Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des critiques de concerts
  • : Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
  • Contact

Les prochaines...

Recherche

12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 14:50
Album - The Druids of Stonehenge - Resurrection

 Album - The Druids of Stonehenge - Resurrection

New York, 1965 , des gamins ( moyenne d'âge 17 ans) forment The Druids, ils se nomment  Dave Budge on lead vocals, Carl Hauser et Billy Tracy - guitars, Tim Workman - bass, et Steve Tindall  drums.

On les fourre dans un studio à Manhattan, les gosses  enregistrent une flopée de titres, rien que des covers de gens respectables ( Bo Diddley, Screamin Jay Hawkins, Ben E King...), ces sessions ne se retrouvent pas sur disque à l'époque, le label Sundazed les publient en 2013.

Au cours d'histoire, on leur cause de Stonehenge, le  monument mégalithique de type sarsen , et de la théorie selon laquelle des druides auraient érigé l'alignement, qui devient donc un temple pour certains historiens n'ayant pas peur des hypothèses farfelues.

En fan des groupes anglais ayant viré psychédélique en ces temps ( pas ceux de la préhistoire, fieu, les mid -sixties) ils rebaptisent le groupe en The Druids of Stonehenge et dans la foulée élaborent l'album 'Creation' ;

Chéris-le si tu possèdes le vinyle, c'est une rareté, les ventes par contre n'ont jamais décollé, pourtant ce bel exemplaire de garage psychédélique contient quelques pépites!

1969, les druides se suicident, l'aventure expire.

2017, David Budge lors d'une crise de nostalgie, décide de reformer la clique des prêtres celtes,  il contacte Carl Hauser et Billy Cross, un guitariste ayant été membre du band de Bob Dylan de 1977 à 1979, et c'est reparti pour un tour de manège.

Le trio sort un album, ' Resurrection', qui n'est paru que chez l'Oncle Sam et l' Uncle Ben's qui vient de changer d'identité pour d'obscures raisons, Skyfire Records a eu l'excellente idée de proposer a re-issue de l'objet ( only blues covers)  désormais disponible dans notre vieille Europe.

Tracks-


1 Strong Man Holler
2 Shotgun Blues
3 Just to Be with You
4 Nobody's Fault But Mine
5 She's Got My Nose Open
6 Superstitious Blues
7 What a Woman (Commit a Crime)
8 Jumper on the Line
9 Born to Die
10 Hellhound

Credits-

 
David Budge on vocals, Billy Cross on lead guitar, CJ Hauser on bass, Roger Kahn on drums and Magic Kramer on organ/keys.    Sometimes Hauser or Magic Kramer switches to rhythm or acoustic guitar, Deborah Dobkin is on percussion and backing vocals vary with band members and Maria “MJ” Hauser.  Milt Reder appears on guitar and Esben Just appears once on keys, too.

 

 "Strong Man Holler" est de la plume de Taj Mahal et s'entend sur l'album de 2008, ' Maestro', le fils de Muddy Waters, Big Bill Morganfield, a lui aussi enregistré ce blues sentant le Mississippi à plein nez.

La version des Druides, bourrée de slide meurtrière et chantée d'un timbre de baryton semblant surgir d'une grotte préhistorique, ne fait pas honte à l'original.

Du blues comme on l'aime.

' Shotgun blues' , non, il ne s'agit pas du morceau vindicatif élucubré par Axl Rose mais bien du classique, né de la plume de Lightnin' Hopkins , un  blues syncopé convenant particulièrement au timbre grognon et passablement déformé de Mr Budge.

Quant au thème, il est similaire à celui du fameux 'Hey Joe', magnifié par Jimi Hendrix.

C'est con mais en ces temps où les femmes manifestent, à raison, contre les féminicides, ce titre risque de ne pas plaire aux membres du collectif  #NousToutes
Par contre les guitares huileuses peuvent séduire les amateurs de Kenny Wayne Shepherd, Dr Feelgood, ou de B B King , ils ont tous repris ce manifeste à leur répertoire.

The song 'Just to Be with You' was written by Bernard Roth and was first recorded and released by Muddy Waters in 1956....  d'autres bluesmen légendaires l'ont enregistrée, Magic Slim, le Butterfield Bluesband, les Blasters, e a...

Une introduction à l'acoustique avec en sourdine une slide qui pleure, précède le chant décontracté du leader, dont les intonations évoquent  le délirant Screamin' Jay Hawkins. 

Après ce slowblues vient 'Nobody's Fault But Mine' ( Blind Willie Johnson), les New-Yorkais optent pour une mise en bouche au piano à la Leon Russell, une voix décomplexée et des choeurs féminins en mode gospel.

 

Fats qui passait dans le coin s'est mis à siffloter avant de lancer ... Nice.
 
Une slide acoustique des plus élégantes amorce 'She’s Got My Nose Open', titre qui a été enregistré en 1957 par “Tye Tongue” Hanley, le groupe a voulu interpréter le morceau à la manière de James Cotton, qui a volontairement ralenti le tempo, les Druids ont voulu insister sur le côté ironique des lyrics, avec en backing des choeurs masculins divertissants.
 
' Superstitious Blues' est attribué à Willie Dixon, le titre, un slow blues,  a été enregistré sous l'intitulé "I Ain't Superstitious" par Howlin Wolf en 1961. 
Willie Dixon avoue s'être inspiré de Lonnie Johnson, de Bessie Jackson, Hattie Burleson et Washboard Sam pour la confection.
 
Avec en arrière-plan des percussions latino, cette rumba doit beaucoup au jeu de guitare, sous influence Santana, un piano cubain s'invitant au passage pour intensifier le côté cigares et filles bien roulées.
 
Euh, gaffe aux chats noirs, et évite de passer le balai à la tombée de la nuit! 
 
 ' What A Woman! (AKA Commit A Crime)' de  Howlin' Wolf  vient ensuite.
Tu les connais les histoires malheureuses des poor bluesmen et de leurs nanas, capables de les empoisonner, ou de quitter le foyer en emportant tout, sauf les factures.. tu peux  facilement comprendre les idées assassines traversant le cerveau de ces innocentes victimes de la fourberie féminine.
Piano sautillant, guitare scintillante et rythmique groovy, si ça balance pas mal à Paris, c'est encore dix fois mieux du côté des pierres suspendues. 
' Jumper on the line' de RL Burnside reçoit un traitement cool, à la JJ Cale,  tout en  adoptant la manière de chanter de Mick Jagger.
 
Blind Willie McTell tient à bous rappeler que nous sommes nés pour crever, 'Born to Die'. 
Pour que l'issue fatale n'arrive pas trop vite, les Druids nous la jouent au ralenti, en confessant s'être basé sur 'You Got to Move' dans la version des Stones.
 
'Hellhound' ( on my trail)  de  Robert Johnson nous mène au terme du trip.
Putain de mauvais sort, ce chien maudit m'a flanqué les boules.
Quand le Delta Blues rencontre les esprits Voodoo, ça fait des étincelles, remember ' Sympathy for the Devil'  de Mick Jagger/ Keith Richards.
Ici, encore, la voix du leader impressionne, au croisement de celle, raspy à souhait,  de John Fogerty  et du timbre déjà mentionné de l'habité Screamin' Jay Hawkins.
 
Si cet album est souvent considéré comme un exercice de style joué par des revenants, il n'en reste pas  moins un fameux hommage au blues.
 
Aux dernières nouvelles les Druids of Stonehenge doivent sortir un nouvel album ( with original songs),  'American Ghosts', dans le courant de cette année.

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

Articles RÉCents