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  • : Bienvenue sur Concerts-Review, le blog des critiques de concerts. Nous mettons en ligne quelques critiques subjectives des concerts auxquels nous assistons. N'hésitez pas à nous contredire à travers vos commentaires.
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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 21:12
Jacques - Manu Louis à l'Orangerie du Botanique, Bruxelles, le 4 novembre 2016.

Jacques - Manu Louis à l'Orangerie du Botanique, Bruxelles, le 4 novembre 2016.

 

Un concert initialement prévu à la Rotonde, déplacé à l'Orangerie qui affiche sold-out.

Rue Royale, des mecs sans billet t'accostent, ticket à vendre?

Sur facebook, ils sont des dizaines à pleurer pour acquérir un passe-droit...c'est qui ce Jacques?

Un adepte du bidouillage techno , un  play room producer, si bidouilleur te semble dépréciatif, qui avait fait  très forte impression lors des dernières Nuits Bota.

Jacques est cool, confessent les filles!

Paul, un intello: "oué jaime bocoup sest comme jean michel jard avec une guitare qui joue faux..."

Demande à Google de traduire!

Et sinon?

Euh, toujours pas compris cet engouement aberrant!

 

Support,  Manu Louis!

 Emmanuel Louis a toujours été un électron libre au sein de la communauté 'rock' belge!

Tu l'as connu Funk Sinatra, un concert mémorable à la Jazz Station, il a été jardinier chez  The Gardening Group, il a refusé de se laisser arroser chez We are not flowers et là, il vient de sortir ( chez Igloo Records) l'album forain et pas foireux  'Kermesse Machine'.

20 heures et des poussières,  sur scène une guitare, des synthés, des boîtes à rythmes, échantillonneurs, séquenceurs, expandeurs, un laptop , à l'arrière, un écran.

Pour humaniser tout l'attirail électronique, une déco Chez Marielle, resto routier, nappes Vichy ' douceur d'intérieur' ( 140 x 240 cm) , soldées à 10 € 68.

Manu Louis se pointe et attaque ' Playback' , un collage dadaïste théâtral avec le terme 'playback' répété à l'infini, tel le clou qu'un sadique tient à t'enfoncer dans la tête. 

Pour le moins original.

' Music from the hotdog stand', sans moutarde, avec quelques riffs de guitare mis en boucle et un texte maniant profondément le second degré et la dérision.

Musicalement on approche d'un electro twist aux influences balkaniques, le côté kermesse s'illustrant par des sonorités orgue de barbarie.

Désarmant à l'instar des titres les plus fous de Frank Zappa ou de Gruppo Sportivo.

' Karaoké' est la suite de ' Playback' , un nouveau patchwork surréaliste désarmant, quelques gimmicks androïdes nous renvoient vers Devo,  et le fait qu'il décide de chanter du Dalida ne peut que le rendre sympathique.

On ne recommande pas le zinc tenu par le Grand Architecte, ' Dans un bar chez God'  a tout du cauchemar éveillé.

Quelques accords de guitare piquants nous rappelle que le petit Manu a un passé jazz, sinon, si t'es fan des Frères Jacques mis à la sauce électro, tu risques d'être séduit.

Le baptême du feu pour la suivante, 'Président' qui pourrait devenir ' Ecran total' si Nivea n'y voit pas d'inconvénients!

Le bondissant ' The fall' date de l'époque Funk Sinatra, l'influence Zappa est évidente.

Voici une ballade huppée de deux minutes, ' Canards', illustrée par un film bucolique que Jean-Baptiste Pouquelin a tourné, en 1659, du côté de Saint-Cloud.

On quitte la mare, Tartuffe et la cour ( basse) pour ' Tchouang-Tseu' .

Euh, accroc, fermez les yeux, bouchez-vous les oreilles, la technique nous lâche, j'en profite pour placer la pub, je bricole, o k voici ' Tchouang-Tseu', un dancetrack magnétique et obsédant.

Il est suivi par une plage de la plus haute fantaisie, ' It's my birthday',  qui était déjà au répertoire de Funk Sinatra.

Les 40 minutes de concert s'achèvent par la bombe complètement déjantée, ' Sauzé Sawzé' .

 Sur un rythme effréné la guitare déchire, pense à Alan Vega mixé avec Technohead  (I Wanna Be A Hippy), tandis que l'assistance médusée bat le sol du talon et secoue la tête.

Un concert qui a tenu ses promesses!

 

Jacques.

Une ovation cyclopéenne dès l'arrivée en piste de  Jacques Auberger.

Pas de commentaire sur sa tonsure, pas réglementaire, un quidam derrière toi lance quelques vannes débiles, le Strasbourgeois prend place derrière sa panoplie électronique, saisit le micro pour dire ' je suis venu pour vous jouer de la musique', comme il agrippe une tourtière en alu, le même zigoto lance, ton truc c'est pas de faire des quiches?

Aucune réaction mais de longs préparatifs destinés à la mise en route de la fusée.

Sur les étagères, un bric à brac invraisemblable: rouleau de peinture, mixeur soupe, spray nettoyant, sonnette de vélo, ciseaux de différentes dimensions, élastiques, ruban adhésif,  clic clac distribué par St-Nicolas aux Galeries Anspach en 1974, fraises de dentiste, papier kraft, brosses diverses etc..., bref il peut toujours se recycler et tenir une quincaillerie.

La machine est lancée, une techno au  groove irrésistible, auquel le bricoleur ajoute des sons de tous les jours amplifiés par d'astucieux micros de contact ( 5€ pièce, fabrication maison).

Comme tes voisins, tu te laisses emporter par cette techno différente et futée.

Après 10 minutes il saisit une guitare, plaque deux accords flous, les insère dans sa préparation, il continue à improviser, ne trouvant pas le moulin à poivre, il déniche une râpe à grosses entailles, en tire des sons stridents qu'il ajoute au mélange.

Les sonorités prennent un coloris africanisant, Annette plane, Apolline et Dorine exultent, JP s'est tiré!

Ton intérêt, après 25' de trifouillage, se dissipe et tu te dis que dans la même catégorie, le travail de Stijn te paraît plus intéressant, plus funky, évidemment.

 Tout est question de génération, sans doute,  ta 'culture' musicale n'a rien à voir avec Tomorrowland  ou I love Techno.

 Trentemöller, Kalkbrenner, Moderat, Apparat, Ellen Allien ...OK, mais là, les gimmicks exploités par  le  jeune homme ne parviennent  plus à t'émouvoir.

Après 40' d'une impro relativement banale et  sans pause tu te dis que le jeu peut continuer jusqu'à l'aube, tu regardes autour de toi, visiblement tu es le seul à ne pas te laisser emporter par la fièvre collective qui s'est emparée du public.

Erreur, il y a Georges qui te dit préférer Benny B.

Intermède, Angèle, une nana qui n'a pas froid aux yeux, fait un signe vers Jacques, viens, lui dit-elle, il rapplique, elle lui murmure un truc à l'oreille puis vide sa bière.

Monsieur Bricolage reprend sa besogne.

Angèle s'allume un joint, te propose de monter avec elle sur scène, tu déclines l'invitation mais pour ne pas la blesser tu l'embrasses sur la joue et lui dit je t'aime, son pétard lui échappe, elle le ramasse, implore Jacques de lui donner du feu, dans sa cuisine il n'y avait pas d'allumettes, elle s'énerve, sa copine se marre.

Angèle, chère enfant, tu as réussi à me faire rire, pas Jacques qui sera resté sur scène pendant plus de 90'.

 

photos - jp daniels/concert monkey

Jacques - Manu Louis à l'Orangerie du Botanique, Bruxelles, le 4 novembre 2016.
Jacques - Manu Louis à l'Orangerie du Botanique, Bruxelles, le 4 novembre 2016.
Jacques - Manu Louis à l'Orangerie du Botanique, Bruxelles, le 4 novembre 2016.
Jacques - Manu Louis à l'Orangerie du Botanique, Bruxelles, le 4 novembre 2016.

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Published by michel - jp daniels - dans Concerts
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