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  • : Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
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22 mars 2021 1 22 /03 /mars /2021 12:34
Album - Sweet Bourbon – Born A Rebel

 Album - Sweet BourbonBorn A Rebel  

Bourbon Records
 
Trois années se sont écoulées depuis la sortie du second album de Sweet Bourbon (  Night turned into day!), à l'époque le combo de Nijmegen officiait sous l'étiquette  Sweet Bourbon & The Bourbonnettes.
Un album  estimable, au demeurant, un gars griffonnant pour le magazine Bluesdoodles concluait son analyse en ces termes: In summary, this is a hugely enjoyable album with very few misfires...
On ne va pas te rééditer l'historique du groupe qui s'est forgé une place de choix dans le circuit blues batave, tu n'as qu'à relire la chronique de l'album 2 sur Concert Monkey ( http://www.concertmonkey.be/albumreviews/album-sweet-bourbon-and-bourbonnettes-night-turned-day).
Le line-up   a toutefois subi quelques remaniements Martijn Cuypers (drums) est désormais remplacé par Ruben Ramirez, arrivé en 2018 (tu questionnes: un Mexicain? On réfute, un Italien)  -   Chris Janssen (guitare) est toujours de la partie -  Willem van der Schoof (Hammond, keys, harmonica), aussi  - Roeland van Laer (bass), idem  et René van Onna se charge toujours des lead vocals, dans ses bagages il transporte aussi une guitare, les Bourbonnettes se nomment Suzan Wattimena et Laura van der Vange, plus aucune trace de Sonja Walters, par contre, une voix mâle s'ajoute à la chorale, Henny Oudesluijs, de passage à Hawaï, il s'est procurer un ukulélé.
Egalement dans le coup quelques musiciens additionnels:Dennis van Alst – trumpet/Julian Sprengers – tenor sax/ Liesbeth Coopmans – alt sax.
Une pochette sobre, en toile de fond  une photo, cachée à 89%, par une giclure rouge vif sur laquelle apparaissent le nom de groupe et en caractères plus larges, Born A Rebel, le titre de l'album. 
James Dean a souri!
 
Tracks-
 
01. Born A Rebel
02. Bourbon For You
03. Mrs. C.
04. I Asked You A Question
05. Muddy Footprints
06. Sitting On Top Of The World
07. The Beast (for Mieke)
08. Unexpected Touch
09. Lay Down Your Worries
10. Laying In The Alley
 
Entrée en matière bouillonnante avec le blues/r'n'b 'Born a Rebel', la plage exsude un groove fiévreux qui ne te donne qu'une envie, te déhancher comme un dératé en scrutant le miroir pour vérifier la teneur en sex -appeal des balancements de ton bassin.
Verdict, il y a du boulot pour arriver à la cheville d'Elvis the Pelvis.
Section de cuivres au top, Hammond en folie, solo de guitare pointu, choristes étant passées par l' l'école Motown, et la voix de  René qui prend une couleur noire, du coup tu te mets à douter, le cours d'eau traversant Nimègue c'est le Waal ou the Detroit River?
Sweet Bourbon ou Sweat Bourbon, même combat!
Virage  à 100 °, ' Bourbon for You' nage dans des eaux méchamment rock. Le speed boat approche du vieux record du monde établi par Ken Warby en 1978, il file à du 266 noeuds, poussé par une batterie démente, une guitare désenchaînée,  une basse  ravagée, un orgue en overdrive, qui nous rappelle le 'Speed King' du Purple, t'as intérêt à t'accrocher, si tu ne tiens pas à prendre un bain forcé.   
A propos, deux glaçons dans le Widow Jane, please! 
Ils ont la bonne idée de modérer leurs ardeurs avec ' Mrs C' , un slowblues au texte quasi récité qui, va - t'en savoir pourquoi, envoie des images de 'Me and Mrs Jones' de Billy Paul à ton esprit quelque peu perturbé après l'absorption d'un troisième Bourbon on the rocks.
Ici encore,  Willem van der Schoof façonne un son d'orgue à rendre jaloux Matthew Fisher, la trompette de Dennis van Alst vient caresser tes esgourdes et tu te laisses bercer par les notes subtiles que Chris Janssen tire de  sa gratte.
La classe! 
Sont éclectiques dans le Gelderland, après le r'n'b,le rock, le soul blues, voici une tranche d'acoustic blues proche de Taj Mahal.
 'I asked you a question', poussé par un mouth harp plus country que nature, voit Chris Janssen sortir la slide, du coup ça sent le Mississippi à plein nez. 
Et tu sais que le Delta est vaseux, d'où ' Muddy Footprints',  à l'ambiance voodoo peu rassurante.
 C'est quoi ces traces de pas, merde, je panique à mort.
T'es fort,  René, tu nous refiles la trouille, what a nightmare!
Avec 'Sitting On Top Of The World' la troupe propose une première cover, version de Howlin' Wolf, qui avait retravaillé l'ancien country blues des Mississippi Cheiks pour en faire un Chicago Blues que Cream a popularisé au UK aux belles heures du British blues boom.
La version de Sweet Bourbon, plus lente que celle du loup et avec un Hammond souverain, remplaçant le piano sautillant, tient super bien la route.
Rien à envier à la DS du Général De Gaulle. 
Et puis, il y a les Bourbonnettes, aussi piquantes que les Ikettes embrigadées par ce voyou de Ike Turner.
' The Beast', dédié à Mieke en partance pour les States, évoque les sonorités d'un autre blues combo en provenance du  plat pays, les formidables Bintangs ( écoute ' Travellin in the USA'). 
C'est en mode uptempo que la bête, inside her, voyage.
La section de cuivre aiguillonne  une machine, emmenée par une rythmique débridée et un orgue fébrile, ne t'étonne pas si les vaches n'ont guère le temps de la voir défiler.
'Unexpected Touch' et sa touche soul ravira aussi bien les fans de Robert Cray que ceux de Bobby Womack, ou encore ceux  des belges de Blue Blot, époque Luke Walter Jr..
 Oui, René, effectivement, shivers down my spine...
Seconde reprise, moins connue, ' Lay Down your Worries' de Hadden Sayers, un Texan que certains n'hésitent pas à placer dans la même catégorie que Stevie Ray Vaughan.
Un duo vocal mixte décore ce midtempo  s'approchant à nouveau des compositions les plus chaudes de Robert Cray.
Sweet Bourbon décide de terminer l'aventure avec un troisième emprunt, 'Laying In The Alley', un jump blues, enregistré par  Big Joe & the Dynaflows en 1994.
On ne pourra jamais reprocher au groupe de se cantonner à un seul style, le côté cabaret de ce dernier morceau te renvoie vers des gens aussi talentueux que Ben Sidran, Amos Milburn ou le Roomful of Blues de Duke Robillard.
 
 
Merci, Chris d' avoir envoyé ce CD vers le pays breton, si un jour tu passes avec ton combo dans les Côtes-d'Armor, on sera là pour t'applaudir.
' Born a Rebel' est encore supérieur à  'Night Turned Into Day', by Jove, this is some stunning work!
 
 
 
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20 mars 2021 6 20 /03 /mars /2021 15:54
Album - The Hope List - Lonely The Brave

 Album - The Hope List  - Lonely The Brave

Par NoPo

 

 Easy Life Records

 LONELY THE BRAVE The hope list

2021, déjà plus de 10 ans (et je sais que c'est vrai!) d'existence sans abstinence et un 3è album complètent le c v de LTB, le 1er avec son nouveau chanteur Jack Bennet (JB pour les intimes) arrivé en 2018, son prédécesseur David Jakes (DJ donc) ayant jeté l'éponge par phobie de la scène.
Tiens! ça me rappelle quelque-chose... Ne serait-ce pas l'histoire similaire d'Andy Partridge d'XTC, jamais remplacé lui. Tout est vérifié, il n'y a pas d'alphabetise (fake ou bullshit in English!)!
Sérieux! Wikipedia annonce qu'il s'agit d'un groupe de rock alternatif britannique. Le dernier qualificatif reste vérifiable, mais la catégorie 'rock alternatif' ratisse large. A une autre époque, on les aurait classés 'new wave'.
Ils se disent inspirés par Pearl Jam, je les rapprocherais plus volontiers du U2 des 80's ou plus récemment de Dredg ou Biffy Clyro.

La pochette affiche, sur un bleu azur, la peinture d'un visage vu sous des angles multiples en images superposées, presque confondues.
Ce faciès semble présenter ses diverses facettes dans des ambiances colorées comme autant de changement d'humeur.
Sur le disque, elle s'accorde à ces couleurs plutôt vives et l'espoir cité dans le titre.

'Bound' ouvre la liste par une douce mélopée. La voix de Jack Bennett possède des accointances avec celle de Sting, aigüe et son timbre légèrement rauque touche et fait vibrer nos cordes sensibles.
Lorsque celles des guitares s'emballent dans des accords saturés, je pense instantanément à Dredg.

Sur 'Distant light' cette fois, le chant flotte sur des guitares cristallines et frappes sèches aux accents U2. Le morceau ressemble au trajet de la lumière dans un ciel limpide.
Il déroule, sans aveugler, une trame continue et sereine qu'on voit venir.

D'emblée 'Bright eyes' s'érafle en distorsion. Le rythme entraînant accélère et le battement des accords sur la guitare se ressent plus vivement.
La voix, couverte d'un léger grain, glisse à fleur de peau et fait dresser le poil.

'Chasing Knives' chasse sur une cadence rapide et ne lâche rien. La belle voix de Jack suit avec facilité la mélodie simple et joyeuse, peu contrastée.

'The Hope List' baisse de rythme mais ne baisse pas les yeux. On sent un regard profond dans l'intimité. On y perçoit le bruit des doigts qui caressent les cordes.
L'arpège répétitif accroche une émotion portée par une voix plaintive et touchante.

'Keeper' monte encore d'un ton dans l'émoi et le moi intérieur. Le frottement des cordes puis l'enlacement des guitares projettent à l'esprit une douce mélancolie, proche d'un sentiment amoureux.
La batterie trépigne d'enthousiasme rendant le ton plus rock. Tout concourt à gagner la confiance puis l'allégresse.

(Untitled) fait la jointure avec 'Something I Said' où les claquements de la batterie giflent le frêle écho de guitare étendu en toile d'araignée.
On respire la passion de Jack, presque possédé par instants, avec sa voix doublée et enchevêtrée qui épaissit le feuillage sonore.

Le délicat riff de guitare sur 'Open Door' accapare aussitôt l'attention au point qu'on souhaite qu'il ne s'arrête plus.
Les musiciens en ajoutent une 2è couche (de guitare) flamboyante que les vocaux, à vif, déchirent dans un climat exaltant.
On prend ce souffle euphorique en plein coeur et l'effet est carrément subjuguant.

Un filet d'amertume envahit le son de guitare introduisant 'Your Heavy Heart'. Le morceau, pesant, se prolonge dans une certaine nostalgie qui s'estompe un peu avant la fin, fouettée par les cymbales et un jeu de guitare plus virulent.

'The Harrow' mélange d'abord des frappes massives et noueuses avec des cordes discrètement pincées qui cajolent les vocaux. Le développement progresse crescendo en intensité dans un mid-tempo.
Sans changer la cadence, les cymbales qui crachent, sans arrêt malmenées, et les guitares aériennes, larmoyantes montent dans un arrachement explosif.


La difficulté pour ces albums flamboyants réside dans leur faculté à maintenir la tension et l'attention.
Un titre un peu moins intense peut, de suite, sembler fade et casser l'ambiance. Heureusement, le groupe possède un sacré atout avec son chanteur.
Sa capacité à faire passer le frisson dans ses vocaux puissants et habités, sur une poésie intime, impressionne et captive.
La production soignée et les instruments bien joués, jamais envahissants, contribuent à dégager une émotion forte.
Une magie qui, sans phobie, pourrait devenir exceptionnelle sur scène...

Line-up
    Mark Trotter - guitare, chant
    Gavin Edgeley - batterie, chant
    Jack Bennett - chant
    Andrew Bushen - guitare basse
    Ross Smithwick - guitare, chant

Titres produits par Jack Bennett dans son studio
01. Bound
02. Distant Light
03. Bright Eyes
04. Chasing Knives
05. The Hope List
06. Keeper
07. (Untitled)
08. Something I Said
09. Open Door
10. Your Heavy Heart
11. The Harrow
Photo credit: Carla Mundy

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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 15:20
Album - Ivy Gold - Six Dusty Winds

 Album - Ivy Gold - Six Dusty Winds

Golden Ivy Records.

 

Ivy Gold?

Non, ça me dit rien, Poison Ivy à la rigueur,  on a aussi  subi l'horrible groupe du Tarn, Gold,  aux States il y a Andrew Gold, ou le joueur de poker Jamie Gold, Ivy Gold, par contre, inconnue au bataillon!

On t'explique, Ivy Gold, c' est un gang, pratiquant le blues rock, créé relativement récemment par Manou ( Manuela Eder, pour ses voisins munichois).

La madame affiche un look adéquat, vise la pochette du premier album, elle prend la pose, mains sur les hanches, poitrine en évidence ( décolleté plongeant) , jambes écartées, et puis ses fringues éclaboussent: pantalon de cuir, noir, of course, et un top tout aussi sombre et  en prime, il y a son  air de dire tu m'as vu, on ne me la fait pas, tu vas souffrir, mec!

Elle te rappelle vaguement une autre chatte sur un toit brûlant qui, comme elle, sévit dans le milieu plutôt macho du blues, Layla Zoe.

Pour ce premier album, Manou a réuni une équipe de choc, multi-drapeau au demeurant: Tal Bergman ( USA), aux drums, sur son site on a découvert les ploucs avec lesquels il a joué, on a failli tomber en syncope: Joe Zawinul, Billy Idol, Chaka Khan, B.B. King, Rodger Daltrey, Loreena McKennitt, Sammy Hagar, Simple Minds, Josh Groban, Joe Bonamassa, Eikichi Yazawa, MC Solaar, Herb Alpert, Terence Trent D’Arby, Peter Cetera, Belinda Carlisle, A Tribe Called Quest, MC Lyte,  De La Soul and LL Cool J. to name a few ( qu'il dit).

  Sebastian Eder ( Allemagne), guitariste chez Avalon, du heavy/prog bavarois,  incidemment conjoint de la madame.

 Kevin Moore ( USA) à la basse, un vétéran ayant tenu la quatre cordes pour  The Persuaders, Titus Turner, Jennifer Rush ou Abi von Reininghaus et, enfin,   Anders Olinder  ( UK/ Sweden) on organ, pas un idiot, non plus: Glenn Hughes band, Sari Schorr, The Kim Cypher Quintet, e a...

 

Tracklist
1. Face Of Deceit
2. This Is My Time
3. Retribution
4. Believe
5. Six Dusty Winds
6. Suspicion
7. Shine On
8. We Are One
9. Without You
10 Born Again
 
Entrée en matière claironnante avec 'Face of Deceit',  la voix puissante de Manou évoque celle de la fantastique Maggie Bell,  autrefois aux  lead vocals chez Stone The Crows, du regretté Les Harvey.
La guitare décape, les Ricains, en véritables pro, assurent un max et Anders, en arrière- plan, abat un boulot formidable , on avait omis de te dire que ce brave gars avait travaillé avec Amy, la seule, la vraie, la superbe. 
Wouah!
Elle embraye, sans se calmer, sur ' This is my time' , un nouveau blues rock flamboyant sur lequel la guitare de Sebastian fait des étincelles .
Evidemment, la voix est mise en avant-plan, elle n'éclipse nullement le décor sonore fignolé par la fine équipe secondant madame.
Efficacité et compétence sont au rendez-vous!
Amorce dramatique pour 'Retribution, chanté d'une voix éraillée, qui chatouille pavillons et épiderme.
Un choeur gospel, une guitare acoustique  et  un  jeu d'orgue  à faire pâlir l'organiste en charge du  Passauer Domorgel que tu trouves dans la Stephansdom à  Passau, confèrent un climat sombre à cette plage dont l'intro peut faire songer au 'Zombie' des Cranberries.
Avec 'Believe'  Ivy Gold vire  blues funk, l'intro de basse pulse un max,  les riffs de guitare vont t'arracher des larmes, l'orgue te ramène vers l'oublié Vincent Crane, qui avait fait les beaux jours du Crazy World of Arthur Brown ou d'Atomic Rooster, Tal martèle peaux et cymbales,  quant au chant scandé de Manou, il va te remuer les entrailles.
On n'a aucune idée de l' identité des choristes mais elles apportent un plus manifeste à cette plage fiévreuse. 
On arrive au titletrack,  'Six Dusty Winds' , une ballade émouvante sur laquelle Manou s'essaye aux trémolos tandis que la guitare nous la joue Gary Moore. 
Non, 'Suspicion' n'est pas une reprise d'un titre que le King  a enregistré en 1962, il s'agit d'un nouveau blues rock en mode midtempo, le beau rôle est, derechef, attribué à  Sebastian Eder, qui nous la joue guitar hero, dans le plus pur style Tinsley Ellis ou Henrik Freischlader, pour rester en Allemagne.
Manou, pas en reste, calque son timbre intense sur les intonations chères à Beth Hart et autres grandes ladies du blues, Jo Harman ou Meena Cryle. 
Bref, les amateurs de blues rock  porté par une voix féminine peuvent se lécher les doigts.
L'alternance fast and slow exige une nouvelle romance, voici le radieux  ' Shine on' qui te permet t'inviter la petite rouquine, que son mec a lâchement abandonné pour rejoindre ses potes à la buvette, à tourner sous la boule à facettes. 
Elle a fermé les yeux lors du solo de guitare et t'a soufflé " I love Rudolf Schenker"  à l'oreille, t'as tourné la tête vers le bar, aucun danger, tu l'as serrée plus fort.
T'as fait un avec son corps et le groupe a enchaîné, fort à propos, sur 'We are one' qui a permis à 
Anders de placer une courte mais subtile digression, avant de voir la guitare flamboyante  prendre le relais ( de préférence avec s , les rectifications de l'orthographe de 1990, c'est du caca!) pour mener le morceau à son terme.
Pour toi, 'Without You' , ce sera toujours le slow qui tue, signé Harry Nilsson  (va te cacher Mariah), le morceau interprété par Manou n'a qu'une seule similitude avec la perle de Nilsson, l'intitulé!
Un album de  blues se doit d'inclure au moins un slow blues crapuleux, tu le tiens, Etienne!
Voix poignante, elle vient de l'âme, ,superbes claviers en sourdine, riffs déchirants et rythmique discrète, rien à dire, du travail méticuleux.
Bizarre de naître en fin de discours... l'hymne ' Born again' achève de belle manière un premier album plus que prometteur.
 
La question: Manou et Sebastian pourront-ils toujours compter sur l'apport des as qui les accompagnent sur 'Six Dusty Winds' pour la suite?
 
 
 
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16 mars 2021 2 16 /03 /mars /2021 12:49
Album- Jean-Paul Daroux project - Change ør nø Change

 Album- Jean-Paul Daroux project  - Change ør nø Change

 

 Plaza Mayor Company Ltd

Avant de mettre le cap vers le Var et de devenir professeur de piano et, accessoirement, directeur de l'école de musique, Jean-Paul Daroux use ses fonds de culotte sur les bancs d'une école élémentaire dans les Hauts-de-Seine, il nous le rappelle sur l'album 'La Légende des sept Sages', il est né à  Gennevilliers.

Dans un coin du salon familial siégeait un piano,  à l’Ecole Normale de Musique de Paris, ce ne sont pas les compositions de Jerry Lee Lewis qui sont enseignées, mais les grands maîtres.

L'histoire dit que Erik Satie et Claude Debussy étaient ses compositeurs de prédilection.

Oui, mais ses copains et les gamines ne juraient que par le rock, il bifurque dans ce sens, pour la petite histoire le 45 tours du groupe Récidive (Jean Paul Daroux (claviers) Charlie Brusset (batterie) Jean Luc Fontaine (basse et chant) et Richard Atlani (guitare et voix) )  , 'Mina' - 'Où Sont' , de 1983  est très recherché.

Trop pop pour J P, il passe  à King Crimson, Soft Machine ou Magma, le jazz fusion, la Canterbury Scene, et joue, e a ,  avec le guitariste Jean-Philippe Winter ou le saxophoniste Fabien Chouraki  dans diverses formations plus pointues.

Quelques CD's voient le jour.

2001, adieu Paris et sa banlieue, direction Cavalaire où il forme le Jean-Paul Daroux Quartet.

2006, un premier album, quasi introuvable, ' No Mad Land', puis en 2010, 'Prelude for a New World'  avec Louis Petrucciani à la contrebasse et François Schiavone à la batterie, 'Déambulations' suit en 2015, Samy Thiébault fait partie de l'équipage,  2018 « La légende des 7 sages », en trio avec Jean-Christophe Gautier (contrebasse), Luca Scalambrino (batterie) et enfin, tout frais pondu, 'Change ør nø Change' , avec les mêmes protagonistes.

Le Sicilien Luca Scalambrino joue notamment  avec le Cascino Trio, The Flamingo Quartet,  Outside the Box, Liza l’occitane, L'Amina Lotta  ou  Temenik Electrik.

 Jean-Christophe Gautier, s'amuse au sein de différentes formations, dont le trio Sudameris, le Véronique Mula Trio, Clémentine Coppolani et l'Alfa Trio ou le Dan Roth Quartet.

 Change ør nø Change: tracklist!

 1. Rencontre avec le petit peuple de la forêt (3:55) - 2. Les ours polaires ne regardent plus les aurores boréales (5:44) - 3. Change or no Change (6:01) - 4. Le sacre du Pangolin (6:07) - 5. Un indicible bonheur (4:14) - 6. Le corridor sans fin (4:01) - 7. Un matin de canicule sur Oxford street (4:38) - 8. La trépidante odyssée d’un bébé tortue (4:20) - 9. Escapade sous la lune rousse (4:23) - 10. Le ballet des méduses (3:40).

La pochette offre une esthétique ECM  Nordic Jazz, avec ces pins, photographiés au crépuscule, reflétés dans les eaux quasi  lisses d'un lac paisible, qui pourrait servir de source d'inspiration pour une pièce symphonique imaginée par Jean Sibelius.

 

Tu connais  Eleanor Fortescue-Brickdale?

Non, peintre, surnommée "the last Pre-Raphaelite", et illustratrice ( elle a notamment enluminé plusieurs recueil de poèmes de Tennyson  ou de Robert Browning), on lui doit l'aquarelle 'Rencontre avec le Petit Peuple de la Forêt' ( in English 'The Introduction') brossant une jeune fille songeuse ( elle aurait plu à David Hamilton) assise  sur un tronc à l'orée de la forêt  et discutant avec des lutins.

Quel rapport, questionnes-tu!

La plage ouvrant le recueil du pianiste s'intitule 'Rencontre avec le petit peuple de la forêt', et si le style du trio n'est pas foncièrement à comparer aux toiles de Dante Gabriel Rossetti ou d' Edward Burne-Jones, la plage  dégage néanmoins une grande force de suggestion.

Tu l'entends grouiller le peuple de la forêt, cela fourmille partout sur l'humus, remue sous les frondaisons, voltige sous les feuilles, un pic épeiche martèle au loin, c'est le signal,  la batterie amorce le départ , le piano gambade gaiement sur des sentes oubliées,  Jean-Christophe fait déraper un  archet  sur sa contrebasse, ça grince et sautille de plus belle, la forêt vit!

Du jazz, oui, mais truffé d'éléments symbolistes, propices à la rêverie.

Tu l'as lu comme nous:  Tonje Folkestad: « Les ours polaires feront partie de l'Histoire, et nos petits-enfants n'en entendront parler que dans les livres. »

Toujours dans la presse: Un iceberg de la taille des agglomérations de Paris s’est détaché de l’Antarctique..

OK, mangeons français, mais faisons fi du chauvinisme: A massive iceberg – larger than New York City – breaks off Antarctica!

Le réchauffement climatique n'a pas échappé au pianiste du Midi, la pièce, d'abord lyrique, puis  mouvementée, 'Les ours polaires ne regardent plus les aurores boréales' y fait allusion!

Force évocatrice aussi puissante que celle d'Emilie Simon sur la B O de 'La Marche De L'Empereur'. 

Seul morceau à consonance anglo-saxonne, 'Change or no Change' offre plusieurs coloris, une entrée en matière vive, presque agressive, suivie d'une méditation au piano, dans le plus pur style Brad Mehldau, puis un solo de batterie expressif, pas question de s'ennuyer, d'autant plus que Jean-Christophe a ressorti son archet pour la dernière phase vigoureuse.

Quoi, le titre, une explication?

Demande à DiCaprio, celui que Fiat a soudoyé pour la pub de sa 500 électrique. 

' Le sacre du Pangolin':  avant la pandémie, personne en Europe ne parlait de ce  mammifère pholidote, pas con, J P, d'introduire le pangolin dans ton bestiaire.

Après l'amorce orientalisante, le piano rapplique, la batterie, en embuscade, imprime un tempo soutenu, l'animal s'emballe et cavale à la vitesse d'un chacal entraîné pour se mesurer à un lévrier greyhound à l'Owlerton Stadium à Sheffield.

Il fallait une romance, la voilà, ' Un indicible bonheur'.

J'ai très peur du bonheur béat, clamait Bashung, pas de panique, Alain, il s'agit d'une griserie ( sans abus d'alcool)  sur fond musical bondissant.

Après la félicité, les tourments, 'Le corridor sans fin', ou comment traduire un cauchemar en musique.

Drumming martial, piano austère, archet grinçant, du jazz virant noise, tout est possible avec ces Pieds Nickelés, ils ont plus d'un tour dans le sac à malices, quelle merveille!

Que faire par 'Un matin de canicule sur Oxford Street'.... trop chaud pour un Earl Grey , pourquoi pas une O' Hara's Irish Stout en écoutant un petit air de jazz fringant.

Vendu!

Ils emboîtent sur un nouveau documentaire animalier,  'La trépidante odyssée d’un bébé tortue'. 

On l'a vu à la télé avec les petits-enfants, Jojo et Manon, n'en sont pas encore revenus. ... Seule une tortue sur dix mille survivra au périlleux voyage ..., c'est vrai, Papy?

Oui, les enfants!

C'est pas juste!

 La vie n'est jamais juste, kids! 

Et sinon, musicalement?

Rien à voir avec Flo & Eddie, les ex-Turtles copains de Frank Zappa, mais une tranche de jazz  impressionniste, décorée d'un nouveau solo de batterie, bien tortueux!

Avec 'Escapade sous la lune rousse' ,  l'auditeur  hérite d'une digression en roue libre, proche des compositions  les plus alertes du grand Michel Legrand.

Epilogue en forme de rondo marin, 'Le ballet des méduses',  un titre qui forcément ravive en toi l'image de Caroline Cellier, disparue il y a quelques mois, mais aussi celle de la méchante Valérie Kaprisky qui avait joué un bien vilain tour à Bernard Giraudeau.

Jean-Paul Daroux a peut-être songé à ' L'Année des Méduses', tourné dans sa région ( Ramatuelle, Saint Tropez, Gassin) quand il a composé l'ultime plage d'un album qui constitue une belle carte de visite et devrait permettre au trio de se produire sur les scènes jazz quand Roselyne Bachelot et le petit Manu auront décidé de laisser vivre la culture sans que la Capitaine Marleau soit obligée de se foutre à poil.

 

 

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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 12:50
Album- Slomosa - Slomosa

 Album- Slomosa - Slomosa

 

par NoPo

 Apollon Records

 

 SLOMOSA 2020

Ces Norvégiens jouent du desert rock ou du stoner si vous préférez, ça doit les réchauffer! Eux appellent ça du "tundra rock", leur version du désert en permafrost.
Comme Obélix, ils ont dû tomber dans la marmite quand ils étaient petits et n'auront plus le droit à la potion magix, certainement stockée dans les 2 bosses du chameau sur la pochette (à l'odeur de CAMEL bien qu'ils ne jouent pas dans la même cour).
L'animal, repris dans le dessin noir et blanc du recto, semble facile, même sous le poids des lettres de 'SLOMOSA', réparties sur ses bosses et inscrites dans une pyramide. Sans qu'on puisse le voir, le désert s'impose partout.
Pour la matière et le gros sable, on pense à John Garcia en solo ou dans Unida, Hermano, Vista Chino pour l'épaisseur des riffs, mais il ne faut pas oublier 'The Sword' avec une ressemblance de plus au niveau des voix.

Formés en 2017, ils enregistrent précocement (la bosse du rock certainement) à Bergen dès 2018 avec :
Guitare, voix: Benjamin Berdous
Guitare : Anders Rørlien
Basse : Kristian Tvedt
Batterie : Severin Sandvik

À l'automne 2019, le groupe recrute la bassiste Marie Moe de Razika et le guitariste Tor Erik Bye. Le disque ne sort finalement qu'en Août 2020.

Production : Eirik Marinius Sandvik & Slomosa
Mastering : Iver Sandøy (Enslaved, Audrey Horne)
Artwork & photo: Elsa Enestig

'Horses', cavalier, n'emprunte rien à la poésie de Patti. L'instrumentation fait bloc comme une masse imposante sabbathienne (à la vôtre aussi!).
La cadence s'installe dans un trot, bien assez rapide pour un dromadaire à travers le désert.
Les guitares à crinière rugissent, accordées tellement bas (désaccordées disent même les musiciens), qu'elles fusionnent avec la basse, grondante et grognante.
L'auditeur chevauche un son, en régulière sinusoïde, dans un mouvement chaloupé et ondoyant.

Les claquements caisse claire/grosse caisse lancent l'appel à "Kevin" avec un riff fuzz bulldozer certainement joué par des doigts bien musclés.
Les lignes vocales s'intègrent en instrument supplémentaire et leur mixage rappelle J. D. Cronise (The Sword) et même parfois les intonations d'Ozzy (Black Sabbath) en remontant le temps.
Au bout d'une ligne droite, la route s'arrête d'un coup à 2'44, suspendue au dessus du vide.

Ok, rien de neuf sous le soleil ('There Is Nothing New Under The Sun') mais l'astre brûlant fait son effet fascinant autant que la pédale de la guitare, tout le long de la plage.
Le riff tordu en 2 notes stridentes nous shoote direct à la dopamine.
Une longue panne surprend, le temps nécessaire au compteur du flipper? Puis on a droit à l'extra balle du same player shoots again et le titre, jusqu'à 8 fois répété, finit par perforer le cerveau.     

Le rim sur le cercle de la batterie fricote avec la pédale de grosse caisse rendant jalouse la guitare qui fait sonner le charme de ses cordes.
'In My Mind`s Desert' tortille entre doom de basse, smash sur les cymbales et pêches sur la caisse claire.
Cependant le naturel revient au galop avec le gros riff qui tue et ça bosse fort. A l'opposé, la voix, dilettante, chante de façon guillerette et mélodieuse.

'Scavengers' cale un rythme dans un roulement de batterie bordé d'une grosse basse bien ronde. Après avoir déployé une 1ère guitare au son électronique, le morceau prend ses marques sur des sabots sabbathiens.
Une boucle de guitare fuzzy tournoie, à l'image d'un charognard patient, attendant la faiblesse de sa proie. Le son des cordes vicieux et très travaillé prend de l'ampleur dans un ton menaçant.
L'attente se prolonge au fil des 6 minutes trente sur un développement qui se risque dans un dédale psychédélique et répétitif à partir de la 3è minute jusqu'au retour du chant 2 minutes plus tard.

La voix inaugure 'Just to Be' quasi a capella et rime avec des coups sur le cercle de batterie et une guitare discrète.
Avec le tonnerre de la basse, le son de la lead s'épaissit et se tort, pauvres cordes mises à mal.

Guitares, rythmique et lead, se renvoient la sauce... qui tâche la voix traînante! La trame musicale monte doucement les bosses puis redescend tout en maîtrise.
Le groove magmatique prend possession d'"Estonia" et balance la transe envahissant nos membres, gorgés de plaisir, et qui dansent sans contrôle.

Pendant un instant j'ai cru entendre l'intro de 'I heard it throught the grapevine' (version CCR). 'On and Beyond' alterne parties de guitares lentes, aériennes, psyché et lourdeurs stoner.
Les riffs saillants prennent le temps de s'installer et la rythmique éclaboussante s'en donne à coeur joie. L'euphorie instrumentale, à son comble, se prolonge dans une belle osmose magnétique.

Les textes des titres, très personnels et hermétiques, semblent être restés un peu trop longtemps au soleil, ils ont fini par fumer.
Peu importe, l'atmosphère reste chaude mais jamais étouffante. 
Riffs en cartouchières, les guitares tirent au fuzzy (en réponse à Higelin certainement) et arrivent à nous rendre complètement stoner.
Enchaîner les 8 titres, dans l'ordre ou le désordre, jusqu'au bout des 35 minutes, procure un grand plaisir sans un seul instant d'ennui.


1. Horses
2. Kevin
3. There Is Nothing New Under The Sun
4. In My Mind`s Desert
5. Scavengers
6. Just to Be
7. Estonia
8. On and Beyond

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13 mars 2021 6 13 /03 /mars /2021 11:49
Album - Digital Cage Of A Cursed Generation - SKAGS

Album -  Digital Cage Of A Cursed Generation SKAGS

 

Par NoPo 

Auto-produit

SKAGS - Digital cage of a cursed generation Novembre 2020

Après avoir musclé mes esgourdes avec Spectre Beneath et Hvalross, je découvre, ici même (sur concertmonkey), l'annonce de la sortie du 1er album des grecs SKAGS.
Aah la GRECE, ses vestiges, ses Dieux, ses îles, ses plages, ses groupes de rock ... ah ben non justement c'est pas une spécialité (même si on n'oublie pas Firewind, Nightfall et Rotting Christ).
Ce groupe d'Athènes (pour une fois pas Athens de l'Etat de Géorgie, souvent cité) naît en 2017, au départ, simplement dans l'idée de jouer des reprises (pas volées).
Il en reste aujourd'hui les trois membres fondateurs :
Spyretta Driva: Voix
Kostas Sokos: Guitares
Sotiris Angelidis: Basse et voix

Prenez les premières lettres de leurs noms et prénoms, secouez-les, secouez-les, et jetez les sur la table, il paraît qu'on arrive à 'SKAGS'... pour le 'G', il faut aller chercher en 3è position de 'Angelidis'?
'SKAG' serait un mot argot pour les drogues récréatives... un peu tiré par mes cheveux comme étymologie, mais why not?
La substance embaumerait d'ailleurs un peu leur style électronique pop prog planant.

Il faut au moins 4 membres pour s'équilibrer, deux autres musiciens complètent donc la formation :
Christos Alexandris: Batterie
Christina Papandreou: Clavier

Leurs influences? Ils répondent : "Pink Floyd, Dream Theatre, Radiohead(!), Guns & Roses (!!)". A part quelques plumes de flamants roses (anglais d'ailleurs pas flamands!), le reste semble un peu transparent...
Pour ma part, je discerne une pointe de SAGA (pas Africa!), des bribes de Mike Oldfield (pas tubular bells mais tubes des 80's), et, plus proche de notre époque, des parfums d'Hällas (qui aurait pu être grec, par la consonance, mais il est suédois) et s'il faut citer un de leurs compatriotes, pourquoi pas Vangelis Papathanassiou (futé, non?)?

Côté design, cette fois, pas trop d'interprétation libre car Spyretta, l'autrice, y va de son explication limpide.
"L'œuvre montre une ville, qui vit à l'intérieur d'une lampe éteinte, fermée, entourée, vivant dans une bulle, ignorant la vraie vie et les vrais problèmes... une cage numérique où les gens se soucient davantage du monde numérique que du réel."
Quelques lumières à certains étages des gratte-ciels suggèrent une présence de vie.
Au dessus de cette lampe à vis traditionnelle, figée sur un fond bleu nuit, le nom du groupe et intitulé du disque, séparés par un trait (très numérique type 'pipe') vertical,  s'inscrivent, sobrement, en fine écriture blanche.
Encore une divine idylle entre la pochette, qui donne des envies de vinyle, et mon regard! J'aime cette harmonie douce qui va de pair avec la musique.
Cet album remplit de miel doré et sucré le plus profond de mes oreilles et même plus loin ... et je fonds comme une bougie. Un peu de légèreté ne fait pas de mal.
Légèreté? On repassera! Vla t'y pas que les textes plombent un peu l'atmosphère musicale...
Le thème récurrent, plutôt sombre, encourage une rupture dans nos manières de vivre et dénonce le désastre planétaire évolutif depuis les 90's qui impacte cette génération sacrifiée ou maudite ('Cursed génération').

Lançons le disque comme un discobole pour voir si ça roule!

Une nappe de brume, dégagée par des claviers, s'évapore et le jour se lève sur 'Turn it on' (sans le 'again' qui appartient à Genesis).
Le rythme s'accélère en invitant guitare, basse et batterie et le son synthétique ramène aux années 80.
Spyretta exprime craintes intériorisées et envie d'en finir avec les mauvaises pensées.
La cadence passe encore une vitesse supérieure avec une plus grande présence de la guitare ce qui, avec un peu plus d'impétuosité, me ferait penser au gothique américain Idle Hands.

La guitare tisse une toile fragile que la basse tire à la limite de la cassure. La voix angélique s'équilibre comme un funambule.
'Zak' parle de victimes de violence et de trahison et lorsque la rythmique entre en action, on entend le chant féminin plus rageur qui croise avec celui de Sotiris sur le refrain.
A partir de la 3è minute, la basse, rebondie, entraîne, avec force, des claviers dans l'allégresse. Le refrain monte, au final, vers un crescendo bouillonnant. 

L'entame à la guitare aérienne rappelle la finesse de Marillion ou Pendragon.
'Put your hands down' ne signifie pas 'baisser les bras' mais, à l'inverse, la voix mâle de Sotiris exhorte l'ambition, le changement et la rupture avec la médiocrité.
Les claviers développent, petit à petit, une symphonie tournoyante en forme de valse hésitante.

Sur 'The consequence of dream', l'électro domine par les synthés et une batterie au son de boîte à rythmes. Le morceau débute sereinement avec sa voix suave qui chante, à nouveau, le désir de se libérer et d'avancer.
Dans les derniers instants, la mélodie sucrée s'emballe en symphonie profonde portée par des "I'm dreaming" intenses et répétés proches de l'exaltation.

Une intro 'wish you were here' vole pendant 45 secondes avant qu'une cithare exotique appelle une basse pesante pour 'The weekend'. La voix lente et éthérée flotte sur une belle trace de guitare et se lamente de subir une vie sous pression.
Le refrain apporte peu d'espoir malgré une accélération trompeuse à double voix (et dépassement ... de soi dans les whouaah) et confirme l'angoisse "I’m tired of living only in the weekend, the weekend, I’m tired of living only in the weekend, the weekend is killing me"

'The guillotine' entonne 'I look outside and everything is lost' imagé par un clip dénonçant l'inéluctabilité de la destruction de notre planète et complété par un texte succinct et dépressif.
En dépit de ces idées noires, la chanson ramène des souvenirs de Maggie Reilly (et ce hit où "Moonlight" domine "Shadow"). Il faut se rendre à l'évidence de ce potentiel tubesque sur un rythme entraînant.
La guitare glisse comme une étoile filante que l'on prend plaisir à suivre des yeux et des oreilles.

A l'opposé de la grande veuve et loin du bégaiement de OPUS (sur 'Life is life') dans les bals de mariages, 'Life' (une fois donc), par un accord anodin et frivole en préambule, nous prend par surprise, se lâche, se fâche, monte en puissance et finit par galvaniser et, dans les dernières secondes, menacer par une voix grave et une guitare qui met mal à l'aise.

'Drive me home' séduit d'abord en quelques gouttes légères au piano puis hypnotise avec sa boucle de clavier fascinante.
Mais sur le refrain le ton s'assombrit à cause d'une basse orageuse qui fait transpirer à grosses gouttes cette fois, un peu comme lorsqu'on est ailleurs et que ça ne le fait pas... s'il te plait, ramène-moi!

'The Man Sitting Right Next Door' parle de l'éloignement des êtres : 'People seem to know me only through a screen' et finalement insistant 'Sometimes I feel alone , I feel alone , I feel alone'.
La mélodie mid-tempo me donne des frissons frétillants à la Daft Punk (surtout sur le refrain) avec son instrumentation chaleureuse aux synthés marqués.

Tout au long de l'album, les lignes électroniques euphoriques contrastent avec un propos grave.
Grec mais pas geeks, le groupe prêche l'humanité, l'empathie et la prise de conscience généralisée.
L'effet positif et onirique prédomine. Cette génération désenchantée chante et même enchante grave sur ce disque.
A écouter pendant l'apéro à l'Ouzo bien sûr, entre fêta et tzatziki, juste avant de refaire le monde... comme quoi, un peu de Grèce, ça fait pas de mal!!

Titres :
1. Turn It On 00:00 – 05:49
2. Zak 05:50 – 11:19
3. Put Your Hands Down 11:20 – 15:42
4. The Consequence of Dream 15:43 – 20:02
5. The Weekend 20:03 – 25:30
6. The Guillotine 25:31 – 28:36
7. Life 28:37 – 33:53
8. Drive Me Home 33:54 – 38:52
9. The Man Sitting Right Next Door 38:53 – 43:32

All music written and arranged by Sotirios Angelidis / Performed by SKAGS
All lyrics written by Sotirios Angelidis except track 2 by Sotirios Angelidis and Spyretta Driva
All music recorded at Play Recording Studio and SKAGS Studio
Mixed and Mastered at Play Recording Studio by Nikos Arkomanis

N

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12 mars 2021 5 12 /03 /mars /2021 15:06
Album- Frànçois and The Atlas Mountains - Banane Bleue

Album- Frànçois and The Atlas Mountains - Banane Bleue

 

Label - Domino. 

Tu savais que tu avais déjà eu l'occasion de voir Frànçois and The Atlas Mountains sur une scène belge.

Où et quand?

En creusant profond, tu retrouves un compte-rendu du Festival comme à la Maison à la  Maison des Musiques à Bruxelles, c'était le 3 octobre 2009.

Au menu: huit formations, avec, c'est incroyable, en tête d'affiche, Shannon Wright, qui a donc joué devant une centaine de ploucs.

Ce jour-là, Frànçois and The Atlas Mountains officie en formule trio, François Marry n'a jamais présenté ses comparses, tu en fus bien marri, le set, agréable, t'avais laissé un bon souvenir.

En 2021, le globe-trotter de Saintes sort un septième album ' Banane Bleue' .

Ne me demande pas s'il y a un lien avec Andy Warhol, Kevin Ayers ou avec Donovan, ou si le jeune homme a signé un contrat avec le Blue Banana, un restaurant branché niché à Pointe-Noire en Guadeloupe, on n'est pas parvenu à joindre le Charentais sur son portable.

Le grand copain de Dominique A, pendant un laps de temps bruxellois d'adoption, comme celui qui a récolté les palmes lors  des victoires de la musique 2013, est du genre prolifique. Depuis ses débuts en 2004, il comptabilise sept albums et 2 EP's sous l'étiquette François and The Atlas Mountains, un enregistrement ( Fleurs du Mal) attribué à Frànçois Atlas et plusieurs épreuves des débuts,  sous le simple nom de François, souvent sous forme de split avec, e a,  Sleeping States ou Ray Rumours.

Durant un séjour à Bristol, il joue avec Camera Obscura ou Electrelane, ouvert d'esprit, il tente une collaboration avec le Mystère des Voix Bulgares, puis se rabat sur les Basques Unkle Jelly Fish, tout ça pour te dire que sa musique est empreinte des  expériences que cet éternel nomade a glanées aux quatre coins du monde.

'Banane Bleue' est attribué à François Marry et aux Atlas Mountains, pourtant, il n'a fait appel à aucun membre du groupe pour l'enregistrement, il a surtout collaboré avec le producteur- musicien finlandais Jaakko Eino Kalevi.

Les crédits mentionnent: Frànçois Marry:  Guitar, Piano, Percussion, Melodica, Keyboards/ Jaakko Eino Kalevi:  Drums, Bass, Percussion, Programming.

Comme musiciens additionnels: Lucas Chantre à la clarinette, Rhadi Chawali à l'oud et au violon, Maxime Hoarau et Juha-Pekka Jääskeläinen  au vibraphone, les backings sont assurés par Elise Duponche et Laura Etchegoyen.

 

Jolie pochette, avec le bleu céleste comme teinte dominante, la composition surréaliste, merci Magritte, voit François, comme surpris par le photographe, se tenant à gauche, une guirlande sombre semble flotter dans l'azur, à droite, tandis que trois bananes bleues s'élèvent vers le ciel à la manière d'un cerf-volant non guidé.


Tracklist

The Foreigner
Coucou
Julie
Par le Passé
Holly Golightly
Lee-Ann & Lucie
Tourne Autour
Revu
Les histoires d'amour finissent mal
Dans Un Taxi
 
La première, en pensant à  Camus, a pour nom   ' The Foreigner' , cette invitation au voyage, une  rêverie éthérée et épurée, aux consonances exotiques, est chantée en cinq langues: grec, finnois, espagnol, italien et français, et tu n'es pas obligé d'être calé en  volapük pour assimiler  è pericoloso sporgersi!
Lis bien l'écriteau: Attention fragile!
'Coucou', en principe un petit coucou, c'est gentil, sauf quand celle qui te l'adresse a mis les bouts et que ce coucou, comment vas-tu, t'agace au plus haut point!
Quand il perd son calme, Frànçois ne pousse aucun braillement intempestif, il marque sa désapprobation sur fond minimaliste joliet et lumineux.
Bordel, elle t'aurait envoyé un texto , coucou, comment vas-tu , après t'avoir largué comme un malpropre, tu n'aurais pas enfilé de gants, tu aurais tronçonné sa brosse à temps  et mis le feu à toutes ses fringues restées dans la garde-robe.
Elle doit être mignonne ' Julie' qu'il chante, si affectueusement, en anglais et en français. 
Je me souviens de ce collier, je te l'ai offert il y a quinze ans, je t'aimais, toi my little sister, marmonne -t-il sur une mélodie que tu pourrais siffler en te promenant dans le parc, après une courte averse.
T'es pas le seul à avoir eu cette idée, elle est séduisante la jeune fille qui te sourit, mais restons concentré, tu viens de rompre avec une demoiselle tout aussi gracieuse.
Toujours baignée dans une brume mélancolique, la ritournelle ' Par le Passé', ondule délicieusement sur un thème tournoyant, joué au  piano.
Pour fans de musique répétitive et de Steve Reich en particulier.  
'Holly Golightly'.
Ah, oui, Audrey Hepburn dans ' Breakfast at Tiffany's'.
Blake Edwards, ce n'est pas que ' La Panthère Rose' , romantisme fleur bleue est une étiquette qui colle bien à Frànçois and The Atlas Mountains. 
Toi, aussi, tu te sens prêt à suivre  Holly Golightly et, si elle laisse choir son gant en cuir, tu le ramasseras et avant de le lui tendre, tu le passeras sous tes narines.
Il insiste et n'abandonne pas le mode contemplatif,  pour apprécier pleinement ' Lee-Ann & Lucie'  il faut l'écouter dans son bain,  Spa Music Relaxation ou pop jacuzzi, écrit un méchant...  sois zen, mec, et si t'es sage on t'envoie toute l'oeuvre de Peder B. Helland.  
Tu veux une tranche de synth pop qui pirouette, oui, un peu comme  les productions des Pirouettes, écoute ' Tourne Autour',  une sorte de jeu catch me if you can, ça refile la banane!  
C'est amusant, ' Revu' te fait penser à ' Disparue' de Jean-Pierre Mader, qui ne l'a jamais revue, après sa disparition au coin de la rue, et pourtant, ici il s'agit d'un amour différent, pas de e à "Revu", puisque François évoque les retrouvailles avec un amant.
Nostalgie sur fond de drum machine et de synth pop forain, aussi touchant que 'Quand on a 17 ans' de Téchiné.
D'après Rita Mitsouko, les histoires d'amour finissent mal, si on en croit  ' Gold & Lips', après ses mésaventures amoureuses et ruptures précédentes, le doux Frànçois, détendu, paraît avoir trouvé l'âme soeur , il le chante d'un timbre apaisé sur une  tendre et épurée mélodie.
Hep, Taxi, libre?
Où allez-vous, Monsieur?
Roulez, au pas, pas comme Jo, celui qui fonce, je tiens à humer l'air de la ville au ralenti.
C'est chouette de musarder, peinard, ' Dans un taxi' et d'écouter le coeur de la ville battre en baissant la vitre, tout en pensant à Jacques Duvall, le dandy de Schaerbeek.
 
Voilà, nous sommes arrivés à destination, je vous dois?
La balade est offerte Monsieur Marry, le voyage était sympa, portez-vous bien!
 
   
 
 
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10 mars 2021 3 10 /03 /mars /2021 16:45
Album - Hvalross - Cold Dark Rain

Album - Hvalross  - Cold Dark Rain

 

Par NoPo

Independent Release

HVALROSS Cold dark rain 2020

HVALROSS réunit 4 néerlandais dont le pédigrée passe par The Lower Lifeforms, Positive Hate, Oker et The Astral Travellers, groupes inconnus dans mon bataillon.
Gerben van Oosterhout – Voix
Barry Veeke – Guitare
Maarten Vermeulen – Basse and backing vocals
Tristan de Rijk – Batterie

HVALROSS signifie 'morse' en norvégien.
Peut-on en déduire que HVALROSS a les dents longues? Barry le barrit haut et fort 'Our biggest dream is and always has been becoming rich and famous of course...'
Autre déduction, les musiciens ne savent jouer que des beep électroniques? Raisonnement sans que(ue nen) nie tête!!
Après 3 ans sans jouer (band de fainéants!), en 2018, ils remettent les cordes et les peaux sur la table pour tanner à nouveau du rock... et quel rock!
Pour l'écriture, ça se dirige vers les armures, les épées et les bêtes mythiques, l'héroïque fantaisie et la guerre (Maarten cite l'inspiration du poids lourd Mastodon).

La galette s'appelle 'Cold dark rain', certainement celle qu'on voit dracher sur la pochette au design surréaliste très réussi (oeuvre de Nozzman Bram van Rijen).
Apprécier les petits détails dans ce dessin prend un peu de temps mais ça dégage de l'air marin et ça met du sel pendant l'écoute du disque.
Un personnage, ressemblant à Moïse, se plante comme un roc(k), bâton à la main, dans une mer déchaînée.
Un long serpent de mer (forcément), gueule béante, surfe sur les vagues écumantes. Une aile déchiquetée vole au dessus de lui.
Une tête de lion aux dents de morse et une autre de mouflon, dont il ne reste que les os et les cornes caractéristiques, flottent comme à la proue d'un drakkar.
Deux hampes, aux formes arrondies, enfoncées de droite et gauche (celle de ce côté, en pointe de faux), soutiennent la bannière 'HVALROSS' comme une porte... à faux, c'est vrai!
L'écriture s'estompe par endroits recouverts de nuages. La texture hachurant ciel, mer, barbe et robe du prophète et crinière du lion dessine des arabesques de spaghetti (sans décor de western).
Les teintes maussades de la météo pourrie (on est dans le chnord!) ne parcourent qu'un bleu émeraude (plutôt qu'outremer) qui se dégrade.
Côté musique, ça penche, sans basculer, entre grunge, stoner et rock tendance hard 70/80's.


Le passage dans l'arène se fait en dansant sur les premières notes de 'Death from above', feeling groovy en diable. Belle entrée en matière!
La cohésion des instruments et du chant énergique donne de la force au titre.
Un passage hurlé dans un porte-voix libère une lead guitare et coupe le match en 2. La seconde mi-temps reprend sur le même rythme sans faiblir.

'Trenchfeet' pesant, met du temps à installer une ambiance doom presque sabbathienne. Gerben se donne vraiment, soutenu par les chœurs de Maarten. Aucun élément artificiel, ne vient perturber cette musique rock en ligne simple guitare/basse/batterie.

'Finally Repent' laisse l'intro à la batterie aux rebonds agiles. Barry et Maarten forment un duo à cordes dynamiques avec une guitare aux angles vifs (j'y perçois des relents du suédois Witchcraft).
Alors que les couplets martèlent, le refrain gonfle et expulse le trop plein d'énergie puis 2 guitares reprennent le fil conducteur à haute tension.

'I Shot My Best Friend' quelle drôle d'idée (à moins que ce soit le shériff...)! L'intro dégaine un riff métallique tournoyant sous les coups de boutoir et roulements d'une batterie accrocheuse.
La précision du tir foudroyant atteint son but et nous convainc haut la main.

'Oblivion' bégaie un riff saccadé et entraînant. Le refrain effervescent brille de mille feux qui réchauffent le corps et l'esprit.

'The Owl' s'ouvre sur un motif de batterie suivi d'un riff strident et obsédant accompagné d'une basse grondante. La trame vocale enthousiaste puis un solo de guitare lumineux dépressurisent avant une échappée flottante très travaillée.
Un chouette morceau (évidemment) mélodieux et psychédélique, typé 70's.

Le riff maître écorché de 'As I Am' s'allonge en serpentant, comme une tige pleine de sève qui laisse pousser des rejets, malmené par des assauts de batterie aux déboulés percutants.
Sur le pont, deux guitares, au son métallique, croisent le fer avec brio. Le refrain brasse le chant à plusieurs voix fiévreuses.

Un fill à la batterie frappe en lever de rideau. 'Playing the Big Game' enchaîne sur un riff franc et direct. Le chant se veut plus contrasté parfois rageur, parfois posé.

Le dernier tour de piste commence dans une cadence lourde, lente et régulière pour tenir jusqu'au bout d'un round de près de six minutes.
'Geryon' fait référence à la bête du poème épique de Dante, Inferno, datant du 14ème siècle. On entrouvre le Judas.
Le riff monolithique aux accents de rouille ('Rust never sleeps') s'éternise dans une ambiance doom mais la furie reste vaillante surtout sur le refrain.

Tout au long du disque, la morsure est large et vénéneuse.
Sur des riffs massifs, les gens du Nord déploient un rock loin d'être froid et humide mais empreint d'une douce mélancolie.
En 9 titres et 35 minutes, comme 3 sets secs, HVALROSS boucle avec panache un match plein de fougue.
On s'impatiente déjà de savoir ce que le prochain tour va pouvoir nous réserver.

Titres produit par Walter Poppelaars (OTIS)
1-Death From Above 03:52
2-Trenchfeet 04:00
3-Finally Repent 03:28
4-I Shot My Best Friend 02:58
5-Oblivion 03:48
6-The Owl 04:02
7-As I Am 03:31
8-Playing the Big Game 03:45

9-Geryon 5.56

 

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10 mars 2021 3 10 /03 /mars /2021 09:58
Album - No Terror In The Bang- Eclosion

 Album - No Terror In The Bang- Eclosion

 

Label -  M&O Music 

Il y a un type du nom de Leslie Halliwell  , non, ce n'est pas le grand frère d'une ex- Spice Girls, qui a écrit un bouquin, "The Filmgoer's Companion", un must pour les amateurs du septième art. Dans le supplément intitulé The Filmgoer's Book of Quotes, Alfred Hitchcock tient une place de choix, l'homme aux 46 Academy Award nominations est féru de phrases choc. Dans la collection, on pointe: "We do not recommend suicide as a way of life" ou  "Blondes make the best victims. They're like virgin snow that shows up the bloody footprints", c'est aussi lui qui aurait formulé "  There is no terror in the bang, only in the anticipation of it."
A Rouen, il doit exister un fan du maître, car comme nom de groupe, l'individu a choisi: No Terror In The Bang!

Avant de faire équipe avec  Sofia Bortoluzzi et de concevoir No Terror in the Bang, Alexis Damien officiait au sein des formations Pin-Up Went Down ( art rock/heavy metal)  | Void Paradigm ( black metal)  | Carnival in Coal ( metal avant-garde) ou  Wormfood ( goth, doom).

Sofia, plus jeune, est considérée comme une des nouvelles pépites de la scène normande. Jazz, hip hop, metal, rien ne l'effraie, en dehors de No Terror in the Bang, elle s'extériorise dans le projet Sofia et Mine Sale (  Urban jazz,  Hip Hop, Modern jazz). 

Le duo a recruté Etienne Cochin (Guitare) actif chez Lister, Brice Bouchard (Basse) professeur de solfège, Clément Bernard (Guitare) membre de Pen an Dour et de Fire Balls ( un Jerry Lee Lewis Tribute) et Romain Greffe (Claviers), qui opère au sein de Joad, pour faire un bout de chemin sur la même piste.

Sofia, chante et compose, Alexis compose, se charge de la batterie et des arrangements.

'Eclosion' est leur premier album, le groupe prétend engendrer du métal cinématographique.

Sublime pochette, signée Louise Dumont, une photographe dont on te recommande le travail!

Tracklist:

 

Saule Pleureur
Another Kind Of Violence
No More Helpful Peace (Part I)
No More Helpful Peace (Part II)
Micromegas
21 Grams
Poison
Insight
Uncanny
Preacher Of Steel
Memory Of A Waif (Part I)
Memory Of A Waif (Part II)
Broken Mind
 
Démarrage en mode dendrologique, ' Saule Pleureur' n'offre que peu d'éléments metal,  le salix babylonica, dont les branches lourdes penchent  mollement au dessus d'un étang aussi romantique que le lac de Lamartine, a ses racines enfouies dans un humus trip hop/ambient aux couleurs nordiques, proches des soundscapes éthérés, chers à Carmen Villain.
Les arrangements minimalistes peuvent aussi renvoyer vers les compositions esthétiques d'Erik Satie. Mais, en contrepoint,  il y a la voix, profonde, accaparante, méticuleuse et grisante de Sofia qui te cloue sur ton siège en te refilant des frissons.
Ouah, qui c'est, a interrogé ton épouse.
Un groupe de métal, as-tu répondu.
Tu te fous de moi...
Ecoute la suite, 'Another Kind Of Violence'!   
Ah, oui, effectivement, un registre tout à fait différent.
On passe de Portishead à Rage Against The Machine sans transition et, étonnamment, le timbre de mademoiselle Bortoluzzi vire de l'aérien au tempétueux en se collant aux riffs concentrés et au jeu de batterie lourd de ses petits camarades.
Après 150 secondes, l'orage semble s'essouffler, Sofia murmure au lieu de clamer sa hargne, mais très vite les éléments se déchaînent à nouveau  et tu entends la belle pousser un cri rauque s'estompant au final.
 La suite ' No More Helpful Peace' est explicite, le pacifisme a vécu, aux mouvements follement impétueux, sur lesquels se greffe un chant enragé, amorçant la plage, succède une période moins âpre, introduite par un piano détendu, l'accalmie ne sera que passagère, Sofia, qui se la joue Skin, sans être dénudée au sommet, adopte un timbre plaintif, l'élément masculin ayant repris les armes.
Interlude reposant avec la seconde partie de la séquence,  plus proche de Regina Spektor que d' Arch Enemy.
Voltaire était-il le premier adepte du slam?
'Micromegas' te donne un élément de réponse,
No Terror In The Bang ne sont pas les premiers à avoir fait cohabiter métal et hip hop, Faith No More ou Cypress Hill les ont précédés dans cet exercice, que certains estiment contre nature, mais leur conte philosophique, au final rock houleux, convainc et tient en haleine.
Les épatantes capacités vocales de Sofia Bortoluzzi  risquent de t'en mettre plein les oreilles!
Intermezzo de 63 secondes, bien pesées, avec '21 grams' avant de passer à 'Poison'. 
Alice Cooper n'a pas reconnu son morceau.
Tu dis, ah, bon, ce n'est pas le même venin, effectivement, ce poison repose sur un gentil piano aux allures de musical box, mais le ton est inquiétant, la creepy voice, enfantine,  refile la chair de poule, du coup, tu as été vérifié si tu avais fermé la porte à clef et tu as caché un pétard, pas mouillé, sous l'oreiller. 
Merde, plus jamais tu n'écouteras de la même manière le thème de 'Rosemary's Baby' de Krzysztof Komeda.
'Insight' englobe les mêmes ingrédients cinématographiques, jusqu'à l'explosion après 120 secondes.
Etonnez-moi, Benoît, murmurait Françoise, on lui refilera l'album des Normands, elle va tressaillir!
 A chaque coup tu passes de l'état de somnolence paisible à l'hystérie virulente, sans t'y attendre.
Comme un boxeur acculé, tu tentes d'éviter les coups, mais tu sais que tu ne tiendras pas jusqu'au coup de gong,  un uppercut bien placé va t'envoyer au tapis pour le compte!
On finit par saisir les trucs, allez-y, envoyez-nous la petite musique trompeuse, on sait que ' Uncanny' va nous exploser à la gueule, bande de crapules!
Et vlan, déflagrations à la chaîne, shrapnels fulminants, tirs de mortier, si tu t'en tires,  t'es bon pour une visite chez le doc qui doit te prescrire les petites pilules qui te libéreront de tes angoisses.
Un petit tour à l'église pour écouter le sermon du ' Preacher of Steel', tu attendais un message de paix, l'officiant n'y est pas allé de main-morte, imprécations hargneuses sur tapis musical abrasif, ne crois pas t'en sortir avec trois Ave Maria, tu dois expier, apprête-toi à souffrir comme le Christ sur sa croix!
Second feuilleton en deux épisodes:  'Memory Of A Waif'. 
Partie un, une comptine paraissant bienveillante sur fond de piano et de cordes, néanmoins un sentiment de méfiance s'installe au final.
Partie deux:  éveil en sursaut, les fauves sont lâchés, suis le conseil de Lennon/McCartney: ' Run for your life', en slalom, pour éviter les rafales!   
Sofia, la furie, exhorte les troupes, ils ont sorti l'artillerie lourde et ne comptent pas s'embarrasser de prisonniers, pas de quartier, Jacques!
Tu t'en es sorti par miracle, la troupe s'est assagie et propose 'Broken Mind' , un requiem lugubre que Sofia ponctue de râles effrayants,  après avoir récité son texte de manière théâtrale.
 
 
Il était comment le film?
Passionnant et agrémenté d'une B O renversante.
On attend avec impatience le second chapitre de la saga!
 
 
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8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 08:39
Album - John Paul Keith - The Rhythm of the City

 Album - John Paul Keith  - The Rhythm of the City

 

 Wild Honey Records

John Paul Keith, un visage émacié, des raybans, un petit côté Elvis Costello, sans chapeau vissé sur la tête, la pochette montre un mec cool, que le photographe Jim Herrington a saisi en ville à la tombée du soir.

Il sort d'où ce garçon?

Knoxville, Tennessee, il a été à l'église, a hérité d'une guitare, s'est amoché l'extrémité des doigts en jouant du Chuck Berry ou du  B B King, s'est embrigadé au sein des V-Roys, un groupe pratiquant un alt-country qualifié de tasty par les connaisseurs, avant de se lancer comme navigateur solitaire.

Depuis 2009, le champion de la Telecaster a pondu cinq albums, tous étoilés au Michelin, catégorie pop, country, ou blues-inflected rock.

Sa dernière production, toute récente, a été dénommée "The Rhythm of the City", elle comporte dix pistes, toutes portant les traces  des sonorités  caractéristiques  soul and rock and roll de la Bluff City, c à d, Memphis! 

Sois plus explicite!

This Memphis sound and musical tradition later shaped the early rockabilly style associated with Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Roy Orbison, Carl Perkins, and Johnny Cash. ( merci, Amro Music).

Tracks:

1. HOW CAN YOU WALK AWAY
2. LOVE LOVE LOVE
3. THE SUN' S GONNA SHINE AGAIN
4. THE RHYTHM OF THE CITY 
5. KEEP ON KEEP ON
6. I DON'T WANNA KNOW
7. AIN'T DONE LOVING YOU YET
 8. IF I EVER GET THE CHANCE AGAIN
9. IF I HAD MONEY
10. HOW DO I SAY NO
 
Credits-
All songs written by John Paul Keith except "The Sun's Gonna Shine Again", written by John Paul Keith and Scott Bomar.

Produced by John Paul Keith
Executive producer: Ronny Russell
Engineered by Scott Bomar and Adam Hill and mixed by Scott Bomar at Electraphonic Recording, Memphis, TN
Mastered by Jim Demain
Horn arrangements on tracks 1, 2, 7, and 9 by Art Edmaiston
Horn arrangements on tracks 3, 4, 5, 6, 8, and 10 by Marc Franklin

John Paul Keith: vocals, guitar
Tierinii Jackson: vocals
Tikyra Jackson: vocals
Matthew Wilson: bass, vocals
Danny Banks: drums, vocals
Al Gamble: organ, piano
Marc Franklin: trumpet
Art Edmaiston: tenor saxophone
Kirk Smothers: baritone saxophone
Archie “Hubbie” Turner: clavinet  
 
Si tu aimes  la white soul ou les productions de chez Stax, ce qui se faisait de mieux en r'n'b à Memphis, tu sais, Otis Redding, Eddie Floyd ou Wilson Pickett, tu vas craquer, comme moi, pour la plage inaugurale, 'How can you walk away'.
Tout y est: les cuivres rutilants, à rendre jaloux les Memphis Horns, l'orgue d'Al Gamble ( St Paul and The Broken Bones)  omniprésent, le solo de guitare typiquement Steve Cropper, sans oublier les backings  sensuels des soeurs Tierinii et Tikyra Jackson du groupe Southern Avenue. 
La classe à l'état pur,  ce morceau!
Mais pourquoi cette nana lui a tourné le dos, on ne largue pas un mec qui chante si divinement.
Décidément, elles sont imprévisibles les filles du Tennessee.
Avec ' Love love love' il embraye sur un rock sentant bon les années 50.  
Buddy Holly, Chuck Berry ou  Elvis, revisités en 2021,  vaut mieux entendre ça que de se taper Amir, M Pokora ou Soprano.  
Les prévisions météo, John Paul?
'The sun's gonna shine again'! 
Ce  soul shuffle, en mode mid-tempo,  rappelle l'univers de Boz Scaggs , l'artiste ajoute avoir incorporé les lignes d'electric sitar en hommage au guitariste légendaire des Memphis Boys, le house band de l'American Sound Studio, Reggie Young, un gars que tu peux entendre sur des enregistrements du King, de Joe Cocker, JJ Cale, Waylon Jennings, pour n'en citer qu'une poignée. 
Et quand le soleil brillera, t'iras te promener dans Beale Street en ayant 'Green Onions' de Booker T and The M G's ancré dans ton crâne.
Place, aux nouveaux consommateurs, sorry, c'est maladif, la pub envahit tout, place au titletrack ' The rhythm of the city', une tranche de cake soul glorifiant la ville où niche le Sun Studio.
Sur un tempo paresseux, le roots-rocker te propose une balade nonchalante en longeant  le Mississippi. Pour les nostalgiques, il a demandé à  Archie “Hubbie” Turner d'agrémenter la plage d'effets décollage d'avion  avec son clavinet, afin de retrouver les sonorités utilisées par les Box Tops pour leur inoubliable 'The Letter'.
Ce n'est qu'un des points forts du morceau, une nouvelle fois la section de cuivres, les choristes et l'orgue, abattent un boulot formidable et le solo de guitare, déchirant la mélodie après quatre minutes languissantes, viendra te couper le souffle.
'Keep on, Keep on'  exsude  un groove corrosif et, comme le dit le mec, s'il faut engager une escarmouche avec un lion de l'Atlas pour gagner  tes faveurs, baby, n'aie crainte, je serai ton homme!  
Le retro feeling présent dans la ballade  'I don't wanna know' évoque  les plus belles complaintes d'Al Green, l'intro, quant à elle, te renvoie vers le  slow le plus poignant jamais composé, ' I'd rather go blind'.
On persévère avec les rapprochements, c'est Roy Orbison qui te vient à l'esprit à l'écoute du fringant 'Ain't Done Loving You yet'. 
Soul et country sont souvent cités comme antagonistes et pourtant, 'If I ever get the chance again' couvre les deux genres, le phrasé à la George Jones et le texte sentimental  transpirent Nashville, les saxophones, les choeurs et les claviers renvoient, eux,  vers l'écurie Stax.
On avait déjà mentionné Booker T Jones, les interventions à l'orgue d'Al Gamble sur le rhythm'n' blues flamboyant  ' If I had money' conduisent vers les traits de génie  de la légende de chez Stax. 
Ici,  tout semble couler de source, suffit de se laisser aller et de se déhancher aux élans des saxophones ou aux digressions juteuses de la gratte.
Ooh, qu'il dit au bout de quatre minutes, après un solo foudroyant, ooh ooh, t'as répondu sans t'arrêter de chalouper.
L'ultime pièce de la collection, 'How do I say No' ramène le calme, c'est en  crooner blue-eyed soul  que le gars de Knoxville termine son brillant exposé.
 
A Memphis, les pulsations urbaines  sont loin d'être toxiques, au contraire, r'n'b, gospel, jazz, blues, soul, rock ou rockabilly vont t'aider à bannir tout état d'esprit morbide.
 Merci John Paul Keith, great job, man! 
 
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