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  • : Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 21:27

Fred Zamp, qui avait assisté au gig de Clare & the Reasons, m'avait confirmé tout le bien que collega Lio pensait du Grand Salon. Il ajoute: viens tôt pour te trouver au plus près de l'artiste.

Nous suivîmes ses judicieux conseils et vîmes, en effet, un salon 'hotel lounge' d'une autre époque, style Metropole ou Hôtel du Palais à Biarritz (il ne manquait que le Spa pour compléter la touche Reine Victoria). Tu prends place à côté d'accortes jeunes personnes et tu attends Emilie Jeanne-Sophie Welti Hunger et son band.

Un mot résumera cette fabuleuse soirée, Miss Hunger ne nous a pas laissés sur notre faim, un récital somptueux, rien ne manquait: apéritif à bulles, repas fin et pour conclure digestif(s) à volonté: la totale!

Sophie Hunger

Berne/Zurich, 2 albums, le dernier 'Monday's Ghost' 2008. Le secret le mieux gardé de Suisse se dévoile.
A 20:15, la jeune dame intimidée, petite robe rouge, prend place sur un haut tabouret. Quelques accords de guitare, elle interrompt soudain son introduction, gênée par un photographe intempestif, couché à 36cm d'elle, elle le prie d'aller cliquer Madonna ou Bruni/Sarkozy et reprend 'Travelogue', accords limpides, timbre Suzanne Vega, du folk délicat.

Entrée du band: le petit nouveau, Simon Gerber: basse,contrebasse - Julian Sartorius: batterie, percus et glockenspiel - le grandiose Michael Flury: trombone, glockenspiel et aux guitares, flûtes, piano: Christian Prader.
Ces quatre virtuoses assurant des backings distingués. 'Shape' minimaliste et profond à la fois. Haunting trombone en background, basse et percussions sobres, Julian battant des mains pour accompagner le chant léger de Miss Hunger. 'Drainpipes' voit Christian s'attabler au piano, le trombone de Michael colorant le thème d'une pointe jazzy, le chant se fait halluciné, l'instrumentation agitée: fascinant!



'Boat is full' une flûte pour ce female rock nerveux. Le bateau est plein: on ferme la frontière Suisse, s'exclame un politicien ultra-nationaliste (Dedecker/ Filip Dewinter helvète).
Une nouvelle chanson 'Mr Shades', groovy avec glockenspiel fluet. Des arrangements et une intonation Joni Mitchell, avec de belles envolées du cuivre.
'House of Gods' une ballade slowtempo.
'Market Place' que Sophie entame seule au piano ... She's so ugly... Qui? Un trombone aux effluves end of the night vient accompagner ce jazz fragile.'Walzer für Niemand' en dialecte alémanique. Une versalité étonnante et magique. Un titre lent, poétique, précieux. Nous tombons amoureux, le charme de son univers folk/ jazz/ soul agit de manière contagieuse, le public boit à ses lèvres.


'Spiegelbild' (avec S Eicher sur l'album) l'allemand rocailleux mêlé au français suave: une étonnante palette musicale d'une richesse inouïe, alors que la Zurichoise n'a que 26 ans. Tu penses à Madeleine Peyroux, Leonard Cohen, Jeff Buckley ou même, à Tom Waits...



Nous ne sommes pas au terme de nos surprises, ni de notre émerveillement: une formidable version de 'Le vent l'emportera', nous laissant des larmes dans les yeux.
'Birthday' décoré de lignes d'harmonica charmeur.

L'artiste nous présente son band en français, teinté d'une charmante pointe d'accent Suisse. 'Round and Round' un rock énergique. Suivi d'une longue intro, faite de bruitages percussifs sur fond de basse frappée du plat de la main: 'City Lights'. Encore un nouveau titre impressionnant. Dix bonnes secondes s'écoulent, avant que nous osions rompre le silence pour applaudir.
Pour mettre un terme au concert: le chef d'oeuvre: 'Rise and Fall'! Une symphonie entamée au piano, Michael en vocaliste russe... daï daï daï ....., suivi d'un chant choral somptueux, que les garçons entament, rassemblés au milieu de la scène. D'un classicisme souverain, le titre serait inspiré par une nouvelle de Johan Peter Hebel, poète suisse du 18è/ 19è siècle, encensé par Heidegger.


65' radieuses, émouvantes, magiques.
Public debout, musiciens heureux...

Bis
'Hotel Belfort' titre plus ancien, qu'elle joue seule à l'acoustique. Pas contente des sonorités, elle débranche l'électricité, éloigne le micro et continue en version nue. Communion totale avec la salle.
'Monday's Ghost' titre de l'album, joué à trois. Une flûte champêtre, un piano discret, soudain un break, la composition explose, une furia slave, avant le retour au calme ... Bring me back to your frontdoor... Magistral!

Once upon a time you dressed so fine You threw the bums a dime... hé, on connaît, mais bien sûr 'Like a Rolling Stone' Dylan. Une version coup de poing. Triomphe!
Non, ils ne partent pas! Bis 4: ' D'Red' une ballade au piano, citant en Zurichois élégant .. Rosa, Matrozen, immer neue ...
Elle nous quitte, on se rhabille, le band se ravise, un cinquième encore: 'Tell the Moon'. Sophie se tourne vers la partie du public ayant admiré son dos pendant tout le show. Aucune amplification, une contrebasse mélancolique, des harmonies célestes, un trombone charmeur ... very, very close to heaven ... chante-t-elle, mais non, baby, c'était le paradis!
Du jamais vu un sixième morceau, une claque phénoménale, ridiculisant les Duffy, Adele, Joss Stone et consoeurs: 'Ruler of my heart', immortalisé par Irma Thomas. Un soul/ blues grandiose, chanté d'une voix impeccable.
Simply gorgeous!

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