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10 avril 2021 6 10 /04 /avril /2021 15:10
Album - Kandle - Set The Fire

Album - Kandle - Set The Fire

 

Par NoPo 

 

KANDLE Set The Fire 2021

 

label: Kandle Music

Kandle Osborne nous vient du lointain Canada hivernal où ce froid déclencherait une augmentation de la chaleur humaine qu'on ne serait pas étonnés...
Son 4è album sort ce printemps, comme les premières fleurs et les rayons revigorants du soleil.
Fille de... elle semble avoir développé une identité affirmée, utile pour se faire un prénom, car son père Neil fait partie du groupe 54-40, très connu dans son pays (au zénith dans les années 90).
Elle s'en démarque et en même temps lui rend hommage en intitulant son opus 'Set the fire', titre identique au 1er enregistrement du patriarche en 84.
Adèle met le feu à la pluie, Kandle veut contrôler : «J'essaye de mettre le feu moi-même plutôt que d'être brûlée par lui.».
Enfermée en studio pendant la pandémie avec ses plus proches collaborateurs (Devon Portielje, Louise Burns, Kendel Carson Debra Jean, Creelman, Dave Genn, Nik Pesut), elle construit, en totale indépendance, une oeuvre libérée des attentes des autres qui ont, souvent, éclipsé les siennes (sic).


'No good'? Ah ben si, si, au contraire! Les Supremes font un come back impossible grâce à Kandle. Elle écoute rarement des disques postérieurs à la fin des années 60 et ça s'entend!
Un piano accompagne un rythme sautillant au tambourin et batterie. Les choeurs féminins minaudent, futiles, dans un style fan des sixties.
Jusqu'au bout des roulements de la caisse claire, la ritournelle joyeuse nous nous invite à la Motown.

'The Light Of The Long Night Moon' ressemble au titre d'un film.
Ici Kandle traine sa voix séductrice sur une mélopée jazzy au son désuet de BO américaine.
Toute l'instrumentation y contribue : la batterie légère aux frappes sur le bord du cercle, le piano égrené, les violons vaporeux, les choeurs langoureux.
On imagine Kandle, glamour à la Marilyn, sous une coiffure choucroute, se trémousser, jupe serrée, en talons aiguille et laisser des traces de rouge à lèvre sur un micro vintage.

'Honey trap' bénéficie d'un clip classe.
The Wiccs (Louise Burns, Debra-Jean Creelman et Kendel Carsen) forme avec Kandle un quatuor féminin, de 1er plan, faussement mielleux et réellement redoutable.
La video surprend notamment par une scène bondage à la corde japonaise (friction et enroulements) dérivé d'un art martial, expression possible de la manipulation dans une relation toxique, abordée dans le texte.
La voix de Kandle trouble et à l'intonation provocante, laisse passer plus de grain que sur les autres titres. La basse est sourde, la frappe légère et agile.
Sur le chorus, le piano danse avec des guitares saturées. Le solo de gratte, à effets synthé divers, s'enroue dans un groove épileptique.

Dès les premières notes de 'When it hurts', on s'attend au chant d'un crooner italien tant le slow dégage une impression de charme latin et incite à une danse entrelacée.
Le court solo, au son déjanté, et les choeurs rétros en wha tchoua sonnent délicieusement kitsch.

Les accords du piano sombrent dans un "Misty Morning" aux arrangements sobres. La complainte lumineuse, chantée du bord des lèvres, transperce la brume en racontant un premier amour.
Aristocratique, maîtrisée dans son lent débit, la voix jouit d'un charisme jusqu'au bout du vibrato, le matin... et le soir aussi.

'Lock and Load', paru le 12 novembre 2020, présage un futur Bond... tout est construit dans cet objectif... qualité de la photo? Matons!
La chanteuse y apparaît, dans le tournage, comme une femme fatale à la James Bond girl, et le déroulement cinématographique en forme de teaser, allèche.
On perçoit, sans équivoque, le rapprochement recherché avec l'orchestration dramatique de John Barry et l'expression des grandes chanteuses des belles BO (Shirley Bassey, Carly Simon, Rita Coolidge, Gladys Knight, Tina Turner, Adèle ...).
Sacré tour de force, d'autant que le titre, accroché aux cordes et gouttelettes de piano, dégage une grande élégance et, sur le souffle du refrain, beaucoup d'emphase (avec les aficionados).

L'écho des frappes sur la batterie, à contretemps parfois, donne du volume à 'Sweet Boy', chanté par une voix angélique. Piano électrique et guitare clairsemée finissent de poser une ambiance rétro.
Des choeurs mêlés de violons flottent sur une mélopée-niche où l'on se sent bien pour un voyage paradisiaque.

'Cathedral' en construit une, haute, profonde, mystique, un monument!
L'ouverture, acoustique, capte l'attention d'emblée. Puis, la basse, d'une humeur mélodieuse, prend toute sa place au milieu d'une batterie, se faisant rare et relâchée, et d'un piano électrique badin.
Le chant, enjôleur, se promène d'abord tranquillement mais au bout des roucoulements, la voix intense se brise et part en puissantes envolées chamboulantes. L'émotion monte à son paroxysme.
Un rythme saccadé punche dans les entrailles et lorsqu'on commence à succomber, tout s'arrête avant le reflux.
Le morceau avance en vagues répétées, d'abord sereines, puis écumantes. Le solo, plaintif, déchire des violons larmoyants.
On sort groggy et béat après plusieurs rounds!

'Boss' débarque sur la pointe des pieds en piano électrique supertrampien.
Les paroles sous-entendent quelque-chose d'inquiétant ('Hey boss, I've done everything you want me to') alors que le refrain arrive aussitôt, à contrepied, dans une atmosphère 60's primesautière.
Les choeurs radieux, à la Motown, enflamment le chorus qui occupe une grande partie de ce titre. Court et tubesque, 'Boss' frappe fort!

'Vampire' fait remonter des souvenirs d'années flower power avec guitare sèche et feu sur plage humide.
La ballade, faussement frivole, séduit par sa rusticité. Kandle y chante: "I may be deadly but I won't let you down"
Avec cet esprit 60's plein de sensibilité, Kandle fait parfois penser à Lana Del Rey.

A travers des chansons sincères, Kandle assume sa vulnérabilité et mûrit avec ambition.
Alors que ses compositions précédentes pouvaient être déchirantes et fragiles like a Kandle in the wind, les nouvelles éclatent, grandioses et pleines d'assurance.
La transformation culmine dans la maîtrise de la voix, à la fois sensuelle et puissante,  qui caresse comme un velouté délicieusement épicé.
S'il fallait lui donner une couleur, elle irait du rouge au pourpre.
Cette fois, Kandle a l'idée d'allumer le feu!


Line up
Kandle Osborne voix, guitares
Michael Rendall Piano et cordes
Dave Gen Guitare
Louise Burns basse
Nick Pesut Batterie
Sur 'Honey trap' The Wiccs : Louise Burns, Debra-Jean Creelman (Mother Mother) et Kendel Carsen (Alan Doyle, Great Big Sea)

Set The Fire - Tracklist produit par Michael Rendall
1. No Good
2. The Light Of The Long Night Moon
3. Honey Trap
4. When It Hurts
5. Misty Morning
6. Lock and Load
7. Sweet Boy
8. Cathedral
9. Boss
10. Vampire

 

picture: Tess Ananda

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9 avril 2021 5 09 /04 /avril /2021 11:09
Album - Sometimes Julie - Where Are You?

 Album - Sometimes Julie - Where Are You?

 Manufacturer : Walker-Sorensongs

 

Sometimes Julie, fort bien, mais il n'y a pas de Julie,  Monica Sorenson, enseignante en maternelle et fan de karaoke, se faisait appeler Julie pour se produire en public.

Lors d'une de ces séances, elle fait la connaissance du guitariste   Rick Walker et, comme ce dernier apprend que Monica a des centaines de chansons dans son escarcelle, le duo décide de former un groupe: Sometimes Julie.

Après avoir recruté des soudards dans la région de San Diego, ils se produisent dans les bars du coin et enregistrent.

'Head First' un premier jet paraît en 2014, suivi par 'Bright Side of the Line' ( 2016), 'Breaking' en 2018 et enfin, 'Where are You?' , lâché en janvier 2021.

Sur ces quatre ouvrages, le groupe mixe Americana,  indie rock, blues ( pour faire plaisir à Rick, originaire de Chicago et fan de Buddy Guy) et  pop. 

Tracklist: Where are you?

 1 She Can't Kiss You 4:07 

2 Knew It All Along 4:39

3 If Only 4:36
4 Own Kind of Savior 4:05
5 As Good a Day as Any 3:55
6 Walk Among the Dead 4:03
7 Counterpart 4:04
8 Quiet 3:46
9 Arachne's Pride / Minerva 5:28
10 Lost Art 5:03
11 Love Me Gently 3:49
12 Counting My Lucky Stars 4:35
 
Line-up:
 
 Monica Sorenson ( vocals) - Rick Walker ( guitar & arrangements)  -  Bruce Paul Allen (bass), Anthony Sarain (keys, sax, flute) - Alberto Moreno (lead guitar) -  Dave Fuller (on drums).
 
 
Sur la photo de pochette il y a un panneau disant 'report problem or emergency', problèmes absents mais il y a emergency, jette un oeil à l'agréable madame se promenant sur le quai et écoute l'album d'urgence!
 
Pas de faux départ, le rock  'She can't kiss you' démarre au quart de tour, on sent qu' Alberto Moreno a fait un détour au sein de groupes de metal, la voix assurée  de Monica possède ce petit côté provocant qui ne laisse pas indifférent, basse, claviers et drums assurent comme il se doit, on n'est pas à mille lieues du female classic rock apparenté à des gens aussi estimés que Pat Benatar , le groupe  Heart ou
Alannah Myles ( aah, ' Black Velvet').
Elle n'embrasse pas, mais elle rocke! 
Léger relâchement avec ' Knew it all along' , un arrière-plan mélancolique se dessine, la voix se fait profonde en demandant t'es où, t'as hésité, mais  pas répondu, car tu ne connais pas cette madame, la guitare lyrique, proche du style si caractéristique de Carlos Santana, s'en donne à coeur joie, et tu te dis que t'aurais pas dû chipoter, mais, bon, t'étais pas seul!
La rythmique lance énergiquement 'If Only' , un morceau à teneur pop rock calibré pour les radios FM.
T'as un mec qui entend des relents Chrissie Hynde dans le timbre légèrement éraillé de Monica ( s'il te plaît, oublie Clinton)  on ne va pas le contredire.
Mrs Sorenson  a connu des instants tragiques dans la vie, elle a perdu un fils âgé de 20 ans, il a  mis fin à ces jours,  il ne se sentait pas accepté par la société du fait de son homosexualité, la plaie ne se refermera jamais, le titre 'Own kind of savior', poignant et savamment orchestré, lui est dédié.
Virage bluesy avec 'As Good a Day as Any', une ballade fredonnée d'une voix caressante  sur une instrumentation comme  mise en sourdine, avec un point fort, une guitare hispanisante déambulant avec élégance pour répondre au chant plein d'émotion de Monica qui a décidé de mettre fin à une relation qui a laissé pas mal  de cicatrices.
Pour annoncer un concert que Sometimes Julie a donné à Encinitas, le patron de la boîte ne mâche pas ses mots: Their raw, sexy, driving sound will stir up your passionate side!
A l'écoute du blues rock 'Walk among the dead' tu ne peux que confirmer ce point de vue.
Les guitares, intraitables, mitraillent  sévère, avec un coup de wah wah où il faut, Anthony Sarain excelle à l'orgue et  le chant redoutable de la nana fait le reste.
Tu dis, où est le plaisir de baguenauder parmi les cadavres?
A chacun, ses lubies, mec!
Encore un hard-edged rock pour suivre, si ton intention était de te taper une petite sieste, évite  ' Counterpart' qui secoue allègrement. 
 Alberto Moreno, en embuscade, t'envoie des rafales meurtrières et puis, ne te laisse pas berner par l'acoustique qui se faufile à droite et à gauche, ces gars et leur Calamity Jane tirent sans pitié.
En voilà un titre explicite, 'Quiet', même si l'amorce est loin d'être paisible, Anthony a sorti le sax de l' étui pour enjoliver la plage qui part dans tous les sens lorsqu'un piano sautillant sort dont on ne sait où, et que Monica se prend pour  Kate Bush, évidemment le vilain Alberto rapplique et tout s'emballe, elle a beau répéter I need some quiet, ils sont tous devenus hystériques.
Tu veux du Narciso Yepes, écoute l'intro de 'Arachne's Pride / Minerva' et si tu vois le Tage, ce doit être un mirage, mais ne te mets pas à rêver de jeux interdits,  passé le premier mouvement, la troupe reprend les rennes pour forger un rock musclé, aux lyrics baignés dans des thermes mythologiques en reprenant la légende de Minerve, la déesse guerrière  ayant dans ses attributs la sagesse, la stratégie, l'intelligence, la pensée élevée, les lettres, les arts, la musique, et l'industrie.
Quoi?
Comme  Roselyne Bachelot!
La pharmacienne cultivée, tu rigoles! 
Un détour par la galerie à la recherche de 'Lost Art', une plage délicate après le déferlement rock, un bémol, it's a loss story:...  in the gallery the walls are empty, alors que the gallery should have been full of you...
Le côté sentimental est finement rendu par une guitare élégiaque, sans oublier Monica, dont la voix en répétant in this gallery te renvoie des images d'Amy  Winehouse interprétant 'Valérie'.  
Un petit air de jazz velouté, grâce au saxophone incandescent et au piano souple,  pour amorcer 'Love me gently' ,  la plage la plus sexy de l'assortiment, tu demandes à Diana Krall de l'enregistrer et ça cartonne aux quatre coins du globe. 
Mais qu'il est con, ce mec, elle n'est pas difficile et il est incapable de l'aimer gentiment, du coup... my heart can't take it anymore!
Pourquoi as -tu sorti le télescope?
I'm ' Counting my lucky stars', pour terminer sur une note positive en envoyant un petit rock catchy en diable et tu savais que l'extraverti Alberto allait nous balancer quelques derniers riffs bien pensés.
 
'Where are You?': un album varié qui pourrait amener Sometimes Julie a un plus de reconnaissance de ce côté des océans, tu peux casser la baraque en   Californie et être ignoré sur le vieux continent... la bande à Monica mérite une plus ample considération, for sure!
 
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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 15:26
Album - How to Weigh a Whale Without a Scale - Léanie Kaleido

Album -  How to Weigh a Whale Without a ScaleLéanie Kaleido

 produced at OX4 Sound Studio

How to Weigh a Whale Without a Scale : question aussi fondamentale que de connaître l'influence de la masturbation des baleines naines sur l'érosion des falaises au Cap Gris-Nez.

Léanie, si ça peut t'aider, Jeanine, une voisine, vend une balance à deux fléaux, une Roberval, que son arrière- grand-mère utilisait dans sa boucherie avant le second conflit mondial.

Fais-nous signe!

Léanie Kaleido, naît en octobre 1970 à Londres, le même jour que Shannon Michelle Wilsey, plus connue sous le nom de Savannah, une actrice américaine, apparaissant souvent dévêtue à l'écran.

Si on te donne le nom de son géniteur, Top Topham, ton cerveau va se mettre en action et peut-être se souvenir que ce monsieur était le premier guitariste des Yardbirds.

Donc, essayer de faire carrière dans la music jungle  est une chose logique pour la jeune fille ayant fréquenté la Sussex University.

On lui colle l'étiquette singer-songwriter et elle enregistre trois albums,  'Karamelién' en 2006, '  Quicksands & Shadows' en 2014 et 'How to Weigh a Whale Without a Scale' en 2021.

Pour ce dernier fascicule, elle fait appel à Mark Gardener, frontman de Ride, pour la production.

 Tracks-
All the Things I'm Made Of
Someone's Daughter
Nobody's Hero
How to Weigh a Whale Without a Scale
Mr Dragonfly
Sweet Science
Codeine
Hat Thief
Teapot Girl
Kite String Mantra

 

CREDITS  
Léanie Kaleido - Vocals, piano, ukulele, strings, drum programming, synth bass
Mark Gardener – Producer, guitar, bass
Jono Harrison – Guitar, drum programming, synth bass (Codeine, Kite String Mantra)
Chris Gussman – Guitar and engineer on ‘Hat Thief’, engineer on ‘Mr Dragonfly’
All songs written by Léanie Kaleido. Copyright @2021
Cover photo by Jono Harrison
Cover created by Sara Truckel

 

Une pochette sobre,  un portrait de profil d'une jeune dame songeuse,  dans des tons bleu ciel d'un romantisme rappelant les pochettes représentant Marianne Faithfull in the sixties.

On est loin des emballages de mauvais goût illustrant les disques de certaines formations de métal ou de hip hop, o k, tu peux toujours rétorquer don't judge a book by its cover, mais, bon,   "Chicken N Beer" de Ludacris, par exemple, peut amener des âmes sensibles à gerber. 

L'album démarre par une gentille piano-ballad sans artifices,' All the Things I'm Made Of'.

  La voix est mise en avant  tandis que Léanie dévoile son âme.

Un titre d'un classicisme limpide, composé dans la veine Tori Amos, Carole King, Janis Ian ou Sarah McLachlan .

Elle poursuit en chantant 'Someone's daughter' d'une voix légèrement tremblotante. Mark Gardener se charge des accords de guitare finement ciselés. Des cordes et des sonorités de clavecin, produites au synthé, habillent astucieusement une mélodie plus arrangée que la plage inaugurale.

Avec ' Nobody's Hero' un titre qui n'a aucun rapport avec Bon Jovi ou Stiff Little Fingers, Léanie revient au piano. La ballade est bourrée de références,.. smile like Robert de Niro, Fly like an Eagle,  You shoot like a cannonball... elle a eu la bonne idée de  recourir aux layered vocals pour enjoliver le thème musical d'un choeur céleste. 

Quelle trouvaille de vouloir peser une baleine?

How to Weigh a Whale Without a Scale'  baigne dans un brumeux climat de  mélancolie:  jeu de guitare perlé, synthés atmosphériques, voix limpide, choeurs sinueux, tout est dans les nuances comme pour une toile pointilliste de Seurat ou de Pissarro.

La journaliste évoquant Dido est loin de se fourvoyer, l'univers de Léanie Kaleido offre une analogie évidente avec l'oeuvre de la chanteuse aux 40 millions d'albums vendus.

Victor Hugo, 'Printemps', extrait: " La frissonnante libellule mire les globes de ses yeux dans l'étang splendide où pullule tout un monde mystérieux."


Léanie Kaleido,  supportée par une guitare acoustique courtoise:  'Mr Dragonfly', goodbye... même poésie vernale et bucolique.

Et la demoiselle, frivole, a repris son envol à la recherche d'un point d'eau accueillant.

C'est comme la petite boule à la roulette, rouge/guitare, noire/piano, elle s'arrête sur le numéro 6' Sweet Science': piano!

Piano, oui, et un cortège de cordes pour parer cette nouvelle ballade mêlant romantisme et mélancolie introspective...solitude keeps us alive... finalement, être seul c'est éviter les bagarres!

Amy le prétendait également, Amy was right:  Love is a losing game!

Des insomnies, des angoisses, un certain écoeurement, des désordres psychiques, ' Codeine' take me away from all the pain I once knew.

Une des plages les plus fortes de l'album, bittersweet, mais aussi  étonnement profonde, après 90 secondes une guitare bourrée de reverb vient seconder le piano et la synth bass et la pièce gagne encore en intensité.

La voix, quant à elle, reste détachée pour élaborer un contraste, recherché, avec la noirceur du propos. 

La ritournelle puérile 'Hat Thief' rappelle une autre histoire de chapeau chantée par Steeleye Span, 'All around my hat',  mais elle est interprétée avec des intonations Mary Hopkin.

Impossible de trouver un morceau plus British que 'Teapot girl' , là où Francois Hadji-Lazaro ( de Pigalle) boit du café et ça le rend vachement nerveux, l'aimable Léanie ne jure que par une décoction de feuilles de théier.

 Une question de culture, French punk et smooth  English folk ne feront jamais bon ménage.

Un dernier envol méditatif avant de clôturer le voyage en mode psychedelic pop  ' Kite String Mantra'.

 

Un voyage au demeurant charmant pendant lequel Léanie Kaleido partage son intimité avec pudeur et délicatesse.

On le répète, il s'agit d'un ouvrage  stylé, essentiellement britannique, qui conviendra à merveille aux fans de Sandie Shaw, Lynsey De Paul, Sandy Denny ou Cara Dillon et Kate Rusby pour les plus contemporaines.

 

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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 12:02
Album - Fool Yourself - Mark J Gidden

 Album -  Fool Yourself Mark J Gidden

par NoPo 

Nub Music record label.

 

Mark J Gidden Fool  Yourself 2021

L'anglais, installé à St. Albans, mériterait une large reconnaissance.
Ecoutez d'urgence 'Catch me out' en électrique ou en acoustique, comme vous voulez, mais plutôt avec le son, et dites-moi que ça ne vous branche pas!
On pressentait déjà ce potentiel, juste avant, lorsque Twenty81 tentait déjà certains titres avec une belle énergie scénique.
Auparavant, dès les années 90, Gidden fait partie de groupes amateurs de Radiohead et des Smashing Pumpkins.
Son 2ème album, après des débuts solo en 2019 'Have you heard' (on aurait dû!), s'éloigne de ces influences et me fait penser à Jack Lee pour la qualité des compositions (souhaitons lui la même réussite).

La pochette se montre aussi sobre que la musique :
Un fond blanc et la silhouette du guitariste recouverte de pierre ocre, de la chaleur et du solide.
Une indication, la position des bras de cette fine gâchette, donne l'impression qu'elle s'apprête à dégainer.
Impression confirmée, on entend les balles siffler!
Le musicien cartonne avec 15 titres pour un album généreux et pourtant concis, dépassant, à peine, les 50 minutes.


Autant commencer directement par le titre qui donne son nom à l'album 'Fool yourself', un tube qui plante le décor.
Ce morceau représente un grand danger! Après l'avoir découvert, une seule pensée vous hante : on remet ça en boucle svp, replay! 
Le riff en arpège tourne et vrille comme une mèche de perceuse et vous enfonce la mélodie au fond du crâne.
Pour l'enlever ... ben y'en a qu'on essayé!
La basse roule derrière les frappes véloces, les guitares avec plusieurs 'S' majuscules contrôlent tout.

La 2è couche 'Non profit' démarre dans un accord plus sombre mais s'emporte en restant tout aussi convaincante.
Mark chante, appliqué, impliqué, à but non lucratif en plus! Ecoutez-le sur https://soundcloud.com/mark-j-gidden

Riffs rapides en accords frottés cette fois... 'Disaffected' nous contente largement. Encore un futur hit!
On rapproche cette voix de Brett Anderson, chanteur de Suede... Désolé, je suis complètement ... d'accord!
Aucun problème, elle brille par sa vigueur acrobate et ses légers décrochés qui paraissent sauter d'une corde vocale à l'autre.

Petit répit, faut bien récupérer! 'You dress quite well' balade paresseusement mais pas trop quand même...

'Uninvent' réinvente l' esprit early 70's de Bowie et je pèse mes mots. Les tubes s'enchaînent.
Les accords et les arpèges lumineux disparaissent d'un coup pour laisser filer une guitare dans le cosmos et une voix qui ont dû pratiquer Space Oddity, Hunky Dory ou Ziggy...

'If you can' emploie un ton agressif dans un riff nerveux et saccadé puis, sur le refrain, la voix fiévreuse s'envole vers des notes élevées.
La compo nous la coupe tellement elle est aiguisée. 'Hit me with your best shot!'

'Molecules' glisse de façon tellement évidente qu'on pourrait l'oublier ... sauf que peu de compositeurs possèdent cet assemblage de molécules.

'Something good' prend ses aises, laissant toute liberté aux guitares qui se complètent (surtout sur le chorus). La basse leur déroule le tapis vert, la frappe volubile est sèche.
On prend autant de plaisir que le musicien. 'Hit me with your rhythm stick!'

'Some people do' se la joue facilement rock comme un intermède (consistant) de 2'30.

'St John' possède un son de guitare étrange, presque désaccordé ou sous-accordé. Le chant se veut menaçant mais lorsque les choeurs lui viennent en soutien, la trame puissante part en ébullition.
Les voix s'entrecroisent et les guitares s'énervent, jusqu'au riff tendu en conclusion. 

Tube en puissance!

'Alone and soon' pose un 2è répit. La promenade langoureuse devrait plutôt se faire à 2.

'Calling you' séduit par une voix, pleine de précautions, en harmonie avec une mélancolodie émouvante, ma chair de poule s'en rappelle. Un classique pour la postérité.
La cadence, en aérobie, prend la vitesse des battements d'un coeur amoureux en accord d'Eon où le temps n'existe pas.

'Find control' coule comme une rivière paisible et sans méandres. Le compositeur maîtrise ses effets relaxants jusqu'au bout des doigts.

'She to me' cède le trampoline à la guitare qui saute sur les pics et les pocs de batterie annonciatrice. La basse harmonieuse permet aux autres de bien jouer. Encore un hit!
Plus on avance, plus l'orchestration s'enrichit avec un son, sans cesse, assaisonné. Une écoute attentive permet de percevoir les ingrédients.
Les choeurs encouragent puis saupoudrent, les guitares se multiplient, s'épicent, épaississent, le 1er solo tranche, le second tergiverse avant de laisser le dernier mot à l'acoustique.

'Thank you' captive avec son piano à un doigt. Quelques claviers jouent l'emphase en conclusion et remerciements.
C'est nous qui te remercions l'artiste.


Ici et maintenant, Mark prend les siennes et vous pouvez, sans hésitation, écouter tout son disque dans un ordre aléatoire, à l'endroit, à l'envers, vous ne ressentirez aucun temps faible.
L'instrumentation conserve l'essentiel, les instruments piliers du genre : guitare, basse, batterie.
Le rock coule dans les veines du musicien qui sait trousser un 'classic' comme pas deux. Son interprétation 'unplugged' sur les réseaux sociaux ne laisse aucun doute sur leur potentiel.
Tellement doué, Mark maîtrise son art, réussit ses contrôles, ses crochets et débordements spontanés et finalement marque le but, marque le coup... les coups, 15 hits!


Line- up: Solo - solo, apparemment (pas trouvé d'autres contributions)

Titres
01-Fool yourself
02-Non profit
03-Disaffected
04-You dress quite well
05-Uninvent
06-If you can
07-Molecules
08-Something good
09-Some people do
10-St John
11-Alone and soon
12-Calling you
13-Find control
14-She to me
15-Thank you

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4 avril 2021 7 04 /04 /avril /2021 07:39
Album - The Paper Kites - Roses

Album - The Paper Kites - Roses

 

 Nettwerk Records.  

La Chine, ce n'est pas uniquement le berceau de la pandémie,  de la transparence, de l'intégrité et de la liberté d'expression, c'est aussi le pays qui a vu naître le cerf-volant, la légende veut que le roi Liye, qui n'a jamais connu Jésus,  fabriquait des faucons en papier dans son palais, grâce à un malin bricolage il a réussi à faire voler sa création.

Depuis tous les petits Chinois, qui sont bien plus nombreux que ne chantait Dutronc, ont un jour reçu  le fameux aérodyne pour leur anniversaire ou lors de l'équivalent asiatique de la Saint-Nicolas, il en existe de toutes les formes et de toutes les couleurs et tous les ans, à Weifang, se tient le Festival International  du Cerf- Volant qui réunit des milliers d'amateurs. Il fait la joie des petits et grands et des photographes de tout poil.

C'est quoi, ces murmures... tu t'en fous et d'Icare, aussi!

D'accord, de toute façon, les  Paper  Kites n'ont pas vu le jour dans l'ex-Empire Céleste, le groupe s'est formé à Melbourne en 2009.

Les instigateurs se nomment  Sam Bentley et Christina Lacy qui se connaissent depuis l'école maternelle, ils ont recruté David Powys  Sam Rasmussen et Josh Bentley, des copains, tous actifs au sein d'autres formations qui foisonnaient dans la ville baignée par le fleuve Yarra.

Très vite le groupe tourne, enregistre et se forge une belle réputation, aussi bien scénique, que discographique.

Ils ont pondu quatre EP's et cinq albums studio, 'Roses', le dernier, succède à  'On the Corner Where You Live' élaboré en 2018.

 

Track Listing:
1. Walk Above the City (Feat. MARO) 
2. Climb On Your Tears (Feat. Aoife O'Donovan) 
3. Dearest (Feat. Lydia Cole) 
4. Steal My Heart Away (Feat. Ainslie Wills)
5. Without Your Love (Feat. Julia Stone) 
6. Crossfire (Feat. Amanda Bergman) 
7. Lonely (Feat. Gena Rose Bruce) 
8. Take Me Home (Feat. Nadia Reid) 
9. For All You Give (Feat. Lucy Rose) 
10. By My Side (Feat. Rosie Carney) 

The Paper Kites, line-up:

 

  • Sam Bentley – lead vocals, guitars, keyboards
  • Christina Lacy – guitars, keyboards, backing vocals 
  • Josh Bentley – drums, percussion 
  • David Powys – guitars, banjo, lap steel, backing vocals 
  • Sam Rasmussen – bass guitar, synthesizers 

 

  Le groupe a invité dix artistes féminines de nationalités diverses  pour participer à la réalisation de l'album, dont la pochette expose une rose écarlate, synonyme de passion et de désir intense:   Lucy Rose, forcément,  (UK), Julia Stone (AU), Nadia Reid (NZ), MARO (PT), Aoife   O'Donovan (US), Rosie   Carney (IE), Ainslie Wills (AU), Amanda Bergman (SE), Lydia Cole (NZ) et  Gena Rose Bruce (AU).

Sam a composé tous les titres.

La ballade ' Walk Above the City'  ouvre le recueil, la première chanteuse conviée à prêter sa voix aux différentes plages est Maro,  une compositrice et multi-instrumentiste de Lisbonne, partie vivre à L A,  dont le nom a largement dépassé les frontières du Portugal, elle a d'ailleurs été signée par Quincy Jones sur son label. 

Le chant murmuré de la lusitanienne et l'accompagnement sobre et tendre confèrent un caractère immatériel à cette chanson fragile, à la beauté aussi éphémère que les fleurs aperçues au loin par le couple semblant musarder dans un cosmos féérique.

La chanteuse de Boston,  Aoife O'Donovan ( ex-Crooked Still et ex- Sometymes Why), apparaît sur 'Climb on your tears' , en duo avec Sam Bentley, elle entame  une rêverie nostalgique, délicatement escortée  par la guitare  sensible de David Powys.

Un morceau vulnérable à placer aux côtés des meilleurs titres des Cowboy Junkies.

Le voyage se poursuit en compagnie de Lydia Cole, la néo-zélandaise a été invitée à prêter sa voix vaporeuse  sur le titre 'Dearest' .

Lydia, désormais berlinoise,  dont le second album ' The Lay of the Land'  a fait l'unanimité, enjolive cette belle ballade, d'un romantisme désuet, en donnant la réplique à Sam Bentley. L'instrumentation minimaliste, une guitare discrète, jouée en fingerpicking,  permet la mise en évidence des voix et fait de 'Dearest' un summum de délicatesse. 

Pour 'Steal my heart away', les Paper Kites ont fait appel à une compatriote, Ainslie Wills,  nominated for  The Australian Music Prize, en 2019, pour son second album, 'All You Have Is All You Need'.

Le groupe ne déroge pas au caractère de l'album et persévère en mode downtempo malgré un apport instrumental plus complexe, avec la prédominance de synthés, apportant une touche pop à la  Tears for Fears à la plage numéro quatre de 'Roses'.

' Without Your Love' features l'incomparable Julia Stone, encore une concitoyenne, dont la voix enfantine et radieuse vient embellir cette tranche de pop rock,  sérieusement secouée par une guitare déterminée, alors que le refrain ...Without your love, without your love Yeah it ain’t nothing  ...vient insidieusement s'imprégner dans ton crâne.

Oui, Melissa?

 I get obsessed with this song, c'est grave, doc?

Non, c'est logique!

La voix la plus sensuelle est à mettre au compte d' Amanda Bergman, une singer-songwriter suédoise, également active au sein du groupe Amason, que The Guardian n'hésite pas à comparer à Fleetwood Mac, elle illumine le slow "Crossfire" de sa classe.

Une guitare en mode Chris Isaak,  un orgue balsamique et deux voix veloutées, il n'en faut pas plus pour tomber en pâmoison.

Un mec qui a tout compris commente:  "Twin Peaks vibes!"

Une troisième chanteuse australienne entre en piste, Gena Rose Bruce fredonne ' Lonely'.

Belle découverte que cette Gena Rose Bruce qui jusqu'ici a enregistré quelques EP's et l'album, 'Can't make you love me'.

Ecoute, Gena Rose si ce gars persiste à t'ignorer, je te refile mon numéro de portable, tu appelles, je règle le divorce, je lui laisse le chat et je mets le cap sur  Melbourne.

Dorénavant si quelqu'un avance ' Lonely' et demande de l'associer à un chanteur ou à une chanteuse, ce ne sera plus à Roy Orbison ( Only the Lonely) que tu penseras mais aux Paper Kites et à Gena Rose Bruce.

Avec Nadia Reid on se paye une seconde expédition en Nouvelle-Zélande.

Tu te souviens avoir vu Nadia en concert à l'Ancienne Belgique en 2016, elle venait d'enregistrer
'Listen To Formation, Look For The Signs', son premier album.

Elle avait fait impression, tout comme sa performance sur l'alt country track 'Take me Home' en fera frémir plus d'un.

Il ne faut pas grand chose pour construire un grand morceau, quelques accords de guitares ( acoustique et électrique) et une voix frémissante, et le tour est joué!

C'est également à Bruxelles, dans la cave du  Botanique, en octobre 2012, que tu assistes au concert de Lucy Rose, native du Surrey, qui présentait son premier album, 'Like I Used To'.

Encore timide, elle dégageait pourtant un potentiel déjà consistant.

Douze ans plus tard, Lucy a fait son chemin, "she  has built up her reputation as a singer songwriter and credible musician" se lit sur la fiche de présentation annonçant ses concerts qui ne sont plus donnés devant 45 pelés mais devant une foule compacte. 

Elle accompagne Sam et Christina sur 'For All You Give', une romance  folk lumineuse et fluette, reposant sur une guitare acoustique précieuse.

Après ce nième moment de grâce, on arrive au terme de la lecture en compagnie de l'Irlandaise  Rosie Carney, une demoiselle qui a eu l'honneur de converser avec Dieu, pas Clapton, the real Lord, qui règne au royaume des cieux, elle  interprète  'By my Side' en compagnie de Sam.

Pas d'agitation prévue au programme, les forces de l'ordre n'auront pas à  utiliser le canon à eau, la dernière plage s'avère une nouvelle fois a  very low-tempo song , mélodieuse et sentimentale, avec un travail méticuleux de David Powys à la lap-steel.

That's all, folks!

 

Un superbe album à écouter les paupières closes tout en rêvant à des jours meilleurs.

En conclusion,  Low a fait des émules en Australie, le slowcore a encore un bel  avenir!

 

 

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31 mars 2021 3 31 /03 /mars /2021 16:22
EP, Love Is a Dirty Word by Emily Taylor Hudson

EP, Love Is a Dirty Word by Emily Taylor Hudson

 self- produced

NoPo

 Emily Taylor Hudson EP Love is a dirty word 2021

Emily? Oui! Jolie? Oui mais nan, c'est pas la même!

Emily dessine... plutôt bien d'ailleurs, dans un style graffiti griffonné gribouillé et bariolé de couleurs flashy.
"Ma pochette d'album… elle capture juste l'émotion de l'amour... un gros mot!" Ah bon, un autoportrait?
Une chevelure ondulée et laiteuse, des yeux et une bouche maquillée, des chouchous fluo en forme de coeur, un collier vert raz de cou (ou ce que l'on devine comme un cou), une salopette noire à liseré gris, une griffe rouge en guise de signature.
Emily joue de la guitare, chante aussi... plutôt bien et s'écrie parfois. Et je ne sais pas si elle écrit tôt mais elle écrit tout... paroles et musique.
Emily lit sans doute aussi... et sait faire le café, sûr, pourtant je n'oserais pas avancer qu'elle serait bonne à tout faire (Oups! Trop tard, on va me lyncher, pardon!). En tous cas, elle semble réussir ce qu'elle entreprend.
Fille de Bill Hudson des poppy ricains Hudson Brothers et fan des Beatles (elle cite 'Revolution' en tête de sa playlist) et plus particulièrement de John Lennon, à qui elle pense en publiant son EP sur les plateformes de streaming le 9 Octobre 2020 :
"I dropped my EP today on John Lennon’s birthday. His music and force has inspired and shaped me into the writer..."

Elle enregistre ses chansons d'abord en duo avec son ami Billy Newsome, guitariste, puis, son frère, Zak Hudson, complète par la basse et la batterie.
Les choses se passent quasiment sur un coin de table, dans une caravane et un local de rangement... Si c'est pas de l'artisanat, ça!
Ce naturel produit un son brut. Les textes tournent autour d'une rupture mal vécue et ça produit... aussi un son brut. Y'a pas d'arrangements?
Dame si, elle travaille joliment ses mélodies gorgées de power pop rock; le tout sent la fraîcheur et l'amour du 'fait maison'.

Le 1er morceau 'Hearts wanna break' annonce la couleur (fluorescente) avec le balancement de plusieurs couches de guitares tranchantes, échos harmoniques, effets minés et félins.
2 coeurs s'entendent pour se briser, et ça s'entend!
La voix veloutée d'Emily me fait penser à celle de Nina Persson (c'est quelqu'un puisqu'elle tient le micro chez les Cardigans, notamment).
Basse batterie s'entendent aussi comme larrons en foire, Zak réussit là une ubiquité complice.
Le refrain catchy donne envie de chanter à tue tête... mais, pour certains, vaut mieux pas... (ou juste sous la douche en évitant de la faire tomber du ciel).

'You're so nice' Thanks, même après le coup du café? Ah zut, c'est pas moi le nice? La compo déroule comme un truc familier qui rassure.
Vous savez, ça arrive parfois quand on rencontre quelqu'un avec l'impression de le connaître depuis longtemps et ça matche de suite.
Ça  ne retire rien à cette construction bien foutue tombée dans la marmite rock.
Les grattes règnent en maîtresses parfois dans des frottements, parfois dans des feulements avec un refrain qui accélère le pouls et gonfle les poumons.

'True sensation' Voix suave et facile d'abord puis 2, 3 guitares par instant, remplissent l'espace et l'esprit de bonnes sensations au plus haut dans les '...True wouh wouh wouh ouh'.
Aucune batterie ni percussions ne se manifestent mais le rythme sobre vit par le mouvement des doigts sur les cordes et l'intonation d'Emily.

L'enchaînement se fait de façon fluide vers 'Famous fantasy' sauf que cette fois la batterie vient cogner un air facile à expulser en sifflant.
Le riff accapare l'oreille aussitôt et de façon encore plus éclatante sur le chorus musclé.

L'intro de 'Tone of the siren' au son inversé lâche un riff de guitare qui donne des sensations d'allers-retours. Par moments, des cris se jettent en fin de phrasé et c'est Emily qui plonge.
Sur le refrain, des choeurs langoureux se joignent au chant de la sirène. Conclusion des plus fringantes malgré des paroles amères tout au long du disque.


Emily Taylor is rich de son savoir faire, de sa culture musicale et de son énergie.
On lui trouve du caractère comme chez Pat Benatar ou Joan Jett. Love is a dirty word? 

Ben, pas toujours!
Un EP fougueux, revigorant, organique, simply rock!


Titres enregistrés dans un coin et mixés par J.P Hesser aux Castaway 7 Studios
01-HEARTS WE WANNA BREAK
02-YOU_RE SO NICE
03-TRUE SENSATION
04-FAMOUS FANTASY
05-TONE OF THE SIREN

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31 mars 2021 3 31 /03 /mars /2021 08:18
Album - Adam Douglas – Better Angels

 Album - Adam DouglasBetter Angels

 Compro Records

 Adam Douglas er ute med sitt tredje album «Better Angels», som utforsker amerikansk roots-musikk krysset med blandinger av både soul, rock 'n roll, blues, country, rhythm and blues og jazz, noe som resulterer i en konklusjon om at Adam ikke kan plasseres i én musikalsk sjanger.

 

En gros, ça dit,  Adam Douglas vit en Norvège, il a sorti un troisième album, ' Better Angels', que tu classes dans le rayon roots, au sens large, puisque tu y retrouves de la soul, du rock, du blues, du jazz, du R'n'B, bref, il est ardu de poser une étiquette sur la musique de ce mec.

Si Olsen, Kristensen, Knudsen, Lunde ou Solberg sont des patronymes courants à Oslo, Douglas est moins fréquent.

Adam a vu le jour en Oklahoma, il y a 40 ans, en fouillant dans les fichiers de la CIA, tu as retrouvé son identité compète, Adam Douglas Enevoldsen, ce qui explique son déménagement, il y a plus d'une dizaine d'années,  vers les froides contrées, ayant vu naître la séduisante Frida Aasen.

De sa jeunesse chez les Oakies, il a gardé son amour pour Bonnie Raitt, Tom Petty, Larry Carlton ou les plus anciens Ray Charles et Howlin' Wolf.

Depuis son établissement au pays des fjords, il a enregistré trois albums: I May Never Learn ( 2015), The Beauty & The Brawn ( 2018) et Better Angels ( 2021).

En 2016, le Monsieur s'approprie les palmes du Baltic Song Contest, ce détail pour te signaler que si l'English Wikipedia l'ignore, il est repris dans la version norvégienne.

Tracks:
01. Joyous We’ll Be
02. Into My Life
03. Build A Fire
04. So Naive
05. Change My Mind
06. Where I Wanna Be
07. Blue White Lie
08. A Whistle To Blow
09. Both Ways
10. Just A Friend
11. Lucky Charm
12. Dying Breed
 
 
Musicians:
 
Adam Douglas: acoustic guitar, electric guitar, main vocals, backing vocals
Ruben Dalen: drums and percussion
Martin Windstad: percussion
Marius Reksjø: bass
Thor-Erik Fjellvang: piano, organ, clavinet, synth nad marxophone
Iver Olav Erstad: Hammond B3 organ
Kaja Fjellberg Pettersen: cello
Line Sørensen Voldsdal: viola and violin
Tracee Meyn: backing vocals
Børge-Are Halvorsen: baritone and tenor saxophone
Even Kruse Skatrud: trombone
Jens Petter Antonsen: trumpet
 
Sur la pochette, on admire le gentleman coiffé d'un feutre seyant, barbe soignée, lunettes d'un classicisme vertueux, il est  vêtu d'un veston qui doit faire pâlir Charlie Winston d'envie, le gilet, la chemise et  le gilet assortis sont  rehaussés par le détail qui assure une touche classieuse, un  foulard et une  pochette de dandy.
Il pose pour le photographe à la manière de Mona Lisa pour le brave Leonardo, c'est une évidence, le contenu ne sera ni  hardcore, ni grunge et encore moins  rap salace.   
Allez, c'est parti, direction le paradis à la rencontre des better angels!
 
'Joyous We’ll Be' ( Musikk & melodi: Adam Douglas - Tekst: Jeff Wasserman), comme Adam, Jeff est un expat, en provenance de East Norwich, pas loin de Long Island.
La Norvège semble attirer pas mal d' amateurs d'Americana.
 Le gars a fait partie de Gone At Last et ensuite de Jeffrey and the Free Radikals, en 2018 il a sorti , sous son nom, l'album 'The Meeting of The Waters'.
Le jovial gospel ' Joyous We'll Be' respire les sonorités de chez Stax, une voix noire, chaude, des cuivres baveux et des choeurs tout aussi sirupeux, soutenant un jeu de guitare se référant à l'as, Steve Cropper, sans oublier l' orgue frétillant  de Thor Erik Fjellvang, qui lie la sauce.
On ignore si les fidèles se rendant aux  offices religieux dans les églises luthériennes du royaume nordique ont l'habitude de prier en chantant comme les congrégations se réunissant dans les lieux de culte baptistes, ce qui est certain, par contre, c'est que en entonnant à pleine voix  ' Joyous We'll Be' tu vas te rapprocher du Seigneur et des anges asexués.
Le texte de la seconde plage ' Into my Life' est de la plume de Cory Chisel, un gars du Wisconsin jouissant d'une belle renommée dans la sphère Folk Rock/Americana.
Les cuivres tiennent à nouveau une place prépondérante dans ce pop/soul track chanté d'un timbre proche du crooner Michael McDonald, la voix chaude des Doobie Brothers.  
Tu lui donnes ce titre, ou tu le refiles à Michael Bolton et ça cartonne à mort.
Gaffe aux étincelles, he's gonna 'Build A Fire', toujours avec l'aide de Cory Chisel, qui n'a pas oublié  les allumettes.
La chanson est dédiée à sa tendre moitié et on ose espérer qu'elle aime les soli de guitare bien dégoulinants, les cuivres flamboyants et les arrangements cossus, car ce titre, torride, n'en est pas dépourvu.   
 'So Naive':  Adam, on a tous été crédules, on a cru à nos rêves, on pensait que le bonheur était à ramasser sans se baisser, aveugles, étions-nous, oui,tu as raison:
....What do I do now that I see? It's all smoke and mirrors, screens, and fantasy ..
Je remplace ton I par We:  Could we be so naive? 
Après la tartine philosophique, on passe  à la ballade  'Change My Mind', une composition de la singer- songwriter Lucie Silvas qu'elle a gravée sur l'album E.G.O.
Adam Douglas transforme l'original en slow orchestral ( avec violoncelle, violon, choeurs, et effets de voix),  qui aurait parfaitement convenu à Joe Cocker. 
Chanté en duo ( avec Beate S. Lech, la frontwoman de Beady Belle), 'Where I wanna Be' exhale un groove imparable,  et qu'on ne vienne plus nous parler de gens froids et distants pour qualifier les Scandinaves, à l'écoute de ce ' Where I wanna be' on a la nette impression que lasciveté ou sensualité sont des spécificités correspondant plus à leur tempérament.
Avec le bluesy 'Blue White Lie', réapparaît le nom de Jeff Wasserman.
Etrange, ce titre, t'as demandé une explication au chat, qui dans une autre vie a été psy:  What is a blue lie?
 A blue lie draws a line between good and evil. 
Ecoute, Whisky ( c'est le nom du chat), il est question de mensonge bleu, blanc, non, n'ajoute pas rouge, nous sommes végétariens!
Donc, aucune explication, on se contente d'apprécier ce morceau sonnant Ray Lamontagne ou Amos Lee.  
Bon, Adam, t'es chef de gare, oui ou non, au boulot you've got 'A Whistle To Blow'.
Et le train file à fond la caisse, direction  Memphis.
Euh, depuis la Norvège? 
Pas de panique, mec, on ne passe pas par le Canal de Suez!
Blow your horns, guys, on arrive!
Faut se contenir, la machine est sous pression, c'est l'heure du softer et mélancolique  ' Both Ways'.
Chacun sa route, disait l'Indien!
Avec une slide, ça passe bien! 
' Just A Friend', signé Adam Douglas / Bendik Brænne, sonne comme du James Taylor en roue libre, mais James, lui, reprenait Carole King.
Avec la ballade "Lucky Charm" ( Adam Douglas / Cory Chisel) le néo -Norvégien joue la carte country, t'es pas obligé de verser une larme, mais on peut te refiler un Kleenex si, comme nous,  t'apprécies la steel larmoyante.
On termine au galop avec ' Dying Breed', pas que les pur-sangs soient une espèce en voie de disparition, mais on ne sait jamais avec les maladies qui prolifèrent.
Le temps de ramener le canasson à l'écurie, de demander au palefrenier  de curer ses sabots, de rentrer à la gentilhommière, de prier Cendrillon de te préparer un bain chaud pendant que tu dégustes un Calvados, et tu décides de re-glisser ' Better Angels' dans ta platine vinyle Beogram 4000c ( Bang & Olufsen, béotien!) pour savourer à l'aise ce beau spécimen de blue-eyed soul venu du Nord.
 
 
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28 mars 2021 7 28 /03 /mars /2021 08:32
Album - BirdPen - All Function One

 Album - BirdPen - All Function One 

 

NoPo

 

BIRDPEN - All function one 2021

JAR Records

N'allez pas chercher midi à 14h (surtout avec le décalage horaire!), Bird et Pen correspondent aux noms des 2 musiciens et non à un éventuel maquillage, un crayon d'oiseau et encore moins un nom d'oiseau d'ailleurs!
Ah, pourtant, j'aime bien quand y'a anguille sous roche ... Mais au mieux, ils ont écrit leurs textes avec un stylo plume...
Bon revenons à nos oiseaux!
Dave Pen chante et tient la guitare dans Archive depuis une dizaine d’années (et au sein du projet We Are Bodies), Mike Bird l'a rejoint puis ils ont fusionné dans Birdpen en 2002.
Après 5 EPs et 5 LPs, voici le 6è! La photo sur la carte d'identité affiche une fenêtre fermée qu'on meurt d'envie d'ouvrir pour s'échapper, ouvrez ouvrez la cage aux oiseaux!
Un coup d'oeil à la tracklist montre des titres courts, un peu intrigants. Le duo confesse aborder des thèmes en lisière de situation pandémique : la solitude, les fausses informations, la paranoïa et la vie ultra-connectée...

Sur la piste d'ouverture, 'Function' s'avance, cahin-caha, comme une sentence et progresse lentement. On entend de l'hésitation dans la voix.
Le morceau encourage un mode de fonctionnement soudé pour vaincre la crise. Le recrutement a commencé avec la participation des fans dans le clip.
Quand le chant fait un premier break, le ton monte en allégresse, déclenchant une gifle sur les cordes de guitares, des envolées de violon, puis des coups redoublés sur la batterie, enfin le retour au chant se fait par une interrogation 'what is real?'

'Life in design', dans des accords et frappes saccadés, apporte plus de volupté. La basse ondule et incite à se trémousser sur un rythme invariable.
Le chant, en apesanteur surtout sur le refrain, transporte des messages cafardeux au sujet des gens enfermés dans leur monde intérieur.
'Losing time Losing my mind', se répète à l'envi sur une conclusion relevée.

L'introduction de 'Modern Junk', comme une modern dance, mêle, sur un rythme répétitif, beat exotique électro et tambourin. La guitare agile et changeante s'intercale en louvoyant dans des effluves psyche.
La voix fragile juxtapose d'abord, des mots mis bout à bout, qualifiés de déchets médiatiques (qui nous pollueraient), puis, après des petits cris sur un pont cassé, le chant se libère en même temps que la guitare s'agite.

'Shakes' s'embarque sur une rivière calme et mélancolique. La voix troublée exprime la crainte de l'isolement par peur du monde extérieur.   
Des violons émouvants pleurent les mots 'Find somewhere to go away from you'.

On peut s'assoir 'Seat 35' sereinement dans l'avion, pas David, effrayé par ce qu'il ne peut maîtriser : 'I hope I see you again I can't help feeling it's the end'!
Un violon vaporeux flotte sur un rythme bancal totalement fascinant. La voix aérienne s'en amourache tout en ne sachant pas vraiment où elle va 'going nowhere'.
Plus loin, un discret gimmick sur clavier fluet attire au point qu'on ne l'oublie plus.
Comme sur la plupart des titres, la trame vocale enrichit magnifiquement la mélodie, dramatique, soulignée par des cordes vaporeuses.

Le loop de guitare menaçant, creuse 'Blackhole' et fait émerger des idées noires dans une révélation. Le chant s'apparente à une plainte douloureuse.

A l'allumage, 'Flames' combine une basse bégayante avec des frappes égarées et une voix métallique. Elle scande d'abord, avant de se dédoubler en mode claustrophobe puis soudain, elle danse dans les flammes, avec bonheur, attisée par une guitare aérienne.
La rythmique, un peu expérimentale, prend une grande importance sur cette plage finalement submergée par les cristaux acérés d'une guitare exploratrice.

La mélodie au clavier de 'Otherside' dérange quelque part. David chante l'enfermement dans une vie-rtuelle sur un ton monotone qui devient vite lancinant sous des frappes roulantes.

Ces 'Changes' de David n'ont rien à voir avec ceux de Bowie, plus enjoués. D'ailleurs, le titre décrit finalement l'absence de changements.
Accroché à des cordes cotonneuses, le flow synthétique semble sortir d'un robot, ou de la bouche d'un ermite devenu robot à force de répéter les mêmes choses dans un environnement aseptisé. 

A travers 'Universe', on perçoit une grande nostalgie. La guitare acoustique, juste effleurée, aime Pink Floyd à l'orée des seventies.
Une brume au clavier, dans une lueur de violon à peine frotté, accompagne le chant éthéré de David vantant le parfait amour, inatteignable, irréel.

'Invisible' me rappelle les débuts de Coldplay. Réveillé brutalement pendant un voyage en train et découvrant la beauté du paysage, David s'aperçoit que les autres passagers ont les yeux plongés dans leurs écrans. 
Les arpèges transportent sereinement le passager sur un rythme régulier de voie ferrée. Le trajet remplit de bonheur comme la vision du soleil à l'aube.

'Undone', avec une voix un peu plus grave et posée, m'évoque The National. Une impression de soulagement se dégage de cette ambiance nocturne avec, plus loin, une voix féminine qui apaise.
Des sanglots de violons achèvent tranquillement le disque.

Les 12 compositions défilent sobrement dans une belle cohérence.
Ici, l'obscurité se propage, tout au mieux on peut espérer un clair-obscur.
Pourtant, la dépression ne nous parcourt pas, c'est une douceur languissante qui s'empare de nous.
Un album à écouter, avec délectation, en soirée, avec un digestif, plutôt à minuit qu'à midi.


Line up
David Penney : chant, guitare, clavier
Mike Bird : guitare, clavier
Rob Lee Basse
Raphaële Germser violon
Miko Hansson Voix sur 'Undone'


Tires produit par Mike Bird & Dave Pen (la mastérisation a été assurée par Frank Arkwright dans les studios Abbey Road)
01. Function
02. Life In Design
03. Modern Junk
04. Shakes
05. Seat 35
06. Blackhole
07. Flames
08. Otherside
09. Changes
10. Universe
11. Invisible
12. Undone

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25 mars 2021 4 25 /03 /mars /2021 17:06
EP - Ioio- Inflorescence

 EP - IoioInflorescence 

 Alter-K Distribution ( distributeur numérique) 

Ioio?

Sur un site de E Commerce, tu découvres: achat Ioio pas cher!

Comme t'es d'une génération vaccinable, tu pensais à un yoyo, le jouet que,  gosse, tu maniais maladroitement, ce qui faisait se marrer toutes les fillettes de ta classe.

C'est pas ça,  il s'agit d'un microcontrôleur OTG pour téléphone portable Android!

 T'es pas geek, déjà tu détestes le mot, donc t'achètes pas.

Dis- nous, Joséphine ( nom de famille  Hurtut): écoute, Io est la fille d'Inachos, le dieu fleuve, pour d'obscures raisons, Zeus la transforme en génisse, après bien des périples elle retrouve forme humaine mais au lieu de parler, elle mugit.

 Efcharistó, mais pourquoi io+io?

A cause d'Annie Cordy!

'Inflorescence' est sorti à la veille du printemps, normal, tout bourgeonne, c'est le premier EP de la demoiselle, qui auparavant avait tâté de la musique avec Public Audience, un duo franco-mexicain se mouvant dans la sphère électro.

Sinon le nom de Joséphine Hurtut est associé au collectif Banana Tragédie pour lequel elle se charge de l'élément sonore.

 Inflorescence a mis plusieurs années avant de voir le jour, il a été peaufiné et mis en boîte par Samy Gérard ( ingénieur audio au studio simone rec), le mastering est signé Emilie Daelemans, Ioio  est créditée pour l'écriture, la composition, la production et l'interprétation.


Inflorescence tracklist!

 

 

1
Eve at Dawn 4:41
2
Fusée 3:08
3
July 3:54
4
Domino Tatami 5:46
5
Run Run Run 7:01
6
Nuit 3:59
7
Eve At Dusk 3:13 
 
 
 
La pochette de l'objet a été finement façonnée par Simon Lazarus, la partie gauche est réservée à l'intitulé de l'album et au nom de l'artiste, rose pour le bébé et bleu tendre pour la demoiselle, à droite, le graphiste a utilisé la technique du graffiti et des couleurs scintillantes pour un rendu modern art du meilleur effet.
L'aube pointe: ' Eve at Dawn'.
 Eve s'éveille en douceur, quelques étirements sur fond percussif créé au drumpad, apparition d'un synthé qui coïncide avec la transformation du bourgeon en corolle fragile, déployant ses pétales alors que le calice se déchire et choit au sol.
Tel un papillon sorti de sa chrysalide, le morceau prend son envol, la voix, délicate, semble se volatiliser dans l' éther.  
Une bulle voltigeant au gré de  sonorités vaporeuses, comparables à celles qu'ont pu façonner des gens aussi raffinés  que  Röyksopp ou Fever Ray.
Un soleil radieux apparaît après  cinq minutes de poésie  végétale, Ioio enchaîne,  sur ' Fusée' , titre trompeur, car toujours chanté dans la langue de Chaucer.
Le décollage de cette fusée synthpop a précédé la sortie de l'album de plusieurs semaines et a permis au public de faire connaissance avec l'univers finement ciselé de la chanteuse.
Avec Ioio, les machines ont acquis une âme, tu peux te hisser dans le vaisseau spatial sans arrière-pensées, la nébuleuse que tu vas découvrir n' a rien  de  pandémoniaque.
Dis, Joséphine, tu t'amuses à brouiller les pistes, après 'Fusée' en anglais, tu psalmodies ' July' en français.
Why, questionne Annie Lennox!
Et sinon, en juillet, les cigales travaillent sans filet, dans le marais, libellules graciles  ou demoiselles gracieuses se posent délicatement sur une feuille de nénuphar et perçoivent à peine le chant feutré de la séduisante artiste, flânant indolemment le long des berges de l'étang.
Madame pénètre dans ton antre, décrète il fait chaud, décide d'aérer la pièce, tend une oreille et avance " c'est  mélodieux", je connais?
Berthe Morisot, t'as répondu alors que le tableau ' Au bord de lac' venait de s'imprégner sur ton écran cérébral.
' Domino Tatami': Japanese electro, dans le moule Mademoiselle Yulia?
Pas vraiment, le titre baigne  plutôt dans une sphère chillout/downtempo/lounge  similaire aux compositions de Air ou  des fantastiques Koop.
Elle avoue être fan d'Alice Phoebe Lou, esthétiquement les deux demoiselles sont soeurs. 
L'instrumental techno/ electro à la sauce Kraftwerk  ' Run Run Run', décoré de vocalises opportunes, devrait plaire aux deejays les plus branchés de la planète.
La mélodie répétitive et obsédante risque de  cartonner à Ibiza et à Tomorrowland.
Le nocturne galactique  ' Nuit' était lui aussi paru avant le lancement de l'Extended Play.
...J'ai vu tout l'univers reflété dans tes yeux... les météores, les astres, les planètes, les satellites, les comètes, les disques de poussière... tout un manège tourbillonnant défile comme dans un songe.
Après 'Also sprach Zarathustra' ou  ' Space Oddity' , Ioio nous offre une autre vision du voyage sidéral.
La balade avait été amorcée à l'aurore, logiquement elle s'achève au crépuscule, ' Eve At Dusk' a les joues rougies.
Le soleil? La confusion? 
Anyway, Eve likes to blush, c'est ce qui ressort de ce trip introspectif fascinant.
 
 
Avec ' Inflorescence' Ioio signe un premier effort original, esthétique et soigneusement abouti.
Une demoiselle à suivre de très près!
 
 
 
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24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 18:00
Album - Aaron Lee Tasjan :: Tasjan! Tasjan! Tasjan!

 Album - Aaron Lee Tasjan :: Tasjan! Tasjan! Tasjan! 

 

New West/Pias 

 

Par NoPo

 Aaron Lee Tasjan - Tasjan! Tasjan! Tasjan! 2021


Aaron Lee Tasjan, qui? Tasjan! Tasjan! Tasjan! OK compris!
Un oeil sur une photo de profil, pas de face, on dirait John Lennon chaussé de lunettes!
Aaron grandit dans l'Ohio (là où il y a eu 4 morts d'après Neil), et sort dès 2008 (à 22 ans), son 1er album produit par Tony Visconti (hein?) avec son groupe Semi Precious Weapons.
A la même époque, il monte un second groupe 'The Madison Square Gardeners' puis enregistre et fait de la scène avec les New York Dolls (Oh?) pendant 3 ans, début d'une solide amitié avec Sylvain Sylvain.
Avec un peu moins d'exposition, il joue encore avec Drivin' N’ Cryin’ et Everest.
Il s'installe à Nashville en 2014 puis collabore aussi avec Jack White, Sean Lennon, Clem Burke, Nigel Harrisson, Ian Mc Lagan et Pat Green (quoi?)... n'en jetez plus, c'est déjà trop pour ce c v rité (dites je le jure Aaron!).
Après une série d'EPs pointus, voici son 4è LP(pite) sous son nom.

La photo sur la pochette présente le personnage, coupé en haut du visage et sous son bassin, habillé d'un jean flower power.
Un cache-cache comme s'il se cherchait lui même, sans pouvoir se trouver (on va le voir dans ses textes), et pourtant il affirme fièrement son nom, floqué 3 fois sur son t-shirt, col 'V', bras nus.

Partons vite à la chasse à l'homme!

Le beatlesien 'Sunday women' éclabousse de sa classe notre 1ère rencontre. Si ça, c'est pas de la popopop millésimée!
La mélodie bluffe par son évidence nue et le gars nous remet un ptit coup de gimmick au synthé (ou à la guitare car Aaron avoue avoir fait sonner sa guitare comme du synthé), des nappes d'orgue, un 2è coup de clavier zézéyant, tout réussit!
Une interprétation léchée au bout des doigts... 'Whatever happened to Sunday women' donne vraiment envie de connaître la suite...

Un sifflement se fait entendre pfuipfui pfuipfui (ben si, c'est le bruit!) ... normal, une sunday woman vient de passer.
Les ptites notes au piano annoncent l'ouverture de l'Operating System (naturel pour un gars dont les initiales se composent de ALT!) sur ce 'Computer of love' comme un gimmick publicitaire.
Oui, mais un OS à moelle! Aaron dénonce la confusion causée par la technologie 'My little avatar, I'll never know who you really are, Digital clouds and guiding stars, On the computer of love'.
Une guitare acoustique se la joue facile sautillant sur une batterie qui aurait pu être jouée par Ringo. Une vraie force tranquille ce tonton ... et sans nuages, même digitaux!

Tom Petty ressuscite cette nuit, 'Up all night', incroyable!! On sait que lui aussi adorait les Fab Four.
Wouah, je lève le pouce, ce truc aurait pu figurer sur un de tes albums TOM, ah ok ... ça scalpe!
Les claviers enluminent une mélodie tueuse, la batterie ne s'écho nomise pas dans la réverb. Up up up!
Cette musique organique véhicule une voix sensible qui ne ment pas avec ses sentiments ambigus exprimés par une valse hésitation (il n'a pas fait partie des dolls pour rien!) :
'Broke up with my boyfriend, To go out with my girlfriend, Cause love is like love is like love is like that - Went to the doctor She said you might have a problem But I really can't I really can't I really can't tell'.

'Another Lonely Day' tire la larme de fond.
Le picking à la sèche blanchit une sauce raffinée type 'blackbird' certainement chantée au coeur de la nuit par cette voix fluette (à la Paul McCartney) et quelques choeurs angéliques qui fondent sur le refrain.
Une batterie rebondit sur l'air pendant qu'une lap-steel s'épanche en catimini, mini, mini...

Basse tonnante (boum boum boum) et batterie bouclent un rythme rectiligne qui muscle le corps de 'Don't Overthink It' parti sur une espèce d'enregistrement trafiqué, comme passé à l'envers et contre tout et ça marche...
d'autant que le refrain tranche par son raffinement harmonieux, et c'est sur des harmoniques que s'envolent les dernières notes de guitare.

'Cartoon music' pourrait cartonner avec son air désabusé et si délicieux. Cette fois, la basse fait le dos rond ronnant en attendant les caresses des cordes brossées et d'un orgue lointain.
Aaron chante for plastic people et ça plane pour lui, 'And now you're losing your mind'. On croirait qu'il se laisse aller pourtant il sait où il va tant ses compositions sont limpides.
Le solo de guitare déroule sans heurts, les coups sont ailleurs sur une batterie résonante (il y a parfois 2 batteurs sur certains morceaux!).
'Don't know how it feels'? Ca plane pour moi, moi, moi, moi!

'Feminine Walk' prend la suite de 'Don't overthink it' sur le plan musical et de 'Up all night' pour les textes ambivalents et plein d'autodérision.
'Every time I'm at the bathroom door, You've seen Bowie and Bolan and Jagger too, Grace Jones, Joan Jett and To Wong Fu I got a feminine walk'.
La mélodie tortille sur les cordes de guitares puis la rythmique amplifie ce balancement.
Au bout de la démarche, l'instrumentation s'emballe avec des percussions et effets de lap-steel en sifflements (proches du theremin).

'Dada bois' heu, quoi? Rien à voir avec le titre tronqué d'Alice, rien à voir non plus avec un cheval à bascule!
Un piano langoureux accompagne une voix de séducteur qui s'interrompt soudainement. Sans avertissement, la production s'enfile Spector avec tambourins et tambours sans trompettes.
La richesse de l'orchestration brille sous une lumière électrique allumée par Jeff Lyne.
'Da da da' On adore!

'Now You Know' avoue un faux manque d'assurance 'Tried to be a poet Couldn't find the words Maybe someday they will flow', mon oeil, ce jour c'est maintenant! La production aussi s'amuse entre clair et obscur.
La complicité sensuelle de la basse et la batterie m'émerveille, impression confirmée par une ligne vocale élégante. Il n'y a plus qu'à gratter un peu ce 'k' pour insister sur 'now now now'.

Les glissades des doigts sur les cordes rendent l'atmosphère de 'Not That Bad' si cosy qu'on entendrait presque les craquements du feu dans l'âtre.
La main passe du picking au battement d'accords comme l'état d'âme hésitant entre tristesse et soulagement. Tout sauf hype, hype hype!

Sur le dernier tour de piste, piano voix en plusieurs couches s'expriment d'entrée de jeu avant qu'un effet synthétique ne s'échappe comme une étoile filante. La voix lactée monte en crème mousseline.
La rythmique se pose lourdement sans contenir la cymbale qui s'écrase et le morceau s'écourte vite dans une stridence déchirante. C'est fini 'Got what I wanted'!
Aïe Aïe Aïe, quelle conclusion surprenante!

Au risque de me répéter, j'insiste : Aaron (Aaron, Aaron) livre ici un travail d'orfèvre, à seulement 35 ans! 'Mais aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années', c'est pas moi qui le dit!
Chaque titre ressemble à un bijou ciselé. Aucun plagiat, mais uniquement des références assimilées, respectueuses et tellement polies qu'elles scintillent naturellement sans fard.
Nul doute que Le titre de l'album corresponde bientôt à la réaction attendue, en public, pour les rappels et pas que ... Tasjan! Tasjan! Tasjan!


Titres
1. Sunday Women 
2. Computer of Love 
3. Up All Night 
4. Another Lonely Day 
5. Don't Overthink It
6. Cartoon Music 
7. Feminine Walk 
8. Dada Bois
9. Now You Know 
10. Not That Bad 
11. Got What I Wanted   

Musiciens crédités
Batterie : Jon Radford, Dom Billet, Devon Ashley, Fred Eltringham (Sheryl Crow), Dylan Sevey (musicien live d'Aaron),
Basse : Aaron Lee Tasjan, Tommy Scifres (musicien live d'Aaron), Keith Christopher (Lynyrd Skynyrd) sur ‘Up All Night’
Lap steel : Josh Kaler sur 'Another Lonely Day' et 'Feminine Walk'
Chant : Aaron Lee Tasjan

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