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13 décembre 2019 5 13 /12 /décembre /2019 13:54
Thomas Howard Memorial - album Bonaventura

Thomas Howard Memorial - album  'Bonaventura'

 

On sait, tu la connais l'histoire de Jesse James, t'as vu le long-métrage The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford, Jesse had been living as “Thomas Howard” with his wife and children in St. Joseph quand Bob Ford, un nouveau membre du gang, le descend froidement pour toucher la prime.

Donc, Thomas Howard, alias Jesse James, n'est  plus de ce monde, mais quelque part dans les Côtes-d'Armor, il existe un Thomas Howard Memorial, né en 2010, auteur de trois EP's et de l'album ' In Lake', sorti en 2016.

Tu les as croisés à La Grande Ourse de Saint-Agathon en octobre et tu savais que quelque chose se préparait, un second full album.

Après un passage en Lituanie pour presser le substrat composé de polycarbonate et d'une pellicule métallique, recouverte d'une couche de laque, ils sont revenus avec un stock de 'Bonaventura', un objet doté d'une pochette pas banale, dans laquelle ils ont glissé un livret bourré de clichés artistiques, à la beauté formelle approchant les images d'Helmut Newton.

Pardon?

Non, ils ne sont pas en costume d'Adam.

 Officiellement  'Bonaventura' sort fin janvier, un exemplaire est tombé du camion, tu l'as ramassé et écouté.

Tracks:

Tunnel / Let it glow/ Revolution/ Storm/ The way/ Feel Alright/ John/ The call/ Irma's Death Toll/ The new told lies/ Clint/Bonaventura/ Out.

Band members:

Yann OLLIVIER: Voice, guitar |
Elouan JEGAT: Guitar, keyboards, voice |
Vincent ROUDAUT: Bass guitar, keyboards |
Thomas KERBRAT: Drums

 

Fait obscur dans le 'Tunnel'  , tes yeux ne distinguent que dalle, tes pavillons auditifs, par contre, perçoivent des crissements, des grincements à peine perceptibles, un train?

Non, ça vrombit, puis bourdonne, une note revient sans cesse, le grondement gonfle, t'entends comme une sirène, un liquide semble sortir d'un enfoncement sinueux,  l'angoisse s'empare de toi, tes sens sont aux aguets, te voilà hypnotisé comme la première fois où tu as entendu ' Astronomy Domine' du Floyd. 

Cela dure près de quatre minutes, c'est long dans le noir, puis une petite musique vient te tirer de ton état de torpeur.

A la lueur du jour ils amorcent  ' Let it glow', une plage atmosphérique, planante à souhait, un trip psychédélique se rapprochant des derniers efforts de Thom Yorke ( écoute ' Has ended).

 "You say you want a revolution

Well, you know

We all want to change the world

You tell me that it's evolution

Well, you know

We all want to change the world";

La ' Revolution' de THM, portée par une basse post punk et un chant voilé,  est moins directe que le titre de 1968 des Fab Four, mais certainement pas moins subversive, les amateurs de broderie fine seront séduits par l'envolée d'Elouan, ceux qui ne jurent que par le surf rock ou le spaghetti western guitar sound ne sont pas oubliés.

Après un interlude baptisé ' Storm' vient ' The Way', une ballade éthérée dont le clip a été tourné dans les Monts d'Arrée.

Le feutré ' Feel Alright',  un titre bilingue, a eu le don de voir  ta conjugale interrompre sa lecture, elle a tendu l'oreille, a murmuré ' c'est beau, c'est qui?'.

T'as failli répondre Kendji Girac, tu t'es abstenu, elle pique une crise à chaque fois que Radio Océane diffuse son ' Andalouse', de toute façon elle préfère la Béarnaise, donc tu as décliné l'identité du quartet de Guingamp.

'John', précédé d'une longue intro,  dont les tonalités rappellent le vibraphone de Milt Jackson, change brutalement de cap lorsque la guitare part en larsen, le vibra tente une nouvelle percée mais ce sont les guitares qui gouvernent, oh, pas question de brutalité, de hardcore, les ambiances restent ouatées, elles sont propices à la méditation.

Cet instrumental pourrait servir de bande son  à Luc Besson, si il lui vient l'idée de proposer une suite au Grand Bleu.

Tu avais déjà eu l'occasion d'entendre 'The Call' lors du concert à Saint-Agathon, cette valse les rapproche plus d'Air que d 'André Rieu.

2017,  Hurricane Irma devastates the heart of Cuba, le  ' Irma's death toll' se chiffre à 129 victimes,

mis en musique, cela donne une plage brumeuse empreinte de mélancolie et de pudeur.

Un grand morceau suivi par le requiem progrock, ' The new told lies',  proche de l'univers de Porcupine Tree.

Une nouvelle pièce instrumentale ( 'Clint') , longue de près de trois minutes,  évoque forcément celui qui a incarné Dirty Harry, mais les climats engendrés par les guitares, la rythmique et les effets venteux, peuvent faire penser à Chris Isaak.

Si les pièces précédentes ne peuvent être considérées ni comme des amuse-bouches, ni comme un hors-d'oeuvre ( copieux!), le plat de résistance donne son nom à la plaque ' Bonaventura'.

Nous voilà dans un terreau apprécié par des gens aussi disparates que Calexico, 16 Horsepower, Robert Wyatt ou, même, Jean Rondeau.

L'épilogue a reçu l'étiquette ' Out', il mélange astucieusement le psychédélique et l'industriel et ravira, à la fois, les adeptes de  Einstürzende Neubauten et ceux de Sonic Youth, mais aussi  celui qui s'endort en écoutant ' Careful With That Axe Eugene'.

Un grand album, loin du mainstream!

 

 

Le 31 janvier à Bonjour Minuit, Saint-Brieuc!

 

 

 

 



 

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