde et un peu monotone qui, sans un air de tourterelle, roule cool.
L'écriture s'inspire principalement de sa famille avec des amorces de petits contes, à chair de poule, destinés à sa fille de 4 ans.
Les synthés (chauds comme dans le chaudron de l'ASSE et joués par Rick Steff-anois, normal!) vintages et les guitares affutées transcendent les compositions.
Les racines sont à chercher dans les années 80 mais plutôt sous influences américaines à la feu (et tout flamme) Warren Zevon voire à l'épique 'Born in the USA' de Springsteen.

'Have you lost your way' balance un superbe riff simplissime, tapissé de nappes de clavier, et de volutes d'une seconde guitare.
Le titre donne l'impression de ne jamais vraiment démarrer et de ce fait, il maintient une certaine tension de bout en bout.
La voix se laisse ensuite porter dans une montée jubilatoire provoquée par la rythmique puissante, saupoudrée de quelques notes de piano ou de fulgurances de guitare.
Une belle ambiance pour un périple de gamine menacée par une présence maléfique indéfinie. Etonnant cette ambivalence entre force rock et puérilité!

'Outrun the moon' transpercé par un riff excitant, s'élance dans une cadence qui donne une envie de danse. La mélodie tamponne agréablement le fond des oreilles.
On kiffe le solo de guitare tonique et enjoué de Brian Venable. Le flirt (kiff kiff) durable guitare claviers réjouit l'épiderme. L' histoire se répète avec une petite fille qui doit se défendre de méchants...

'Coffin nails' surprend par des accords de guitare en balade et une voix trainante sur un tempo moins entrainant que précédemment. Steff sème quelques graines au piano et ça pousse avec majesté.
Les paroles de Ben relatent une histoire de son grand-père au sujet de la mort de son propre père (vous suivez?).

'Pull me close don't let go' s'accroche à notre branche sensible et ne la lâche plus. Le cheminement rectiligne du titre se fait dans une grande douceur apaisante (des airs de 'My hometown' du boss).
La litanie toute simple (venant de paroles répétées le soir par la fille de Ben) déclenche un effet addictif lié aux arrangements chaleureux où seul le clavier s'échappe par un beau solo, orné de nuances au piano.

'Good as gone' enfle dans un rythme basse/batterie aguichant, parfois taquiné par un piano délicat. La guitare gratouille en entrée puis, virevoltante, prend de l'ampleur sur le refrain plus soutenu et lyrique.
Le sujet demeure, à nouveau, identique à 'Outrun moon' ou à la piste d'ouverture (jamais 2 sans 3), on ne s'y perd pas.

Un arpège de guitare acoustique ouvre grand la porte à 'All my life'. Chaque couplet ressemble à une intro alors que le refrain monte d'un ton avec tous les instruments en osmose joyeuse.
Il s'agit d'une sobre chanson d'amour d'une spontanéité désarmante.

Dans 'The match' ce sont orgue et guitare sèche qui humidifient les yeux d'emblée. Une fois de plus, on se laisse séduire avec plaisir par cette chanson qui parle d'un rêve ivrogne d'ensorcellement.
Le refrain rejette la faute sur le whisky et la religion...

'Back in Ohio' me fait immanquablement penser à Bruce Springsteen. L'orchestration se pique au E.Street Band, même le saxo claironne.
A l'instar du patron, le costume aime les références aux USA, les villes et les états ... d'âme aussi. Ici, un idéaliste part faire la révolution et la bascule à Cuba.

La guitare reste la boussole de LUCERO, ici, elle dirige les musiciens dans une ville en feu ('A city on fire') et au milieu d'une nuée de poussières.
La voix, bien orientée et sans stress, me fait penser à Graham Parker.
Un outro commence dès les 2 tiers de la plage. Sous une pluie de débris comme autant de notes éparpillées au piano, on prend les coups de massue de la batterie overdubée.
La guitare nous entraine vers une issue par un dernier tunnel gimmick au clavier.

Les arpèges de 'When you found me', nostalgiques, chatouillent les entrailles. Le piano glisse et le clavier joue du violon sur des mots d'amour (destinés à la femme et la fille de Ben) pleins de métaphores...
Une douceur qui vient en signature au bout de l'album.

Tous ces titres deviennent particulièrement attachants au fil des écoutes. D'habitude, c'est le propre d'oeuvres complexes qu'on découvre petit à petit.
Ici, c'est l'inverse, on sent des musiciens impliqués, jouant simplement, sur la même longueur d'ondes, sans côté démonstratif mais avec maîtrise.
Dans une belle cohésion (pourtant chacun a performé de son côté), l'interprétation, relevée par un feeling remarquable, s'exprime par une superbe suite musicale.


Line up
Ben Nichols chant
Brian Venable guitares
Rick Steff claviers
John C. Stubblefield basse
Roy Berry batterie

Tracklist
1. Have You Lost Your Way?
2. Outrun The Moon
3. Coffin Nails
4. Pull Me Close, Don’t Let Go
5. Good As Gone
6. All My Life
7. Good As Gone
8. Back in Ohio
9. A City on Fire
10: When You Found Me

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9 janvier 2021 6 09 /01 /janvier /2021 11:05
The Highway Women - EP The Highway

 The Highway Women - EP The Highway

 

Rien qu'à l'examen du nom du groupe tu as pigé qu'il s'agira de country, le matronyme  renvoie aux fameux Highwaymen, le supergroupe éphémère comprenant  Johnny Cash, Waylon Jennings, Willie Nelson, et Kris Kristofferson.

Nos women à l'aise sur l'autopiste ne sont pas les premières à s'inspirer des outlaws du troisième âge, il y a également les Highwomen, an all-female supergroup comprenant  Brandi Carlile, Natalie Hemby, Maren Morris, et Amanda Shire ayant enregistré un album ,  Highwomen,  en 2019.

Les Highway Women dont il est question, s'avèrent être la seconde mouture d'une squadra formée en 2016, aussi, quand on nous affirme que fin 2020 le combo a engendré un debut EP, c'est trahir la vérité, les premières bouffeuses de macadam,  Abbi Scott, KK Bodiford, Riki Knox et Courtney Lynn, ont pondu l'album 'Highwayman' en décembre 2016.

Abbi est devenue esthéticienne mais continue une carrière solo de country singer.

Que s'est-il passé avec les autres, K  K se retrouve dans le duo 'Highway Sisters' ( si, si), Riki Knox travaille en solo, elle vient de sortir un album, même topo pour Coutney.

En 2017, Jill Pavel, qui avait de petites économies, rachète le label qui avait sorti le disque des nanas et par la même occasion, le contrat.

Elle s'active pour remodeler le band de fond en combles, les nouvelles Highway Women sont adoptées dans l'écurie Heart Songs Records, elles s'activent, se produisent sur scène, enregistrent des singles et tout récemment sortent l'EP 'The Highway', comprenant majoritairement des chansons déjà gravées auparavant.

Tu dis?

L'identité des nouvelles cowgirls?

En décembre 2019 :  Kristen Kae, Drew Haley, Heather Harper et  Amanda Pruitt.

Août 2020: Drew Haley, Heather  Harper, Kristen Kae et Bailey James.

En décembre 2020: Kristen Kae, Drew Haley, Jess Paige, et Bailey James.

T'as remarqué que certaines filles ne font pas long feu au sein de la formation,  Heather Harper fait cavalière solo, elle avait déjà pondu 'Stronger' en 2018 et Amanda Pruitt has  recently signed with Tate Music Group, en 2017 elle avait gravé l'album 'Strong'.

On ajoutera que chaque associé développe une carrière solo, parallèlement au travail collectif.

Non, Sandra Kim, n'a jamais fait partie de la clique!

 

Tracks-

The Highway ( featuring  Abby Reign, Brooke Barry, Lola Menthol and Bonnie Dymondà

Stand Up and Fight

Shake the Dust

God Made me Right 

The Devil

Comme les titres réunis sur la rondelle ont été collectés sur une période de plus d'un an, les six filles se retrouvent créditées, pas toutes sur les mêmes morceaux.

T'espérais une pochette avec les détails, elle n'existe pas de ce côté des océans, on nous signale que 'Shake the Dust' a été  produit par  Larry Beaird – Beaird Music Group Nashville and Heart Songs Records -  the song features musicians Grady Saxman (Drums), Eli Beaird (Bass), J.T. Corenflos (Electric Guitar), Mike Rojas (Piano), Scotty Sanders (Steel) and Larry Beaird (Acoustic), elle est  chantée par Amanda Pruitt, Kristen Kae, Drew Haley and Heather Harper. 

 

En voiture, attachez vos ceintures.. look out world here we come.. pas plus de 70 miles an hour on the freeway, rien à foutre, le country rock  ' The Highway' remue sérieusement, la conductrice maintient le pied sur le champignon, les paysages ruraux défilent, les vaches ont le sourire, le sheriff, non pas Omar, qui avalait une Bud sur le bas-côté de la route, a bien vu une Chevrolet filer à grande allure, il n'a pas eu le temps de réagir.

Les filles ont invité Abby Reign, Brooke Barry, Lola Menthol and Bonnie Dymond , des chanteuses toutes membres de la communauté Be a Highway Woman ( built on empowering and supporting all female music artists) à participer aux backings, du coup ce titre dégage une énergie, féminine, folle!

Les fans de ' Go your own way' de Fleetwood Mac ont adoré.

PS- on a appris ceci, on le rapporte- The song was written by Kristen Kae, Dallas Duff, and Bonnie Dymond, who also served as the track’s producer and mix engineer. Jill Pavel, owner of Heart Songs Records is the Executive Producer.

Lève-toi et marche avait dit le sauveur au paralytique en sortant de la piscine, message différent pour les nanas, 'Stand Up and Fight' , non, elles n'étaient pas au Capitole, le morceau date de  2019.

A song  written by Sean Gasaway (Bluewater Music Publishing), 2Steel Girls and  Buffy Lawson, elle est chantée à pleins poumons et enjolivée par des harmonies pas bidon, sans oublier des riffs de guitare meurtriers.

Here we go, girls, yeah, yeah... bottes de cuir, veste en daim à franges, Wrangler denim rapiécé, Stetson,  mains sur les hanches et un air hautain signifiant, viens connard, même pas peur, tu vas ramasser un coup de pied dans les parties sensibles. 

Elles sont plus sexy que Calamity Jane et affichent un calibre Brigitte Bardot/ Jeanne Moreau dans ' Viva Maria', tous aux abris!

On se calme ( relativement) avec ' Shake the Dust', une composition d' Amanda Pruitt et de l'
Americana/Alt. Country artist and songwriter Davis Corley.

Si Amanda n'avait pas eu la vocation de devenir country singer, elle aurait pu ambitionner une carrière ecclésiastique, elle vous aurait lu un verset de Matthieu ...  Lorsqu'on ne vous recevra pas et qu'on n'écoutera pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville et secouez la poussière de vos pieds.... et puis tu iras voir si  the grass  is greener on the other side...

Solide travail de Scotty Sanders à la steel et de J.T. Corenflos à la gratte, ici encore les voix sont époustouflantes.

Nouvel hymne à la femme,  "God Made Me Right” ( written and produced by Justine Blazer), est devenu le credo de toute la gent féminine du Texas, du Tennessee, du Kentucky, de l'Alabama, de l'Arkansas, du Missouri et d'ailleurs dans les States.

Quoi?

Non, Donald et les Proud Boys ne sont pas fans, nous on adore ce violon et ce refrain coup de poing.

Well done, chicks.

Quoi, encore?

Chicks est péjoratif, d'accord, biquette, mademoiselles, ça te convient?

Le peu démoniaque 'The Devil' est le titre le plus ancien repris pour cette collection, il date de 2018, et a été composé par Cory Singer.

  Jennifer Ford (Army Veteran, East Texas), Karissa Ella (Nashville, TN) and Sara Ann Garrison (Lewes, DE) sont créditées au chant .

L'ex-militaire, Jenn Ford tourne dorénavant avec The Wide Eyed Devils, Karissa Ella a sorti le single ' Girls' cet été , Sara Ann a repris une carrière solo, son dernier EP, 'Livin a dream' date de 2017.

Chouette EP, de belles voix, une question, toutefois, qui seront les prochaines Highway Women?

 

Tentez votre chance, mesdames, c'est plus exaltant d'être une chanteuse country que de passer chez Nagui ou Hounanou, et tu verras du pays!

 

 

 

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7 janvier 2021 4 07 /01 /janvier /2021 10:15
EP DYИAH par Dynah

 EP DYИAH par Dynah

Hello,  je voulais vous faire découvrir, DYNAH, une artiste pop francophone de talent dont le premier EP est sorti en novembre 2020.

Pouvez-vous informer vos lecteurs?

Why not...

  Label : Finalistes

Dynah?

Ce Y intrigue, tu connais pas mal de Dinah, la plus connue étant Dinah Washington, il y a Dinah Jane qui était une des chanteuses du girl group Fifth Harmony, on nous dit que Dynah est une variante du prénom d'origine hébraïque, sinon pour 129€ tu peux te procurer des Dynah baskets ( pour femmes), très tendance,  en cuir et textile, elles arrachent....

On nous dit ( encore) que DYИAH  est le premier jet musical de Dynah mais que la madame a un passé, que sous son identité officielle, Melody Linhart, elle a fait pas mal de trucs.

Un futé nous signale qu'elle assurait les choeurs sur le délicieux ' Sexy Cool' de Philippe Katerine.

Elle fait partie de Ommm, a vocal and human beatbox group et de Bogart, groupe proposant
 un univers blues / folk inspiré par Tom Waits, Marilyn Monroe et Django Reinhardt.

Comme les chromosomes de la jeune femme  sont à la fois français et britanniques, elle enregistre sous son nom l'album 'Now or Never' , chanté dans la langue de ceux ayant quitté l'Europe, c'était en 2017.

En 2020, elle dépose son fusil sur l'autre épaule, tourne le dos au jazz et au blues pour se lancer dans l'électro pop à la sauce hexagonale et voici ' DYИAH'.

 tracks-

 

1.
C'est moi qui choisis 03:26
2.
Comme une idole 03:55
paroles
acheter la piste
3.
Origami 03:34
4.
Page blanche 03:25
5.
Loin de toi 02:52
6.
Tout là-haut 02:46

 

 

Crédits:

 Ecrit et composé par Melody Linhart, avec Nicolas Gueguen (1,3,5), Martin Chourrout (2,4,6), Simon Beaudoux (2), et Manon Iattoni (1).
Produit par Nicolas Gueguen (1,3,5) et Martin Chourrout (2,4,6).
Enregistré au Studio Kromatik (Paris) par Nicolas Gueguen (1,3,5) et au Studio Interference (Paris) par Martin Chourrout (2,4,6).
Mixé par Laurent Dupuy à Dean Street Studio (Londres).
Masterisé par Square Mastering (Paris).

Melody Linhart : chant
Nicolas Gueguen : programmation, claviers (1,3,5)
Martin Chourrout : programmation, claviers, guitare (2,4,6)
David Sultan : basse (2,4,6)
Sébastien Levanneur : basse (3)  
Manon Iattoni : chœurs (1)
Simon Beaudoux : choeurs (2)

Photos et design : Pierrick Guidou
Edition : Musigamy, Finalistes et Kromatik 

Il est loin le temps où tu allais au resto avec ta compagne et où tu passais commande pour deux, le vin, le menu, l'apéro et le dessert, tu décidais, désormais les filles ne se laissent plus asservir et prennent la parole, ' C'est moi qui choisis'.

T'es pas content, mec, au revoir, tire-toi, vite fait!

Le tout chanté, parfois susurré à la manière d'Angèle, sur toile lumineuse aux teintes  scintillantes; De la French synth-pop,  posées sur des beats entêtants.

Les Yelle, Laure Briard, Le Couleur, Elia Rose, L'Impératrice, The Pirouettes et tutti quanti ont trouvé une concurrente, ça se bouscule de plus en plus  au portillon étroit de la gloire. 

Au confessionnal: "Je m'aime comme je respire!

En overdose de moi-même, je m'héroïse dans les veines."

Pas d'autres péchés, mademoiselle?

Je veux prendre la place de Johnny, devenir l'idole des djeuns!

' Comme une idole' va faire un malheur dans les boîtes quand Castex et Manu Premier auront l'obligeance de lever l'interdiction d'ouverture des discothèques.

Un geste, Messieurs, Dynah veut faire danser la France!

Et Vive la Fête, ajoutent les Flamands!

Régine n'y avait pas songé, elle connaissait le papier chiffon, le papier velours, le papier doré, le papier machine, le papier buvard, elle n'a jamais mentionné l'' Origami'.

Dynah, si, mais elle se refuse à plier sous tes doigts, comme dans le premier titre, madame tient à affirmer sa personnalité, tu veux la modeler, pas de bol, ça marchera pas, achète-toi de la plasticine, moi, je danse! 

Non, Dynah ne souffre pas du  syndrome de la 'Page Blanche', elle n'est pas à la merci d'un éditeur casse-bonbon, tout ce qu'elle veut c'est une seconde chance.

Je balaye tout, la Page est Blanche, je repars à zéro mais pas sans expérience.

Excellent boulot de Martin Chourrout à la programmation.

On nous souffle Clara Luciani, certes, mais pourquoi pas Aloïse Sauvage ou Vendredi sur Mer , cette nouvelle Nouvelle Vague déferle comme un tsunami sur le paysage pop français. 

Il y a l'amour et l'après amour, la rupture, faut se reconstruire 'Loin de toi' est le morceau le plus  tourmenté et le moins dansant de l'album,  pas une raison de le bouder, les arrangements, les choeurs hantés, la lenteur triste en font une petite perle proche du trip hop. 

Pour remonter la pente et aussi terminer le voyage, elle nous invite ' Tout là-haut' pour chanter ses incertitudes, ses tâtonnements amoureux, en faisant appel à un électro élégant, bouillonnant, rythmant les battements de son coeur.

 

Cette petite phrase est cucul mais tu vas la glisser à ta compagne cette nuit, au lit, tu as plein de conneries à te faire pardonner...  Quand tu es là le ciel a un vrai goût de miel...

Bonne route, Dynah, sympa ton EP!

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5 janvier 2021 2 05 /01 /janvier /2021 15:38
Lissie - EP - Thank You To The Flowers

Lissie - EP - Thank You To The Flowers

 

Message - Lissie has released her gorgeous brand new covers EP Thank You To The Flowers via Cooking Vinyl. 

Lissie, tu en avais gardé un excellent souvenir suite à son passage à l'Ancienne Belgique, c'était il y a plus de dix ans. 

A l'époque sa disco comptait deux EP's et un album, 'Catching a Tiger', plébiscité, e a,  en Norvège.

Aujourd'hui Miss Elisabeth Corrin Maurus, aka Lissie, a quatre full Cd's à son actif + deux Live et deux compil et une flopée d'EP's, le dernier uniquement composé de reprises de morceaux gravés par des ladies.

Le cinéma aime la singer-songwriter de l'Illinois, de Mike Bigelow à Robert Luketic en passant par Daniel Barnz ou les Farrelly Brothers et Matt Johnson, ils sont nombreux à avoir utilisé l'une de ses chansons pour l'inclure dans une B O.

En 2010, tu n'étais pas le seul à avoir été ébloui, tu lui prédisais une belle carrière, depuis tu envisages de remplacer Nostradamus.

En parlant du récent EP, Lissie  s'épanche: la pandémie l'énerve, la politique aussi ( Trump n'avait pas encore perdu les élections), pour passer le temps elle contemple les fleurs du jardin qu'elle associe à la féminité, du coup elle décide d'enregistrer un EP de covers....  it felt appropriate to celebrate these women whose words and  melodies have been a safe place for me to rest in, a garden of beauty and  resilience, ces dames sont: Martha Wainwright, Miley Cyrus, Paula Cole, Lana Del Rey et Sinead O’Connor.

Lissie aime reprendre d'autres artistes, après Lady Gaga ' Bad Romance', elle  a emprunté ' Go your own way' ou' Dreams' à Fleetwood Mac, ' Nothing Else Matters' à Metallica ou ' Pursuit of Happiness' à Kid Cudi.

Un EP précédent de cover songs avait atterri dans les bacs en 2011, '   Covered Up with Flowers', les fleurs sont toujours au rendez-vous, la dernière production s'intitule donc: Thank you for the Flowers/

 

Tracks:

 

1. Bloody Mother Fucking Asshole (Martha Wainright)

2. Wrecking Ball (Miley Cyrus)

3. Where Have All The Cowboys Gone? (Paula Cole)

4. Change (Lana Del Rey)

5. Nothing Compares 2 U (Sinead O’Connor / Prince)

Musicians?

Cela devient une bien mauvaise habitude des firmes de disques ou des agences de promotion, ils omettent de les citer, maudits soient ces gens!

La seule information dont on dispose, après des fouilles laborieuses, ce sont les noms des gens accompagnant la fermière de l'Iowa sur scène: drummer  Luke Anderson, keyboardist Dayton Brock, bassist Justin Blair and guitarist Peter Sieve. 

Toni Lindgren  ( guitar)  et  Megan Mahoney ( bass)  sont également mentionnés, rien ne garantit que cette fine équipe se trouvait dans les studios d'enregistrement!

Comme Lissie, tu es un grand fan de la soeur de Rufus et fille de Loudon Wainwright III, Martha Wainwright, ce n'est pas n'importe qui, tu as failli la demander en mariage après un concert à Koekelberg, pas de bol, pas moyen d'ôter ta foutue alliance fixée sur l'annulaire.

'Bloody Mother Fucking Asshole' est un grand morceau, qui te refile la chair de poule, la version proposée par Lissie secoue et vient remuer tes tripes. Quelle voix,  maîtrisée, profonde, passant de la douceur à la fureur, la dame expulse toute la rage amassée dans ses poumons.

T'es déjà conquis, la suite ne va pas décevoir, ' Wrecking Ball' , le titre  de la fille sulfureuse de Billy Ray Cyrus, semble avoir été écrit pour Lissie.

Cette nana est incroyable, refile lui un annuaire téléphonique ( difficile à dénicher de nos jours), demande-lui de chanter toutes les pages commençant par la lettre Q, elle  va te refiler des petits boutons sur l'épiderme de l' avant-bras! 

Tu rejoins, Shawn, un pas rasé affirmant: everything Lissie touches turns to gold!

En 1997, la singer-songwriter Paula Cole place 'Where Have All The Cowboys Gone?' dans le top ten des US charts. Lissie s'approprie  cette romance country ironique, qui à l'époque a décontenancé les fans de John Wayne et autres Western heroes,  pour en faire un petit  bijou minimaliste.

Plus étonnante est la reprise lumineuse de 'Change' une plage que Lana Del Rey avait insérée dans son album de 2017, 'Lust for Life'.

Si Lana a construit ' Change' sur fond de piano sur lequel elle écussonne une voix tremblante, voire gémissante, Lissie opte pour une guitare aux teintes Chris Isaak  et un ton moins dramatique, elle  transforme le lament en chant d'espoir.

On croyait qu'après l'original de Prince et la cover magistrale de Sinead O’Connor, tout avait été dit à propos de 'Nothing Compares 2 U' , Lissie en propose une autre lecture, moins théâtrale mais tout aussi prenante.

Des guitares bourrées de reverb, des touches célestes et des voix hantées en background, transforment le titre en pièce imparable.

Elle a osé s'attaquer à ce qui semblait hors d'atteinte, elle a gagné son pari!

 

Du grand Lissie, worth a listen! 

 

 

 

 

 

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4 janvier 2021 1 04 /01 /janvier /2021 13:28
Album - Matthew Sweet - Catspaw

Album - Matthew Sweet - Catspaw

 

par NoPo

 

label:  Omnivore Recordings

 

 'Power pop legend' dit le dossier de presse. Je me presse de rattraper mon retard, ma mémoire joue la passoire...
Malgré son nom, il ne fait pas partie du groupe SWEET (dont les musiciens auraient pu être frères autant que les Ramones!), alors qui?
Originaire du Nebraska (célébré à sa manière, pas des plus réjouissantes, par Springsteen), Matthew fréquente la scène musicale d'Athens, en Géorgie, où il collabore avec Mickael Stipe (chanteur de REM) dans les années 80.
Il se fait connaître notamment par 2 singles 'Girlfriend'(91) et 'Sick of me'(95) avec un palmarès dans les classements américains.
Dans les années 2000, il enregistre 3 albums de reprises ('Under the covers') avec La Susanna Hoffs des Bangles; puis il revient à ses racines au Nebraska en 2013.
Sort en 2021 son 15è album solo, pas rien! Légende, je ne sais pas, vétéran plein d'expériences ... certainement!
'Catspaw' correspond à une patte de chat (mais aussi à se faire entuber, au figuré... ça peut faire mal!).
Comme explication, Matthew relate un épisode de Star Trek avec un méchant chat géant. Chacun ses goûts, chez Ultra Vomit, c'est un chien!. L'album paraît chez 'Omnivore recordings', ça s'invente pas!

Sur la pochette à fond noir, pas de papatte mais un gros plan sur une tête de chat ... noir (mauvais augure!).
L'animal, de profil, ouvre grand la gueule en montrant ses dents acérées et sa langue rose gourmande. Au milieu, le nom de l'auteur et de l'album apparaissent en blanc.
Félin pour l'autre, Matthew miaulerait-il? Cha se saurait, cha s'entend pas!
Sa voix claire, puissante et légèrement nasillarde moud un peu de grain.
D'autre part, il faut lui reconnaître des qualités de guitariste, jouant fort, souvent avec une distorsion à la Neil Young ou Jay Mascis (Dinosaur Junior).
On peut aussi le rapprocher de Richard Lloyd dans Television.
On peut encore citer Big Star, Dwight Twilley ou Sebadoh et la power pop en vogue dans les college radios américains des années 90 que ce soit les Posies ou Nada Surf par exemple.

L'artiste joue ici l'homme-orchestre puisqu’il compose, chante, joue toutes les guitares, produit et mixe dans son studio personnel... je l'imagine même passer l'aspirateur et aérer.
Quelle énergie! Malgré cela, seule la batterie, abandonnée, revient à Rick Menck.

'Blown away' mélancolise avec ses chœurs superposés et sa mélodie charmeuse.
La guitare se fait entendre dans des spasmes déchirants.

'Give a little' encourage le partage entre 2 êtres qui semblent avoir du mal à se comprendre et se chamaillent.
La trame trace de façon enjouée mais avec ce petit goût d'amertume pas désagréable.

'Challenge the Gods' chante une ode à la vie. Le morceau, tonique, déroule sur un rythme de bon randonneur.
On reçoit un vent de liberté en plein visage. Les paysages défilent dans une belle sérénité, chat lounge!

'Come home', plus lent, parle de l'absence d'un être aimé et on perçoit une tonalité plus triste.

'Drifting' dérive et chaloupe sur une vague légère. Le titre fait un parallèle entre la vie et la nature dans un lâcher prise perceptible.

'Best of me' offre un son de guitare aigu et tendu qui chahute avec une seconde gratte aux accords sombres et graves. La combinaison produit un effet relaxant.

'Stars explode' tout en métaphores proches des voyages de Star Trek, traverse le cosmos propulsée par des guitares lumineuses.

'Hold on tight' le rythme ralentit nettement en ballade guidée par une guitare omniprésente.
Cette piste tient le cœur près du soleil auquel Matthew conseille de s'accrocher.

'At a loss' La guitare trépigne, elle en veut toujours plus. Sa sonorité brillante, à la Neil Young, survole la compo.
Les mots suggèrent le manque d'assurance, certainement pas dans la maîtrise de son instrument.

'No surprise' avec un 's' est signé 'Radiohead'. Il aurait fallu garder la lettre pour la répéter au bout des regrets dans le texte et pour la placer au milieu des gémissements émouvants de guitare.
Un 's' pour s'apitoyer et supplier... un 's' pour espoir. Très belle plage qui nous fait chavirer, si j'osais, je dirais que le chat bada!

Tout au contraire et comme l'intitulé 'Coming soon' le laisse présager, ici le bonheur prend le dessus. Les cordes vibrent autant que l'homme.

'Parade of light' libère totalement l'expression de la guitare, désarmante. L'album se termine sur une note positive 'There's a parade of lights ... illuminates your dream'.
Cette fois la durée semble vraiment trop courte (2'40), on aimerait écouter cette gratte (la star du disque) chahuter beaucoup plus longtemps et savoir tout ce qu'elle a à dire!

L'interprétation fluide des 12 morceaux brefs (plus proches de 3 minutes que de 4) rend l'écoute particulièrement agréable.
Matthew Sweet sort du four une galette de qualité avec des ingrédients bien choisis (le blé noir de la pâte, en constitue la base évidemment) et une composition délicieuse.
Tout juste manquerait-il ce grain ... de folie qui fait souvent la différence mais, difficile de le lui reprocher. Il possède un vrai coup de patte et une griffe caractéristique.



Matthew Sweet guitares, basses, piano, toutes les voix
Ric Menck (Velvet Crush) batterie


1. Blown Away
2. Give A Little
3. Challenge The Gods
4. Come Home
5. Drifting
6. Best Of Me
7. Stars Explode
8. Hold On Tight
9. At A Loss
10. No Surprise
11. Coming Soon
12. Parade Of Lights

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3 janvier 2021 7 03 /01 /janvier /2021 12:02
Kéren - EP In Form

 Kéren - EP  In Form

 

Available via  Audio Network Ltd, recorded at Dreamland Studios

 

Dans la tonne de mails s'écrasant dans la boîte du site, 86% prennent la direction du vide-ordure, tu en avises un avec comme sujet Björk meets Kate Bush!

Intrigué, tu ouvres le message qui concerne une certaine Kéren.!

Connais pas, rien à voir avec Keren Ann, ni avec la tenniswoman Keren Shlomo, 359è joueuse mondiale en 2012, non, on la présente comme a New-York based singer-songwriter, du genre globe-trotter mystique.

Tu interroges tous les détectives payés par Google, l'un d'entre eux retrouve la trace de Kéren-Or Tayar, présentée comme musicienne, alchimiste et reiki healer, utilisant des techniques  japonaises ou en provenance du Tibet pour diminuer le stress ( Tintin l'a bien connue, Haddock ne croyant pas aux vertus de la palpation a continué à se soigner au whisky).

Avant la confection de 'In Form', elle a fait partie du band Jungle Fires ayant sorti l'EP 'Bliss Point' paru en 2015. 

Elle pose également sa voix sur quelques titres enregistrés par Michael Hewett ( musicien et yogi) au printemps 2020.

 

In Form- Tracks-

Love Blinds

Outer Mirrors The Inner

You Without Me

Ever Learn

Talisman

Somewhere Else to Go

Crédits?

Quasi introuvables, par hasard tu tombes sur  quelques noms: Ian Hafiz Turner ( membre de l'art rock ensemble  Rubycon),   Scott Colberg (Upright -  Electric Bass), the Brooklyn-based guitarist and composer Alon Albagli, Daniel Meron ( piano, auteur de l'album « Embracing Wild »), le drummer/ percussionist Daniel Dor et Ariel Shafir qui  s'est chargé de l'enregistrement.

 

 “Over the time this album was written, I was in a process that some would call an 'awakening,'” Kéren said of the EP. 

L'éveil débute avec une ballade contemplative et  quintessenciée,  'Love blinds' ,  chantée d'une voix nébuleuse,  appliquée sur un écrin musical raffiné, aqueux et hypnotique.

Plus de cinq minutes de grâce et de préciosité.

A traiter avec le plus grand soin lors du grand nettoyage de printemps, le bibelot semble encore plus fragile qu'une boule de Noël ( en cristal , soufflée à la bouche, le plastique, c'est vulgaire).

I call this song my ‘spiritual-coming-out-of-the-closet’ song! dit la dame à propos de 'Outer Mirrors the Inner' .

Vulnérabilité, introspection et  impalpabilité caractérisent une plage que tu verrais bien interprétée par Janis Ian ou Carole King.

Pour ' You without Me', traitant avec retenue le thème de la séparation,  la palette utilisée évite  toujours les saturations violentes,   pas de vociférations, de coups ou d'insultes, mais l'acceptation et la recherche de la paix intérieure, le tout interprété d'une voix céleste sur fond musical minéral.

'Even Learn'  sur un tempo  animé, bondissant et  enjoué nous incite pourtant à ralentir, tout va trop vite, l'homme oublie l'essentiel pour cavaler de manière absurde.

C'est sur les sonorités exotiques du marimba que démarre ' Talisman', que  Kéren chante d'un timbre charmant, légèrement zézayant. Le titre s'écoule joyeusement  à la manière d'un frais ruisseau de montagne gazouillant dans des prés verdoyants et  parfumés.

Après l'interlude pastoral, idyllique, la guérisseuse spirituelle propose le folky ' Somewhere else to go' porté par une guitare acoustique jouée en picking .

Ce titre d'une simplicité intemporelle conclut un mini-album transpirant l'apaisement, la sérénité, l'abnégation et la bienveillance.

Déconseillé aux adeptes de rave-parties, recommandé aux âmes pures et aux amateurs de heavenly voices!

 

 

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1 janvier 2021 5 01 /01 /janvier /2021 13:09
Album - Falling Sands par The Equatorial Group

 Album -   Falling Sands par The Equatorial Group

 

self-released

 

Eastbourne, les guides touristiques: les cendres de  Friedrich Engels ont été dispersées dans les flots de la Manche depuis Beachy Head.

Karl Marx y venait humer l'air marin, Debussy, depuis le balcon du Grand Hotel, contemplait la mer, Lewis Carroll y aurait aperçu Alice, Timothy 007 Dalton y est passé pour tourner The Living Daylights, en 2007, Justine Henin triomphe d'Amélie Mauresmo on the Eastbourne grass.

2013, dans le coin, le Lammas Festival, pour la première fois, tu vois apparaître le nom du band  The Equatorial Group, la date de naissance officielle du five-piece combo reste à découvrir!

Origine du nom?

 Our name comes from the group of telescopes which reside in The Observatory Science Centre!

Enregistrements?

Deux  EP's: 'Glebe' et  ' Elvis' , deux albums:  'Apricity'  et ' Falling Sands', sorti fin 2019.

Line-up: 

Helen Weeks (vocals, acoustic guitar and pedal steel), Dave Davies (guitar and vocals), Andy Tourle (bass and vocals), Mike Tourle (drums) and Teresa Fox (keyboards and vocals).

Sur le dernier album Neil Grimes est également mentionné on drums.

 

Tracklist- 

1. Oklahoma 2. Rancho 3. Big Mouth 4. Freight Train 5. Catch Your Ride 6. Only One 7. Cups 8. Let This Lie 9. Prague 10. Oh Smile 

 

Non, Eastbourne ne se situe pas dans la patrie d'Abraham Lincoln, même si les sons produits par The Equatorial Group renvoient vers les grandes plaines de l'Ouest et la roots music aux senteurs Poco, Nitty Gritty Dirt Band ou Uncle Tupelo, tu n'es donc guère surpris en voyant que la première plage a été dotée du titre ' Oklahoma'.

Une plage où la  pedal steel de d'Helen Weeks fait merveille,  tu te laisses bercer au gré de cette mélodie cosmique.

Tu as vraiment peine à croire les gazettes indiquant que la qualité de l'air dans cet état is getting worse and worse, le morceau paraît si lumineux et serein, que tu ouvres grand tes poumons pour respirer le fluide gazeux tonique et puis tu as Helen qui  murmure... In these mornings of perfume and light I leave you sleeping as I take flight... , d'une voix aussi douce que celle de Margo Timmins,   tu pourrais bien tomber amoureux!

Les harmonies vocales illustrant 'Rancho' approchent de la perfection, tu n'es nullement étonné de lire que certains tracent des parallèles avec le Fleetwood Mac période américaine, et comme de surcroit, les guitares dessinent de fines arabesques, plus belles que la toile  tissée ce matin dans le jardin par une épeire à l'âme poétique, ton admiration prend des formes démesurées.

'Big Mouth' n'a aucun rapport avec  Morrissey striking again, il s'agit d'une chanson traitant d'une rupture, traitée sur un mode relativement léger et passablement ironique.

Non, il ne s'agit pas du fameux ' Freight Train' d'Elizabeth Cotten, le train qui a déraillé emportait toutes les larmes que Helen avaient versées car leurs chemins se séparaient.

Tu lui aurais bien proposé de la faire tourner au rythme de la valse, en la serrant dans tes bras,  malheureusement tu danses comme un canard boiteux.

' Catch your ride' est porté par une voix mâle, les filles assurant les backings, le morceau s'écoule avec la  limpidité d' un cours d'eau à peine agité, quand sans prévenir, lors d'un méandre, c'est une fille qui prend le relais vocal avant une accélération subite qui te fait penser aux meilleurs moments de Crazy Horse.

Tu dis... les paillettes, les longues jambes, le faux champagne et l'addition salée... tu oublies, on te parle du groupe comprenant Danny Whitten, Ralph Molina et Billy Talbot. 

Il est beaucoup question de pleurs dans les lyrics proposés par Helen Weeks et  Dave Davies, le concis ' Only One' transpire la mélancolie, une nouvelle fois soulignée par la majestueuse pedal steel et la voix veloutée de Miss Weeks.

Elles sont faites de précieuse porcelaine les 'Cups' chantées par The Equatorial Group, rien de tel qu'une réconfortante tasse de thé au coin du feu, car l'hiver sera longtemps sans toi. 

...The mornings seem darker now you’ve gone...

La guitare sur 'Let this lie' prend tour à tour des accents reggae ( à la Police) , puis  des effluves spaghetti à la sauce reverb, avant de virer country rock tandis que d'une voix satinée Helen Weeks psalmodie sa litanie vaporeuse.

Du travail de ciseleur.

'Prague', la plage la plus longue, fait près de sept minutes.

En vain, tu as cherché les raisons du choix de ce  titre, aucun lien avec la Bohême, aucune trace d'âme slave, pas de Danube bleu,  mais un déboulé de guitares à rendre jaloux Roger McGuinn , Gene Clark, Gram Parsons et autres oiseaux californiens, en arrière-plan, l'orgue subtil de Twe Fox fait merveille, quant aux harmonies vocales, elles sont imperfectibles.

La grande classe!

L'album s'achève sur une dernière note mélancolique avec la berceuse minimaliste  ' Oh Smile' .

 

Si ton dada, c'est le folk/country rock américain avec de grandes envolés de guitares, des harmonies soignées, des morceaux bien charpentés, si tu aimes  les  couleurs du désert, 'Eight Miles High' des Byrds, 'Rocky Mountain Way' de Joe Walsh ou 'Dreams' de Fleetwood Mac, The Equatorial Group doit pouvoir te séduire!

 

 

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29 décembre 2020 2 29 /12 /décembre /2020 14:53
Album- Harakiri For The Sky - Mære

 Album- Harakiri For The Sky - Mære

 AOP Records

Par NoPo

 HARAKIRI FOR THE SKY ‘MAERE’ 2020

Harakiri for the Sky vient de la région des valses et de Sissi l'impératrice mais le groupe ne semble pas avoir le mal du pays car, musicalement,  la Scandinavie l'emporte.
Les Autrichiens peignent un profond blackgaze à la fois dépressif (harakiri n'est pas une ferme où les chevaux s'amusent!), atmosphérique et mélodique.
9 ans après leur (mal)formation, sort leur 5è album 'Maere', ville qui était l'un des principaux centres religieux de Norvège, adepte du sacrifice.
Bienvenu au Black métal givré, spécialité norvégienne (comme l'omelette qui ne l'est pas d'ailleurs!)

La pochette présente un dessin monochrome de loup sur fond bordeaux. Deux mains écartent fermement sa peau sur le museau pour dévoiler une mâchoire de loup garou. Deux os croisés en 'X' séparent les initiales du patronyme 'H' en haut, 'F' à gauche 'T' à droite et 'S' en bas et le nom 'MAERE' en dessous.

En les écoutant, on perçoit des vagues d'Agalloch, l’américain mais il n'est pas interdit de sentir les suédois de Soilwork et surtout nos compatriotes Alcest dont on va reparler.
Le chant hurlé (inflexion screamo), les blast beat dans un débit élevé et les guitares tendues en filets arachnéens caractérisent leur musique à haute tension.
A part le dernier, tous les titres s'allongent entre 7 et 11 minutes de quoi s'exprimer librement.

'I, Pallbearer' en guise d'apéro, offre une bière au porteur de cercueil qui démarre par un riff poignant, soutenu par une 2è guitare, l'ensemble, giflé au milieu des cymbales.
La batterie monte ensuite d'un ton sur les toms pendant qu'une 6 cordes délivre quelques harmoniques aguichantes.
On entre alors dans le corps de la (dé)composition saturée par le chant aigu, extirpé du fond de la gorge, et des frappes à 500 BPM cependant la guitare trace la voie.
Le morceau se termine dans une minute de recueillement sur un piano mélancolique.

'Sing for the damage we've done' introduit d'abord des accords de guitare, mêlés aux notes d'un piano, martelés par des coups puissants. L'effet séduisant contraste avec la suite (jouée à la vitesse de l’éclair comme le morceau précédent) entrecoupée de courts passages planants et parfois des chœurs angéliques.  Neige (Alcest) y ajoute une couche de cris douloureux. Des instants d'amertume parfument ce titre qui reste prenant jusqu'à son arrêt brutal.

'Us againts December skies' maintient la température glaciale et angoissante de Décembre dans la durée. Peu de respiration, en effet, dans cette valse désespérée à la relance continuelle (sauf une petite minute de répit qui s'évapore vite).
On suffoque dans la tempête de neige et les chutes de congères mais on avance sur un chemin musical bien balisé.

Un riff à la Paradise Lost lance 'I'm all about the dusk' plus lent et lourd au départ. Ici, l'éternité dure 11 minutes. On se sent transi dans un froid crépusculaire et secoué par des vagues imposantes après un naufrage. Des passages vers la 3è minute et surtout la 10è font espérer le sauvetage en mer mais on finit par sombrer dans un abime profond.

'Three empty words' part sur les chapeaux de roue et se stabilise rapidement dans une accalmie puis s'installe sur un rythme élevé mais régulier. La trame torturée, en incantations, bouleverse. Puis, un répit, une nouvelle fois de courte durée, annonce une fin dans un chaos organisé.

'Once upon a winter' commence par une menace sur un riff tendu et répétitif puis on pourrait presque croire à une berceuse, un peu énervée, certes, mais ce serait une ballade selon Harakiri que je ne serais pas surpris.
Mais l'hiver est long (10'26), il faut bien se réchauffer alors ça finit quand même par accélérer.
Toutefois, un ralentissement gracieux et bienvenu, un peu avant la 9è minute, illumine la compo qui se termine dans un temps lancinant à la Evergrey.

'And oceans between us' fait monter des vagues d'émotions. Si ce n'est la voix hurlée, l'ambiance générale épique, alterne creux et bosses, bosses et plaies, de nouveau en souvenirs d'Evergrey. La mélodie puissante portée par la guitare ne nous lâche pas le cerveau d'un neurone.

'Silver needle-Golden dawn' accueille le chanteur masqué du groupe portugais Gaerea.
Un piano aux accords mineurs entraine une guitare dans un torrent musical. A nouveau la mélodie met notre système sensoriel à rude épreuve. On aimerait crier de joie, par moments, mais, après une respiration à 5'30, c'est le déchirement qui s'empare finalement de nous.

'Time is a ghost' nous piège d'abord à contre-corde par sa guitare sèche en arpèges, cependant la douceur ne fait pas long feu (36 secondes) avant que tout s'embrase. Un magma de braises étouffantes envahit l’atmosphère et, à nouveau, des éruptions volcaniques crachent leur sève brûlante.
Dans une dernière phase à 6'45, un son de guitare acoustique, accompagné d'une autre guitare au timbre de violon, annonce une fin progressivement violente.

Surprise (ou pas) l'album s’achève par la reprise de 'Song to say goodbye' de PLACEBO (album 'Meds' 2006) dont la musique possède aussi ce côté mélancolique qui sied si bien à HFTS.
Le thème joué principalement au piano se marie parfaitement au climat général de l'album en crève-coeur. La compo originale,  défigurée, ne se reconnaît que par son gimmick au piano et un duo clavier guitare de quelques secondes.

"Maere" impose un bloc monolithique et pourtant l'émotion suinte sur la matière scintillante.
Sous pression, l'expression de la douleur, comme un éclatement, fait office de purification.
Le cri viscéral, craché, porte l'angoisse, l'instrumentation la tension, le tout capte l'attention.
Sous sa couverture de métal extrême, la musique de Harakiri for the Sky se veut bien plus sensible qu'il n'y parait; elle mérite de profonds plongeons dans sa triste matrice.


LINE UP

M.S. - guitar, bass, songwriting
J.J. - vocals, lyrics

batteur de session Kerim « Krimh » Lechner (Septic flesh)

Track-listing :
01. I, Pallbearer
02. Sing For The Damage We've Done
03. Us Against December Skies
04. I'm All About The Dusk
05. Three Empty Words
06. Once Upon A Winter
07. And Oceans Between Us
08. Silver Needle // Golden Dawn
09. Time Is A Ghost
10. Song To Say Goodbye

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