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  • : Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 12:32
Le Blue Note Festival a changé de nom et est devenu le 'Gent Jazz Festival'.
Du 10 au 20 juillet, sur le site estudiantin du Bijloke, des grands noms se succèdent.
Pour l'ouverture Mr HERBIE HANCOCK au programme.

19:00 Pascal Mohy Trio

Vainqueur du Django d'Or 'Jeune Talent' 2007 et donc sur la scène gantoise en 2008.

Pascal Mohy : 27 ans (Liège), piano. Elève d'Eric Legnini. Accompagnateur de Mélanie De Biasio, membre de Now and Then, il joue sous son nom en quartet (avec Quentin Liégeois notamment) ou en trio.

Ce soir, la formule trio : aux drums : Lionel Beuvens (Charleroi), il bat les cymbales dans une quinzaine de formations (Steven Delannoye Trio, Rackham, Peter Hertmans quartet e.a.) et à la contrebasse : Boris Schmidt(Luxembourg), vu il y a peu avec Pierre de Surgères.

Du jazz d'un classicisme lyrique, un piano école 'Bill Evans'. Deux compositions de Pascal entament le set 'Sisha Bleu'(? ?) et 'Jojo'. Un classique, 'Just in Time' pour suivre.
Le chapiteau est loin d'être bourré, mais le public écoute et apprécie. Le trio est soudé et mélodique. Le background classique de Pascal saute aux yeux et ravit les tympans, un touché délicat.
Une nouvelle compo, pas de titre, entre nous on l'appelle 'la Polka'. Boris a droit à un solo précieux.
Sa contrebasse introduit le next tune. Lorsque piano et batterie embrayent, le machin vire bossa nova. Nouvelle accélération, le piano part en voltige. Le trapéziste a réussi son saut périlleux et la contrebasse reprend le devant. Quelques coups de balais secs sur les toms : drum solo... T'énerve pas Lionel, le piano reprend le thème initial et le cheval regagne l'écurie.
Duke Ellington 'Tribute to a kiss' Quelques flashes... fin de nuit à Harlem ou Manhattan, une cigarette rougeoyante se consume dans un cendrier, volutes de fumée... Lauren Bacall, jupe fendue, assise sur un barstool, ignorant les quelques rescapés de la nuit, fait tourner les glaçons dans son dry Martini. Et le band qui joue un slow tune.
'Hallucination' Bud Powell, du rythme. Miss Lucy Nation swingue, Erwin.
Boris est à la fête pour ce dernier titre.
50' : sobriété et efficacité.
Bon set.

Pendant les temps morts, on nous dévoile les gagnants des Djangos 2008. Jeune talent : Robin Verheyen. Talent confirmé : Dré Pallemaerts -Muse de la Sabam, présidé par un Paul Louka pathétique : Jean-Pol Schroeder.
Toutes ces cérémonies, c'est bien beau, mais tu te tournes les pouces en attendant la suite du programme.

Pierre Van Dormael Quartet (il est 20:35)

Django d'Or talent confirmé 2007.

Frère de Jaco, 'Toto le Héros'.

Né en 1952 à Uccle, un guitariste (au look Francis Cabrel) racé. Aussi à l'aise dans le jazz, que le rock ou la pop. Co-fondateur de 'l'Ame des Poètes'. Des duos avec Kevin Mulligan, Philippe Catherine, Marc Lelangue etc... (Palmares de 25 pages).

Seconde guitare acoustique : Hervé Samb (un fascinant Sénégalais, devenu Titi). Les connaisseurs se l'arrachent : Amadou&Mariam, Meshell Ndegeocello. Ce soir, il accompagne son prof du conservatoire de Dakar. Contrebasse, la grande Lara Rosseel -David Broeders : batterie.
Le quartet nous servira 55' de Brazilian jazz distingué.
Un hic : aucun contact avec le public. Les musiciens ne sont pas présentés, aucun titre annoncé, pas un regard vers la salle... le maître vit pour sa musique, les profanes... on s'en fout!
Après 4 morceaux, plusieurs spectateurs se dirigent vers les échoppes à boisson. L'appel de la Duvel est plus fort que les échos du fleuve Amazone.
Et pourtant on a à faire à 2 virtuoses de la 6 cordes. Toquinho, Baden Powell, Chico Buarque, Paulinho Nogueira... une musique sensuelle, inspirée. Un trip exotique au pays des Cariocas.

Trop de beauté nuit... on eut aimé piroguer sur un fleuve aux eaux plus agitées.

A écouter en sirotant une caipirinha...

Lionel Loueke 22:35'

Membre du backing band d'Herbie Hancock.
Fantastique guitariste, originaire du Bénin. Admirateur de Fela Kuti. Part étudier en Côte d'Ivoire, quitte l'Afrique en 1994 : études à Paris et ensuite à Berklee où il joue avec Wayne Shorter et Herbie Hancock. Plus rien ne peut l'arrêter. Un album 'Karibu' sort sur Blue Note.
Pendant 1/2h il nous en jouera 3 compositions formidables.

Il s'accompagne d'une guitare acoustique (Godin) et en tire, grâce à ses effect pedals, des sons étourdissants. Son registre vocal, transformé par chambre d'échos, est tout aussi stupéfiant.


Il y a du Zap Mama dans son approche de l'African Roots Music.
Seul sur scène, tu as l'impression d'entendre 3 musiciens(basse, guitare, percussions). Il caresse, puis bat ou pince ses cordes tout en vocalisant d'une voix de falsetto qui se transforme soudain en baryton. Quelques claquements de langue percussifs agrémentent un jeu de 6 cordes, digne d'un Larry Coryell. Ce mec a le don de se multiplier sur scène, il tire plus vite que Lucky Luke ou Jesse James et tu es incapable de suivre ses doigts sur sa Godin. Une dextérité à rendre Alvin Lee jaloux.
Le public, salle comble maintenant, ne s'y trompe pas et hurle de joie.
Le dernier hymne débute par des rugissements de lion, ayant aperçu une gazelle dans la savane. Effrayant, heureusement la guitare se fait frétillante, avant que de nouveaux hurlements n'annoncent le carnage. Quelques singes moqueurs participent au festin, le livre de la jungle in Gent...
La guitare tourne en loops, et Lionel, réincarné en hyène, nous invite à l'imiter en tapant des mains, pendant qu'il poussse des aïe, ouh ooh stridents. Le fleuve Niger a remplacé de Schelde.
Fin du set, public debout. Lionel Loueke : un grand Monsieur!

Nouvelle attente...

23:25 HERBIE HANCOCK.

Un des pères de la Jazz Fusion.
Sans lui, pas de Prince ou de jazz rock. Plus de 50 albums depuis 1962 : une paille.

Ce soir, pour le 'the river of possibilities tour', un band immense.

Drums : Vinnie Colaiuta, le drummer de Frank Zappa-Guitares : Lionel Lokoue -sax : Chris Potter, une pointure, born in Chicago - Basse électrique et contrebasse : Dave Holland, un régal.
Et deux chanteuses exceptionnelles : Amy Keys et Sonya Kitchell.
Le maître jouant du piano, claviers, synthé et, arrangeant les morceaux à sa sauce.
Une petite intro au piano et on lance 'Actual Proof', un instrumental.
Un son gros comme l'Empire State Building, un keyboard funky à souhait.
Du groove faisant trembler chaque pierre du Gravensteen. La machine de guerre est en route, rien ne pourra la stopper. Chaque musicien t'enfile un solo juteux , la palme à Vinnie, véritablement déchaîné.
Ce n'est qu'un début!Herbie après s'être foutu des photographes, qui avaient le droit de le mitrailler pendant 10', nous présente les ladies. Amy la black et Sonya, la blonde.
'River' tiré de l'album hommage à Joni Mitchell, grammy award en 2008.

Le sax de Monsieur Potter gambade, la voix chaude et sensuelle de Sonya te balade sur les méandres du fleuve, un nappé de claviers suit le courant. Grâce et sensualité. 'All I want' another Joni Mitchell. Le titre se termine en tornade.

On n' est pas revenu de nos surprises. Une bombe blues 'When love comes to town'. Ouais le truc repris par U2 et BB King. Une slide gluante, Amy aux vocals collants. Une version tornade. La guitare répond à la voix, des riffs boulets de canon. Le public est debout et ne se tient plus.
Trou Normand : Herbie a décidé de calmer les esprits, un piano jazzy avant une dernière salve de guitare, qui déchire un max. Bono a décidé de prendre sa pension.
Ils s'en vont tous, laissant le Dave tout seul avec sa contrebasse. Une improvisation magistrale de 8'. Mr Holland concentré, il a entendu des voix divines et ses doigts traduisent le message en tricotant des arpèges sur l'instrument. Un solo d'anthologie.

Le maestro rapplique avec ses copains. Une obsédante composition funky de 20', les musiciens multiplient les petits soli. Ils maîtrisent leur art à la perfection. Personne ne tire la couverture, ils sont tous au sommet.

Puissance et pureté. Dentelle et travaux au bulldozer. Volupté et hargne. Un arc en ciel d'émotions. Clelia ne tient plus en place... 't'as vu le batteur... ce sax va me tuer... Je ne puis qu'opiner du bonnet.

The girls are back : 'A song for You' de Leon Russell.
Amy nous donne la chair de poule. 'I've been so many places in my life and time I've sung a lot of songs... Le groupe fournit un accompagnement d'un classicisme parfait et Miss Keys laisse parler son âme... 'we were alone and I was singing this song for you'. Des larmes aux yeux.
Un impromptu au piano. Grandiloquence et technique. Herbie Beethoven s'amuse, mais quand les potes le rejoignent, changement de direction. Le public a compris 'Chameleon'. La version de 1973 sur Headhunters fait plus de 15'.
La version 2008 ne fait pas grise mine. Un sax magistral, une wah wah tonitruante, des claviers dansants. L'âge n'a aucune prise sur Herbie. Délire dans la salle, transformée en disco moite.
Ce devait être la fin, mais on aura droit au dessert.
L'artiste quitte son siège et ses claviers et, revient avec un light Keytar. Nouvel hymne funky. Sax et keytar engagent un dialogue sulfureux et groovy sur une rythmique en ciment. Qui va craquer? Le blower ou le gars qui ressemble de plus en plus à Ray Charles?
Match nul.
Game over. Un vainqueur : le public hystérique, réclamant un nouvel encore.
La voix en coulisse de Mr Hancock annonce : it's one o'clock, time to go to bed. Goodnight.

Goodnight, Herbie!

D'autres photos disponibles sur le site de Bruno Bollaert.

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commentaires

michel 04/09/2008 16:38

Le jazz belge en deuil.Nous venons d'apprendre le décès de Pierre Van Dormael.Déjà à Gand ,il était malade ,nous l'ignorions.

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