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1 mai 2021 6 01 /05 /mai /2021 14:52
Album - Sympathetic Magic by TYPHOON

 Album - Sympathetic Magic by TYPHOON 

 

Par NoPo

Roll Call Records

TYPHOON Sympathetic Magic 2021

Typhoon vient de Portland en Oregon où il se forme en 2005, année très chaude accouchant de Katrina.
Pourtant c'est l'effet d'un cyclone au Japon qui déclenche le regroupement musical dans un folk indie, quasi inné, tant cela lui va comme un costard sur mesure.
'Offerings' en 2018 offrait un concept album ambitieux.
Le 5è sort cette année avec un titre jeu de mots très réussi.
Tout au long des sillons, il y a pratiquement autant de musiciens (10 presque une soccer team) que de morceaux (12) pour 39 minutes (un peu moins d'une mi-temps)!
Captain Kyle s'impose à la manoeuvre, les autres se contentent de jouer ... bien et collectif, c'est déjà pas mal!
Cette densité d'instruments rappelle, sans conteste, Arcade Fire et Calexico résonne dans les cuivres mariachi.

L'équipe type :
    Kyle Morton – Voix, piano, guitare
    Toby Tanabe – basse, choeurs
    Dave Hall – guitare, choeurs
    Tyler Ferrin – cuivres, guitare, piano, choeurs
    Devin Gallagher – percussions, Glockenspiel, ukulele, choeurs
    Eric Stipe – trompette, choeurs
    Pieter Hilton – batterie, choeurs
    Alex Fitch – batterie, choeurs
    Shannon Steele – violon, choeurs
    Ben Morton – guitare

La couverture, sobre, pourrait convenir à un factuel rapport d'activités.
Elle comprend :
- les titres des morceaux,
- l'année de sortie,
- les noms : de l'oeuvre (en haut et en plus grand sur 2 étages), du groupe, du compositeur, des techniciens de mixage et masterisation,
- un numéro de série au dessus à droite de la photo de décor.
Tout s'imprime en noir sur fond blanc.
Le cadre photo présente un bouquet abandonné sur un bord de table devant une fenêtre laissant passer une lumière maussade.
Une grande partie du disque ayant été écrite en quarantaine, ceci explique peut-être cela...
Neurasthéniques s'abstenir!! Les autres ... s'abstenir aussi pour ne pas devenir neurasthéniques!
Passons allègrement à la musique... Heureusement, l'intérieur paraît tout aussi... triste, et pourtant lumineux!

Mettez-vous tout de suite mal à l'aise semble dire le clavier qui ne tourne pas à la bonne vitesse sur le 1er titre.
'Sine Qua Nonentity ' nous entraîne dans une ruelle au milieu des buildings, un lieu connu du compositeur. Les instruments se mêlent harmonieusement, guitare acoustique, électrique, basse, cuivres en couche discrète, batterie au diapason.
La voix fragile pose les bases et chante l'appartenance rassurante à un endroit, la racine, l'entité sans quoi on ne pourrait exister...

'Empire builder' voyage de Portland à Chicago ce qui laisse beaucoup de temps pour percevoir la frustration des gens dans ce train, comme un microcosme du monde.
Le rythme court régulier et légèrement syncopé, comme la respiration de la locomotive. Les cordes s'emmêlent jusqu'à une destination/conclusion où l'émotion laisse des traces.

'Motion and thought' ou le rêve perdu, glisse sur une guitare acoustique accompagnée de choeurs évanescents et Kyle Morton divague. C'est une guitare lumineuse qui éclaire la fin du rêve où plusieurs instruments se répondent.

'Santos' introduit 'We're in it' nacré de guitares acoustiques ou d'autres aux coulures synthétiques. Des choeurs minimalistes et des trompettes enjouées font monter la sauce à la dernière minute.
Les paroles racontent, des confidences anxieuses entre amis et les mots coulent sans jamais se répéter, pas de refrain, pas de couplet, juste des reflets de vies.

'Two birds' entame par un coup de bec sur une touche de piano. La batterie s'appuie sur ce rythme monocorde. L'archet électronique fait vibrer les cordes de la guitare. La trompette guide l'arpège.
La composition laisse toute liberté à des pérégrinations de l'esprit en volutes sur les arabesques des vols d'oiseaux.

'Evil vibes' décrit une nuit sans fin pleine de rêves chaotiques et traumatiques.
Une guitare délicatement grattée couplée à une voix frêle avance dans la pénombre. Le piano les rejoint, plus loin, et quelques pointes d'électricité réveillent les insomniaques avant la fin du morceau.

'And so what if you were right' semble prendre la suite sur un arpège lent, la guitare est sèche. Les paroles se réfèrent aux thèmes précédents : nostalgie, insomnie/somnambulisme, douleur de l'absence (et non l'inverse!).

Une voix chevrotante entonne 'Time time' '...Always changing the tempo', en mouvements hésitants.
Le retour des mariachi colorent un fond sombre. Kyle, aspiré par le temps inexorable, se compare à une poupée russe, totalement vide à l'intérieur.

'Room within the room', chuchoté, à peine perceptible, avance lentement comme Kyle, s'enfonçant dans l'eau pour perdre pied.

'Masochist ball' fait la part belle aux mariachi enchanteurs, chatouillés par des clochettes, et soulevés par une instrumentation riche et puissante.
Masochiste, Kyle continue de l'être, louant presque l'abattement. Sous une superbe mélodie, on devine des traces de scarification 'To atone for being born let alone your whole miserable life'.

Fallait bien que ça se termine! Un clavier cadence 'Welcome to the endgame' rayé par quelques cordes magnétiques et violons en fin de complainte où Kyle ne possède plus qu'une bougie pour éclairer sa méditation sur l'Amérique.

Le ton demeure-t-il finalement plus sympathique que pathétique? En tous cas, on peut être soufflé par certains instants qui frisent la magie.
La légèreté de la musique, pourtant jouée souvent à plusieurs instruments, contraste avec le poids des mots lourds de sens. Le climat est aride mais ce qui pousse est d'autant plus solide.
Kyle a la délicatesse de limiter la durée d'un album profond et parfois éprouvant. Ses textes subtils et pleins d'humanité méritent l'attention.
On aimerait consoler Kyle mais non, laissons-le chialer, c'est trop beau!


Titres produits par Kyle Morton, masterisation Adam Gonsalves, mixage Jeff Stuart Saltzman
01. Sine Qua Nonentity
02. Empire Builder
03. Motion and Thought
04. Santos
05. We're In It
06. Two Birds
07. Evil Vibes
08. And So What If You Were Right
09. Time, Time
10. Room Within The Room
11. Masochist Ball
12. Welcome to the Endgame
   
   
 
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27 avril 2021 2 27 /04 /avril /2021 11:53
Album - Daddy's Country Gold - Melissa Carper
Album - Daddy's Country Gold - Melissa Carper
 
Melissa Carper Self-released
 
Melissa Carper vit dans les faubourgs d'Austin. Comme pas mal de monde, elle aborde l'univers musical par le biais de ses géniteurs, son père, grand fan de country, lui a refilé toute la collection de Jimmie Rodgers alors qu'elle ne jurait que par Hank Williams.
Très tôt, au Nebraska, la gamine, à qui on a refilé le surnom de Daddy ( cf le titre du dernier album), joue de la basse dans le groupe familial avant de s'adonner, pour survivre, au busking, à droite et à gauche ( Nashville, New Orleans, New-York e a), plus tard elle se retrouve au sein du trio The Carper Family, aux côtés de Beth Chrisman [fiddle] et Jenn Miori [guitar] , on note un album 'Old-fashioned gal' . Elle officie également chez Sad Daddy ( un album éponyme) ou en duo avec Rebecca Patek, sous la dénomination Buffalo Gals ( deux enregistrements: 'Brand New Old - Time Songs' et ' Where the heart wants to go'), on la retrouve aussi au sein du Hillbilly combo The Camptown Ladies .
Toujours en mode hommage à la old-fashioned country music , Melissa a décidé, récemment, de sortir un  album solo: 'Daddy's Country Gold', un journal intime contenant 12 feuillets.
 
Tracklist
1 Makin' Memories
2 I Almost Forgot About You
3 Back When
4 Old Fashioned Gal
5 You're Still My Love
6 Would You Like To Get Some Goats?
7 My Old Chevy Van
8 Arkansas Hills
9 It's Better If You Never Know
10 I'm Musing You
11 Many Moons Ago
12 The Stars Are Aligned
 
Pour l'aider: le bassiste Dennis Crouch (The Time Jumpers), le producer/engineer Andrija Tokic (Alabama Shakes, Margo Price) qui a co-produit la collection.
L'album a été enregistré live to tape au Tokic’s analog studio wonderland The Bomb Shelter à Nashville, les autres musiciens ont pour nom Chris Scruggs (guitar, steel guitar), Jeff Taylor (piano, organ, accordion), Matty Meyer (drums, percussion), Billy Contreras (fiddle), plus some guest appearances : Brennen Leigh, Sierra Ferrell, et le legendary pedal steel maestro, Lloyd Green.
Rebecca Patek s'est chargée des violin and string arrangements sur le dernier morceau, les violonistes étant Larissa Maestro, Laura Epling et Lila Crosswhite.
La photo de pochette est signée Gina Gallina, une copine, membre des Camptown Ladies pour lesquels elle joue du banjo et de la guitare.
Ne cherche pas le nom de la maquilleuse, le salon était fermé, de toute façon,  si tu vises les pochettes d'autres stars de la country, style Tammy Wynette, tu verras que ce genre d'emballage, sans artifices, est courant et adéquat!
 
'Makin' Memories' nous plonge instantanément dans un univers révolu depuis une éternité, un monde, semblant déteint, dans lequel des insanités telles que l'électronique, la technologie, les bitcoins, les hackers, bugs, ou la musique synthétique, n'existaient que dans l'esprit d'illuminés ayant abusé de gnôle trafiquée, c'était en pleine prohibition, Eliot Ness s'en souvient encore!
Ce qui frappe d'emblée, c'est la voix délicieusement enfantine et désuète de Melissa qui croone sur un fond musical jazzy/cabaret de l'entre-deux-guerres. Madame, de passage dans ton antre, décide d'octroyer  une mention particulière pour l'orgue, aux sonorités Bontempi, de Jeff Taylor et le frottement délicat des balais de Matty caressant les peaux de ses caisses.
Toujours en mode western swing, joué sur un tempo fatigué, Melissa embraye sur 'I almost forgot about you', une romance en noir et blanc, featuring Gary Grant et Eva Marie Saint , poussée par un violon qui arrachera quelques larmes à tous les fans de Patsy Cline.
Et si tu entends deux ou trois craquements, c'est normal, un 78 tours, ça grésille. 
On te le disait, un plongeon dans le passé, elle confirme: 'Back When', une country waltz typique avec violon gémissant, pedal steel insinuante et drumming feutré.
Sentimentalisme et humeur chagrine, car avant tu m'aimais, mais, c'était avant.
Country music et tourments amoureux vont de pair, demande aux Chicks qui pleurnichent sur ' You were mine' ou à Martina McBride qui entonne ' Wrong Baby Wrong'  et encore Dolly, qui bien qu'il ait mis les voiles, murmure ' I will always love you'.
Nouvelle confession avec ' Old-fashioned gal', un morceau qu'elle chantait déjà sur un album de The Carper Family, le tempo de la  nouvelle version a été atténué sans nuire au propos, au contraire!
Mot d'ordre à suivre: Let's rebel against a hectic lifestyle and slow down to enjoy life....
Elle avait déjà abordé le thème de la rupture, mais si tu recherches la chanson qui va te faire chialer comme une midinette, écoute  'You're Still My Love' et garde la boîte de Kleenex à portée de main.
Accélération sensible pour l'humoristique et sautillant  ' Would You Like To Get Some Goats?' piano et fiddle en évidence, et Brennen Leigh aux délicieuses harmonies vocales, sans oublier la ménagerie complète en arrière-plan.
No animals were harmed in the making of this song, mentionne le producteur!
' My Old Chevy Van', a lui aussi été gravé par The Carper Family et profite d'une relecture soignée grâce au travail admirable de Chris Scuggs à la pedal steel.
Quoi?
Ce qu'elle a fait de sa vieille Chevrolet, elle l' a remplacée par une trottinette électrique, mec!
Oui, un sacrilège, vert!
Saute dans le wagon, le tortillard va t'emmener du côté des 'Arkansas Hills', au rythme d'un  fiddle -heavy tune, déjà enregistré avec les Buffalo Gals,   Melissa a co-écrit  le titre avec Donna Sioux Farar , une madame ayant composé pour Willie Nelson ou Chris Stapleton.
Récupère les mouchoirs,  elle nous balance another country weeper, 'It's Better If You Never Know' , une tirade aussi poignante que les confessions de la Coal Miner's daughter.
Changement de ton avec “I’m Musing You”, un Texas  two-step  amusant  qui invite  à l'insouciance  et à la danse, si tu ne crains pas t'écraser le 36 fillette de ta compagne.
 'Many Moons Ago'  joue à fond la carte rétro, Ranger Doug donne la réplique à la country girl, tandis que Chris Scruggs et Billy Contreras rivalisent d'adresse et d'audace à la guitare et au violon.
L'album se referme sur une ballade romantique “The Stars Are Aligned,” aussi sirupeuse que le fabuleux ' Moonlight in Vermont'.
Violons à gogo, lune dorée et étoiles scintillantes, cette nuit est magique à l'instar de cet album hors du temps, que tu aurais pu offrir comme cadeau de Noël à ton paternel s'il n'avait rejoint les étoiles.
 
'Daddy's country gold' goes for gold!
 
 
 
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26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 16:07
EP - From The Particles That Made Us · Echo & Bloom.

EP - From The Particles That Made Us · Echo & Bloom.

 

NoPo

 Label : The A&R Department

 Le couple vient d'en bas, elle, des cartoons de Disney (chanteuse, reine des neiges pendant 2 ans au Hong Kong Disneyland’s Broadway-style show, “Mickey and the Wondrous Book”), lui des cartons du hardcore et question musique, ils espèrent plutôt cartonner évidemment et finir en haut.
Notons de plus que la 'princesse' participe brillamment à The Voice en Australie en 2018.
L'appellation 'ECHO and BLOOM' signifie l'amélioration continuelle de soi (bien que ça sonne comme un titre de dessin animé).
(Ne pas confondre avec 'Echo Bloom', groupe multicolore ou 'Bloom & Echo' qui reflète un site vegan de création culinaire.)
Ils aiment Of Monsters and Men, influence très perceptible sur leurs premiers singles surtout 'Home' paru en septembre 2019, et 'Foxes' en Octobre.
Le duo cite aussi 'Bon Iver' et surtout 'Oh Wonder' dont ils se rapprochent sur leur récent EP enregistré à Melbourne (sans reprendre les 4 singles du début).
On peut évoquer l'ocytocine question atmosphère tant le ton flotte langoureusement.
L'hormone se diffuse aussi à la jaquette.
Contrairement à celle de 'Spectre Beneath' où les particules fuient le corps du personnage en dissipation, ici elles s'assemblent pour former ... Adam et Eve.
En l'occurrence, les protagonistes, Mathew et Tayla se font face sur un fond violet en dégradé bleu montant vers le ciel légèrement nuageux, un coin de paradis?

Mathew Dwyer et Tayla Thomas font tout en solo mais ensemble.

Pointons l'index!
1-Dreamers
2-D(US)T
3-Circles  (arrangé par Chris O'Neill)
4-Runaways
5-Breathe 
6-By the river, divided (voix additionnelle Elspeth Bawden)

Le thème principal traite des hauts et bas des relations amoureuses dans une dream pop aux sonorités fines et modernes avec de belles voies.

Une intro légèrement japonisante au synthé bride les voix rêveuses de 'Dreamers'. Celle de Mathew, soyeuse, discrétise juste pour mettre de l'épaisseur au chant de Tayla sans lui faire de l'ombre.
"Hand in mine, walking stronger to the beat together we conquer, with your love I can walk a little longer” dépeint élégamment le thème de partage du rêve.
La musique légère cadence sereinement. Les 2 gosiers jouent majoritairement aux jolis coeurs mais Tayla libère une grande puissance quand elle se lâche sur le refrain rythmé, particulièrement juste avant la fin du rêve.

'D(US)T' peut voler dans le vent... en Australie autant qu'au Kansas.
Cette poussière en eux, toujours leurs particules? Le titre insiste sur le pouvoir de la détermination.
Piano/clavier, rythmes électroniques accompagnent les 2 filets de voix souvent complices même si elles se laissent chacune un peu d'espace.
Lorsque le son de la batterie claque un peu plus, l'orchestration reste douce, la guitare timide, les choeurs éthérés, aussi légers que la poussière.

'Circles' ne tourne pas en rond, il spiralise, éloigne et rapproche les individus dans leur communication parfois difficile en débats sans fin.
L'aspect plus sombre des paroles ("...Break my bones and take my soul into pieces, Will you still be there?") n'altère pas l'onirisme de l'atmosphère.
La guitare agit par bribes, le clavier par souffle, les percussions en fond, les voix... la voix domine ... posément.

Le Piano/synthé de 'Runaways' prend la suite (et la fuite), là où s'est arrêté 'Circles' mais cette fois, il s'agit de surmonter les différences et d'échapper à la douleur.
Un peu plus d'emphase orientalisante insuffle quelques bulles au coeur du morceau. On y revient toujours ... à ce coeur battant.
'We are we are we are on fire We are we are we are unbreakable'

'Breathe' possède un rythme régulier, comme un battement de coeur, tout en inspiration puis expiration. On y entend une valse de soupirs marins qui éloigne l'anxiété.
Le mix intègre des bruits d'océan, la voix, elle aussi, devient submersible dans un son trafiqué. La musique respire le calme et la libération jusqu'au bout d'une chorale expirante.

La chanteuse entame 'By the River Divided' d'une voix assez grave contenant un léger effet de 'pitch shift' à la mode puis elle monte d'un ton sur une mélodie aguichante titillée par des percussions excitées.
Par instants, les choeurs s'expriment avec vigueur sur des wohoh. Cette séparation, par la rivière, représente une communication difficile qui conduit au chagrin.
Le dénouement ouvre la possibilité de se ressourcer et de retrouver la sérénité de la rivière qui coule.


Voilà un bon petit moment propice à une pause poétique.
Mickey 3D, un poète qui aime Disney, le chantait : "Il faut que tu respires et ça c'est rien de le dire"
Ce son zen et délicat détend autant l'esprit que le corps, à passer pendant ses exercices de relaxation.

 
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24 avril 2021 6 24 /04 /avril /2021 08:40
Album - Cynik Scald - Aged Spirit

Album - Cynik Scald  - Aged Spirit ( 2019)

NoPo 

Self-released

 

J'aime bien les jeux de mots tirés par les cheveux, surtout longs (les cheveux, comme chez beaucoup de métalleux), mais là... le coiffeur doit habiter très loin!
Vous prenez le nom du groupe et vous le coupez (comme les cheveux) en 2 + 1 :
-'Cy' pour Cyprus, soit Chypre où les musiciens sont installés,
-'nik' ou plutôt 'Niké' pas dans le sens de la profondeur mais pour la déesse grecque de la victoire,
- 'Scald' nomme un poète viking et un groupe métal moscovite des années 90 et récemment reformé.
Ah ouais quand même! Ajoutez à cela que les membres viennent tous d'un pays différent et qu'ils chantent aussi bien en russe qu'en anglais voir les 2 ensemble... Le 5 majeur :
* Ivan, né en Russie mais viking de coeur (qu'il dit le gars!) - Fondateur, chanteur principal, auteur-compositeur,
* “Death”, biker inconnu du Nevada (c'est lui qui le dit!) - Claviers, harmonica et choeurs,
* Kazuchiza “Kaz”, un japonais à la guitare,
* Azra, un turc à la guitare,
* Jean, un bassiste frenchy.
Vous suivez toujours? Moi, ça me fait penser aux 7 mercenaires ou 8 salopards (prévu des remplaçants eux!)... mais le batteur... il est où le batteur?
Un grand timide? Zallez pas me dire qu'il se cache dans une boîte?

Le groupe commence à composer en 2018 et diffuse l'album 'Aged Spirit' pour (joyeux) Noël 2019 ou presque , enregistré par Slavic Selin et masterisé par Thomas Plec Johansson :
1. Cynik
2. Angel
3. Storm
4. My God
5. Asgard
6. Last dragon
7. When The Sun Goes Down
8. Silent Rainbow
9. Can Dance Without you
puis 3 nouveaux titres filent en single :
'Lullaby' en Novembre, 'City of Nemesis' en Janvier et 'Darkness and light' en Mars (Attacks!).

Le logo, flamboyant, se compose des 2 mots de leur nom, fusionnés en une espèce de oiseau/vaisseau spatial à l'emblème de Queensryche (qui, lui même, s'inspire d'un faucon).
On repassera pour les couleurs, la jaquette, réalisée par Anatoly Volkov, n'accepte que le noir et blanc!
Une photo d'un homme, cadrée entre menton velu et torse chemisé, met en évidence un poing musclé desserrant une cravate brillante et laissant entrevoir une espèce de cote de maille (sous costume).

Outre le visuel, l'album surprend par ses variations dans un joyeux bazar bizarre et farfelu.
Une voix gutturale entonne 'Cynik' en russe mais la surprise vient surtout de l'alternance du groove wha wha des couplets et du refrain à l'armure viking.

'Angel' combine 2 voix, la précédente dominante et une seconde voix plus claire et mélodieuse. Le résultat pétille sur un chorus tendance choeurs de l'armée rouge avec quelques pointes d'aigus cartoonesques.
Le fond musical s'accroche à un rythme bancal de qualité.

'Storm' invite, dans une tempête en mer, Urban Breed (chanteur de Serious Black et Project Arcadia, et ancien chanteur de Bloodbound et Tad Morose) en contrepoint du grain de Ivan.
Le morceau, paru en single (octobre 2020), bat le pavillon pirates 'Jolly Roger'. Il n'hésite pas à glisser un passage de "Drunken Sailor" dans les énormes vagues.
Le rythme et les riffs saccadent comme les attaques des lames déferlantes.

Une fois n'est pas coutume, 'My God' démarre par un riff d'abord aérien puis 6 pieds sous terre... soutenu par un chant guttural mais t'es content quand même (si tu râles).
La batterie s'emporte mieux à la double-pédale. Puis les 2 voix paradent jouant parfois en double séduction et parfois se renvoyant la balle. Un sacré set de complicité!

Juillet 2020 voyait la sortie d'Asgard' pour les vacances... sans David et Jonathan, ouf! La guitare, pleine d'effets, dérape dans les virages.
Une alarme prévient du danger en provenance des écrasantes basse/batterie alertes. L'ambiance électrisante laisse le riff au clavier avant un solo central croisé.
Le chorus viking dégoupille des ohohoh virils qui cherchent leur place dans le monde (sic).

'Last dragon' ou 'Drakon' nous balade dans un paysage glacé d'une grande beauté et sibérien (mais ça fait quelque-chose!).
Les claviers gonflent en violons et enveloppent la magnifique voix chaude de crooner qui roule les 'r' des mots sur des montagnes russes.

'When the sun goes down' sonne l'heure de l'harmonica et de la balade en moto, "Death" et Ivan en sont friands.
Le morceau bluesy prolonge le bruit du moteur (head), intégré comme un instrument. La voix gratte autant que la barbe des bikers.
Les textes? Une vraie allégorie-lles sur Harley! ça sent l'apéro au bord de l'eau...

Un clavier au son de flûte traversière ajoute une couleur claire au 'Silent Rainbow'. La guitare prend une teinte rouille et le chant maintient son style gris-noir abrasif.
Mélange surprenant où Cynik Scald arrive à construire une superbe mélodie accrocheuse grâce à une seconde voix aérienne. Une basse roulante et un clavier harmonieux finissent d'épaissir le liant.

'Can Dance Without you' mélange 2 langues avec des cuivres et une voix qui aurait pu être celle de Ugo Dirkschneider.
Le rythme heurté voir syncopé peut faire penser à Goran Bregović. Un ballet déroutant tout autant que captivant!

Pour la suite récente :
'Lullaby' déroule une chanson d'amour protectrice d'inspiration épique,
'City of Nemesis' va chercher la profondeur d'un mélodeath luxueux,
'Darkness and light' passe à la vitesse du speed métal symphonique.
On dirait du métal sortant de la fonderie avec de jolies formes aléatoires pas encore polies et ce côté brut a bien du charme.
Eclectisme, simplicité, amitiés, muli-nationalités, un truc ludique qui se lâche et ne se prend pas la tête!

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23 avril 2021 5 23 /04 /avril /2021 07:55
Dova Lewis EP ( self-titled)

 Dova Lewis EP ( self-titled) 

EP co-produced with Darryl Swan - Recorded at Clearlake studio

 

Dova Lewis, tu n'en as jamais entendu parler, t'en fais pas, nous non plus.

 La fiche signalétique déclare:  Dova Lewis is an up-and-coming Canadian indie pop alternative singer-songwriter and vocalist.

Elle grandit dans la banlieue de Montréal où elle baigne dans la musique, Maman joue du classique, c'est Bach que la petite préfère, Daddy est davantage pop et jazz, il martyrise une basse.

On lui offre une guitare pour ses 14 printemps, elle s'acoquine avec un gars qui, lui, a reçu un drumkit, ils font du grunge, ensuite elle tâte du cinéma comme réalisatrice, se met au jazz, à la chanson française et se produit dans des clubs en s'accompagnant au piano.

On a déniché ceci.. c'était en 2012 ...
Un lundi soir à l'Escalier ( un bar resto culturel à Montréal) , devant une p'tite bière ou un p'tit thé, venez découvrir les univers musicaux de Marcie et Dova.

Plus tard ( 2015), elle est l'affiche de  Foirée montréalaise #1, un spectacle humoristique et musical.

Troublée par le  décès de son père, elle rejoint une communauté établie dans la forêt tropicale à Hawaï ,pour se ressourcer, avant de mettre le cap sur L A où elle compose, dans un garage, les titres qui constitueront son premier EP.

On reprend le carton:
Dova co-produced the 4 track EP titled DOVA LEWIS at Clearlake Studio with Darryl Swan (Macy Gray, Erykah Badu) who helped her really tap into the intensity of her voice and the power of the drums arrangements.

Tracklist:

1 Lie 

2 Dreamer 

3 Build Myself 

4 California 

 

Peu de détails pour les crédits, sont mentionnés:

Guitars, synths: Phil TC
Bass, guitar: Darryl Swan
 Drums: Fer Fuentes

Piano and vocals: Dova Lewis

La pochette, des plus classiques, offre un cliché, pris de profil de la jeune dame, qui  montre un visage sérieux et concentré.

"Plus le visage est sérieux, plus le sourire est beau", aurait statué François-René, vicomte de Chateaubriand, un Breton revenu d'Outre-Tombe, qui semble ne pas connaître celle qui  ne sourit pas pendant quarante ans pour éviter les rides.

Les deux premières plages de l'opuscule sont sorties en single et sont visibles sur YouTube.

En commençant par un pieux mensonge ' Lie', aux allures nu soul,  dans le moule Adele ou Amy Winehouse.

Le style de truc, intense, profond, brut,  qui te fend l'âme à la première écoute, la voix ébranle, l'habit sonore séduit.

... Your love is a lie why do I hold on tight... ouais, pourquoi tu t'accroches, baby, avec cette voix, ils vont tous tomber comme des mouches!

Au fond ce n'est pas  étonnant que Dova ait été acceptée au sein du Montreal Gospel Choir, avec un timbre pareil le royaume des anges est à portée de main.

Pour ' Dreamer' ( winner of the 2021 Women’s Freedom Song Contest)  la dame a modulé sa voix dans un autre registre, plus pop,  un morceau que d'aucuns n'hésitent pas à comparer à Florence and The Machine.

Nous, on veut bien, mais le timbre de la Miss de Montréal nous semble plus consistant que celui de
Florence Welch, ce n'est pas un reproche, mais une simple constatation.

Les arrangements sont soignés aux petits oignons sans mettre en sourdine la prouesse vocale.

Parfois la pop atteint des sommets sans faire appel à un apport technologique cachant le manque de moyens, ou de talent, de l'interprète.

Moins poignant mais plus dansant ' Build Myself' offre une autre facette des possibilités vocales de Miss Lewis, qui a dans l'idée de se reconstruire sans se laisser avoir, une nouvelle fois.

 Je vais rebondir, briser les chaînes and build  myself again, elle le répète à l'infini pour que sa détermination entre bien dans ton petit crâne de despote mâle.

L'album a été enregistré à Los Angeles,  le dernier titre, la piano ballad sentimentale  ' California', bourrée d'images idylliques, rend hommage à la contrée qui lui a rendu le goût de vivre.

 

Quatre titres, c'est peu pour juger une artiste et pourtant, cela a suffi pour démontrer le potentiel immense que détient  Dova Lewis,  une chanteuse à tenir à l'oeil, assurément!

 

 

 

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20 avril 2021 2 20 /04 /avril /2021 07:26
Album- Israel Nash – Topaz

 Album- Israel Nash Topaz

Label:  Loose Music

 

 

Il a dû l'entendre plus de mille fois, the music of Israel Nash Gripka is reminiscent of Neil Young.

Comme ce n'est ni une insulte, ni une contre-vérité, le gars qui a vu le jour dans le Missouri, il y a une quarantaine d'années, se contente de sourire dans sa barbe.

Il sort ses premiers albums sous l'étiquette Israel Nash Gripka ( New York Town/ The Goldmine is flooding/ Barn Doors Spring Tour, Live in Holland/ Barn Doors and Concrete Floors/ Working Class Hero and Other Favorites) mais depuis 2013, ses enregistrements sont référencés sous le patronyme Israel Nash.

En 2013, 'Rain Plans', en 2015 'Silver Season', puis un Live ( Live From Plum Creek Sound), 'Lifted' en 2018, 'Across the Water' en 2019 et enfin, tout frais 'Topaz'.

On ne peut ni le qualifier de tire-au-flanc, ni  l'accuser de tous les maux d'Israël!

Tu le sais, ton aïeul est joaillier, le topaze est une pierre fine, 'Topaz' risque d'être un joyeux joyau!

Liste des titres
Dividing Lines
Closer
Down In The Country
Southern Coasts
Stay
Canyonheart
Indiana
Howling Wind
Sutherland Springs
Pressure

Credits include:

Israel Nash Gripka:  Engineer, Vocals, Guitar, Piano, Bass, Drums, Programming, Synth, Mellotron, Harmonica/ Adrian Quesada: Co-producer, Electric Guitar/ Jenny Carson: Backing Vocals/Rockyanne Bullwinkle: Backing Vocals/ Joseph Woullard: Baritone Saxophone/ Jacob Rodriguez: Baritone Saxophone/ Edward Brailiff (piano)/ Josh Fleischmann (drums, percussion)/ Scott Davis (bass)/ Roger Sollenberger (electric guitar)/ Derek Phelps (trumpet)/ Jason Frey (tenor sax), Eric Swanson (pedal steel, electric guitar, harmonies)/ Sam Powell (piano, organ, synth)/ Curtis Roush (electric guitar)/, Ed Jarusinky (drums, percussion)/ Seth Kauffman (drums, percussion, bass)

 

Sur la pochette, haute en couleurs psychédéliques, le philosophe du Missouri, vêtu d'un poncho amérindien (Sioux, Comanche  ou Cherokee, tu hésites) contemple pensivement  un horizon invisible en promenant la main gauche dans une barbe, que tu ne qualifieras pas de hipster. 

A une autre époque, il  aurait pu inspirer Rodin, ta petite soeur, elle, affirme l'avoir croisé à Woodstock lors de la performance de Janis Joplin, du coup elle s'est mis à chantonner  "Try (just a little bit harder)".

C'est parti en mode humeur maussade, il chante la ligne de démarcation, l'Amérique fracturée, dans    'Dividing lines', sur fond musical brassant Americana, folk, éléments psychédéliques et soul avec l'apport de saxes brûlants.

Les choeurs féminins sont tout simplement grandioses, sans desservir la voix fluide d'Israel. 

Un prologue magique!

La ballade caressante 'Closer' justifie tous les rapprochements avec le Loner, la voix, apaisée, se promène sur un tissu instrumental soigné: un harmonica mélodieux, un banjo joué en picking, un  orgue bienveillant, des guitares chatoyantes  et une nouvelle fois,  de douces  harmonies  vocales.

Une plage de nature balsamique qui peut soulager certains picotements ressentis face au flux de mauvaises nouvelles, ressassées jour après jour.

Nouvelle attaque politique sur 'Down in the country', porté par des cuivres proches des Memphis Horns et illuminé par un solo de guitare, étincelant, au final.

La courte intro précédant l'arrivée des horns rappelle 'Long Train Running'  des Doobie Brothers, mais très vite la voix traînante prend le relais pour nous emmener sur des routes champêtres où il n'est pas question de brusquer l'autochtone.

Faut la jouer cool!

Le soleil luit, une brise légère ébouriffe ses cheveux...  , baby, we should go to the "Southern coasts" Take it slow for awhile, God bless us sunny Texas  Got me feeling right... 

C'est comme si Israel Nash avait fait un double de ' Out on the Weekend' de Neil Young, même ambiance zen, même flegme flower power!

A écouter les yeux fermés et l'esprit ouvert.

La même atmosphère détendue transpire à l'écoute de la ballade 'Stay', soutenue par un nuage de trompettes aux forts relents Muscle Shoals.

Dans le même smooth registre il faut réécouter le fantastique 'Silk Degrees' de Boz Scaggs, frissons garantis.

My heart is a canyon, une jolie métaphore extraite de ' Canyonheart',  résume à elle seule l'essence de cette chanson d'amour, à nouveau enjolivée par des lignes d'harmonica évoquant le vagabond solitaire de Toronto. 

Un titre qui aurait pu être écrit dans les seventies et être enregistré par les Byrds.

Un petit crochet par l 'Indiana' , histoire de ne pas étouffer dans les grandes villes,  respire un bon coup, l'air est pur, et si ton oreille aguerrie  perçoit à peine le vol de l'épervier brun ou du milan royal, c'est que les cuivres couvrent le battement des ailes du rapace.

Tu l'as pourtant vu, là-haut près de la cime, mais tu t'es laissé distraire par le subtil solo de guitare,   l'oiseau de proie a disparu dans l'azur.

Toujours en étroite communion avec les éléments, le neo-hippie propose ' Howling wind', un vent qui emporte tout, les voix des choristes, les guitares, les drums, la basse,  l'orgue et peut-être aussi  l'American dream!

La fusillade de masse ' Sutherland Springs', au Texas s'est déroulée en  2017 pendant le culte dominical dans l' église baptiste du coin, Devin Patrick Kelley avait  fait 26 victimes en ce triste dimanche de novembre.

Israel Nash relate les événements avec retenue et décence, le propos est superbement soutenu par la steel guitar plaintive d'Eric Swanson avant de finir en chaos sonore.

Avec ' Sutherland Springs', Israel tient son ' Ohio'.

 Triste parenthèse, quatre ans après le massacre texan, la vente d'armes à feu  n'a pas faibli chez Tonton Sam, au contraire le Covid a fait flamber le marché.

L'album s'achève avec un cri du coeur mixant Americana, gospel et sonorités latines,   'Pressure' dénonce un système pourri où le petit se fait avoir jusqu'à l'os, .... 
Can't you see they got us doing just what they want us to do
They made a game that can't be won
They keep us down while they look from up above...

C'est sur ce triste constat social que 'Topaz' prend fin.

Topaz, une pépite intemporelle que tu écouteras encore dans 100 ans. 

 

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19 avril 2021 1 19 /04 /avril /2021 08:59
Album - Thomas Frank Hopper - Bloodstone

Album - Thomas Frank Hopper - Bloodstone 

Distribution: Rock Nation

 

Par NoPo

THOMAS FRANK HOPPER Bloodstone 2021

Après son départ du groupe "Cheeky Jack", le brugeois Thomas Verbuggen ne bugue pas mais il mute en Thomas Frank Hopper et grave 3 plaques :
"No man's land" EP en 2015
"Searching lights" Album en 2017
"Till the day I Die" EP 2018
Il a vécu en Afrique mais n'est ni noir, ni même buriné; il aime le blues mais ne possède pas de voix grave, abrasive ou cabossée...
Juste un ptit blanc bien frais au coeur chaud de braise et une lapsteel sur les genoux... "Bloodstone" en atteste en 2021. Santé!

La pochette marque en blanc sa dénomination anglo-saxonne et le titre de l'album en 4 mots superposés sur une pierre extraite des gorges du Cians (plutôt que couleur sang).
Le fond rosit, plus clair, et deux bandes, bordeaux ou lie de vin, délimitent les parties supérieures et inférieures sur toute leur longueur.
'Don't judge a book by its cover' s'applique particulièrement à cette couverture sans odeur... et la surprise (du chef) est de taille... comme la pierre.

Play (en tous cas, j'espère ...)!
Bizarre, le leitmotiv au clavier n'annonce pas forcément du rock & roll ... mais dès que ça gratte, c'est une autre histoire... le riff devient tonique (ta mère) et ça démange!
"Bloodstone" dégage des tons chauds et chatoyants et ça tranche à la guitare qui fait le show! Sanglant mais burné quand même!

Les échanges cymbales et guitare riffée dynamitent l'ouverture que la voix irradie.
D'ailleurs Thomas doit calmer le jeu et faire le silence pour rapprocher sa chérie ('She's got legs', elle peut venir). 'Come closer' dégage le moite et l'excitation.
La batterie du ptit Nicolas n'y va pas par 4 chemins et pousse aux fesses une guitare éructante. Aphrodisiaque forcément!

'Dirtylicious', délicieux jeu de mots, se promène sur un déhanché et un beau jeu de jambes sensuel (encore!). En vla du groove en vla, et du chaud bouillant dans la vidéo du single!
La voix (et pas que) se laisse séduire, alléchée, jusqu'à se dédoubler en hurlant comme le loup de Tex Avery à la langue pendante et aux yeux exorbités ... dans un courant d'instruments à vent soudain soufflés (comme nous).

Un titre court (2'26), introduit au vocoder, se traîne tel un blues râpeux surtout sur les cordes. 'Sweet black magic sugar babe' campe une 'woman' sucrée et fière.
Le rythme rebondit, les jambes aussi (encore!). La wha wha aboie, ma vanne passe et les choeurs répondent en miaulant.

En appétit, la batterie coche un motif proche de "I'm OK" de Styx et la slide s'enfonce bien profond 'Into the water' (sorti en single fin 2020). Le clip claque sans s'endormir, toujours live.
Ce solo assis selon St Thomas, j'y crois pas... croix de bois croix de fer, on va tous en enfer! Les musiciens immergés, descendent en apnée jusqu'à la trompette bouchée (au final prolongé sur le CD).

'Tomb of the giant' glisse 2 minutes de respiration, ouf! Les accords acoustiques flirtent avec des voix aériennes, la principale toujours énergique et des choeurs angéliques.

'Bad business' 'please help me Jesus' partage le chant avec Jacob, apôtre de la basse, à la même barbe que le messie. La compo alterne le moelleux et la morsure à 3 guitares.
Le riff par Fred et Diego terrasse, le solo y pose sa pierre aux angles saillants, taillé par Thomas passant vite le relai à Fred, volcanique. Beau travail!

'Tatanka' tu t'attendais à quoi avec un titre au nom d'un catcheur indien et déjà pris par Molly Hatchet? Perdu! C'est une chanson d'amour!
Le son ample et plein d'échos provoqué par une guitare rêche et brûlante libère une batterie lourde à rebonds écrasés (buzz roll). Le chant ressemble à une supplication.
Sur le refrain, guitare et voix s'enflamment. Au milieu du gué, des indiens chantent la danse du feu. Au bord de la rupture, le guitariste s'écroule dans un déraillement au son de corde détendue.

'Crazy mojo' démarre en sautillant, pour un échauffement, où les doigts frottent tranquillement les cordes. Mais le pouls accélère rapidement quand la guitare se lâche.
Dans ce fractionné arrêté à 2'30; un dernier cri pique au vif pour un sprint euphorisant. Un charme fou!

'Mad Vagabond' déambule comme un chien fou. Errant mais pas manchot, Hopper, par petites touches, distille des traits virulents, et croise le fer avec Higueras pas en reste (il tient sa raquette comme un pro).

Dès l'arrivée des 'Savages', la basse décide de prendre les choses en mains entre lesquelles elle vrombit dans un son synthétique.
Le jeu en boucle fait trembler le corps pris d'une soudaine envie de tourner en rond. La batterie soutient ce rythme implacable.
En ébullition, la guitare sonne au diapason couvrant le magma d'un effet trépidant.
La voix se laisse transporter sur la crête jusqu'à un passage sombre, lent, bluesy en diable dont la queue est tirée par une guitare zepspleenienne.
Ce long morceau sauvage couve un feu de l'intérieur.

'Mississippi' en clôture, suit les méandres d'une rivière majestueuse. Jamais la voix ne décroche de la slide qui finasse, tortille, louvoie jusqu'à Louvain-la-Neuve.

On ne peut pas qualifier cet effort, de maturité mais ça promet! La musique est comme Frank, franc du collier, incapable de la retenir...
La jeunesse bouillonne avec une passion incontrôlée, l'envie de bien faire et de partager.
La sincérité et le plaisir de jouer dominent une ambiance vivifiante et accueillante.
Hop hop hop! We hope the best for Hopper!


Titres écrits, composés et produits par THOMAS FRANK HOPPER (enregistrés et mixés par ALEXANDRE LEROY au STUDIO SIX)
1 BLOODSTONE
2 COME CLOSER
3 DIRTYLICIOUS
4 SWEET BLACK MAGIC SUGAR BABE
5 INTO THE WATER
6 TOMB OF THE GIANT
7 TATANKA
8 BAD BUSINESS
9 CRAZY MOJO
10 MAD VAGABOND
11 SAVAGES
12 MISSISSIPPI

Line up
THOMAS FRANK HOPPER: Voix, lapsteel, guitare
DIEGO HIGUERAS : Guitare
JACOB MILLER : Basse, choeurs
NICOLAS SCALLIET : Batterie

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15 avril 2021 4 15 /04 /avril /2021 09:00
Album - Jason Ringenberg – Rhinestoned
Album - Jason Ringenberg Rhinestoned
 
Label: Courageous Chicken Music
 
62 piges qu'il se tape le brave cowpunker Jason Ringenberg, qui a accédé à une notoriété internationale comme leader de Jason & the Scorchers, un fer de lance de la scène country de Nashville dans les eighties/nineties, à une époque où les kids ne juraient que par le heavy metal ou par Wham, pour une autre catégorie, Jason et ses bolides perpétuent la tradition, en ajoutant quelques touches de rock ou de punk à leur cocktail country.
Un premier EP ( Reckless Country Soul) voit le jour en 1982, il est suivi par une quinzaine d'enregistrements, le dernier en date 'Halcyon Times' date de 2010.
'It’s a great, fun listen' concluait un mec ayant chroniqué la rondelle.
Dès 1992, le chef fait quelques infidélités à la clique et pond différents albums solo, le premier 'One foot in the honkytonk', le huitième ( en tenant compte de Stand Tall de 2019 et The Roots of Stand Tall, paru un an plus tard) a été baptisé 'Rhinestoned'.
Les cowboys aiment les paillettes et le strass.
 
Tracklist:
1. Before Love and War (3:28)
2. The Freedom Rides Weren’t Free (5:16)
3. Nashville Without Rhinestones (4:03)
4. The Storms Are on the Ocean (3:53)
5. Christ the Lord Is Risen Today (3:11)
6. I Rode with Crazy Horse (6:45)
7. My Highway Songs (3:49)
8. Time Wrap (3:18)
9. You Win Again (4:11)
10. Stoned on Rhinestones (4:05)
11. Keep That Promise (3:35)
12. Window Town (3:54)
 
Line-up:
Jason Ringenberg – Vocals, ac guitar, backing vocals, harmonica
George Bradfute – (12 string) ac guitar, lead gt, baritone gt, bass, banjo, mandoline, cello
Steve Ebe – drums, percussion
Kristi Rose – lead vocals, backing vocals
Fats Kaplin – pedal steel, fiddle, accordeon
Addie Ringenberg – backing vocals
Mark Andrew Miller – backing vocals
Camille Ringenberg – piano, backing vocals
 
Un coup d'oeil à la jaquette: Jason a de la gueule, coiffé d'un Stetson presque aussi élégant que celui de John Wayne dans "The Searchers", il est armé d'une Epiphone à faire baver tous les puceaux tâtant de la guitare, il semble nous narguer pour nous dire "t'as intérêt à écouter ma nouvelle rondelle, elle claque!"
 
Une guitare bourrée d'effets de réverbération, George Bradfute aime sa vibrato handle, c'est certain,  ouvre ' Before Love and War', un country rock mélodieux, co-écrit par Jason et le singer-songwriter Arty Hill, un collaborateur familier de la famille Jason and the Scorchers.
Autre point fort de  cet uptempo bien enlevé, les harmony vocals, pas du tout  fanés, assurés par Kristi Rose, la légitime de Fats Kaplin.
On quitte le champ de bataille Love and War  pour un autre combat, qui implique  un plongeon dans les 60's avec  ' The Freedom Rides Weren’t Free' qui évoque les luttes pour les droits civiques ( le Civil Rights Movement) .
 Des images de Claudette Colvin , Martin Luther King ou Rosa Parks se confondent avec celles de 2020 qui ont engendré le mouvement Black Lives Matter.
Il y a du Bob Dylan, mais aussi du Johnny Cash, naturellement, dans l'approche de ce titre coup de poing, propulsé par des guitares impétueuses.
D'une voix narrative  proche de celle de Stan Ridgway, le cowboy propose 'Nashville Without Rhinestones' qui dépeint d'une manière sarcastique ce qu'est devenue  la première agglomération du Tennessee, les accessoires rutilants ( rhinestones) décorant la garde-robe des vedettes country, c'est du passé, désormais la Music City est peuplée de hipsters et d'amoureux de la bicyclette.
Tu dis?
Envoyer Hidalgo dans le Tennessee, il n'est pas décédé Hidalgo.
Il s'agit d'une autre hidalga, pas une copine de Marine!
Virage Celtic folk ballad sur 'The Storms are on the Ocean', une valse mettant  fiddle, accordéon et la voix de Kristi Rose en évidence.
Jason n'est pas le seul à inclure ce titre de  The Carter Family  ( 1927) à son répertoire, avant lui Larry Perkins & Alison Krauss ou les Walkabouts s'y sont attaqués.
Un petit tour par l'église méthodiste pour entamer l'hymne 'Christ the Lord Is Risen Today', tous en choeur, s v p, et pas d'inquiétude pour l'accompagnement rock, ni le Christ, ni les anges ne sont sectaires!
Retour aux choses moins sacerdotales avec 'I Rode with Crazy Horse'. 
Enfourche ton canasson, ramasse ta Winchester,  pendant plus de six minutes tu vas galoper aux côtés de Crazy Horse, le Lakota war leader, et de son cousin, qui narre l'épopée par la bouche d'un cowboy.
Tu vas assister à quelques unes de ses plus illustres batailles et être présent lors de  son trépas, sur fond musical épique. 
Homérique... d'accord  Ulysse!
Tu veux de la  country ethnique, tu écoutes 'My Highway Songs', tu auras: de la lap steel, des violons, de la mandoline, des violoncelles, une basse, des guitares et drums et des harmonies vocales filiales ( nice job, Camille!)
'Time Warp' date de 1975, la version originale  s'entend sur l'album ' The Car Over The Lake' des Ozark Mountain Daredevils , un groupe mixant  intelligemment  Southern rock, rockabilly  country et bluegrass. 
La version de Mr Ringenberg tiraille davantage que celle des gars du Missouri, sans la trahir.
Voix traînante et à nouveau un  travail admirable de l'équipe, une plume pour Fats Kaplin.
Hank Williams est au programme,  son 'You Win Again' colle parfaitement aux capacités vocales de Farmer Jason qui, pour l'occasion,  a sorti un harmonica de la poche de sa splendide liquette.
Mick Jagger qui passait par là et qui, comme grand country lover, avait repris le classique de Hank sur l'album' Some Girls' des Stones, tend l'oreille avant d'ajouter... great stuff, Jason! 
Jason, tu peux nous dire ce qui te branche: champagne, cocaine, women, politics....?
Well, I'm ' Stoned on Rhinestones'.
C'est une obsession, gars, Rhinestones, bof!
Tu ne peux pas comprendre, t'es pas d'ici, t'as pas grandi avec Hank Williams, moi, je suis né with a Telecaster in my hand.
 Booze, dope...  ça ne m'intéresse pas , donne-moi de la country, du rockabilly, du hillbilly, du honky tonk blues ou du bluegrass, écoute mes potes jouer   'Stoned on Rhinestones' et je te défie de ne pas frapper le sol du talon ou de te mettre à faire un rodéo sur la piste de danse!
Jason Ringenberg a écrit plusieurs titres avec Todd Cerney, un singer - songwriter de Detroit, décédé en 2011, le country rock  'Keep that Promise' , bourré de twang et décoré d'un ligne d'harmonica nerveuse, est un bon exemple de cette collaboration fructueuse.
Bob DiPiero  is an American country music songwriter. He has written 15 US number one hits ( notamment "American Made" par  The Oak Ridge Boys ou "Wink" par  Neal McCoy).
Bob cosigne le dernier grain du chapelet avec Jason, le fluide  'Window Town' sur lequel on retrouve à nouveau Kristi Rose aux secondes voix.
Comme Fats Kaplin ( un copain de Jack White et de feu John Prine)  a ressorti la steel guitar, l'album s'achève sur une note country emblématique.
 
Authenticité, honnêteté, énergie, créativité et savoir-faire, caractérisent un album qui ne décevra aucun fervent de genuine country music.
 
 
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12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 12:42
L. Flora - EP - Heavenly!

 L. Flora -  EP-  Heavenly! 

 

Par NoPo

label: L.Flora

 

Encore des fleurs de printemps? Sauf qu'elles poussent à Brisbane où le printemps semble déjà loin...
Les musiciens, la tête à l'envers, l'ont bien accrochée sur les épaules et les oreilles bien ouvertes.
Associés en 2017, ils accouchent d'un premier album dès 2018, bébé gourmand, se délectant de néo soul, hip hop, pop et jazz.
On sent l'air frais du vent tournoyant.
Perdue dans l'année 2019, la seule piste isolée 'Bigger it gets' essaie d'ajuster la voilure.
'Heavenly' parachute 6 nouveaux titres... dans quelle direction?
Millie m'apprend l'existence du bio-dynamique Hiatus Kaiyote et 30/70 Aussies comme eux et des électroniriques suédois de Little Dragon (qui éveillent tous ma curiosité).

Sur la pochette naïve, on découvre le paradis selon Errol Hoffman (graphiste)  :
-un tapis (volant sans doute) en patchwork,
-une plante verte dans un pot rose surélevé,
-un tas de livres avec une tasse bleue au sommet,
-plusieurs cadres de tailles diverses montrant : un soleil levant (aux airs d'oeuf au plat) sur la mer , une piscine dégageant des bulles de couleurs que l'on retrouve sur l'image d'à côté avec une forme caoutchouteuse imprimée de 3 visages siamois,   
Le rose domine les couleurs pastel notamment le nom du groupe écrit en parallèle au côté droit et orienté de bas en haut. L'intitulé du disque, teinté de vert, figure en bas à gauche le long d'une barre verticale jaune.

On part pour une mini croisière au paradis de moins de 25 minutes.

Un piano mélancolique nous y embarque à l'écoute de 'Igna'. Millie entonne les paroles d'une voix suave et vibrante.
Un clavier imite des zébrures d'archet sur un violon. La batterie bavarde apprécie le rythme hip hop. Au bout du liminaire de moins de 2 minutes, un saxophone réchauffe les dernières notes au piano.

'Heavenly' apparaît, luxuriant, comme un endroit vierge, devant nous pour la 1ère fois. Le texte insiste sur l'importance des relations humaines et la reconnaissance des autres.
Le clavier combine avec la batterie, enivrée, pour marquer le rythme. Voix et saxophone essaient de nous perdre au paradis. Millie chante doo doo, doux, effet garanti.

Une guitare flottante propose un décor bucolique que la batterie éclabousse à coeur joie, hipopisante. 'Birds and the bees' participent à la biodiversité.
La discrétion moelleuse du saxophone et des claviers lubrifie l'orchestration. La canevas vocal volète, comme un oiseau avide. La dernière minute fait mariner l'ensemble jusqu'au ralenti final.

'Poison Ivy' (une alternative à la chanson de Leiber/Stoller, la guitariste des Cramps, l'ennemie de Batman), retrouve ici ses origines de liane verte irritante.
Elle enserre notre esprit de doutes jaloux. Les paroles encouragent à s'en détacher. Le clip met en scène cette bataille mentale dans une danse contemporaine de Millie et Jeffrey-Rushton (Poison Ivy) en sombre studio et dans un cadre de rivière idyllique.
A l'intro, des choeurs angéliques planent sur des cordes de guitares effleurées. Ensuite, le rythme guide les harmonies à travers une végétation dense où saxophone et claviers dansent en spirale.

'Bombafield' offre un son moderne au clavier gonflé et arpèges agiles de guitare. Les percussions mêlent de légers pads électros à une batterie radieuse.
La voix humble transmet un sentiment de ravissement.

Le chant évanescent, souligné par un choeur lointain, et quelques notes au clavier introduisent 'Proud'. Le morceau pourrait presque s'inscrire dans une ambiance r' & b' avec ses rythmes synthétiques.
Quelques intonations plus assurées et traînantes de diva conduisent à un couloir florissant de saxophone tendre et batterie toujours aussi rayonnante.

L.Flora offre un florilège de chimères. Heavenly dégage une bouffée d'endorphines.
Le disque atteint son but, apaiser les âmes, développer l'harmonie.
A son écoute, les poumons gonflent et le coeur bat au ralenti. 

Relax Max!


Millie Khalu Voix, synthé
Toby Young Claviers
Justin Parslow Batterie et samples
Michael Ellul Guitare
musiciens additionnels
Harry Ottley Saxophone
Josh Coxon claviers et guitares sur 'Bombafied'

Errol Hoffman - Album Art & Concept 

Titres enregistrés, produits, masterisés par Marly Luske
1.Igna 01:55
2.Heavenly 03:25
3.Birds and the Bees 03:05
4.Poison Ivy 03:34
5.Bombafied 03:09
6.Proud 03:33

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11 avril 2021 7 11 /04 /avril /2021 16:43
Sarah Cicero - EP - Cold Immaculate Opposite

 Sarah Cicero  - EP - Cold Immaculate Opposite 

 

Manufacturer : Anxious Lemon

Tu ne trouveras pas grand chose concernant Sarah Cicero sur le net, pas de facebook, mais un instagram, l'objet ( enfin, bon, l'EP n'existe pas sous forme physique, il est audible sur les streaming platforms) qu'on nous demande aimablement d'écouter et éventuellement d'analyser, Cold Immaculate Opposite, est le debut-EP d'une singer-songwriter de Brooklyn, en provenance de L A.

Avant de balancer l'extended play, Sarah avait enregistré le single 'Ceramic Sun', il y a un peu moins d'un an.

C'est pas lourd comme éléments biographiques, tu t'en contenteras!

Quoi, si elle a un chien?

Oui, et un teddy bear, baptisé Elvis!

Comme musiciens la secondant pour ce projet, on a déniché:    Guitar: Peter Wagner ( Furrows et Olden Yolk) / Keys: Quinn Devlin ( Quinn Devlin & The Bridge Street Kings) / Drums&Percussion: Sahil Ansari ( il a produit la chose et est cité au sein de Margaux ou J W Francis)  / Bass: Andy Shimm ( Monkeybars et  Quinn Devlin & The Bridge Street Kings) /Saxophone: Eli Aleinikoff ( Olden Yolk, Monkeybars, Quinn Devlin & The Bridge Street Kings) / Guitar:  Sean Dunnevant ( Glom).

Tu ajoutes Sarah Cicero — vocals, piano, mellotron, percussion ( qui a chanté pour Monkeybars)  et l'équipe est au complet, enfin on le suppose!

Tracks:

Atticus

Indifferent

Letter to the Editor

At Arms' Length

Proud 

 Aucun détail n'a filtré quant à l'artwork illustrant la pochette, un dessin stylisé représentant une jeune fille dédoublée.

 Les quelques traits de crayon ou de feutre, rendant parfaitement les mouvements de la demoiselle,  sont rehaussés par des couleurs, criardes pour le rouge, tendres pour le bleu.

 Prie-t-elle, à qui rêve-t'elle sous un soleil immense et jaune  vif, libre à chacun d'imaginer une réponse.

 Un traité d'histoire pour engager la lecture du mini-album, ' Atticus' , ou le confident de Cicéron qui doit lui avoir adressé 813 missives, les philatélistes iconoclastes de l'époque  ont égaré un bon paquet de ces précieux écrits,  mais si tu lis le latin tu peux te procurer "Epistulae ad Atticum" et le feuilleter au lieu de subir Hanouna.

Oui, la singer-songriter se nomme Cicero, ça n'a donc pas l'air d'être un hasard, mon bon Thierry.

Il faut toutefois avouer qu'il ne s'agit probablement pas de l'antique Atticus, car Sarah commence son discours par ces mots  ...Atticus, I’ve taken up smoking 

Time moves so slowly 

When you’re not around...

On suppose qu'en 50 avant Jésus-Christ les Marlboro ou Lucky Strikes n'existaient pas, ce joli indie folk ressemble plus à une douce déclaration d'amour qu'à un cours d'histoire portant sur les épopées de Jules César.

Avec ses guitares finement ciselées et  arrangements subtils, supportant une voix claire et lumineuse, 'Atticus' s'écoute comme l''ensorcelant  chant du chardonneret, l' élégant, à l'aube d'une journée s'annonçant ensoleillée.

Place à la mélancolie avec 'Indifferent', c'est moche d'être toujours amoureux de quelqu'un pour qui tu n'es plus rien. 

L'instrumentation jazzy ( sax et claviers)  ajoute une note nostalgique à la sensible complainte , résumée par la phrase ..you don't look at me the same..

C'est dur à digérer, on s'est aimés, la flamme a expiré, nous sonnes devenus indifférents, mais pourquoi est ce que je continue à espérer?

Beau et triste comme une tapisserie de Carole King!

Toujours dans le même état d'esprit maussade ' Letter to the Editor'  s'adresse à un ex, auquel elle reproche, en sourdine,  quelques bagatelles, oh, pas grand chose, mais comme le dit un cousin germain  Größere Menschen denken, sie wären besser.., bon, mais là, ça suffit, gars...The only thing I liked at all Was that you were over 6 feet tall But you’re done making me feel small So please don’t call..

Texte mordant, presque insolent,  et accompagnement indie, catchy en diable,  reposant sur un jeu de basse sautillant, omniprésent.

Une réussite! 

L'amour reste un thème de prédilection, 'At Arm's Length', pas de rupture en vue, but a new love, sur fond instrumental dramatique opulent (  cordes - Reid Jenkins on the violin , guitares résonantes, lap steel et voix rayonnante), Sarah déclare sa flamme et déballe ses sentiments  avec pudeur. 

A propos de 'Proud' qui conclut la collection, Miss Cicero a exposé ceci: “Ironically enough, the song I’m proudest of is actually called “Proud.” It’s just the most honest and vulnerable song I’ve ever written, about a time in my life that felt very dark...."

Ce lowtempo  vulnérable, pour lequel Sahil Ansari a troqué sa batterie pour un synthé atmosphérique, est le titre qui lui tient le plus à coeur, un coeur qu'elle nous ouvre sans retenue et nous la rend attachante.

"Cold Immaculate Opposite": un premier EP engageant d'une artiste dont la carrière s'annonce prometteuse! 

 

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