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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 09:45
Album - Bones Owens - Bones Owens

 Album - Bones OwensBones Owens

 Black Ranch Records

 

par NoPo

Lorsqu'on jette un oeil (le bon!) à la pochette du disque, on se dit 'Ah OK de la country...'. On subodore Nashville dans le stetson ou peut-être les casinos de Las Vegas à la lisière du col à frou frou de la chemise bleue.
Mais Bones Owens cache bien son jeu et son visage en baissant la tête humblement.
Pourtant, si si, il vient du Missouri, l'autre moitié du voisin (michat) Tennessee et connaît bien la country (résidant effectivement à Nashville) mais ici, non, non, même si y'en a sous la pédale, c'est pas de la pedal steel!
Jusqu'ici guitariste de sessions et live, ses faits d'armes consistent à des collaborations diversifiées avec Mikky Ekko, Yelawolf, and Carrie Underwood. Avec ce côté éclectique, on tombe sur un os, aucune piste ne nous oriente vers un style marqué.
Une 1ère écoute me faire dire que le power trio joue à la Bones franquette, simple, évident, rafraîchissant... L'enregistrement spontané s'effectue dans le jus et sur bande magnétique, adjectif qu'on peut attribuer à l'effet provoqué.
Les rapprochements?

 Il faut franchir l'Atlantique pour les trouver... Artic Monkeys me glisse Gurvan, yes of course, et Miles Kane complète-je. Pour le subtil esprit ricain, on prend la direction de Creedence (influence patriarcale).
Chacun des 12 morceaux excitants dépasse à peine les 3 minutes ce qui déclenche une forte envie de boucler et de pas la boucler... dont acte!

Roulements de tambour pour ouvrir la voie à des 'ouhouh' célestes. Le cowboy débarque sa guitare avec beaucoup d' à-propos. Son chant, au bout des cordes, file sur la mélodie la plus américaine de l'album.
'Lightning strike' le single country-blues twiste et fait mouche.

Un tambourin vient fleurir l'intro de 'Good day' au rythme mid-tempo bien marqué. L'ambiance de belle journée, obligeant aux lunettes de soleil, éclaire le morceau.
En fond de refrain, Regina Regina McCrary vient soutenir la voix du chanteur, provoquant un effet guilleret pour 2 minutes de légèreté.

'White lines' alterne les contretemps et la voix up and down. Le balancé obtenu par le riff hargneux frappe, imparable, le corps suit dans une harmonie désarticulée. Le morceau s'évanouit sur un son de guitare strident.

Rebelote avec 'When I think about love' aux cordes frottées. Le rythme, vif, emmène tout et les choeurs chatoyants séduisent par leur charme dévastateur.

'Wave' met dans le mille! La vague riffue nous submerge par son écume élégante. Le mouvement aux coups doublés fait jubiler les jambes.
La voix tendue sur les couplets, s'adoucit sur le refrain. Pourtant le titre exprime la douleur d'une trahison. Tubesque!

L'influence Artic Monkeys brille sur 'Blind eyes' avec une réussite totale. La cadence beaucoup plus lente, laisse la guitare se traîner sensuellement sur l'histoire de la période la plus décadente de Bones.
La batterie fait des claquettes sur une basse sobre et chaude. Avec détachement et légèreté (dans les 'ouhouhouh'), la voix raconte la fin d'une relation destructrice.

L'intro bluesy de 'Keep it close' s'allonge, quasi acoustique, avant que la plage, à combustion lente, trouve son rythme de croisière. Une seconde guitare glisse, tout en souplesse, sous les griffes de la première plus affutée.
Le morceau, très classique, réussit à captiver l'attention jusqu'au bout par une interprétation pleine de conviction.

'Ain't nobody' nous enlise au bord d'une rivière marécageuse envahie de moustiques. Le riff, mordant et gorgé de feeling, met à crans sur un rim-click ardent ... de crocodile.
Cette fois, un violon vient s'immiscer et apporter un air menaçant supplémentaire.

'Come my way' Une guitare zigzague entre les coups monolithiques de grosse caisse puis de caisse claire. Sans changer de rythme, l'orchestration s'enrichit d'une basse pleine.
Les choeurs omniprésents dynamisent le morceau surtout quand Regina McCrary illumine les dernières secondes (une chanteuse de gospel connue pour son travail avec Bob Dylan et Buddy Guy).

Un lick de batterie lance, après un léger larsen, un riff de guitare, bien sec, suivi d'un plaqué. Une voix nasillarde proche de la distorsion parle le 'Country man' couramment.
Les 3 instruments offrent une totale cohésion qui permet aux voix de s'exprimer sur un refrain entraînant et sensuel.

Après un départ lourd en stop and go, 'Tell me' surfe sur une mélodie efficace et langoureuse à la Artic Monkeys. La voix, une nouvelle fois, proche de la distorsion prend des airs d'Alex Turner.
La belle surprise monte de la gorge Regina McCrary en fin de morceau. Son intervention bouillonnante subjugue mais s'arrête trop rapidement.

'Keep on running' nous envoûte et nous emporte dans une ambiance toujours aussi proche des Artic Monkeys. Deux breaks courts montent dans un tourbillon de guitares (et thérémine?) avant que le morceau se termine dans une totale sérénité.
La répétition du titre s'accroche au fond de la tête et n'en sort plus. Le 2è tube, plus puissant que l'aspirine!


Il y a des sons qui vous mettent dans un drôle d'état (d'Amérique en l'occurrence). Ce doit être une alchimie de fréquences et de vibrations... mais aussi d'épiderme. Ici, l'impact est brûlant.
Avec concision (environ 40 minutes idéales) et sans démonstration jamais, Bones Owens transmet une euphorie communicative, plus près de l'os que de l'épiderme finalement, difficile à contrôler et d'ailleurs ...
à quoi bon, ce coup d' état... de grâce ressemble à un coup de coeur! Juste, écoute... c'est de la Bones, du rock à l'état pur!


LINE UP
Bones OWENS chant, guitares
Jonathan Draper (All Them Witches) Basse
Julian Dorio (Eagles of Death Metal, The Whigs) Batterie
Regina McCrary choeurs

Titres
    1  Lightning Strike
    2  Good Day
    3  White Lines
    4  When I Think About Love
    5  Wave
    6  Blind Eyes
    7  Keep It Close
    8  Ain't Nobody
    9  Come My Way
    10 Country Man
    11 Tell Me
    12 Keep On Running

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31 janvier 2021 7 31 /01 /janvier /2021 11:58
EP - The Torment Suite par Julian Shah-Tayler

EP - The Torment Suite par Julian Shah-Tayler 

 

Faut être un fin limier pour dénicher une biographie de Julian Shah-Tayler, on sait que l'homme naît, un jour,  à Leeds, qu' un autre jour, bien plus tard, il a fait ses valises pour s'établir à L A.

En 2009, il semble avoir créé un blog lui permettant de s'épancher ( Impossible Things Thought Out Loud), il avoue avoir fait partie de Magic House, un Brit pop combo londonien, actif dans les nineties, ensuite il est associé à Whitey, le projet electroclash/kitsch de Nathan Joseph White.

Avec drinkme, il enregistre deux albums et un EP. 

Du genre busy bee,  il compose des chansons reprises dans différentes   productions cinématographiques dont 'Plush' ou 'Riot on Redchurch Street' ( Siobhan Fahey co-signe quelques titres).

Il enregistre un album, qui ne verra probablement jamais le jour, avec  Joaquin Phoenix, collabore en tant que musicien avec, e a,  Kerli ou Maria Celeste, pour enfin sortir des bricoles sous son nom ou les noms d'emprunt qu'il s'est fabriqué, The Singularity ou Xerox.

EP's et LP's se succèdent, en démarrant en 2010 avec ' Un Ange Passe' et  'Coito Ergo Sum'. La liste est longue, on reprend le fil en 2019, 'The Hap and Strap' et enfin en 2020 , le single 'Evolution', existant aussi sous format remix.

Le dernier effort du caméléon se nomme 'The Torment Suite', un EP cinq titres.

Pour ajouter des éléments non négligeables à ses activités musicales, nous signalons que Julian dirige les tribute bands,  The Band That Fell To Earth: a David Bowie Odyssey/ Strangelove-The Depeche Mode Experience et The Cured - The Cure Tribute Experience .

Quand il s'ennuie, il tricote en écoutant Sylvie Vartan.

 

 EP - The Torment Suite

 

1. All Good Soldiers
2. Beautiful World featuring David J and MGT
3. Eyes of Orion with Ava Gore/Raf Colantonio
4. Loving The Alien
5. Beautiful World (Phantom Funk Tall T Shan Remix)
 
CREDITS
Produced, performed, mixed and mastered by Julian Shah-Tayler
Track 2 - Additional production and guitars by MGT, bass by David J.
Track 3 - Written and sung by Ava Gore and Raf Colantonio (Weird Wolves)
Track 4 - Written by David Bowie
Tracks 1,2,5 - written by Julian Shah-Tayler
 
 Impossible Things Records
 
 
 
'All Good Soldiers' aurait pu être composé et chanté par David Bowie, le phrasé, précieux, est similaire à celui du Thin White Duke.  Sur la video, Julian se meut sur un background psychédélique rappelant les light-shows créés par Jo Gannon pour les débuts scéniques  de Pink Floyd.
Les guitares évoquent la grande époque David Bowie/ Mick Ronson, distorsion et candeur s'entremêlent, tandis que Julian Shah-Tayler psalmodie son synopsis, contrebalancé par des secondes voix habilement collées en background.
Une plage te donnant grande envie de réécouter tout le catalogue David Robert Jones, un artiste parti bien trop tôt!
Pour ' Beautiful World', le singulier Julian a fait appel à David John Haskins ( Bauhaus, Love and Rockets) à la basse, un autre grand admirateur de Ziggy ( l'année du décès du maître il sortait le single hommage "The Day That David Bowie Died")  et à Mark Gemini Thwaite ( The Mission, Tricky, Peter Murphy, New Disease, Spear of Destiny, Theatre of Hate, Mob Research, Gary Numan, Sex Gang Children, etc..) à la guitare.
Une nouvelle fois, l'artiste nous propose un titre qui aurait pu être écrit dans les eighties, d'ailleurs le morceau n'est pas neuf, il se trouve sur l'album 'Coïto Ergo Sum' de 2010, sur  la nouvelle version, il a effacé le piano pour transformer le nouveau beau monde en pièce plus mordante et agressive s'approchant plus des sonorités post punk, que connaissent bien ses acolytes du jour.
Une relecture édifiante.
La troisième proposition,  'Eyes of Orion' est une reprise de l' Electro Goth band texan Weird Wolves.
Raphael Colantonio et Ava Gore, les deux membres du groupe, viennent prêter main forte à celui qui déclare produire de l'intellipop,  le résultat s'avère concluant.
Pour la petite histoire Ava Lee Gore est bien la fille de Martin L., son grain de voix particulier  convient  parfaitement pour historier ce titre gothique, bourré de violons et d'imagerie mythologique. 
Puisqu'on a mentionné David Bowie, Mr Julian Shaw-Tayler en profite pour reprendre 'Loving The Alien', la plage qui ouvrait l'album 'Tonight'.
Sa version n'est pas foncièrement différente de l'original, on sent toute l'admiration que le néo-californien porte au maître, il parvient toutefois à y ajouter une touche personnelle en mettant en avant des percussions latino et, après un bridge plus calme, puis une reprise du thème, en proposant un choeur hanté opportun. 
Pour terminer l'exercice, il lui vient l'idée de soumettre une mouture remixée de la seconde plage de l'EP, ' Beautiful World' est retravaillé par Phantom Funk Tall T Shan de telle façon que les deejays puissent l'utiliser en discothèque.
Ce remix n'est pas essentiel mais cela ne signifie pas que l'on doive le considérer comme du remplissage.
 
Dommage que l' EP soit si concis, car l'essai vaut le détour!
 
 
 

 

 

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29 janvier 2021 5 29 /01 /janvier /2021 14:33
I need space (mini​-​album) par Mounika.

  I need space (mini​-​album) par Mounika.

 

T'en connais beaucoup des Verschueren dans l'hexagone?

Pas vraiment, ce patronyme à consonance flamande, est repéré déjà au 14è siècle, du côté d'Oostmalle il existait des Van der Schueren, de la grange si tu préfères, le nom a évolué pour devenir Verschueren , la Belgique en compte des dizaines de milliers.

Tu étais un client assidu de La Brasserie Verschueren, logique, tu supportais l'Union Saint-Gilloise et admirais profondément l'élégant  Paul van den Berg, courtisé par Anderlecht, qui a fini par le transférer.

En parlant du Sporting il y a bien sûr  Michel Verschueren, manager du club pendant un quart de siècle, sinon il y a aussi la petite Femke Verschueren, ayant représenté la Belgique au Junior Eurovision Song Contest en 2011.

Et en France?

Le nom est bien présent en 87 endroits, d'après un site spécialisé, tu vas évidemment me parler de l'accordéoniste, pas celui de Piaf, non, André, le roi du bal musette, mais son nom s'orthographie Verschuren!

L'arborescence de la filiation, on n'en a rien à cirer, on veut des faits!

Mounika n'est pas grecque, ni assyrienne, il semblerait que Jules Verschueren ait opté pour ce nom de scène en entendant Philip Glass interprété ' Opening' sur la B O de ' Breathless', la version américaine de A Bout de Souffle,Valérie Kaprisky tenait le rôle de Monica Poiccard.

 Jules de Poitiers devient Mounika ( il avait hésité pour Diane) et se lance dans la bijouterie fine lounge/trip hop/chill/downtempo.

Actif sur la scène beatmaking depuis près de dix ans, le jeune homme a pénétré plus d'une fois dans les studios pour frelater des sons  en samplant  à droite et à gauche.

Un premier EP  ' Wake Up' voit le jour en 2013, d'autres ont suivi dans la foulée,  Beats Volume 1 (EP), ' Dead Wrong (And Love Marie Laforêt)', 'Plage Beat' tous en 2014,  prolifique le gars de Poitiers sort un nouvel EP chaque année qui suit,  avant de lâcher 'How are You' un premier full album.

Son dernier crime: ' I Need Space' est sorti chez Maju.Records ( un label basé à Douarnenez et Tours).

 

Tracklist :

1. Intro (I'm Sorry)

2. Obli

3. Tender Love

4. 25h12

5. Ailleurs

 6. Deep Water

7. Feeling Good

8. Roadsky

19. Soft you

 All Songs composed by Mounika.
Recorded and Mixed by Mounika.
Digital Mastering by Senbei 

 

L'album démarre tout en délicatesse avec ' Intro' ( I'm sorry), il se sent désolé de nous avoir tiré de notre sieste et nous propose un éveil, non pas au chant rébarbatif du coq, mais sur de légères notes de piano, presque impressionnistes, le tempo est lent, il te permet quelques étirements avant de reprendre tes activités cérébrales ou physiques, une basse furtive, quelques beats sereins, s'invitent en catimini tandis qu'une voix chuchote une prière énigmatique.

Bienvenue dans un univers ouaté et vaporeux, l'écriteau sur la porte dit, " chut, do not disturb!"

Minimalisme toujours au rendez-vous sur 'Obli' . 

Un monsieur associe les compositions du petit génie électro aux oeuvres d'Erik Satie,  c'est loin d'être idiot, la gymnastique digitale de Mounika suggère les célèbres  Gymnopédies du pianiste de Honfleur.

Pour 'Tender Love' Mounika a fait appel au duo de folk intimiste canadien Ocie Elliott, les voix fragiles de Jon Middleton et Sierra Lundy embellissent cette gracile ballade, pour laquelle Jules n'aurait pas pu choisir un intitulé plus adéquat.

Beauté intemporelle évoquant un antique cliché de Robert Doisneau.

Il consulte la Hermès Cape Cod qu'il porte au poignet, Mon Dieu, il est 25h12, il est temps d'envoyer l'assemblage suivant, l'horlogerie fonctionne parfaitement, oh, un petit  à-coup imprévu, c'est quoi, c'est rien, elle repart comme si il ne s'était rien passé.

T'as bien compris que Mounika ne vit pas ici, parmi le commun des mortels, il réside ' Ailleurs'.

Où?

Dans sa tête, dans ses rêves, loin, dans un endroit où tout est feutré, dans une cité où tu peux te promener les mains dans les poches en sifflotant, puis t'arrêter pour admirer une plume qui voltige au dessus d'une flaque d'eau claire et puis y voir l'image d'une jeune fille hamiltonienne,  rêveuse  et pure.

Ailleurs, il n'existe pas de branleurs, la violence est bannie, les flics sont gentils et serviables , ailleurs!

Tu plonges?

Ecoute cette berceuse pour fonds marins, 'Deep Water' , elle va soulager ton état de stress et te relaxer, si tu croises un banc de poissons exotiques, c'est normal!  

Bien sûr, tu connais la superbe version de Nina Simone, mais le 'Feeling Good' de Mounika n'a aucun lien avec la romance signée  Anthony Newley /Leslie Bricusse.

Mounika l'avait samplée pour son morceau 'There Is a Bed in My Head', ici, il s'est contenté d'utiliser le titre  pour construire un morceau fait de collages caoutchouteux,  de voix  à la Moby,  sur fond répétitif ,de beats monocordes et de notes de piano en forme de ritournelle.

Astucieux!

Une route, déserte, le ciel d'aquarelle, lumineux, avec  un lever de soleil orangé, des nuages aux contours flous et comme bande sonore 'Roadsky'.

Tu dis, mon ange, une infusion à la fleur d'oranger, pourquoi pas? 

Avant de redescendre sur terre, Mounika nous propose une dernière rêverie ' Soft You'.

Dehors, un gamin passe sur une pétrolette mugissante, tu as souri en lui faisant un petit signe de la main.

Demain, tu seras moins zen!

 

 

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28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 10:25
Album - FIREFORCE - Rage Of War

Album - FIREFORCE - Rage Of War

 

par NoPo

 

 ROAR (Rock Of Angels Records!)

 

 "Fire" et "Force" constituent souvent un pilier pour un nom de groupe métal : Rhapsody of Fire, Ironfire, Iron Force, Dragonforce, Twilight Force...
Pourquoi pas les 2 "F" pour tenter de les additionner voire les multiplier? Une idée retenue par un manga de ce nom mais la troupe qui nous intéresse ici est belge et vient de sortir son 4è obus.

La 1ère écoute fait indéniablement penser à un mélange de trash sauce métallicesque pimenté au heavy des Judas et Maiden.
D'autant que la pochette exubérante d'Eric Philippe (auteur de très beaux dessins notamment pour Mob Rules, Rhapsody ou Iron Fire) invite à la fête un lointain cousin de Eddie.
Sur un champ de bataille à décor mexicain, un lieu désertique, parsemé de cailloux saillants et de cactus véhéments, met en scène un soldat à tenue homérique (et d'Amérique période guerre de sécession) derrière une mitrailleuse à manivelle en pleine action.
Des crânes d'animaux et des corps de soldats, assaillants, jonchent le sol, en avant plan, et 3 vautours attendent de pouvoir en profiter, en arrière plan. 2 cavaliers devant les bâtiments d'un village abandonné, s'approchent à bride abattue.
Le logo du groupe, "F" 2 fois en majuscules imposantes et "R" grondants, s'insère, en haut, dans un ciel flamboyant et le nom de l'album s'accroche comme un seing marqué au centre bas.
Le visuel, plus foutraque, sur "Deguello" de ZZ Top revient à l'esprit... belliqueux et rougeoyant.

Erwin Suetens, le guitariste écrit quasi toutes les compositions à base d'histoires de guerre comme sait le faire Sabaton. La durée des morceaux colle aux canons du style (de près de 4 minutes à 5'30).
Un rapide coup d'oeil aux titres met tout de suite à l'aise dans un bain (de sang) au cas où vous n'auriez pas encore compris.
Le bataillon tire sur tout ce qui bouge et ne fait pas dans la dentelle, ni dans l'originalité, mais plutôt dans l'inspiration et le respect des gradés du genre.

Sans semonces, le morceau titre ouvre le feu avec force, comme attendu. Le chant plutôt costaud reçoit souvent le soutien d'une seconde piste vocale plus aiguë et hurleuse au bout de la voie.

Puis vient la triplette de singles.
D'abord le 3è, "March or die" décide une marche forcée sur un riff tonitruant. Le refrain hyper-simpliste, fouetté par les cordes de la guitare, donne franchement l'envie de sauter dans la fosse et exhorter la foule.
Au détour d'un break, un hurlement à gratte-sirène propulse l'instrument de prédilection dans un solo tournoyant et haletant.

Le 1er single "Ram it" annonce la couleur ... rouge et on pense forcément à "Ram it down" de Judas Priest. Des choeurs motivés soutiennent la voix principale bien virile.
La double-pédale et les guitares tranchantes enfoncent le clou.

Enfin le second, "Firepanzer" engage la même vitesse, celle de l'éclair. La souplesse du panzer écrase tout sur son passage au contraire du pont qui fignole plus joliment la mélodie avant le refrain, déterminé mais, certes, un peu criard.
Les guitares énergiques et flamboyantes (comme le visuel) argumentent en faveur d'une grande intensité.

'Running' suggère 'Run  to the hills' mais les riffs fréquentent plutôt Metallica. La course monopolise tous les instruments dont la batterie, un peu envahissante. Bizarrement, l'effet me semble moins efficace et peu captivant.

On pressentait une simili ballade avec le titre le plus long, 'Forever in time'. Bingo! Evidemment, pas de dérogations aux règles, la power-ballade, agréable, s'apparente plus à un hommage pesant aux soldats disparus et se termine d'ailleurs par l'appel d'une liste de noms.

'108-118' respire à nouveau le véloce Metallica. Les guitares, épiques à souhait, continuent d'être le point fort des artilleurs. Si le numéro correspondait à un annuaire, ce serait celui des riffs.

'Army of ghosts' couple 2 lignes vocales (la principale rappelle Rob Halford sans les aigus), encouragées parfois par des choeurs de corps velus, certainement couverts de chaînes. Sans l'ombre d'un doute, l'armée doit compter des judas parmi ses fantômes.

Les riffs musclés s'enclenchent à la poursuite effrénée des rats dans le labyrinthe. 'Rats in a maze' part dans une cavalcade à la four horsemen. La compo, affamée, déchiquète et déchire avec ses guitares tronçonneuses. Les voix modulent un peu plus que sur les titres précédents.

'A Price To Pay' continue de montrer les muscles surtout ceux du batteur, j'espère que le prix ne se paye pas à la puissance ni aux nombres de coups! La basse, robuste, suit le mouvement des baguettes et le buste, le headbang.

'From Scout To Liberator' ne dément pas la puissance de feu! Surtout pas de la berceuse de scout, Juudas reviens, Juhudas reviens! Cette plage déménage loin d'un long fleuve tranquille...

Dans 'Blood Judge', le chant frondeur harangue la foule. La combinaison basse batterie vrombit pour une grosse cylindrée de guitares. Il ne manque plus qu'à monter la moto sur scène et la chevaucher... 

'Tale Of The Desert King', légèrement orientalisant, prend une route sinueuse et valorise l'option vinyle pour cet inédit. Le tempo, plus lent, accentue le ressenti d'une respiration lourde le long d'une caravane dans le désert.
On entendrait presque des coups de fouet! La guitare vibre et sature. Cette composition se démarque assez franchement, surtout en milieu de morceau qui enchaîne les acrobaties de grattes très travaillées.


La force de ce feu repose essentiellement sur les guitares majeures. Le ton puissant et sans concessions amène son lot de jubilations. Le tout reste bien joué avec ferme intention.
La petite déception réside dans le côté répétitif des constructions et la relative facilité des refrains.
L'album aurait certainement gagné en efficacité en étant plus concis et en variant les thèmes ou l'interprétation.

LINE UP
Matt “Hawk” Asselberghs - chant, guitares
Erwin Suetens - Guitares
Serge Bastaens - Basse
Christophe De Combe - Batterie



TRACK-LISTING
01. Rage Of War
02. March Or Die
03. Ram It
04. Firepanzer
05. Running
06. Forever In Time
07. 108-118
08. Army Of Ghosts
09. Rats In A Maze (CD exclusive)
10. A Price To Pay (CD exclusive)
11. From Scout To Liberator
12. Blood Judge  (CD exclusive)
13. Tale Of The Desert King (Vinyl exclusive)

 

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27 janvier 2021 3 27 /01 /janvier /2021 15:34
Album - Madisyn Whajne - Save Our Hearts

 Album -  Madisyn Whajne Save Our Hearts

 Madisyn Whajne?

Tu prononces comme John Wayne, mais Madysin ne va pas jouer les Indian fighters, si la jeune dame vit désormais à Toronto, elle naît au sein d'une famille Premières Nations ( First Nations),  les premiers occupants du continent nord-américain.

Peu avant ses  deux ans, lors du tristement célèbre  Sixties Scoop  ( rafle visant à enlever les enfants autochtones pour les faire adopter), elle est arrachée du cocon familial et placée  en famille d'accueil.

Depuis, un des buts de sa vie est la découverte de son identité, de ses racines, de ses parents, son debut album 'Save Our Hearts'  selon ses propres dires  ...is really a personal journey through a time of darkness, heartache and finding myself again....

Avant la réalisation de 'Save Our Hearts', Madisyn avait enregistré quelques singles, elle est également créditée comme backing vocaliste sur plusieurs albums de Basia Bulat, cela s'explique si tu sais que son mari se nomme Bobby Bulat ( frère de Basia) et que ce brave homme, drummer de son état, joue sur les disques de sa frangine et celui de sa madame.

 

Label-  Summer Love Records

TRACK LIST
1. Summer Love
2. Killing Desire
3. One Shot
4. So In Love
5. Sweet Talk
6. Dagger
7. Don't Walk Away
8. When Morning Comes
9. Never Give In
10. Fire
11. Save My Heart

CREDITS
Madisyn Whajne: B3 Organ, Electric Guitar, Lead Vocals, Back Up Vocals
James Gray: Electric Guitar, Back Up Vocals
Jay McBride: Bass, Acoustic Guitar , Back Up Vocals
Brittany Clarke: Back Up Vocals
Bobby Bulat: Drums and Auxiliary Percussion
Produced by Madisyn Whajne and Jay McBride
Recorded and Engineered by Howard Bilerman & Shae Brossard at Hotel2Tango in Montreal
Additional recording by Jay McBride at E5 Studio in Mississauga
Mixed by Shae Brossard at Hotel2Tango
Mastered by Harris Newman at Gray Market Mastering in Montreal
All songs written by Madisyn Whajne and James Gray and published by Madisyn Whajne

 

L'album démarre en configuration dreampop avec le léger ' Summer Love', la voix, onctueuse, renvoie vers des groupes tels que les Bangles, Bananarama ou les Go-Go's .

Telle une brise légère, les guitares viennent caresser les cheveux de jeunes filles souriantes et heureuses de humer un air marin vivifiant.

L'été a toujours été propice à l'amour, il suffit de se souvenir de la déferlante hippie qui, en 1967, avait convergé vers Haight-Ashbury pour célébrer la paix, la musique et la fleur bleue.

Et Scott chantait... "If you’re going to San Francisco, be sure to wear flowers in your hair…" 

'Killing Desire' est tout aussi frais, pétillant et savoureux, l'orgue bouillonne, les guitares scintillent et les choeurs, badins, invitent à la fête ( fête au lit pour Madisyn et son compagnon).  

Madisyn Whajne serait-elle le pendant féminin de Weezer?

'One Shot' s'aventure dans des territoires plus rock avec des relents Pixies, sans le côté noise, mais avec toujours un fond surf/garage  pop accrocheur et enivrant.

Sur ' So in Love' , Miss Whajne partage les lead vocals avec James Gray pour donner de la profondeur à ce dialogue amoureux dynamique,  interprété en mode uptempo.

'Sweet Talk', porté par un riff de guitare catchy et démonstratif et une  batterie pertinente, est chanté d'une voix agréablement  bubblegum.

Prévue au départ comme une  lovesong tristounette, la plage véhicule un message positif,... If this love stops baby, my heart keeps beating... aucune raison de paniquer, donc!

'Dagger', sorti en single, marie des vocaux doucereux collés sur une ligne de basse noire qui annonce un tableau rock bourré de guitares cinglantes, et  des images fortes: la dague dans le coeur , le sang sur les mains,  le dard d'une abeille.

Les relations amoureuses ne sont jamais simples.

Un critique chez BuzzMusic dresse un parallèle entre 'Don't Walk Away' et 'Sweet Child O' Mine' des Guns N' Roses, une comparaison osée, car cette rengaine pleine de peps et d'harmonies vocales veloutées, s'approche probablement plus des productions de Lush, d'Asobi Seksu ou des Sundays, que de la bande à Slash et Axl. 

 

Basia Bulat vient prêter main forte à sa belle-soeur sur l'harmonieuse ballade 'When morning comes'.

Layered vocals reposant sur un orgue somptueux, et un final où la guitare nous la fait ' Walk on the Wild Side',  font de cette plage un des highlights de l'album.

Et nous aussi dans le lointain on a entendu comme elle .. we heard the church bells ring,  we heard the choir sing,  they go oh oh oh... et t' as vu un ange descendre du ciel.

Ça va pas, non, tu te prends pour Saint-Jean?

O K, c'était peut-être pas un messager de Dieu, mais les cloches ont sonné!

'Never give in' ...Tu vas l'embrasser et lui souhaiter bonne nuit, mais je serai là, ..  I am never gonna give in... et tu vas souffrir, et moi ...I’ll be standing in the light... . 

Tu crois qu'elle va perdre son calme, pas du tout, elle te chante cette litanie amère d'une voix amène et gracieuse.

'Fire' aborde une autre scène de rupture, le feu s'est éteint, définitivement, elle  le conte sur un fond  musical rugueux. Les guitares crissent, le batteur cogne, mais la voix demeure espiègle.

Le bittersweet ' Save My Heart' met un terme à un album sentant bon les Pet Sounds, chers aux Beach Boys , avec des relents  d'indie pop  sucré et insouciant,  style les Raveonettes ou les Dum Dum Girls.

 

Un album sympa, à  consommer en buvant un Daiquiri ou un  Piña Colada glacé.

 

  

 

 

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23 janvier 2021 6 23 /01 /janvier /2021 17:39
Album- Bad Sauna - Olen rikas sillä minulla on teidät

Album- Bad Sauna - Olen rikas sillä minulla on teidät

 

par NoPo

 Bad Sauna - Olen rikas sillä minulla on teidät 2020

 

label- All That Plazz - Aleksi Pahkala

'Bad' ne s'accorde pas vraiment avec un sauna en Finlande ... avec boy oui, ou avec Michael Jackson (version 87 à blouson de cuir) mais Felix Lybeck, le leader et compositeur du combo, n'est ni bad, ni noir (il pourrait faire un effort, remarquez!).
L'album, dont le titre, lucide, signifie 'Je suis riche puisque je t'ai'(et pas 'jetée'!) monte la température jusqu'à transpi (le mardi dit le ptit Q!).

D'ailleurs, la pochette s'apprête à faire la culbute... ou l'autruche... Une jeune femme, habillée d'un short en jean et d'un chemisier de toile bleu, met le nez dans le gazon (sans fumer), ptit Q en l'air, et semble déjà, vu l'état de ses vêtements et les reflets sur ses jambes,
avoir réalisé quelques galipettes (pas celles auxquelles tu penses gros dégoûtant!). Visiblement, la nuit est tombée, la photo prise au flash et le personnage pris en flagrant délirant.
Le nom du groupe en haut et le titre, en bas et en blanc, achèvent un art-work perché sobrement naturel.

La langue finnoise me fait immanquablement penser à 'LETO', le film sur le rock à Leningrad dans les années 80.
Cette prononciation frisée défie l'équilibre coulé de la langue anglaise.
Les trémolos dans les trémas et les roulés dans les 'r' fleurissent le bouquet sonore qui respire l'indie, le mardi, le mercredi ... de l'aube à l'aube et met en bonne condition lorsque l'on dîne aux aurores boréales.

Les singles sortent à 3 (mais pas ensemble, gros dégoûtant!).

Le 1er, "Moon Sun" (en anglais dans l'intitulé), offre un rock 4 temps guitares (plutôt rapidement saturées quand même!), basse, batterie... et existe dans un 'dance édit', version tube de l'été finlandais à effet proche de l'aspirine.
Une ptite note au piano s'égosille sur les crash de cymbales à 1'30 avant un passage aux intonations 70's puis un solo transperçant.
Après, ça s'envole sur quelques touches électro avant de revenir au point de départ avec un tempo bien trempé qui fait transpirer (tous les jours).

Le second, "Niin kuin se ennen oli" réveille joyeusement l'album avec une construction très spontanée. Guitares et batterie s'appellent, se renvoient la balle et s' entrecroisent, pendant qu'une voix juvénile leur répond.

Enfin, le 3è, ‘Haluun pois’, n'a rien à voir avec les petits pois mais il pèse dans la balance.
Une guitare d'abord tendue et autiste invite un drumming façon tambour avant de laisser une ligne claire danser dans l'écho sur les cordes.
Les wouh wouh (es-tu?) wouah, du refrain, bien rentre-dedans, invitent Felix à réclamer "Je veux sortir".

"Tehdään jotain tyhmää" (Let's Something Stupid), plus sombre (l'ombre des trémas?), libère une mélancolie ambiante dans une ritournelle séduisante. Le refrain, d'abord a capella, s'exprime d'une voix plaintive avant de laisser une grande liberté aux guitares écorchées.

Dans le même état d'esprit, "Pist viestii ennen kuin oot tilois" joue le rôle de la ballade triste, introduite par une guitare acoustique. La voix se traîne sur des guitares à riffs lancinants, ta da da da da, qui se déchirent, par instants, dans une débauche d'énergie.
Un clavier entraîne le titre jusqu'au bout des 6 minutes dans la douleur, fouetté par des guitares et des coups de plus en plus violents.

2è patronyme en anglais "Hey girl" glisse sa belle litanie nostalgique et répétitive. Les temps sont marqués par les guitares et la batterie avec des arrêts/reprises et des poussées en choeurs tendres. Le beau solo de guitare se veut strident, larmoyant, prenant.

"Paskat jää" fausse le jeu pendant 30 secondes d'intro avant un contre-pied (de nez) à rythme enlevé et contre-voix dans des hurlements au bout des cordes vocales, piqués par de superbes guitares aussi agiles que brèves (1'47 au total, tout mouillé).

Heureusement "Ihmeiden aika" part sur un même élan, car nous étions frustrés. Les guitares font des acrobaties désarticulées, ça gifle, ça balance, ça vole, ça bouscule.
La voix se contente d'être là pour scander les mots du titre dans un break avant que les chevaux ne soient lâchés jusqu'aux dernières secondes où la voix se répète à nouveau. 

'Rakkaus on huume' allonge sa plage jusqu'à près de 7 mns avec un sable qui apporte du grain. De manière exotique, mais dans l'esprit, le groupe se réapproprie "If Love Is The Drug, Then I Want to O.D." de The Brian Jonestown Massacre's.

Bad Sauna raconte le bad trip de la jeunesse désabusée, la fuite de la réalité dans la fête, les amphét., l'alcool et autres produits pour noyer sa tristesse et finalement se noyer elle-même.
Pourtant, le ton reste résolument détaché voire, parfois, optimiste. Les musiciens dégagent une vraie énergie communicative pleine de conviction mais tout en simplicité et bientôt l'heure de Bad Sauna!


Felix Lybeck - chant, guitares
Alisa Keränen - batterie
Santeri Hytönen - basse
Sakari Kumpula - guitares

Track list:
1. Niin kuin se ennen oli
2. Moon sun
3. Tehdään jotain tyhmää
4. Pist viestii ennen kuin oot tilois
5. Hey Girl
6. Paskat jää
7. Ihmeiden aika
8. Haluun pois
9. Rakkaus on huume
10. Olen rikas sillä minulla on teidät

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23 janvier 2021 6 23 /01 /janvier /2021 09:37
Imogen Clark – The Making of Me EP

 Imogen Clark The Making of Me EP

 Ça va, on te voit venir, Imogène, c'est ça qui te gêne, et sur-le-champ tu évoques Catherine Frot, alias Imogène McCarthery, ou Imogène Le Dantec, incarnée par Dominique Lavanant.

Tu aurais pu avancer Imogen Heap ou la triathlète, ironwoman, Imogen Simmonds.... il est vrai que Imogène est repris dans la liste des prénoms peu communs, on n'en fera pas un fromage, Imogen se rattrape avec  Clark, the twenty-seventh most common surname in the United Kingdom.

Trêve de billevesées,  revenons à nos brebis, en automne 2020, Imogen Clark a sorti l'EP 'The Making Of Me', que l'agence Sideways Inc. te recommande.

Imogen, originaire de Bowen Mountain (Nouvelle-Galles du Sud, en Australie)  , ne peut être considérée comme une néophyte, en 2016, elle réalisait son debut album  'Love And Lovely Lies', catalogué alt.country, cette production avait été précédée par l'éclosion de quelques EP's, dont 'Sky Stands Still' ( en 2010), ' Under the Fairy Lights' ( 2011)  ou  'Stories From A Porcelain City' en 2013, ce dernier lui a valu d'arriver en finale à The International Songwriting Competition à Nashville.

Un second full album ' Collide' paraît en 2018, il confirme le talent de la demoiselle, qui désormais collectionne les nominations ( Best Female Artist, Australian Video of the Year ...)  pour la remise des country awards en Australie.

2020, après une période noire, un bouleversement émotionnel, Imogen met le cap sur Los Angeles où elle travaille avec le producteur  Mike Bloom ( Rilo Kiley, Jenny Lewis, Rachael Yamagata...) pour enregistrer le six-track EP The Making of Me.

Tracks-

 
1. My Own Worst Enemy
2. Inside Out
3. Push Me Down
4. Paper Boat
5. The Making of Me
6. Found Me 

 Label: Potts Entertainment/MGM.

 

Elle a réuni quelques grands noms pour la confection de l'objet, notamment  le sorcier des claviers Benmont Tench ( Tom Petty, Stevie Nicks, Bob Dylan, Alanis Morissette...) ou le drummer Pete Thomas ( Elvis Costello, John Stewart, Sheryl Crow, Bonnie Raitt, Tasmin Archer, on en passe et des pas bidon), Alex Lahey, qui a collaboré à l'écriture, est créditée à la guitare et au synthé sur le premier morceau, Mike Bloom, lui-même, joue de différentes guitares et de la basse, du piano,  du mellotron ou du dulcimer, le vétéran Peter Adams se charge du piano, de l'Hammond M3 ou de l'orgue, sans oublier les choristes ( Emma Swift, Anita Lester, Clare Bowen) et les percussionnistes ( Daniel Brummel et Will Golden).

Du beau monde!

 


"My Own Worst Enemy” a donc été composé avec l'aide d' Alex Lahey, elle aussi singer-songwriter , originaire de la ville qui a vu naître le band Crowded House, cet uptempo pop: rock ne te donne qu'une envie, celle d'accompagner la rengaine en battant le sol du talon, tandis que les copains/copines de la madame battent des mains, claquent des doigts et décorent la mélodie de petits oohs oohs attrayants.

Tu aimes Fleetwood Mac ( période américaine), Heart, Pat Benatar,  Amy Macdonald...tu risques de craquer pour Imogen Clark.

Et si t'as le temps, jette un oeil à la vidéo et essaye de reconnaître les personnalités locales s'illustrant sur le film!

'Inside out' joue la carte ballade bluesy , l'influence de Benmont  Tench y est considérable. Le morceau, sentant le Tom Petty à plein nez, est chanté d'une voix  énergique, remuant tout ton être lorsqu'elle lance...  I'll rock you inside out... une guitare en mode laidback s'oppose aux sonorités caractéristiques de l'Hammond pour transformer cette plage en must pour tout amateur de classic rock et de voix féminine à la fois vibrante et puissante.

'Push me down' est signé Imogen Clark/Emma Swift, cette dernière qui vient de sortir un album où elle reprend 8 titres de Bob Dylan, est considérée comme une des meilleures représentantes  alt-country  en provenance de the land down under.

D'une voix traînante Imogen transforme le titre en country rock imparable, Emma se chargeant des backings, mais ce sont les guitares de  Mike Bloom qui tirent les ficelles, une acoustique pour démarrer en douceur, avant la déferlante électrique, pour accentuer la touche country il a sorti la lap steel.

A powerful song!

 Imogen Clark et Anita Lester sont créditées pour la ballade ' Paper Boat', qu'un journaliste australien rapproche de certaines compositions de Joni Mitchell, un compliment ( mérité), même si vocalement les deux artistes ne travaillent pas dans le même registre.

Le texte, imagé, traite d'une relation délétère qui va te laisser sur le carreau, un bateau en papier ne peut rien qu'entre une mer démontée et infestée de requins.

Une nouvelle réussite.

Le titletrack, ' The Making of Me' est le morceau le plus minimaliste du lot, une voix et un accompagnement sobre au piano, dulcimer, moog, sur fond de drumming discret.

Il a a été écrit après une rupture, l'artiste y déballe son âme avec honnêteté, sans pathos,  ni effets de voix outranciers, la beauté réside souvent dans la simplicité. 

Le dernier chapitre 'Found Me ',  signé  Imogen Clark, Clare Bowen ( actrice connue pour son rôle dans la série Nashville) et  Brandon Robert Young ( acteur, le mari de la précédente), balance généreusement et  joue la carte fresh  pop, à la manière d'une Cindy Lauper ou de Belinda Carlisle.

 

Les six titres de 'The Making of Me'  révèlent le talent indéniable d'une artiste maîtrisant son art à la perfection, une singer/songwriter faisant preuve d'un éclectisme de bon aloi et  sachant s'entourer de musiciens brillants, musiciens ayant senti tout le potentiel  qu'elle dégage.

A 25 ans, Imogen Clark n'a pas encore atteint les plus hauts sommets, ce n'est qu'une question de temps, l'Europe ne devrait pas tarder à la découvrir et à l'apprécier! 

 

 

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20 janvier 2021 3 20 /01 /janvier /2021 11:12
King Mala - Gemini EP

 King Mala - Gemini EP

 

Tu ouvres le mail, tu lis:  Billie Eilish meets Banks!

Intérêt éveillé, c'est qui, c'est quoi?

King Mala.

Pardon, le souverain de quel pays?

Il y a erreur: KiNG MALA is the moniker of El Paso born, Los Angeles based alternative soul artist Areli Castro.  

Elle nous signale que Mala signifie bad bitch et King, c'est plus viril que queen.

S'il te plaît, évite de citer Fidel, elle ne fume pas de Cohiba Esplendidos, ni de Flor de Copan Rothschild, she is a graduate of the Independent Artist program at Musicians Institute, paraît que même Jaco Pastorius est passé en ces murs.

L'EP 'Gemini',  distribué par Handwritten Records, succède à un premier effort discographique, le single' Hurricane'.

L'objet a été produit par Rob Auerbach, à ne pas confondre avec Dan, des  Black Keys, un groupe que Areli affectionne. Le mastering engineer a pour nom John Greenham, un gars ayant travaillé pour
Billie Eilish, Lindsey Stirling, Angie Stone ou Wishbone Ash.

Pour les musiciens, c'est le flou artistique, on commence à s'habituer sans le tolérer, en analysant le courrier internet de la jeune dame on a lu ..... shoutout to my pals Lauren, Raye, Devin, Tyler, Nolan, and Drew specifically.

Drew, c'est Drew  Esselstrom who plays bass and drums, Nolan, doit être Nolan Loan ( guitar, bass, keys), les deux compères sévissent aussi aux côtés de Crawford.

Lauren Shelburne est photographe, la chanteuse Raye Robinson est créditée pour le titre ' Hurricane' , l'enquête se poursuit pour Devin, probablement Devin Papadol, une autre chanteuse,  et Tyler est non répertorié à ce jour.

tracklist-

1 sugarblind

 
2 If I Try to Find You
 
3 Homebody
 
4 B4U
 
5 Give Me
 
6 Funeral
 
Le six-track EP débute par ' sugarblind' et ses la -la-la- la's sirupeux, musicalement la chanson baigne dans un univers pop, catchy en diable, les sonorités caoutchouteuses se marient avec le riff de basse obsédant et la fragilité d'un clavier sonnant comme un glockenspiel. Quand elle susurre ...I' m a fly caught in your honey... tu te dis que si c'était toi , tu ne la  laisserais pas s'envoler et pourtant, tu n'es pas un fervent du suc des abeilles.
'If I Try to find you', interprété d'une voix à la fois poignante et sensuelle, fait état d'une relation scabreuse entre une fraîche donzelle de 17 ans et un monsieur plus âgé ayant abusé de sa naïveté, l'aime-t-elle toujours, probablement!
Le tempo lent, basé sur une progression métronomique avec des handclaps et choeurs hantés, est soudain défoncé par un jeu de batterie agressif et répétitif, la voix se fait implorante avant un passage plus calme et un accès de lucidité... I was blind babe. Now I see...  pour se terminer par une fausse question...
Why do I still care, I still care.
Facebook a abandonné l'alternative d'indiquer les possibilités  de couple sur le statut, il y a quelques années  "Situation amoureuse : c'est compliqué" proliférait.
T'en penses quoi, Areli?
' Homebody' aborde les hésitations, le manque de confiance en soi, les états d'âme, que beaucoup d'adolescents partagent.
Musicalement, le titre, porté par un piano poppy, baigne dans le même univers que celui d'autres jeunes artistes cataloguées alt pop, style Bishop Briggs,  Zella Day ou Foxes.
Elles sont nombreuses à vouloir briguer la place de Lily Allen,  Nelly Furtado, Robyn,  Natasha Bedingfield, Katy Perry, sans parler de Britney Spears, désormais toutes déclassées dans le coeur des collégiennes.
'B4U', dégouline de  romantisme, les couches de voix samplées, l'instrumentation vulnérable et esthétique,  confèrent à la plage une  légèreté et une grâce vaporeuse, comparables aux bulles de savon s'élevant dans l'azur serein,  pour la plus grande joie des enfants.
Tu veux quoi, Areli?
Want it all out on the platter, tu peux me qualifier de glouton, je veux tout,
... I'm so tired of being tired, I want something more...
Bordel, on ne lui marche plus sur les pieds, dorénavant. 
Sur des beats obsédants, elle nous expose ses exigences, la voix passe du croon câlin à l'invective, pour revenir à la souplesse sur fond de piano mélodieux et de choeurs aériens.
Lors d'une interview, King Mala révélait que ' Funeral', qui achève l'EP, est sa plage préférée, elle met à nu sa faillibilité et ses doutes. D'une voix sans affectation,  sur fond musical sobre,  elle ouvre son âme, des voix féminines en toile de fond achèvent délicatement  ce joli morceau.
 
Aujourd'hui considérée comme rising star,  King Mala dispose d'une belle marge de manoeuvre pour se faire une place dans la jungle pop, ' Gemini' constitue assurément une belle carte de visite! 
  
 
  
 
 
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17 janvier 2021 7 17 /01 /janvier /2021 17:32
Album - The Persian Leaps - Smiling Lessons

Album - The Persian Leaps - Smiling Lessons

 

par NoPo

 Land Ski Records

 

 The PERSIAN LEAPS Smiling Lessons 2021

Avec un line-up mouvant qui a publié 5 EPs depuis 2013 (compilés en 2018) puis sorti un LP en 2019, la fine lame Drew Forsberg de St. Paul-Minneapolis (Twin cities du Minnesota) refait le coup de l'EP de taille et d'estoc.
Lui seul sait d'où viennent vraiment les Persian Leaps puisqu'il l'a rêvé dans un cours d'archéologie et il sait où il les amène... Leçon 7 cette année... Comment sourire? C'est tout le problème de Drew pour les photos promotionnelles.

Ces leçons dessinent une banane au macaque sur la jaquette (idéal pour le site 'Concert Monkey!). Les couleurs, dominées par le rouge et le bleu à plusieurs teintes, et la séparation en 2 parties égales (le yin et le yang?) proposent un équilibre délicieusement remarquable (ou l'inverse, j'hésite).
A tel point que l'animal, facétieux, pourrait jouer avec les titres (en blanc sur les 2 fonds) : The Persian lessons Smiling leaps (lips), The smiling Persian leaps lessons ... il a finalement opté pour The Persian Leaps Smiling lessons.
Des géométries simples constituent la face du primate à l'air ravi et tout ouïe. Le bassiste Jon Hunt est l'auteur de magnifique cette mise en art, sans articulation ni vaine agitation, qui suggère une musique à l'avenant.
Pour ma part, je la range dans un casier judicieux à crabes protéinés avec les indies, alternatifs, Sugar, Nada Surf, Weezer et consorts pour qui j'en pince Monseigneur (qui l'eut cru c'est assez?).
Des guitares (guitares, guitares!) en pleine santé dirigent des voix et choeurs d'aplomb sans aucun mot plus haut (de coeur) que l'autre.
A tous les coups (7) l'on gagne! Guitare (Guitare?), basse, batterie (programmée!), dans une grande harmonie (in my head) et sans prétention déclenchent la cadence de mon transport.


1-"PRN" Haut la guitare! En 2'20 tous comptes faits, emballé c'est pesé sans prise de tête ni d'aspirine.
2-"Chamberlain" dure à peine quelques secondes de plus pour enfoncer le clou par une mélodie imparable sur un rythme 1, 2, 3 en renvalse tout à la guitare (!) lead et basse.
3-La "Patience" ne coûte rien pour un titre qui n'atteint pas les 2 mns. Un ptit riff (guitares!) énergique, motivé par une frappe programmée à bon escient, lance une voix à l'aise et des wouououh de plaisir.
4-La batterie cogne la 'Lost cause' et ne la lâche plus à cause d'une guitare (!) trop timide. Les voix se parlent, échangent et mettent du baume aux choeurs comme dans un départ pour un lointain voyage.
Il en faut pour ce morceau guidé par l'amertume dans l'ambiance dégradée de la ville suite à l'assassinat de G.Floyd, le vandalisme et la pandémie qui entraînent la fermeture des salles.
5-'Your loss' (venu d'une frustration de ne pas être soutenus par les programmateurs de leur ville) démarre par des cordes (guitares!) plus coupantes sur une complainte déchirante avant le retour des accords en cortège.
Le titre déroge à la règle avec ses presque 3mns plus tristement travaillées.
6-"Spoon-Fed" déroule, sans heurts, une ritournelle réjouissante au point qu'on croit déjà l'avoir rencontrée. Riff à la guitare (!) et raff à la caisse claire se répondent.
Quelques clapping hands et cordes serrées grattées relancent un rythme entraînant. Le canon musical se déverse dans un tube ou l'inverse, ça renverse!
7-"The entertainer" aux guitares(!) plaintives, tire vers le raffiné Nada Surf et ce n'est pas rien! Le charme lui ressemble avec ce brin mélancolique. Plus long et répétitif, la composition nous enlace et jamais ne lasse.
Quelle belle finale avec ses choeurs croisés (de plaitex) jusqu'au bout des 'I want I want I want always believe you', nous aussi!

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple? Cette classe, tout au naturel, rappelle une certaine aristocratie anglaise et ce sourire 'tongue in cheek' à la Roger Moore dans 'Amicalement vôtre'.
'A la vôtre!' C'est d'ailleurs juste ce qu'on a envie de dire en trinquant nos verres à la santé des Persian Leaps.

Drew Forsberg voix, guitares, claviers, batterie programmée
Jon Hunt voix, basse

TRACK LIST
1. PRN
2. Chamberlain
3. Patience
4. Lost Cause
5. Your Loss
6. Spoon-Fed
7. The Entertainer

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16 janvier 2021 6 16 /01 /janvier /2021 17:50
EP- grabyourface – Sea

 EP- grabyourface Sea

 

What in God's name a poussé Marie Lando, sound and graphic designer, à opter pour le nom de scène grabyourface?

T'as consulté des forums, un psychanalyste débutant a une petite idée...  face grabbing is domestic violence..., si le grabber est un bébé le message est différent, il s'agit d'un exercice d'exploration.

Tu présentes ton projet, Marie?

I make dark electronics under the project name grabyourface, for which I do everything myself (composition, recording, lyrics, vocals, editing, mixing, mastering, visuals, etc.) and perform live.

Thanks!

Les spécialistes se souviennent qu'elle avait prêté sa voix sur le morceau 'False Gods' de l'EP 'Fieldworks Exkursion' que  Covenant a enregistré en 2019, sa production personnelle se chiffre à un full album, ' Keep Me Closer' (en 2018) et une flopée d'EP's, le dernier en date s'intitule 'Sea' 

 

Il est sorti chez Negative Gain ,  un label delivering industrial, EBM, darkwave, coldwave, post punk, synthwave, popnoise, darkpop and  goth recordings.

 

Tracklist
1. Sombre
2. Sense
3. Somewhere Else
4. Shore
5. So
6. Sea
 
 All music and lyrics and some of the mixing by grabyourface (Marie Lando) 
 
Marie te prévient: Sea is a six-song collection focusing on mental health.
 This album is the product of fucked up shit that happened, but I will not thank that for happening. At all.
 
Les news partagées sur facebook ne sont pas du genre à remonter le moral des troupes, un exemple... On mène deux guerres en même temps : celle de la COVID et celle en santé mentale, disent les experts préoccupés par la forte hausse des troubles psychologiques depuis le début de la pandémie.
Ou celui-ci: Covid-19 : surconsommation d'anxiolytiques et de somnifères ....
 
Pour bien te faire comprendre que la liesse et les réjouissances ne sont pas prévues au programme, la dame de l'Aude a proposé ' Sombre' comme intitulé pour la plage inaugurale du recueil.
Un sentiment d'angoisse s'empare de toi à l'audition de son déballage, I can’t fucking breathe, I can’t hear your words, I can only scream tonight , plus loin, elle ajoute, I can only drink tonight... tu as saisi, la bouteille de London Dry Gin, sans prendre la peine de happer un verre, tu as bu au goulot, tu t'es senti mieux, ça n'a pas duré, seconde rasade, tu as remis le premier morceau, toujours aussi déprimant, t'as vidé le flacon, tu as dansé en solitaire, ton chat t'a dévisagé et envisagé d'appeler le SAMU, tu l'as caressé et tu as  continué à balancer la tête en suivant ce post-punk grinçant sur lequel elle place un spoken-word glaçant et angoissant.
Pour fans de Jessica93, Soror Dolorosa, Lebanon Hangover  ou de Minuit Machine.
Pas remis de tes excès liquides, tu envoies la suivante, ' Sense' , même impression d'être pris au piège, la claustrophobie guette,  le tempo lent ajoutant  un effet obsédant à cette impression d'étouffement..
Tu n'as plu senti un tel état de tension depuis l'écoute de 'Europe Is Lost'  de Kate Tempest.
P J Harvey, elle aussi, se rappelle à ton souvenir, the mess we're in... fredonnait-elle, aidée par Thom Yorke, va-t-on un jour échapper à ce merdier?
Accalmie, ' Somewhere else' est amorcé par un piano minimaliste et délicat,  avec en toile de fond un nappé de synthés. Après 90 secondes une voix exsangue lance ...I just don't care.... tandis qu'une guitare acérée vient pénétrer tes chairs décaties.
A côté de ce thriller désespéré,  'A Nightmare on Elm Street' passe pour un conte pour enfants sages.
Sea, sex and sun, ce n'est pas ce que Marie Lando chante dans ' Shore'. 
Sur cette plage, abandonnée, sans crustacés,  tout est noir et il ne s'agit pas d'une coulée de pétrole échappée d'un nouvel Amoco Cadiz,  non, la demoiselle s'épanche, révèle une rupture, se donne tous les torts, sur fond industriel fait de beats vibrants et de synthés infectieux. Tu aimerais lui balancer la bouée qui pourrait la sauver du naufrage, elle n'en veut pas!  
Sad as shit, I wanna stay alone!
Longue intro ambient indus pour amorcer ' So'  baignant dans un climat de sinistrose totale, plus rien ne peut la soustraire à la dépression, à la prostration, même.
"I am dislocated
I’m finished 
I am done
I did give it a try
Tomorrow will not come".
Tu lui paierais bien une bière, mais tu crains la réaction,... tire-toi, vieux con!
Tu croyais que le ' Berlin' de Lou Reed était le disque le plus noir jamais entendu, tu ne connaissais pas grabyourface.
A l'écoute de la dernière pièce ' Sea' tu te dis que Marie Lando n'est pas sur le point de quitter la clinique, les plaies sont loin d'être cicatrisées, quel thérapeute pourra la sortir du trou dans lequel elle s'est engouffrée, la guérir des blessures auto-infligées? 
Il reste un espoir: music can   help individuals and communities to cope with trauma...
 
Et la musique confectionnée par grabyourface est de celles que l'on n'oublie pas, la beauté peut se cacher dans la plus profonde noirceur!
 
Marie  nous a ouvert son âme,  son honnêteté nous a ébranlés!
 
Great job!
 
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