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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 13:43
Nuit saharienne avec Terakaft et Idirad à la Jazz Station- Saint-Josse, le 25 novembre 2016

Nuit saharienne avec Terakaft et Idirad à la Jazz Station- Saint-Josse, le 25 novembre 2016

 

 

Charles Eloy.

 

 

La Jazz Station, Centre Vivant du Jazz est connue pour la qualité de sa programmation éclectique et son ouverture à d'autres expressions musicales.

 

Ce soir, La Jazz Station accueille l' ASBL touarègue "Toufouk Ténéré" (Soleil du désert), apportant son soutien aux populations sahariennes du nord Niger, et qui nous a concocté une affiche exceptionnelle avec les groupes IDIRAD et TERAKAFT.

 

 

Le trio Idirad débute la soirée.

 

Les séjours du groupe à Tamanrasset, ville traversée pour une route transsaharienne, ont inspiré la chanson "Amidini". Nous écoutons les sonorités de musique touarègue mélancolique, mais chaleureuse qui parsèment la composition. Dès la première chanson, le public accompagne, entraîné par les pulsations rythmiques du percussionniste kabyle Mourad Mouheb (derbouka, bendir, cajun) qui n'hésite pas à enrichir les rythmes de sa région natale avec des polyrythmiques africains complexes.

 

Idirad, le groupe autour d' Idir Aït Dahmane, auteur-compositeur, chanteur, guitariste, à la mandole kabyle), basé à Bruxelles, reprend la scène après une interruption de deux ans. Il n'est pas passé inaperçu à l'étranger avec une chronique de son premier album "ZIK" dans le magazine digital "World Music Central", une des références majeures aux États-Unis.

 

Idir Aït Dahmane, auteur-compositeur, chanteur a quitté les paysages montagneux de la Kabylie pour parcourir l'Europe et s'installer en Belgique. Azul (traduction française: bonjour) signifie la bienvenue à la famille, les amis et les étrangers. C'est également le titre d'une chanson qui invite à partager la fête er les spectateurs présents au concert ne s'en privent pas.

 

La chanson "Rose du désert", dans laquelle la musique traditionnelle et la modernité s'entretissent, est un exemple de l'ingéniosité du groupe. Nous retrouvons des éléments de la chanson française, du folk et de l'afro-beat. Cette chanson est un hommage aux femmes et mères qui ont transmis la culture amazighe (berbère) de génération en génération et dégage des émotions semblables à celles du conte poétique et philosophique d' Antoine de Saint-Exupéry.

 

Le groupe Idirad a forgé sa propre identité avec un fil conducteur reprenant les influences de la musique traditionnelle berbère, le slam en français, les soli de guitares hypnotiques touaregs, l'énergie du rock, le feeling du blues et la transe du gnawa (un style de musique d'origine marocaine).

 

 

Je profite de la pause pour admirer le cadre de la Jazz Station. La salle de concerts, déguisée en club permet de boire un verre tout en étant immergé dans la musique et je découvre l'architecture de style néo-Renaissance flamande de la Jazz Station, une ancienne gare désaffectée, construite sur des passerelles.

 

 

Je retourne ensuite dans la salle pour le concert du groupe Terakaft.

 

Terakaft signifie "caravane' ' en tamasheq (langue berbère des touaregs). Le groupe fondé par des membres du groupe Tinariwen est la pulsion du rock et blues touareg.

 

Leur dernier album, sorti en 2015 a été produit par Justin Adams, acolyte régulier de Robert Plant (ex-Zeppelin) et également l'un des producteurs les plus prolifiques dans la musique actuelle (Tinawiren, JuJu). Il a collaboré avec Brian Eno et Sinéad O'Connor. Les magazines de référence "Songlines" et "fRoots" citent régulièrement le groupe Terakaft, considéré dans les meilleurs groupes subsahariens.

 

Terakaft passe à la Jazz Station dans le cadre d'une tournée européenne.

 

 

Le public, déjà mis en condition par le groupe Idirad commence de suite à danser sur le morceau "Donya warfaror." La transe dégagée de ce morceau nous donne l'impression de danser sur des sables mouvants. En effet, la première partie de leur concert est consacrée à des morceaux lents.

 

 

Il n'est pas étonnant de retrouver sur scène Olivier Crespel, le guitariste du groupe Idirad. Sa passion et son immersion dans la musique nord-africaine ont fait d'Olivier un musicien avec un doigté apprécié par les ténors de la musique berbère. Ces connaissances du répertoire lui permettent de jouer à l'unisson avec les autres membres du groupe Terakaft. Il maintient des rythmes en ritournelle, joue des soli profonds ou des riffs plus rock 'n' roll.

 

De cette façon, il assure une transition entre les deux groupes et une continuité dans l'ambiance de la soirée.

 

 

Imouhar: c'est le nom que se sont donnés depuis des millénaires les Touaregs. Cela signifie être libre. Leur territoire a été artificiellement découpé en parties intégrées dans l'Algérie, la Lybie, le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Le titre de la chanson nous rappelle les liens identitaires autour de leur langue et culture.

 

La composition "Ténéré (Alone)", également titre de leur dernier album a des accents d'un rock blues plus langoureux, avec l'omniprésence des guitares, dégageant des ondes psycho-chamaniques.

 

Terakaft termine le concert avec le morceau dynamique "Karambani". On se laisse volontiers bercer par leurs guitares électriques en arabesque, la basse aux accents profonds et le rythme lourd de la batterie.

 

 

Set list: Donya Warfaror, Imouhar, Tafouh tele, Tenere maloulat, Aïma Ymaïna, Oulhin asnin, Awatilan, Imidiwan sag, Karambani

 

 

Je me rends compte que nous avons été les spectateurs privilégiés de cet événement organisé par les Touaregs qui, en connaissance de cause, ont programmé des groupes de la scène actuelle. Les deux chanteurs charismatiques ont contribué à la réussite de cette soirée et nous ont fait voyager des rives de la Méditerranée jusqu' au plus profond du Sahara.

 

"Tanmirt atas" (en tamazight, langue berbère).

 

Traduction en français: merci beaucoup.

 

Que du bonheur!

 

 

 

Nuit saharienne avec Terakaft et Idirad à la Jazz Station- Saint-Josse, le 25 novembre 2016
Nuit saharienne avec Terakaft et Idirad à la Jazz Station- Saint-Josse, le 25 novembre 2016

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Published by Charles Eloy - dans Concerts
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