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  • : Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 14:56

C'est quoi cette odeur de chanvre flottant dans les couloirs du Bota?
Une déferlante vert/jaune/rouge, dreadlocks, spliffs en route vers une Orangerie (sold-out) accueillant Danakil.
C'est pas du yaourt, c'est le chef de file de la mouvance reggae in France.
6avril-022.jpg
La Rotonde doit se contenter d'un public restreint pour Paramount Styles.
Paramount Styles est le fiston, né en 2007, de Scott McCloud, vocaliste/guitariste de Girls Against Boys.
Deux albums dans les casiers:' Failure American Style' et 'Heaven's Alright', plusieurs passages in Albert II land.
Sur scène, le line-up diffère selon les continents, ce soir pas de Julia Kent (cello) ni de John Schmersal (Enon, Caribou)... mais un drummer : on croit avoir reconnu Alexis Fleisig des Girls Against Boys et deux locaux, les fabuleux Simon Lenski au violoncelle (DAAU, Laïs...) et Chris Smets à la lead guitar (Star Club West).
6avril 018
6avril-021.jpgOn classe dans le même rayon que GAB, de l'indie/post-hardcore noisy et rageur?
Pas vraiment, Paramount Styles sévit dans un style différent: moody American alt.rock noir et ténébreux, lorgnant aussi bien du côté de Mark Lanegan, Sophia, Sparklehorse, Black Rebel Motorcycle que des classiques Tom Petty ou même un John Mellencamp moins rustique.
Verdict: un bon concert de 70' , bis inclus, ayant ravi l'assistance, dans laquelle on a pointé quelques musiciens du cru: Yann ex Austin Lace, ex The Album ou Caroline HaraKiri, Monokiri e.a..
'Race you till tomorrow' sonne très Lou Reed, le cello de Simon donnant une dimension classique au titre explosant en formidable crescendo sonore.
Un second titre carrément rock vient agresser ton cortex, ' Desire is not enough', dans lequel Scott, vindicatif, dénonce le matérialisme 6avril-013.jpgambiant.
Frontstage, ça gigote ferme.
'Alleyesareonyounowmypet'= all eyes are on you now my pet, démarre par une acoustique folky pour virer rock tendu.
Il sera suivi d'un downtempo mélancolique dans la veine Elliott Murphy: ' Stay Alive'.
Le timbre crooner éraillé vient s'incruster dans tes cellules, tandis que ton corps tangue sur les sonorités entêtantes de l'amère ballade.
A song about lonely people avise le New-Yorkais 'The girls of Prague', faudra qu'on aille faire un tour en Bohème, ces donzelles qui... make me want to go to jail ...doivent pas être des boudins.
Guitares et violoncelle bruts, drumming orageux: titre obsédant.

A bluesy number, Brussels.
6avril-016.jpgCe ne sera pas un I woke up this morning rural et plaintif, ' I keep losing you' est du genre bluesrock vicieux, le truc qui t'emmène sur une route désolée dans un désert d'Alabama. Mais, va pas t'imaginer un gars à bicyclette....I got a long black Cadillac says I'm coming back...
Note la teinte de sa limousine.
Le chevelu Chris ne travaille pas dans la dentelle, il vint de sortir la Kalachnikov, les incendieurs de Gilly peuvent se terrer.
La lassitude du musicien on the road ' Amsterdam again' , suivie d'un instrumental Lynchéen 'One last surprise'.
'These starry nights' sombre ballade folk rock emplie de spleen nocturne. La nuit sera trouble: guitares, violoncelle et drums éclatent en orage tumultueux avant le retour au calme après l'accès de fureur des éléments.
Superbe morceau.
'Come to New York' Lou Reed vient à nouveau chatouiller tes entrailles.
Et chez le Tout Puissant comment ça va? 'Paradise Happens' , un rock semblant laidback mais qui te tenaillera toute la nuit avec ce paradise happens répété et répété.
'Come to where you are' dernier titre du dernier album, ultime titre du set.
Longue plage lente, narrative virant postrock infernal.

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Sous les applaudissements nourris, le band revient pour ' The Greatest' , an anthemic tune avec toujours ce timbre grave de fumeur de Marlboro, ayant un flacon de booze à portée de main.
Une dernière décharge de rock noir et impulsif, puis générique de fin, Paramount Styles quitte l'écran.

 

photos de Bourgol

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 08:57

En juillet 2010, le Avishai Cohen Quintet avait enflammé le Brosella Folk & Jazz Festival en livrant une prestation étonnante devant un public subjugué.
Ce mardi le New Yorkais d'origine israélienne a mis la barre encore bien plus haut. Il est devenu sans nul doute une figure importante du jazz et LE contrebassiste qui fait entendre sa différence sur les scènes du monde entier. Très influencé par ses origines, celles -ci le poussent vers l'Orient et ses richesses mélodiques.
L'Ancienne Belgique en configuration théâtre affiche complet ce soir pour accueillir le trio : Avishai Cohen (contrebasse/piano/voix), Shai Maestro (piano) et Amir Bresler (drums.)
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Fort d'un nouvel album " Seven Seas",sorti il y a quelques semaines, Avishai est attendu par un public chaud-bouillant et très impatient car vers 20h20 la foule tape des mains et réclame son favori.
Le trio fait son entrée sur scène et d'emblée le ton est donné.
S'accompagnant d'onomatopées jazzy, Avishai fait ronfler sa contrebasse tandis que le génial Shai Maestro pose ses gammes virevoltantes et aérées sur le beat asséné par Amir Bresler.
Après quelques minutes on sait qu'on va vivre un immense concert, de ceux qui vous marquent une vie.
Les doigts d'Avishai courent sur le manche de sa contrebasse avec une dextérité incroyable et lorsque le trio monte en puissance il en devient réellement magistral.
Après chaque titre le public se lâche et transforme la salle en un véritable chaudron.
"Last Night we played in Paris at the Olympia... but..it's better here !Visiblement ravi de l'accueil de folie qui lui est réservé, Avishai et ses acolytes vont littéralement se lâcher et porter le concert à un niveau rarement égalé.
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D'impros prodigieuses en grooves hypnotiques, le trio régale son public, chaque musicien ayant son moment de gloire. Arc-bouté sur son instrument, utilisant sur certains titres un archet de violoncelle, le maestro fait littéralement parler sa contrebasse.
Son énergie nous rappelle qu'adolescent après avoir étudié le piano classique, il s'est mis à la basse électrique influencé par des groupes rock comme ELP , Deep Purple et bien sur l'immense Jaco Pastorius.
Mais Avishai est aussi un adepte de la force tranquille : "Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de crier en musique"...déclare t-il dans une récente interview.

 


"This is the title track of my new record ! This one is called "Seven Seas" ,annonce t-il, titre pendant lequel il transforme sa contrebasse en instrument de percussion en alternance avec ses lignes de basse.
"Aurora" tiré de son précédant album sorti chez Blue Note, "Halah", "Dreaming"... impossible de citer tous les titres joués ce soir mais à chaque fois la magie opère.
Ces trois là sont des extraterrestres du jazz !
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edit_preview.php-copie-26.jpegEn rappel, Avishai Cohen s'installera seul au piano pour un titre latino "Tres Hermanicas eran" avant de reprendre sa contrebasse pour un deuxième titre et que les 2 autres le rejoignent sur scène pour un troisième.
Trois rappels, dont un après que les lumières aient été rallumées, une AB debout, presque hystérique, un public conquis, une ambiance digne d'un concert de rock et un band subjugué par cet accueil exceptionnel : ce concert fut en tous points pro-di-gieux !
C'est le poing levé et heureux d'avoir ravi une assistance subjuguée puis déchaînée que le nouveau dieu de la contrebasse prit congé de nous.
Déjà un des meilleurs concerts de l'année sans aucun doute !

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 14:14

 The Blackberry Bushes Stringband, un rootsband de grungy Seattle, a passé près de trois semaines dans nos plates contrées. Surfing Airlines les a fait jouer e.a. au Bacchus Café (Geel), à l'Ace Café( Rumst), à Tavigny ( la Truite d'Argent)- Au Sans Nom pour Curieus Schaarbeek, au Merlo, à l'Oerkroeg Schiller chez Beatrix van Oranje- Nassau etc...le circuit habituel forgé par Gert, El Presidente.
Il leur restait une soirée avant d'embarquer pour deux dates à Berlin et puis monter dans l'aéroplane direction Obamaland, contact est pris avec le booker le plus débrouillard du côté des Marolles:  Fred Cerise!
OK, pour le Live Music Cafe le 4 avril, mais Fredje pense faire jouer et loger un duo: Kendl Winter-banjo et

Joe Capoccia-bass. Samedi, on lui demande d'ajouter un second duo au menu, des amis:Jakob Breitbach-violin et Jes Raymond-guitar, en fait le chaînon manquant des Blackberry Bushes.

A partir de 22h, les clients du LMC auront donc droit à un triple concert pour le prix d'un seul ( tu jettes ce que tu v(p)eux dans le panier tendu par la Cerise).

4avril-003.jpgJessica Raymond & Jakob Breitbach( aka Famous Jake).
Jes, en dehors de ses activités mûriers, fait partie de la grande famille singer/songwriter( un album: ' Even the Trees' )- Jake, quant à lui, sévit dans les Asylum Street Spankers ou le House House Band , un blues jugband d'Austin.
Ils vont divertir Bruxelles d'un set concis et coloré: 3 covers, 3 compositions de Jessica.
' The Cuckoo', le traditionnel British folk, que même Roy Gallagher a repris, lance le gig.
Une bonne voix, que Fred a du mal à maîtriser sur sa petite table, et un jeu sobre.
On va pas s'emmerder, d'autant plus que Vincent , devenu Westmalle, rapplique, il en avait marre des pitreries de Stéphane Pauwels en plein délire chez le bon comte.
'Bee Charmer' charmante compo apis mellifera /alt.country de Jes.
'Atlanta', toujours écrit par Miss Raymond, aux lignes de fiddle sonnant comme le 'Hurricane' de Bob Dylan.
'One promise' country traditionnel, décoré de belles envolées lyriques au violon.
Oui, on pense à Lucinda Williams ou Gillian Welch!
Un instumental bluegrass exalté (Bill Monre) 'Jerusalem Ridge' , devine qui danse comme un dératé derrière notre table?4avril-002.jpg
Exact, l'amateur de Nescafé: le beau George .
Et l'autre?
Mais bon sang, bien sûr: John Turturro!
Une valse country de John Hartford, ' Tall Buildings', avant de céder la place à nos potes.
Un local vient souligner d' une plainte au mouth harp les mesures boston envoyées par le duo sur scène.
Marconica....le gars a toujours au minimum 12 Hohner dans ses poches et vient accompagner tous les cowboys de passage à Bruxelles.

Kendl Winter & Joe Capoccia ( aka  Southern Skies)
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Un banjo, une guitare, deux voix exceptionnelles.
4avril-006.jpgUn CD ' Broken Down'
Joe, a songsmith, a sorti un CD sous son nom: 'Everything that's big always happens a little at a time'. Il joue également chez Kite ou The Pasties...
Kendl, une collectionneuse de chaussettes cite sa bio, peut se produire solo ( 4 CD's) ou faire partie de groupes: les Blackberry Bushes, The Pasties, It's all gotta go...
En duo, ils nous balancent un americana racé.
Un titre dynamique pour démarrer: 'Peter', de belles harmonies de voix complémentaires, un banjo manipulé de maîtresse façon, une guitare country/folk.
Vincent conquis d'emblée!
About bad drinking! Connaissent pas Louis Jouvet /Arletty, c'est pas la boisson en cause, c'est le jambon! ' Curse the day I was born' ..it's whiskey at night & whiskey in the morning... banjo galopant pour faire passer la gnôle.
Un downtempo invitation au voyage, de la plume de Joe: ' Trucks' ..they come & go...
Grandiose bal(l)ade sur les routes des Appalaches, avec un léger falsetto dans le timbre de Mr Capoccia.
Kendl aux lead vocals pour un ' Tight Rope' aux intonations Alison Krauss.
'Depends' (? à vérifier) ...you can't buy me love but you can always pay the price... apparente simplicité combinée à un réel talent de banjo plucking: les clés pour une roots music vivante et captivante.
Une version époustouflante de 'Jackson' de Leiber and Wheeler, à classer aux côtés de Johnny Cash/June Carter ou Nancy Sinatra/Lee Hazlewood.
Marconica fait figure de basketteur à côté des small Kendl & Joe, lorsqu'il se faufile derrière eux avec son mundharmonika.
C'est maladif chez lui, peut pas s'empêcher d'escorter les musiciens country en visite à Bruxelles.
S'il ne s'invite pas on stage, il joue en sourdine sur sa chaise.
Chez nous, il pleut tout le temps, si tu veux voir le soleil, t'escalades la montagne, et une fois au dessus des nuages...you've got the sun..., une dernière ballade country/folk ( 'Story My'- (?)).
Tout simplement lumineuse!
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Vincent, une Westmalle?
Merde elle est passée à 4€, une pintje plébéienne svp...


The Blackberry Bushes Stringband.

4avril-012.jpg
Quoi encore, Vincent?
Cherchez l'erreur...
Jes, Jakob, Joe et.... Kendl.
C'est mieux que Ku Klux Klan Jendl( = Japanese Evaluated Nuclear Data Library).
Joe est heureux: ai trouvé une basse électrique qui traînait à côté de la batterie, d'accord ce sera moins acoustique, mais plus rock'n roll.
Moi, je veux une planche, annonce Jessica, vais faire du tap dancing.
Et toi, Jakob?
Une pinte de 50cl, c'est bon!
Nous aussi on veut des pintjes, Fred...
'Take it slow' , quatre voix , un bluegrass allègre.
Cling, cling, cling...c'est rien, Marconica s'est mué en Spoonman après avoir piqué deux cuillères trouvées dans la cuisine, elles traînaient dans un spaghetti bolognaise de la veille.
Townes Van Zandt ' White Freight Liner Blues', vivace.
Jakob, le philosophe annonce: we are self-unemployed ....c'est quand l'ouverture de la chasse aux chômeurs ?
Comme pour les perdrix: le 1 septembre!
'Mermaid' Jes, la sirène country.

 

 

' Salt Creek'...one of these days I'm gonna make a dance... et ça swingue sec en chantant hallelujah.
Un bluegrass instrumental musclé pour se dégourdir les phalanges et les gambettes (' Clinch(?) , suivi par un titre de Joe, 'Wasting away' , avec le banjo de Kendl en vadrouille.
Les yeeha's fusent.
Nouvelle claque de dimension: 'I'm on fire' de Bruce Springsteen.
Superbe doublé vocal féminin.
'9LB' et 'Bluebird' continuent à enchanter l'assistance.
Their songs have wings... pour citer un chroniqueur de Washington.
Ce mec n'a pas tort, de fougueux instrumentistes et des voix fraîches, ne reniant pas la tradition tout en la colorant de teintes innovantes.
Tu t'emmerdes pas à un concert des Blackberry Bushes.
'Cotton Skies' , au background jazzy et final fingersnapping, te ramène dans les eaux Fleetwood Mac époque Stevie Nicks.
Une dernière, Bruxelles, thanks for coming, alors qu'un fils Marley joue à 1OO mètres: ' Poor black sheep' , mouton noir à quatre pattes chanté, au départ, à quatre voix a capella .
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Près de deux heures de show et un double bis.
Jes et Kendl en duo a capella pour un gospel glorieux 'Rust'.
Tout le band descend de scène et nous joue une dernière et imparable pièce unplugged...I surely miss that heartache tonight...

Le syndrome du coeur brisé doit être pris au sérieux: deux pintjes, svp!

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 06:24

"James Last, the most successful orchestra in the world Live 2011"
James"Hansi" Last est né à Brême le 17 avril 1929. Célèbre à travers le monde pour ses arrangements orchestraux edit_preview.php-copie-20.jpegde pop songs dans un esprit festif et toujours accompagné par des musiciens d'exception, l'artiste a vendu plus de cent millions d'albums dans le monde et sorti plus de 190 albums. Il est incontestablement une icône de "l'easy listening" qui a bercé le coeur de plusieurs générations.
Au début des années 70, mon oncle et ma tante ainsi que mes parents possédaient des disques de James Last, de Bert Kaempfert,et de Mantovani. Malgré moi j'ai baigné dans cette musique orchestrale alors que mes oreilles d'adolescent découvraient Led Zep, Deep Purple, Pink Floyd, Grand Funk, Yes et Genesis. Conflit des générations. Rejet de la musique des parents estimée trop conventionnelle pour le jeune beat que j'étais. Mais , sans le savoir cet environnement allait développer en moi, insidieusement, le goût pour la musique orchestrale et rallier à mes héros musicaux des génies de l'arrangement comme l'immense Lalo Schifrin, le talentueux Henri Mancini et l'excellent John Barry. Leurs albums trônent fièrement au coeur de ma discothèque et côtoient sans aucune honte des icônes du rock comme les Stones, les Beatles, Joe Cocker, Iggy Pop, Cat Stevens, Kiss ou Bowie pour ne citer que quelques artistes parmi les milliers d'albums que je possède. Certains ont disparu (Mancini, Barry), d'autres comme Schifrin sont avares de prestations scéniques. Je me devais donc de profiter de la visite du James Last Orchestra dans notre petit pays pour assister au moins une fois à un de ses shows.
Et visiblement je ne suis pas le seul à avoir eu cette idée, car devant l'entrée du Lotto Arena quelques potes habitués des concerts rock cherchent un ticket ou s'apprêtent à passer le contrôle. " Je suis curieux me dit l'un d'eux".... "j'aime encore bien les big bands me dit un autre"...
Ouais les gars n'en dites pas plus vous êtes animés comme moi par un mélange de nostalgie bienveillante et de curiosité. On ne se refait pas.
edit_preview.php-copie-21.jpeg19h00. Des lights de couleur verte balaient la salle tandis qu'une voix annonce le show et que les musiciens prennent place dans la pénombre.
L'orchestre commence à jouer et quelques minutes plus tard James Last fait son apparition sous les applaudissements du public.
A presque 82 ans, Mister Last se contente sur scène de vaguement conduire un orchestre de pointures qui pourraient très bien se débrouiller sans lui mais sa présence est la marque de fabrique incontournable d'un des arrangeurs les plus populaires de sa génération. Après avoir été de 1948 à 1955 le leader et renommé bassiste du Last-Becker Ensemble il devint l'arrangeur attitré de Polydor Records et de nombreuses stations de radio pendant une décennie. Ensuite vers la fin des sixties et le début des seventies, sa série d'albums "Non stop dancing" remaniant des titres pop en versions orchestrales dansantes enregistrées en public le rendra mondialement célèbre. La recette James Last était lancée.
Et le James Last Orchestra est resté fidèle à cet esprit.
On dit qu'un titre devient réellement populaire lorsqu'il figure un jour sur une setlist du JLO !

Empruntant aux popsongs d'aujourd'hui comme ''I got a feeling''(Black Eyed Peas), "Pokerface", "Bad Romance "( Lady Gaga), aux Beatles avec "Yesterday" en passant par une interprétation géniale de la "Csardas de Monti" , un medley de titres country et quelques touches classiques, le JLO est une formidable machine de guerre de l'orchestral. On se prend rapidement au jeu et quel plaisir d'entendre tous ces titres revisités, interprétés avec maestria par des musiciens habités par une réelle joie de jouer.
Le public prend du bon temps, les musiciens s'amusent sur scène, le show est millimétré flattant autant les yeux que les oreilles et James Last n'hésite jamais à blaguer et à serrer les mains qui se tendent vers lui.
Une rasade de bonne humeur par les temps qui courent ça ne se refuse pas !
Apres 1h20 de show agrémenté d'effets pyrotechniques en tout genre et d'un superbe lightshow, le band prend congé pour une vingtaine de minutes après avoir interprété un emballant "Ritual Firedance".
edit_preview.php-copie-22.jpeg
20h45, retour de l'orchestre et d'un James Last très élégant, arborant un superbe costume immaculé en satin blanc. Après avoir présenté quelques musiciens (mention spéciale au guitariste et au lead trompettiste tous deux prodigieux) James et son orchestre font appel au talent de plusieurs vocalistes qui se succèdent au micro pour une succession de titres très réussis parmi lesquels "Forever Young", "Love the Way you Lie" (Eminem) et un superbe "I believe I can Fly" interprété en voix-piano.
edit_preview.php-copie-23.jpegL'ambiance est à son comble lorsque le trio de trompettistes descend dans la salle tandis que l'orchestre enflamme le Lotto Arena par ses rythmes endiablés.
Le "Waka Waka" de Shakira mettra tout le monde d'accord avant que le band ne prenne congé au son de "I just want to say I love you" de Stevie Wonder sous une pluie de confetti.
James et l'orchestre viennent saluer une dernière fois en bord de scène tandis que le public se lève. Standing ovation.
Le James Last Orchestra 2011 ? Une bouffée de fraîcheur m'sieurs-dames, 2h20 de show et des solides pointures !
Et je ne regrette en rien mon déplacement.
Oserais je même écrire que j'ai adoré ça...?!!

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 08:22

Une-organisation Beurs/VK en ce samedi estival: terrasses bondées, trafic Croisette en plein festival, le Boulevard Anspach et les marches de la Bourse noirs de monde, quelle idée d'aller s'enfermer dans le sombre Beurskafee pour ce concert Soundbits?
Primo: c'est gratos, secundo le programme est super cool: deux indie punk bands US que t'as pas l'occasion de voir toutes les semaines à 300 mètres de Manneken Pis.
Passons sur l'horaire flou, le VK annonce 22H, le Beurs jusqu'au 1 avril: 20h...

Le matin du gig:WIJZIGING AANVANGSUUR!!!!!Doors: 19:30-
22:00/ 22:45: The Coathangers -23:00 / 24:00: The Thermals.
Respecté à 100% et les 2 nanas fonctionnant sous le patronyme DJ Deer Pony ne sont pas des ânesses, ma chère Cléo!
2avril-007.jpg
22h, The Coathangers.
2avril-015.jpgDes portemanteaux?
Tu peux en douter, paraît que les nanas ont choisi ce patronyme pour les connotations 'abortion'...by thrusting a coat hanger or other dangerous object into the womb...
Ces méchantes nous viennent d'Atlanta, se font appeler
Crook Kid Coathanger (Julia Kugel): vox | guitar -Minnie Coathanger( Meredith Franco ): vox | bass ( la plus mimi)- Rusty Coathanger (Stephanie Luke) : vox | drums( la plus dingue!) -BeBe Coathanger( Candice Jones): vox | keys ( la plus mignonne).
On cite le instruments, mais sache qu'ils sont interchangeables, Rusty a tout maltraité.
Pendant 45' elles vont agresser le Beurs avec un female punk/postpunk/garage rageur, bordélique et jouissif, dans le plus pur style riot girls.
En 2009, elle ont sorti l 'album 'Scramble', il y a quelques semaines 'Larceny and 2avril-018.jpgold lace' , le moins qu'on puisse dire c'est que leur truc bouscule tes sens.
Quatorze titres sauvages, sharp, chantés ( ?) d' une shrieky voice, le couteau entre les dents, nous ramenant au bon temps des Slits, de Poly Styrene et de ses X- Ray Spex...
Feu: 'Haterade' - avant de balancer 'Hurricane', la tatouée hurle en direction de la table...mec, it needs to be louder, much louder... on s'appelle pas Scala, you, jerk...
Minnie Mouse aux lead vocals, pour un shoutalong catchy' Stop Stomp Stomping' -

 

 

 

2avril-006.jpg'Johnny': elles en font du haché de ce mec, effrayante qu'elle est Rusty, la basse galope, BeBe te tire des notes stridentes de ses touches, Crook Kid éructe pire qu'un boeuf amené à Cureghem contre son gré et tout le Beurs saute sur place.
Une petite guitare surf pour varier les plaisirs? 'Toomerhead' -tu veux un punk déstructuré: ' My Baby' - vous êtes bien calmes à Bruxelles: 'Gettin mad and pumpin iron' - un hommage à Jay Reatard (?)'... It's such a shame... - un petit mix Pixies, Stranglers, noise rock ou garage rock et les nanas qui gueulent... I don't want to go ..oh no, no, no... et c'est parti pour l'échange des instruments, le show gagne encore en intensité et en fureur: 'Jaybird' terminé par un rire sardonique.
Passe moi ta gratte, Crook Kid. T'as oublié ta Maes, ma jolie, vlan, un coup de panard dans la bouteille qui termine sa course dans les fûts. Une cintrée iconoclaste, on t'a dit.
'We'll alright' - ' Pussy Willow' pas pour les minets, Minnie venant danser à nos côtés, laissant la basse à l'allumée.
Brussels, just two more and it's over, vais venir chanter à vos côtés 'Cheap Cheap' et pour la dernière je reprends mon poste 2avril-001.jpginitial.
Bordel, Minnie, t'as esquinté mes baguettes, salope.
Une dernière secousse tellurique et les Coathangers regagnent la garde-robe.

 The Thermals
2avril-023.jpgPortland,Oregon, 2002, naissance des  Thermals.
Cinq plaques, la dernière 'Personal Life' -personnel actuel:présents depuis 2002, Hutch Harris ( chant, gt.) -

Kathy Forster ( bass, backings) et Westin Glass( drums) depuis 2OO8.
En route pour 60' d'indie rock/indie punk au background power rock.
'I don't believe you' un titre catchy et speedé pour donner le ton.
Pas 2' ne se sont écoulées et t'es déjà amoureux de la formidable bassiste au jeu hyper sexy.
Westin bastonne comme une bête , les riffs de guitare sont cuits à point, l'énergie dégagée est tonique, on est reparti pour une seconde séance de jumping sur place.
'Not like another feeling' confirme ce qu'on pensait.
Ils vont en semer une vingtaine du même acabit, sans qu'aucune trace2avril-021.jpg d'ennui ne vienne ternir le set.
'It's Trivia' qui ouvre l'album 'More parts per million', 2008, Kathy transformée en Skippy bondissant - le vicieux ' Brace and break'- un peu de disto? ' St Rosa and the shallows' - a punk anthem? ' We were sick' - un singalong punky/poppy ' I let it go' - on accélère un coup: ' Our trip' aux formidables lignes de basse -

 

 

2avril-024.jpg

2avril-027.jpgpas de répit: 'Never listen to me', toujours aussi addictif - 'Here's your future' style chant de stade aux touches Green Day - 'I might need you to kill' besogne effectuée en moins de 120 secondes - vous êtes essoufflés? pas nous... 'A stare like yours' - 'End to begin' - des relents Sex Pistols mixés avec Sebadoh: 'Power Lies' - le pesant 'Your love is so strong' - 'Returning to the fold' dansant en diable - tout aussi speedé ' How we know' - séance handclappings: ' Overgrown, overblown' répété à l'infini et un dernier spasme ' Now we can see' .
Heureusement que tu pouvais compter sur Catherine pour le ravitaillement houblon , penser à vous hydrater indiquait la faculté.

The Thermals revient pour un double encore furieux( dont ' A pillar of salt') , ignorant allègrement la zone 30 instaurée dans le Pentagone.
2avril-031.jpg
Encore une petite soif, on va saluer Fred Cerise au Live Music Café.

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 09:47

Soyons clairs dès le départ : je ne suis pas fan de Aaron. Je dirais même que l'écoute attentive de leurs deux albums a suscité en moi un sentiment plus que mitigé.
C'est vrai leur musique est agréable, c'est bien fichu, c'est dans l'air du temps , mais qu'est ce qui déclenche un tel engouement autour de ce duo français ?
Une question à laquelle j'espère une réponse via l'occasion qui m'est donnée ce soir d'aller jauger de visu ce que le band a dans le ventre en live.
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C'est un Forest National en configuration club et rempli au 3/4 qui accueille ce soir le duo français.
Beaucoup de (très) jeunes filles dans l'assistance et des gradins qui se garnissent doucement pour finir bien remplis lorsque sur le coup de 20h,  Roken is Dodelijk s'empare de la scène.
Derrière ce patronyme se cache un groupe d'indie-pop lillois, composé de six membres: 5 garçons et 1 fille. Adeptes des instrumentations addictives, comme le glockenspiel et la clarinette, le groupe repose essentiellement sur les harmonies vocales féminines et masculines et le folk des années 60.
Agréable, sans être génial, leur gig de 25 minutes incluant quelques essais de participation du public ( taper des mains, faire le louuuup...) ne laissera pas un souvenir impérissable même si le groupe mérite qu'on s'intéresse à son évolution future et témoigne d'un solide potentiel.


A 21h pile, Aaron fait son entrée sous l' accueil hyper-enthousiaste du public.
C'est ici que je me dois de prévenir les fans purs et durs du groupe qui seraient amenés à lire cette chronique : abstenez vous, car ce qui va suivre ne va pas vous faire plaisir et vous risquez même de me haïr...
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edit_preview.php-copie-18.jpegLa voix grave de Simon Buret remplit l'espace sonore et on se dit que ça démarre bien.
A cinq sur scène, accompagnés d'une claviériste-guitariste, d'un batteur et d'un bassiste, Simon Buret et Olivier Coursier font leur apparition dans un halo bleuté.
Cris de la foule en délire. Tout ça semble donc parfait pour les fans inconditionnels des jolis minois de nos 2 Français, mais pour l'observateur neutre que je suis l'ennui et la lassitude ne vont pas tarder à me gagner.
Mon impression live ne rattrape malheureusement guère celle que m'avait laissé l'écoute des albums : les compos sont vraiment faiblardes et, à part 'U Turn(Lili)' et 'Seeds of Gold', on s'ennuie ferme à l'écoute de titres semblant pour la plupart inachevés et excessivement répétitifs dans la structure.
 

 

 

edit_preview.php-copie-19.jpegLe band a beau rajouter 3 choristes et nous faire un petit set acoustique tout cela nous est livré sans humour et avec un sérieux emplit d'autosatisfaction qui dessert le band et lui donne une image suffisante. Ajoutons qu'aucun des musiciens ne possède un réel charisme "on stage" ( être mignon ne suffit pas !) et que Simon se la joue parfois trop Monsieur Loyal "allumez vos portables ça ira bien avec le titre suivant qui parle de la nuit"(sic!)...d'habitude les gens qui prennent des photos avec flash c'est chiant mais là ça me plait...(oups !).
Bref, j'ai tenu 60 minutes et ensuite j'ai plié bagage, Aaron c'est décidément pas ma came, mais le public lui semblait ravi.
Une chose est certaine en tout cas, c'est qu'avec le concert de ce soir le berger Aaron a sans nul doute bien gardé ses moutons.
Aaron, Aaron petit patapon...

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 12:33

1960, Astor Piazzola restructure le tango traditionnel pour le rendre plus malléable, le tango nuevo est né et compte pas mal d'adeptes, les plus connus: Gotan Project ou Pablo Ziegler.
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Chez nous, depuis 1993, le Sexteto Tanguedia ( devenu  Orquesta Tanguedia) s'attaque à l'héritage du génial argentin en y ajoutant de subtils arrangements personnels.
La presse est enthousiaste , l'ensemble collabore avec Het Ballet van Vlaanderen et, plus récemment, avec le duo comique Kommil Foo.
En été, l'  O rquesta Tanguedia prévoit la sortie d'un second CD, après 'In boca al lupo' ( 2006). En octobre 2011, l'AB accueillera la première du nouveau show, un try-out aura lieu au  Candelaerhuys en ce 31 mars.
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Line-up: Gwen Cresens, l' instigateur, bandonéon -Wietse Beels, violon- Ben Faes, contrebasse - Hendrick Braekman, guitare - et un pianiste, ne ressemblant pas du tout à l'annoncée Karla Verlie qui se chargera des vocaux, on entendra donc Bart Van Caenegem.
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20h30, les cinq musiciens se serrent sur l'exigu podium installé dans le salon de la bourgeoise maison de maître uccloise.
31mars 004Une première oeuvre, une rhapsodie de Maurice Ravel, lente, d'une majesté symphonique, déjà l'émotion gagne tes deux voisines.
On enchaîne sur un double Piazzola ' Fuga y misterio' et ' La Mufa' , en route pour Buenos- Aires sans souffrir des symptômes du mal de l'air.
Envolées énergiques, violon geignant, bandonéon sombre, piano et contrebasse sobres: l' accablement fait place à la vivacité, la mélancolie à la passion... toute l'âme argentine ressentie du côté de l'estuaire de l'Escaut.
Karla se faufile parmi les spectateurs pour s'emparer du micro: ' los Mareados' , les ivrognes...
Rara!… como encendida,
la vi bebiendo: linda y fatal;
bebía y en el fragor del champan
lo que reía x no llorar....
Un tango ancestral mélodramatique au répertoire de Mercedes Sosa.
'Juanito' : fougue, coeur déchiré, désarroi, déraison, émotion à fleur de peau.... faut boire un coup pour te guérir des signes cliniques de spasmophilie.
Repos pour l'actrice: ' Feestje', une brillante composition du contrebassiste, le titre n'est pas définitif!
Une longue introduction pathétique au violon avant l'entrée en action du piano et de la contrebasse, la morosité fait place à la légèreté, la guitare embraye et finalement l'instrument à anches.
La composition prend de l'envergure, tourbillonne, tortille pour prendre une vitesse de croisière et éviter les radars repérés par le GPS, un petit bridge jazzy et reprise du thème: une fête animée!
Retour au tango chanté:le véhément 'Pedacito', suivi de la zamba classique 'Alfonsina y el mar' , écrit pour Alfonsina Storni et sa fin tragique.
Poignant duo: un bandonéon lyrique et une voix bouleversante.
Pour mettre fin au premier set, un titre de Raymond van het Groenewoud traduit et adapté aux couleurs bleu ciel, bande blanche et sol de Mayo: ' Contigo Estar' .
El tango Raymundo Del Bosque !

Set 2
Il démarre avec une seconde oeuvre musicale de Ben Faes, une pièce allègre et vive:' Concerto zonder onderbroek', ou 'concert écossais', non ce n'est pas une pub William Lawson...
La diva et le piano, le douloureux :' Garganta con arena' qui sera suivi du coloré ' Maria de Buenos Aires' , tiré de l'opéra du même nom.
Pour la petite histoire, cette Maria fait le trottoir comme la Marie de Magdala que Jésus délivra des sept démons.

 

 

Une suite instrumentale complexe au background romantique,de la plume de Gwen: ' Pompeya' combiné à ' Ognat Amor'.
Alfonsa Storni a écrit ' Adios' (Las Cosas), poésie sévère et noire, chantée/déclamée avec frénésie par Miss Verlie.
Le set s'achève sur un cri social solennel : ' Rinascero'.
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Des applaudissements nourris rompent le silence religieux ayant régné pendant ce formidable récital, un encore est inévitable:' Oblivion', le chef d'oeuvre de Piazzola, en version française: 'J'oublie '.
Une claque magistrale, un chant à te couper le souffle, à arracher des larmes au scélérat le plus endurci.

Et que tangue la nuit...

 Lourds, soudains semblent lourds les draps, les velours de ton lit
Quand j'oublie jusqu'à notre amour
Lourds, soudain semblent lourds tes bras
qui m'entourent déjà dans la nuit
Un bateau part, s'en va quelque part
Des gens se séparent, j'oublie, j'oublie....
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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 08:33

Assistance honnête dans le caveau du Bota pour assister au premier gig de la tournée européenne de

Horse Feathers.
T'es lourd avec tes sabots: c'est pas la comédie Groucho, Chico, Zeppo & Harpo, ni une marque de fringues née quelque part en British Columbia, il s'agit du band de Justin Ringle , un copain de Peter Broderick, parti s'établir en Oregon.
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 Horse Feathers a connu quelques changements de line-up depuis les débuts en 2006.
En 2011: Justin ( guitare acoustique, mandoline, lead vocals) s'entoure de Catherine Odell (cello, backings) - Nathan Crockett ( violon, scie musicale, backings) et Sam Cooper ( drums, acoustique, mini zither, percus).
Traces discographiques: 3 CD's ( le dernier: ' Thistled Spring'), quelques EP's.
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Pas de support, on démarre à 20:15'

 

 

29mars-015.jpg'Belly of June' sur 'Thistled Spring' ouvre les débats.
De l'alt. country/americana sans le nonsense des Marx Brothers. L'atmosphère est à la mélancolie, au recueillement, à la profondeur dans la simplicité. Le falsetto d'un lyrisme brumeux de Justin, le barbu, impose le silence. Les premiers rangs l'ont bien compris et vont sagement s'asseoir pour écouter les lentes mélodies aux arrangements soignés.
Sorry, si on paraît quelque peu fatigué, the jetlag, you know, on a quitté Portland ce matin , et c'est comme si on avait avalé un camion de pilules tombées hors de la pharmacie de Timothy Leary.
'Dustbowl' à la mandoline, des traces d'Iron & Wine ou des Great Lake Swimmers dans ce slow-coustic folk stylé.
This is a new song , 'Waltz' s'il faut croire la setlist. Cette valse a le blues: un violon geignant, des lyrics pas vraiment optimistes ...where will you go when there's nowhere to be... un mouvement nerveux en staccato pour revenir au ton nostalgique.
Lumineux!
'Mother's sick' te renvoie ver le gothic folk d'Emily Jane White.
Comment guérir les blessures de l'enfance?
L'écriture, une thérapie?
Une suite superbe: la valse ouatée 'Thistled Spring' et 'Helen' , une histoire de rupture au final tempétueux.
'Cascades' de douces harmonies vocales, une scie plaintive, un léger frottement de l'archet sur les cordes du violoncelle... un ouvrage de ciseleur.
Séance tuning pendant laquelle la timide Catherine tente de nous expliquer les différences existant entre ce qui est 29mars-011.jpg'large, big' aux States et ici en Europe.
La large car louée chez Avis était vachement trop petite pour nous quatre et notre matos.
Une C4 c'est pas une Lincoln Town Car...
'The Drought', la sécheresse...the birds complain... sur un lit de cordes d'un classicisme sobre.
Une vieillerie nous indique le peu disert Justin: ' Heathen's Kiss', voyant réapparaître la scie.
'Curs in the weeds' toujours ces touches d'americana minimaliste, lent, solennel, grimpant graduellement vers un climax émotionnel.
Le Witloof est subjugué, Mr Ringle annonce la dernière: ' Starving Robins', ultimes instants de magie pure.
Les bravi giclent après ces 60' d'un haut niveau.

Bis
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'Vernonia Blues' le seul uptempo de la soirée, handclappings et violon partant en Irish jig, non, nous signale Justin, l'influence est à chercher du côté des Appalaches.
D'accord, mec, mais l'Appalachian fiddle music s'est inspirée des traditionnels irlandais ou écossais, anyway, a 1000 thanks for the setlist!

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 07:26

Incroyable le nombre de concerts sold-out à l' AB, le suivant sur la liste: Aloe Blacc.
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Le racé à louer tourne avec la séduisante  Maya Jupiter comme avant-programme.
Une abeille de la famille Zeus?
Fais pas ton malin.
 Maya (Melissha Martinez) naît au Mexique, du sang ottoman dans les veines, mais, tout bébé, atterrit à Sydney.
On nous la présente comme une MC, rappeuse, hip hop diva ayant sorti deux plaques sous son nom,'Today' en 2003 et 'Maya Jupiter'( co- produit par Aloe Blacc) en 2010.
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A 20h30, apparaît une nana sexy en diable, flanquée d'un keyboard player, drummer, bassiste et guitariste, tous membres du live band d' Aloe: the Grand Scheme.
'I am' un phrasé hip hop, arrière-plan latino, envolées de guitare Santana.
Assez surprenant.

 

 

This is my protest song, annonce la nana, pour toutes les familles qui souffrent dans ce monde pourri: 'No more', pas bien méchant ce coup de gueule altruiste.
'Phenomenal' female rap MTV édulcoré, du Foxy Brown, Christine Aguilera, Rihanna etc...
'Furacão' titre bref et percussif, servant à mettre en évidence les talents de danseuse de l'australo-turco mexicaine. Tu imagines une jeune Jennifer Lopez aux formes moins arrondies pour te faire une idée.
L'exotique et vaguement salsa ( sauce Ricky Martin) 'Canta' met fin à ce set de 20'.

21h10':  Aloe Blacc & the Grand Scheme
28mars-026.jpgEnfin l'intro, six musiciens en piste, probablement: Te'Amir Yohannes Sweeney-Drums , Peter Dyer-Keys ( Mariah Carey) , Joseph Gonzales-Bass, Randal Fisher-Sax et percus,Tutu Sweeney- Trumpet et percus et le musical director, guitariste: Joel Van Dijk pour un gros funk/reggae Las Vegas.
Les cris fusent dès l'apparition du prince de l'élégance, Egbert Nathaniel Dawkins, III, alias Aloe Blacc. Coiffé d'un feutre à la Frank Sinatra, d'une immaculée veste blanche/chemise bleue ( 399$, la liquette que tu trouves pas chez C&A), le black en jette... il est beau, murmure ta voisine nippone, sa copine acquiesce: la classe!
Force est de reconnaître qu'il est mieux que Michel Daerden, le playboy d'Ans, Aloe a tout de la réincarnation 2011 de Sam Cooke.
'Hey, brother' un funky soul track aux claviers gluants.
Indéniablement, il y a du Marvin Gaye dans l' approche sensuelle du crooner californien.
Old school soul que tu peux entendre sur son dernier CD ' Good Things'. Le tune 28mars-015.jpgpart en jam et le futé de nous citer les plus grands: James Brown, Stevie Wonder, Marvin l'Ostendais....sans lesquels l'actuel soul revival n'existerait pas.
'You make me smile' a mourning lovesong servie en bain Motown et chantée d' un timbre Al Green sera suivi de 'Femme Fatale' du Velvet Underground.

 

 

28mars-021.jpgUne version n'ayant rien à voir avec la voix rauque de Nico, Aloe nous concocte un downtempo sirupeux ne te donnant qu'une envie, celle de te coller à l' Asiate de tout à l'heure et à l'inviter sur la piste de danse.
Great stuff, man!
Le band enchaîne sans transition sur le chaloupé 'Green Lights', suivi du tubesque 'Good Things' nous rappelant au bon souvenir d'un oublié Terence Trent d'Arby. Bruxelles au chorus, une guitare soul pur jus, trompette et sax Stax blend, on aime!
L'argent ne fait pas le bonheur, un moment de réflexion reggae/funk: ' 28mars-040.jpgMiss Fortune' .
Le slow qui tue: 'If I' ..If i sang a song
would you sing with me?...
Oui, répond la foule en délire.
L'engagé :'Politician'...hungry wolves dressed like sheep.... ,virant groovy jam .
I wanna see ya dance, Brussels, on crée un couloir dancefloor en plein milieu de la salle et quelques audacieux se lancent dans une démonstration exhibitionniste à la grande joie du Blacc et de sa copine Maya, qui immortalise le show.
OK, ça sent le marketing, mais ça marche à tous les coups.
28mars-052.jpgC'est parti pour la bombe, le super hit 'I need a dollar' , grand numéro des Cubains aux percussions. Le dollar vire peso pimenté salsa, interaction totale avec le public.
Qui arrive en trombe? Miss Jupiter, pour un duo piquant.
Ciao, ciao, Brussels, on vous laisse avec the Grand Scheme qui termine le morceau en instrumental funk ravageur.
50' , un peu léger, monsieur le dandy!
28mars-025.jpg
L'AB hurle, le bassiste rapplique, d'abord seul, il s'applique sur la 4 cordes.
Un à un ses potes repointent le bout du nez, Aloe fermant la marche, ils embrayent sur ce qui s'avère être une version jazzy de ' Billie Jean'.
Superbe, le meilleur moment du show!
Second bis avec la sulfureuse Maya , l'exotique ' Rico', you pronounce rrrrrico.....
Le Zamp est pas content, Enrique Iglesias c'est pas sa tasse de thé.
Heureusement on revient au rhythm'n blues avec le sweaty ' Loving you', ....loving you is killing me.... bridge, une petite tirade extraite de 'For what it's worth ' des Buffalo Springfields pour décorer et on retourne au turbin.
Du bon boulot!
28mars-039.jpg
Au final , un petit concert sympa, même si la soul d'Aloe Blacc semble bien lisse et pasteurisée en comparaison avec les grands de l'écurie Stax : Wilson Pickett, Otis Redding, Sam & Dave ou autres Arthur Conley...

 

Photos de Sindy Mayot (Notonlyrocknroll)

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 08:14

Il y a un lézard?
Oui un gecko, un cocktail bar que tu trouves place Saint-Géry.
 Fred Cerise, l'insatiable, y organise des free gigs depuis quelques semaines, en ce doux dimanche il a signé  Above the Tree.
27mars-001.jpgUn projet arboricole de Marco Bernacchia, artiste pluridimensionnel, originaire de Senigallia (Ancône): sculptures recyclées, installations environnementales et musicien globe-trotter.
Le transalpin a sorti quelques rondelles ou cassettes auto-produites et vend ces produits artisanaux au gré de ses voyages, aux terrasses de café, dans les gares, parcs, partout où les autorités le laisse gratter sa guitare et tripoter ses pédales à effet.

Fait doux à 18H 30, on joue à l'extérieur.
Un instrument archaïque, delay pedals, loop stations, un tambourin et une boîte d'ananas vidée de son contenu et de son étiquette collés sur un carton de 50 cm de long/15 cm de large que Signor Bernacchia bat des pieds. Avanti pour 40' de soundscapes expérimentaux au background blues méditatif, psychédélisme urbain hypnotique, incantations mystiques, rythmes vaguement tribaux, philosophie make love not war, your children are my children, AIDS connais pas....
Le mec est né en 1979, son trip date d'un peu plus tôt: 1968.
Sais pas si le hippie est heureux de jouer à côté du Lidl et de sa pub pour une purée de tomates, mais il entame son set par ' In the Middle of None', en tout cas c'est ce que mentionne sa setlist bricolée.
Longue intro planante virant blues Woven Hand, décoré de vocalises amérindiennes.
Soundtrack idéal pour un remake Abruzzes de 'Into the Wild'.
'Tacco Punta' architecture atmosphérique au final chaotique.
Une troisième escapade ésotérique par grand vent: 'More blues than blues' ( à vérifier), en fermant les yeux tu oublies les odeurs d'essence, le babillage de tes voisins, les nuages toxiques, De Wever, ta feuille d'impôt... et tu te laisses emporter quelque part dans un désert texan, décor idéal pour un film des frères Coen.
Mêmes paysages désolés pour ' Bunga Bunga' un blues minimaliste saturé et 'The South will be ...'.
Un problème,Vincent?
27mars-002.jpgL'efficacité du service n'est pas le point fort du Gecko, ai commandé et payé trois consommations il y a plus de 10' et on n'est pas encore servi!
Effectivement, ça craint, c'est presque pire qu'au Bota, heureusement qu'Yves Hoegaerden n'est pas arrivé, tu t'imagines 600 secondes sans Blanche, c'est la Croix Rouge qu'on aurait pu appeler.
Marco poursuit ses pérégrinations doors of perception ' Hallo Winter' et le folky 'Let me know' .
Un faux western et vrai fingerpicking: ' On the road again' .
Deux lignes d'harmonica, une slide, des loops grands espaces: 'Metal'.
Encore une, Bruxelles, et j'avale une Trappiste, merci de m'avoir écouté, ( à vérifier) ' Bluesz'.
Arrivederci.

 

 

 

Eh, Vincent, voilà nos pintjes!

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