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  • : Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 13:00
Album - The Spectre Beneath - The New Identity of Sidney Stone

 Album - The Spectre Beneath - The New Identity of Sidney Stone

 

par NOPO

 Self-Released

THE  SPECTRE BENEATH - The New Identity of Sydney Stone 2020

The new identity of Sydney Stone ferait un très bon titre de thriller et que dire de cette couverture d'agent secret telle une splendide affiche en noir et blanc?
Un man in black, genou à terre, pistolet à la main droite, l'autre main l'équilibrant au sol, disparaît progressivement en poussières qui s'envolent ('Ashes to ashes' chantait Bowie, on y reviendra...).
Les mentions du groupe et le titre, dans les mêmes teintes, s'estompent de manière identique.
Cette habile mise en scène titille mon imagination aspirée par une histoire fantastique qui ferait disparaître un personnage avant qu'il n'existe.
Mais je m'enflamme un peu... Noëlle, me suggère, pertinemment, que son ancienne identité s'efface.

Echappé du groupe anglais Plague and the Decay, habitué aux mélodies torturées et aux artworks soignés et inventifs, Pete Worall change, lui aussi, d'identité.
Il réunit ici une chic équipe de choc conservant son batteur, multi-membres, pour le second album conceptuel de Spectre Beneath.
Cocorico, une french vocaliste émigrée à Austin, plus habituée des reprises poppy (notamment japonaises!) élargit le spectre.

L Lockser – voix
Pete Worrall – guitare/basse
Consta Taylor – Batterie
Musiciens additionnels :
Vini Assis – guitare
Martin Worrall – Piano/clavier
Katy Lennon – choeurs

Pour se repérer un peu, je cale quelques coordonnées géo-musicales : Kamelot, The Intersphere, Gojira, Amaranthe (en gardant l'énergie mais pas le côté commercial).
On peut glisser la plaque dans la case métal power prog, histoire de ne pas trop se perdre dans une galaxie multidimensionnelle.


'Clockwork Heart' n'égrène aucun compte à rebours, mise à feu instantanée. Les tronçonneuses démarrent au quart de tour et la batterie passe le mur du son pour nous scotcher sur nos sièges.
Seule la voix se préserve, comme elle peut, dans une bulle dépressurisée.
L'interprétation tendue maintient notre tête sous l'eau pendant 2 mns et nous laisse seulement respirer au moment du refrain qui autorise la chanteuse à gémir 'Why can't I breathe in, I want to breathe in'
Dans le clip, un lapin (chasseur) menaçant effraie le spectateur qui en fait les frais.
Le solo de guitare haletant de Vini Assis fige l'atmosphère dans une sidérance hypnotique et lance, à nouveau, le chorus sur une rampe de fusée interstellaire.

Un bruit de grésillement oppressant fait lâcher un cri à L. Serait-ce la 'Voice in the Static'? Les instruments font bloc dans une fulgurance rythmique à effet de fouet. La voix colle comme l'électricité statique.
Sur le refrain, des choeurs aériens mettent du coeur à répondre en beauté, Lockser se laissant aller à quelques chuchotements. Une seconde guitare crache un solo émoustachant.

Par son riff cassé en dents de scies, sa basse vrombissante et sa batterie dévastatrice, 'Broken' m'emporte dans des effluves d'Evergrey mais la mélancolie d'Englund y est remplacée par la tonicité de Lockser, chanteuse à rebrousse poil.

Les nouvelles annoncées confirment le pessimisme ambiant (plutôt en mal) par des infos de terrorisme mais 'Have you waited for the world to change?'. La voix fragile se lamente sur un arpège de cordes dans un mid-tempo lourd.
Ici, le glas sonne (pour qui?). Alors qu'un soutien puissant de guitares et choeurs en armada monte crescendo, la voix est finalement abandonnée a capella dans les dernières secondes.

L'intro plutôt heavy de '20 Shillings a Town' où s'échappe des sons de foules, surprend par un ton maidenien. A plusieurs voix, un break force le respect puis le cède à de fières guitares.

A l'entrée de 'The Last Light In The House', la basse imposante baisse la lumière que la guitare tamise, la batterie bavarde avec L. Cette fois, l'ambiance se veut rampante comme une menace envahissante.

'The Criminal' s'amorce par des bruits d'émeute et de pneus, qui crissent avant de précipiter un début de chaos.
Les enchaînements, sans ruptures, coulissent avec vélocité sur un rythme constant jusqu'à la fin de ce qui ressemble à une course-poursuite.
Par sa mélodie flottante, le refrain apporte un peu de répit. Puis, la guitare-balaie intercepte alors, au son d'éclats de verre, la voiture du criminel dans une fuite éreintante qui n'en finit plus. 

'The Funeral' porte bien son nom car on sent l'air irrespirable, envahi par une épaisse brume de prières de dernière heure 'Forgive me father...' qui met mal à l'aise malgré des voca 'L' ises légèrement orientalisantes ... doom doom doom!

'The Premature Burial' s'enfonce dans la pénombre comme ce corps enseveli. La gratte déchire dans la douleur d'un chant plaintif, interrompu brutalement à 3'30.
Après un break filtrant, au loin, quelques cloches, paroles liturgiques ('Ashes to ashes-on y revient-, dust to dust') et bruit de pelle qui creuse une sépulture, un duo de guitares acoustique et électrique fricote sur une voix en souffrance et la batterie qui frappe fort.
Puis une guitare électrique luxuriante bientôt rejointe par une seconde part dans de captivantes envolées à la David Gilmour.
Une basse ronflante prépare alors le terrain à de nouvelles guitares épiques, encouragées d'abord par la chanteuse seule puis des choristes. Sur toute sa longueur (8'20), le développement convaincant demeure impressionnant de variété.

'The Phone Call' L'appel téléphonique de Sydney, souffle court, obtient une réponse terrifiante 'You 'll feel like a new man cause you will be a new man', confirmée par un piano dépressif.

La pluie orageuse annonce 'The Exhumation'. Les guitares bondissent en flammes et la batterie lâche ses nombreux chevaux dont on entend les sabots. Le chant s'accroche pour suivre ce rythme effréné.
Les cordes hurlent et brûlent au bout des doigts des musiciens hors pairs. Perdue dans un rire de folle, L. laisse la conclusion déclamée par une inconnue comme une sentence inquiétante, le nom même de Sydney Stone doit disparaitre sinon 'You will be killed! We will be watching you....'

Oui Sydney... L., le monde est stone, et son coeur de pierre.
Cette symphonie tonne dans une déflagration contenue par des mélodies magnétiques.
Là où on pouvait s'attendre à des tics death, growls, voix bestiales ou à l'inverse des signatures en coloratures (voire les 2), on apprécie une voix émouvante et nuancée, qui tempère l'h'ardeur musicale.
La puissance de l'interprétation suffit à empêcher la tension de faiblir mais Lockser apaise en contrepoint charmeur et inhabituel pour le genre.
Une odyssée passionnante presqu'aussi opaque qu'un certain monolithe noir!


Titres autoproduits :
1. Clockwork Heart
2. Voice in the Static
3. Broken
4. Have you waited for the world to change?
5. 20 Shillings a Town
6. The Last Light in the House
7.  The Criminal
8.  The Funeral
9.  The Premature Burial
10. The Phone Call
11. The Exhumation

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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 16:30
EP - Digital Dream - Deap Vally

 EP -  Digital DreamDeap Vally

 

Label- Cooking Vinyl

 

L'histoire raconte que  Lindsey Troy et  Julie Edwards sont des reines de la couture, t'as été vérifié, les petits bonnets qu'elles tricotent et vendent ( cher) sont super classe, donc cette passion commune les amène à former un groupe, Deap Vally, d'après Julie, le lieu où elles ont grandi.

Là encore t'as fouiné, le seul endroit déniché à L A se rapprochant du nom choisi est le Deep Valley Drive, situé non loin de la Vista Del Norte Reserve.

T'en as rien à cirer,  on te le signale malgré tout.

Lindsey Troy ( guitare) se produisait en solitaire, Julie Edwards tenait les drums et appuyait sur les touches de clavier au sein du duo arty  The Pity Party ( deux EP's à leur actif).

Un premier single paraît en 2012, ensuite, elles sont signées chez Island Records. D'autres singles suivent puis, en 2013, l'EP 'Get Deap' , le groupe comptait déjà  un imposant bataillon de fans irréductibles, surtout impressionnés par leurs performances scéniques, qualifiées de ferocious par Consequence of Sound, qui voit les filles arriver on top dans un avenir proche.

Leur discographie s'enrichit: d'autres EP's voient le jour et deux albums, 'Sistrionix' et  'Femejism',  plus une collaboration avec les Flaming Lips, judicieusement baptisée ' Deap Lips', et que d'aucuns qualifient d'exercice de style.

2021: le hard-riffing blues-rock duo sort l'EP ' Digital Dream'.

Particularité, les filles ont invité des  sommités pour participer à l'enregistrement des quatre pistes

 

The Digital Dream EP track listing runs as follows:

Look Away (with jennylee (Warpaint)

Digital Dream (with Soko, Zach Dawes on bass (Last Shadow Puppets, Mini Mansions)

High Horse (with Peaches and KT Tunstall)

Shock Easy (with Jamie Hince (The Kills)

 Lindsey Troy (guitar, vocals) and Julie Edwards (drums, vocals)

 

 Artwork diapré et  d'influence pop-art pour une pochette dont on a cherché l'auteur en vain.

'Look Away' , Julie connaît Jenny Lee Lindberg, la séduisante bassiste de Warpaint depuis la nuit des temps, elle a très vite accepté de coopérer à l'élaboration de la plage ouvrant l'extended-play.

Les lignesde  basse de jennylee se marient à merveille au jeu indie de Julie et Troy,  pour ciseler un dream-pop track, aussi frais et vaporeux qu'une brise estivale,  d'ailleurs les lyrics sont explicites...  Picture myself on the sand . Picture myself by the sea . Picture myself all warm in a moment of dreams .  And I’m going to be in your arms, it’s a holiday ... 

Vivement que reviennent les beaux jours, l'insouciance et la légèreté d'avant la peste. 

Tiens, voilà Coutin, dis-nous, Patrick:  

Ouh Ouh ! Le sable est chaud !
Les filles sont belles !
L'amour fait des ravage..

Tu te sens comment?

Sauvage!

Paye-toi une glace, petit! 

La seconde invitée est Stéphanie Sokolinski, plus connue sous l'étiquette Soko, c'est elle qui prête sa voix narrative sur le trip hop futuriste  'Digital Dream'. 

La Bordelaise a emmené  Zach Dawes qui se charge des lignes de basse.

 Les voix fluettes et flottantes des Californiennes forment un contrepoint intéressant au spoken-word cosmique débité par Soko, le tout baignant dans une huile musicale faite de bleep bleep sidéraux. 

George Orwell a apprécié!   

A cheval, voici ' High Horse', featuring Miss "Black Horse and the Cherry Tree", alias Kate Victoria Tunstall from Scotland et au rap, Merrill Beth Nisker, better known under the monniker Peaches, un morceau nettement plus nerveux que les deux précédents.

Du rock percutant: la guitare tranchante, les claps, le saxophone faisandé d'Andy Stavas, actif au sein du band Kiev ( non repris pour les crédits, what a shame),  et le chant scandé font mal et on aime ça!

Avec Peaches comme associée, les connotations d'ordre sexuel  ne sont guère surprenantes.

 Straight-up badassery, indiquent les filles!

Et les Osmonds, qu'en pensent-ils?

Crazy, this horse! 

Déjà la dernière de la collection, pour 'Shock Easy' les demoiselles ont fait appel à la guitare meurtrière de Jamie Hince.

Le titre, infectieux,  a été inspiré par les tueries à répétition se déroulant dans les collèges ou universités, un peu partout aux States, Lindsey, Julie et Jamie le transforment en gospel hanté et rugueux,  porté par une voix narrative et des choeurs sépulcraux.

 

Les filles considèrent ' Digital Dream' comme une renaissance artistique, certains auditeurs regretteront le raw blues rock des productions précédentes, d'autres applaudiront à l'audace dont ont fait preuve 
Lindsey Troy et  Julie Edwards!

Faut choisir son camp, nous, on aime!

 

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3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 13:47
Nematomorphos - Survive the Wasteland (EP)

Nematomorphos - Survive the Wasteland (EP)

 

self-produced

Qui choisit un nom de scène aussi saugrenu que Nematomorphos?

On questionne le groupe originaire de Vila Real ( Portugal):  Porquê o nome de Nematomorphos?

Etimologicamente, morfos é forma; um nemátodo é um parasita que se alimenta do seu hospedeiro, e controla as suas decisões e movimentos....

Euh, quoi, des vers gordiens, saloperie, on a essayé de lire une exégèse scientifique concernant la  manipulation du comportement chez une sauterelle hébergeant un nématomorphe, dégoûté, on a abandonné après trois lignes.

Pas question de pinailler en charentaises, Nematomorphos, au fond, ce n'est pas plus con que Les 3 Fromages ou David et ses Croquettes, voire Anal Cunt ou Jimmy Eat World.

Le groupe se forme en 2018, sort deux singles, puis, fin 2020, un EP ( 3 titres) qui comprend les deux  45 tours.

Vu le patronyme choisi, tu te rend bien compte que ces gens ne voyagent pas dans le même wagon que  Madredeus, Linda de Suza,  Amália Rodrigues ou Misia, leur credo c'est le métal sympathique, tendance thrash ou death, celui que préfère ta belle-mère!

  Tracklist:
Lost cause?
Tortured Mind
Malevolent Kin

Line-up:
António Cardoso - guitar
Rangel Coutiño - vocals
Paulo Queirós - drums
'Dalton' Rodrigues - bass

Credits:
Recorded at Blind & Lost Studios, produced, mixed and mastered by Guilhermino Martins.

 

A l'examen de la pochette, tu ne risques pas de gerber sur tes Tommy Hilfiger neuves, pas de ver répugnant, mais un dessin surréaliste, signé F. Malojo, représentant  une main ouverte dont les doigts anguleux semblent vouloir écraser un amas de buildings, tandis que des figures humaines minuscules glissent entre ses phalanges pour aller s'écraser Dieu sait où, l'artwork renvoie aussi bien vers Fritz Lang que vers la fresque du  Jugement Dernier,  que tu peux admirer à Albi.

Libre à toi d'interpréter l'oeuvre à ta guise, mon cher Henri! 

Cale-toi ton dans fauteuil, c'est parti sur les chapeaux de roue, ' Lost Cause' est précédé d'une longue intro, musclée,  devant préparer les mercenaires à l'affrontement: heavy riffs, batterie sonique, agressive, au bout de 60 secondes  t'es prêt à encaisser les growls rageurs de Rangel.

Le scénario est connu depuis Metallica, Megadeth, Slayer, Sepultura ou Pantera, plus de trente ans plus tard, la veine est toujours exploitée, les Lusitaniens ont bien saisi toutes les ( grosses)  ficelles du thrash et s'en donnent à coeur joie.

Droit au but, tel est le mot d'ordre, t'as intérêt à ne pas te trouver sur ma route, je voyage en bulldozer.

'Tortured Mind' démarre par des riffs finement chiadés, mais dix secondes plus tard, le chanteur évacue toute sa hargne, le tempo accélère bestialement, comme la bête a l'esprit torturé, elle éructe tous ses griefs: faut détruire le mur ( Roger Waters l'avait déjà suggéré), ignorer les ordres, en un mot te libérer! 

Quoi?

Oui, tu peux penser à Kreator , ce sont des Allemands, non, ils se déplacent en panzer? 

Opiniâtre  est faible pour décrire leur labeur, ça cogne très méchant.

Les vers spaghettis ne vont pas se calmer avec le dernier acte de leur trilogie,  'Malevolent Kin' , ils te proposent simplement d'éliminer les proches malveillants.

Pas de pitié pour le gladiateur vaincu, à l'abattoir!

Les deux premiers sermons n'étaient déjà des plus pacifistes, le troisième est encore plus féroce et oppressant, ce n'est pas un minuscule ténia qui se ballade dans tes entrailles, c'est un boa constrictor qui, sans pitié, te serre la gorge.

Le Dalton  maniant la basse, aidé par ses affreux et agressifs complices, va finir par avoir ta peau, et cet imbécile de Rantanplan, qui baille aux corneilles, ne viendra pas te prêter main-forte.

Une fameuse tranche de death metal ravagé!

Elvis, c'était Graceland, bienvenue au Wasteland chez Nematomorphos.

Tu te dis que ce  truc doit rudement déménager sur scène mais ce n'est ni au Hellfest, ni au Graspop que tu les verras se défouler.

Les événements sont annulés!

Avouons-le franchement, le headbang dans ton salon, en ingurgitant des litres de houblon,  pour visionner un concert en livestream c'est pas vraiment ta tasse de thé!
 

 

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2 mars 2021 2 02 /03 /mars /2021 14:06
Album - Mercy - Forever 2021

 Album - Mercy Forever

 Released 1st February 2021 on most streaming platforms including Spotify, Amazon, iTunes, Google Play and YouTube.

Par NoPo

 

 Mercedes Diett-Krendel entame sa carrière en tant qu'artiste solo dans des clubs autour de Londres et finalise 8 titres en 5 ans...
A peine 5 minutes par an, pas rapide la Mercedes, mais qui va doucement ... ménage sa monture (c'est ça non?)!

'Forever' évoque mariage... et volonté de se dépasser dans la difficulté.
Ma grand-mère adorait que les films se terminent par un mariage ... mais je ne crois pas qu'elle aurait aimé celui-là.
Mercedes a certainement raté un virage à un moment donné, elle confie exprimer ici toutes ses frustrations, angoisses et échecs récents.

Une photo surexposée de la mariée (cadrée de la taille à la tête) de dos mais visage tourné vers l'objectif, occupe la moitié droite de la pochette.
La douceur de ses cheveux blonds et la blancheur de sa robe, se confondant presque, contrastent avec le rouge du sang qui la tâche.
Comme un buvard, le fond du paysage aspire une partie de ce sang. 'Mercy' quasi en majuscules, blanches avec effet 3D, intègre une étoile dans la partie haute du 'e' seule lettre minuscule.
'Forever' griffonné, du bas à gauche en direction de l'angle opposé, prend des couleurs marrons orangées.


Le truc commence par une introduction tordue : un ptit coup de Big Ben, un ptit coup de marche nuptiale, un ptit coup ... à la maison...
Un ptit air de guitare envoûtant ... les bras qui donnent envie de s'y réfugier...

Puis en voiture Mercedes! 'Heart of stone' fanfaronne sur un air guilleret. La voix de la chanteuse me rappelle la blondeur de Deborah Harry (sérieux!) avec des racines sombres comme les paroles de ses chansons.
La voix multipliée apporte de l'emphase à une écriture simple et fraîche. Chaque phrase semble projetée par un élan entraînant.

Dans 'Cut it out',  basse/batterie encouragent la voix sûre d'elle. L'anglaise ne se défile pas (à l'anglaise) mais cherche à couper avec son passé et tourner la page.
La guitare aiguisée tranche dans le vif. Les roulements sur les toms dramatisent l'ambiance qui, cependant, s'allège, en toute fin de titre, grâce à un son de guitare aérien et des choeurs suspendus.

D'emblée, un riff de guitare marque parfaitement le temps à prendre. 'A little more time' incite au recul afin de respirer.
La cadence invite aux mouvements corporels et au lâcher-prise. La voix motivée essaie de convaincre et de se convaincre.
Un passage tente pourtant de contrer les bonnes intentions mais elles finissent par l'emporter.

'Gabriel' loin de l'archange, son amour étrangle sa vie. Cette magnifique ballade délivre l'artiste d'une relation toxique.
La mélodie, tellement prenante, remonte dans mes veines jusqu'au coeur et brûle mon esprit par sa sincérité.

The 'Damage' is done chantait Foreigner. Ici aussi, il est trop tard, les dommages sont déjà causés.
Contrairement aux américains qui se lamentaient, la chanteuse, après quelques secondes de morosité, se réjouit de passer à autre chose et la vigueur du morceau s'en ressent.
Le riff, aussitôt emballant, balaie tout chagrin et entraîne le corps émoustillé dans une sarabande optimiste.

Une voix battante démarre 'Forever' de façon déterminée. La trame rythmique rebondit, tout au long de la plage, dans une sinusoïde amoureuse.
La femme déchirée s'arrache pour s'en sortir et entraîne l'auditeur dans son tourment. Les attaques de guitares se plantent, douloureusement, comme des banderilles dans la peau du taureau.

L'album s'achève en 'Revenge' qui ressemble plus à du soulagement. L'intro dégage un grondement zébré par une guitare aguichante mais un break assombrit le ciel.
Dans un débit vocal élevé, la conclusion s'écourte rapidement et créée une frustration, 1'44 et ... 'Oh man, it feels so good to get revenge'

Malgré une durée digne d'un EP, ces 25 minutes percutantes amènent autant que d'autres se perdant dans les grandes longueurs.
Mercedes cite les influences de No Doubt et Hole. Si on peut, effectivement, s'accorder sur une direction musicale impulsée par une personnalité féminine forte, Mercy, percée de doutes, se montre pourtant plus saignante.
Les mélodies solides et attrayantes donnent envie de répéter l'écoute de ce disque. Mercedes, c'est la classe!
Tout juste, peut-on simplement regretter que la production n'apporte pas plus de puissance méritée à ces guitares.
No mercy? Bien au contraire, merci Mercy!



Line-up
Mercedes Diett-Krendel Voix et guitare
Sunil Tailor Guitare,
Annie Kalbag Basse
Holly Mallett Batterie

Titres
01. Introduction (instrumental opening track)
02. Heart Of Stone
03. Cut It Out
04. A Little More Time
05. Gabriel
06. Damage
07. Forever
08. Revenge

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1 mars 2021 1 01 /03 /mars /2021 08:48
Album - Tele Novella – Merlynn Belle

 Album - Tele Novella Merlynn Belle

 

Label: Kill Rock Stars.

Second acte du feuilleton télévisé en provenance du Texas: Merlynn Belle!

Euh, t'es gentil, mais un l suffit pour écrire Telenovela, et si t'espérais voir la séduisante Paulina Goto dans un épisode de 'Un camino hacia el destino', tu t'es trompé de chaîne.

  Lockhart, Texas, 12,698 citoyens recensés, dont Natalie Ribbons et Jason Chronis, le duo ayant fondé Tele Novella, c'était en 2013.

A l'origine, ils étaient quatre: Natalie Gordon ( (aka Natalie Ribbons), Jason Chronis, Matt Simon et Sarah La Puerta, ils sortent très vite quelques EP's, suivis par l'album 'House of Souls' en 2016, Sarah est désormais créditée sous le nom de Gautier.

L'eau coule sous les ponts du Colorado, Tele Novella se réduit à deux éléments:  Natalie Ribbons, ex-Agent Ribbons, ( lead vocals, guitar, whistle, shakers) et Jason Chronis , ex-Voxtrot ( bass, guitars), ils viennent de sortir  Merlynn Belle.

En examinant les noms crédités sur la rondelle, tu retrouves  Sarah La Puerta aux backing vocals, keys, vibraphone, piano  et harmonium, le producteur Danny Reisch se charge des drums.

 

TRACKLISTING:

1. Words That Stay
2. It Won't Be Long
3. Never
4. Wishing Shrine
5. One Little Pearl
6. Paper Crown
7. A Lot To Want
8. Crystal Witch
9. Desiree
10. Technicolor Town

Un coup d'oeil à la pochette, joliment colorée façon carte de Tarot, le dessin enfantin  représente une jeune femme dénudée chevauchant un lion à tête humaine, un poil kitsch, peut-être, mais très approprié en cette période de carnaval., et puis il faut savoir que Natalie tient une boutique vintage où tu peux dénicher pas mal de trucs qui plairaient à ta copine aimant les objets saugrenus.

“Words That Stay”, en mode lo-fi pop, charme d'emblée nos oreilles, restées enfantines, la voix sucrée, légèrement old-fashioned de Miss Ribbons ( on adore les fins rubans dans les cheveux qui évoquent une époque révolue, celle où Jo Stafford fredonnait ' Scarlet ribbons'), le petit côté mexicain de l'instrumentation, la naïveté ambiante,  tout contribue à nous replonger dans un climat d'insouciance qui n'a plus cours en ces temps d'anxiété.

Un charme désuet émane de 'It Won't Be Long', une chanson douce, dixit Henri Salvador. Cette berceuse ondulée suggère un monde bienveillant  et chaleureux, semblable à celui imaginé par Pamela Lyndon Travers, la créatrice du personnage de Mary Poppins.

En entendant la voix légèrement cabaret de Natalie, c'est une image de Julie Andrews que te renvoie ton cerveau, le cataclop, cataclop, tchouk, tchouk, tchouk  de la mélodie ajoute une dimension conte de fées à la plage.

La dreamy  ballad ' Never' offre de nostalgiques relents country, la voix balance, prend de l'altitude, redescend,  comme si Natalie, assise en amazone sur un cheval de bois, suivait les mouvements circulaires du carrousel.

"I wrote this song for my best friend, after her younger brother passed away unexpectedly," confie Natalie.

La ballade mélancolique 'Wishing Shrine' est introduite par un sifflement spaghetti western avant d'entendre la chanteuse reprendre un titre qu'elle avait déjà enregistré avec Agent Ribbons ' Jamaica and the Wishing Shrine'.  

La nouvelle version comprend un chapitre supplémentaire, mais elle n'a rien perdu de sa magie, ni de son charme  suranné. 

Avec 'One Little Pearl', le duo embraye sur une tranche de psychedelic folk, évoquant, puisqu'il s'agit de perles, le groupe oublié Pearls Before Swine. 

Pour amateurs de menuet et autres danses baroques! 

Tandis que tu balances toutes les coquilles d'huitres au fond du jardin sans avoir déniché la moindre perle, la coquine, aidée par le touche-à-tout Jason, se confectionne une ' Paper Crown' scintillante qui doit épater toute la ville.

On fait comme on peut pour fuir la morosité ambiante, d'ailleurs le folk forain, ça peut être sympa.

Si tu fais écouter la rengaine à ton petit-fils, c'est une certitude, en décembre, Saint- Nicolas devra déposer un glockenspiel dans son petit soulier. 

Toujours en mode rêve éveillé,  ' A lot to want'  émerveille autant par le timbre candide et pétillant de la chanteuse que par  les teintes retro  de l'harmonium, tapissant l'arrière-plan. 

La richesse de la palette sonore nous renvoie vers des groupes tels que  The Incredible String Band, le Floyd des débuts,  ou de ' The Madcap Laughs' du renversant Syd Barrett, cela se vérifie encore davantage avec la plage ' Crystal Witch'.

Assurément, Tele Novella aurait dû voir le jour dans les sixties!

Un carillon fantaisiste amorce une nouvelle tranche de pop baroque ,  'Desiree'.

L'instrumentation précieuse, agrémentée d'une foule de détails,  exhume l'univers d'artistes tels que   Left Banke,  Strawberry Alarm Clock ou  Margo Guryan.

Le pépiement clair de Natalie a rendu jaloux les mandarins de ta belle-mère qui désormais refusent  de chanter.

Un grésillement communication radio de l'armée britannique, captée à Dunkerque en 1943,  introduit 'Technicolor Town', le dernier morceau,  que la chanteuse fredonne d'une voix flottante pour accentuer l'impression d' obsolescence et de vétusté.

 

 La beauté intemporelle des chansons reprises sur  'Merlynn Belle' relève autant de l'alchimie que d'un savoir-faire incontestable. Tele Novella peut paraître  anachronique aux yeux de certains, mais le duo de Lockhart a sorti, sans conteste,  un des albums les plus intéressants de ce début d'année.

A écouter d'urgence  après avoir pris la  peine de se débarrasser d' oeillères idéologiques contraignantes!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 février 2021 5 26 /02 /février /2021 11:05
Album - Thorium - Empires in the Sun

 Album - Thorium - Empires in the Sun

 

Par NoPo

 Freya Records

 THORIUM Empires in the Sun 2021

Après avoir jeté une oreille ('j'men fous il m'en reste une!' disait le père de Bernie) aux 80's Ostrogoth reformés en 2010, je m'attends à des étincelles avec cette nouvelle association.
3 des guitaristes belges (pendant 7 ans... dans le groupe... pas belges pendant 7 ans) s'adressent à Thor (plutôt à raison d'ailleurs), Dieu nordique du tonnerre qui les initie (si si c'est possip!) à son métal.
Pour prendre leur essor, ils déclinent donc leur patronyme en Thorium après avoir complété l'équipe de forgerons par un chanteur et un batteur en 2018.
Justement 'Empires in the Sun' relate le déclin de la gloire éphémère (sur le modèle de Ramsès II, Ozymandias du poème de Percy Shelley) dont il ne reste, un jour, plus rien sauf des ruines et le sable à l'infini.

Pratique cette pochette (peinture de Velio Josto, auteur d'oeuvres pour Riot ou Enforcer notamment), on a pu jouer aux 7 merveilles du monde avec mon petit fils : la pyramide de Khéops, Chichén Itzá au Mexique, la grande muraille de Chine, la Khazneh de Pétra, et ... le Taj Mahal me suggère Timaël.
Damned, il en manque! Au premier plan, un chemin sculpté, bordé à gauche, d'un glaive dans le roc et de canons à l'arrière et d'un bouclier à droite, conduit sous les vestiges d'une arche qui se découpe dans un ciel bleu nuageux au soleil couchant.
Sur le fronton de l'arche, une gravure 'Beneath behind and between' semble faire référence à Rush (premier texte écrit par Neil Peart).
Le logo du groupe taillé en triangle, dans un aspect de pierre, s'accroche au dessus, pointe vers le bas. Le titre du disque se pose sur le chemin dans une écriture sophistiquée de lettres en forme de flèche ou soulignées.


'Dreams of Empire' aurait pu être interprété par Steve Hackett ou Ritchie Blackmore ('s Night) voir même Tony Iommi (remember 'Orchyd').
Un duo d'arpèges de guitares cristallines marquées, sur le final, par un claquement de palmas, ouvre superbement l'album comme un lever de soleil champêtre.

A côté de ça 'Exquisite' embraye à l'allemande façon Helloween ou Edguy pour un grand prix plein de virtuosité (Schumi aurait apprécié).
A mi-morceau, un riff délicieusement doublé laisse passer la 4è aux twins guitares mais en solo cette fois. Aucun relâchement ne se ressent jusqu'à l'explosion des dernières secondes.

'Powder and Arms II' ralentit le rythme très (très) légèrement pour un climat heavy maidenien à souhait. La frappe fait parler la poudre en évoquant un tir d'artillerie ou une marche forcée mais les guitares laser s'envolent toujours aussi gracieusement.

'Where Do We Go' sait où il va sans se poser de questions. Les guitares de Dario Frodo et Tom Tee fusionnent magnifiquement leur travail d'orfèvres.
La voix, après un démarrage dans des basses rugueuses, se cale entre celle de Tobias Samett et de Bruce Dickinson pour notre plus grand plaisir.

'More Than Meets the Eye' Une guitare façon scie circulaire duellise avec une seconde gratte qui se la joue tronçonneuse si loin du massacre. Dans cette entrée explosive, ça sert les dents!
La basse tonne pour ne pas être en reste pendant que la batterie s'en cogne. Quelle intronitruante qui donne l'impression de se prolonger... jusqu'au bout du round!

La voix narrée par Norman Eshley (Blind Guardian) introduit 'Empires in the sun' en faisant penser à 'The number of the beast' de la vierge de fer, mais, ensuite, ce sont les citrouilles qui font le numéro.
Posé sur un riff onctueux, le chant de David Marcelis s'acoquine avec le timbre d'Andi Deris (Helloween) qui lui colle aux cordes vocales et les escalade aussi haut que l'aurait fait Kiske (Helloween).
Un break aérien, d'un peu plus d'une minute, permet de reprendre son souffle qui s'enflamme à nouveau au final.

'Old Generation' le fait à l'ancienne commençant par une double-pédale à la vitesse de l'excès, puis une éructation de basse propulse la guitare en riff tranchant, apprécié dans un cri de plaisir aigu.
L'effet de la guitare possède un lécher synthétique. La rythmique se la joue Speedy Gonzales avec une entente Van der Linden/Lawless exceptionnelle (tout au long du disque d'ailleurs).
Derrière un arrêt brutal, un double fond nous piège par une outro (qui aurait pu être une belle intro) fignolé à signature NWOBHM.

'Winterfall' une basse métallique, confrontée à une frappe puissante, percute un riff saturé avant l'envol d'une seconde guitare, puis par un contre-pied, la main change le riff en saccades.
Les secousses pachydermiques s'opposent à un chant très aigu proche du métal God.
A mi-morceau, la voix narrée ne rigole pas, mais la folie, un instant, s'empare de celle du chanteur partie en vrille. La composition bascule alors de la lourdeur de Judas Priest aux fulgurances de Dream Theatre comme par enchantement.

'Itchin' and Achin', sans surprise, réinvente le early speed metal à la Helloween. Les guitares martelées au piledriver s'empilent en couches, conduites par de sacrés pilotes qui en tirent un chaud son puissant et tranchant.   

La trilogie 1302 :
'The minstrel part I' Une guitare sèche, en accords légers, invite un chant de ménestrel dans une galerie jusqu'à la sortie sous des choeurs lumineux.
'The Golden Shadow' Changements de rythme et hymnes scandés caractérisent cette longue plage dorée. Sa construction ambitieuse reste passionnante sans grandiloquence.
Les guitares ne lâchent rien ou plutôt... l'inverse, elles lâchent tout et font feu de toutes leurs cordes. Un passage plus agressif perfore le centre du morceau qui se brise en d'autres morceaux chantés par plusieurs interprètes avec des atmosphères variées.
Les architectes du son élaborent ce monument comme une merveille éblouissante.
'The minstrel part II' dégage une ambiance moyenâgeuse, rendue par une guitare acoustique (parfois une deuxième en lead), enveloppée de choeurs aériens en coda magnifique a capella.


Le groupe belge tord le cou aux idées préconçues. Si, si on peut passer en revue de nombreux styles (power, speed, heavy voir prog) sans perdre le fil de son métal!
La production rutilante combinée à la virtuosité des musiciens nous accueille ici dans un véritable audi...torium. Impossible de passer sous silence les mélodies retentissantes et les éclairs aux cordes et au cordeau.
Cependant, malgré toutes ses qualités, cette oeuvre suivra les traces de ces empires... en cendres comme au créma...torium...


Line-Up:
David Marcelis: lead vocals
Tom Tee: electric, acoustic and classical guitars, backing vocals
Dario Frodo: guitars, backing vocals
Kurk “Stripe” Lawless: bass guitar, backing vocals
Louis Van der Linden: drums & percussion

Invités:
Norman Eshley: narration
Arjen Anthony Lucassen: lead vocals
Joe Van Audenhove: lead vocals
Anneleen Olbrechts: lead & backing vocals
Benny 'Zors' Willaert: lead & backing vocals

  1. Dreams of Empire (A Pastorale) (0:53)
  2. Exquisite (3:52)
  3. Powder and Arms II (3:08)
  4. Where Do We Go (4:34)
  5. More Than Meets the Eye (4:42)
  6. Empires in the Sun (5:12)
  7. The Old Generation (4:44)
  8. Winterfall (5:15)
  9. Itching and Aching (Dead-Eyed Society) (3:18)
  10. 1302: The Minstrel [Part I] (3:09)
  11. 1302: The Golden Shadow (13:02)
  12. 1302: The Minstrel [Part II] (2:15)
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24 février 2021 3 24 /02 /février /2021 13:25
Album- Edie Brickell and New Bohemians – Hunter And The Dog Star

 Album- Edie Brickell and  New Bohemians – Hunter And The Dog Star 

Label: Thirty Tigers

 

Edie Brickell, oui, tu connais: un tube immense en 1988, ' What I am', extrait du premier album qu'elle enregistre avec les New Bohemians ( Shooting Rubberbands at the Stars).

Ce n'est pas la troisième épouse de Paul Simon?

Effectivement, une relation orageuse qui ne les a pas empêchés d'avoir trois enfants.

Si tu t'intéresses aux ragots, une cousine de ma voisine qui, de temps à autre, feuillette The National Enquirer et qui gobe tout ce que raconte  Oprah Winfrey, te signale que la vie amoureuse du 5ft 3 Paul Simon n'est pas triste, en dehors des filles passées devant le maire, il a collectionné les conquêtes.

Plus de détails....écoute Gossip de Beth Ditto.

Edie Brickell, qui avait donc rejoint les Bohémiens en 1985, invitée par un des fondateurs, Brad Houser,  pond avec eux un second album, apprécié, en 1990, ' Ghost of a Dog', avant une longue période de silence.

 Devenue l'épouse de Mr Graceland, elle s'embarque pour une aventure solitaire qui la voit enregistrer deux galettes.

Après un hiatus d'une quinzaine d'années, elle retrouve les New Bohemians pour  'Stranger Things', suivi, douze ans plus tard ( 2018), par 'Rocket'.

Douze ans, c'est long, la Texane  a repris sa carrière solo et signe deux disques, puis elle fait partie des Gaddabouts, un supergroupe dans lequel figurent Steve Gadd, Andy Fairweather Low et Pino Palladino.

La clique grave deux albums.

Plus étrange est son association avec l'entertainer Steve Martin, par ailleurs pas un âne au banjo, on leur connaît trois albums, dont un Live.

2021 marque le retour d' Edie Brickell and  New Bohemians avec l'album 'Hunter And The Dog Star'! 

T'as vu le clebs sur la pochette, perché sur un roc surmontant une forêt de pins, peinte en teintes violacées, il semble hurler à la mort à la vision de la constellation du Grand Chien, a-t- il lu le post-apocalyptic fiction novel de Peter Heller ' The Dog Stars'?

 

HUNTER AND THE DOG STAR TRACK LIST
 
1. Sleeve
 
2. Don’t Get In The Bed Dirty
 
3. I Don’t Know
 
4. Stubborn Love
 
5. Rough Beginnings
 
6. Tripwire
 
7. Horse’s Mouth
 
8. I Found You
 
9. Miracles
 
10. Evidence
 
11. My Power
 
Credits: Edie Brickell (vocals, guitars), producer Kyle Crusham (background vocals, mellotron, piano, Rhodes, synthesizer) and the New Bohemians: Brandon Aly (drums), John Bush (drums, percussion), Brad Houser (bass, synthesizer) and Kenny Withrow (bass, guitars, synthesizer) , the album also features Matt Hubbard (background vocals, organ, piano, synthesizer, wurlitzer), Burton Lee (pedal steel) and background vocals from Kelly Micwee and Alice Spencer. 
 
Il s'agit de se retrousser les manches, voici 'Sleeve' , tu les relèves bien haut si tu envisages plus de 20 tatouages.
Sur fond pop psychédélique , oui, il y a des champignons et des éléphants, peut-être roses, Edie débite sa fable de manière désinvolte tandis que les copains jamment sans retenue .
La guitare dessine des arabesques frivoles, la basse de Brad et les drums maintiennent un rythme soutenu, Matt ajoute quelques touches de claviers pas ridicules, ils semblent tous prendre un malin  plaisir lors de l'interprétation de cette plage où le groove et les envolées improvisées cohabitent pour le meilleur.
Le pire n'étant pas au programme.
Don’t Get In The Bed Dirty' rappe à la manière de Blondie dans 'Rapture' , les connotations sexuelles font partie de la trame et, forcément, la notion de  sex-appeal sollicite  l'image de Prince et surtout celle des fameuses basslines d' Ida Nielsen ou de Rhonda Smith.
Brad, s'en inspire et, en tant que fan de Jaco Pastorius,  avoue "I haven’t been able to put a lot of super funky stuff on our recordings, and that’s one of the funkier things I’ve ever played."
Et sinon, je me douche et je me couche, comme le demande la madame! 
Avec ' I don't know'  Edie s'aventure, avec grâce, pas Kelly,   dans le domaine dance-pop remuant , la batterie, métronomique, permet aux autres fils du vent de discourir sans gêne, ils ne s'en privent pas.
 Edie, donc, tu ne te souviens plus avec qui tu as passé la nuit?
... Who's that waking up beside me... I don't know I don't know I don't know anymore...
Abus d'alcool, une soirée fumette?
C'est un interrogatoire,  I repeat it, I don't know!
'Stubborn Love' est introduit au Rhodes, raison pour laquelle un gars avance le nom de Donald Fagen, il y a pire comme parallèle, puis Edie rapporte l'histoire d'une aventure amoureuse démarrant au bowling. Pour lui, un one-night-stand, pour elle, 'he was the one' , résultat: un bébé, un mariage, un divorce!
L'American way of life !
Une des chansons les plus sincères de la collection est à coup sûr ' Rough beginnings' relatant l'histoire de Jasmine, d'Abilene, serveuse la nuit pour payer ses études, elle s'en sort, grimpe l'échelle dans son boulot, épouse un brave gars avec lequel elle fait deux gosses, le matin elle se lève de bonne humeur pour aller bosser, en rentrant en début de soirée elle promène le chien, puis prépare le dîner,  un album de  Dolly Parton glissé dans le lecteur.
Rough beginnings, peut-être, mais jamais une plainte, la resonator de Kenny Withrow brode en finesse tandis qu' Edie colle une voix pure sur la mélodie,  rien de plus, l'art réside dans  la simplicité.
'Tripwire' is a freakshow, déclare Kenny, il a raison, pendant 90 secondes, sur un simple drumbeat et une guitare répétitive, Edie déraille grave en crachotant  des incohérences ... Awu, hwah, hwah, awu, hwah, hwah.... 
Dans le genre, tu préférais ' Kili Watch' des Cousins!
Retour aux choses sérieuses avec le country/Southern rock ' Horse's mouth'  embelli d'un beau solo de guitare et d'un déboulé de piano emballant et puis, tu la replaceras celle-là: “Hey, if you don’t hear it from the horse’s mouth, you’re hearing it from the horse’s ass.”
Qui disait, parle à mon cul, ma tête est malade? 
Il fallait une romance fleur bleue, là voilà ' I found you' .
 Mrs Brickell semble déclarer son amour à l'être chéri, mais en fait  l'idée vient de Brad  qui dédie la chanson à sa fiancée, quant à Brandon, il marque le rythme par un drumming tribal.
Le point fort est toutefois le superbe bridge à la guitare.
'Miracles' are just for believers, merci Bernadette!
A part ça, ce downtempo est une véritable  petite merveille, dégageant grâce et  délicatesse, tout  y est subtil: la voix, fragile, les claviers  quintessenciés, la guitare aux effluves latines et le drumming feutré, bien joué, les gars!
Ce 'Miracles' vaut les meilleurs Steely Dan.
Après la perle, vient l'improvisation, l'instrumental ' Evidence' permet aux guitares de lancer des piques psychédéliques pendant que madame, au chômage, se fait draguer au bar par un gigolo.
L'énergique 'My Power' termine l'album sur une note punchy.
 Toute la puissance de la pièce repose sur une basse au galop, elle imprime un groove irrésistible, alors que la sirène s'essaye, avec succès, au chant en  falsetto.
 
Un album varié qui ne décevra pas les fans d'Edie Brickell mais laissera de marbre les fervents de Rémy Bricka, à chacun sa religion!
 
 
 
 
 
 
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22 février 2021 1 22 /02 /février /2021 13:42
Album - Glare of Deliverance by Genus Ordinis Dei

 Album -  Glare of Deliverance   by Genus Ordinis Dei 

 

NoPo

Label/Eclipse Records

Une fois de plus, Eclipse Records en met plein les yeux et les oreilles avec la publication du 3è album de G(enus) O(rdinis) D(ei) qui s'intitule G(lare) O(f) D(eliverance).
La loge se compose de la crème musicale de Crema (leur ville d'origine en Lombardie).

Niccolò (Nick K’) Cadregari – voix, guitares
Tommaso (Tommy) Monticelli – guitares, claviers, orchestration
Richard Meiz – batterie
Steven F. Olda – basse

La pochette éclabousse de lumière le dessin d'une jeune femme nue, aussi diaphane et figée qu'une statue. 
Une pierre magique semble incrustée dans son ventre vers lequel se concentrent tous les faisceaux lumineux provoqués par une explosion dégageant nuages et flammes.
Une calligraphie très alambiquée marque le nom du groupe, en haut dans un blanc flamboyant. Le titre en bas, de même couleur, figure plus discrètement. Le tout repose sur un fond cosmique.

Pour les étagères, on glisse le disque pas trop loin d'Epica et Within Temptation dans la case death métal symphonique et mélodique (quoique ... l'ordre alphabétique, y a que ça de vrai!).
Les sonorités musicales rapprochent surtout les italiens de leurs compatriotes et amis de Lacuna Coil sans la voix féminine mais avec une voix death prépondérante qui peut, plus encore, faire penser à Eternal Tears of Sorrow.

L'oeuvre cuisine une crème sonore comme personne, souvent fouettée, parfois brûlée, parfois glacée. 10 recettes sont filmées en séries condensées très esthétiques avec des durées raccourcies par rapport au CD.
Théâtraux tout comme l'artwork, ces épiques épisodes se combinent pour former l'histoire d'une jeune femme nommée Eleanor persécutée par la Sainte Inquisition.
Les morceaux sonnent, en effet, très cinématographiques. Quelqu'un suggère concept album ?

1. Ritual
2. Hunt
3. Edict
4. Examination
5. Torture
6. Judgement
7. Dream
8. Abjuration
9. Exorcism
10. Fire

'Ritual' introduit d'une belle ambiance opératique la superproduction. Des synthés en symphonie soutiennent des choeurs amples puis un rythme martial assombrit le ciel devant une guitare rayonnante.

L'ouverture de la chasse poursuit une voix de bête entre grognements et déchirements. 'Hunt' enchaîne parfaitement sur la plage précédente avec ses claviers grandiloquents et sa batterie éloquente de blast beat.
Alors qu'on s'attend à un chant lyrique, des cris de Satan contrastent avec la musique orchestrale.

'Edict' fait scintiller 2 guitares dans un riff moiré d'abord de nature progressive et séduisante. Puis les guitares, les claviers, les choeurs et la batterie font corps dans des montées atmosphériques.
La voix monstrueuse scande agressivement en faisant monter la pression. Le morceau alterne entre choeurs angéliques et voix démoniaque.
Juste avant les dernières notes, un passage invite une cloche à sonner le glas au milieu de cymbales crashées.

'Examination' passe son examen death mélo et en même temps, que le mur du son pour les guitares. La voix chuchote de façon menaçante avant de libérer sa langue de serpent venimeux.
Par instants, des claviers onctueux adoucissent le propos.

D'emblée, 'Torture' tapisse de cris de douleurs un climat lourd et tempétueux.
Un court passage fait espérer un répit, grâce aux violons, mais des phrases, en latin, crachées, comme les glaires de la délivrance, augmentent l'impression dramatique qui s'amplifie jusqu'à la fin.

Un riff, prenant, lent et triste à la guitare, tinté de cloche et violon en fond, lance 'Judgement' qui aurait pu être le dernier.
Comme les précédentes, cette plage aime jouer au flux et reflux, dans des envolées d'écume à choeurs ouverts.
Un couloir atmosphérique sous la vague conduit, ensuite, à une grotte pleine de guitares et voix growlées. Un balancement groovy nous invite à crawler.
La longue marée s'achève, délicieusement, au piano.

Lors d'une première phase calme, 'Dream' mélange délicatement la rythmique avec une basse vibrante prédominante, des guitares chatoyantes et des petites touches de piano.
Puis, dans une deuxième phase plus perturbée, des saccades prolongent le mouvement rejoint par la voix engorgée.
Le côté orchestral, un peu moins envahissant, rend, alors, le développement plus léger. Enfin, le retour de la cadence saccadée remet sous tension la fin de rêve.

Il faut écouter les chants de moines d'Abjuration' le dimanche matin à l'heure de la messe. Les 1ères cordes légèrement pincées se croisent avec quelques notes de piano. Puis le morceau part dans une procession au motif tribal.
Le chant arrive tardivement, mixant superbement, une voix grave et des choeurs aériens, tout en contraste avec la voix d'outre tombe qui leur répond et finit par l'emporter.

Une valse légère fait tournoyer 'Exorcism' avant de prendre le contrepied dans un climat pesant sous un ciel ténébreux. Quelques choeurs s'essaient à soulager l'angoisse mais c'est peine perdue!

Des bruits d'émeute attisent un 'Fire' flamboyant qui met du temps à s'éteindre (16 mns!). La voix death échange avec les guitares sur un rythme groovy surprenant.
Un 1er pont ouvre un chemin plus sombre. Un deuxième pont monte dans le ciel avec une légèreté à l'opposé du passage précédent avant de basculer sur un champ de bataille homérique.
Le bloc, insatiable, fait défiler de nombreux paysages très contrastés de douceur à violence. La surprise de dernière minute conclut en une marche sereine de musique classique.

Gisemonde : "Cette oeuvre oppressionne par sa puissance et sa cohésion monolithique!"
Lucette : "Son côté pompier douche, parfois, notre enthousiasme ...."
Gisemonde : "... finalement pas tant que ça! ça scintibouillonne en diable!"
Lucette : "Ouais, ce disque tabasse mais il hésite entre ambition et mégalomanie..."
Gisemonde : "Plein les esgourdes, hein? Oui, le style l'exige mais ça vaut bien une messe."
Lucette ou Gisemeonde? Faites vos jeux, Ite Missa Est!

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20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 14:07
EP - Epilexique - Cérébro Dancing

 EP - Epilexique - Cérébro Dancing

 

 Label : Cie Débrouill'Art

 

A Montpellier, il est une abeille qui butine les épigrammes comme d'autres recherchent le nectar enfoui dans le pistil des sourcis-de-Vénus,  Mâya Defay a été salée dans Branlade de Morue , elle est désormais convulsée dans Epilexique.

Comme bourdon, elle s'est choisi Quentin Pourchot, un jeune homme qui, il y a une dizaine d'années s'adonnait, e a,  au flamenco au sein de Fantasia Flamenca,  mais qui depuis s'amuse avec des boîtes à rythme, des synthés et d'autres ustensiles, inutiles en cuisine.

Donc, on commande une branlade de morue, on tombe sur Radio Alliance, fin 2017,  Mâya Heuse-Defay (texte) et Quentin Pourchot (musique) slamment et turbinent avec des machines pour un spoken-word techno, baptisé 'Le chant des marteaux-piqueurs'.

Piqué au vif, tu questionnes la toile, à la manière de Vassiliu, c'est qui cette nana, c'est qui ce lascar?  

A Barbès, Maya, enfant, s'adonnait, comme Charlélie, à la couture, dans la poche d'un veston elle trouve un stylo à bille et se met à écrire, des textes déjà borderline, pour ne pas dire délique, faut manger, je distribue le courrier dans le Gard , j'étudie pour devenir l'équivalent de  Marcel Griaule, spécialiste des Dogons,  je continue à étaler mes pensées sur la page blanche et je conte mes récits à qui veut les entendre.

Mon modèle, c'est Brigitte Fontaine.

Au fond, pour narrer mes analyses freudiennes, un fond musical serait le bienvenu, c'est là qu'intervient  Quentin Pourchot.

Un musicien avant-garde, influencé par Coltrane et Christian Vanderschueren, devenu Vander, pour ne pas ressembler à un coureur cycliste.

Il étudie le saxophone et les percussions exotiques, joue dans différentes formations avant de  faire équipe avec celle qui s'est chargé de la direction artistique pour le livre sonore  Hubert Félix Thiéfaine lit 'Les carnets du sous-sol' (ou 'Notes d'un souterrain') de Fédor Dostoïevski.

Les branlades, c'est du passé, désormais, le duo s'est transformé en Epilexique.

Il existe un album ' Cérébro Dancing' ( dix plages), c'est l'EP, quatre titres, que tu as sous la main.

1 Les Têtes.

2 Trump la Mort

3 C'est, c'était.

Coïto ergo soy orgasum in vitro veritas ejaculum.

L'avion va décoller, test PCR à bord, fasten your seat belt,  let's go!

Le moteur vrombit, quelques bleep bleep caoutchouteux annoncent  'Les Têtes' , Mâya, déchaînée, déblatère son laïus accusateur, Quentin est passé à la vitesse supérieure, il  nous matraque avec une techno industrielle, brutale et obsédante.

Tu ne sais plus si il faut écouter les harangues de la harpie furibonde, qui font passer  François Ruffin pour un boy-scout, ou te mettre à danser sur la hardcore techno ( style Angerfist) façonnée par son copain. 

Toi et tes semblables n' aviez aucune envie d'être comparés à du bétail, mais en réécoutant le texte, tu te dis que la poétesse slam  a raison, on se fout de nous, on nous rend fous, à force de tourbillonner, nos têtes vont exploser.

Tu n'avais plus entendu un discours aussi fort depuis le show de Clotilde de Brito aux Escales de  Binic, seulement, la gentille Clotilde fait dans le poétique subtil et raffiné, tandis que Mâya n'hésite pas à frapper sous la ceinture, la chienne!

' Trump la Mort' n'est pas le morceau que Donald, qui échappe toujours aux destitutions,   choisira pour l'accompagner lors de son dernier voyage, il est possible que les mycologues l'utilisent comme musique de fond pour une conférence sur le craterellus cornucopioides, mais ils risquent d'en perdre la saveur.

Entre frasques politico - sociales et lucidité exacerbée, le duo examine le paysage dévasté d'une société occidentale malade.

Elle n'épargne rien, ni personne, au passage si t'es fan de Walt, tu reconnaîtras Donald, forcément, Mickey Macron, l'invalide qui valide,  t'as cherché Picsou,  t'as vu le Tsar... allitérations et métaphores, chiasmes et litotes se succèdent, pas moyen de la brider, pendant près de six minutes, elle déblatère ses griefs, tandis que l'autre te balance sa panade technoïde hallucinée  qui finit par te transformer en robot sans neurones.

T'as appelé Mar-a-Lago, pour lui demander son avis, can I speak to Donald, bitte!

Sorry, il se détend sur le parcours vert, le panneau dit DO NOT DISTURB!

T'as pas insisté, t'as essayé Marine, on t'a dit,  elle est  chez Tarik, couscous à volonté, ce soir!

Dernière option, sortir la carte de crédit pour se faire une ligne de poudre blanche. 

Tu veux du saccadé, du fêlé, du complètement ravagé, écoute ' C'est, c'était'. 

Comme elle l'éructe, c'était l'été, c'était la fête, maintenant c'est le bordel, t'es bon pour un séjour à  l' Oregon State Hospital, méfie-toi de Nurse Ratched!

Si tu t'en sors, tu peux adopter un chien et mener une vie saine quelque part dans le Couserans!

Pline l'Ancien: ' In Vino Veritas'.

'In Vitro Verita', une BD signée Lapuss', dans le verre, quelques milliers de spermatozoïdes, pour  résoudre les problèmes de stérilité.

' Coïto ergo soy orgasum in vitro veritas ejaculum' , un détournement signé Epilexique.

Démarrage sermon en latin, signé Monseigneur Marcel Lefebvre, déjà sur base  electro Chicks on Speed, avant un virage réseaux sociaux en folie.

Je like, je clique et puis je claque.

Voilà, tu es banni de Facebook, ce statut ne respecte pas nos standards de la communauté en matière de contenus indésirables.

 

En résumé, Epilexique est là pour te secouer, vigilance orange, vents violents, si Aquilon t'indispose, tu t'abstiens, si tu n'as pas froid aux yeux, tu tends l'oreille!

 

 

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18 février 2021 4 18 /02 /février /2021 13:36
Album - Philip Parfitt - Mental Home Recordings

 Album - Philip Parfitt - Mental Home Recordings

 

Label -  A Turntable Friend Records

Philip Parfitt, à ne pas confondre avec feu Rick Parfitt de Status Quo, est surtout cité comme membre fondateur de The Perfect Disaster, un groupe relativement ignoré par la presse musicale du UK.

Doit-on cette indifférence aux nombreux changements de nom et de personnel,?

Un critique qualifie le groupe de strange bird dans une volière où les autres zozios sont  d'accès plus aisé.

Début 80, Orange Disaster voit le jour, la faute à Andy Warhol?

 Les chercheurs dénichent un 7", ' Something's Got To Give', ils étaient trois,  Phil Parfitt ( vocals, guitar)  Ken Renny (bass) et  Alison Pate (guitar).

Changement d'identité et de line-up:  The Architects of Disaster, Phil est toujours l'architecte en chef.

Deux membres du groupe se tirent pour former  Fields of the Nephilim, Phil persévère avec d'autres mercenaires, désormais ils naviguent sous la bannière The Perfect Disaster!

Le groupe conçoit quatre albums, le dernier' Heaven Sent' ( 1990) reçoit une constellation d'étoiles, mais ne se vend pas des masses.

On tire un trait sur ce désastre.

Philip Parfitt se lance solo avec le projet   Oediupussy, qui sort un album, avant de poursuivre sous son nom et d'enregistrer deux EP 's et deux albums: 'I'm Not The Man I Used To Be' en 2014 et le tout récent 'Mental Home Recordings'.

Les encyclopédistes mentionnent que PP s'est amusé au sein de  Psychotropic Vibration et, avant les épisodes Disaster, il jouait pour le combo punk Varicose Veins. Ajoutons que le monsieur a des copains pas idiots, ainsi, ont notamment participé à certains moments à l'aventure chaotique: Josephine Wiggs ( The Breeders), Malcolm Catto ( The Heliocentrics) ou Jon Mattock ( Spacemen 3, The Breeders, Baxter Dury, Spiritualized...).

 TRACK LIST - Mental Home Recordings
1. Somebody Called Me In
2. All Fucked Up
3. If I Wake Up
4. Don‘t Wait (Until I Am Dead Before You Tell Me That You Love Me)
5. John Clare
6. I Saw There Beside Me
7. Bones Cold
8. My Love
9. Are We Really Still The Same
10. Of Nothing In Particular (Bonus Track)

 

CREDITS
Written and performed by Philip Parfitt
Produced, mixed and mastered by Philip Parfitt
Recorded by Parfitt and Alex Creepy Mojo
Alex Creepy Mojo – guitar 
, e a , Jon Mattock (drums) and John Saltwell (bass), Andrea Parra,(additional percussion)  Valerie Hely, (voice)  making brief guest appearances.
 
Installe-toi confortablement dans ton fauteuil victorien, opte pour une lumière tamisée, propice à la détente, oh et puis, ajoute une bûche dans le foyer, flatte le dos de la chatte en passant, voilà le décor est planté, l'environnement paisible et tiède conviendra très bien à l'écoute du second album de Philip Parfitt qui démarre sur une note mélancolique avec le languide ' Somebody called me in'.
La voix, mâture, chaude, à peine un murmure se promenant sur une valse folk d'une autre époque, va bercer ton âme et tes sens. 
L'ex-Perfect Disaster passe de la guitare acoustique au piano, quand il ne caresse pas un violon, il  s'amuse avec des percussions, bien secondé par  Alex Creep Mojo, et ses effets d'ebow, John Saltwell à la basse  et Andrea Parra, aux percussions additionnelles, le crooner compte sur la voix de Valerie Hely pour faire écho à son frémissement serein.
6'30"" de bonheur nonchalant, de douce  béatitude.
Toujours en adoptant une vitesse de croisière similaire à celle d'un tortillard gravissant une colline  abrupte, le singer-songwriter enchaîne sur 'All Fucked up', la voix, traînante, ravive en toi des souvenirs de Peter Perrett des extraordinaires Only Ones. 
La reverb sur la guitare ajoute une couche brumeuse, recouvrant  la voie de chemin de fer sur laquelle se traîne le milk train.
T'as le temps de voir défiler, au ralenti, nuages et paysages sylvestres en pensant à celle qui t'attend, peut-être, à la maison. 
 ‘If I Wake Up’ est encore plus lent, une trompette étouffée en toile de fond , dépeint les sentiments de solitude ressentis par le pauvre gars, désabusé, qui récite ...If I wake up and you're gone, it won't be wrong... en embrassant les intonations d'un Lou Reed marmonnant tout ' Berlin'.
Dans le style Leonard Cohen se lamente,  'Don‘t Wait' (Until I Am Dead Before You Tell Me That You Love Me) s'apparente à une prière poignante adressée à celle qu'il aime mais ne manifeste pas clairement son amour.
Les choeurs affectés en toile de fond ajoute un climat monacal au propos, déjà austère.
'John Clare', fils de fermier, est surnommé le poète paysan du Northamptonshire, à l'instar de John Constable pour l'art pictural, il est une des plus grandes figures du romantisme rural.
Philip Parfitt lui dédie une chanson minimaliste et rêveuse.
En mode contemplatif,  ‘I Saw There Beside Me’ décrit les difficultés relationnelles dans le couple... je l'appelle, elle ne m'entend pas, elle paraît si loin... Un plumitif anglais rapproche cette plage de l'immortel ' Sunday Morning' du Velvet Underground, porté par la voix caractéristique de Nico, la mélancolie dégouline à grands flots, comme dans le ' Ruby Tuesday' des Stones.
Tu dis, Charles?
La mélancolie est l'illustre compagnon de la beauté.
Je te commande une absinthe?
Toujours aucun signe de liesse généralisée avec la suivante, ' Bones Cold', qui risque effectivement de te glacer les os. 
Amour transi et fatalisme, retranscrits en lettres pâles, on se promène ici aux côtés d'un esthète, adepte du rock atmosphérique, cher au groupe de Sydney, The Church.
Et soudain vint la lumière sous la forme d'une chanson d'amour, presque légère: 'My Love'.
Avec 'Are We Really Still The Same' et son sifflement digne de Curro Savoy, un   copain de Sergio Leone et d'Ennio Morricone, Philip Parfitt nous emmène du côté du désert.
Pour amateurs de dark folk et d'expressionnisme ne jurant que par Nick Cave.
A écouter en avalant un spaghetti épicé, pour le vin, tu as le choix: Chianti, Barolo, Brunello di Montalcino, et si tu as des accointances maffieuses, un Nero d'Avola.
Tu risques d'appuyer sur la touche 'replay',  ce morceau  exige plusieurs écoutes pour l'apprécier à sa juste mesure.
Le dixième chapitre, un bonus track lumineux, ‘Of Nothing in Particular’, révèle un  troubadour  apaisé, contemplant la pluie frappant la fenêtre, sans que cela ne l'affecte particulièrement.
L'album s'achève paresseusement,  si tu as fait attention, tu as pu apercevoir dans ce petit café, le dandy   sirotant sa tasse de thé, tandis que le film de sa vie défile sur son écran cérébral. 
 
Lors d'une interview, le singer-songwriter avait déclaré: "Je suis vieille école dans ce monde actuel"…, ça tombe bien, on adore ce qui est old-fashioned, les gens qui prennent leur temps, l'élégance  des voix monocordes, la justesse de ton, l'humilité et les chansons ténébreuses, en général.
 
'Mental Home Recordings' ne sera pas exploité par les deejays du Djoon ou du Glazart, mais l'album plaira aux oreilles attentives et aux esprits ouverts.
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