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  • : Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 17:05

Troisième chapitre du roman ' Rock Chicks', toujours sur la terrasse de la Brasserie de l'Union!

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Lili Grace

Nelle (21) et Dienne (19) Bogaerts sont originaires de Ham.

Beurre, le jambon?

Te prends pas pour Louis Jouvet, mec... Ham in Limburg, entité de Beringen!

En mars 2012, les demoiselles participaient à la finale du Humo's Rock Rally, leur alternative electro pop teinté d'éléments classiques avait convaincu le jury du Rally, il a enthousiasmé Saint- Gilles.

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Nelle au cello et sweet vocals et sa jeune soeur, Dienne, aux claviers, programmming et voix intense, entament le gig par 'For you' , ton esprit s'attelle à vouloir comparer et propose Hannah Peel, Florence and the Machines, la précieuse Soap and Skin ou Agnes Obel.

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 Dienne s'essaye au  vocable roman, le prochain numéro s'appelle 'Floating', titre lacustre .  Les voix sublimes semblent vouloir émerger des eaux profondes pour gagner les airs et approcher les anges.

Toujours cette  imagerie sombre, ' Abyss',  harmonies vocales éthérées sur beats soutenus et lancinants.

Place à l'agité lo-fi  trip- hop  'These Walls' , dans la lignée des downtempi chers aux Sneaker Pimps et autres Zero Seven.

Une intro sereine au piano entame 'Time machine' , une science-fiction lugubre te refilant la chair de poule.

Les jolies demoiselles sont passées maître dans l'art de créer des climats freaky.

Une très grosse claque avec la cover osée de 'Ace of Spades' de Motörhead.

Un violoncelle agité, un piano en soubresauts, les gamines se déchaînent, c'est carrément rock!

Sint-Gillis, merci, voici la dernière: ' Close' au phrasé Selah Sue.

Un cello dramatique et des effets de voix surprenants.

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A peine 35', dommage, le public en voulait plus, mais le dernier concert est censé débuter dans 30 secondes.

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Nelle et Dienne commençaient à ranger leur matos lorsqu'une responsable de l'organisation leur fait signe qu'elles peuvent encore interpréter un titre.

Saint- Gilles revient s'asseoir et le duo nous offre 'Hold', de l'electronica dansant avec la voix puissante de Dienne en avant-plan!

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Lili Grace: their future is bright!

 

 -They got to wear shades!

 -Tu te crois malin?

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 14:11

Second volet des Rock Chicks  à la Brasserie de l'Union, du monde sur le Parvis!

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Iza

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Un duo mixte composé d'Annelies Tanghe (Iza) , voice, guitar, keyboard, tom et de Sam Goossens, guitar, keys, percussion, vocals..

 Avant de se produire sous le pseudo d'Iza, Annelies Tanghe ( Leuven) était Annelies Tanghe et a participé au Humo's Rock Rally de 2006, en remontant plus loin tu la retrouves chanteuse du band  jinXS, finaliste du Maanrockrally à Mechelen et demi-finaliste du Humo's Rock Rally.

On ajoutera des choeurs pour Milow ou pour Allan Muller ( ex- Metal Molly).

Sam Janssens a son propre band, Nagelbijter ( avec Iza aux backings..), il a également joué pour Allan Muller, mais aussi, la scène bruxelloise étant incestueuse, pour Marie-Laure Béraud ou Raymond van het Groenewoud.

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En 2010, Iza sortait 'Picture of you', mais ce soir le duo choisira d'interpréter une petite dizaine de nouvelles compositions, prévues pour un prochain album.

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18:20', we gaan beginnen, we zijn Iza!

La setlist mentionne 'Original' , ici aussi, on nage en plein dans une indie pop aux relents folk, certains avancent Suzanne Vega ou Feist, pourquoi pas, mais Iza nous paraît pourtant moins lisse que ces deux brillantes singer-songwriters, il y a du  Cat Power dans son approche.

Le second titre 'Back to the roots' est explicite, du  funky swamp blues.

' Earth is moving', une chanson de rupture, chantée de manière expressive et illustrée d'un accompagnement musical tout en finesse...sold my house, I gave away my furniture... j'ai tout quitté!

 

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Next one is about a baby in the belly: 'Inside the belly'.

 Il raconte quoi ce foetus?

Il a des problèmes existentiels, c'est déjà mal barré!

Un switch d'instruments, Annelies à la Gresch et Sam aux percus,  une cover, peu de gens ont reconnu le 'Man down' de Rihanna , au lieu de la soupe MTV, on a eu droit à une version alternative rock piquante.

' Ashes' au jeu de guitare jazzy/blues et aux métaphores littéraires

..I am the ashtray... , écoute, Annelies, il y a pire, t'aurais pu être un pispot!

Deux guitares, une plage mélodieuse et introspective ,' In my mind', pour finir le concert par le brillant ' Spoiled' ne dégageant pas vraiment un climat d'optimisme béat.

Annelies with her high-pitched voice  prend des coloris Janis Joplin/ Bonnie Raitt.

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Un set convaincant!

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 09:07

George W. Lowen Coxhill naît à Southsea dans le Hampshire en 1932.

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De 1947 à 1949, le teenager, féru de jazz depuis que son paternel marin dans la Royal Navy avait ramené chez lui des disques en provenance d'Outre-Atlantique ou d'Afrique noire, organise des jazz-nights pendant lesquelles live music et audition de disques (Miles Davis, Stan Kenton..), pas question de deejaying à l'époque, alternaient.

Il s'achète un alto sax d'occasion, son aventureuse carrière démarre: membre des Denzil Bailey's Afro-Cubists ou du Graham Fleming Combo.

Puis il sévit comme busker dans les rues de Londres, improvisant à gogo.

Plus tard, il loue ses services aux stars soul ou jazz de passage au UK et, en 1964, on le voit sur le petit écran dans l'émission Ready Steady Go, il accompagne Rufus Thomas qui promène son clebs.

D'autres grands noms vont succéder: Martha and the Vandellas, Otis Spann, Mose Allison etc...

John Peel le signe sur son Dandelion label qui sort le double album ' Ear of Beholder', une musique révolutionnaire, inclassable, excentrique... Lol est un iconoclaste!

Fin 60, début 70, Coxhill est associé à la Canterbury Scene, il travaille, notamment avec Carol Grimes et le déjanté Kevin Ayers.

On l'entend aussi sur le seul hit de John Kongos, 'Tokoleshe Man'.

Arrivée du mouvement punk, Lol Coxhill, le jazzman, collabore avec The Damned ( 'Music for Pleasure').

A la même époque il est attiré par les sons de Kingston , il joue avec des membres des Skatalites ou avec le Dark Prince of Reggae: Keith Hudson!

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Ensuite il fait partie du London Music Collective, travaille dans le milieu théâtral ou cinématographique ( Derek Jarman) et continue à souffler dans pas mal de projets avant-garde, e.a. avec Hugh Metcalfe ou Steve Beresford qui, en apprenant son décès proclame: "Lol Coxhill was one of the original saxophone voices anywhere in the world. He was not always appreciated by critics. But musicians understood how amazing Lol was."

 

 

Lol Coxhill était hospitalisé depuis plusieurs semaines et s'est éteint le 10 juillet 2012, il allait avoir 80 ans.

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 07:40

A la veille de la fête de la communauté flamande, le gemeenschapscentrum de Saint-Gilles, de Pianofabriek , organise, sous l'emblème 'Sint-Gillis loves rock chicks', quatre concerts gratuits dans différents cafés du Parvis.

La météo hasardeuse implique une ré-organisation partielle de l'événement, sur place tu apprends que 3 des 4 prestations prévues se dérouleront sur la terrasse de la Brasserie de l'Union, un des plus vieux troquets de la commune qui, il y a bien longtemps entonnait, ' C'est l'Union qui sourit...'

Où sont passé Paul Vandenberg ou Jean-Pierre Janssens qui renvoyaient l'AS Roma dans la péninsule avec un deux-zéro dans la caisse?

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Joy Wellboy

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17h00, à peine 4 ou 5 égarés attendent le début des hostilités.

DSC08246.JPG17h10', Joy Adegoke ( chant et pas de danse) , qui a participé à pas mal d'enregistrements de Buscemi, et Wim Janssens ( guitares ou basse et seconde voix), vu avec Harvey Quinnt, entament leur set.

'Pacific Ocean' à la voix de fillette entamant un countdown... 10 miles to the Pacific Ocean ...4 miles to the Pacific Ocean... répond le chant mâle de Wim, la guitare se fait atmosphérique puis une slide la rend vicieuse, cet excellent indie rock te fait à la fois penser à Isobel Campbell / Mark Lanegan ou à certains titres de nos Partchesz ( Nathalie Delcroix- Bjorn Eriksson).

Un second dialogue vocal en midtempo, ' Lay down your blade' te convainc tout à fait, ça balance bien.

Une acoustique en loops, battue d'une main bandée, c'est un moustique qui a mordu Wim, dixit Joy, pour 'The movement song', une nouvelle plage remuante et attachante.

Le duo a séjourné pendant de longs mois aux States, leur musique est imprégnée de sonorités poussiéreuses.

Changement de registre, Wim à la basse, 'What baby' qui hante la veine electro. La voix de Joy semble rebondir  sur un fond de beats lourds.

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 En français dans le texte, 'On the beach' est une chanson d'amour.

Tu oublies Neil Young et tu traces un parallèle avec l'esthétique experimental indie de Shannon Wright.

Un coup d'oeil circulaire, toutes les tables sont occupées et des dizaines de curieux se sont arrêtés pour écouter

 Joy Wellboy, la qualité paye toujours!

Une tragédie à la Chris Isaak: ' Buy me flowers.

Le mec va pas lui offrir des fleurs, la boutique vient de fermer et de toute façon il préfère dépenser ses dernières pièces pour  se payer une bière.

Tous des salauds, Joy!

Wim, suis triste et j'ai pris froid, refile-moi ton mouchoir...

Virage dance, une basse funky, un groove qui dégouline, ' Within another dimension', Miss Adegoke se fait féline, se trémousse, murmure..I feel you and you feel me... les pieds des consommateurs frappent les pavés, des verres sautillent sur les tables, de  jolies créatures se tortillent à tes côtés.

Merci, Saint-Gilles, voici la dernière, encore plus sautillante: ' Bill me later', la panthère a sorti ses griffes, ce truc devrait cartonner en boîte!

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Chouette petit gig de 40'.

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 06:26

Quatrième soirée ( toujours pluvieuse...) au  Gent Jazz Festival, tête d'affiche: Melody Gardot!

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16h, une douche infernale...Les moussons sont causées par le fait que la terre s'échauffe et se rafraîchit plus vite que la mer... merci, on s'en fout, c'est la mer du Nord qui baigne la Belgique, pas l'Océan Indien!

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16h30', pas trop de monde sous le chapiteau,  Ninety Miles sur scène!

La speed limit?

Non, la distance séparant La Havane de Miami et le patronyme choisi par ce fabuleux band américano- cubain, formé par Stefon Harris ( vibraphone, marimba) - David Sanchez, Puerto-Rico, saxophone et l'incroyable trompettiste ( vu à l'AB), Christian Scott, New-Orleans, à Gand, toutefois, Christian a cédé sa place au non moins doué, Nicholas Payton!

Le project est complété par  le Vénézuélien, Edward Simon au piano - Ricky Rodriguez ( Puerto-Rico) à la double bass- Terreon Gully ( Illinois) aux drums et le percussionniste cubain, Mauricio Herrera!

Ce septet a cassé la baraque avec son Afro-Cuban /Caribbean jazz épicé  et dynamique.

Une bouffée d'air chaud a soufflé sur Gand.

Le groupe a sorti un album ' Ninety Miles' et débute avec la huitième plage 'Brown Belle Blues', un mix salsa/jazz au tempo infernal, les soli aventureux se succèdent en démarrant par la trompette torride de Nicholas, un exercice Cal Tjader aux vibes et tu te sens à l'étroit sur ton petit siège, tes guibolles demandent à s'agiter en rythme, ça s'aggrave lorsque les congas à la Ray Barretto prennent le relais.

 ‘And This Too Shall Pass' débute par une mélopée noire et sacrée, fredonnée par Mauricio, sur fond de battements de mains sur djembe, les collègues entrent en piste, la plainte se meurt, c'est parti pour un voyage haut en couleurs.

'E'cha', fameux jongleur Mr Harris.

Un titre de la trompette aux relents Miles Davis,' The backward step', ambiance Mocambo... oui ,Humphrey était accoudé au comptoir, une belle, sirotant un long drink, à ses côtés.

 

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' City sunrise' une aube en clair-obscur, la ville s'éveille, l'animation la gagne, ça bouge de partout..

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Quoi, Jacques?

Sais pas si les boulangers font des bâtards, mais ce truc est tout bonnement incroyable.

Prestation brillante!

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Robin Verheyen New-York Quartet

Robin Verheyen n'a pas trente ans, mais ce prodige du sax a déjà  un fameux parcours derrière lui.

Tu dois l'avoir vu 4 ou 5 fois, la dernière au Meent à Alsemberg.

Le gars de Turnhout est parti s'établir in the Big Apple et s'y est fait un nom, il a enregistré 'Trinity' avec  quelques pointures et tourne cet été sur le vieux continent avec Ralph Alessi (trumpet), Drew Gress (bass), Jeff Davis (drums).

Robin alternant tenor et soprano.

'R R' ouvre, trompette et sax soprano à l'unisson, la rythmique rapplique, du jazz syncopé mais hermétique , avec d'intrépides envolées de cuivres.

Après la moiteur cubaine, Gand connaîtra la froideur intellectuelle!

 Une seconde plage cérébrale est amorcée par le drummer et le bassiste, Robin, sérieux comme un résident du Vatican, attend d'entrer dans le bain.

Si tu voulais du groove, tu t'es trompé d'étage.

La ballade' Free Time' présente des intonations 'Round Midnight' et la suivante 'Slowly Erupting' est aussi mainstream que du Ornette Coleman.

'Incognito'  passionne comme du Alain Robbe-Grillet, à tes côtés un gars s'est assoupi, son voisin est plongé dans la rubrique sportive du Nieuwsblad, Josiane a sorti son tricot.

Qui a gagné l'étape, s'enquiert Alphonse?

Le quartet, imperturbable, poursuit avec un titre en slow motion pour enchaîner sur 'Twelve' une variante de 'RR'.

 

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'Roscopaje', un sax élastique qui soudain ne peut réprimer une crise de hoquet, une trompette hard bop sur  rythmique inébranlable, ces mecs sont d'excellents musiciens mais, à l'inverse de certains spécialistes, criant au génie, plusieurs spectateurs ont trouvé le trip plutôt chiant.

 

The Bad Plus feat. Joshua Redman

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The Bad Plus=  Ethan Iverson (piano), Reid Anderson (bas), Dave King (drums)!

Iverson, Anderson and King first played together in 1989 but established The Bad Plus in 2000.

Sept albums, le dernier 'Never Stop'.

Un magma étiqueté avant-garde jazz combined with rock.

Lorsque ce trio convie le fils de Dewey Redman, celui qui remporta la Thelonious Monk  International Jazz Saxophone Competition in 1991, Joshua Redman et ses saxes, à se joindre à eux, t'as vite compris que tu assisteras à un événement hors du commun.

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'Love is the answer', une ballade toute en douceur, illuminée par un mellow sax élégant, en cinq minutes Bad Plus et Redman ont déjà transmis plus d'ondes chaudes que le projet de Verheyen en 70'.

Les lignes de sax d'une fluidité palpable, le classicisme du piano, le jeu tout en souplesse de Reid et l'incroyable drumming du contorsionniste, le royal Dave, éblouissent.

Ethan, debout tel un jockey cravachant sa pouliche, attaque l'agressif  ' 2 PM'.

Ce sont des méchants, the sound and the fury, disait Faulkner.

Un punch  à rendre jaloux, Alexander Povetkin, current WTA heavyweight title holder.

 Place au tempétueux 'Who's he?', suivi d'une compo du King :'1979 semi- finalist'.

Demi -finale de?

Un concours de hot-dog eaters, Walter a échoué en demi-finale pour un demi sandwich, c'est de sa faute, il avait avalé 15 bouteilles de Budweiser.

Une ballade dans la lignée d'un Frank Zappa.

'You are', terrible poussée de fièvre pour Joshua, tout rouge!

Nouvelle présentation, façon comedy capers, des équilibristes et voici 'Prehensile dream', à la mélodie duvetée.

Le nocturne majestueux file vers un climax angoissant avant de s'éteindre mollement.

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That was it, we have to go...

Tout Gand debout, standing ovation de cinq bonnes minutes, le timing ne permet aucun bis.

Too bad!

 

Melody Gardot

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Un décorum de pièce de théâtre et un avertissement à tous: No pictures!!

Aucun photographe dans la fosse.

Cérémonial austère, obscurité quasi totale, une âme charitable mène une personne se déplaçant à l'aide d'une canne, arborant des lunettes de soleil , une mantille, un béret et maquillée d'un rouge à lèvres agressif, vers le micro.

Elle chante a capella, un gospel profond ' No more my lord', cette voix te donne des frissons, Melody Gardot s'accompagne en frappant le sol du talon tout en secouant un gri-gri, derrière elle, du mouvement, le band prend place tandis que la belle achève le spiritual au piano.

Imposante et théâtrale entrée en matière, public subjugué!

Le band:  Petri Korpela (percussion), Mitchell Long (guitare), Stephan Braun (cello), Irwin Hall (tenor & alt sax), Jamila Ford (backing vocals), Celia Chavez (backing vocals), Charnett Moffett (bass), Charles Staab (drums).

Melody part en onomatopées, imitant les gouttes frappant le sol, ' The rain', un blues pluvieux que l'impeccable Irwin Hall transforme en  fast jazz avant une échappée Charlie Byrd de Mitchell Long.

Que les esprits chagrins la ferment et arrêtent de répéter Melody Gardot c'est pas du jazz, d'ailleurs qui s'en soucie?

Pas nous, c'est tout bonnement captivant!

 Le sensuel 'Goodbye' précède le tragique et envoûtant arabo-andalou 'Impossible love'.

Quelle nana!

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Pas de pause, on fait la connaissance de 'Mira' sur fond carioca, elle se débine ( Melody pas Mira) après le soft et gracieux  ' So long' , la setlist mentionne: Melody- break: 6 minutes, le temps de changer de tenue.

Je vous laisse en compagnie de Mr Everything, Irwin Hall, qui nous sert un impromptu, sur fond de percussions, digne des meilleurs titres de Gato Barbieri.

Détail, Gent, watch me blow two saxes at the same time.

Revoilà la diva , 'Les Etoiles', un gypsy jazz façon Broadway.

Silence total, une acoustique puis un sax plaintif sur fond flamenco ' So we meet again my heatache', une nouvelle fois tu as la gorge nouée.

Passe-moi la guitare, Mitchell: ' Baby, I'm a fool', une romance déchaînant les passions.

Un nouveau gospel, le rythmé 'Who will comfort me', avant de mettre le cap sur l'Afrique 'Amalia', puis un calypso chaloupé ' Iemanja'.

Un final feu d'artifice,  Melody poursuivie par le sax se transforme en gracieuse gazelle et tout Gand en ébullition!

Exit la troupe!

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Bis.

Seul Charnett Moffett rapplique pour entamer une  méchante séquence de bass slapping, une impro à la Jimi Hendrix, lorsque le drummer se joint à lui, il passe à la basse électrique et secoue toute la tente.

Un à un les copains réapparaissent, Melody fermant la marche pour l'apothéose, une version hot du standard 'Summertime' avec une petite poussée de 'Fever'.

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La salle debout, sauf Jules qui maugrée: godv. c'est pas du jazz!

 

Sur la route du retour, en évitant Erpe-Mere, t'as chantonné 'Summertime' pendant 75' , tes yeux ne voyaient pas les panneaux de circulation mais une blonde femme fatale à la généreuse poitrine et au timbre ensorcelant.

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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 08:37

Samedi, Dennis Flemion, 57 ans, était parti pour un boat trip en famille sur le Wind Lake à Norway, dans le Wisconsin, il décide de se baigner, il n'est jamais revenu à bord du rafiot!

Plusieurs jours après les faits la police locale n'avait toujours pas retrouvé le corps de Dennis, poor visibility and very deep water.. furent avancés.

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En 1980, Dennis et son frère Jimmy fondent le band alternatif The Frogs.

Jimmy aux vocals et à la guitare, Dennis aux percussions.

Le band de Milwaukee n'a jamais connu le grand succès, mais peut se targuer d'avoir des fans illustres: Beck, Kurt Cobain, les Breeders, Animal Collective ou Eddie Vedder et Billy Corgan qui, tous encensaient leur sens de l'humour et leurs lyrics provocateurs.

Les grands groupes grunge devaient les inviter comme support-act: Pearl Jam, Urge Overkill ou Mudhoney, plus tard les Smashing Pumpkins.

 

Au décès du keyboard player des Pumpkins, Jonathan Melvoin, Billy Corgan invita Dennis Flemion à le remplacer, ce qu'il fit de 1996 à 1997.

 

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La discographie des Frogs comptent huit albums, le premier en 1988, simplement intitulé 'The Frogs ' et en 2012, les grenouilles sortaient deux albums:Squirrel Bunny Jupiter Deluxe  et Count Yer Blessingsz .

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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 06:34

En 1075, il était question de Dedelbeccha, ce riant bourg du Pajottenland, connu au Moyen-Age pour  ses carrières de grès, plus récemment pour sa maison communale, folie néo-gothique à 12 tours, le château de Viron, et enfin, pour avoir enfanté une gloire rock noir, jaune, rouge, les Black Box Revelation, organise, depuis 2004, un festival gratuit qui chaque année attire la grande foule.

 

Premier groupe prévu à 16 heures, ça te laisse le temps de flâner sur le site où les enfants s'amusent dans les différents workshops, des fumets exotiques ( Iran, Congo, Chili, Indonésie..), émanant du werelddorp, te titillent les narines, et encore plus intéressant, sur un podium improvisé, une quinzaine de beautés locales pas bidon offrent aux badauds ravis une exhibition de danse du ventre pour le moins attractive.

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Deux podiums: main stage, montée sur l'étang et un podium annexe,  ' Zuiden Zindert', avec une programmation t'invitant à la danse.

 

16h00, Bed Rugs

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Quatre Anversois ayant le vent en poupe, leur single 'What Does It Mean’ a cartonné in de Afrekening.

Yannick Aerts, Stijn Boels, Arne Omloop et Noah Melis avaient naguère atteint la finale du Humo's Rock Rally, à l'époque ils se nommaient The Porn Bloopers!

Début 2012, ils sortent un CD, ' 8th Cloud',  d'emblée leur indierock mixant intelligemment les Beatles, le stoner, l'alt.country ou l'Americana frappe les esprits.

Très chouette endroit clame le chanteur/guitariste avant d'entamer le set.

 ' Purple Pill' , de chouettes harmonies vocales, une plage sonnant à la fois Grandaddy et Oasis, la suivante ' Subtopia' est tout aussi harmonieuse et sautillante, malheureusement une première averse refroidit l'enthousiasme, tous sous les marronniers.

Les Bed Rugs nous exhortent à revenir et entament 'Trees'.

Ben, justement, on reste à couvert sous les feuilles.

Place au  super downtempo aux odeurs The Byrds, ' Be a little strange'.

Dilbeek, on va faire revenir le soleil... ' Tell' et 'Dream on' , puis le single ' What does it mean?' qui démarre en douceur avant un déferlement de guitares.

'Mark's Ghost' , celui de Mark Linkous, Sparklehorse?

Maybe!

'Evening crusade' précède une cover étonnante, ' Bright lit blue skies' des Rockin Ramrods, 1966, groupe méconnu de la scène post-folk de Boston.

'Modern Freaks' et ' The Blinds' mettent fin à cet excellent concert.

Bed Rugs, un groupe à suivre!

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Direction ' t Zuiden Zindert:  W. Victor!

W c'est un mec pas comme les autres, depuis le début des eighties le bonhomme écume les scènes belges, d'abord comme batteur , pointons The Survivors of the Titanic, puis le populaire Milk the Bishop, Virginia Woolf, il collabore avec Peter Vermeersch ou K′s Choice, rejoint Schwarzwaldklinik pour enfin former le projet qui lui tient à coeur W.Victor!

Quatre albums, le dernier 'Rotto' en 2011 et des scènes, surtout celles où les gens dansent, boivent et s'amusent: Fiesta Mundial, Gentse Feesten, Gracias a la Vida, Zomer van Antwerpen etc..

Line-up retrouvé ( mais à vérifier): W.Victor: chant / Mario Conjaerts : bugle, trompette, tuba / John Gommers : sax alto, sax bariton, clarinette/ Luc Truyens : piano, orgue / Bert De Pauw : drums, percussion / Hannes D’hoine : contrebasse.

Un cocktail détonnant de fanfare balkanique sentant  bon le Emir Kusturica ou le Goran Bregovic, d' Italo funk ( dixit W), c à d un bâtard de Paolo Conte, Adriano Celentano et la Cicciolina, de cabaret brechtien, d'Arno, de tango flamand et de torch songs, style 'La Vie en Rose' version virile... bref le truc qui ne laisse personne indifférent.

Tu ris, tu pleures, tu danses, tu picoles, t'aimes tout le monde!

'Chasse' ( tirer la), ça commence fort , la chiasse!

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'Polka Acapulko' plus acrobatique que celles de Johan Strauss ( le second).

Ecoutez, bonnes gens : 'The story of Big Boy Belly' , Tom Waits en steeple-chase.

(Un Chiaro Case Di)' Impotenza', ne sais pas ce qu'une nudo Carla Bruni vient faire là-dedans, mais c'est tout bonnement hilarant et ce qui ne gâte rien, ces mecs savent jouer.

' Mario e Gino' : l'amoroso?

Non, un autre!

Malgré une nième averse, Dilbeek danse, W annonce a protest song.

Du Dylan?

Presque:' El Presidento del Mundo'...mucho bla bla bla bla..

C'est RickyBilly?

Son demi-frère.

Une cavalcade folklorique multilingue.

The Monty Python go gypsy jazz: ' Azerty Uiop' .

Une question, Dilbeek?

Oui: 'Perche' , tout aussi loufoque et que dire de 'Krk Krk Krk Krk' c'est dur de pousser une voiture dont les roues sont carrées!

 L'anarchiste 'Che bella cacofonia' puis ' Santos Sacramentos', l'ancien testament démystifié et la dernière ' Hotel International', un sans étoile dans lequel tu fais la java toute la nuit.

W.Victor, l'antidépresseur idéal, aucun effet secondaire! 

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Pause restauration, pas de Sherman, tu restes du côté du Sud pour Cafe Con Leche!

Une équipe de foot sur le podium: HANNES COGHE (drums), Dr. OVAR (electric bass), FREDI BRIMSTONE (rhythm guitar), NEPHTALI (vocals), GUDRUN ROOS (vocals), Mr. MARIACHI (solo guitar), IVO BRAEM (accordeon), OLIVIER CLAUW (trumpet), ROBIN VERHELST (trombone), JORIS MEYS (saxophone), BRECHT GOUDESONE (percussion) et de l'ambiance dans les gradins.

Second groupe festif ayant mis le feu à la tente toute humide!

Dilbeek, move your fucking ass..

'Le chien' qui ouvre leur seconde plaque 'Le roi des fous' , un clebs qui swingue.

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Du zouk écolo et chaloupé ' Plastik', hep, hep, hep..il y a beaucoup trop de plastik dans le Pacifique.

Un petit reggae socialement engagé 'Breton, Catalan, Flamand' on vit ensemble.., message de tolérance sur rythmes explosifs avec méchant solo de trombone et escapade délirante d'un des guitaristes.

Une cumbia épicée 'Le roi des fous', puis some summertime music: 'L'été'.

Pas trop arrosé s v p!

Du reggae à la Danakil ' Tout le monde je vous embrasse' , puis un tango Arno reprend Adamo, accordéon en vedette: ' La mer du Nord'.

Des reflets d'argent, des golfes clairs?

Non, du flon flon populaire!

A la Danny Brilliant : 'Mon quartier', un swing qui vire Bateliers de la Volga.

Une note maussade' J'en ai marre',  vite suivie d'un nouveau bouge-fesses aux senteurs ska ' Ca c'est le monde', pour terminer par ' Globalización' à l'intro flamenco et finale fanfare.

Dilbeek euphorique réclame un bis: un doublé: 'Bruxelles' version Matonge et 'Bienvenue en Belgique': terre d'accueil et de soleil!

 Bordel, il pleut!

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Retour vers l'étang et ses saules: Willow!

DSC08020.JPGLa pelouse se transforme insensiblement en bourbier glauque et le ciel déverse toujours des ondées orageuses: ras le chicon!

Willow, tu les as coudoyés plusieurs fois  en 2010, depuis, le band a sorti un Cd, 'We the Young', aussi bien accueilli au nord qu'au sud d'un sillon fluvial.

Après le set convaincant de Dilbeek, on ne peut qu'avancer que Tom Brewaeys on keys/Pieter Dhaenens on bass/Jonas Goddeeris on drums/Vincent Buelens on a guitar/Nils Goddeeris on another guitar/Pieter-Jan Van Den Troost on vocals ont pris de la bouteille et se sont aguerris au point de former un indiepop band capable de se mesurer avec les productions internationales.

'Inner City' ouvre, tu as toujours envie de citer les Editors mais tu es heureux d'y entendre des effluves Arcade Fire, un peu comme chez School is Cool.

 'Sweater' een aanstekelijke single, qui squatte les charts flamands, sera suivi de 'House of love', aux sonorités 80's évidentes, moins The House of Love de Guy Chadwick  que Joy Division ou Echo & the Bunnymen.

Comme Customs, tu avances.

Pas tout à fait, pas de post punk/cold wave, ni de trendy fashion suits chez Willow.

' Two  Children'  guitares new wave, gimmicks électroniques et mélodie lancinante, futur hit!

' We walk alone' un singalong pour contredire les fans des Reds de Liverpool.

'Nerve' on dirait The Cure, souffle un ket à sa copine, puis une cover ' Never let me go' de Florence and the Machines.

Une commande de Studio Brussel, en fait.

Chouette version!

 

 

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Dilbeek voulait 'Gold' , Willow a joué 'Gold'...ruée vers le podium!

 L'énergique 'Weeping Giants' termine le gig.

 

Un bis:

 Le volcanique 'Wasters'.

Willow se produit un peu partout cet été: Dour, le Brussels Summer Festival, Boomtown, Casa Blanca, Rock Olmen etc..

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On a marché sur la lune!

Qui?

 The Moon Invaders, le nine-piece ska band bruxellois qui se produit plus à l'étranger que dans notre étriqué pays.

DSC08049.JPGCes gars ont ouvert pour les Skatalistes, Aggrolites, Madness, les Toasters... ont enregistré un disque avec Doreen Shaffer des Skatalites,ont servi de backing band pour un des papes du rocksteady, Alton Ellis, sont tête d'affiche de Tokyo à Dresden et quasi méconnus chez nous, cherchez l'erreur..

Malgré un set joué sous une pluie battante, ils ont fait danser des centaines d'umbrellas ou de corps dénudés sur les pavés de Dilbeek, la classe internationale!

Naissance en 2001, plusieurs albums, dont un 'live' enregistré à l'AB, le dernier en date "The Fine Line" en 2011.

A neuf sur scène: Matthew Hardison & Thomas Hardison (chants) ayant vécu à la New-Orleans, on s'en rendra compte.., David Loos (saxophone tenor), Manghi Murinni (trombone), Rolf Langsjoen (trompette), Sergio Raimundo (claviers), Michael Bridoux (guitare), Arnaud Pemmers (basse) et Nicolas Leonard (batterie).

Dès le premier titre, le jazzy doo-wop 'I believe', Dilbeek tangue.

Enchaînement fluide sur un ska/ rub a dub, pur Kingston, ' Poor boy' , même entendu sous un noisetier, à 75 mètres de la scène, le truc te donne envie de te trémousser.

Accélération: ' Pick up the pieces' , va falloir ramasser les morceaux.

'Different strokes for different folks', les cuivres gambadent, la guitare tchique, tchique et le chant des brothers n'a rien à envier à celui de UB 40.

Et les claviers?

Du Booker T from Brussels!

Encore plus gluant 'Baby I know'..I won't cry, I won't shed a tear over you... sur fond de trompette jamaïcaine, on adore!

Tu quittes les noisettes pour aller te déhancher à côté d'une petite à la dégaine pas vilaine!

Du groove juteux avec une pointe de melodica: 'Right on', sans pause: ' Rebel with a wallet' , un funk dédié à la New-Orleans.

We love The Meters!

Une sucrerie ' Dream dream', en fait 'All I have to do is dream' des Everly Brothers chanté à trois voix.

Fondu enchaîné: ' Rockin chair' et ' Bet bottom dollar', on nous promet a song about sex: ' Big Bamboo', sa bonne femme m'a l'air d'être une obsédée de la chose.

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 Le soulful 'Why'  précède ' Creole Crime', la reggae police enquête.

La machine à danser tourne rond: ' Got a love'- ' Sweet Tater pie' pimenté Mexico- 'Keep my love' et terminus en gare de la  Nouvelle-Orléans : ' Katrina', the ugliest woman I know....blow, blow, blow...

 

Super show et deux rappels: ' Walk don't run' , avec le même tempo calypso que 'Shame and scandal in the family' et un dernier ruff 'n duff  houleux 'There's a fire'.

 

 Trempé jusqu'à la moelle, tu prends la décision de quitter Dilbeek, direction ta salle de bain  pour une douche chaude, so, no Sioen, Antwerp Gipsy-Ska Orchestra ni Gabriel Rios ...

 

 

 

 

 

 


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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 09:32

 La onzième édition du Gent Jazz Festival ( ex Blue Note Festival), se tenant sur l'impeccable site du Bijloke, a débuté flamenco le jeudi 5 juillet, avec le pape du flamenco nuevo, Paco de Lucia!

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Pour cette seconde soirée, la tête d'affiche sera le vétéran de Buffalo, le maître du cool jazz, the father of modern jazz guitar, celui qui a tenu sa première six-cordes entre les doigts à l'âge de 10 ans: Jim Hall, 81 balais!

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Premier concert à 16h30' devant une maigre assistance: Ifa Y Xango!

DSC07873.JPGIfa= sagesse, Xango= le très viril Dieu de la guerre et du tonnerre.

Des Sud-Américains?

Non, un collectif belge (incluant un brésilien) couronné  Jong Belgisch Jazz Talent en 2011.

Line-up annoncé par la bio: Viktor Perdieus tenorsaxofoon     Filipe Nader altsaxofoon     Niels Van Heertum euphonium     Seppe Gebruers piano     Laurens Smet contrabas     Ruben Pensaert drums & percussie     Sep François percussie.

Rayon?

Un milk-shake de rythmes afro-cubains,  rehaussés de free jazz téméraire et/ou d'envolées exaltées.

Une bonne minute de silence rompue par deux paumes tambourinant un bongo, l'euphonium s'évade, le petit Seppe martyrise les entrailles du Steinway, le reste de la troupe se jette à l'eau, c'est parti pour un jazz aventureux que les adeptes du mainstream auront du mal à digérer.

L'équipe interprétera quatre plages en cinquante minutes, elles n'ont pas toutes reçues une étiquette nominative, Ifa YDSC07856.JPG Xango improvise , ainsi pendant le premier morceau, le pianiste y va d'un aparté classique dans la lignée des envolées d'un Jef Neve.

On a joué ' Joseph K' ( inspiré de Kafka) et ' Jugend von Zauberer', deux de mes compositions te confiera le gamin.

Après un nouvel instant de recueillement, le septet reprend la route semée d'embûches de l'Orénoque ou d'un igapo amazonien, la contrebasse et  le piano prennent un ton dramatique, les saxes s'évaporent like free birds, à la recherche de Pharoah Sanders, sur fond de rythmes complexes et torrides à la fois.

 Avanti pour un troisième morceau déstructuré de 15', puis présentation de la jeunesse pour finir par une dernière pièce métissée et chaloupée.

Pas banal!

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18:30 Gretchen Parlato

DSC07894.JPGUne voix suave, un phrasé élégant, un timbre sensuel...en 2011, Gretchen Parlato se détache du peloton des nouvelles chanteuses de jazz...lance la presse!

Et?

La fille d'un bassiste de Frank Zappa confirme tous les éloges que les journalistes lui adressent: un concert magique!

Son dernier album ' Lost and Found' casse la baraque et sur scène, la belle est accompagnée par des musiciens haut-de-gamme: le fantastique pianiste/arrangeur/compositeur new-yorkais, Taylor Eigsti - à la basse ou contrebasse: Burniss Travis ( John Coltrane Ensemble, Jacky Terrasson...) - drums: Kendrick Scott (Terence Blanchard Quintet, Myron Walden, Mike Moreno...).

Le trio amorce par un soft jazz en attendant l'apparition de Miss Parlato qui sort du backstage vêtue d'une seyante petite robe rouge, elle ouvre la bouche, une voix de velours vient caresser ton épiderme et charmer tes pavillons: le superbe ' Within me' sur l'album ' In a dream'.

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Kendrick n'attend pas les applaudissements, il enchaîne sur 'Holding back the years', le hit de Simply Red, les blacks aux backing vocals donnant un cachet soul à la ballade intemporelle.

En battant les mains, un chant en onomatopées: ' Butterfly', aérien et frivole comme les meilleurs Roberta Flack, la chanteuse laisse le champ libre aux instrumentalistes. Tour à tour, contrebasse, drums et piano partent en croisière tourbillonnante avant le retour de la voix lisse et séduisante.

Le quartet poursuit avec une version mystique et ensorcelante de 'Ju-Ju' , Wayne Shorter, pour lequel Gretchen a écrit des lyrics.

Elle s'empare d'une autre paire de shakers, des boules/claquettes, direction le Brésil, la bossa,  Paulinho Da Viola: 'Alo Alo' en portugais au phrasé impeccable pour poursuivre avec le rythmé 'Circling'.

Exit drums & bass, un duo voce/piano, la soft ballad signée Thelonious Monk, ' Ugly Beauty', connue également sous le titre 'Still we dream'.

D'un classicisme serein, digne de la version de Carmen McRae.

Respects, Miss!

Retour de la rythmique, Kendrick démarre en scratchy beats, ce sera  la dernière,  ' Weak', a feather-light voice pour entonner cette romance r'n'b  limpide qui fut un hit pour Sisters with Voices en 1992.

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Gros succès, cent fois mérité, et un bis:

'Better than' a broken-heartedness tune ne te donnant qu'une envie, celle de la serrer dans tes bras!

Gretchen Parlato: la female jazz voice du futur!

 

Brad Mehldau trio

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Depuis 1995, Brad Mehldau (piano), Larry Grenadier (bas), Jeff Ballard (drums)sont à la pointe du modern mainstream, combinant lyrisme exalté, créativité et virtuosité.

Le trio vient de sortir un nouvel album, 'Ode', encensé de New-York à Reykjavik, en passant par Kuala Lumpur.

L'arrogant pianiste de Jacksonville se mettra d'emblée une caste d'émules de David Newton à dos: NO pictures during the whole set !!!

Il adressera pour la première fois la parole ( en néerlandais châtié) au public gantois après le cinquième morceau, afin de présenter ses superbes accompagnateurs et de citer les longues plages jouées.

Avant cela, il restera distant, quelque peu dédaigneux, se concentrant sur son jeu ou  écoutant les échappées solitaires de Larry et de Jeff.

Lorsque la pièce s'achève, il se tourne vers la salle et d'un geste ample indique au peuple qu'il faut applaudir en n'oubliant pas ses compagnons d'arme.

 

 

 

'Dream Sketch' ouvre le récital, du jazz souple, inventif, un phrasé en staccato puis en legato, de multiples variations décorent l'esquisse, Larry régale les connaisseurs d'un premier solo racé, tout semble couler de source, le public, silencieux, communie.

'Unrequited' mélodieux comme du Michel Legrand, les 'vrais' spécialistes avanceront Art Tatum ou Oscar Peterson.

Cole Porter, la ballade ' I concentrate on you' puis 'Bittersweet' de Cedar Waldon, permettant à la contrebasse de batifoler avant une improvisation lisztienne du maître.

Tout cela est bien beau, magnifiquement joué mais, pourtant, tu ne peux réprimer deux ou trois bâillements, ni empêcher tes membres supérieurs de vouloir s'étirer, une voisine fait craquer ses articulations, une autre clôt les paupières pour se voir allongée sur une plage exotique admirant un éphèbe local, avec ce jazz,  propice à la langueur, en bruit de fond.

Nouvelle sonate,' Alone together et puis: 'Goeienavond, Gent, wij zijn heel blij hier te zijn' qui a réveillé la belle songeuse.

Une dernière romance à la Chopin avant de prendre la direction des coulisses.

DSC07914.JPG( Larry Grenadier- Scott Colley)

 

Gent debout!

Un bis aux couleurs latino pour changer de style!

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Jim Hall - Scott Colley duo.

Jim Hall: une légende vivante, l'incarnation de la formule 'less is more' , jamais une note de trop, finesse et silence sont ses armes.... peux-tu lire à droite et à gauche.

Vivante, ok, mais se déplaçant en chaise roulante et mené par une main bienveillante jusqu'au siège prévu pour son auguste fessier.

A ses côtés, son contrebassiste préféré, le grand ( à prendre dans tous les sens du qualificatif),  Scott Colley!

Il est 22h30', tu te dis que la place du vieillard n'est pas sur scène mais dans la chambre de la maison de repos où il vient d'ingurgiter 12 gélules de toutes les couleurs en les faisant passer avec une infusion de camomille.

Après un set de plus de 70' on saluera pourtant l'artiste, s'il ne dégaine plus aussi vite que Jesse James, il n'a pas perdu son doigté, ce qui amène un parallèle avec notre vétéran bien-aimé, Toots Thielemans, dont les phalanges arthrosées se refusent encore à manier la guitare.

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Gent, on commence  with a blues called ' Big blues' , puis le standard 'My funny Valentine'.

L'apport de Colley est essentiel, le géant habille la mélodie dépouillée et la transforme en élégante épure.

About a hummingbird, le brésilien ' Beija-Flor'.

Papy est lucide et fait preuve d'humour, avez-vous remarqué que Scott et moi fréquentons le même salon de coiffure?

'What is this thing called love' , this is Scott's tune, ajoute-t-il!

Avec New-York en toile de fond, ' All across the city', ballade que j'ai composée il y a 156 ans.

Un jeu te faisant penser à Joe Pass ou Herb Ellis.

Une improvisation bluesy/flamenco, it's a free piece, clame le brave Jim, mais c'est pas pour ça qu'on n'est pas payé.

Scott, que veux-tu jouer, menneke?

' All the things you are'  de Jerome Kern.

Good choice, kid!

Le duo termine par un Sonny Rollins adapté pour la guitare, 'St-Thomas'.

 

Bonne nuit, Gand!

Tu prévoyais de retrouver ton plumard vers minuit trente, c'était sans compter sur les travaux à Erpe-Mere, 45' de bouchon en pleine nuit!

Foutu pays!

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 07:02

Dans le cadre idyllique du parc du magnifique édifice de style Vlaamse Renaissance, le Château de Grand-Bigard, dont l'origine remonte au 12è siècle, se déroule les 4,5 et 6 juillet, à l'heure du déjeuner, la troisième édition du free mini- festival Boke Bijgaarden.

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Un temps radieux, un public allongé sur le gazon, à 12h30 on attend Mastercab, le band bruxellois qui inaugure le festival.

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Tu eus l'occasion d'assister à un show d' Elke Jacobs & Stan Nieuwenhuis lors du Bruksellive 2009, ils étaient alors flanqués d'un bassiste et d'un drummer, leur trip hop/ downbeat electro agréable se laissait écouter sans déplaisir, mais pas de quoi crier au génie non plus.

Depuis,  le duo a signé un deal  avec Sonic Angel et, après un single ( 'Strange'), a sorti un full CD fin 2011, 'Waterproof', produit par Jeroen Swinnen ( Daan, Novastar, Stash, Marie Warnant, Vive la Fête etc...).

Il sera 12h 40' lorsqu'un trio investira  le podium: Elke : guitare, vocals, percussions et Stan: vocals, keys, programming, trompette et une frêle bassiste/ vocaliste, Mieke Defraeye.

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'Skin' ouvre, relaxed, misty and soft electronica trempé dans un éther Ladyhawke, The xx, Delphics... nous ne citerons pas Radiohead comme le clament certains critiques!

DSC07841.JPGLe radiohit ' Harbor' au chant mixte, charme tout en s'immisçant perfidement dans les sillons de ton cortex.

C'est Alex Callier ( Hooverphonic) qui a produit 'Strange', le triphop  démarre par une séquence d'effets noisy avant de virer electropop catchy et hyper dansant, décoré d'esthétiques piques de trompette.

Pas étonnant que ce titre ait été repris sur la compilation ' De Afrekening 50' sortie en 2011.

Qui se souvient de Gala Rizzatto, alias Gala, qui en 1996 trônait en tête de tous les charts avec la rengaine house/disco intellectuelle, 'Freed from Desire'?

Nous avons emprunté et légèrement traficoté son ' Let a boy cry' , suppression des pulsions Le Carré by night et guitare saturée, chouette version!

L'ultime titre sur l'album, 'Simple' il sera habillé différemment: une trompette, des loops, quelques percus et une ligne de basse en sourdine.

Lente rengaine hantée, récitative, teintée d'electro/jazz à la Winston Tong, post Tuxedo Moon  mais proche de certains Depeche Mode aventureux.

Een liefdesliedje, annonce la blonde Elke.

Sujet: faire l'amour dans les champs: ' The art of coming'.

..I'm all over you, you're into me...pas de dessin!

Le bonheur est dans le pré, version langoureuse et carré blanc.

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'Home' hante à nouveau la veine downtempo, propice à la rêverie.

Tout le concert dégage malheureusement une sensation d'uniformité, de relative fadeur, tes papilles gustatives réclament impérieusement une dose de pili-pili, de tabasco ou de cayenne !

'It's up to us' sera le seul titre quelque peu animé, un petit indierock scandé.

Mastercab achève le gig avec ' Out of bed', peu d'adeptes de la bronzette ressentent l'envie d'une séance de gymnastique matinale et restent nonchalamment étendus sur la verte pelouse!

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Une dernière pintje avant de quitter Almaric de Bigard!

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 09:43

Jazz au Marché, du 27 avril au 1 juillet ( reprise fin août), le dimanche, des concerts-apéro place Gilson à côté de la Maison Communale de Watermael- Boitsfort.

Le marché dominical bat son plein, le vin coule à flot, avec le soleil, la plus villageoise des communes bruxelloises prend un petit air de Provence, sur la terrasse  Spirit of the 70's peaufine le soundcheck.

Kick off à 13h, braves gens!

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Un ou deux ballons d'un Moselle sec avant de rejoindre, flanqué de ton frangin sentant la lavande, l'esplanade où se presse une foule carburant au Pastis, Bordeaux, vin de messe ou pintje plébéienne.

T'as déjà repéré quelques dangereux clients: Pipou, le Strobbe, Jean- Marie et, en moins de deux, ton brother s'est fait un copain au gosier en pente, une cadence combat sera d'application.

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DSC07786.JPGPour couronner le tout, les Spirit of the 70's, c à d, Wim Hombergen  ( ex-Klepto e.a.), chant, guitare- Olivier Decoene, alias Loli, chant, guitare ( Bluesdealers- De Luxe..) - Alain Goutier, alias Socrate, basse (Cos, Blaine L Reininger, Arno...) et Philippe Mobers, batterie ( Maurane, Sttellla, Axelle Red, Marka...), donnent le bon exemple avec le prometteur ' Two more bottles of wine' ( par personne, tu comprends) de Delbert McClinton.

Une intro soignée de l'aris(t)ocrate  de la quatre cordes, Loli au chant, l'immortel 'A horse with no name' d'America, le philosophe est couché sur son instrument, Wim soliloque, Boitsfort boit du petit lait ( avec de la mousse).

Moby avale une sixième anisette, Loli nous fait la leçon, c'est pas Joe Cocker qui a composé ce morceau de saison, 'Summer in the city' , mais bien Mark Sebastian, le  frérot de John Sebastian des Lovin Spoonful.

Puis, trois voix harmonieuses s'attèlent à rendre impeccablement 'Helplessly hoping' de CSDSC07789.JPG &N.

Copie certifiée conforme par Sotheby's.

Bluestime avec 'Nobody's fault but mine' de Blind Willie Johnson.

Loli ramasse un bâton de sorcier Iroquois ou Cheyenne, le secoue pour implorer la pluie, un quidam le traite de fou, la basse part en balade, tous en piste pour 'Riders on the storm'.

Gaffe, les enfants,.. there's a killer on the road...

 Version tempétueuse!

Loli a composé 'Royal Eagle', titre sonnant Eagles.

 Bien haut dans les cieux, un nuage s'éventre, il pleut!

Calamité, Jeanne!

A l'abri sous la tonnelle, les esprits n'ont rien remarqué.

The Band' The weight', imposant!

CS & N' Love the one you're with' indique Decoene, mais c'est bien Stills qui a écrit le morceau et l'a enregistré en 1970, plus tard il sera  repris sur le quadruple  live ' 4 Way Street' .

Quelqu'un là-haut a décidé de jouer au trouble- fête: rain, rain, rain..

Fin du premier set avec Eric Clapton et 'Lay down Sally', sprint nerveux de Wim et solo de drums.

Pas terrible, Mob, tu peux mieux, gamin, t'es pas encore chaud, bois un petit Pastis et refais nous ça..

Ainsi fut fait!

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A boire!

 

Set 2

DSC07811.JPGCCR ' Midnight Special', comme toujours avec la SNCB, les problèmes s'accumulent, le machiniste, pris d'une crise de fou rire, se voit obliger d'arrêter la machine, les voyageurs ont l'habitude, ne s'énervent pas trop, après un nouveau départ, le tortillard reprend les rails, l'astre solaire luit à nouveau.

'Suite Judy Blue Eyes', les pochards n'ont pas vu les magnifiques yeux bleus de Judy, la suite est d'ordre liquide, un gars collectionne la vaisselle réutilisable, il a réussi à  empiler 25 récipients plastifiés dans la poche de sa chemise de bûcheron, la tour penchée le dépasse de quinze centimètres, ce qui ne l'empêche pas d'entamer une danse originale avec une créature au sexe indéterminé.

Beuverie pathologique digne de James Ensor!

The Band bis: ' Up on Cripple Creek', ensuite  le sophiste au chant pour le soultrack de Grand Funk Railroad ' Some kind of wonderful'.

Les harmonies vocales à l'honneur, les Byrds ' Eight Miles High', ça plane pour moi, se dit le champion du Pernod!

Les Stones, la perle ' Dead Flowers' .

T'as un problème, Mob?

Ai démoli une caisse claire, les gars.

Ouah, comme les Wouh en 1965!

Les quoi?

Les Wouh avec Keith le lunaire, gars!

'Hang on Sloopy', 1965 aussi, the McCoys, ton frangin venait de célébrer sa communion solennelle!

Vietnam War Music: ' Run through the jungle' le Creedence!

Petit harmonica aux couleurs Vietcong.

Un blues pas trop connu, composé par Carole King : ' Smackwater Jack' .

'Tapestry' un des tous grands albums des seventies!

 

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'Ohio'

D'Adjani?

Non, de Mireille Mathieu!

La suivante se nomme 'Prout Marie', mon cher Marcel.

Une jeune fille en fleur?

Non, la cousine d'Annie Cordy, encore vierge à l'époque.

Le spectacle est au bar, un gars s'attaque au record du monde détenu par Horst Trauberman, 35 ans, 128 kilos: 50 litres de bière en 4' 56" 20 centièmes.

Pas de bol le chronomètre est tombé en panne!

Dernier chapitre, on ira tous au paradis,' Key to the Highway', station de péage à 200 mètres, préparez la monnaie!

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Bis

' Hoochie Coochie Man', à la slide, il est 15h30', on passe à table?

Non, encore une: 'After Midnight' !

..We're gonna give an exhibition...

Effectivement!

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